Le Tribunal de l'impossible
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Le Tribunal de l'impossible
Série française conçue par Michel Subiela, aux temps de la frileuse ORTF, "Le tribunal de l'impossible" est un cas à part dans l'histoire de la télévision française. La série illustre l'image que l'on pouvait se faire du fantastique à l'époque, avec le manque de moyens, le noir et blanc, les scénarii approximatifs et la mise en scène qui est tout sauf rythmée.
Dès le premier épisode, diffusé le 3 octobre 1967, "La bête du Gévaudan" avec René Dary, André Valmy, Pierre Hatet (la vf de "mannix"); Guy Tréjean et trois acteurs des "rois maudits": andré falcon, Yvon Sarray et Patrick Préjean, le ton est donné: on se base sur une histoire "vécue" qui est développée, la fin laissant le télespectateur sur un point d'interrogation: ici une bête sauvage non identifiée sévit dans le Gévaudan en 1764. Louis XV envoie un de ses lieutenants qui ramène un jour un loup dont la mâchoire compte 42 dents au lieu des 26 habituelles.
Quelques mois plus tard, dans le Gévaudan, la bête fait de nouvelles victimes.
Cette histoire a inspiré deux autres fictions: "La bête du Gévaudan" téléfilm de 2003 avec Sagamore Stevenin, qui respecte assez la trame originale, et au cinéma une daube appelée "Le pacte des loups" de Christophe Gans, cherchant à retrouver le souffle du cinéma populaire d'antan (pour donner une idée, le chevalier du roi qui combat la bête du Gévaudan est aidé d'un indien qui pratique les arts martiaux.
La série de Subiéla a continué jusqu'à ce que les tournages soient interrompus en 1973: on trouve en 67 "le fabuleux grimoire de Nicolas Flamel" (alchimie), en 68: "Les rencontres du Trianon", "Nostradamus ou le prophète en son pays" avec Jean Topart (qui fut édité en dvd), "qui hantait le presbytère de Morley" avec Jean Martin (le grand maître des "compagnons de Baal")
En 1969: "le sabbat du mont d'Etenclin" (qui conte un procès pour sorcellerie), "La passion d'anne catherine Emmerich"
En 1970: "Un esprit nommé Katie King" avec Bulle Ogier, cet épisode fut rediffusé en 1974 en ouverture de "La une est à vous" dans la catégorie fantastique fiction. Une jeune femme médium est capable de matérialiser un esprit, toujours en 70: "Un mystère contemporain", "la cité d'is" (thème: une légende bretonne),
En 1971: "le voleur de cerveau" (histoire d'un meurtre sous hypnose).
Ensuite, la série est mise au placard.
Toujours en 71, Subiéla tourne l'épisode qu'il préfère: "La double vie de Mademoiselle de la faille" (qui sera diffusé en 74), année où sont diffusés deux autres épisodes: "Agathe ou l'avenir rêvé" et "le baquet de Frédéric Antoine Mesmer" ce dernier avec Bernard Verley.
Le dernier épisode, tourné en 73, "Enquête posthume sur un vaisseau fantôme" n'a jamais été diffusé.
Une quinzaine d'épisodes donc. Si le souvenir de "Un esprit nommé Katie King" dans sa rediff "la une est à vous" est un peu lointain (en dehors de la longueur du téléfilm qui réduisit le temps restant pour le choix des séries ce samedi là), "La double vie de Mademoiselle de la Faille" est visible sur le site de l'ina depuis avril 2006.
Ce téléfilm est d'abord le souvenir d'une mémorable dispute en famille le 9 février 1974. Mes parents ne voulaient rien savoir de voir ce téléfilm (il y avait sur la 2 Les Carpentier et un arsène lupin). Je n'aurai peut être pas eu le dernier mot si une providentielle grève avait mis en berne les programmes de la 2. Chose insolite: l'épisode de Lupin (depuis rediffusé), "double jeu" saison 2 épisode 12 fut diffusé uniquement en Ile de France.
A dire la vérité, vu la tension provoquée par la dispute (qui m'incita à économiser pour m'acheter mon propre poste de télé), je n'ai guère profité de l'épisode.
Avec l'INA, j'en ai maintenant les droits de visionnage à vie (achetés 6 euros), on peut aussi pour moins cher le louer 24 heures.
Le téléfilm est lent, et cela fait de la peine à dire profondèment ch... Si c'est l'épisode que Subiéla préfère, comment est le pire??? Basé sur une histoire vraie (!) mais invérifiable, le film raconte comment une jeune femme mariée de force à un vieux, Clémence de la Faille, se laisse mourir.
Un jour, le mari veuf retrouve sa femme sous une nouvelle identité, une canadienne nommée Jeanne Le Goz marié à l'amoureux de Clémence. A la fin du film, il ouvre le cercueil de sa femme: il est vide.
Pour jouer ce double rôle, on aurait attendu une Marie Hélène Breillat qui en 72 jouait le personnage névrosé de Marthe de St Firmin dans "L'homme qui revient de loin", inconsolable de la disparition de son amant joué par Michel Vitold, poussant des cris en voyant son "fantôme".
Rien de tout cela dans "Mlle de la Faille": du début à la fin, l'actrice choisie s'empare du rôle, en fait une femme forte, qui a vingt ans tient tête à son père (en 1731!!!), la scène la plus intéressante montre Jeanne/Clémence tenir tête à un lieutenant de police joué par Jean Vinci qu'elle nargue, l'actrice est petite, Vinci assez grand, mais le vainqueur n'est pas celui que l'on croit: Clémence le nargue et finit par le convaincre qu'elle est Jeanne. Avec un oeil moqueur, c'est elle, petite, qui toise le grand.
En raison de la date de diffusion (9 février 1974), la plupart des télespectateurs crut que l'actrice (C'est de Muriel Baptiste qu'il s'agit) avait tourné ce rôle dans la suite logique du rôle dramatique de Marguerite de Bourgogne dans "les rois maudits". Je savais qu'il n'en était rien puisque Muriel l'avait annoncé dans son interview de juillet 72 (seul télé poche dont elle fit la couverture). J'aurais donc attendu presque deux ans la diffusion de ce film, et trente deux ans pour le revoir.
"Le tribunal de l'impossible", série qui montre que dans un pays cartésien et avec peu de moyens, les français étaient à des lieues des productions fantastiques anglaises et américaines type "la quatrième dimension" et "au dela du réel" dans les années 60-70
Dès le premier épisode, diffusé le 3 octobre 1967, "La bête du Gévaudan" avec René Dary, André Valmy, Pierre Hatet (la vf de "mannix"); Guy Tréjean et trois acteurs des "rois maudits": andré falcon, Yvon Sarray et Patrick Préjean, le ton est donné: on se base sur une histoire "vécue" qui est développée, la fin laissant le télespectateur sur un point d'interrogation: ici une bête sauvage non identifiée sévit dans le Gévaudan en 1764. Louis XV envoie un de ses lieutenants qui ramène un jour un loup dont la mâchoire compte 42 dents au lieu des 26 habituelles.
Quelques mois plus tard, dans le Gévaudan, la bête fait de nouvelles victimes.
Cette histoire a inspiré deux autres fictions: "La bête du Gévaudan" téléfilm de 2003 avec Sagamore Stevenin, qui respecte assez la trame originale, et au cinéma une daube appelée "Le pacte des loups" de Christophe Gans, cherchant à retrouver le souffle du cinéma populaire d'antan (pour donner une idée, le chevalier du roi qui combat la bête du Gévaudan est aidé d'un indien qui pratique les arts martiaux.
La série de Subiéla a continué jusqu'à ce que les tournages soient interrompus en 1973: on trouve en 67 "le fabuleux grimoire de Nicolas Flamel" (alchimie), en 68: "Les rencontres du Trianon", "Nostradamus ou le prophète en son pays" avec Jean Topart (qui fut édité en dvd), "qui hantait le presbytère de Morley" avec Jean Martin (le grand maître des "compagnons de Baal")
En 1969: "le sabbat du mont d'Etenclin" (qui conte un procès pour sorcellerie), "La passion d'anne catherine Emmerich"
En 1970: "Un esprit nommé Katie King" avec Bulle Ogier, cet épisode fut rediffusé en 1974 en ouverture de "La une est à vous" dans la catégorie fantastique fiction. Une jeune femme médium est capable de matérialiser un esprit, toujours en 70: "Un mystère contemporain", "la cité d'is" (thème: une légende bretonne),
En 1971: "le voleur de cerveau" (histoire d'un meurtre sous hypnose).
Ensuite, la série est mise au placard.
Toujours en 71, Subiéla tourne l'épisode qu'il préfère: "La double vie de Mademoiselle de la faille" (qui sera diffusé en 74), année où sont diffusés deux autres épisodes: "Agathe ou l'avenir rêvé" et "le baquet de Frédéric Antoine Mesmer" ce dernier avec Bernard Verley.
Le dernier épisode, tourné en 73, "Enquête posthume sur un vaisseau fantôme" n'a jamais été diffusé.
Une quinzaine d'épisodes donc. Si le souvenir de "Un esprit nommé Katie King" dans sa rediff "la une est à vous" est un peu lointain (en dehors de la longueur du téléfilm qui réduisit le temps restant pour le choix des séries ce samedi là), "La double vie de Mademoiselle de la Faille" est visible sur le site de l'ina depuis avril 2006.
Ce téléfilm est d'abord le souvenir d'une mémorable dispute en famille le 9 février 1974. Mes parents ne voulaient rien savoir de voir ce téléfilm (il y avait sur la 2 Les Carpentier et un arsène lupin). Je n'aurai peut être pas eu le dernier mot si une providentielle grève avait mis en berne les programmes de la 2. Chose insolite: l'épisode de Lupin (depuis rediffusé), "double jeu" saison 2 épisode 12 fut diffusé uniquement en Ile de France.
A dire la vérité, vu la tension provoquée par la dispute (qui m'incita à économiser pour m'acheter mon propre poste de télé), je n'ai guère profité de l'épisode.
Avec l'INA, j'en ai maintenant les droits de visionnage à vie (achetés 6 euros), on peut aussi pour moins cher le louer 24 heures.
Le téléfilm est lent, et cela fait de la peine à dire profondèment ch... Si c'est l'épisode que Subiéla préfère, comment est le pire??? Basé sur une histoire vraie (!) mais invérifiable, le film raconte comment une jeune femme mariée de force à un vieux, Clémence de la Faille, se laisse mourir.
Un jour, le mari veuf retrouve sa femme sous une nouvelle identité, une canadienne nommée Jeanne Le Goz marié à l'amoureux de Clémence. A la fin du film, il ouvre le cercueil de sa femme: il est vide.
Pour jouer ce double rôle, on aurait attendu une Marie Hélène Breillat qui en 72 jouait le personnage névrosé de Marthe de St Firmin dans "L'homme qui revient de loin", inconsolable de la disparition de son amant joué par Michel Vitold, poussant des cris en voyant son "fantôme".
Rien de tout cela dans "Mlle de la Faille": du début à la fin, l'actrice choisie s'empare du rôle, en fait une femme forte, qui a vingt ans tient tête à son père (en 1731!!!), la scène la plus intéressante montre Jeanne/Clémence tenir tête à un lieutenant de police joué par Jean Vinci qu'elle nargue, l'actrice est petite, Vinci assez grand, mais le vainqueur n'est pas celui que l'on croit: Clémence le nargue et finit par le convaincre qu'elle est Jeanne. Avec un oeil moqueur, c'est elle, petite, qui toise le grand.
En raison de la date de diffusion (9 février 1974), la plupart des télespectateurs crut que l'actrice (C'est de Muriel Baptiste qu'il s'agit) avait tourné ce rôle dans la suite logique du rôle dramatique de Marguerite de Bourgogne dans "les rois maudits". Je savais qu'il n'en était rien puisque Muriel l'avait annoncé dans son interview de juillet 72 (seul télé poche dont elle fit la couverture). J'aurais donc attendu presque deux ans la diffusion de ce film, et trente deux ans pour le revoir.
"Le tribunal de l'impossible", série qui montre que dans un pays cartésien et avec peu de moyens, les français étaient à des lieues des productions fantastiques anglaises et américaines type "la quatrième dimension" et "au dela du réel" dans les années 60-70
Re: Le Tribunal de l'impossible
Christophe Gans s'est senti obligé d'user de toutes ses influences cinématographiques, qu'elles soient asiatiques (films d'art martiaux des studios "shaw brothers"), Léoniennes, Kubrickiennes et j'en passe, pour réaliser "le pacte des loups" et aboutir au final à un produit bâtard et difficilement digeste nullement sauvé par l'ajonction d' effets spéciaux numériques de la bête aussi hideux qu'incompréhensibles...
Re: Le Tribunal de l'impossible
"Le pacte des loups" est une tentative ratée de redorer le blason du cinéma de genre français, dans le même esprit on trouve les deux films de JP Salomé "Belphégor" et "Arsène Lupin", et même "les rivières pourpres".
Christophe Gans était plus à sa place à "Starfix", il a voulu réaliser son rêve en réalisant des films comme "le pacte des loups" et "Crying Freeman". Je préférais quand il défendait John Carpenter, Dario Argento et Sergio Leone avec sa plume.
Christophe Gans était plus à sa place à "Starfix", il a voulu réaliser son rêve en réalisant des films comme "le pacte des loups" et "Crying Freeman". Je préférais quand il défendait John Carpenter, Dario Argento et Sergio Leone avec sa plume.
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