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Série "Banacek"

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Re: Série "Banacek"

Message  Dearesttara le Lun 24 Fév 2014 - 21:46

Patricks a écrit:Un peu à la façon de Columbo dont le coupable n'est pas un mystère, je démontrerai l'ingéniosité des tours de passe passe des scripts et comment Banacek comprend.

Sinon, ces critiques laisseraient dans l'interrogative des lecteurs frustrés qui ne comprendraient pas comment un wagon au milieu d'un train transportant "le projet Phoenix" peut disparaître alors que le convoi à l'arrivée comporte la totalité des wagons sauf celui contenant le butin précieux, ou encore les traces fantômes du génial film pilote qui voit sur une autoroute texane déserte un camion transportant des lingots d'or disparaître comme par enchantement.

Cela rappelle les enquêtes "pseudo-paranormales" de Département S. Ceci dit, une question, Patricks : est-ce que la "solution" à ces problèmes "impossibles" est dévoilée assez tôt ou bien vers la fin ? Dans ce dernier cas, il vaudrait peut-être mieux ne pas dévoiler toute la solution qui enlèverait de la saveur à un visionnage futur de l'épisode par le lecteur, comme pour les twists de TZ ou d'Alfred Hitchcock présente.


Maintenant, si tu préfères tout raconter, on mettra un bandeau : attention gros spoiler dans 4 ou 5 lignes. Laughing

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Re: Série "Banacek"

Message  séribibi le Lun 24 Fév 2014 - 21:51

Il faudra peut-être préciser les spoilers alors Patricks.
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Lun 24 Fév 2014 - 22:53

La solution est toujours révélée à la fin. L'intelligence de Banacek lui permet de "deviner l'impossible". On peut tester sur un épisode ce que vous préférez, révélation ou non. En tout cas, je prépare pour la série un retour à des critiques longues.
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Re: Série "Banacek"

Message  Dearesttara le Lun 24 Fév 2014 - 23:54

Ok, on fait comme ça. Very Happy  Des critiques longues ? Yeeeeeeeeeeeeah !
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Ven 7 Mar 2014 - 11:50

Ce soir, début du dossier "Banacek" avec le pilote "Les traces fantômes" (Detour to Nowhere)



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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Sam 8 Mar 2014 - 1:25

INTRODUCTION DU DOSSIER

LA DIFFUSION ET SON CONTEXTE



Le vendredi 4 janvier 1974, les téléspectateurs français découvrent sur la chaîne 1 de l’ORTF un nouveau héros : le détective américano-polonais Thomas Banacek. Encore un nouveau policier commentent les magazines télé de l’époque. « Banacek » arrive, chronologiquement, après le renouveau qu’a constitué en 1972-73 l’apparition de deux séries encore populaires aujourd’hui : « Columbo » et une série d’aventures policières plus qu’appartenant vraiment au sens strict du genre : « Amicalement vôtre ». Jusqu’en 1972, les policiers et détectives américains qui ont squatté le petit écran ont été Eliot Ness et ses incorruptibles, Robert Dacier « l’homme de fer » et le privé Joe Mannix. Lorsque la diffusion de « Banacek » commence chez nous, une sélection d’épisodes de 4 saisons de « Mannix » (soit 52 épisodes) a été diffusée, 39 de « L’homme de fer », quant aux « Incorruptibles », 91 des 118 épisodes ont été diffusés entre 1964 et 1972 en prime time. Les autres séries appartiennent à des genres voisins du policier : « Gant de velours », « Opération vol », « Mission Impossible ». « Banacek » va avoir du mal à s’imposer en raison de la pléthore de nouveaux flics et privés qui viennent de débarquer avec des fortunes diverses : Steve Mc Garrett le temps de 12 épisodes de « Hawaii Police d’état » a été vu en catimini de juillet à septembre 1973 sur la 3e chaîne ORTF encore peu développée car peu de régions peuvent la recevoir. « Cannon » idem, sur la même chaîne. « Sam Cade » à l’automne 1972 malgré sa vedette Glenn Ford a été aussitôt vue, aussitôt oubliée, et l’année suivante sur la Une, « Madigan » avec Richard Widmark a agrémenté les vendredis soirs mais le faible nombre d’épisodes (six) provoquera son rapide oubli dans l’hexagone.
Lorsque la France découvre « Banacek », la série en est à sa saison 2 aux USA, mais elle n’est pas diffusée de la même façon.  Elle fait partie d’un programme ambitieux, le NBC Mystery Movie, une collection de miniséries aux épisodes d’une longueur inhabituelle : 90 minutes. Dans ces collections, on trouve « Madigan » déjà cité, « Un shérif à New York » avec Dennis Weaver (diffusé en France en 1976-77), « Columbo », « Mc Millan » avec Rock Hudson, « Mc Coy » avec Tony Curtis », « Hec Ramsey » série western et de mystère avec  Richard Boone. En France, nous avons vu ces séries comme des entités indépendantes, les téléspectateurs américains non. D’autre part, « Les traces fantômes », le pilote de « Banacek » a été diffusé le 20 mars 1972 comme un téléfilm pouvant inspirer une série, ce qui fut le cas, tandis que chez nous, c’est le premier épisode.
En France, après avoir ébahi le spectateur avec les deux premiers opus programmés, « Les traces fantômes » et « Le projet Phénix », la série a vite lassé. Tout d’abord en raison du nombre d’épisodes achetés : 7 en comptant le pilote. Ensuite, par l’absence de rediffusions. En 1975, l’épisode « La croix de Madère » est rediffusé dans « Samedi est à vous », puis il faut attendre 1987 pour une rediffusion des sept épisodes. Lorsque Jacques Baudou fait un dossier sur la série dans le N°10 de « Génération séries » en juin 1994, seuls les sept épisodes connus sont encore les seuls doublés. Il faudra attendre une diffusion sur le satellite (13e rue) pour que d’autres épisodes soient montrés aux français. Pour les américains, la saison 2 permet d’atteindre, pilote compris, 17 épisodes de 90 minutes. Mais le succès est insuffisant pour que la série soit renouvelée pour une troisième saison. Il faut dire que, tournée en décors naturels, la série coûte cher. En France, Télé 7 Jours après la diffusion de quelques épisodes écrit « La rédaction a détesté la banalité inépuisable de Banacek qui encombre la case horaire du vendredi soir ». Notre inénarrable speakerine Jacqueline Huet annoncera un soir « Et maintenant voici votre feuilleton Bananacek » !

LE PERSONNAGE



Thomas Banacek est le fils d’un mathématicien qui au bout de vingt ans de carrière a été remercié pour être remplacé par un ordinateur. Il a refusé d’américaniser son nom (en « Banning ») et tient à ses origines polonaises. Dans chaque épisode, un proverbe polonais est cité. Immensément intelligent, le sort de son père a brisé chez lui toute forme de sentiments. Il est intelligent et il le sait, l’affiche avec une certaine vanité. Sa façon de se comporter avec les femmes, qu’il considère comme de simples femmes objets, ne contribue pas à le rendre sympathique. Dans le pilote, il couche avec Carlie Kirkland (Christine Belford), mais il lui ment de façon éhontée, il sait qu’elle travaille pour compagnie d’assurance ( qui lui donne 10% du magot disparu) et lorsqu’elle s’en émeut lui rétorque qu’il apprécie davantage son chauffeur Jay (Ralph Manza), un fils d’italien immigré, parce qu’ils partagent ensemble une limousine (ce qui laisse penser que Banacek est quelque part un homosexuel refoulé). A sa façon, mais cela a échappé au téléspectateur français de 1974, Banacek est un anti-héros. La modestie n’est pas son fort, et son cœur n’est pas bien ouvert aux autres, aux femmes notamment.
Narcissique, Banacek n’accepte que les affaires qu’il sait pouvoir élucider, et n’échoue jamais. Il comprend généralement tout dès le début, mais il lui faut ensuite étayer sa déduction par des preuves. Il sait se battre et a généralement le dessus, mais il est avant tout « un cérébral ». Dans le pilote, Mc Kinney, employé de la compagnie d’assurance dit à son patron que ce n’est pas Superman, et il n’a pas tort. Banacek, c’est « super cerveau », et on a parfois un peu de mal à le suivre dans ses raisonnements. A chaque fin d’épisode, il fait le professeur et explique en détail comment il a trouvé la solution.
Lorsque l’on cherche les origines du personnage, on pense tout de suite à Sherlock Holmes, d’ailleurs dès le pilote, le libraire ami du détective, Felix Mulholland cite « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste est nécessairement la vérité ». Banacek évoque également le personnage littéraire d’Harry Dickson, toujours confronté à des mystères insondables, et l’écrivain français Gaston Leroux, le mystère de la chambre jaune aurait pu être une énigme de la série. On peut penser aussi à la série "Département S" et aux romans de John Dickson Carr dont fut tiré la série "Le Colonel March".
Banacek a été créé par le scénariste Anthony Wilson, qui signa le pilote des envahisseurs « Première preuve ». Il ne peut s’agir de hasard lorsque dans les envahisseurs, Wilson écrit que la ville fantôme de Kinney doit être sous l’impulsion de Mr Coogan qui l’a rachetée un centre de repos pour personnes fortunées, et dans « Les traces fantômes »,  le milliardaire Holden veut faire de Vantage, ville proche du délit, la même chose. Le duo de scénaristes William Link et Richard Levinson, créateur de « Columbo » et « Arabesque » a aussi contribué à l’édification de la série.

LES AUTRES PERSONNAGES

Dans le pilote, Banacek engage le chauffeur Jay Drury, fils de sicilien : son véritable nom est Jay Ducinello. Il restera son complice tout au long de la série.
En revanche, Felix Mulholland (Murray Matheson) est une vieille connaissance du privé. Il l’aide par ses connaissances à confirmer à chaque fois ses déductions.
Carlie Kirkland travaille pour la National Meridian Insurance Company, et si elle trouve la solution avant Banacek, elle n’empoche pas elle 10% de la valeur des objets disparus. Elle n’est la maîtresse de Banacek que dans le pilote. Très vite, elle va le jalouser et le détester.
Un autre enquêteur de l’assurance, Penniman (Linden Chiles) intervient dans quatre des dix sept enquêtes, mais on lui préfèrera évidemment Carlie !



01-0- Les traces fantômes (Detour to Nowhere)  

En plein désert du Texas, sur une autoroute, un camion blindé qui transporte 1 600 000 dollars en lingots d’or se volatilise alors qu’il est suivi et précédé par une voiture de gardes armés. Seuls les deux malheureux chauffeurs sont retrouvés morts. Deux mois après le vol, le FBI et onze enquêteurs de l’assurance n’ayant rien trouvé, on fait appel à Banacek.


La critique

Dès le début, nous sommes familiarisés avec tous les gimmicks de la série. On ne comprend pas pourquoi l’on voit Banacek ramer sur une pirogue sur le fleuve Charles  à Boston alors que le camion blindé disparaît. Cette séquence, de façon abrégée, sera le générique de la série ensuite. Bien entendu, ce que nous voyons, à savoir le camion disparaître, est impossible.  La voiture qui suit, avec des gardes à bord, est visée par un tireur anonyme qui fait éclater un pneu. Le temps de le changer, les gardes arrivent à la rencontre de l’autre voiture, celle qui précède le convoi, qui en fait l’attend. Il ne reste que des traces de pneus qui mènent à un canyon. Que s’est-il passé ?
Banacek, avant d’accepter l’affaire, l’étudie depuis sa luxueuse demeure, remplie d’objets anciens et précieux, mais dont le mur comme dans un James Bond, s’efface pour révéler un écran. Mélange de modernité et d’antiquités, comme le lui fera remarquer Carlie. En 1972, le détective dispose d’une sorte de système de vidéocassette (pas en format VHS) qui lui permet de lire à n’en plus finir le reportage sur le braquage, si l’on peut appeler cela ainsi, du fourgon. George Peppard, pourtant acteur éminemment sympathique (« Diamants sur canapé », « Le crépuscule des aigles », « L’agence tous risques ») compose ici un personnage froid et orgueilleux, certes doté d’humour mais conscient de sa valeur et immodeste au possible. A tout prendre, Ralph Manza, en chauffeur, est plus sympathique, même si assez naïf. Surprenant Carlie dans la chambre du motel de son patron à Vantage, au Texas, il lui donne du « Madame Banacek » puis a peur que le « mari » revienne et les surprenne. Cela donne un moment de comique involontaire, car Jay est tout sauf un séducteur. Murray Matheson en Felix distille ses apparitions avec parcimonie, mais on l’apprécie beaucoup. Banacek n’est pas le fils d’un mathématicien pour rien : il travaille à partir de statistiques. Ainsi, le fait que le shérif de Vantage ait tué un ivrogne peu après le braquage, alors qu’au cours des 26 dernières années, rien ne s’est produit dans la petite ville, l’incite à penser que l’homme était mêlé au vol. Son compte est simple : trois cadavres, c'est-à-dire les deux convoyeurs et l’ivrogne. Il faut chercher le lien entre eux. A Vantage, Banacek et le milliardaire Geoff Holden ont des propos sexistes qui ne passeraient plus aujourd’hui. Holden voudrait échanger sa copine, Sharon, une Miss Texas, contre Carlie.
Christine Belford est une actrice sulfureuse, bien que nous ne la voyions ici qu’en chemise de nuit. Elle n’a pas qu’un beau corps et son intelligence pourrait  rivaliser avec celle du héros si ce dernier n’était pas « super cerveau ». Elle dote son personnage, Carlie, d’une humanité et d’une crédibilité, notamment lors des scènes de colère, qui manquent parfois à George Peppard.
Les décors et la mise en scène raffinée de Jack Smight donnent l’impression d’être devant un long-métrage de cinéma et non d’une série. On n’a pas lésiné sur le budget et une seule fois, la mise en scène est prise en défaut d’économie, lorsqu’à l’intérieur d’une voiture, Peppard est clairement à l’arrêt avec un paysage qui défile. Les méchants sont pittoresques et ne manquent pas d’originalité : ainsi l’indien, joué par Victor Mohica, ou le shérif, incarné par Don Dubbins. Ed Nelson est bien moins sympathique que dans « Peyton Place » et ne semble pas se forcer à l’être. Il révèle ici un talent que son personnage de gendre idéal ne nous laissait pas soupçonner. On donnerait le bon Dieu sans confession à son neveu, personnage affable mais dangereux parce que justement, on ne s’en méfie pas, alors que l’on voit Geoff Holden/Ed Nelson comme le nez au milieu de la figure.
Les rebondissements sont nombreux, sans que jamais l’action prenne le pas sur l’intrigue. Car la vraie vedette de la série, ce n’est pas George Peppard mais l’intrigue. On ne vit que pour ce mystère qui nous sera révélé à la fin. Nous pauvres spectateurs ne sommes pas dans l’esprit perspicace de Banacek.
Tout au long du film, Banacek se ballade dans des voitures plus belles les unes que les autres. Son véhicule personnel, un cabriolet d’un modèle ancien, doit valoir une fortune. Carlie elle roule en Porsche alors qu’elle n’est qu’une employée. La limousine de Jay sert en quelque sorte de deuxième demeure au détective. Par comparaison, le buggy de Geoff Holden fait presque « pauvre ».
Les scènes nocturnes en plein désert sont magnifiquement filmées, accentuant le mystère et le suspense.
On regrettera, pour ce pilote, que l’image du DVD n’ait pas été remasterisée. Les ciels bleus du Texas nous apparaissent délavés parfois, on est plus proche d’une cassette VHS que de la qualité de la technologie actuelle.
La musique de Billy Goldenberg nous imprègne bien du thème de Banacek, une musique jazzy mais envoûtante. Ce thème nous reste ensuite en tête bien après la vision.
La série du début à la fin baigne dans le luxe. C’est l’Amérique des années prospères. Pas de sida non plus, on couche avec tout le monde. « Banacek » est à cent lieues des séries plus récentes qui montrent la délinquance et les quartiers pauvres. On se croit parfois dans les persuaders, sauf que le cynisme du héros l’empêche d’être un Lord Sinclair.
C’est une série qui démontre un effort de proposer au spectateur quelque chose de plus, ce n’est pas 90 mn pour rallonger le format, c’est pour offrir plus, un compromis film de cinéma/épisode de série. Mais Banacek et ses énigmes à la Rouletabille aurait-il pu durer des années comme « Columbo » dont le principe est plus simple ? Pas sûr.


Les infos supplémentaires

George Peppard (1928-1994) est peut être un peu oublié des nouvelles générations. Malgré l’agence tous risques et Banacek, il restera avant tout un grand d’Hollywood. Il est mort à 65 ans d’un cancer du poumon.
Christine Belford est née en  1949 dans l’une des fameuses maisons d’Amityville qui ont inspiré les films ! Elle n’a pas fait la carrière qu’elle méritait. Son rôle le plus important au cinéma est dans « Christine » de John Carpenter, d’après Stephen King.
Murray Matheson (1912-1985) jouait dans « les envahisseurs : le rideau de lierre », et le film de 1983 « La quatrième dimension ».
Ralph Manza (1921-2000) a fait beaucoup de télé. On l’a vu dans « Philadelphia Experiment ».
Ed Nelson (1928-) a joué dans « Police academy 3 », mais son personnage dans Peyton Place, le docteur Rossi de 1964 à 1969 l’a freiné dans sa carrière.
Accroche-toi Christine ! Beaucoup de tes partenaires de la série ont cassé leur pipe !








La petite leçon du prof

(Il appartient aux lecteurs du forum de me dire s’il faut ou non supprimer cette partie à l’avenir)

Banacek, qui comme à chaque fois a tout compris avant tout le monde, explique que les traces qui mènent au bord du canyon ont été faites par des pneus semblables à ceux du fourgon blindé, mais montés sur le buggy, qui ensuite avec une grue a été suspendu au-dessus du vide. On nous trompe donc sur l’endroit de la disparition.  Jay a compris que le fourgon a été enterré sur place, mais Banacek lui explique que ce n’est pas à l’endroit des traces. C’est simple comme bonjour, le fourgon était inexpugnable, donc l’un des chauffeurs était complice. Hélas pour lui, il a été tué comme témoin gênant. Le titre anglais est plus explicite : « Detour to nowhere », détour vers nulle-part. Le chauffeur a orienté le camion hors de l’autoroute, et le blindé y a été enterré avec les lingots intransportables. Expliqué par des raisonnements mathématiques et par la logique, tout nous semble évident, pourtant pendant presque 90 minutes, on nageait dans le mystère.


Dernière édition par Patricks le Dim 6 Avr 2014 - 21:37, édité 3 fois
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Re: Série "Banacek"

Message  Dearesttara le Sam 8 Mar 2014 - 2:40

Je t'ai lu, Patricks. D'abord, excellent travail de présentation, complet et précis. Very Happy

Le principe de Banacek n'est cependant pas nouveau, puisqu'il est celui de Département S (affaires en apparence impossibles résolues par la logique), et même on peut remonter aux romans de John Dickson Carr, auteur anglais qui a passé sa vie à imaginer des "crimes impossibles", dont certains sont encore plus brillants que celui de Leroux (notamment La chambre ardente et trois cercueils se refermeront). Si je parle de Carr, c'est parce qu'une série de 1956 a adapté les romans d'un de ses héros : le colonel March, joué par Boris Karloff. Carr a imaginé une soixantaine de crimes impossibles, alors logiquement, oui, on peut imaginer plein de mystères dans ce genre, et Banacek aurait pu durer avec ce seul gimmick longtemps, pour peu que les auteurs soient suffisamment talentueux.

Superbe première critique. J'ai toujours en mémoire le rôle sympathique de Peppard dans Breakfast at Tiffany's, alors l'imaginer en anti nice guy me demande un certain effort.


Pour apprécier toute ta critique, je te recommanderais de supprimer la dernière section. Comme tu le dis, l'important dans cette série, c'est l'intrigue, moins le personnage. Sinon, ajoute au moins un spoiler : la leçon du prof (cette section dévoile la solution de l'énigme) par exemple.


Bonne suite, Patricks ! cheers
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Sam 8 Mar 2014 - 12:16

Merci Dear. Je vais mentionner Département S et John Dickson Carr.
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Sam 8 Mar 2014 - 18:16

Je ne révèle plus les solutions des énigmes.

01-01- Escamotage (Let’s her it for a living legend)  

Lors d’un match de football, devant 50 000 personnes dans le stade et des millions de téléspectateurs, un joueur disparaît pendant une mêlée. On pense à une plaisanterie, mais une rançon est demandée.


La critique

L’ORTF  en 1974 n’a sans doute pas acheté cet épisode, l’un des meilleurs, car il est question d’un bout à l’autre de football américain, ce qui aurait désorienté les français. La série commence donc pour de bon avec cet épisode, dont le générique est une merveille, chose qui a été sacrifiée par la télévision américaine pour les séries depuis les années 2000. Nous voyons Banacek dans son canoë sur le fleuve, puis conduisant sa décapotable Packard modèle 1941, affectant son air altier, sur une musique inoubliable. Cette-fois encore, le mystère est total. Comment un joueur de foot peut-il se volatiliser devant des millions de témoins en direct ? Il n’y a que Thomas Banacek pour ne pas être impressionné. Pour cela, il va presque « ausculter » la pelouse, s’étendre de toute sa longueur sur l'herbe à l’endroit de la disparition, mimer les derniers gestes que le footballeur a fait. Il se fait donc sa petite idée. Il propose ses services à Jerry Brinkman (Robert Webber) qui dirige l’équipe. Lorsqu’une demande de rançon est déposée au bout de trois jours, alors que l’Amérique entière croit à un canular, Banacek négocie sans scrupules son pourcentage sur les deux millions réclamés.
Deux scènes nous montrent à quel point le détective est un faux gentil : regardez le bien lorsque Holly (Madlyn Rhue) plaisante et lui demande son vrai nom, pensant que « Banacek » est un canular, et insinuant qu’il peut être un immigré italien. Ou bien le barman (Michael Lerner) qui le met sur la piste de Holly, qui lui dit « Lorsque vous êtes entré, je me suis dit c’est un type agréable, maintenant, vous me faites peur ». L’humour, quand il y en a, est fait aux dépends des autres. Banacek ressasse d’ailleurs en début d’épisode, pour ceux qui n’auraient pas vu le pilote, l’histoire de son père mathématicien remplacé par un ordinateur, et à qui lors de son licenciement on a offert une montre.
L’homme qu’il doit retrouver est une sorte de sauvage, Hank Ives, guère apprécié de ses collègues. Un solitaire, qui ne s’est jamais consolé de la mort de son père pendant la guerre en 1944, et qui conserve jalousement avec lui ses deux plaques militaires. Il a divorcé il y a deux ans de la belle institutrice Angie (Stephanie Powers) qui pensait trouver un homme fort et robuste en lui, et a constaté qu’il était plus fragile que tous ses petits élèves. Le disparu ne suscite pas la sympathie, et quelque part, Banacek sera le seul à en éprouver pour lui.
Il n’y a pas de temps mort dans cet opus de 70 minutes (donc abrégé de 20 par rapport au pilote) et chaque scène, image, dialogue, est nécessaire. Del Reisman est l’auteur de ce scénario de haut vol, tandis que Jack Smight après « Les traces fantômes », rempile. Les comédiens sont choisis avec soin et tous parfaits, mais on regrettera le chignon de Stephanie Powers qui lui donne un air austère. Robert Webber incarne un businessman fragile, dont l’empire menace de s’écrouler, tandis que John Brodie en joueur Mulligan nargue d’un bout à l’autre de l’histoire Banacek. Deux emprunts aux avengers ici : d’abord la partie d’échecs à distance, mais par cartes postales au lieu de radio (« Interférences »), et de façon flagrante la femme qui lit sur les lèvres,  le docteur Forrest, qui aimerait bien revoir le séduisant détective, lequel l’envoie presque sur les roses en lui disant « Vous lisez sur les lèvres, pas dans les pensées ».
Dans cet opus, Jay et Felix ne sont que des apparitions. Le proverbe polonais devient le gimmick de la série, il est d’abord dit « mot à mot », puis sa signification en anglais est expliquée. Au début de l’épisode, le machisme est à son comble. Le héros est à Philadelphie avec une petite amie qui pourrait être sa fille, et est à genoux devant lui. Banacek s’intéresse plus à ce qui passe sur le petit écran qu’à la fille. On pense qu’il va faire la cour à Angie/Stephanie mais la scène est éludée et repoussée au générique de fin, quand le mystère est éclairci. Il se montre sec et arrogant avec Holly au lieu d’essayer d’user de son charme pour la faire parler.
Une fois de plus, c’est l’énigme qui a la vedette, et il en sera de même dans l’épisode suivant, « Le projet Phénix ». En fait, la série repose sur un équilibre fragile. Il faut que les scénaristes se surpassent à chaque fois. Il s’agit donc d’une surenchère permanente : le camion blindé, le joueur de foot, la fois suivante le wagon d’un train pendant un trajet, nous sommes invités aux frontières de l’incroyable tout en devant rester dans une explication bien logique.  Malgré un succès critique incontestable aux states, la série n’a jamais atteint des records d’audience. NBC aurait proposé une saison 3 à Peppard qui la refusa : il ne voulait pas que l’actrice Elizabeth Ashley, dont il divorçait, touche des pourcentages importants sur son salaire. Cet incident devait mettre fin à toute tentative de poursuivre ou faire renaître le show qui en revanche fera une belle carrière en syndication.
Les origines polonaises de Stephanie Powers auraient pu donner lieu à un rapprochement avec le personnage du privé polonais, mais Angie l’institutrice reste une américaine pure souche.
Bien entendu, le téléspectateur enrage de « ne pas savoir », alors qu’il comprend que Banacek « sait ». Ainsi, il faut attendre la fin pour connaître la raison du contact entre le joueur black Joel Fabian (Deacon Jones) et le privé. Devant de telles intrigues, n’importe quel policier s’arracherait les cheveux, pas Banacek. Il avance tranquillement vers la vérité avec une assurance affichée et une certaine arrogance. Comme dans le pilote, il faut attendre, même lorsque l’on découvre le pot aux roses, l’explication de Banacek le prof pour tout comprendre. On est suspendu à ses lèvres.
Notons que Smight fait un plan de dos sur l’acteur qui révèle une tonsure. En 1972, la calvitie de Peppard qui n’a que 44 ans et est censé plaire au public féminin n’est pas télégénique. Il est dommage que cet épisode n’ait pas été diffusé plus tôt en France, le mystère étant plus réussi que certains opus doublés alors.

Les infos supplémentaires

Banacek à Boston habite à la même adresse que Steve Mc Queen dans « L’affaire Thomas Crown ».

Plusieurs vrais champions de foot jouent leur propre rôle dans l’épisode.

A l’inverse de ce qui se passait dans le pilote, Banacek travaille avec et non en parallèle de la police officielle, ce qui est révélé dans la scène avec Holly/Madlyn Rhue quand elle menace de faire un scandale et d’appeler les flics.

Selon les scènes, Banacek pilote sa Packard, mais se fait aussi conduire par Jay lorsqu’il invite Angie. Mais la scène où le privé dans sa décapotable et Jay avec la limousine suivent ensemble un suspect nous paraît assez improbable pour la discrétion que l’opération demande.



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Re: Série "Banacek"

Message  Invité le Sam 8 Mar 2014 - 18:59

Excellente présentation.
Le premier épisode est celui que j'ai visionné sur You Tube l'année dernière (un an déjà, j'ai remonté voir le post qui date de mars 2013 !). La vidéo a été supprimée depuis. Cela ne m'avait pas emballé; la froideur du personnage plutôt antipathique peut-être. Si tu lui mets quatre, j'ai eu raison de ne pas insister. J'ai souvenir d'un final abracadabrant.
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Re: Série "Banacek"

Message  séribibi le Sam 8 Mar 2014 - 19:06

Très bon souvenir avec des scénarios excellents.
Très belle présentation Patricks et très bons commentaires sur les 2 premiers épisodes.
Une série dont je souhaite une sortie DVD chez nous.
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Sam 8 Mar 2014 - 21:22

Je pense Denis que celui-là ne te plairait pas, car il est bien plus "incroyable" que le pilote. D'autre part, certains épisodes seront loin des 4/4.

01-02-Projet Phénix (Project Phoenix)

A bord d’un train, un wagon transporte un prototype de voiture révolutionnaire. Du départ de nuit à Middlefield jusqu’à Boston, le train ne s’est pas arrêté. A l’arrivée, il manque le wagon entier (au milieu du convoi) sur lequel était posée la voiture.

La critique

Le scénariste David Moessinger semble s’être employé à créer un mystère encore plus insoluble que le pilote et l’histoire du joueur de foot. Mais faire disparaître un wagon d’un train nous entraîne ici dans le monde de l’incroyable. Bien sûr, avant tout le monde, Banacek trouve la solution et nous la montre dans les dernières images avec un train électrique (jouet) et cela entrecoupé d’images d’une mise en scène digne d’un James Bond. Il n’y a aucune magie, tout est rationnel, mais les moyens employés ici pour voler la voiture tiennent plus de la science-fiction que de la série policière. J’ai découvert cet épisode en janvier 1974 et le revoir 40 ans après met à jour certaines imperfections qui empêchent de mettre quatre étoiles à l’opus. La petite faiblesse de ce joyau télévisuel réside en quelques longueurs entre le début et la fin. Certes, la mise en scène de Richard T Heffron est la hauteur, on n’en est pas surpris puisque c’est le réalisateur de « Les rescapés du futur » (1976), la suite de « Mondwest » avec Yul Brynner. Donc de la SF. Banacek arrive en hélicoptère à la gare de triage, il monte à bord de la locomotive, inspecte le convoi, les rails, survole en hélicoptère le trajet et notre Sherlock Holmes polonais a compris.
Plutôt que de tourner autour du mystère que personne n’est capable de deviner, l’action se recentre sur les suspects. Qui avait intérêt à voler le Phénix ? Tout d’abord, Christine Verdon (Joanna Pettet) qui a été renvoyée par les concepteurs du bolide, Harry Wexler (William Windom) et Douglas Ruderman (Bert Convy) pour espionnage industriel. Elle a été prise en sortant des bureaux de la société avec dans ses affaires les plans du Phénix. Mais la belle explique à Banacek, dont elle devient (trop) vite la maîtresse que ses patrons ne lui faisaient pas confiance parce qu’elle est une femme. Elle évoque aussi une liaison avec Ruderman, homme marié, qui lui promettait de divorcer pour elle. L’autre suspect, trop brièvement aperçu, est  Andy Cole (superbe Peter Mark Richman). Son mobile est qu'il met au point un projet concurrent au Phénix et n'est pas certain d'être le meilleur. Hélas, ce bon comédien n’a qu’une scène avec Peppard.
Banacek se promène le long des voies avec Jay, son chauffeur, et rencontre des clochards. Il apprend ainsi que l’un d’eux, mort dans un « accident » a vu la nuit du vol du prototype quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir. Pas de Carlie à l’horizon mais l’acerbe Joe Taddenhurst (Herb Edelman), qui est méchant comme la gale. Il ne comprend pas que Falvo (Percy Rodriguez, vu dans « Daktari ») ait fait appel au polonais. Il se montre raciste, et a bien de la chance que Banacek ne lui fiche pas son poing au milieu de la figure. Se moquant férocement des polonais, il ne fera que râler pendant tout l’épisode, et à la conclusion dira que Banacek a eu de la chance et qu’il le tient à l’œil.
Le personnage de Christine détonne un peu dans l’intrigue, et Joanna Pettet est aussi convaincante en ingénieur es modèles futuristes ultra secrets que Denise Richards dans « Le monde ne suffit pas ». Christine tombe trop vite dans les bras du héros, et Joanna Pettet manque d’épaisseur. Contrairement à l’épisode précédent, Felix est très sollicité et a plusieurs scènes. Lorsque Banacek veut lui assener un deuxième proverbe polonais, il l’interrompt. Il sature un peu des citations de son ami.
L’épisode est entièrement tourné en décors extérieurs, avec une multitude de plans sur les forêts, la gare de triage, et les moyens mis à disposition donnent une fois de plus l’impression d’être au cinéma. Notons la minutie apportée à la précieuse voiture, qui est nettement futuriste pour 1972, elle ressemble à la Sam’s car de la série de Gerry Anderson « Joe 90 ».
George Peppard propose ici un Banacek un peu plus sympathique que dans les deux premières enquêtes. Dans la forêt, des hippies refusent son argent et il le donne à la mère d’un bébé en parlant à l’enfant : « pour t’acheter du lait, car toi tu ne sais pas encore que la société de consommation est pourrie ».
La fin est bien entendu spectaculaire et c’était nécessaire pour ne pas faire sombrer l’édifice dans le ridicule. Il semble malgré tout que l’on atteigne ici des limites à la crédibilité des intrigues, il convient de ne pas aller plus loin, l’opus suivant, « La croix de Madère » reviendra à une histoire policière plus traditionnelle.

Les infos supplémentaires

Falvo fait allusion à une enquête passée de Banacek au musée de Cleveland où le détective a retrouvé des Rembrandt.

Banacek évoque son enfance et dit qu’il n’a jamais eu de train électrique.

Lors d’une scène avec Christine Verdon, il exprime son regret de ne pas avoir d’enfants.



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Re: Série "Banacek"

Message  séribibi le Sam 8 Mar 2014 - 22:03

David Copperfield avait aussi fait ce coup-là, mais sans rien dévoiler !
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Dim 9 Mar 2014 - 16:34

01-03- La croix de Madère (No sign of the cross)  

Un gangster des années 30, Gilbert De Retzo, réfugié au Mexique, décide d’offrir au diocèse de Los Angeles la croix de Bayonne, une relique d’une valeur d’un million de dollars. La croix est escortée par un garde et un prêtre qui l’on menottée. A l’arrivée, la croix a été substituée par un objet en fer !

La critique

Après une incursion aux limites du fantastique et de l’impossible dans « Projet Phénix », les deux scénaristes de cet épisode ont choisi de revenir à une intrigue policière plus terre à terre. Ici, il est question d’un mafioso qui pour se racheter vis-à-vis du ciel a décidé d’offrir une relique. Très vite, Banacek se heurte à l’hostilité de l’assureur, John Weymouth (Gordon Pinsent) qui joue un peu le rôle de Carlie. Il pense que la compagnie surestime le détective. Alisa Donato (Louise Sorel, qui a gaspillé son talent en tournant des soap operas de « Santa Barbara », « Côte Ouest » à « Des jours et des vies ») est la jolie fille de l’épisode, petite fille du gangster. Broderick Crawford (1911-1986) en gangster repenti De Retzo domine et de loin la distribution. Il est célèbre pour « Le fou du roi » et « Il bidone » de Fellini. Peppard venant du grand écran, il s’agit donc de l’affrontement entre deux monstres sacrés.  Face à ce De Retzo, Banacek ne se laisse pas impressionner et évoque les crimes qu’il a commis en 1932. Il a bien révisé la biographie du gangster.

Continuant le tournage en extérieurs sur les autoroutes et au Mexique, la série semble présenter la facture des décors au téléspectateur. La photographie est superbe et une fois de plus se revendique davantage du cinéma que d’une série télé comme « Mannix ».

Dans le rôle du rival de Gilbert De Retzo, on retrouve Victor Jory (1902-1982) qui incarna le père de Joe Mannix dans l’épisode « Le retour ». Ici, il est  Paul Andros, l’ennemi juré de De Retzo.  Jory compose un vieillard sobre, qui fait du sport dans une salle de gym, ne pouvant plus depuis une attaque cardiaque fumer et avoir de relations sexuelles, lui laissant comme seul plaisir la table.

George Peppard affiche sa prestance de beau gosse que ce soit dans un sauna avec Andros où il exhibe ses pectoraux, ou dans la scène suivante en nœud papillon et smoking lors d’un bal costumé du riche Robert Morgan (Peter Donat). Plutôt que d’engager un acteur français, la production fait jouer le collectionneur  Michel Lanier par Jack Mac Gowran qui n’est pas crédible une seconde et véhicule les clichés que les américains aimaient avoir sur notre pays à cette époque. L’épisode accuse quelques longueurs par rapport aux trois premiers opus. On se lasse de la reconstitution de la dernière fête du château de Versailles par le magnat fou Robert Morgan malgré l’ampleur des moyens développés. Le long intermède avec Banacek et Jay arpentant le chemin désertique qu’ont fait les convoyeurs de la croix évoque en moins bien les scènes similaires dans « Les traces fantômes » et « Projet Phénix ». La série nous montre ici ses limites. On la le sentiment que l’intrigue perd sa force en cours de route. Les plans montrant Peppard seul à la frontière mexicaine sont bien trop longs.

Cette-fois, l’explication n’a rien de fantastique, ce n’est qu’une banale mystification policière, mais Banacek prend le temps de faire son explication à Weymouth, l’agent d’assurance. On regrettera que le film sacrifie la belle et regrettée Anha Capri (« Les envahisseurs : contre attaque ») à un rôle de poule de luxe de Morgan, déguisée en Mme Pompadour, tandis que la jeune femme handicapée, Cecilia interprétée par la non moins regrettée Annette Charles alors Annette Cardona, fait double emploi avec une Louise Sorel toute en beauté.

Cet épisode, diffusé le vendredi 15 février 1974, concluait la série en France au terme de sept épisodes. Il fut le seul rediffusé un an plus tard dans « Samedi est à vous », et bénéficia d’une troisième diffusion hertzienne en 1987.

Les infos supplémentaires

Felix Mulholland est absent de l'épisode

Le titre a été hâtivement traduit par l’ORTF « La Croix de Madère », alors qu’il s’agit de la croix de Bayonne.

Banacek précise au cardinal qu’il croit aux miracles, mais pas à la magie. C’est une allusion à l’importance de l’église catholique en Pologne.

La croix est censée contenir un morceau de la vraie croix du Christ, mais le cardinal n’est pas dupe, et dit qu’avec tous les morceaux de vraie croix, on pourrait faire une forêt de vraies croix.

Le proverbe polonais signifie que certaines choses ne peuvent s’acheter, allusion au fait que De Retzo avant de mourir veuille se faire pardonner de Dieu en offrant la croix à l’église.

Banacek révèle un souvenir de son enfance : un voisin lui permettait d’aller au zoo avec lui, c’est ce dont il veut se souvenir, l’homme a ensuite assassiné son patron. Au fil des épisodes, il va ainsi révéler des fragments de son passé qui ont constitué sa personnalité si singulière.

Premier épisode écrit à quatre mains : Robert Presnell jr et Howard Browne.

Gilbert De Retzo, comme Jacqueline Huet nationale, appelle notre héros « Bananacek » !

Lorsque Banacek mentionne « Les incorruptibles » à Paul Andros, il répond « That was a great show ».



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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Dim 9 Mar 2014 - 19:06

01-04-Souffler n’est pas jouer (A million the hard way)  
 
A Las Vegas, un couple gagne un million de dollars dans un casino. La somme est exposée sous un globe. Linda Carsini, la photographe locale, prend un cliché du couple. L’homme réagit avec colère et lui arrache l’appareil. Pendant ce temps, sous le globe de verre, l’argent s’est volatilisé.


La critique

Avec le milliardaire invisible, Jonathan Jackson,  à Las Vegas, façon Howard Hawks, on ne peut s’empêcher de penser que ce film a un peu copié le James Bond « Les diamants sont éternels » tourné un an plus tôt. Margot Kidder qui n’était pas encore la fiancée de Superman, tient le rôle principal. Jackson engage Banacek par vanité car possédant une fortune colossale, la perte d’un million est davantage pour lui une humiliation. Andrews, l’agent d’assurance, qui comme dans le pilote Carlie, estime que notre détective est employé à perte, ne fait qu’une apparition. L’interlocuteur de Banacek est Arnold Leland (Don Porter), employé de l’invisible Jackson. Il faut avouer que d’emblée, l’histoire n’est pas passionnante. Bernard L Kowalski nous présente de superbes plans aériens de Las Vegas, sans doute pour suppléer le script peu excitant de Stanley Ralph Moss. Notons aussi la complicité de comédiens qui s’instaure dès le premier contact entre Margot Kidder et George Peppard. Banacek se fait littéralement draguer par Linda Carsini.

L’enquête alterne  les superbes illuminations du paradis du jeu et les aspects quelque peu sordides de l’endroit. Banacek rencontre la prostituée  Betty Janus (Claire Brennen) qui se trouvait avec le gagnant colérique, un homme marié, Loomis (Don Keefer). Nous n’en sommes qu’à vingt-cinq minutes du métrage et l’on sait que l’épisode est un désastre.  Banacek retrouve son côté mufle et antipathique, la fille est moche, et il la repousse tandis qu’elle s’offre à lui.
Depuis le pilote, c’est l’opus dans lequel on voit le plus de beautés en petite tenue, effet Las Vegas ou volonté de distraire le téléspectateur mâle devant l’indigence du scénario ?

Alors que l’on menaçait de s’endormir, arrive la scène aérienne époustouflante où Linda entraîne Banacek à bord d’un petit avion faire des loopings au-dessus du Nevada. Hélas, la scène n’est suivie d’aucun suspense immédiat, et c’est lors d’un vol de retour de nuit de Los Angeles, après avoir interrogé Loomis, minable homme marié à une mégère,  que le couple Linda-Banacek manque trouver la mort suite au sabotage de l’avion. Entre temps, l’ennui nous a encore gagné davantage.

La façon de terminer l’épisode de manière dramatique et triste se conjuge mal avec la légèreté de Las Vegas. La démonstration oiseuse de Banacek sur la disparition du million nous intéresse moyennement, et l’on assiste au premier ratage de la série. La construction du personnage de Linda Carsini, humaine et en recherche de sentiments profonds, face au glaçon Banacek donne un résultat mitigé. Jamais l’alchimie ne fonctionne dans cet épisode, perdu entre réalisme et fantaisie.

Les infos supplémentaires

Lorsque l’agent d’assurance Andrews se montre hostile, Banacek lui lance : « Andrews, détendez vous, même Eisenhower a eu besoin de Patton !

Première réplique de Margot Kidder à George Peppard (prémonitoire) : « Banacek ? Un nom comme… Superman ? »

La secrétaire de Leland explique que Tom Jones devait venir chanter au casino pour l’inauguration et a attrapé un virus.

L’invisible milliardaire Jackson fait une apparition tel Hitchcock dans ses films au moment le plus inattendu.



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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Lun 10 Mar 2014 - 20:42

01-05- Pièces uniques et en double (To steal a king)  

Dans la suite luxueuse d’un hôtel, Allen Markham range dans le coffre fort des pièces de monnaies rares d’une valeur de trois millions de dollars. Il part ensuite rejoindre son épouse Lydia, qu’il trouve évanouie dans le lit. Lui-même, qui vient de boire une coupe de Champagne, ne se sent pas bien. Le lendemain, en ouvrant le coffre, il le découvre vide.


La critique

Il n’est guère étonnant que l’ORTF ait écarté cet épisode lors de sa sélection au MIP-TV de 1973, car comparé à tout ce que nous avons vu jusqu’ici, il fait « pauvre ». Tout d’abord, les décors se limitent à l’hôtel, à un parc et à un cimetière. Où sont les fabuleux décors du pilote ? Ici, on est dans une série lambda type « Cannon » ou « Mannix », et la distribution vient encore enfoncer le clou pour en faire le plus mauvais opus de la saison. Brenda Vaccaro qui se jette au coup de Banacek est une actrice dont on devine à la voix abimée qu’elle a trop abusé de la cigarette. Janis Paige, qui incarne Lydia Markham est d’une vulgarité insensée. Le duo de frères Oliver et Roland Garcon (Roger C. Carmel et Logan Ramsey) semblent sortis de l’épisode de « Chapeau melon et bottes de cuir » : « Le legs » et leur triste face de mi-carême qui se veut tantôt drôle tantôt menaçante ne fait jamais illusion. Ronald Lacey et Stratford Johns ou les deux acteurs de « To steal a king », c’est du pareil au même. Pernell Roberts (« Bonanza ») et Kevin Mc Carthy (« L’invasion des profanateurs de sépulture ») relèvent le niveau respectivement en Donninger (qui fut l’amant de Lydia) et Allen Markham.

Si l’énigme est fort correcte et digne de la série, bien qu’elle ait un air de déjà vu ailleurs, la mise en scène catastrophique de Lou Antonio ménage seulement George Peppard qui sauve les meubles en se déplaçant tel un fauve et en interprétant un Banacek égal à sa réputation. On comprend que si le comédien s’est vu proposer des scripts comme celui-là, il ait refusé une saison 3 ! (Même si les motifs qu’il invoqua furent autres, on l’a vu). Cet opus constitue à la fois, comme les autres, un mystère à résoudre mais s’y combine maladroitement un whodunit. Qui est le coupable ? Le propriétaire des pièces rares ? Son rival Donninger qui jadis fut l’amant de sa femme faute de lui avoir volé autre chose ? Les deux frères attardés qui veulent soudoyer Banacek ? L’ambitieuse Sharon Clark/Brenda Vaccaro, de la banque d’Amsterdam, qui veut acheter les pièces pour sa banque et obtenir une promotion ?

On est à la fois triste pour Banacek la série et pour le comédien qui interprète le héros de le voir réduit dans cet épisode impasse à tenter en permanence de donner quelque dynamisme à un opus dynamité par un réalisateur totalement à côté de la plaque. Si Jay et Felix sont au rendez-vous, l’homme de la compagnie d’assurance se contente de passer et ne nous fera pas oublier Carlie Kirkland. Brenda Vaccaro est jolie mais ne sait pas jouer, elle semble en permanence en représentation, a un regard amusé comme un gosse ravi d’être à une fête foraine, mais jamais elle ne semble croire au personnage qu’elle défend.

Le script de Stephen Kandel, que l’on a connu plus en forme, est d’une indigence rare, et les personnages ne sont jamais approfondis, tout au plus esquissés. On sent que les trois bons comédiens Peppard, Pernell Roberts et Mc Carthy essaient de limiter les dégâts, mais ils ne peuvent compenser les lacunes du scénario. Si quelqu’un commençait la vision de la série par « To steal a king », il ne se hasarderait pas à regarder un deuxième épisode. Le navire prend l’eau de partout lorsque Banacek nous dévoile l’énigme et suscite enfin quelque intérêt chez nous, mais le générique final n’est pas loin. L’épisode réussit à être pire que « Souffler n’est pas jouer » et d’ailleurs, signe qui ne trompe pas, Banacek est ici sympathique, alors que l’écriture du personnage en a fait jusqu’ici un antihéros. A fuir !

Les infos supplémentaires

Nous apprenons que le père de Banacek est arrivé de Pologne en 1924, à l’âge de 16 ans.

Pour une fois, Banacek ne donne pas d’explication à son proverbe polonais.





Dernière édition par Patricks le Lun 10 Mar 2014 - 22:57, édité 1 fois
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Re: Série "Banacek"

Message  Invité le Lun 10 Mar 2014 - 21:32

Patricks a écrit: Brenda Vaccaro est jolie mais ne sait pas jouer, elle semble en permanence en représentation, a un regard amusé comme un ravi d’être à une fête foraine, mais jamais elle ne semble croire au personnage qu’elle défend.



Elle joue pourtant pas mal dans deux épisodes des SOSF : une flic pourchassée et une tueuse professionnelle. Faut dire qu'elle était la maitresse de Michael à l'époque et cela devait la motiver !
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Mar 11 Mar 2014 - 21:49

01-06-10 000 dollars à la page (Ten thousand dollars a page)

Milliardaire et tyran, Walter Tyson expose dans un musée le livre qui est tout ce qui lui reste de sa défunte épouse morte il y a un demi-siècle. Le livre disparaît alors qu’il est sous-surveillance permanente de caméras et de gardes. Banacek est engagé pour le retrouver.

La critique

Retour de Richard T Heffron pour une mise en scène moins SF que celle de « Projet Phénix » mais efficace, malgré un tournage qui confine les personnages en studio. Le scénario de Paul Playdon est en or, et sans le manque évident de décors faramineux auquels nous ont habitués le pilote et « Projet Phénix », on mettrait quatre étoiles. L’ORTF programma cet opus en sixième et avant-dernier de la série des sept achetés. La distribution nous permet de retrouver Joel Fabiani en avocat Art Woodward, loin du Stewart Sullivan de « Département S », mais sa composition étonnante lui vaut toutes les louanges. Stella Stevens, en tailleur strict et sans grand humour, est la moins sexy des invitées féminines de la saga, même si elle joue mieux que Brenda Vaccaro. David Wayne incarne le vieux tyran en fauteuil roulant, tandis qu’un David Doyle pré-Charlie’s Angels se révèle le plus teigneux des représentants de compagnie d’assurance que nous ayons vus, un certain Elliot.

On regrette vraiment qu’Universal n’ait pas mis les moyens au niveau des décors naturels. Les mécanismes de l’intrigue de Playdon sont huilés et Banacek se hasarde à révéler à 35 minutes du début un spoiler, que beaucoup auront deviné : les gardes surveillaient une photo de salle avec le présentoir du livre et non la réalité. Mais cela, beaucoup de téléspectateurs l’ont compris. En revanche, la révélation finale nous scotche sur notre fauteuil, même si on peut lui reprocher quelques similitudes avec celles du pilote « les traces fantômes ».

Côté distribution, c’est un sans fautes. Tout le monde a un mobile pour voler le livre, mais aussi surtout pour se venger du vieux bonhomme. Tout d’abord l’avocat, Art, qui a eu une liaison avec Jill Hammond (Stella Stevens). Loin de le chasser, Tyson a offert une fortune à l’homme pour qu’il rompe. Pour ce même motif, Jill fait partie des suspects. Il y a aussi le garde du corps « Monsieur Muscle » (que l’avocat appelle « Hercule ») Steve Crawford, et son frère un géant aux faux airs de Richard Kiel que Banacek va devoir affronter. Il se défendra avec son cerveau et non ses mains ! On ne s’étonnera pas que les deux misanthropes, Banacek et Tyson, s’entendent comme larrons en foire. Les rebondissements sont nombreux, avec la remise de rançon pour avoir en échange … des cendres, tentative de provoquer un choc mortel au vieux. L’épisode prend le temps de raconter l’histoire, notamment lorsque Tyson relate son passé au détective. Glassman (Richard Schaal) qui a conçu le système de sécurité au musée est aussi sur la sellette. Il maudit Banacek d’intervenir et souhaite qu’il ne retrouve pas le précieux butin. Plus qu’un vol, « 10 000 dollars à la page » est l’histoire d’une vengeance contre un paraplégique qui achète tout avec son argent, y compris les gens.

Après les échecs de « Souffler n’est pas jouer » et « Pièces uniques et en double », la série retrouve sa verve et son inventivité. Comme d’habitude, le cérébral privé a tout deviné avant tout le monde, et il nous donnera une petite leçon à la fin de l’épisode. Moins fantastique que « Le projet Phoenix », « 10 000 dollars à la page » est  une histoire qui tient la route. La disparition du livre est crédible et réalisable, tout en restant stupéfiante et le spectateur a son lot d’interrogations qui trouveront une réponse.

Intrigue à l’intérieur de l’intrigue, la remise de rançon évoquée plus haut  par Banacek pour le compte de Tyson intervient en parallèle de la recherche demandée par la compagnie d’assurance. Dans la même optique, le milliardaire tente (mais en vain) au début de l’épisode de débaucher Banacek auquel l’assurance offre déjà 10% du prix du livre. Tyson double le prix mais Banacek affirme sa déontologie et refuse l’argent, car le milliardaire bénéficie déjà de son exclusivité. Ce qui est montré ici c'est que Banacek souhaite conserver son indépendance et sa liberté d’agir.. Mais aussi son immense vanité, qui diminue vraiment son capital sympathie auprès du téléspectateur. Il est riche, il est intelligent, le problème est qu’il le sait et le montre un peu trop.

Les infos supplémentaires

Représentant de la compagnie « National Fidelity », Eliott a déjà eu affaire à Banacek dans une autre enquête et le déteste depuis.  Mais ce n’est pas une référence à un épisode de la série.

Il y a des années que Felix et Banacek sont amis, le bibliothécaire le précise, et il s’étonne que ce soit la première fois qu’il lui pose des questions sur…un livre !

Premier épisode depuis le pilote dans lequel Banacek n’a pas une aventure avec le personnage principal féminin, en l’occurrence Jill Hammond. Il a été l’amant de toutes les autres jusqu’ici.

Une fois de plus, les limites de l’humour de Banacek sont montrées lorsqu’il surprend son chauffeur Jay en train de raconter des blagues polonaises à Jill.





Dernière édition par Patricks le Dim 6 Avr 2014 - 21:39, édité 1 fois
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Mer 12 Mar 2014 - 20:18

01-07-Une collection impressionnante (The greatest collection of them all)  

Banacek doit découvrir comment une collection de tableaux d’une valeur de 23 millions de dollars a disparu lors d’un trajet en camion entre New York et Boston, alors que le convoi était sous haute protection.


La critique

Cet épisode renoue avec le talent créatif qui animait le pilote et les deux premiers opus. Tout d’abord, le scénario de Theodore J Flicker  redonne du sang neuf à la série. George Mc Cowan, l’un des fidèles réalisateurs de « Cannon » offre une copie parfaite qui mérite la note maximale.

Cette-fois, il y a une suspecte, Gloria Hamilton (Penny Fuller). Pourtant riche et fille de riche et ayant organisé l’exposition à New York et  surveillé le transport, elle fait l'unanimité comme suspecte N°1. Au début de l’épisode, ses relations avec Banacek sont orageuses, mais après que la jeune femme lui ait dit ses quatre vérités (vaniteux, macho, prétentieux), ils trouveront un autre terrain d’entente. Du côté de l’assureur, la  Boston Casualty Company, l’alter-ego de Carlie est cette fois un homme offensif : Church (David Spielberg). Ce dernier mettra des bâtons dans les roues au détective. L’enquête s’oriente vers la société de transports, dirigée par Jason Trotter (Mike Farell), qui a hérité de son père d’une entreprise en difficulté, ledit père prenant une retraite prématurée pour vivre une existence dorée. Llyod Gough incarne ce paternel, Alan Trotter, qui passe son temps à peindre, notamment (le veinard) Gloria Hamilton entièrement nue. Mais le plus chanceux n’est-il pas notre polonais qui trouvant le modèle en peignoir décide de la rayer de la liste des suspects lui ôtant ce qu’elle a sur elle pour devenir  plus tard son amant ? Pourtant, lorsqu’il apprend que les tableaux volés sont peut-être en Amérique du Sud et que Miss Gloria a en poche un billet d’avion pour Buenos Aires, il y a de quoi avoir des doutes.

Banacek doit composer ici avec les différents protagonistes. Notamment le chauffeur du camion, Norman Katz ( Eugene Troobnick), un original, diplômé de biologie et de musique de l’université d’Harvard. C’est le personnage le plus improbable de l’histoire. Le privé retrouve un ami de son père, l’irlandais Larry Casey, qui travaille pour le transporteur. Mais il sent une hostilité latente dans la société Trotter. Le directeur du musée de Boston, le docteur Shelby (John Hoyt) accueille froidement notre héros. Nous voyons Banacek perdre son sang froid lorsqu’il est traité de « polac » par Ben Wheeler (Gene Dynarski), le chef des gardes de l’escorte de sécurité du camion.

Penny Fuller nous fait oublier qu’elle n’est pas jolie, tellement elle se montre sensuelle et multiplie les attitudes mutines et coquines. On la reverra en femme cougar dans « Code Quantum : « Etre ou ne pas être » (04-11). Moins belle que Christine Belford mais plus convaincante que Joanna Pettet, elle symbolise la libération sexuelle des années 70, parlant sans vulgarité mais sans détour de sa sexualité. Elle fait parfois penser à Shirley Mac Laine avec son attitude espiègle.
L’action se déroule entre New York et Boston, où Banacek fait des allers et retours. Les scènes de cascade et de bagarre sont présentes entre deux entretiens avec les potentiels voleurs. L’histoire garde une parfaite cohérence malgré l’aspect un peu fantastique et spectaculaire de la disparition qui renoue avec celle des premiers opus. Banacek est toujours aussi antipathique, mais nous nous y sommes faits, avec cet humour moqueur envers son chauffeur ou ses pointes verbales acérées dès que quelqu’un le contrarie, notamment le représentant de la compagnie d’assurances. Notons une scène comique amère lorsque Felix est tout fier d’avoir trouvé un parchemin rare et que Banacek se fait une joie, sans en avoir l’air, de lui gâcher sa joie. Bien entendu, le privé réunira tout le monde pour l’explication détaillée du vol impossible, et une fois dites par lui, les choses nous semblent évidentes, il n’empêche que pendant presqu’une heure dix, nous pauvres téléspectateurs n’avons pas eu la moindre idée de la façon dont la disparition des tableaux a pu se réaliser.

Sans nous proposer de beaux décors naturels (scènes de studio pour le musée, scènes d’une usine de transport à New York qui a pu être tournée n’importe où mais n’a pas le charme de la forêt de « Projet Phénix » ou la beauté du désert des « Traces fantômes »), l’épisode réussit à être palpitant  d’un bout à l’autre.

Les infos supplémentaires

Le père de Banacek se prénommait Léo, et il a travaillé pendant 35 ans avec Larry Casey. Il est mort deux ans avant l’épisode.



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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Ven 14 Mar 2014 - 21:29

01-08- Sans issue (The two million clams of cap’n  Jack)  

Des titres d’une valeur de cinq millions disparaissent dans un ascenseur. Cela se produit au moment où la compagnie United Foods de Roger Sloan rachète celle du capitaine Jack. Banacek est engagé par la compagnie d'assurance  Montauk pour retrouver les titres avant le rachat de la société : il dispose donc de deux jours pour élucicer l’énigme et trouver le ou les coupables, car la société qui achète ne veut pas que le vol ternisse la transaction.


La critique

Malgré une distribution exceptionnelle, cet épisode est un semi échec. Il faut dire que le scénario écrit par quatre auteurs semble avoir été remanié et quelque peu compliqué inutilement. Si Richard T Heffron signe encore une impeccable réalisation, Stanley Ralph Ross, adaptant une histoire de Shirl Hendryx,  Pat Fielder et Richard Bluel, se perd dans les dédales d’une intrigue peu spectaculaire et fort bavarde. On jugera Thomas Banacek complètement fou de repousser les avances d’Erica Osburn, la fille du capitaine Jack Osburn, lorsque l’on sait que la dame est interprétée par Jessica Walter. Dès leur rencontre, elle se jette à son coup et l’embrasse. Plusieurs fois, elle lui propose de devenir sa maîtresse, et chaque fois il trouve une excuse pour se défiler ! Jessica Walter joue aussi bien que d’habitude, tout comme les autres comédiens que nous connaissons tous : David White (« Ma sorcière bien aimée »), Jason Evers (guest star dans « Mannix », « Cannon », « Les Envahisseurs »),  Linden Chiles (le frère de David Vincent qui incarne ici Penniman, personnage qui va devenir récurrent et alterner sa présence avec Carlie Kirkland), Andrew Duggan (« Le Ranch L »).
Tandis que Jay et Felix sont souvent mis à contribution, Banacek doit en deux jours trouver parmi une multitude de suspects qui est le coupable et surtout retrouver les titres. Plus histoire policière que d’énigme, « Sans issue » multiplie tellement les coupables potentiels que le spectateur s’y perd. Il y a la famille Osburn au grand complet, à savoir le père Jack (Andrew Duggan), la fille Erica, l’oncle Leo, sans oublier le glauque Esposito (Gregory Sierra), le repris de justice black Ed Spencer (Wally Taylor) – parce-que pour surveiller des titres de 5 millions de dollars, on fait confiance à un ex-détenu condamné pour braquage ! – le  banquier Hanrahan (Liam Dunn) qui a un malaise cardiaque juste avant le vol inexpliqué dans l’ascenseur, le frère de Spencer, Tim. A noter qu’il y a ici le gentil noir, Ed, voleur repenti et le méchant noir, Tim, raciste anti-blanc qui traite (cela lui arrive souvent) Banacek de « polac ». Le coup a aussi pu être monté par Roger Sloan (Jason Evers)…  ou par certains des suspects ayant lié un partenariat pour l’occasion. Bref, il est impossible avant la fin (à part pour l’extra-lucide Banacek) de trouver qui est ou sont le ou les coupable (s).
Les décors sont surtout faits en studio, ce qui déçoit. Banacek se montre à nouveau hautain et odieux (il sera à deux doigts de prendre une gifle d’Erica), machiste, bref ce n’est pas avec cette fin de première saison qu’il se rendra plus sympathique.
Jessica Walter porte des tenues sexy et affriolantes, mais visiblement Banacek n’est pas intéressé. Nous avons droit à des scènes violentes, à une bagarre finale spectaculaire dont on ne révèlera évidemment rien, mais la supercherie n’était pas cette-fois extraordinaire, et le privé prendra moins de temps que d’habitude pour l’expliquer. L’interprétation générale rattrape un script maladroit et l’on passe un bon moment. Pour cette première rencontre, Penniman se montre plutôt niais et inoffensif, ce qui n’empêche pas le détective d’être féroce avec lui et de le ridiculiser. Notons qu’Erica est reporter, alors que possédant des parts dans la société de son père, elle n’a pas besoin de travailler. Derrière ses airs sûrs d’elle, on découvre une femme meurtrie qui a cru que Roger Sloan divorcerait pour elle tandis qu’ils avaient une liaison.  Se retrouvant face à la « légitime » de son ex amant, Ann Spencer moche mais riche (Joan Pringle), elle prend une mémorable gifle mais nous n’assisterons pas à un combat de femmes car dans les réceptions de la bonne société du capitaine Jack, on sépare les antagonistes et le calme revient vite.
Omniprésent, David White (le patron du mari de la sorcière bien aimée) se révèle en engageant Banacek dans la peau de W Crawford Morgan un homme maître de lui, alors qu’il subit les insolences de son « employé » qui l’appellera pendant tout le film « Crawfish ». C’est un bonheur de voir uniquement de bons comédiens au sommet de leur art. Jay doit parfois regretter d’avoir été engagé par le détective car il est son souffre douleur, Banacek le ridiculise avec une certaine lâcheté mais fait moins le malin face à Tim Spencer et à sa bande. Il se montre plus diplomate avec Felix dont il a besoin. Il sait que ce dernier n’hésitera pas malgré leur longue amitié à l’envoyer sur les roses.
Linden Chiles compose un Penniman savoureusement crétin, tombant toujours des  nues. Mais le comédien sait trouver le ton juste pour ne pas sombrer dans l’excès.
Cette première saison se termine donc avec cet opus diffusé en France en 1974 en 5e sur 7 diffusés. Malgré des épisodes parfois décevants, le concept est riche et nous allons découvrir une seconde saison qui nous ramènera la belle Carlie/Christine Belford. Malheureusement, le MIP TV de Cannes 1974 (où seront achetés « Kojak », « Le justicier » avec Ken Howard, « Maîtres et valets » et où l’ont reprendra des épisodes de séries comme « Columbo », « Kung Fu ») fera l’impasse sur la suite de « Banacek » qui devra attendre une diffusion sur le satellite pour être vue par les français.

Les infos supplémentaires

Andrew Duggan né en 1923 pourrait à peine être le père de Jessica Walter (1939). Il l’aurait eu à 18 ans. En 1973, Jessica faisait déjà femme mûre et non jeune fille, et il aurait convenu de choisir un comédien plus âgé pour être son père.

Erica est la meilleure amie de Sharon Clark qu’incarnait Brenda Vaccaro dans « Pièces uniques et en double ». C’est la première fois qu’un lien entre deux opus est évoqué.

Dans cet épisode, Banacek déclame deux proverbes polonais ! Il se limite habituellement à un seul.

Nous apprenons, mais ce n’est pas une surprise, que Banacek ne supporte pas les féministes.

Le passe temps de Banacek entre deux enquêtes est le football (américain).



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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Ven 14 Mar 2014 - 21:31

Saison 1 envoyée à Steed.
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Sam 15 Mar 2014 - 1:04

02-01 – L’œuvre d’art (No stone unturned)  

Une sculpture géante en pierre « Man in harmony », de trois tonnes, assurée pour trois millions de dollars,transportée chez le milliardaire Davey Collier, se volatilise. Banacek, appelé par Henry DeWitt dont le patron est absent, doit retrouver l’objet  en deux jours. Il a la grande surprise de retrouver sur sa route Carlie Kirkland de la Boston Insurrance Company engagée pour le prendre de vitesse.

La critique

Bien qu’il dure 72 minutes, cet épisode peut être considéré comme un deuxième pilote de « Banacek ». L’immense surprise, c’est le nouveau générique dont seul demeure la scène où Banacek rame. Désormais, une actrice est au générique et on la voit quasiment autant que Peppard : on saute de joie en découvrant Christine Belford, alias Carlie Kirkland. Et de fait, Carlie est de retour, comme si rien n’avait changé depuis « Les traces fantômes ». Elle travaille pour la Boston Insurrance Company, sous les ordres d’un patron qui est en vacances, Cavanaugh, que l’on ne verra pas dans l’épisode. BIC emploie outre Carlie un certain Henry DeWitt (Linden Chiles). Le personnage de Penniman, on se demande bien pourquoi, a changé de nom ! Pourtant, DeWitt évoque l’ultime mission de Banacek résolue en deux jours.
Quant à l’intrigue, elle est digne du pilote. Un mystère absolument insoluble, que l’on n’aurait jamais deviné, et qui est spectaculaire. Faire disparaître une statue de trois tonnes est réalisé ici avec des moyens moins tirés par les cheveux que le wagon au milieu du train de « Projet Phénix ». Mais la scène finale, où le héros nous révèle tout, est à couper le souffle. Aucun regret, personne n’aurait pu deviner (à part Sherlock Holmes !).
La réalisation de Richard T Heffron est particulièrement soignée. Tout d’abord, et c’est pour cela que je parle de deuxième pilote, la séquence prégénérique est très longue. Nous voyons le transport de la sculpture par son créateur, l’artiste Owen Russell (Gary Lockwood) et un ami, le conducteur Pete Biesecker (Larry Pennell). Une jeune fille excentrique et peu farouche les suit, Gretel (Candy Clark), et filme tout en super 8. Le film aura par la suite une importance primordiale dans la résolution de l’énigme.
Si le premier contact de Carlie et Thomas Banacek est glacé, et qu’elle lui dit que « pas même dans un million d’années, ils ne feront l’amour », le couple se reforme vite. On note que c’est surtout Carlie qui est amoureuse. Banacek repousse les avances de Gretel, qu’il juge trop jeune, et Carlie débarque au domicile du privé. Lorsque Banacek embrasse l’enquêtrice, elle lui dit qu’elle avait oublié ce que cela faisait. Et elle lui tombe dans les bras. Mufle, Banacek le lendemain dira que la nuit d’amour n’a pas été trop mauvaise ». L’humour n’est pas absent, mais le privé le fait toujours au détriment des autres. Dans un marché aux légumes, il fera honte à Carlie en se mettant à crier qu’elle lui demande trop cher, la faisant passer pour une prostituée. Le client, dont la sculpture a été volée, Davey Collier (Scott Brady) n’est pas un tendre. Felix Mulholland apprendra au polonais que cet homme a été mêlé à des affaires louches et a failli être assassiné il y a deux ans. Lorsqu’ils se rencontrent, il lance au détective « Banacek c’est slave ? » ce qui lui vaut une réplique cinglante : « Collier, c’est anglosaxon ». Mais le privé se montrant insolent, l’autre l’avertit de ne pas abuser car il peut se révéler dangereux.
D’ailleurs, Collier est une ordure. Il traite plus bas que terre Jennifer sa maîtresse et héritière (Peggy Walton) et il a profité d’un contrat d’exclusivité arrivant à expiration pour exiger de l’artiste la statue. Or, il a fallu deux ans à Russell pour la sculpter. Il n’hésite pas non plus à virer son chef de la sureté Vince O’Hara (Don Stroud) qui amoureux de Gretl et l’ayant suivi de nuit à la riche maison du privé a conclu que Banacek et elle étaient amants. Pour cela, il attaquera sauvagement le héros. Pourtant, alors que l’on s’attend à ce qu’il soit tué ou bien que l’on fouille le personnage, Collier passe très vite au second plan pour mettre dans la lumière l’étrange personnalité de l’artiste écorché vif Russell.
Là où Carlie Kirkland et le téléspectateur ne voient rien, Banacek avec son cerveau à la Holmes enregistre tout et comprend le vol impossible. Sans doute a-t-il été plus attentif que nous au vrai mobile du vol. Pour tromper l’ennemi, une histoire de rançon se greffe en milieu d’épisode, ce qui nous vaut des scènes entre Jay et Carlie, comme jadis au motel. La solution est dans le film et dans une image que Gretl n’aurait pas dû prendre. La malheureuse est victime d’une tentative de meurtre maquillée en accident de la route. On la retrouve au Boston Memorial Hospital, quatre ans avant le tournage de « Coma ». Cette scène nous permet de constater que les scènes de l’hôpital sont faites en studios. Quel dommage !
Une autre séquence assez longue se passe au chantier de Biesecker, qui ressemble à une casse de voitures. Mais chaque scène est efficace, lourde de signification par rapport au script, et il n’y a aucun bavardage inutile. On doit ce scénario génial à Stephen Lord, mais trois adaptateurs l’ont repris : George Sheldon Smith, Lee Stanley et le créateur de la série « Hawk, l’oiseau de nuit » avec Burt Reynolds, Robert Van Scoyk. Les lauriers reviennent bien sûr à Stephen Lord qui a imaginé l’inimaginable, mais à part « Le mystère du triangle des Bermudes » (1978), il n’a rien écrit qui relève du mystère et du fantastique, et sa filmographie, de ce point de vue, est décevante.
Carlie est amoureuse, mais ne se fait pas d’illusions. Elle sait que Banacek ne s’intéresse qu’au plaisir et ne construira rien avec elle. Christine Belford qui aurait mérité une plus belle carrière joue le personnage avec humour et un peu de dérision, sans jamais tomber dans le mélo ou la tristesse. La rivalité professionnelle avec Banacek est latente, et elle présente à la fin sa solution, qui hélas pour elle est fausse. On meurt d’envie de révéler la vraie, mais cela ruinerait toute envie de voir ce fabuleux épisode.

Les infos supplémentaires

Jay évoque auprès de son patron le livre disparu et retrouvé (01-06 « 10 000 dollars à la page »).

La liaison de Carlie et Banacek dans le pilote est plus qu’évoquée puisqu’elle reprend, Carlie parle du motel dans le Texas.

« Sans issue » (01-08) est mentionné pour le délai de deux jours pour retrouver l’objet volé, bien que Penniman ait changé de nom !

Le vieux proverbe polonais a de plus en plus tendance à tomber comme un cheveu dans la soupe puisqu’il est un passage obligé. Ici Banacek dit à Jay : « Only the centipede can hear all the hundred footsteps of his uncle » (seul le millepattes peut entendre les centaines de pas de son oncle) lorsque le chauffeur propose d’aider son patron alors qu’il ne sait rien !






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Re: Série "Banacek"

Message  Dearesttara le Sam 15 Mar 2014 - 1:12

Super, c'est parti pour la seconde saison ! cheers
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Sam 15 Mar 2014 - 19:43

02-02- Max le magnifique (If Max is so smart, why doesn’t he tell us where he is ?)

 

Un ordinateur médical géant , Max, financé par la riche et hypocondriaque Leslie Lye est censé à terme remplacer la médecine humaine et surtout prolonger la vie de sa bienfaitrice au-delà de la cinquantaine.  Mais un jour, l’appareil pourtant immense et protégé par un système électrique à haute tension disparaît.


La critique

Cet épisode réalisé par Bernard L Kowalski était une gageure. Faire entrer « Banacek » dans le monde de la comédie. Si le pari ratait, nous tombions dans le désastre. Tout d’abord, l’aspect mystère et disparition fantastique demeure, et ici jusqu’aux dernières minutes, nous sommes en attente de connaître le pot aux roses digne des « traces fantômes », du « projet Phénix », d’ « Escamotage » et du pilote de la saison 2 « l’œuvre d’art ».

Banacek devient ici un play boy quasi parodique, qui rappelle James Coburn dans le rôle de Flint. Il est couvert de jolies filles en bikini et n’a pas peur du ridicule en se déguisant en homme grenouille. La série perd en dimension dramatique mais gagne en dynamisme. Tout d’abord, la distribution est éblouissante. Anne Baxter est fabuleuse en femme mûre et riche entourée de gigolos et joue ce personnage ingrat avec un certain courage, car la caméra ne l’épargne guère. En 1973, elle avait cinquante ans, ce qui est pile l’âge de son rôle de milliardaire odieuse, Leslie Lye. On reconnaît difficilement la belle Sabrina Scharf de « Hawaii police d’état : la guerre des planches » en infirmière peu farouche Wyn Reever. Alan Fudge, le concepteur de « Max », est très à l’aise au milieu d’ordinateurs géants, comme la suite de sa carrière l’y mènera (« L’homme de l’Atlantide », « M.A.N.T.I.S. », « Capricorn One »). Nous retrouvons Cavanaugh, le chef de la BIC, (George Murdock) aperçu dans "Les traces fantômes" et "Une collection impressionnante". En garde irascible et ancien cauchemar du jeune Banacek, Jim Davis, le patriarche de « Dallas », est la seule fausse note de la distribution.

L’idée géniale de la saison 2 consiste à avoir changé le seul héros invincible en un duo dans lequel Christine Belford s’acquitte d’une partie des tâches qui revenaient à George Peppard. Pour être franc, elle récolte de la part ingrate des enquêtes, fastidieuse, réservant les morceaux de bravoure à son partenaire masculin. On découvre cependant que si Banacek multiplie les conquêtes, elle plaît aussi (elle accepte ici un rendez vous de Logan Howard/Alan Fudje). Il fallait une actrice ayant énormément de talent pour donner la répartie à Peppard, lequel sera entouré de montagnes de filles jolies mais cruches, à divers étapes du déshabillage. Jay, le pauvre, se plait à rêver devant ces filles qui jouent au basket en petite tenue. Bien sûr, cette image de la femme réduite à sa plastique est réductrice et machiste. C’est là que l’aspect « comédie » fait passer des scènes qui pourrait paraître too much. De plus, Carlie/Christine Belford est la femme moderne, émancipée, elle prend les bons moments que veut bien lui laisser son Don Juan mais ne se prive pas pour autant de vivre en épicurienne. Elle est dotée d’un humour que Banacek n’a pas ou peu.

La vraie vedette de cette série, c’est la disparition et le spectateur n’attend que pour savoir. Faire disparaître un ordinateur entier (et en 1973, c’est une machinerie immense) au vu et su de tout le monde sans provoquer de signal d’alarme, sans recours à un camion grue gigantesque nous plonge dans la perplexité. Pourtant la série reste bien policière et ne bascule pas dans la science fiction. Pour tout de même compenser l’aspect parodique, Kowalski nous réserve des scènes assez violentes : Banacek manque être écrasé par une voiture, et là « ce n’est pas du cinéma », il s’en tire mais pas indemne. Ses blessures lui redonnent une dimension humaine. Dans le même genre, l’agression dont il est victime par le gigolo Chris Bailey (Richard Jordan) nous montre qu’il est blessé et justifie une hospitalisation, qui cependant est vite atténuée par la présence d’infirmières peu farouches et toutes canon. Sans doute pour donner une image différente de Carlie face aux bikinis qui semblent être la seule tenue des femmes ici, Christine Belford porte un ensemble costume et pantalons pattes d’éléphants peu féminin.

On se prend à maudire l’ORTF d’avoir boycotté cette saison 2 lors de ses achats à Cannes en 1974. En 1973, elle avait acheté « Le magicien » avec Bill Bixby – diffusion antenne 2 été 1975, « Les Rues de San Francisco » saison 1 (diffusion septembre 1974, chaîne2) et « L’homme de Vienne » diffusé le dimanche à partir d’avril 74 sur la Une. Pourquoi avoir acheté en 1974 tant de séries confirmées comme « Mannix » (A2, été 75), « Columbo », « Mission Impossible » et les nouveautés indispensables (« Kojak » saison 1) et pas la suite de « Banacek » ?  La mauvaise audience de la sélection de sept épisodes en janvier février 1974 a sans doute influencé les acheteurs en mai.

La solution est tellement réjouissante que le chroniqueur meurt d’envie de dévoiler la clef de l’énigme, il vous encourage à voir la série, vous ne serez pas déçu. Cette saison 2 est nettement supérieure à la première. On a peaufiné le personnage principal, amélioré les scripts, engagé des distributions impeccables (Anne Baxter est pathétique en femme refusant le naufrage des ans). Les séquences entre Jay et Carlie deviennent un passage obligé et sont un ravissement d’humour et de finesse.

Les infos supplémentaires

Banacek retrouve ici MacKay qui lorsqu’il était enfant le terrifiait. Il était policier dans le quartier de ses parents et faisait la chasse aux garnements.

Carlie Kirkland est devenue la petite amie de Banacek comme le montre la scène du pique-nique du début de l’épisode et non plus la maîtresse d’un soir. Toutefois, leurs travaux (et les infidélités du privé) les ont parfois séparés.

Banacek a retrouvé un yacht pour Onassis rebaptisé ici Aristophanes, en Californie, enquête qu’évoque Carlie.

Le proverbe polonais reste le gimmick indispensable de la série. Ici, Banacek l’adresse au garde MacKay qui continue de surveiller l’endroit où l’ordinateur a disparu, ce qui justifie son emploi. « No matter how warm the smile on the face of the sun, the cat still has her kittens under the porch » (peu importe la chaleur du sourire à la lumière du soleil, le chat a toujours ses bébés sous le porche »), ce qui laisse Jim Davis perplexe (et nous aussi !)

Banacek au fil des épisodes s’évertue à troubler Felix en lui demandant des informations lorsque ce dernier est sur le point de « conclure » avec une ravissante et bien plus jeune petite amie asiatique.





Dernière édition par Patricks le Dim 16 Mar 2014 - 18:39, édité 2 fois
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Dim 16 Mar 2014 - 15:13

02-03- Le cas rosse du carrosse (The three million dollar piracy)  

Le carrosse d’or serti de pierres précieuses prévu pour le mariage du Shah de Baraga avec l’actrice américaine Diana Mailtand disparaît au moment de l’embarquement sur le bateau du capitaine grec Larkos sous les yeux de DeWitt et de sa fiancée Carlie kirkland. Double mission pour Banacek : retrouver pour 10% de son prix le carrosse, et dissuader Carlie, qu’il aime, d’épouser l’ennuyeux Dewitt.

La critique

Cet épisode nous montre à quel point Banacek peut être égoïste : il est incapable de résister à la tentation du moindre jupon, mais il aime sa rivale à la Boston Insurrance Company Carlie. Il va donc essayer de dynamiter le mariage de celle qui jusqu’à présent était sa maîtresse, et lui a signifié que leur liaison de menait à rien, sans renoncer à sa vie de patachon.

Banacek devient donc une série/feuilleton. Si Jay se retrouve limité à la portion congrue (comme dans chaque épisode, il échafaude une théorie qui ne tient pas la route pour le vol impossible), l’opus consacre une part importante à la vie privée du détective et de ses amis. Ainsi, Felix vient surtout pour présenter sa nouvelle petite amie (il a quitté sa belle amie asiatique) et la mission impossible passe au second plan pour Banacek, car il lui faut détruire les fiançailles et empêcher le mariage de Carlie. A ce titre, qu’il s’appelle Penniman ou DeWitt, Linden Chiles ne joue pas d’égal à égal avec Thomas Banacek/George Peppard. Il est prévisible, moins séduisant, facile à battre. Le Shah d’Iran est remplacé ici par le Shah de Baraga, en revanche l’actrice qu’il envisage d’épouser, Diana Maitland (Arlene Martel) aux mœurs légères (Felix a une photo d’elle dédicacée en bikini, Banacek en fait sa maîtresse) tient plus de la Cicciolinia que la de la princesse Grace. Arlene Martel, une starlette vue dans « Mannix » mais surtout cotée pour son rôle d’épouse de Spock dans « Star Trek », est d’une vulgarité épouvantable.

L’aspect comédie de la série se renforce, avec de nombreuses scènes dignes du vaudeville, où Banacek va s’acharner à détruire l’image du fiancé de Carlie. Comme celle-ci est amoureuse de lui, la victoire est trop facile. Du coup, la disparition impossible passe au second plan. Néanmoins une liste de suspects est dressée :

Le capitaine Larkos (Tito Vandis) qui est endetté par sa passion du jeu. Il passe son temps dans les casinos de chacune des étapes de son navire.

Le second de Larkos, Isaac Porter (Don Knight), qui mène une double vie, bigame, avec une épouse à La Nouvelle Orléans, Lila (Lala Edmund Jr) et une à Boston, Wilda (Jeane Manson, oui, la triste chanteuse copine de Joe Dassin aux refrains sirupeux, dont les américains nous ont fait cadeau, ce qui n’est pas très gentil).

Le négociant de jouets Doug Sanborn (Hal Buckley), qui se trouvait sur les quais le jour du vol du carrosse.

Mario Fratelli (Dick Gautier), le joaillier italien qui a serti le carrosse, et coureur de jupons, a séduit la femme de Sanborn et lui a fait des confidences sur l’oreiller.

Leona Sanborn (Susan Damante), épouse de Doug, maîtresse de Fratelli, qui savait que le carrosse se trouverait ce jour-là pour embarquement.

Certes, le vol est impossible, mais Banacek le résout facilement en ridiculisant au passage son rival. L’épisode souffre du manque d’attention du privé pour la mission au détriment de celle, plus importante pour lui, de récupérer Carlie.
Tout cela se fait au détriment du suspense. L’opus garde une haute tenue, mais jamais le mystère n’atteint la perfection des scripts du pilote ou du projet Phénix.

Le scénario est tiré d’une histoire originale de Jack Turley, il est adapté par Robert Van Scoyk et Stanley Ralph Moss. La mise en scène d’Andrew Victor McLaglen est assez convenue. Bref, après deux opus majeurs, celui-là marque le pas. On se désintéresse de l’intrigue pour le plan ingénieux de Banacek qui démontre à Carlie qu’elle aura une vie ennuyeuse en Mrs DeWitt, ne pouvant plus exercer son métier, la BIC n’admettant pas les couples employés. Banacek pousse même le sadisme à dire que la belle passera ses vendredis avec sa belle-mère pour l’assister à ses œuvres de charité pour les animaux. Quelque part, la question posée est : doit-elle préférer épouser un saint ennuyeux ou continuer à flirter avec un s alaud excitant ?

Mc Laglen propose tout de même une scène d’action violente où Banacek doit échapper à un chariot élévateur bien décidé à le faire taire définitivement.

Notons que plusieurs scènes lancent des phases scénaristiques qui ensuite ne sont pas développées : le lieutenant black Trask (Rudy Challenger) est hostile envers le détective, mais il disparaît ensuite vite du paysage. On s’attend à la place d’une collaboration habituelle police-Banacek à un véritable combat qui n’aura jamais lieu. Le menuisier autrichien qui a conçu le carrosse,  Bruno  Aufderheidie (Martin Koslech) est un suspect potentiel selon Felix, mais après une brève rencontre avec Banacek, on ne le voit plus. On a l’impression que l’on a bâclé l’intrigue ici au profit du vaudeville.

La jalousie de Banacek, qui transparaît à chaque scène, est une preuve évidente de ses sentiments pour Carlie : lorsqu’il trouble le dîner en tête à tête des futurs mariés et prédit à la dame l’existence morne qui l’attend, lorsqu’il interrompt le mari infidèle Fratelli qui avait des vues sur Carlie. Mais dans le même temps, il ne peut renoncer à son existence de séducteur. Banacek est une sorte de grand enfant trop gâté qui veut en permanence gagner sur tous les plans.

Nous sommes moins en attente de la solution, mais elle reste satisfaisante. Le téléspectateur vraiment attentif pouvait la deviner, à l’inverse d’autres épisodes. On regrette que Christine Belford perde ici un peu de son animalité pour jouer les improbables fiancées d’un homme ordinaire et rangé.

Les infos supplémentaires

Carlie fait allusion à sa rupture avec Banacek : « Notre liaison ne menait à rien ».

Le proverbe polonais, dit par Banacek à Fratelli : « Even though a man anoint himself with flagrant oils, he can still wind up with a broken face ». Explication de Banacek face à Fratelli qui a tenté de séduire Carlie  et reste interloqué: « D’homme à homme, ne me parlez uniquement que de ce que Ms Kirkland vous a dit à propos des joyaux du Shah ».



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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Lun 17 Mar 2014 - 22:11

02-04- Le Calice de Darios (The vanishing chalice)  

Devant un public médusé, le Calice de Darios, une antiquité grecque unique, disparaît. Cavanaugh supplie Banacek d’accepter l’affaire, et de prendre Carlie comme assistante. Mais cette enquête prend un tour différent pour le détective lorsque Jimmy Scarne, l’un de ses meilleurs amis, qui était chargé de la protection du musée, est assassiné. Désormais, Banacek en fait une affaire personnelle.

La critique

Avec la saison 2, la série a changé de style, passant d’intrigues assez sérieuses à la comédie, tout en maintenant les disparitions inexpliquées. Après deux épisodes haut de gamme et un semi ratage, j’avoue avoir eu quelque inquiétude en découvrant « Le Calice de Darios ». Fort heureusement, mes craintes n’étaient pas justifiées. En effet, le talent des comédiens nous permet de passer de la comédie au drame sans que l’équilibre ne soit jamais ébranlé, comme dans les mauvaises séries genre « Pour l’amour du risque ». Le scénario de Mort Fine constitue un socle solide pour une intrigue qui est riche en rebondissements. La mise en scène de Bernard Kowalski en souligne la richesse. Ainsi, pour prendre un exemple, les scènes burlesques se multiplient entre Carlie Kirkland et Thomas Banacek. Le contrat l’oblige à accepter Carlie comme assistante, et elle se proclame le docteur Watson de notre héros. Banacek la raille avec des pointes du genre « Watson vit seulement avec Holmes, ils ne sont pas mariés ». Mais lorsque Carlie se trouve en danger, il ôte son masque de dandy pour venir à son secours.  Marius Antavalu (Cesar Romero) passe d’une scène de sirtaki à une tentative de viol de Carlie. Le polonais intervient et se voit menacé par le riche grec : « Lorsque vous empêchez un cousin de faire l’amour, il n’y a ensuite personne à vos funérailles ». Antalavu a en effet un double visage, et pour se sortir d’une vanne raciste sur les polonais, il a prétendu que les grecs sont les cousins de tout le monde. Banacek lui met alors les points sur les I (avant de lui mettre son poing dans la figure ) « Ici, quand on veut faire l’amour à une femme qui refuse, cela s’appelle un viol ».

Banacek est un faux dandy. Il feint de tout prendre à la légère, mais n’est jamais dupe de la décontraction des autres, en particulier lorsqu’elle est simulée. Ainsi agit-il avec  Sibyl, une fille fofolle qui cache une dangereuse personnalité (Sue Ane Langdon), qui tente de s’incruster chez lui après lui avoir fait du charme et dont il charge Jay de la conduire à un hôtel. On mesure la facilité du personnage de passer du rire au drame lorsqu’il plaisante avec  la chanteuse Bonnie (Ruth Price), épouse de son ami policier et future victime Jimmy Scarne (Don Collier). On remarque le talent de George Peppard passant du copain plaisantin et vaguement dragueur au véritable ami qui est là auprès de la veuve pour le coup dur.

La distribution nous gâte avec un John Saxon très inspiré en fils de gangster en thérapie permanente chez un psy, Harry. C’est l’une des meilleures scènes de l’épisode, car le duel de mots manque tourner au duel tout court. Loin de ses « feux de l’amour », Eric Braeden - dont le rôle de conservateur du musée Bolitho n’est pas le moins important (on n’en dira pas plus pour ne pas révéler le spoiler) - nous permet avec un personnage tout en nuances et assez discret voire au début insignifiant de comprendre le vol impossible car les seules explications de Banacek se révèleraient laborieuses. Cee Cee (Nedra Deen), dans un rôle de cruche infinie, est toujours drôle et jamais saugrenue. Même si elle le genre de filles à donner une idée du néant quand elle prend l’air intelligent, son numéro burlesque (elle le fait du prégénérique au tag final) est bien mieux réussi que l’insupportable Sibyl. La disparition  cette-fois ci tient du tour d’illusionniste, mais sa complexité dépasse peut être un peu la compréhension du téléspectateur de série policière. C’est là le piège de la série, car à toujours surenchérir dans l’impossible (sauf aux yeux d’un Banacek quelque peu blasé et devin), les énigmes même savamment expliquées par le privé laissent un goût prononcé de « trop complexe ».

Christine Belford s’écarte du personnage de la Carlie du pilote, coléreuse, jalouse, pour jouer les « Dr Watson », les « parfaites assistantes » du macho, mais chassant le naturel et le laissant revenir au galop, nous la retrouvons telle que nous la connaissons à la fin.

Les infos supplémentaires

Le proverbe polonais arrive tardivement dans l’épisode, Banacek dit à Felix : « Though the hippopotamus has no stinger in this tail, the wise man would rather be sat on by the bee ». Felix lui dit que c’est difficilement applicable, et le privé répond : « A duck with three wings and a loaf of bread is brother to the turkey ». (Bien que l’hippopotame n’ait pas de dard dans sa queue, l’homme sage préfère être assis sur une abeille », « Un canard avec trois ailes et une baguette de pain est semblable à une dinde ».

La nouvelle voiture de Carlie est une Chevrolet Corvette rouge modèle 1973 immatriculée 382998.

Felix Mulholland, véritable tombeur, a encore changé de petite amie. Il joue au puzzle avec elle.

Premier épisode depuis le pilote où Banacek refait de l’aviron sur le fleuve, dans une séquence assez longue. En VO, il appelle cela le « sculling ».





Dernière édition par Patricks le Dim 6 Avr 2014 - 21:42, édité 1 fois
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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Mer 19 Mar 2014 - 22:33

02-05- L’étalon (Horse of slightly different color)  

Sur un champ de courses, un étalon du nom de Oxford Don, assuré pour cinq millions de dollars, ne parvient pas à faire son temps habituel. Il a trois secondes de retard. John Hargroves, le propriétaire, se rend compte alors que le précieux cheval a été substitué avec un autre. Peu après, le jockey Tim Diamond, disparaît à son tour.

La critique

Dès le début, j’ai senti le mauvais épisode. La  disparition n’a rien de spectaculaire, alors que l’on aurait pu en faire une sur le champ de courses dans la mesure où une partie est cachée de la caméra située dans les tribunes, le moment où le cavalier passe derrière les haies. Bref, plus de cinq minutes de pré générique pour un pétard mouillé. D’ailleurs, que ce soit Hargroves (Ramon Bieri) ou Katherine Wells (Anne Francis), qui vient de vendre le cheval, ils prennent Banacek pour un valet. Vu l’égo surdimensionné de ce dernier, on s’étonnera que je le défende, mais en l’occurrence il n’a pas tort. Les deux personnages sont odieux.

Le problème pour le téléspectateur, c’est que l’épisode ne décolle jamais. Les bavardages s’enchaînent dans l’ennui le plus total. Banacek questionne Sally (Lane Bradbury), la belle fille de Katherine, puis l’entraîneur Owen Summers  (John Crawford). On a l’impression de stagner, car les témoignages sont répétitifs et n’apportent rien de plus. Le père de Sally et mari de Katherine, Howard James (Tim O’Connor) est en retrait, tandis que madame porte la culotte.

On est étonné car le script est de Jimmy Sangster à qui l’on doit les adaptations de Bram Stoker (« Le cauchemar de Dracula ») et Mary Shelley (« Frankenstein s’est échappé »), travaillant à partir d’une histoire d’Harold Livingston. On se demande pourquoi cet opus tranche avec l’aspect comédie, direction empruntée jusque là par la saison 2. Il faut attendre la 47e minute pour qu’une véritable scène de suspense survienne. Le spectateur soit s’est endormi, soit a changé de chaîne.

On peut détailler les travers qui font de cet épisode un désastre :

-Disposer d’une comédienne de la valeur d’Anne Francis et lui confier un rôle aussi peu attrayant est un crime (Mais Stephanie Powers avait été maltraitée de la même façon dans la saison 1). Au moment, où va s’amorcer une liaison entre Banacek et son personnage censée avoir 31 ans d’après Felix Mulholland (Anne Francis en avait 43 en 1973), la scène est interrompue et jamais plus le détective ne se trouvera en pareille situation. En revanche, si l’on excepte Pamela Hensley (future co-vedette de « Matt Houston ») que l’on aperçoit brièvement au début, Lane Bradbury (née en 1943, soit âgée de 30 ans) est censée en avoir 25. Bref, la maîtresse de notre héros se trouve être une jeunette de 25 ans frayant avec un « vieux » de 45 ans. Nous sommes dans la situation ridicule (et évitée) de Roger Moore et Lynn Holly Johnson dans le James Bond « Rien que pour vos yeux ».

- Les autres comédiens de l’épisode, Tim O’Connor en tête sont médiocres, et la voix de crécelle absolument insupportable de Lane Bradbury, sans parler d’un physique de jeune Collin Wilcox-Horne, détruisent tout ce qui fait habituellement le glamour de la série. Lorsque Sally s’habille en robe du soir pour dîner avec le beau polonais, ce dernier fait le dégoûté. Il la préfère au naturel en jean et tenue de cowboy.

- Pour la première fois, aucun des personnages principaux n’est impliqué dans la disparition, ce qui plonge le téléspectateur dans la perplexité, puisque deux seconds couteaux sont à l’origine de l’échange des chevaux. Lors de sa démonstration finale, Banacek est à la peine pour nous étonner. Cela n’était jamais arrivé depuis le pilote. Au lieu d’une disparition inexplicable relevant du fantastique expliqué, nous sommes confrontés à une simple substitution criminelle sans aucune saveur.

-Tout l’épisode semble avoir été tourné en studios, et rares sont les scènes qui exploitent le champ de course. On passe de box en box avec lassitude. La réalisation de Herschell Daugherty est plate durant 72 minutes.

C’est une série de téléfilms de prestige, coûteux, pas une série destinée à remplir une saison de 24 opus, faire un tel ratage est donc absolument impardonnable. En particulier pour Anne Francis, cette regrettée comédienne si séduisante et sexy, totalement sous exploitée ici. Christine Belford étant absente de l'épisode, Anne aurait pu être la reine de l'intrigue.

Quand on constate la différence de niveau entre le pilote "Les traces fantômes" et ce triste opus, on se dit que Peppard a peut-être bien fait de refuser une saison 3.

Les infos supplémentaires

Hargroves est tellement mufle avec Banacek que ce dernier lui rétorque : il y a un vieux proverbe polonais qui dit « The chicken that cluks the loudest is the one most likely to go to the steamfitter’s picnic ». (le poulet qui glousse le plus fort est le plus prédestiné à aller à la vapeur »).

Plus tard, vers la fin de l’épisode, il déclare à la jeune Sally après une dispute avec sa belle mère Katherine : il y a vieux proverbe polonais qui dit : « Only someone with nothing to be sorry about smiles back at the rear of an elephant » (seul celui qui n’a rien à se faire pardonner peut sourire au derrière d’un éléphant ). Mais elle le fait taire en l’embrassant lorsqu’il veut nous assener un troisième proverbe.

Banacek refuse une avance sur salaire à son chauffeur de… 50 dollars, pour l’empêcher de miser et de perdre aux courses.

Chuck Smith, un personnage qui s’occupait de western, se plaint à Banacek qu’il n’y a désormais à la télé que des séries policières et médicales (1973). Et il lui demande malicieusement s’il n’est pas un détective.



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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Ven 21 Mar 2014 - 21:51

02-06- Rocket to Oblivion (Inédit en France)  

Le prototype révolutionnaire d’une roquette, sur laquelle l’Armée américaine fonde de grands espoirs, construit par un certain Tom Warlow, est exposé. Un public trié sur le volet, dont faire partie Carlie Kirkland, assiste à sa présentation. Soudain, une panne de courant plonge la salle dans l’obscurité. Lorsque la lumière revient, la roquette a disparu.

La critique

Je ne savais pas qu’aux Etats Unis (mais nous sommes dans le monde fantastique de « Banacek »), un industriel privé avait le droit de construire une arme de guerre, chose qui semble et c’est tout de même naturel, réservée au Pentagone ! On retrouve ici le savant équilibre de la saison 2 entre suspense et comédie.

Après le désastre de l’épisode « sérieux » précédent, il semble que la production ait voulu ici jouer sur du velours avec une intrigue « classique » de la série : une disparition impossible, que bien entendu Banacek résoudra à la fin, plusieurs coupables potentiels, des jolies filles en pagaille, un George Peppard très en verve donnant la réplique à des partenaires au mieux de leur forme. Il est cruel de faire jouer ensemble Linda Evans et Christine Belford. Christine est belle et talentueuse comme actrice, Linda (comme la plupart du temps dans sa carrière) est belle et…. est belle ! En la regardant, on se rend compte que toutes les épouses de John Derek se ressemblent. Pas flagrant chez Ursula Andress mais totalement avec Bo Derek. Alors, Linda est une très belle plante mais il ne faut pas attendre d’elle des prouesses. Son jeu face à Peppard reste toujours limité, et à 31 ans en 1973, elle n’a pas la maturité des Stéphanie Powers, Anne Francis, Jessica Watler que la série nous a présenté. Mais ne soyons pas cruel avec Linda car Christine Belford lui vole la vedette et ne lui laisse aucune scène. Les actrices sont impitoyables !

Les comédiens ne se prennent pas au sérieux, en particulier Murray Matheson qui « trahit » son ami, mais sans que cela soit grave, et le tout pour un baiser sur la bouche de Carlie. Malgré cette décontraction, l’épisode est une réussite totale. Aujourd’hui, le « truc » de magicien n’en serait plus un mais je n’en dirai pas plus sur le spoiler. Le suspense reste présent avec les bagarres, la poursuite en voiture passage obligé, le moment de tension extrême dans l’obscurité avec une tentative d’assassinat de notre héros assez sauvage (à la hache !). Andrew Prine en inventeur volé Tom Warlow joue toujours dans l’excès, mais c’est un peu son personnage de parano qui veut cela. Don Gordon (vu dans « Cannon », « Les rues de San Francisco » et « Bullitt ») est teigneux à souhait en représentant de Washington, Buck Powell. Les autres comédiens n’ont pas des apparitions suffisamment soutenues pour que l’on s’attarde sur leur prestation. Tom Drake et Philip Carey sont les deux acheteurs potentiels du prototype. Roy Poole en lieutenant Garrett, le policier de service, ne fait que passer les plats. Quà cela ne tienne, Peppard, Christine, Prine, Gordon et Matheson jouent avec talent  et servent l’intrigue au mieux.

Les décors ne sont pas à la hauteur d’épisodes comme le pilote et « Projet Phénix » et sentent le studio tout le long. Fort heureusement, le spectateur ne s’en rend pas compte, passionné qu’il est par le mystère. Banacek semble moins coincé et hautain qu’au début, et ici quand Art Gallagher/Philip Carey le traite de « polac », il ne se vexe pas comme à l’accoutumée. Bien sûr, tout le monde attend la révélation finale avec impatience. C’est devenu un rituel, et après l’explication foireuse de « L’étalon », on retrouve ici le Sherlock Holmes de l’impossible qui nous fait la leçon que nous sommes ravis d’écouter. Pour la première fois, Carlie s’autorise à compléter les explications de notre héros. Moins tirée par les cheveux que le vol du wagon dans « le projet Phénix », la mystification dévoilée fait monter la tension et une fois de plus nous sommes bluffés par le privé polonais qui a tout compris avant tout le monde ! Un pur régal.

Les infos supplémentaires

Grand moment d’humour lorsque Jay tente de se faire passer auprès de Cavanaugh pour l’associé de Banacek, proposant de retrouver la roquette pour 7% de sa valeur au lieu des 10% de son patron, et que l’assureur lui dit qu’il n’est qu’un chauffeur qui va vite être renvoyé en Sicile s’il ne passe pas immédiatement la communication téléphonique au détective.

Carlie fait du charme à Felix pour qu’il trahisse Banacek, ce qui nous vaut une savoureuse séquence humoristique.

Le premier proverbe de Banacek, destiné à Warlow: « If the butterfly have teeth like the tiger, it would never make it out of the hangar ».  (Si le papillon avait des dents comme le tigre, il ne le ferait jamais hors du hangar »).

Second proverbe cette fois lancé à Jay : « It is harder for the spider to catch the fly than it is for the fly to catch the horse ». (Il est plus dur pour l’araignée de capturer la mouche qu’il n’est pour la mouche d’attraper un cheval).



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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Sam 22 Mar 2014 - 16:26

02.07- Vol en plein vol (Fly me if you can find me)  

Un DC8 lance un appel de détresse en plein vol et atterrit en catastrophe à Langston. Le personnel de bord est pris en charge en pleine nuit et logé dans un confortable motel, laissant sur place uniquement l’un des pilotes, Walt Kinsdale. Le lendemain, sur le terrain d’atterrissage, on retrouve le cadavre du pilote tué par balles, tandis que l’avion a disparu. Dyson, autre membre de l'équipage, lui s'est volatilisé avec l'avion.

La critique

Evidemment, l’absence définitive (il ne reste ensuite qu’un épisode) de Carlie est dommageable, mais l’épisode retrouve ici les décors insensés et pittoresques qui n’auraient jamais dû quitter la série. Tourné en Floride à Fort Lauderdale, le téléspectateur en a pour son argent. Les fabuleux décors naturels et désertiques rappellent le pilote « Les traces fantômes ».  A nouveau, l’impression d’être devant un film de cinéma et non un épisode de série nous saisit. Jugez plutôt : avion qui disparaît, aéroport en plein désert, base de missiles, reconstitution finale par Banacek de la disparition non pas devant des maquettes mais avec un avion en vol, ville entière construite dans le désert, propriété de milliardaire, bref on se croit plus dans un James Bond que dans une série télé.

L’immense gâchis de cet opus est Victoria Principal, alors bien jeune (elle vient de fêter ses 24 ans lors du tournage). Loin d’être sexy, son personnage d’hôtesse de l’air est d’une vulgarité épouvantable. Elle est la maîtresse de Fowler, le milliardaire (Sterling Hayden, né en 1916 !), de Banacek (46 ans), et en Miss Collins ne fait pas mystère qu’avant de vous cajoler, elle veut voir votre compte en banque ! « Êtes-vous riche Banacek ? » « Pas riche comme Mr Fowler » « Too bad ». Miss Collins (son prénom Brooke n’est pas évoqué) est une prostituée de luxe.

Outre des décors naturels fabuleux, la richesse de « Vol en plein vol » est son scénario, une histoire qui débute en 1958 au Sud Vietnam et trouve son point d’orgue en 1974, l’histoire d’une vengeance. L’intrigue mélange espionnage militaire, récits de mercenaires, tout en plongeant dans une action policière aux limites du possible. Sterling Hayden (1916-1986) est le milliardaire Anthony Fowler, cloué sur deux béquilles pour marcher après avoir été fauché par une rafale au Vietnam, trahi par l’homme qu’il a décidé de ruiner. Lequel homme n’a pas dit son dernier mot et on ne peut en dire davantage sans dévoiler le spoiler. A partir d’un script solide d’Harold Livingston, qui n’avait pas été inspiré pour l’épisode « L’étalon », Bernard L Kowalski nous offre des images de rêve. Cet opus nous démontre qu’Universal a été chiche sur d’autres épisodes côté moyens financiers, et on le déplore.

L’autre personnage clef, c’est  Lew Wayne (Jack Kelly), le propriétaire du DC8 disparu. Cet homme a été ruiné par de mauvaises affaires et la disparition de l’avion  ne l’arrange évidemment pas. Mais dans le monde de « Banacek », personne n’est vraiment ce qu’il paraît. Notons qu’à la 22e minute, le détective polonais avance l’hypothèse que l’avion ait pu être enterré dans le sable et se fait rire au nez par un homme de l’US Air Force. Ce n’est qu’en progressant dans une enquête difficile dans ce lieu à la fois désert et paradisiaque que le privé va trouver la solution. Mais sa vanité habituelle aura été un peu mise à mal car il n’a pas trouvé du premier coup.

Pat Quinn, actrice sans charme, incarne Charlotte, épouse de Len Malloy, maîtresse du plus jeune Andy Hall. Pas de glamour là non plus. Les Malloy ont installé un club aéronautique lorsque l’US Air Force a vendu l’endroit. Mais leurs déboires conjugaux sont vite dissipés par le sable de l’intrigue où les balles sifflent en plein désert aux oreilles de Banacek et de Jay. Felix comme d’habitude apporte ses précieuses connaissances à son ami, mais ce dernier en lui téléphonant provoquera l’effondrement d’un château de cartes  assez spectaculaire dont il se servait pour épater une jeune conquête. L’humour est aussi présent lorsque Miss Collins se rend dans la chambre de motel de Banacek et suprend à la place du polonais Jay en caleçon. Notons quand même que cet épisode gomme l’aspect « comédie » de la saison 2 et reste proche de la tension instaurée dans le pilote puis dans la saison 1.

James Daris incarne le majordome du vieillard à béquilles Fowler, Roy Gilbert (soit dit en passant amant aussi de Miss Collins) et ce comédien évoque irrésistiblement Joel Fabiani de « Département S » qui avait participé à l’épisode 01-06 « 10 000 dollars à la page ». Enfin, on citera Don Hanmer qui interprète Dyson, le pilote qui a disparu avec le DC8, l’homme qui connaît tout du mystère, et proposera un rendez-vous nocturne plein de danger à Banacek.

A la différence de tant d’autres épisodes, « Vol en plein vol » nous passionne pour l’action présente et non pour la simple attente de la résolution du mystère, qui restera la reconstitution la plus spectaculaire de la série. La production a mis le paquet pour épater le spectateur, et avec des moyens dignes du grand écran, nous sommes enchantés. Voilà un opus à placer qualitativement parlant juste après « Les traces fantômes ». Bien sûr, on ne peut rien révéler de l’explication finale, mais sachez qu’elle ne verse pas dans le fantastique ou l’incroyable (genre « Projet Phénix ») et reste tout à fait plausible. Bref, cet épisode est un régal absolu durant 72 minutes sans bavardages inutiles ni scènes ennuyeuses.



Les infos supplémentaires

Il est fait allusion ici à une enquête de Banacek datant de 1972 que nous n’avons jamais vue, au cours de laquelle il a dû retrouver des diamants disparus lors d’un transport par avion. Pour cette mission, il travaillait avec Joe Daley de Washington. Ces pierres précieuses avaient en réalité été coupées en morceaux par des rayons lasers.

Pas de limousine pour Jay qui a loué ici une Jeep C J 6.

Proverbe de Banacek à Jay : « When a wolf is chasing your sleigh, throw him a raisin cookie, but don’t stop to bake a cake ». (Quand un loup chasse  votre traîneau, jetez lui un cookie au raisin mais ne vous arrêtez pas pour lui faire un gâteau »). Il dit cela tandis qu’ils sont sur la base de missiles de Fowler, où ils sont entrés clandestinement malgré les panneaux indiquant l’endroit interdit, et où d’un hélicoptère, ils reçoivent des tirs d’avertissement.

Second proverbe polonais lorsque Banacek livre la solution : « Better safe than sorry » ou dans sa version d’origine : « A truly wise man never plays leap frog with the unicorn ». (Mieux sauf que navré, un homme vraiment sage ne joue pas à saute mouton avec une licorne ».

Grand moment comique lorsque Jay pense avoir trouvé la solution : « On a coupé l’avion en morceaux et on l’a transporté dans un camion ». Banacek lui démontre qu’il aurait fallu 32 camions pour le transporter et que la nuit n’y aurait pas suffi !



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Re: Série "Banacek"

Message  Patricks le Sam 22 Mar 2014 - 20:06

02-08. La malle des Indes (Now you see me, now you don’t)  

Le magicien Bradley Merrick, qui vient de dérober 1 750 000 dollars, se montre à un gala de charité à Los Angeles avec sa fille Vicki. Il fait son numéro et sa fille disparaît et réapparaît dans une malle. On est censé ensuite trouver dans la malle le magicien, mais il n’y a personne. La police, qui venait l’arrêter, en est pour ses frais.

La critique

Je suis un peu triste de dire adieu à Thomas Banacek avec cet épisode tourné à l’économie. Il semble que MCA Universal ait tellement dépensé pour « Vol en plein vol » qu’il ne reste absolument plus de budget. On s’en rend facilement compte. Le début de l’histoire se passe à Los Angeles, mais à part la façade de l’hôtel « Château Royale » (un hommage à Ian Fleming ?), nous n’avons que des scènes d’intérieurs. Lorsque l’enquête conduit le détective à Las Vegas où se déroulait l’épisode « Souffler n’est pas jouer » (01-05), on voit à peine en stock shot une façade de casino, et tout le reste est filmé dans un cabaret. Il en est ainsi de suite durant 72 minutes.

Bruce Gordon (Frank Nitti dans « Les incorruptibles ») retrouve ici un rôle de gangster de Chicago soit disant repenti, Barker. Il est remarié à la jeune et belle Gloria (Kathrine Baumann), que l’on aurait bien aimé voir serrer de plus près notre héros, mais il y aurait sans doute, vu le statut marital de la dame, laissé la vie. Et puis l’idée de départ, un prestidigitateur qui disparaît, n’est vraiment pas excitante, car on pense à un tour.

Le scénario de Stanley Roberts est bon en soi, mais le manque de moyens de la réalisation nous laisse sur notre faim. C’est aussi un opus avec des comédiennes  comme Nancy Olson et Kathie Browne qui ont passé l’âge de séduire le héros. La femme du gangster étant « hors course » car trop dangereuse à approcher, il reste la jeune Gretchen Corbett, fille du « disparu », que le privé n’ose pas toucher. Elle ne serait pas contre, mais dans une scène où elle s’incruste pour partager le voyage du privé, ce dernier va dormir… avec Jay son chauffeur. Vicki est trop jeune, trop innocente pour lui. Bien sûr, le téléspectateur ne patiente que pour connaître le spoiler, et il ne sera pas déçu. C’est bien écrit, ingénieux, et Imdb a cru bon de le révéler !

Il ne s’agit pas cependant d’un épisode infâme comme « L’étalon ». On ne s’ennuie pas. George Peppard connaît son métier et le voir déguisé en magicien par exemple est un grand moment de comédie. Mais lui proposer après « Now you see, now you don’t » une saison 3 de « Banacek » a  fort pu décourager Peppard et lui faire penser que le projet sentait le brûlé.

Ne reprochons pas la mise en scène à un Bernard Mc Eveety qui met en valeur Peppard lors de la scène finale où ce dernier fait son ultime pirouette. Il a de l’allure coiffé d’un chapeau haut de forme et habillé avec une cape de magicien. Alors âgé de 58 ans, Bruce Gordon faisait plus jeune et il distille une certaine malice à son personnage. A tout prendre, il est plus « vert » que certaines de ses partenaires féminines de l’épisode. Son personnage  de gangster est un clin d’œil évident à Frank Nitti.

On peut dire que l’épisode se scinde en deux parties : avant et après le meurtre de Shirley Cole (Kathie Browne), la vieille complice du magicien. Banacek semble « nager » au début et dans cette première partie ne pas savoir à quel saint se vouer.  Lorsque Shirley, pathétique en danseuse à demi nue de Las Vegas ayant passé l’âge de ce genre de métier, est tuée avant de parler, le privé comprend qu’elle détenait la clef de la disparition de Merrick. Il s’agit donc plus d’une enquête purement policière que Joe Mannix ou Frank Cannon auraient pu démêler, que d’une disparition impossible dont Banacek est le spécialiste.

Les infos supplémentaires

A la place d’une limousine, Jay a loué une De Tomaso Pantera jaune immatriculée 463 ORC. Mais sa joie est de courte durée, Banacek se passe de chauffeur devant un bolide aussi élégant.

Pour la première fois, il n’y  a pas de vieux proverbe polonais dans l’épisode.

Lorsque Kurt  Steiner, imprésario européen, dit au privé qu’il restera l’homme qui a coulé le gala de charité, Banacek, afin de le rassurer,  lui cite le nom du capitaine du Titanic inconnu de tous.

Echange savoureux entre Maxwell Barker et Banacek : Barker « J’ai passé 20 ans à changer, à devenir un autre homme et faire oublier aux gens qui j’étais. Maintenant, arrêtez de leur rappeler qui j’étais ou ce sera votre dernière enquête ». Banacek : « Je pense que vous avez tort au sujet d’une chose Max, vous n’avez jamais changé ».

L’après Banacek : que sont-ils devenus ?

En mai 1975, Peppard se laissera à nouveau tenter par un pilote, qui donnera une courte série inédite en France, « Doctor’s hospital ». Sans doute à ce moment là, les exigences financières de son ex, l’actrice Elizabeth Ashley, avaient diminué. Après leur divorce en 1972, il prétendra refuser la saison 3 de « Banacek » qui aurait eu lieu en 1974-75 à cause d’elle et des pourcentages sur le cachet de son ex mari qui seraient tombés dans la pension alimentaire. Ce qui est dommage, c’est le fait que ce soit « Agence tous risques » qui ait constitué l’héritage TV de Peppard, bon comédien de cinéma (« Diamants sur canapé »), alors que « Banacek » est un véritable joyau télévisuel.  Opéré d’un cancer du poumon en 1992, il en subit l’ablation, mais la maladie a raison de lui le 8 mai 1994.

Après la série, Christine Belford ne fera pas la carrière que sa prestation de Carlie Kirkland lui aurait permise, tout au plus garde-t-on en tête son rôle dans « Christine » d’après Stephen King de John Carpenter.  Un vrai gâchis !

Ralph Manza nous a quittés le 31 janvier 2000 d’une crise cardiaque à l’âge de 78 ans. Après le rôle de Jay, il travaillera jusqu’à la fin sans jamais retrouver un rôle de la dimension du chauffeur de Banacek.

Murray Matheson, qui fut le docteur Reynard de la Midlands Academy dans l’épisode des « Envahisseurs » : « Le rideau de lierre », trouvera un rôle important au cinéma dans « La quatrième dimension » en 1983, avant de nous quitter le 25 avril 1985 à 72 ans.






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Re: Série "Banacek"

Message  Dearesttara le Dim 23 Mar 2014 - 2:30

Et une série de plus. Bravoooooooooo Patricks ! 101010101010
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Re: Série "Banacek"

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