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Série "Dr House"

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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Mer 26 Oct 2011 - 17:43

Welcome back ! hi

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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Mer 26 Oct 2011 - 22:37

Des posters toujours aussi réussis pour cette série, ici pour la saison 8 :

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35. Confusion des genres

Message  Dearesttara le Jeu 27 Oct 2011 - 15:08

Merci de tes encouragements E44 ! Very Happy

Génial, ce poster !! mdr

Allez, j'enchaîne avec un des meilleurs épisodes de la série :


2.13. Confusion des genres (Skin Deep) : H H H H




- J’te parie 100$ que ses belles pommes d’amour ont été créées par Dieu.
- J’pensais que vous croyiez pas en Dieu ?
- J’y crois maintenant !


Alex, jeune top-model de 15 ans aux formes généreuses et à la féminité exacerbée subjugue son monde par son exceptionnelle beauté. Au cours d’un défilé de mode, elle est prise de nausées, frappe violemment une autre mannequin et s’évanouit. House soupçonne une prise d’héroïne puis Martin, le père (qui est aussi son manager), d’abuser sexuellement de sa fille. Toutefois, il a du mal à traiter le cas efficacement car la douleur de sa jambe est devenue subitement plus forte…



Un des meilleurs épisodes de la saison, et certainement un des sommets de la série entière.

En effet, cet épisode triomphe sur tous les tableaux : le cas médical est absolument passionnant, accumulant fausses pistes et retournements de situation à la chaîne, jusqu’à se terminer par une chute spectaculaire, l’une des plus impressionnantes de la série entière, avec faux happy end de rigueur ! Une grande intensité dramatique se met en place par la mise au jour progressive de la personnalité du mannequin et de son père, de leur relation pour le moins tordue, ainsi que de la révolte de Cameron. Pourtant Confusion des genres (quelle horreur ce titre !) est aussi marqué par des moments de burlesque pur qui en font un épisode très tiré vers la comédie (notamment grâce à House et Wilson et un cas secondaire mémorable). L’épreuve douloureuse de House est très bien narrée alternant comédie et drame, qui se résout de manière très surprenante, attestant que malgré son départ, l’ombre de Stacy plane encore sur ces épisodes. Enfin, l’épisode procède à une attaque en règle contre l’artificialité du métier de mannequin.

Plaisir des yeux de voir une actrice aussi pulpeuse occuper la place principale, filmée avec délectation par Jim Heyman (quoiqu‘il occulte la scène de nudité d’Alex, dommage…), et cela dès la tonitruante introduction sous les flashes déchaînés des photographes jusqu’à la détresse finale. Alexandra Robinson est un personnage moins lisse qu’il n’y paraît. Semblant d’abord superficielle, c’est en réalité une manipulatrice ambitieuse et arriviste, prête à tout pour briller sous les projecteurs, usant de ses charmes pour mettre son monde dans sa poche. L’épisode aborde ainsi le thème tabou de l’inceste père-fille mais le revisite génialement en alternant drame et comédie et mieux encore : ce n’est même pas la concrétisation d’une pulsion libidineuse paternelle ou d’un complexe d’Electre mais simplement un moyen utilisé pour son profit ! De plus, Alex se drogue pour se croire mature pour son âge (et tenir bon).

Et pourtant, l’adolescente aime profondément son père, en parle avec un ton affectueux et avec des attitudes qui font penser à une petite fille. Alex est la femme-enfant par excellence : son corps est celui d’un adulte mais son esprit ne suit pas la même vitesse : elle n’a pas eu le temps de grandir, s’engageant tôt dans la voie du mannequinat. Elle en est d’ailleurs consciente : elle a assez de cervelle pour comprendre que son intelligence est limitée et que son corps est son meilleur atout : une blonde pas si sotte…



La juste révolte de Cameron, violant le secret médical pour alerter l’assistante sociale du délit sexuel touche du doigt un point sensible sur la conservation appropriée ou non du secret médical (que House transgresse ou respecte… à sa guise !). Ce qui n’est pas sans rappeler le dilemme des chirurgiens de Nip/Tuck dans le pilote Le visage de la honte où ils doivent changer le visage d’un pédophile activement recherché ! Mais le résultat de la décision de Cameron est très inattendu, débouchant sur une vérité peu commune !

Le cas se déroule à tempo très vif, multipliant les fausses pistes (la drogue, le sexe, le cancer invisible…) pour nous mener en bateau tout au long, nous gratifiant de plusieurs scènes marquantes (le sevrage express, l’amnésie subite…) jusqu’à la stupéfiante chute finale, fantastiquement renversante mais d’un poignant dramatisme.

L’humour alimente constamment l’épisode grâce à un House survolté, on ne sait ce qui est le plus drôle : qu’il adopte tout de suite le cas car c’est une top-model, House qui va la voir séance tenante, House se moquant de Cameron, le pari de House, le cas secondaire assez burlesque (Cuddy se retient de pouffer !), House criant à une femme enceinte trop braillarde de la fermer, Alex draguant Chase, House s‘amusant à faire apparaître et disparaître les symptômes d‘Alex, ou encore la mauvaise blague finale adressée au père, plus noire tu meurs !… Même les deux révélations finales ont quelque chose de comique. Mais ce sont les scènes avec Wilson qui déchaînent le plus de rires, quand House le frappe avec sa canne et surtout la scène de l’IRM où ils partent en plein délire (- House, ici Dieu ! - Ecoutez, j‘suis pas vraiment disponible là ; jeudi, vous auriez un créneau ?), sommet hilarant de l’épisode.

En parallèle, les moments psychologiques sont très bons : la jambe de House est douloureuse, plus que d’habitude, et Wilson diagnostique que c’est psychosomatique : House ne s’est pas remis de sa rupture avec Stacy et cette douleur psychique est liée à la douleur physique. House bien entendu n’en croit rien, refusant d’admettre une telle faiblesse. Mais il en est réduit à demander de la morphine à Cuddy. Ses deux scènes avec elle sont impeccablement écrites, la première est sous tension, grave, jusqu’à l’acte à la fois désespéré et ridicule de House, enlevant son pantalon et montrant sa blessure pour apitoyer Cuddy. Qu’il recourt aux bons sentiments, qu’il adopte une attitude de supplication en dit long sur sa détermination poignante ! La deuxième scène est jouissivement ironique avec une chute désopilante où le manipulateur s’est retrouvé manipulé à son tour ! Acculé devant une évidence qu’il ne peut nier davantage.



L’épisode frappe fort quand il s’agit de dénoncer le monde des apparences dans lequel nous vivons. Après Symptômes XXL (saison 1) et la dictature de la minceur, Confusion des genres exprime bien la dictature de la beauté, atout artificiel érigé en condition sine qua non pour réussir vite et bien. Les filles du défilé de la scène d’intro sont hyperformatées, le père d’Alex utilise un langage aussi formaté, automatique, et presque cru pour vanter la beauté de sa fille dans les magazines, distinguant son statut de père et celui de manager. Le fléau de la drogue est également sous-entendu (l’ironique remarque de Chase : Un top-model camé ? C‘est dingue ça !) tandis que celui des coucheries est mis en avant avec force lors de la scène Alex-Cameron : Alex, blasée, a couché avec tous les hommes dont elle avait besoin pour grimper les échelons ; elle ne l’a pas fait par plaisir mais pas par dégoût non plus, quoique son regret de devoir « coucher pour réussir » est manifeste, quand bien même elle pense que c’est naturel. Maurice Druon, dans Les Rois Maudits, écrit que dans le monde des puissants, c’est allongée qu’une femme monte le plus vite. Cet épisode en est une parfaite illustration : prix à payer pour vivre dans un monde de strass, de paillettes, où le clinquant triomphe de tout, qui vous procure gloriole (mais temporaire) et argent (jusqu’à ce que vous ne soyez plus assez belle). Bref, un monde rempli d’apparences, et on a presque pitié de cette pauvre fille dont la féminité est son unique atout : la révélation finale est donc d’une grande cruauté pour elle car niant finalement cet avantage charnel, qui n’est que symptôme d’une ahurissante maladie génétique (thématique qu’on retrouvera dans Demi-prodige (saison 3)). D’où un faux happy end flirtant avec le unhappy end tout court.

L’interprétation de Cameron Richardson est très brillante. Le jeu de Tom Verica est plus limité mais reste très bon. Jennifer Morrison, en révolte, est meilleure que d'habitude mais c’est Hugh Laurie et Robert Sean Leonard, dans leurs scènes de pure comédie, qui raflent la mise par les rires qu’ils déchaînent.

Un épisode quasiment parfait et complet en tous points.


Infos supplémentaires :

- Chase aime regarder les magazines de mannequins.

- House avait un oncle qui aimait raconter des histoires dégueulasses… ça explique bien des choses ! C’est un des rares épisodes où on voit la blessure de House.

- Cameron Richardson avait 26 ans lors de l’épisode ce qui explique sa féminité très développée pour un personnage qui n’en a que 15 !

- Erreurs :
- House dit qu’il faut attendre 3 ans avant qu’Alex, 15 ans, atteigne sa majorité sexuelle. Mais dans le New Jersey, la majorité sexuelle est à 16 ans.
- Lors de l’explication de la biopsie du cerveau, l’attitude d’Alex est fluctuante : tantôt agitée, tantôt calme.
- Dans la scène d’intro, Alex tombe face contre terre. Au plan suivant, elle est sur le dos.
- Si Wilson voit les faux ovaires, comment n’a-t-il pas remarqué l’absence d’utérus ?

- House fait référence au Roi Lion (1994) en évoquant le « cercle de la vie » et Jerry Maguire (1996) en parlant des « teenage supermodel ».

- La soundtrack est constituée de « Desire » de et par Ryan Adams et « Dance With You » par Wayne Jones et Jon Ehrlich.



Acteurs :

Cameron Richardson (1979) commença une carrière de mannequin mais ses agents la persuadèrent de se tourner rapidement vers la comédie. Elle usa sa petite notoriété (étant généralement dans le classement des femmes les plus « hot » de la planète) pour jouer dans plusieurs séries dont Skin (5 épisodes), FBI family (24 épisodes), Entourage (3 épisodes), ou plusieurs films comme Alvin et les Chipmunks, etc.

Tom Verica (1964) est un acteur complet (TV, cinéma, théâtre). Sa filmographie compte des films comme Die Hard 2, Dragon rouge, Mémoires de nos pères, Zodiac… mais aussi de nombreuses séries comme son rôle le plus célèbre : Jack Pryor dans 61 épisodes de la série Mes plus belles années mais aussi Code Quantum (épisode Le kamikaze hilarant), Les 4400 (3 épisodes), New York unité spéciale, Boston Justice, Lie to me, Grey’s anatomy, The Closer L.A Enquêtes prioritaires (épisode Le cerveau), Médium (épisode La loi des nombres), etc.



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36. Maladies d'amour

Message  Dearesttara le Ven 28 Oct 2011 - 13:58

2.14 Maladies d’amour (Sex kills) : H H H




- Vous avez déjà été amoureux ?
- C’est quand ça fait tout bizarre dans le pantalon ?


Henry Errington, 66 ans, a des absences inquiétantes. Amené à l’hôpital, House et son équipe voient son état se dégrader. Bientôt, l’infection, trop avancée, fait qu’il a besoin d’une transplantation cardiaque. Mais le comité de greffe rejette la demande de House car le patient est trop âgé. House va donc essayer d’obtenir (illégalement) le cœur d’une accidentée de la route qui vient de décéder. Les complications ne font que commencer…



Cet épisode original malmène le canevas de la série pour notre plus grand plaisir : en effet, au bout de quinze minutes, la maladie du patient est découverte ! Car l’intérêt de Maladies d’amour est que l’important n’est pas le diagnostic pour une fois mais le traitement, beaucoup plus compliqué à pratiquer ! La série vire alors dans le pur suspense, multipliant les situations surprenantes, jusqu‘au sinistre twist final. Plus supplémentaire : le cas secondaire de l’épisode est de plus loin le plus foldingue de la série entière !

Le cas commence par inquiéter car démarrant sans tambour ni trompette (quoique la tirade de House sur le cancer du testicule est assez gratinée !). Alors que l’épisode aurait pu donner son point de vue sur un sujet aussi original que la sexualité des séniors, ce point reste en filigrane. La fille du patient est d’un désintérêt total, d’autant plus que la voix de Keri Lynn Pratt est vite insupportable (la VF est encore pire) à entendre dans cet épisode. Le cas est un trompe-l’œil car servant uniquement de prétexte à la deuxième partie de l’épisode, qui exposera le véritable but de l’intrigue. Bref ce cas est assez ennuyeux jusqu’à ce que l’épisode bascule dans son deuxième tiers.

La course contre la montre pour trouver un cœur, occupant la moitié de l’épisode, est d’un suspense omniprésent mais la gravité des situations est souvent contrariée avec brio par l’humour noir caustique de House et l’incongruité consécutive des situations : House devant le comité de greffe (sous haute tension !), House qui imagine une diabolique manipulation à la fois burlesque et dramatique (le sommet de l‘épisode, House dans son état le plus pur !), jusqu’à cette ahurissante idée d’un diagnostic différentiel… d’une personne décédée ! L’élément le plus fort de l’épisode réside dans le chemin du croix de l’infortuné mari, contraint de subir les assauts de House qui veut le cœur de sa femme, bataillant contre les contraintes imposées, alors qu’il n’a même pas le temps de faire son deuil, de réaliser pleinement la mort de sa chère et tendre. A la fois drôle et triste. Le comique acide de House donne beaucoup de force à ces scènes.



Mais le sérieux n’est pas défavorisé avec l’énorme bévue involontaire de l’employée de l’agence qui annonce la mort de l’épouse sans préparation, ou bien les souffrances répétées du mari (qui ira jusqu‘à frapper House !), jusqu’au surprenant double twist final (et une Cameron ouvrant des grands yeux !) avec deux révélations très noires, symptomatique de la série à toujours montrer des couples heureux en apparence mais qui ne cessent de se trahir. Cette vision toujours pessimiste des époux, qui s’aiment sincèrement, mais jamais francs entre eux, connaîtra son point culminant dans le superbe épisode suivant. Parallèlement, on s’amuse des difficultés à répétition que rencontre House dans ses quêtes de cœur (sans jeu de mots).

A noter que le veuf a tout de suite cerné le personnage de House : House doit être un grand médecin. Quand on est salaud à ce point-là, on est soit génial soit au chômage !

Cet épisode n’échappe pas à la veine militantiste de la série qui s’attaque cette fois à ces laissés-pour-compte que sont les séniors. La scène du comité de greffe véhicule ce message : les membres du comité refusent la salvatrice transplantation car le patient est trop âgé. House les accuse de préférer réserver leurs ukases aux jeunes personnes malades (car les grands-pères ont déjà bien vécu…) d’où une démonstration de la différence de traitement accordé aux patients selon leur âge. Mais la scène ne tombe pas dans le manichéisme car la décision des médecins n’est pas si amorale : regrettable, certes, mais motivée pour des raisons tout aussi défendables. Ce cas de conscience est bien mis en scène et évite l’opposition House gentil/méchants médecins.

Wilson est dans une mauvaise forme. Gregory Holmes, très mentaliste pour le coup, décrypte ses attitudes et en conclut qu’il est en froid avec sa femme et qu’il va voir une maîtresse. Evidemment, son ton très léger est peu supportable pour Wilson qui préférait davantage de compassion et non de l’ironie ! A bout, il finit par le dire à House qui l’envoie gentiment balader ! Finalement, l’épisode annonce un nouvel arc narratif après les arcs Vogler et Stacy avec Wilson : chassé du domicile conjugal après une énième dispute, il est forcé dans la scène finale d’emménager chez House qui accepte de l’héberger. Notre imagination vagabonde en se demandant comment va se dérouler la cohabitation… Disons-le tout de suite, ce sera un impitoyable jeu de massacre ! L’évocation de la vie privée de Wilson occupe peu de place et ne phagocyte pas le récit tout en éveillant notre intérêt.



Le cas secondaire est absolument hé-nau-rme, avec un jeune homme qui avoue avoir… des penchants zoophiles envers les vaches et qui aimerait subir une sorte de castration chimique temporaire ! La rencontre entre ce malade de première classe et un House qui s’en donne à cœur joie devant la « déviance » de son patient permet trois petites scènes de pur burlesque ; d’autant que le jeune homme est interprété par Adam Busch qui confirme après Buffy contre les vampires et son rôle de Warren (membre du fameux « Trio ») qu’il a un don véritable pour la comédie tellement ses mimiques apeurées, inquiètes, jouées volontairement à l’excès déchaînent le rire ! En fait, la « zoophilie » du patient est un paravent pour ne pas parler de son véritable problème avec sa belle-mère, un peu trop sexy à son goût, amenant ainsi une conclusion à se serrer les côtes ! Ce cas joyeusement barré est certainement un des plus réussis de la série.

D’ailleurs, Michelle Trachtenberg (Dawn Summers) va à son tour se retrouver bientôt à Princeton-Plainsboro, de quoi regretter que Sarah Michelle Gellar ne soit jamais venue dans la série…

L’interprétation est dans la moyenne : Howard Hesseman insuffle une certaine fantaisie à son personnage peu développé tandis que Greg Grunberg, malgré des airs un peu appuyés, est convaincant en mari perdu. L’impayable Adam Busch, en patient givré, est d’un humour ravageur ! Keri Lynn Pratt, en revanche, tape sérieusement sur les nerfs (quoique son visage angélique lors de la scène de la manipulation est tout à fait approprié) et on est soulagé que le personnage ne prend pas trop d’importance. Les comédiens principaux sont comme toujours excellents, avec une mention pour Laurie bien sûr, plus régalant que jamais, et un Robert Sean Leonard en Wilson au bord du gouffre, en proie à un lourd désespoir qu’il cache avec difficulté.


Infos supplémentaires :

- Deuxième épisode où House porte une blouse. On apprend que l’actuelle femme de Wilson le déteste (tiens, tiens…). Troisième épisode où il se fait frapper (à croire qu’il adore ça !).

- House finit son travail à 18h.

- Wilson et sa femme rompent dans cet épisode. Il joue avec House au baby-foot, inaugurant un nouveau rituel dans la série.

- C’est sur le tournage de l’épisode que Greg Grunberg proposa à Hugh Laurie d’intégrer son groupe musical Band from TV. Laurie tenant une partie de clavier et étant également chanteur. Ce groupe de cover band (spécialisé dans les reprises de chansons), composé d’acteurs de séries et qui sont aussi musiciens, propose CD et concerts dont les bénéfices sont intégralement reversés à des associations caritatives. Jesse Spencer (violon) a rejoint le groupe un peu plus tard. On peut aussi citer parmi les membres James Denton (guitare), et Teri Hatcher (voix) (Desperate Housewives).

- La chanson de l’épisode est Honky Tonk Women de Mick Jagger et Keith Richards, chantée par Taj Mahal
.



Acteurs :

Greg Grunberg (1966) commença dans la publicité avant de s’engager dans la comédie. Egalement bon musicien amateur (percussions), il est le fondateur du groupe Band from TV. Il milite contre l’épilepsie (un de ses fils en est atteint). On l’a vu souvent à la télévision, notamment dans Felicity et Alias (68 épisodes) ainsi que Heroes (59 épisodes) où il a les rôles principaux, preuve que c‘est un comédien très demandé. Mais aussi dans Melrose Place, Profiler, What about Brian, Monk, Lost (2 épisodes), etc.

Adam Busch (1978) est surtout renommé pour avoir joué Warren Meers, un membre du « Trio » dans 16 épisodes de Buffy contre les vampires. Il a fait partie d'un groupe de jazz-rock : Common Rotation. Il a joué dans les séries New York police judiciaire, Le fugitif, Terminator : les chroniques de Sarah Connor, Grey's anatomy, etc.




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37. Bonheur conjugal

Message  Dearesttara le Sam 29 Oct 2011 - 15:23

Bien que ce ne soit pas le meilleur, j'ai une tendresse particulière pour cet épisode :

2.15 Bonheur conjugal (Clueless) : H H H H




Un enragé du sexe avec la langue boursouflée, vous imaginez tous les recoins que je pourrais demander à Foreman d’examiner !


Lors d’un intense ébat sexuel avec sa femme Maria, Bob Palko s’étouffe. House et son équipe se demandent si la cause n’est pas leurs fantasmes sexuels très énergiques. Malgré leur sexualité extravertie, House est certain que le couple n’est pas heureux en ménage (« comme les autres ») et en fait le pari. Pendant ce temps, la cohabitation House-Wilson tourne rapidement à l‘affrontement...



Cet épisode pêche par son côté trop « cérébral ». De trop nombreuses scènes de diagnostic différentiel empâtent un peu l’épisode. Malgré cette petite réserve, un cas médical de la plus grande efficacité dramatique, servi par des comédiens en état de grâce, assurent un spectacle permanent. D’autant plus que la chute finale est d’une noirceur perverse à couper le souffle, consacrant cet épisode comme un des plus pessimistes de la série entière. A côté, le « Hilson » prend des allures de sitcom très hilarantes !

Le ton est donné avec la brillante introduction où une jeune femme se fait agresser par un homme masqué qui tente de la violer… mais les apparences sont trompeuses : le violeur n’est autre que son propre mari ! Fantasme du viol… un fantasme d’une extrême perversité qui en dit long sur ce couple original et sur ce qui va suivre !

L’effet de répétition des diagnostics qui s’amoncellent pendant tout l’épisode est largement compensé par leur contenu, grâce aux vannes de House ou à certains gags assez cinglants. C’est ainsi qu’avec le plus grand sérieux, Cameron, qui a pourtant le moins de chances de faire une telle déclaration, défend le triolisme (modéré) en disant que « une partie à trois tous les sept ans, ça soude un couple » devant ses collègues tous sciés ! C’est aussi une très bonne idée de faire un diagnostic différentiel dans les toilettes des hommes (Cameron doit y aller aussi !). Le décor très inhabituel donnant un côté drôlement décalé à la situation.
Le cas principal est d’un mystère excitant. Le couple apparaît étonnamment soudé. Maria est toujours au chevet de Bob, guettant ses moindres réactions. Leur amour dure depuis l’enfance et semble s’être fortifié au cours des années. Beaux, ouverts, confiants l’un envers l’autre, c’est un couple qui semble enviable. L’apogée est atteint lors de leur scène commune où ils se rappellent leurs souvenirs. Cette scène sentimentale est un peu maladroite mais la formidable performance de Samantha Mathis empêche un trop lourd pathos par l’ambiguité qu’elle dégage (pourquoi a-t-elle tant de mal à dire je t‘aime à son homme ?). Mystère qui annonce la terrible révélation finale où jamais l’amour et la mort n’ont semblé aussi soudés.



On notera que c’est via un cas secondaire très très drôle et en miroir du premier cas que House résout ce dernier. Le cas secondaire montre un homme ayant un herpès. Autrement dit, lui ou sa femme est infidèle (Hugh Laurie est en pleine forme dans ce passage !) et il parvient finalement à trouver qui est coupable grâce uniquement à la psychologie. On ne répétera jamais assez combien House est expert en relations humaines et en mensonges de tout poil ! Même la récalcitrante Cuddy est admirative !

C’est un dur revers pour Cameron qui avait parié sur le bonheur des Palko. Jamais la série n’avait poussé à fond l’axiome platonicien de l’incompatibilité des concepts de Vérité et de Bonheur. Sa dernière scène avec House montre bien leur différence : House est pour la Vérité (et il n’est pas heureux d’avoir gagné son pari, il n’a fait que constater) et Cameron pour le Bonheur. Fascinant de voir comment Cameron s’éloigne (ses valeurs) et se rapproche (ses attitudes) de House à la fois…

La série n’a jamais raté une occasion de pilonner le Couple. Dès Question de fidélité (saison 1), la série donnait sa thèse : l’amour dans le couple est sincère mais les époux restent étrangers l’un à l’autre, jusqu’à ce que l’un fasse du mal à l’autre consciemment. Comme le dit Maria, les gens peuvent changer mais pas en profondeur. Déçu forcément par celui ou celle que l’on aime, la douleur, la tristesse entrent alors dans la vie quotidienne du couple. On peut essayer de détruire la routine par un changement de vie ou par une sexualité débridée (comme ici) mais on retombe toujours dans ses travers et ce n’est qu’un écran de fumée masquant l’échec de la relation au bout d’un moment.
La Vérité est un concept souvent étudié dans la série (déjà sujet de l’épisode précédent). Ici, l’épisode nous apprend à la fois son utilité et l’effet destructeur qu’elle peut alors entraîner. Lorsque Maria a ouvert les yeux sur l’état réel de son couple, elle en vient à une décision destructrice et désespérée alors que si elle avait maintenu l’illusion, elle aurait pu entretenir un semblant de bonheur. Il est donc logique que la dernière phrase de Cameron sonne si juste et soit devenue une des citations les plus connues de la série.

Le choix d'une chanson ayant pour titre Love and Happiness pour accompagner la douloureuse scène finale apparaît comme une dernière pointe d'ironie savamment lancée pour conclure cet épisode noir et sans espoir. On notera que le titre français est tout aussi cynique !



House et Wilson ne cessent de se tirer dans les pattes ! Leurs disputes continuelles donnent une véritable farandole de situations toujours plus drôles : Wilson perturbant le sommeil de House (qui songe à voir un conseiller conjugal !), House arrachant la télécommande des mains de Wilson, House mangeant à deux reprises le repas de Wilson, House qui préfère les crèpes de Wilson aux 72 vierges promises de l’Islam, etc. On s’étonne toutefois du dernier plan : House ne souhaite qu’une chose, que Wilson dégage de sa maison. Pourtant, il efface le message adressé à Wilson à propos d’un appartement qu’il aurait trouvé. Conséquence : House, au fond, veut que Wilson reste un peu plus de temps. Sadisme ? Manipulation ? Besoin sincère d’une présence amicale ? Un peu des trois sans doute, laissant penser que House aime et aime emmerder Wilson à la fois. Quelle étrange amitié… Ces saynètes détendent l’atmosphère de plus en plus sombre que prend l’épisode.

L’éblouissante Samantha Mathis accomplit une hallucinante performance en épouse aimante, passionnée, mais inquiétante et dangereusement perverse. Un rôle splendide pour une comédienne splendide ! Eddie Mills, moins présent, parvient quand même à exister tandis que le duo Peter Birkenhead-Stéphanie Erb se révèle amusant (surtout Erb, en forte gueule !). Bonne interprétation des rôles principaux avec comme d’habitude Laurie et Sean Leonard toujours aussi parfaits et une Jennifer Morrison qui passe parfaitement de la gravité à la légèreté et vice-versa.


Infos supplémentaires :

- Chase ne parle pas espagnol. Cathy Gale devrait lui donner des cours !

- A noter que l’épisode s’appelle Clueless en VO, titre d’une série où Eddie Mills joua !

- House se nourrit essentiellement de soupe en conserve et de beurre de cacahuètes. On se demande comment son corps tient le coup si on ajoute ses manies de drogué ! Il adore les pancakes aux noix de macadamia.

- House regarde les séries Blackadder qu’il enregistre fréquemment. Rien d’étonnant puisque Hugh Laurie y a joué dedans !!! House regarde également les séries The New Yankee workshop, Bob l’éponge, et Newport Beach.

- House fait référence à Keisuke Miyagi, un maître de karaté fictif dans la saga Karaté Kid. Heureusement, en français, nous sommes respectueux de la toute-puissance de Chuck Norris qui prend donc logiquement la place du sensei dans le dialogue !

- La chanson de l’épisode est Love and Happiness de et par Al Green.



Acteurs :

Samantha Mathis (1970) fut confrontée très tôt à l’industrie cinématographique et théâtrale et choisit immédiatement cette voie. Après quelques publicités, ses liaisons avec Christian Slater puis River Phoenix (qu’elle accompagna lors de sa mort) lui permirent de se frayer un chemin dans le milieu. Son génie d’actrice fit le reste. Elle a fait une honorable carrière cinématographique (plus de 40 films dont Les quatre filles du Dr. March, American Psycho, The Punisher, Broken Arrow…) et a joué dans des séries comme Harsh Realm (4 épisodes), La Treizième Dimension, New York (unité spéciale et section criminelle), Lost, Grey’s anatomy (3 épisodes), etc.

Eddie Mills (1972) est un acteur de séries, qu’on a pu voir dans Ally McBeal, Dawson (4 épisodes), Wasteland (13 épisodes), Dead like me, Les Experts : Manhattan, FBI portés disparus, etc.



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38. Protection reprochée

Message  Dearesttara le Dim 30 Oct 2011 - 14:48

2.16 Protection reprochée (Safe) : H H H H




- Six mois après une intervention, une chambre stérile n’est plus nécessaire.
- Six mois qu’elle a pas couché et le Dr.Cuddy porte encore des petites culottes brésiliennes, c’est son droit !


Mélinda Bardach, une adolescente immunodéprimée depuis une transplantation cardiaque, est confinée depuis plusieurs mois dans une chambre stérile chez elle afin d'éviter les allergies. Alors qu’elle recevait la visite de son petit ami, elle a une violente attaque et est amenée à l’hôpital. Après aggravation de son état, Mélinda se retrouve avec deux puis trois graves symptômes impossibles à corréler. Pendant ce temps, House multiplie les vacheries envers Wilson…



Encore un chef d’œuvre pour cette saison 2 décidément de classe exceptionnelle ! Protection reprochée (excellent titre pour une fois !) est en effet très bien construit et le cas médical fait penser à un pastiche bidon du Mystère de la Chambre jaune (comment Mélinda a pu tomber malade dans une chambre stérile ?) et amène jusqu’à une situation bloquée avec des symptômes qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Mélinda est un personnage intéressant et les huit dernières minutes de l’épisode comptent parmi les plus intenses de toute la série. En plus, House bat tous les records en matière de sournoiseries (pas si) gratuites envers Wilson !

Le cas Mélinda, au rythme soutenu et aux diagnostics différentiels (avec humour piquant inclus) bien conduits remporte l’adhésion. Les recherches façon Experts, les bonnes actions qui n’en sont pas (prise d’un antibiotique qui aurait tout déclenché), les complications, ici vraiment inquiétantes, mettent pas mal de tension. Allant des scènes de recherche aux scènes « psychologiques », l’épisode dégage une agréable impression de maîtrise qui compense sa mise en scène un peu trop « appliquée » et manquant finalement de « naturel ».

Et bien entendu, l’humour est de la partie, que ce soient les répliques toujours géniales de House, ses métaphores très claires, ou bien Cameron insinuant à demi-mot que Chase est éjaculateur précoce (la tête de Chase !), les airs hébétés de Dan, le petit ami, House qui se goure en confondant une tique avec une pellicule de cheveux…
Les fausses pistes sont disséminées tout au long du scénario, dont le rebondissement médical final (l’allergie initiale, premier symptôme, qui n’en était en fait pas une et fait tout repartir à zéro), très judicieux, permettent de créer plusieurs situations d’urgence, culminant avec le dénouement : à la recherche de la petite bébéte qui assassine lentement la jeune fille. Ainsi Wilson fait gagner du temps à House sous un prétexte médical bien trouvé, House stoppe l’ascenseur pour pouvoir, malgré Foreman et l‘état critique de sa patiente, continuer à rechercher la bébéte mortelle sur le corps de Mélinda qui commence à sombrer vers la mort. Cette scène climatique et longue est d’un suspense que n’aurait pas renié Hitchcock, tellement le sentiment d’urgence opressante de la scène est porté à un sommet d‘angoisse, jusqu’à sa fin théâtrale… et ironique (House passe également à deux doigts de la raclée !) puisque dans sa première nuit d’amour, Mélinda a reçu plaisir sexuel… et poison mortel ! Si on peut même mourir quand on fait l’amour…



Incarnée superbement par Michelle Trachtenberg (d’une immense beauté physique, dégageant une sensualité à se damner tout au long !), Mélinda n’est pas sans rappeler un des plus fameux rôles de la comédienne : Dawn Summers, de la série Buffy contre les vampires. Mélinda est proche de la sœur de Buffy dans la mesure où les deux personnages ne supportent pas de vivre dans l’ombre d’un être cher (une sœur dans Buffy, la mère dans l’épisode) et sont éprises de liberté et de reconnaissance, et cela malgré une affection sincère envers leurs proches. Mélinda et Dawn sont deux adolescentes se comportant comme telles, qui ont les doutes existentiels typiques de cet âge, ont leurs caprices, leurs révoltes d’adolescente etc. mais qui ne dissimulent pas une certaine maturité comme la lucidité envers elles-mêmes : Dawn commence à mûrir progressivement à la toute fin de Buffy (participant même à la bataille finale de la saison 7) tandis que Mélinda est consciente de sa si brève espérance de vie (son nouveau cœur ne tiendra pas indéfiniment) qu’elle a quand même accepté ; elle n’est pas dupe des airs qui se veulent rassurants de Foreman (scène de l’IRM).

Briéveté qu’elle veut compenser en vivant à fond… la scène de l’escalier est ainsi très belle où elle remâche sa rancœur envers celle qui lui a donné le jour : déjà mère-poule, sa maladie a donné une raison en or pour accentuer sa surprotection sur sa fille, toujours enfermée dans sa chambre. La froideur de la mère envers Dan est manifeste bien que discrète. Mélinda en souffre, mais sa guérison prochaine laisse présager l’espoir d’une vie enfin « normale ».

Comme Margo Dalton (Empoisonnement, saison 1), Barbara Bardach est une maman couvant trop son enfant mais dont les actions sont explicables par son amour maternel ; l’effacement du père nous laisse comprendre que c’est elle qui régente davantage la vie de sa fille. Consciente cependant de son attitude, elle s’assagira lors de la scène finale.

On notera que Michelle Trachtenberg est certainement la comédienne la plus convaincante de la série dans le domaine des crises convulsives : toutes ses scènes de convulsions, bien plus longues que l’habitude de la série, sont d’une violence réaliste très saisissante, comme celle de la spectaculaire introduction durant près de 40 secondes !



House a la patate ! Il démarre en douceur en obligeant « Jimmy » à laver plus de vaisselle, puis il passe à la vitesse supérieure ! Il le laisse dehors pendant des heures en prétextant être avec une prostituée (la scène est immense !), lui ment à répétition en disant « aimer ça », bouffe toutes les friandises, efface ses messages téléphoniques, fait tremper sa main dans de l’eau pendant qu’il dort pour qu’il urine dans son sommeil… ce défilé de mauvaises blagues est autant jouissivement tordant qu’il met mal à l’aise : pourquoi House se comporte-t-il ainsi envers Wilson aussi gratuitement ? Il dit que c’est pour « le fun », ce qui impliquerait un mépris féroce envers lui. Mais en réalité, ses intentions sont tout autres : ainsi la scène où House s’emporte contre Wilson donne la clef de son attitude : il veut qu’il réagisse.

Wilson est en effet trop gentil et encaisse tout ce qu’il subit sans avoir la réaction de révolte appropriée : largué par sa femme, il reste dans un état d’entre-deux, a peur de prendre ses responsabilités et se laisse détruire par celle qu’il aimait. House lui balance tout ce qu’il n’avait pas envie d’entendre mais qu’il doit entendre s’il veut relever la tête. House multiplie alors les saloperies les plus emmerdantes pour le mener au point de rupture, pour qu’enfin il cesse de se laisser marcher sur les pieds. D’ailleurs, regardez le visage de House quand Wilson accepte une fois de plus de faire la vaisselle : il indique une grimace de déception. Et lorsque Wilson, à bout, rend la pareille à House en lui faisant en retour une mauvaise farce (complètement inattendue !), House le prend bien et sourit : Wilson a enfin réagi et en effet, le soir même, Wilson demande le divorce d’avec sa troisième femme. La thérapie de House n’est certes pas tendre et tend à la méchanceté pure mais est justifiée par sa volonté de guérir son ami de son excessive gentillesse.

La brillante performance de Michelle Trachtenberg compte beaucoup dans la réussite de l’épisode (qui lui valut une nomination à un Emmy Award), bien soutenue par Mel Harris en dérangeante mère surprotectrice. Jake McDorman, en petit ami résolument con d’un bout à l’autre mais d’une évidente sincérité s’en sort très bien. Lance Guest est judicieusement réduit à un rôle transparent, laissant plus de place à la figure maternelle. Le trio de médecins est toujours en pleine forme (mention à Omar Epps, très juste) mais Lisa Edelstein n’est pas au meilleur de ses capacités avec un rôle d’opposant un peu cliché pour le coup. Heureusement, Hugh Laurie et Robert Sean Leonard s’éclatent toujours autant dans leurs scènes de ménage !


Infos supplémentaires :

- Cuddy porterait souvent des strings. Les strings de Cuddy revêteront une importance capitale dans l’épisode Le dessous des cartes (saison 4). Et elle n’aurait plus couché depuis 6 mois d’après House. Comment connaît-il si bien la vie sexuelle de sa patronne ?

- « Je n’ai jamais vu de mère aussi surprotectrice » déplore Foreman en parlant de Barbara Bardach. Il a manifestement oublié le cas Margo Dalton d’Empoisonnement (saison 1) !

- House met un stéthoscope devant sa porte quand il fait l’amour. Toutefois, il ne précise pas s’il y’a une prostituée dans l’affaire ou s’il est tout seul…

- Wilson regarde Vertigo (1958) de Sir Alfred Hitchcock à la fin de l’épisode.

- La caméra fait un bruit à 17’48.

- House cite Tarzan (1932) dans la chambre de Mélinda et fait référence à L’enfant bulle (1976) quand il ironise sur la surprotection de la mère « façon John Travolta dans sa bulle ». Barbara Bardach prétend chercher (Le monde de) Némo (2003).

- La soundtrack de l’épisode est constituée de : Orange Sky de et par Alexi Murdoch, et de Pain in My Heart de Naomi Neville chantée par Otis Redding
.


Acteurs :

Michelle Trachtenberg (1985) est surtout renommée pour avoir joué (grâce à Sarah Michelle Gellar, amie de longue date) Dawn Summers, la petite sœur de Buffy Summers, héroïne de la série culte Buffy contre les vampires (66 épisodes). Connue aussi pour son rôle de Georgina Sparks dans Gossip girl (14 épisodes), ou pour sa participation à la série Mercy (22 épisodes). Elle a joué dans les séries New York (Police judiciaire et section criminelle), Weeds (5 épisodes), Six pieds sous terre (4 épisodes), etc. Cette superbe femme fut dans plusieurs classements de beauté mondiaux. Elle a commencé la comédie et la danse très tôt et accéda à la célébrité avant ses 18 ans, une belle performance ! Elle a débuté une carrière prometteuse au cinéma…

Mel Harris (1956) est une comédienne appréciée en Amérique pour son talent et sa beauté. Elle a surtout joué dans des séries : Alfred Hitchcock présente, Dawson, JAG (2 épisodes), Stargate SG-1 (Zénith, La dernière chance, Pour la vie), Cold Case, Les Experts : Manhattan, Esprits criminels, etc. Sa vie privée fut assez mouvementée car elle se maria et divorça cinq fois !



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Dernière édition par Dearesttara le Dim 30 Oct 2011 - 16:50, édité 1 fois
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Re: Série "Dr House"

Message  Cetp65 le Dim 30 Oct 2011 - 16:39

Dearesttara a écrit:

Mélinda est proche de la sœur de Buffy dans la mesure où les deux personnages ne supportent pas de vivre dans l’ombre d’un être cher (une sœur dans Buffy, la mère dans l’épisode) et sont éprises de liberté et de reconnaissance, et cela malgré une affection sincère envers leurs proches. Mélinda et Dawn sont deux adolescentes se comportant comme telles, qui ont les doutes existentiels typiques de cet âge, ont leurs caprices, leurs révoltes d’adolescente etc. mais qui ne dissimulent pas une certaine maturité comme la lucidité envers elles-mêmes : Dawn mûrit au cours des épisodes de Buffy (participant même aux batailles finales des saisons 6 et 7) tandis que Mélinda est consciente de sa si brève espérance de vie (son nouveau cœur ne tiendra pas indéfiniment) qu’elle a quand même accepté ; elle n’est pas dupe des airs qui se veulent rassurants de Foreman (scène de l’IRM).


On notera que Michelle Trachtenberg est certainement la comédienne la plus convaincante de la série dans le domaine des crises convulsives : toutes ses scènes de convulsions, bien plus longues que l’habitude de la série, sont d’une violence réaliste très saisissante, comme celle de la spectaculaire introduction durant près de 40 secondes !

Heu...la maturité plus dans la saison 7 (quoi que...), parce que dans la saison 6, Dawn est réellement insupportable (en particulier dans ''Baiser mortels''). Ces crises à répétition sont réellement...crispantes (pour rester polie). Michelle à du s'améliorer depuis ''Buffy'' alors, parce que même s'il elle jouait juste, elle était tout de même en dessous de tous les autres (sauf Marc Blucas peut-être...)

Très bonne critique, au passage. hein
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Dim 30 Oct 2011 - 16:48

Je te confirme que sa performance vaut vraiment le coup. Elle a quelques faiblesses certes (l'intro un rien trop niaise) mais ce n'est pas beaucoup comparé à l'impression globale de son jeu d'actrice ici.

Je corrige, je mets seulement l'amélioration de Dawn dans la saison 7. Tu connais Buffy mieux que moi après tout. Very Happy

Merci de m'avoir lu. cheers
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Re: Série "Dr House"

Message  Cetp65 le Dim 30 Oct 2011 - 16:57

Mais de rien. Je lis absolument toutes les critiques de toutes les séries, même si ce n'est pas des séries que je regarde. hein
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39. Douze ans après

Message  Dearesttara le Lun 31 Oct 2011 - 15:55

Et moi donc ! Very Happy

2.17. Douze ans après (All in) : H H H H




Hey, comment va cette fissure anale ?


Ian Alston, 6 ans, souffre de diarrhées sanglantes. House, Cuddy, et Wilson sont à l’hôpital où ils jouent à un tournoi de poker caritatif. Sans en avertir Cuddy, House quitte la table et se saisit du cas car il est persuadé que Ian est atteint d’une maladie qui a tué douze ans auparavant Esther Doyle, une vieille femme qu’il n’a pas réussi à sauver et encore moins à diagnostiquer ! Une course contre la mort s’engage car la maladie inconnue progresse à une rapidité fulgurante…



Quand Dr.House rencontre Cold Case.

House face à ses démons. L’épisode joue sur deux tableaux et gagne à chaque fois : que ce soit le cas médical d’une formidable originalité, ou l’homérique partie intermittente de poker entre les trois protagonistes. Le premier se distingue par sa situation d’urgence permanente, prenant un coup d’accélérateur au milieu de l’épisode tandis que le deuxième est le prétexte à de mémorables échanges piquants ! La résolution finale, synthèse des deux tableaux, apparaît maligne et originale à la fois.

Alors ça démarre très fort avec une scène d’introduction réussie (pourtant loin d’être un point fort de la série) puis sur la partie de poker avec un choc : le House débraillé et négligé qu’on connaît, est en smoking impeccable (mais quand même pas rasé, y’a des limites tout de même !) et fume un gros cigare ! Le costume rigoureusement identique de Wilson donne un effet comique et confirme que Robert Sean Leonard et Hugh Laurie portent beau en tenue de soirée. Mais que dire de Cuddy, à fondre dans sa superbe robe bleue (très échancrée d’ailleurs !) où la beauté naturelle de Lisa Edelstein resplendit de mille feux ! Sans doute une des tenues les plus affriolantes de la série !
House, en plein poker, improvise un cours de sexologie animale complètement déplacé dans le contexte pour analyser les réactions de ses adversaires et savoir si leurs jeux sont bons ou pas ! Après l’exposé du cas, House quitte la table (mais non sans un petit échange de réparties à propos des seins de Cuddy).
Ce tonique début se termine brillamment avec House faisant joyeusement foirer le « coup » de Chase. Et on note que si Jesse Spencer et Omar Epps sont très élégants dans leurs costumes raffinés, Jennifer Morrison arbore une superbe robe à bustier rouge très sexy qui fera se déconcentrer House pendant quelques secondes ! (Pas que House d’ailleurs !).

Le cas renouvelle le genre grâce à sa configuration inédite. House est rongé par le souvenir d’Esther, échec complet qu’il a subi et dont il ne s’est pas remis, croyant voir frequemment un « remake » de ce cas chez plusieurs patients au cours des années. Une énième fois, ce cas semble se produire ; il va se jeter tout entier dans ce cas, quitte à saboter la soirée de tout le monde et en premier lieu celle de ses « valets ». Mais plus qu’un « remake » de ce cas, House semble, même si ce n’est qu’implicite, considérer Ian comme un cas de métempsycose, il utilise les données d’Esther pour les appliquer à celui de l’enfant, comme s’il était Esther ! Et House, ne supportant pas l’échec, a son jugement parfois brouillé, à tel point que salutairement, le quatuor (Wilson participant également) de médecins devra le rappeler à l’ordre.



Il permet aussi un schéma intéressant. Alors que nos médecins, généralement, sont soumis au déroulement aléatoire du cas, devant réviser leurs positions en permanence ; ici, ils savent exactement comment le cas va se dérouler et traitent donc en avance les symptômes à venir pour avoir plus de temps. Mais coup de Jarnac ! L’état de Ian se dégrade à vitesse grand V en passant directement au dernier symptôme qui a précédé la mort chez Esther ! Ce qui donne un suspense terrible et parfaitement minuté. L’intervention inopportune de Cuddy précipite la dernière partie de l’épisode sous haute tension jusqu’au dilemme final : 7 maladies envisagées, 3 tests possibles uniquement. La chute finale, très originale, vient au détour d’une main de poker de Wilson : la maladie a fait un coup de bluff ! Cependant, la décision de House, pour la première fois de la série, comporte un élément de hasard ! Il pourrait aussi bien avoir raison que tort ! En fait, c’est l’élégance et la beauté du raisonnement logique final qui fait que House prend le risque de retenir son hypothèse. Ainsi, il confirme son attachement au rasoir d’Occam (voir épisode 3, saison 1, du même nom) qui pourtant n’est pas fiable à 100%… Un certain amour de la beauté (qui transparaît dans son goût pour la musique ou celui de se creuser les méninges [comme dirait Beethoven : tout ce qui est difficile est beau]) anime ainsi ce personnage.

La fatigue, la frustration d’être privés d’une belle soirée, l’angoisse devant la perspective de la mort d’un enfant de 6 ans (et entraînerait l’irrésolution du cas Esther, double peine !) font que les médecins sont en état de tension permanente et cette atmosphère noire de doutes donne un cachet particulier à l’épisode. Par opposition, la caméra de Fred Gerber, magnifie les belles tenues, les lumières vives et l’ambiance de fête au rez-de-chaussée de l’hôpital, donnant un puissant contraste à l’ensemble de l’épisode.

Au milieu du cas, les scènes de poker sont autant de déchaînements de rire ! Leur réussite vient entre autres du « code secret » entre Wilson et House pour s’échanger des renseignements sans que Cuddy parvienne à les déchiffrer (Le poulet est à Piccadilly Square ! On va débrancher le patient ! etc…), savoureux pastiche des mots de passe qui fleurent dans tout film d’espionnage qui se respecte ! House a intérêt à faire durer la partie et en sachant le comportement de Cuddy, il peut conduire le jeu à sa guise grâce à son prodigieux don en matière de psychologie humaine : il fait volontairement perdre Wilson, puis le fait volontairement gagner. Mais la troisième fois (avec un chantage à mourir de rire !) il veut le faire perdre… mais a tout faux et Wilson rafle la mise !



Sinon, le fait de voir House tirer des déductions aussi hardies (comme une main exacte de Wilson !) à partir de presque rien est tellement surréaliste (et Holmesien) que ça en rajoute dans l’élément comique de l’épisode. Et bien entendu, le twist final avec le bluff de Wilson qui rejoint le « bluff » de la maladie est génialement trouvé, couronnant cette merveilleuse histoire.
Tout au long de la partie, l’irritation et l’agacement qui gagnent Cuddy (très douée au jeu) avec mimiques outrées et répliques assassines sont autant de moments comiques à savourer.
On notera que, élégamment, c’est sur une nouvelle déclaration de House sur le pénis des crustacés que l’épisode se termine, miroir de la scène initiale.

La famille Alston est en retrait (Laura Allen-Mackenzie Astin-Carter Page) mais on saluera la pulpeuse Michelle Harrison, qui dans sa petite scène avec Spencer et Laurie, passe de l’amusement à l’effarement en quelques secondes ! Les personnages principaux sont en pleine forme, jouant l’angoisse et la fatigue mêlées avec maestria. Hugh Laurie et Robert Sean Leonard (avec un rôle plus étoffé, pour notre plus grande joie), à la fois complices et toujours en opposition l’un contre l’autre, Lisa Edelstein sentant la moutarde lui monter en nez, ou Omar Epps et Jesse Spencer jouant leur partition avec entrain, rappelant souvent leur patron à l’ordre avec conviction. Par contre, Jennifer Morrison retombe dans la niaiserie dans laquelle son jeu s’égare parfois (les gros yeux suppliants lors du diagnostic final la rendent très belle mais sont vraiment exagérés !). Mais c’est Hugh Laurie, impérial en homme hésitant, tourmenté, qui fait de ce cas une affaire personnelle, qui ramasse le pot. D’autant qu’il assure aussi brillamment les moments de comédie de l’intrigue.



Infos supplémentaires :

- House a un chiffre fétiche : le 42. Référence bien connue des geeks car 42 est bien entendu la « réponse ultime » à La grande question sur la vie, l'univers, et le reste selon le Guide du voyageur intergalactique de Douglas Adams... mais le problème est que la « question ultime » reste inconnue à ce jour !!!
Avec Wilson, il a imaginé un code pour s’échanger des informations lors de parties de poker. Il est également un peu magicien (s’amusant à faire disparaître des jetons dans la main).

- House arbore une nouvelle canne, plus « luxueuse » que la précédente. Fait rare, on le voit fumer (un gros cigare).

- Wilson met du vernis à ongles sur les pieds. Ah la honte ! Et il semble toujours en pincer pour l’arlésienne « Debbie de la compta ».

- Cuddy a un sein plus petit que l’autre. Mais House a toujours eu l’œil sur ce genre de détail existentiel…

- All in (Tapis en français) est un terme de poker désignant une action d'un joueur misant l'intégralité de ses ressources sur un coup. Cette action est obligatoire pour pouvoir suivre des enchères trop hautes pour qu'on puisse les payer. Dans ce cas, faire ce coup permet de rester dans la partie comme si on avait payé l'enchère demandée, tout en risquant de quitter la table dès ce coup si on perd. C'est donc une action dangereuse mais courante dans ce jeu. Ici, le titre original désigne aussi bien les différents tapis de Wilson que la décision finale de House qui fait tapis de la même manière lors de sa partie de poker métaphorique contre la maladie.

Erreurs :
- Esther est orthographié « Ester » sur le dossier médical.
- On voit un reflet de caméra à 11’46.
- Le cigare de House disparaît entre deux plans lors de la partie de poker.
- Quand Ian est sous respirateur artificiel, l’oreiller change de place plusieurs fois.
- Ian bouge ses mains en état d’inconscience ou en état d’arrêt cardiaque.
- Lors de la biopsie du cœur, les volets sont tour à tour ouverts ou fermés et les parents sont tantôt derrière les volets, tantôt dans la salle d’attente.

- La chanson de l’épisode est Deed I do de Fred Rose et Walter Hirsch, chantée par Diana Krall. Hugh Laurie joue au piano Hymn to Freedom de Oscar Peterson.



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40. Insomnies

Message  Dearesttara le Mar 1 Nov 2011 - 14:51

2.18 Insomnies (Sleeping Dogs lie) : H H H H




- On a une hémorragie rectale.
- Quoi, vous tous ??!!!


Une jeune femme, Hannah, n’arrive pas à dormir depuis 10 jours entiers ! Une boîte entière de somnifères n’y change rien. Le cas est exceptionnellement ardu, d’autant plus que Cameron est en conflit ouvert avec Foreman car il a volé son travail à son profit. Bientôt, il faut une greffe de foie à Hannah, et Max, sa compagne, accepte de lui donner le sien. Mais House doit empêcher Cameron de révéler à Max qu’Hannah est sur le point de la larguer, ce qui la ferait revenir sur sa décision…



Cet épisode est sans conteste un des plus profonds de la série. Cette fois, l’intrigue médicale (conclue par une chute savoureusement ambiguë) se double d’un superbe problème éthique tenant en haleine tout le long. Cameron, mise en avant, est un pilier excellent pour l’épisode tandis que le couple saphique Hannah-Max est très touchant mais n’échappe pas à la vision pessimiste du Couple prônée par la série même si - miracle - une touche d’espoir (mais un espoir « tordu ») apparaît à la fin…

La scène d’intro, sans évanouissement ni convulsions théâtraux, donne un climat d’angoisse et de mystère avec ces plans répétés sur les grands yeux cernés de l’insomniaque, où toute la détresse du monde s’y lit. La série met au premier plan ce couple sans insister sur l’homosexualité d’Hannah et de Max comme si elle allait de soi. Dr.House suit ainsi les chemins audacieux de ses devancières comme Buffy contre les vampires (couple Willow-Tara) en imaginant un tel couple, présenté comme normal. On remarquera que House ne lâchera aucune blague sur cette relation alors qu’il n’hésitera pas ultérieurement à vanner à répétition sur la bisexualité d’un membre de sa future deuxième équipe (saison 4 et suivantes).
La difficulté du cas est ici particulièrement ressentie, avec quelques scènes assez difficiles psychologiquement : la veille forcée de la jeune femme depuis 10 jours mais aussi House qui veut la maintenir éveillée pour faire ses tests. Malgré les protestations compatissantes de l’équipe, House sait qu’il a raison et prolonge la torture d’Hannah dans l’espoir d’avancer.

Mais l’épisode arrive alors là où il voulait en venir : l’opposition Cameron-House sur l’éthique de la situation. Hannah vaut-elle la peine qu’elle lui donne la moitié de son foie, opération lourde aux séquelles durables ? En plus, Max risque de rester la table ! Pire, malgré l’opération, Hannah ne survivra pas si la maladie n’est pas trouvée. House, conscient que Max refuserait de la sauver si elle connaissait ses véritables sentiments ne veut pas que Cameron la mette au courant (Oui, je suis immoral, je veux sauver ma patiente !). Les dialogues féroces entre l’immunologue et le diagnosticien sont autant de flèches lancées : Cameron est prête à braver les ordres de House pour satisfaire sa conscience et House doit être vigilant pour ne pas laisser Cameron avec Max. House ne se soucie guère de l’avenir de ses patients : que Max soit abandonnée par la suite, la belle affaire ! Du moment qu’Hannah guérisse. Les tirades de House et de Cameron, très bien écrites, sont la teneur de ce fort drame psychologique qui se noue sous nos yeux, nouvelle déclinaison de l‘éternel duel Vérité contre Bonheur avec ici une inversion puisque c’est House qui soutient le « bonheur » du couple (mais uniquement pour sauver sa patiente).



Max est un personnage courageux et généreux. Elle est prête à sacrifier sa vie pour Hannah. Devant incertitudes et doutes, elle manifeste une incroyable bravoure. Un personnage d’une sympathie et d’une compassion rares. Les sentiments, en climax permanent (amour fou pour Max, colère pour Cameron, mépris pour Foreman…) donnent un caractère bouleversant, presque opératique, à l’ensemble. Bien qu’Hannah ait le mauvais rôle, elle n’est coupable que de frivolité, faiblesse tristement humaine, ce n’est pas une bitch comme le prétend House. Le personnage de Jayma Mays, tourmentée par ses sentiments, n’est pas si loin de la douce amoureuse qu’est Emma Pillsbury, qu’elle incarnera plus tard dans Glee.

La chute finale médicale est peu mémorable mais celle qui dévoile alors le jeu joué par Max l’est davantage. Mais cette surprenante révélation finale est à double tranchant : elle est dans la traditionnelle vision pessimiste du Couple car Hannah est frivole et Max, elle, joue au chantage affectif pour la faire garder maintenant auprès d’elle. Une relation désespérément tordue et immorale (au sens des sentiments). Hannah est maintenant otage, prisonnière de sa dette envers Max qu’elle ne peut plus quitter sans culpabiliser. Mais une lueur d’espoir : Max a foi en elle et en Hannah et espère que l’amour réciproque prendra le dessus. Une touche d’optimisme fragile nimbe alors cette fin malaisée. Pourquoi l’amour est-il un sentiment aussi dévoyé ?

Un autre atout de la série est le violent conflit Foreman-Cameron. Elle est dans un univers d’hypocrites et d’arrivistes prêts à tout. Refusant qu’une telle bassesse soit dans la nature humaine comme le lui dit House (Moi, je n’appelle pas ça être humain ! réplique-t-elle), son innocente naïveté est telle que le réveil n’en est que plus foudroyant. La force de l’épisode doit beaucoup à leurs affrontements avec un Foreman inhabituellement cynique et manipulateur, se rapprochant ainsi de House mine de rien.
Cameron, c’est aussi l’histoire d’une jeune femme qui n’a pas encore troqué son idéalisme béat d’enfant contre un réalisme brut et dur d‘adulte (alors que son veuvage précoce l’a rendue mature sur d’autres points). Elle s’en débarrassera au fur et à mesure mais perdre ses illusions n’est jamais agréable… La scène où Cuddy lui conseille de se venger enfonce le clou. Cameron ne veut pas faire la loi du talion devant Cuddy qui lui dit que la vengeance est un sentiment délectable et agréable, qui n’a même pas besoin de motif pour se justifier et est un bon outil pour « monter » professionnellement. Triste constat…



La scène finale est d’une audace stupéfiante : Cameron accepte d’enterrer la hache de guerre avec Foreman pour ne pas mettre en péril leur amitié. La réplique qui sort de Foreman est d’une noirceur telle qu’on se demande même si House aurait eu le courage de la prononcer ! Le ton ouvertement condescendant de Foreman rend tout encore plus terrible. Cette scène peut être rapprochée de celle du dîner dans Des maux d’amour (saison 1) où House anéantissait pareillement les espoirs de Cameron.

La série renoue pour notre plus grande joie avec les cas secondaires : House, à la demande d’une jeune chinoise, lui prescrit la pilule à l‘insu de sa mère présente, et pour sa mère - qui ne parle que le mandarin - une prescription contre son rhume. Malheureusement, les choses ne se passeront pas comme prévu : la résolution est d’un burlesque rafraîchissant au milieu du drame intense qui se joue par ailleurs.

Au fait, vous appréciez la chemise à fleurs de Cameron ? Personnellement, ça ne lui va pas du tout !!

Jayma Mays est très convaincante en malade souffrant le martyre (bien aidée par des maquilleuses efficaces) et Dahlia Salem est fantastique en compagne dévouée et aimante, jouant l‘amour éperdu et passionné mais en demeurant d‘une sobriété judicieusement calculée. Un numéro en or ! Leur couple fonctionne très bien à l’écran.
Jennifer Morrison réussit très bien son numéro d’idéaliste qui se fait posséder par moins fair-play qu’elle. Omar Epps, génialement surprenant en opportuniste antipathique, est également en avant et électrifie davantage la tension entre eux. Hugh Laurie est génial (ça devient un pléonasme !). Julia Ling est amusante en ado pas fute-fute tandis qu’Alice Lo, Lisa Edelstein (pas en grande forme), et Jesse Spencer sont en retrait.


Infos supplémentaires :

- Nouveau talent de House : il parle correctement le mandarin. Il dit à Mrs.Ling dans cette langue « Félicitations, vous allez être grand-mère ! ».

- House, faisant un somme sur le sol, utilise comme oreiller Gray’s anatomy ce qui est moins une référence à la série du même nom (à une lettre près) qu’au livre lui-même, classique de la littérature médicale en anatomie humaine, écrite en 1858 par Henry Gray. Il est toujours aussi actuel.

- Erreurs :
Le sous-titrage français est erroné : il indique que sans sommeil, les neurones se régénèrent. Bien entendu, ils ne se régénèrent pas du tout dans ce cas !



Acteurs :

Jayma Mays (1979) est surtout connue pour son rôle d’Emma Pillsbury dans la série musicale à succès Glee (66 épisodes). Elle a joué aussi dans Joey, Six pieds sous terre, How I met your mother, Ghost Whisperer, Ugly Betty (8 épisodes), Heroes (5 épisodes), etc. Dotée d’une belle voix et d’un talent naturel de comédienne, elle a obtenu son diplôme en théâtre avec une mention de félicitations unanimes. Elle perce de plus en plus dans le monde du cinéma avec davantage de rôles principaux.

Dahlia Salem (1971) décide de sa vocation d’actrice grâce à Jessica Lange. D’origine égyptienne, cette belle brune s’est lancée tôt dans sa vocation. New York 911, Les Experts, Les Experts : Miami, JAG, Urgences (7 épisodes), Esprits Criminels, Castle, Médium (épisode La femme aux deux visages), US Marshals, font partie des séries auxquelles elle a participé. Elle reste cependant connue grâce à son rôle de Claire Walsh dans 133 épisodes du soap opera Hôpital central. Elle a également ouvert un laboratoire de chocolat « Amélie » (en hommage à Amélie Poulain).



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Re: Série "Dr House"

Message  Cetp65 le Mar 1 Nov 2011 - 15:15

Dearesttara a écrit:

Dahlia Salem (1971) décide de sa vocation d’actrice grâce à Jessica Lange. D’origine égyptienne, cette belle brune s’est lancée tôt dans sa vocation. New York 911, Les Experts, Les Experts : Miami, JAG, Urgences (7 épisodes), Esprits Criminels, Castle, Médium (épisode La femme aux deux visages), US Marshals, font partie des séries auxquelles elle a participé. Elle reste cependant connue grâce à son rôle de Claire Walsh dans 133 épisodes du soap opera Hôpital central. Elle a également ouvert un laboratoire de chocolat « Amélie » (en hommage à Amélie Poulain).[/color]

C'est d'ailleurs un des meilleurs épisodes de Medium. Elle y est assez convaincante, par contre dans ''Esprits criminels''... Evil or Very Mad
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mar 1 Nov 2011 - 17:03

Personne n'est parfait ! J'ai vu de bons comédiens (Nestor Carbonell, Ron Livingston...) qui ont foiré leur passage dans House. Le contraire ne m'étonne donc pas trop. Mais Dahlia Salem compte réellement cet épisode dans ses réussites... cheers
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41. House contre Dieu

Message  Dearesttara le Mer 2 Nov 2011 - 12:15

2.19 House contre Dieu (House vs. God) : H H H H




You talk to God, you're religious. God talks to you, you're psychotic.


Boyd, un adolescent de 15 ans, a une foi si grande en Dieu qu’il est capable de faire des miracles de guérison. Lors d’un sermon où il guérit une vieille femme, lui-même est pris de violentes douleurs et s’écroule. House et son équipe s’occupent de son cas. House, athée pur et dur, méprise ouvertement son patient qui étonne son équipe par ses dons. Boyd interfère de plus dans le cas de Grace, une cancéreuse condamnée, patiente de Wilson, et prétend l’avoir « guérie ». Quelques heures plus tard, le cancer incurable de Grace se résorbe. House est effaré et tente de trouver et une explication rationnelle et la maladie de son patient…



On se demande vraiment à quoi carburent les scénaristes qui enchaînent les chefs d’œuvre avec une régularité qui laisse pantois ! Les épisodes « religieux » ont souvent été des succès au sein des séries, que ce soit X-Files (L’Eglise des miracles, Révélations…), Code Quantum (La main droite du seigneur, Au nom du père…), La Quatrième Dimension (Enfer ou Paradis ?, L’homme qui hurle…) et tant d’autres. Dr.House ne fait pas exception avec cet épisode qui s’intéresse de près à la question de la foi, et celle, souvent risquée, des miracles. La confrontation House/Boyd et l’évocation de la religion permettent des scènes fortes et pleines de réflexion entre les travaillées scènes médicales, jusqu’à son étourdissante conclusion. Si l’épisode n’atteint pas la dimension bouleversante du magistral L’erreur est humaine (saison 1), il reste sans aucun doute un des meilleurs épisodes de toute la série.

Après une introduction savoureusement ironique (le guérisseur malade), l’épisode prend rapidement ses marques. House l’athée est face à Boyd le croyant et cet affrontement d’acier et de velours donne une saveur pimentée à l’ensemble. Leur duel idéologique et verbal est scénarisé avec une maîtrise totale, dont les temps forts sont soulignés par l’absurde tableau de scores qui compte les points de chaque côté ! Le match prendra fin de la meilleure façon possible avec en plus une possible ouverture.

Boyd est un des patients auxquels les scénaristes ont attaché le plus de soin car il paraît très complet. L’ardeur de sa foi ne faiblit jamais et le rend ainsi très vivant. Dès l’intro où sa foi donne un enthousiasme communicatif sidérant à l’assemblée, on a une bonne idée du personnage. Mais c’est un garçon qui a de la cervelle car, tout guérisseur qu’il est, il sait que les médecins sont nécessaires et fait donc confiance à House. Il se distingue par là de sœur Augustine (L’erreur est humaine) qui, animée par sa seule foi, se négligeait alors que lui-même fait attention. Il a la tête dans les cieux mais les pieds sur terre (Croire en Dieu ne m’empêche pas de croire aux microbes !) et ainsi, fait un adversaire excellent pour House, bien qu’ici, c’est le diagnosticien qui a le mauvais rôle (et Hugh Laurie y va à fond !), non pas à cause de son athéisme mais de son mépris.



Boyd subjugue en devinant ce qui se passe chez les assistants du diagnosticien, mais House balaye ses prédictions en disant que Dieu ne lui parle pas mais qu’il a simplement un excellent don d’observation. Lorsque House sera lui-même confronté à plusieurs « miracles » de Boyd, il essaiera (et réussira !) à chaque fois de trouver une explication rationnelle. Une sorte de parallèle avec les agents Mulder et Scully peut être fait ici, car dans X-Files, Scully la sceptique (House) modère les élans mystiques de Mulder le croyant (Boyd) et parfois avec succès (comme ici). Scully et House y mettent tous deux toute leur énérgie. Une telle opposition permet en effet d’excellents échanges et House contre Dieu n’en est pas avare. Ainsi House tente de destabiliser son patient avec des sarcasmes sur ses pouvoirs de guérison et surtout sur sa foi, principe indémontrable et irrationnel par nature. Boyd répond avec la solidité et la confiance qu’il a en Dieu sans aucun parti pris de la part des auteurs.

Wilson est avec Grace, cancéreuse condamnée à brève échéance. Elle a accepté sa maladie mais n’a plus le goût de faire quoi que ce soit. Wilson se montre très affectueux envers elle et on sent qu’il se passe quelque chose entre eux deux. Lorsque Grace marche dans les couloirs de l’hôpital, elle rencontre Boyd, en pleine crise hallucinatoire (ou mystique ?) qui prétend la « guérir » en la touchant… et miracle ! Le cancer de Grace se résorbe !! Ce qui fait dérailler House qui ne sait plus (c’est le cas de le dire !) à quel saint se vouer !

La scène du poker mèle comédie et réflexion avec brio. Entrecoupée par la fouille de Chase dans l’appartement de Grace (qui n’est pas sans humour !), House réfléchit à la situation et finit par deviner que son ami a couché avec sa patiente et qu’il logeait chez elle depuis tout ce temps ! Une nouvelle fois après Protection reprochée, on mesure combien ses tendres qualités le laissent aller à des situations pas possibles ! La peur de Wilson devant le sans-gène de House qui dit tout haut tout ce qu’il pense devant leurs camarades de jeu est d’un excellent comique ! Mais vire brusquement au dramatisme quand Wilson claque la porte, poursuivi par House. Leur confrontation est d’une grande puissance rhétorique et théologique : Être croyant implique-t-il être soumis à une autorité ? Pourquoi croire à un concept qu’on ne peut prouver scientifiquement ? Les athées ont-ils peur de Dieu et cachent-ils leur peur par la négation de son existence ? Telles sont les questions posées par la joute verbale engagée par nos héros formant le moment le plus intense de l’épisode.

La sinistre chute finale clôt ce cas de manière éblouissante : Boyd, en dépit de sa croyance solidement ancrée, a « pêché ». Ainsi, House est plein de condescendance envers ce jeune garçon qui n’a pas réussi à s’imposer les règles qu’il s’était fixées… et pourtant, est-ce si grave ? Sa faute peut être choquante pour quelqu’un de puritain ou athée (comme Greg) mais est finalement vénielle. D’ailleurs, ce « pêché » explique que bien qu’étant presque un saint, Boyd reste homme avec les tentations qui vont avec. Et son père, voyant qu’en faisant trop confiance en Dieu, il avait un regard faussé sur son fils, permet la résolution finale. Mais la jubilation de House d’avoir trouvé la faille chez Boyd est tempérée par Wilson qui lui rappelle qu’il est mal placé pour donner des leçons (une certaine paraphrase de la parabole de la paille et de la poutre). Boyd finit par quitter House en bons termes (et réciproquement). De plus, son « don » n’a pas disparu : pour une fois, il ne provient pas de sa maladie (contrairement par exemple à Alex de Confusion des genres).



Mieux encore : la révélation finale sur le cancer de Grace peut autant s’expliquer comme un miracle que comme un enchaînement rationnel de circonstances hautement improbable (mais possible). Aussi, Dieu et House marquent un point chacun d’où l’évidence du score final. Génialement astucieux et pertinent ! Pourtant, est-ce que Boyd a échoué en prétendant avoir guéri la patiente ? Elle reste condamnée, après tout ! Eh bien, non ! Boyd l’a bel et bien guérie mais pas dans le sens physique : dans le sens spirituel. Avant, Grace était résignée et sans joie sur son cancer incurable. Son expérience avec Boyd, qui se montra d’une gentillesse débordante envers elle lors de leurs rencontres a ravivé en elle une sorte de feu intérieur : animée par une foi toute neuve, elle retrouve le goût de vivre et ose enfin faire son fameux voyage à Florence qu’elle avait tant rêvé : signe que si son corps va mourir, son esprit, lui, mourra en pleine force ; elle triomphe de ses démons grâce à la foi. N’est-ce pas là une forme de guérison ? D’autant que si on lit attentivement les déclarations de Boyd, il ne lui a jamais promis une rémission corporelle, simplement une « guérison ». Tout était sous-jacent… L’adresse de Doris Egan dans l’écriture de son histoire est admirable.
Ainsi la conclusion, malgré une certaine mélancolie, apparaît lumineuse, sortant des faux happy ends classiques de la série.

On dit parfois que pour un acteur, le sentiment le plus difficile à interpréter est la foi religieuse. Si c’est le cas, on ne peut qu’applaudir vivement la performance de Thomas Dekker qui - à quelques excès près - parvient à rendre saisissante la foi intense de son personnage qui échappe à la caricature. William Katt, en père trop négligeant redécouvrant son autorité, est également très bon.
Le choix de Tamara Braun, actrice de soap, pouvait faire ricaner à l’avance ; mais elle livre une composition douce et claire de cancéreuse condamnée qui surprend agréablement ! Royal Hugh Laurie qui se déchaîne sans compter dans son rôle d’athée férocement condescendant mais plus troublé qu’il ne veut le faire paraître. Robert Sean Leonard confirme qu’il est un grand comédien en reconstituant les errements, les paniques, et les convictions de son personnage. Jesse Spencer a presque un rôle d’amuseur dans cet épisode, qui lui sied très bien. Jennifer Morrison et Omar Epps jouent sous tension. Un sans-faute !



Infos supplémentaires :

- Stacy était Taureau.

- Wilson, pour entrer chez House, frappe quatre coups rapprochés. Signe de connivence ?

- Dekker cite l’évangile de Matthieu 13:44-47 : la parabole du trésor caché où le Christ explique à son auditoire que le royaume de Dieu est comme un trésor caché dans un champ. Lorsqu’il l’a trouvé, l’homme, pour l’avoir, vend tous ses biens pour acheter le champ. Une manière de dire que les biens spirituels sont plus durables et plus forts que les biens terrestres, et que le royaume des cieux est la plus grande récompense qui attend un enfant de Dieu : il faut tout faire pour y entrer.

- House fait référence à la chanteuse et actrice Lindsay Lohan (1986) dont la trajectoire professionnelle en dents de scie, son investissement dans la mode, et ses démêlés avec la justice (vol ou plus souvent état d’ivresse) ont fait les choux gras des magazines people. Il fait aussi référence à un de ses films où elle jouait : Lolita malgré moi (2004).



Acteurs :

Thomas Dekker (1987) a eu le privilège de jouer le rôle principal de John Connor dans 31 épisodes de la série Terminator, les chroniques de Sarah Connor. Il tourne son premier rôle à 6 ans. On l’a vu également dans Les feux de l’amour, une nounou d’enfer, Star Trek : Générations et Voyager (2 épisodes), Boston Public, Les Experts, Sept à la maison, Heroes (12 épisodes), etc. Il poursuit une belle carrière au cinéma avec des films comme Kaboom, Freddy les griffes de la nuit (remake), Le village des Damnés (remake), Angels Crest, etc.

Tamara Braun (1971) s’est surtout fait connaître en jouant dans plusieurs soaps : La force du destin (82 épisodes), Des jours et des vies (131 épisodes) et surtout Hôpital central (514 épisodes !!!). Elle est apparue dans 2 épisodes de Buffy contre les vampires (La métamorphose de Buffy et Un charme déroutant), mais aussi dans Sept à la maison, Cold Case, Le Caméléon, Ghost Whisperer, FBI portés disparus, Les Experts, etc.



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42. De l'autre côté...

Message  Dearesttara le Jeu 3 Nov 2011 - 20:12

2.20 De l’autre côté... (Euphoria. Part 1) : H H H




- Je ne peux même pas imaginer la logique tordue qui vous a fait tirer sur un cadavre.
- J’aurais tiré sur quelqu’un de vivant, y’aurait eu plus de paperasse !


Joe Luria, policier, procède à une arrestation quand il est saisi d’euphorie soudaine, n’arrêtant pas de rire bêtement. L’interpellé lui colle alors une balle dans le crâne et Luria s’écroule, toujours en riant. House envoie Foreman inspecter la maison du flic qui est une vraie porcherie. L’état du patient se dégrade gravement mais Foreman ne fait qu’en rire, ricanant à tout bout de champ : il a lui aussi attrapé la maladie mortelle et il est confiné dans la chambre stérile où est installé le flic. Une course contre la mort s’engage…



Au milieu de cette cavalcade à en avoir le vertige d’épisodes tous aussi géniaux les uns que les autres, apparaît (tout aussi génial) le premier véritable double épisode de la série. Si Cours magistral apparaissait comme introduisant Le choix de l’autre (saison 1), on ne pouvait encore parler d‘épisode en deux parties. Euphoria inaugure donc dans Dr.House avec bonheur la tradition du double épisode, souvent synonyme dans les séries de réussite. Et en effet, l’épisode joue à fond sur la carte du suspense et parvient à construire une ambiance délétère psychologique qui monte dans un crescendo terriblement tendu. Dans cette première partie, il faut un peu de temps pour que s’installe l’angoisse mais elle ne lâchera plus le téléspectateur dans la deuxième partie, encore plus réussie.

L’intro en elle-même, presque en caméra subjective, est déjà assez flippante avec ce flic rigolard sans aucune raison qui continue de se marrer après avoir reçu la balle de son agresseur !

L’épisode démarre tranquillement mais sous le signe de l’humour noir. Le comportement de Foreman envers le policier, très glacial, laisse transparaître une étonnante haine envers la police (lié à son passé de voleur ?). La scène de la radiographie où son comportement condescendant fait penser à House est d’ailleurs à relever. D’une manière générale, c’est un comique acide qui domine le premier tiers de l’épisode avec les piques de House (ou sa négociation avec une policière pour faire sauter un PV...), et aussi celles de Foreman, particulièrement en verve ! Ou encore la scène assez énorme avec House flinguant un cadavre (défilé de blagues à la clé), Luria prétendant que son appartement est « clean » alors que même une soue de cochons est d’une impeccable propreté à côté ! (les restes de nourriture avariés sont très peu ragoûtants, Beuaaah !) ; tandis que ses vannes foireuses apportent un élément décalé drôlatique… mais Foreman attrape à son tour la maladie ; et par une subtile transition, l’humour s’efface devant l’avancée du dramatisme.

Sinon, on peut remarquer une nouvelle preuve que House (et son interprète) a un certain succès auprès de la gent féminine : regardez le beau sourire de la femme du commissariat...



Foreman est drôle quand il est dans sa phase d’euphorie, que nous pressentons avant que l’équipe ne s’en aperçoive (scène de la morgue puis de l’IRM) mais il devient de plus en plus affolant, surtout quand il s’esclaffe devant une crise presque fatale du patient ! (C’est normal que je sois le seul à trouver ça drôle ?). Mais lorsqu’il est emprisonné dans la chambre du flic pour éviter la contagion, l’atmosphère se noircit… On notera que la réalisation de Deren Sarafian joue intelligemment de ce changement narratif avec des lumières devenant plus pâles, lugubres, presque obscures, comme si une ombre maléfique s’étendait sur l’hôpital, l’ombre de la mort…

La tension prend rapidement une jubilante dimension « crispatoire » dès lors que l’état du policier devient critique. La souffrance croissante qui le saisit brise son arrogance sous-jacente manifestée au début de l’épisode. Son hyperalgésie devient presque insoutenable : il souffre et rien ne peut le calmer, ni la morphine, ni - pire - le coma, ne peuvent l’empêcher de ressentir une douleur inhumaine ! La terreur de Foreman à l’idée d’endurer mille morts à son tour est donc très horrifique. Plus que la peur de la mort, la peur de souffrir est très présente dans l’esprit humain. Et puis, il y’a le geste désespéré de Foreman qui pique Cameron avec une seringue infectée pour la contraindre à retourner chez Luria ! Il le fait sans aucune excuse et ses remords tardifs sont tournés en dérision mais cette fois par Chase. Monde cruel… Le cas se poursuit sans réelle avancée et l’effondrement physique des deux patients est vraiment effrayant, suspense permanent qui ne faiblit jamais…

La maladie de Foreman permet à House de faire tomber un masque : il veut rester lui-même mais ne peut s’empêcher de se trahir : il met son cynisme en veilleuse, arbore des expressions pensives et impatientes, et surtout, devant un Wilson toujours aussi observateur, se montre d’une prudence inédite envers le suivi de Foreman : il est davantage qu’un patient et House ne parvient pas, pour une fois, à être neutre lors de ce cas, car c’est un membre de son entourage qui est atteint. Le House qui emmerdait copieusement Foreman, le ridiculisait tout le temps, est obligé ici de montrer le lien qui l’unit à lui. A force de côtoyer une personne durant quelque temps, on nourrit un lien envers cette personne, même s’il n’est pas forcément positif (on en reparlera lors du final de la saison 4), une sorte d’attachement même si on ne l’aimait pas tant que ça. House se moquait de l’investissement excessif de sa patronne dans Culpabilité mais se retrouve piégé à son tour et c’est joliment mis en scène.



Cameron n’y échappe pas non plus. Alors qu’elle a toutes les raisons du monde d’haïr ce jerk qu’est Foreman, elle s’investit au maximum pour essayer de le sauver, prétextant qu’elle « ne fait que son job ». Le jeu aussi tranchant que l’acier de Jennifer Morrison nous laisse dans une excitante indécision : est-elle aussi neutre qu’elle le prétend ? Ou un effet de sa nature angélique ? Sans doute les deux comme le remarque House quand elle sort de l’appartement de Luria : elle voulait y aller malgré le véto de son patron et l’acte de Foreman ne fut qu’un prétexte. Malgré qu’elle ne soit pas croyante, Cameron se comporte comme telle, en essayant d’aimer son entourage, qui souvent le lui rend si mal. Elle est décidément le personnage le plus étranger de la série (et donc un des moins intéressants), mais, paradoxe, elle y apporte beaucoup de valeur car elle est le plus proche de nous et son identification au spectateur est plus évidente que les autres personnages (ne parlons même pas de House !). Ainsi, la force de la série vient aussi du fait qu’on a le sentiment d’y entrer de plain-pied, via Cameron.

On note l’adresse de la fin : quelques scènes lentes et calmes pour donner un sentiment de détente au milieu de la pression générale mais lorsque Cameron se rend compte que la théorie de House est fausse, la scène s’accélère brusquement (eh oui, les portables, c’est pas toujours fiable !) avec un dernier suspense réellement tétanisant, les plans filent à toute allure dans l’urgence finale débouchant sur un tout aussi tétanisant cliffhanger qui tombe comme un couperet… To be continued !




Infos supplémentaires :

- Premier épisode sans diagnostic final. Cinquième échec de House (semi-échec ici car Foreman est encore en vie) et deuxième de la saison.

- La présence de Scott Michael Campbell n’est pas anodine. Il avait déjà tourné avec Hugh Laurie dans le film Le vol du phénix (2004). Pendant le tournage du film, Laurie passa son audition pour être dans le casting de Dr.House. C’est Campbell qui lui donna la réplique lors de l’audition filmée (disponible d’ailleurs dans les bonus de la saison 1).

- Foreman n’aime pas les flics. Il a de bonnes connaissances en matière de balistique et en particulier sur les balles de révolver. Rodney, son père, est très croyant.

- House n’est pas fort en mathématiques. Même notre cher docteur a ses limites…

- House fait référence à West Side Story (1961), appelant le flic « officer Krupke ».

Erreurs :
- Lorsque Joe augmente sa dose de morphine, elle atteint le niveau « 16 », mais quand Foreman lui demande d’augmenter encore la dose, Cameron répond qu’il a dépassé 20.
- Quand Baby Shoes tire sur Luria, il tient le révolver dans ses deux mains. Au plan suivant, avec la balle partant au ralenti, il tient le révolver que dans une seule main.
- Lorsque Luria est victime d’un saignement de l'œil, ledit œil, à certains plans, n’a pas de trace de sang.



Acteurs :

- Scott Michael Campbell (1971) obtient à 20 ans son diplôme en art dramatique. Il a surtout fait sa carrière à la télévision, jouant dans un incroyable nombre de séries, notamment Urgences (7 épisodes), A la maison blanche, Les Experts, Grey’s anatomy, NCIS : enquêtes spéciales, Cold Case, 24 heures chrono, Boston Justice, Esprits criminels, The Shield, Private Practice, Les Experts : Miami, Drop Dead Diva, Bones, Supernatural (épisode Seuls sur la route), etc. On l’a vu cependant dans quelques films dont Mission Evasion et Le secret de Brokeback Mountain.


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43. ...Au suivant

Message  Dearesttara le Ven 4 Nov 2011 - 22:39

2.21 ...Au suivant (Euphoria. Part 2) : H H H H




- Tu as installé une webcam ?
- Dans la douche de Cuddy. Tu aimes les épilations brésiliennes ?


Luria est mort, et Cuddy, par crainte d’une épidémie, refuse envers et contre tous son autopsie. House, Chase, et Cameron repartent de zéro et tentent par tous les moyens de retarder la mort d’un Foreman brisé par la douleur et l‘angoisse, le temps de trouver l’infection mortelle qui le tue. Rodney, le père de l’infortuné docteur, vient à la clinique tenter de réconforter son fils…



La deuxième partie de l’épisode est un pur joyau de suspense entraînant et angoissant. L’imminence de la tragédie est plus présente que jamais. La crainte d’une fin horrible pour Foreman se fait fortement sentir. ...Au suivant s’impose comme un nouveau chef-d’œuvre total par son scénario implacable et lancinant.

Après un bref flash-back de l’épisode précédent ainsi que celui d’Insomnies (conflit Cameron-Foreman), l’épisode démarre immédiatement avec une intro stressante qui eut été comique si le cas n’était pas aussi grave avec la « biopsie » du matelas.
Les confrontations House-Cuddy, laissées de côté depuis un certain temps, reprennent des couleurs ! La position que doit prendre Cuddy permet en effet des disputes féroces : seule contre tous, elle assume courageusement sa difficile décision de ne pas entreprendre l’opération qui pourrait sauver Foreman, pour ne pas risquer une épidémie mortelle. House se démène pour faire plier Cuddy, lui signale que le temps de Foreman est petitement compté. Il va jusqu’à utiliser le père de Foreman qui vient d’arriver pour apitoyer Cuddy. Cette scène est une des plus réussies de l’épisode avec un Rodney grave, un House sarcastique, et une Cuddy désorientée et abattue par son dilemme insoluble. Mais elle tient bon et parvient à donner l’image d’une femme blessée mais contrainte de faire passer le règlement et la sécurité de tous avant la vie de son employé. Le jeu magistral de Lisa Edelstein atteint son sommet lors de cette entrevue montrant que son personnage est aussi bien femme de cœur que directrice impitoyable. Rodney Foreman ne peut que tristement approuver tandis que House bouillonne d’exaspération, ne voyant pas qu'il cède, lui, à l’émotion, contrairement à Cuddy qui parvient à rester neutre, soit une géniale inversion des rôles !

Rodney Foreman apparaît comme un père aimant, réfléchi, et calme. C'est un judicieux contrepoint aux autres esprits à fleur de peau. Certes, il est dévoré d’angoisse sur le sort de son fils, mais il ne veut pas que la douleur ou l’hystérie ne lui fasse perdre la tête. Se recueillant continuellement dans l’église, il affirme ainsi sa foi et son humilité. C’est un beau personnage sincère et la scène de l’église fait comprendre que House a du respect pour cet homme, ce qui est rare venant de sa part !
La scène où il étreint la main de son fils avant sa plongée dans le coma est très émouvante.

Le cas est toujours aussi passionnant et stressant. Et permet quelques scènes fortes comme l'énorme cocktail de pilules imposé à Foreman, ou le fracas spectaculaire d'une fiole contenant un agent infectieux de legionellose...

La dispute Foreman-Cuddy est également un grand moment. La démence de Foreman éclate lors de cette scène sauvagement cruelle où il lance à Cuddy, au bord du point de rupture, une rafale de violences verbales. La douleur et la peur de la mort étreignent Foreman qui ne peut que vitupérer face à celle qui tient sa vie entre ses mains malgré elle et qui ne peut rien y faire. House ne rate d’ailleurs pas l’occasion de surenchérir, mais en mode humour noir !



Le conflit Foreman-Cameron atteint son sommet de dramatisme. Sentant l’échéance fatale approcher, Foreman veut faire la paix avec Cameron mais la douce doctoresse, de plus en plus endurcie depuis quelque temps, refuse : c’est son état qui lui a soufflé cette décision, et Cameron ne peut accepter des excuses non sincères. Foreman aura décidément tout subi ! Cette scène surprenante et imprévue est une démonstration éloquente de la série à se tenir éloignée de toute émotion invraisemblable. Le revirement de Cameron qui finit par accepter les excuses de Foreman à l’agonie n’est pas contradictoire : sa peur et sa sympathie reprennent le dessus, elle le fait au dernier moment. La série joue très habilement de la psychologie de ses personnages.

Le rebondissement scénaristique central voyant subitement Cameron seul maître à bord est une trouvaille royale ! House est placé en infériorité et ne peut plus tout contrôler, devant marchander avec Cameron. La ténacité de House à ne vouloir prendre aucun risque prouve combien il est attaché à Foreman plus qu’il ne veut l’avouer, incapable de le considérer comme un patient normal et combien il n‘a jamais été moins « House » qu‘ici !

La fouille finale (la 4e !) de l’appartement de l’ex-flic porte le suspense à son paroxysme : House n’a que peu de temps pour trouver l’origine du mal et va de fausses pistes en fausses pistes. S’il ne la trouve pas à temps, Cameron sera obligée de déclencher la biopsie hyperdangereuse du cerveau de Foreman, qui risque de le paralyser à vie ou de le tuer ! On suit, haletant, House errant dans l’appartement et le taux de Sat O2 de Foreman chutant inexorablement en plans alternés.
Mieux encore, la résolution finale, loin de baisser la pression comme à l‘habitude, la renforce encore, et nous sommes suspendus à la scène finale ! Certes, on croit légitimement que tout s’est bien passé : Foreman est un héros de la série, il ne peut pas mourir et effectivement, il semble se remettre tranquillement sous les yeux soulagés de tous…

Mais les dernières secondes cassent l’ambiance de sérénité qui regnait dans la chambre et c’est sur un petit cliffhanger inattendu et inquiétant, dernier trait de génie de l’épisode, que tout se termine…
On remarquera l’ironie de la situation finale : alors que pendant tout l’épisode, on cherchait la maladie qui a tué Luria et faili emporter Foreman, la maladie est trouvée simultanément à la fin par trois moyens différents !



Au milieu des ténèbres, apparaît un rayon de lumière apaisant : un cas secondaire vraiment pas piqué des hannetons ! Une mère s’inquiète que sa petite fille ait des troubles corporels bizarres. House trouve rapidement le diagnostic (à tomber par terre !) ce qui lui permet des petites saillies d’un comique enfantin irrésistible ! On notera d’ailleurs que House, devant une Cuddy interloquée, bat son record de consultations mensuelles… en une après-midi ! Mais c’est parce qu’il ne savait pas quoi faire…
Peu d’humour dans l’épisode sinon. On retiendra quand même le spectacle de House et Wilson espionnant « Steve McQueen » pour savoir si le rat va tomber malade, c’est d’un surréalisme tordant ! (D’habitude, ce sont les patients, tes cobayes ! Là, ce sont les rats… c’est un progrès !)

Scott Michael Campbell joue très bien son rôle de flic euphorique qu’on croirait shooté au LSD. Il est également idéal en homme cassé par la douleur et la peur. Lisa Edelstein accomplit là une de ses meilleures performances en directrice déchirée par son dilemme moral, soutenant une position inconfortable mais nécessaire. Elle donne beaucoup d’émotion tout en prouvant sa capacité à jouer les femmes de tête avec une force prodigieuse. Mais c’est Omar Epps qui est le centre de l‘épisode : son jeu est d‘une intensité ravageuse hyperréaliste. Sa performance va en crescendo, de la moquerie et du cynisme jusqu‘à ses explosions de rage et de larmes de plus en plus passionnées. A coup sûr, un flamboyant numéro qui restera dans les mémoires ! Jennifer Morrison est elle aussi au premier plan, très brillante : sa Cameron feint le professionalisme et la froideur acérée pour ne pas avouer sa rancœur et son amertume envers Foreman. Le résultat est excellent. Même si elle demeure compatissante, elle donne à son personnage une nouvelle facette plus autoritaire, plus rebelle à laquelle même House se heurte. Et son jeu métallique est ici grandiose. Hugh Laurie, moins dur, plus sur le qui-vive, brise la glace du sarcasme pour se comporter en homme affecté, une étonnante composition ! Jesse Spencer et Robert Sean Leonard sont hélas encore relégués au second plan malgré un bon jeu. Charles Dutton est un bon choix pour incarner le père de Foreman auquel il donne une grande humanité : son jeu sobre et mesuré, sans crise de pathos, convient tout à fait, une très bonne surprise ! Mention aussi à Leigh Allyn Baker et surtout à la très jeune Amber DeMarco qui rendent leur scène de consultations si drôle !


Infos supplémentaires :

- En consultation, House donne une sucette à une petite fille. C’est le monde à l’envers !

- Première apparition de Rodney Foreman, le père d’Eric. La mère de Foreman est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Nous apprenons aussi que Foreman a un frère mais nous ignorons tout de lui pour le moment, si ce n’est qu’il s’est éloigné de sa famille. Fait rare, Foreman appelle Cameron par son prénom lors de sa crise d’angoisse : Allison.

- House fait référence à la chanteuse Alanis Morissette et à sa chanson Ironic (1996) quand il se moque de Cuddy sur le fait que faire ses heures de consultation est comme s’il pleuvait le jour de son propre mariage.

- House fait référence à la série 24 heures chrono en disant que la situation d’urgence de l’hôpital exige l’intervention de Jack Bauer. Il cite aussi en consultation des petites phrases enfantines inspirées des films Les divins secrets, Le monde de Némo, et La marche de l’empereur pour ne pas prononcer le mot « masturbation ».

- La chanson de l’épisode est One Safe Place de Phil Galdston et Marc Cohn, et chanté par ce dernier
.


Acteurs :

Charles S. Dutton (1951) reviendra dans la série avec le même rôle dans l’épisode Mauvaises décisions (saison 3). Il commença bien mal avec une détention illégale d’armes et un mauvais comportement en prison, ce qui lui valut en tout sept ans et demi en geôle. Il découvrit le théâtre lors de son incarcération, et se reconvertit à sa libération en intégrant un groupe de théâtre. Depuis, il a réussi sa reconversion, en jouant au théâtre, dans plusieurs films (Alien 3, Compte à rebours mortel, Fame…) ou des séries comme Equalizer (épisode Embuscade), Deux flics à Miami, FBI portés disparus (2 épisodes chacun), Cagney et Lacey, Oz, Les Soprano, Esprits criminels, Les Experts : Manhattan, Los Angeles police judiciaire, sans oublier The L Word (épisodes Locatrices, Lacis, Lancinante, et La croisière s’amuse), etc.



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44. A la vie, à la mort

Message  Dearesttara le Sam 5 Nov 2011 - 21:00

2.22 A la vie, à la mort (Forever) : H H




- Ce soir, marathon L Word !
- Tu regardes L Word ?
- Sans le son.


Brent Mason surprend sa femme Kara en train de convulser dans sa baignoire. Pire, elle a lâché Mikey, leur bébé, dans l’eau. Le bébé et sa mère sont dans un état critique. L’équipe de House se demande si Kara a eu un délire cérébral ou si elle a voulu tuer consciemment son enfant. Foreman, se remettant de son mal, est désormais d’une sérénité à toute épreuve ce qui irrite son boss qui ne le reconnaît plus. Chase, lui, a pris de la distance en changeant provisoirement de poste. De son côté, House apprend que Cuddy a invité Wilson à dîner. Wilson est certain que c’est un rencard, House, non. Qui a raison ?...



Au sein d’une saison 2 d’une richesse à en rester baba, cet épisode détonne brusquement. Trop sérieux, A la vie, à la mort enchaîne les péripéties médicales propres à la série en mode automatique, sans surprise. Malgré une fin très noire bien amenée, toute l’histoire reste statique, se résumant à une suite de diagnostics différentiels un peu barbants à la longue. Heureusement, les histoires annexes (Foreman sympa, rendez-vous Cuddy-Wilson, motivations de Chase…) donnent un peu de fantaisie à cet épisode trop rigide.

L’introduction est un remarquable trompe-l’œil mais le reste ne suit pas. La série veut nous refaire le coup de la grosse émotion avec un bébé (et sa mère) gravement malade, malheureusement souvent synonyme d’épisode médiocre dans la série (parachevée par le désastre intersidéral de Rêves éveillés (saison 5)). Et en effet, une nouvelle sorte de chantage à l’émotion réapparaît dans cet épisode terriblement creux, l’épisode tombant dans tous les clichés des autres séries hospitalières. Ce cas n’aurait pas été renié par une série genre Private practice et ne doit son salut qu’à la solide interprétation des comédiens, usant de l‘habituelle et bienvenue sobriété de leur jeu.
L’épisode court deux lièvres à la fois : la mère et le bébé, ce qui d’habitude n’est pas un obstacle ; mais ici Liz Friedmann semble avoir perdu la main. Passant d’un cas à l’autre avec un collage douteux, elle n’arrive pas à insuffler la tension nécessaire, du moins pas avant le revirement central avec Kara tentant d’étouffer son bébé. Enfin, une secousse ! Peu à peu, les atours de l’épisode deviennent de plus en plus sombres, se parant d’un suspense qui joue avec nos nerfs, culminant avec une fin terriblement tragique. C’est un des échecs les plus cinglants de House qui voit ses deux patients mourir sans qu’il puisse les retenir. Cependant, la scène finale avec les adieux de Kara est tristement maladroite : pourquoi vouloir mourir alors qu’elle sait très bien qu’elle n’y est pour rien ? Culpabilisant à outrance, elle veut expier sa faute, sans égard pour son mari, privé des deux personnes qui comptaient le plus pour lui. On soupçonne la scénariste d’avoir voulu une fin exagérément noire qui fait son effet mais semble hors de propos ici. Dommage car la deuxième partie était plus aboutie que la première.

Première apparition d’une relation certes mineure mais originale : le « Wuddy » (relation Wilson-Cuddy).



Cuddy a invité Wilson à dîner. Evénement assez ahurissant qui entraîne bien sûr des scènes très cocasses au sein du triangle House-Cuddy-Wilson : Que ce soit House qui s’introduit dans le bureau de Cuddy, la poubelle de Cuddy étalée sur le bureau de Wilson, le dîner totalement foireux (qu’on comparera avec celui, plus profond et moins comique, de Des maux d’amour (saison 1), y’a pas que House qui est pas doué pour faire la conversation !), l’examen secret de la patronne jusqu’à l’abattement final de Wilson (Y’a L Word à la télé ?). Sans oublier la case « sérieux » avec la solitude et la souffrance de Cuddy, décidément très différente entre sa vie professionnelle et sa vie intime si vide (le lot de bien des héros de série télé…)

On voit que Wilson espérait beaucoup de ce dîner et sa résignation finale prouve sa frustration. Mais c’est le comportement de House qui retient l’attention. Se moquant ouvertement de Wilson, il se démène pour démontrer que le but de Cuddy était davantage professionnel que romantique. C’est moins pour se payer la tête de son ami qu’une certaine marque de jalousie qui dirige House. Et on voit ici les premiers symptômes de ce qui deviendra le « Huddy » : avec un House plus intéressé envers sa patronne qu’il veut le montrer (d’où leur tension sexuelle incessante). Si on regrette que ce genre d’histoire se rapproche davantage des clichés d’un certain nombre de séries hospitalières moins ambitieuses ; ici, la légèreté triomphante des situations et le jeu brillant des comédiens les rend assez pétillantes !
Le Wuddy, lui, refera son apparition dans la saison 5 avec le même triste résultat pour l’oncologue.

Le comportement fuyant de Chase nous intrigue mais ce point reste en filigrane. Même si l’on finit par savoir la raison de cet éloignement, c’est sur sa sensibilité que finit par se centrer un des axes de l’épisode. Il prend très à cœur la guérison de Mikey. Ainsi, son désarroi est particulièrement poignant lors de la mort du bébé, n’arrivant plus à travailler. Il faut que House le secoue de manière assez directe pour qu’il arrive à se reprendre et à faire l’autopsie du cadavre. Il fait d’ailleurs une courte prière avant de l’examiner mais la manière dont il la dit est mêlée de confiance, de chagrin, et de colère. Une foi peut être ébranlée par un choc (comme Foreman lors de sa maladie) et Chase, déjà en conflit avec Dieu, ne sait comment apprivoiser une telle situation d‘où le trouble du personnage. Chase est un personnage plus intéressant qu’il n’y paraît et on ne peut qu’être énervé de le voir tout le temps à l’arrière-plan.



Foreman veut croire que sa douloureuse expérience n’a pas été inutile et cherche à en tirer le meilleur enseignement possible : il devient calme, souriant, d’une gentillesse Wilsonnienne, veut se comporter en homme détaché, prenant la vie avec philosophie. House n’en croit pas ses oreilles et à deux reprises fait des mimiques effarées, le provoque, ou balance des absurdités pour le faire réagir… sans succès. C’est tout juste si Foreman ne nous dit pas I want to believe ! Mais il le pense, sa maladie doit avoir eu un sens pour l’accepter totalement. Mais c’est sans compter sur le réalisme pessimiste de son patron qui finit par le décourager. House, parfait rabat-joie, fait prendre conscience à Foreman que la vie est qu’une vaste injustice et que sa maladie n’est qu’un obstacle de plus, où il n’y a rien à en tirer. Foreman est furieux d’être dépossédé de cette sérénité qui vole en éclats après les tirades pessimistes de son patron, rendant presque vain le courage et la philosophie dont il a fait preuve. On peut peut-être reprocher à House d’y aller trop fort dans la noirceur mais c’est dans l’esprit du personnage qui n’a jamais cherché l’adhésion du spectateur.

L’interprétation est heureusement au beau fixe : Hillary Tuck, malgré son peu de temps de présence, campe une angoissante (et très belle !) mère de famille terrorisée par ses pulsions meurtrières. Kip Pardue est correct sans plus. Jesse Spencer - enfin ! - au premier plan, joue remarquablement la crise existentielle et de foi de son personnage, perdu au milieu d’un monde cynique et injuste, au bord de l’abandon. Une excellente performance qui n’est pas sans rappeler celle de L’erreur est humaine (saison 1). Hugh Laurie est royal (comme d’hab) et tout le reste du casting défend vigoureusement cet épisode malhabile, on leur en est gré !


Infos supplémentaires :

- Sixième échec de House (ici total : ses deux patients meurent) et troisième de la saison.

- House est fan de la série The L Word (sans le son). Il prend son café noir.

- Nous apprenons que Rowan Chase a déshérité son fils Robert.

- Début du « Wuddy », la relation (amicale) entre Wilson et Cuddy.

- Cameron prépare des piètres cafés ; du moins, au goût de House…

- Une référence à l’épisode Leçon d’espoir lorsque House demande à Chase s’il a choisi de travailler temporairement en néo-nat pour embrasser des petites filles de 9 ans.

- Hillary Tuck a joué dans 66 épisodes d’une série qui s’appelait Honey, I shrunk the kids, suite du film Chérie, j’ai rétréci les gosses. Coïncidence, elle jouait la grande sœur de… Thomas Dekker, le héros de l’épisode House contre Dieu !

- House fait une allusion au Magicien d’Oz (1939) en comparant Foreman au personnage de Scarecrow.

- La soundtrack de l’épisode est constituée d’Over Yonder d’Howard Hunt Jr, chantée par The American Boychoir, et la Salsa Habanero de Wayne Jones.

- Erreur de continuité : lorsque l’on voit le bébé à l’hôpital pour la première fois, il a un bas noué autour du pied gauche, puis la fois suivante, au droit, et au plan encore suivant, à gauche !



Acteurs :

Hillary Tuck (1978) commence à tourner dès l’âge de 15 ans dans quelques publicités avant de s’ouvrir à la télévision et au cinéma. Elle sait parler le langage des signes, et est une danseuse accomplie (jazz et moderne). Elle est très active au sein des associations de sourds et malentendants, particulièrement celles des enfants atteints de ce mal. Elle a joué dans les séries FBI portés disparus, Cold Case, The Closer L.A Enquêtes prioritaires (épisode Rédemption), Bones, Ghost Whisperer, Grey’s anatomy, US Marshals, 90210 Beverly Hills nouvelle génération, NCIS enquêtes spéciales, etc. Elle est cousine de Dennis Quaid.

Kip Pardue (1975) a commencé par le football américain et le baseball, puis par le mannequinat avant de se tourner vers le cinéma. Il a joué dans quelques films (Les lois de l‘attraction, Le plus beau des combats, Hostel 3, etc.) avec un certain succès. Mais il n’a pas suivi de carrière à la télévision. On citera entre autres Sept à la maison et Urgences (6 épisodes).



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Re: Série "Dr House"

Message  Cetp65 le Dim 6 Nov 2011 - 10:25

Dearesttara a écrit:

Hillary Tuck (1978) commence à tourner dès l’âge de 15 ans dans quelques publicités avant de s’ouvrir à la télévision et au cinéma. Elle sait parler le langage des signes, et est une danseuse accomplie (jazz et moderne). Elle est très active au sein des associations de sourds et malentendants, particulièrement celles des enfants atteints de ce mal. Elle a joué dans les séries FBI portés disparus, Cold Case, The Closer L.A Enquêtes prioritaires (épisode Rédemption), Bones, Ghost Whisperer, Grey’s anatomy, US Marshals, 90210 Beverly Hills nouvelle génération, NCIS enquêtes spéciales, etc. Elle est cousine de Dennis Quaid.

Dans Rédemption (excellent épisode, un des meilleurs), Hilary Tuck était inégale : dans certaines scènes son jeu était très bon, mais dans d'autres j'ai trouvé qu'elle avait du mal.

Sinon, il me semble que j'avais vu cet épisode sur TF1... scratch
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Dim 6 Nov 2011 - 11:07

Là, elle joue pas énormément. Son jeu n'a pas vraiment le temps de s'affaiblir.

Cet épisode est regardable mais je ne le conseillerais pas pour découvrir la série. Le prochain est encore plus médiocre. Heureusement que le final est un feu d'artifice ! (J'ai du mal à l'analyser d'ailleurs, c'est un épisode de verrou temporel !)
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45. De père inconnu

Message  Dearesttara le Dim 6 Nov 2011 - 13:21

2.23 De père inconnu (Who’s your Daddy ?) : H H




Elle devait avoir mal, je voulais lui faire mal. Tout le monde est gagnant !


Dylan Crandall, un vieil ami de House, lui confie Leona, sa fille malade qu’il vient de retrouver 16 ans après sa naissance et victime de l‘ouragan Katrina. House est persuadé que Leona n’est pas sa fille et qu’elle tente d’escroquer son « père ». Tout en cherchant sa maladie, Cuddy le sollicite : elle veut un don de sperme et demande conseil à House pour choisir le bon donneur…



Cet épisode nous laisse encore plus frustrés que le précédent. A peu près rien ne fonctionne. Le cas est d’une indigence rare et malgré quelques atouts de départ, l’épisode s’enfonce dans un gouffre d’ennui. Heureusement, cet épisode plat est sauvé d’extrême justesse par des scènes « Huddy » piquantes et drôles. De père inconnu peut être considéré comme le plus correct des épisodes mauvais ou le plus mauvais des épisodes corrects.

L’épisode tente de s’intéresser à l’actualité avec le fameux ouragan Katrina qui dévasta la Nouvelle-Orléans en 2005. Mais alors qu’on aurait pu s’attendre à des critiques bien vitriolées sur tout ce qui concernait la catastrophe (gestion calamiteuse, misère, inégalités ethniques…), l’épisode reste en surface, sans jamais étudier la question.

Diagnostics différentiels à répétition, manque d’humour, rebondissements aussi explosifs que des pétards mouillés, interprétation mécanique… l’épisode, paresseux au plus haut point, ne décolle jamais. On voudrait se passionner pour l’enfer qu’a vécu Leona là-bas, mais le sujet ne sera pas abordé. Les états d’âme de Crandall sont bien suggérés mais tout le temps téléphonés. Ses scènes où il veut se convaincre qu’il est bien le père ne tiennent que grâce à la performance du comédien. Le trio des docteurs est impuissant à redonner un peu d’énergie. Heureusement, House échappe à cette purge mais son acidité semble s’être diluée au contact du lénifiant général de l’épisode. La recrudescence de la douleur de House aurait pu donner des scènes intéressantes (comme dans Confusion des genres) mais se limite seulement à plus de déambulations dans l’hôpital pour soulager la douleur. Inoffensif…

Un tempo soporifique plombe cet épisode qui accumule les scènes de remplissage (les scènes entre médecins surtout). Pourtant, quelques idées sortent la tête de la fange globale : ainsi House s’amuse de la crédulité de son ancien camarade si naif en lui servant des bobards. Ou bien, la séance de torture où House, sous couvert d’examen médical, fait volontairement mal à Leona en l’accusant de mensonge (entraînant une hallucination de cette dernière avec un House se « liquéfiant », bon appétit !). Une tentation sadique qu’il ne réprime pas ! C’est d’ailleurs la meilleure scène de l’épisode. L’interrogation Dylan est-il le père ? donne un suspense relatif qui se résout assez élégamment comparé à toute la conduite scénaristique jusque-là peu concluante ! Avec un énième mensonge de House mais cette fois qui permet la réconciliation entre Dylan et Leona. Une belle fin, assez émouvante ! Comme quoi notre docteur sait se montrer bon et généreux envers son prochain (de tels actes ne sont pas si fréquents dans la série). Simplement, il le fait à sa manière : en étant ironique, méprisant, ou plus simplement froid.



Le cas secondaire arrache un sourire mais sans plus…

Au milieu de tout ça, le Huddy fait une belle avancée. D’abord, la tenue de Lisa Edelstein est diablement sexy, mettant bien en avant sa superbe poitrine et ses longues jambes. Elle a vraiment un physique aguicheur. Cuddy cherche un bon donneur de sperme et consulte House sur la personnalité des prétendants. Pour House, l’affaire est rapide : aucun ne convient. Le voir se déchaîner sur « 613 » est très réjouissant ! D’autant qu’il se paiera le luxe de convoquer ledit « 613 » sous un prétexte d’un ridicule énorme, et réussira à dégoûter Cuddy de sa présence. Il faut dire qu’on a rarement vu un benêt aussi hors-classe depuis longtemps ! Rien que sa bouille d’abruti déchaîne le rire ! On sent cependant que House semble être embêté de la décision de Cuddy de recourir à une fécondation in vitro. Il n’osera pas avouer qu’il a un faible pour elle et d’être tenu à l’écart de sa vie privée. Fait rare, il gardera le secret de Cuddy, alors qu’il ne l’aurait fait pour personne d’autre (même pas Wilson) : preuve de son intérêt.

Les deux scènes où House relève la jupe de Cuddy, caresse sa fesse avant de faire l’injection sont à déguster ! Sans compter que les deux fois, Cuddy vérifie à l’excès que personne ne peut les voir et leurs attitudes font penser à deux amants interdits s‘accordant une brève étreinte illicite. La tension sexuelle n’a jamais été aussi présente dans ces scènes très intimistes ! Dans la première scène, il « prolonge » la désinfection, histoire de la caresser plus longtemps et faire durer le plaisir. Dans la deuxième, Cuddy désarçonne House en envisageant de le choisir, lui, comme donneur ! Ce à quoi House répond prenez quelqu’un qui vous plaît. Rattachons ça à la scène finale, qui est un modèle de litote amoureuse : Cuddy (plus belle que jamais), les yeux humides par l’émotion, vient voir House, hésite, et le remercie pour les injections. House devine alors que ce n’est pas ce qu’elle a voulu dire, Cuddy confirme : elle est venue pour autre chose… et s’éclipse ! Elle n’a pas osé choisir House quoiqu’il l’ait deviné. Une remarquable scène Huddy d’une subtilité joyeuse !



Quant à la scène où Ingrid (la charmante America Olivo, déjà vue dans A bout de nerfs (saison 1)) fait le massage à House dans une position, euh… équivoque, elle est franchement hilarante ! Surtout quand Wilson puis Cameron le surprennent dans ladite position (Ce n‘est pas ce que tu crois !!!). Ca aurait été pas mal d’ailleurs si les deux autres docteurs étaient venus ajouter leur grain de sel !

On remarquera au début de l’histoire que le message répondeur de House est très accueillant envers ceux qui veulent le contacter ! Et que notre médecin favori s’adonne à la morphine, ce qui n’est pas sans rappeler le modèle Holmésien bien que ce soit ici à des fins thérapeutiques.

D.B.Sweeney n’a guère l’occasion de faire briller son talent. Un gâchis car il joue astucieusement les questionnements continuels qui torturent son personnage. Aasha Davis n’a aucun charisme dans cet épisode, son rôle se limitant à crier ou à rester silencieuse. Hugh Laurie se défend mieux mais lui aussi pâtit de la mauvaise écriture de l’ensemble malgré quelques vannes bien trouvées. Christopher Carley a la tête de l’emploi idéal pour incarner l’idiot massif de l’histoire ! Mais c’est finalement Lisa Edelstein qui a le meilleur jeu : étonnante de justesse, elle trouve de savoureuses expressions à chaque séquence, parvenant à laisser échapper quelques moments d’humour bienvenus. A l’aise dans les quelques moments de fantaisie qu‘elle a avec Hugh, très complice avec elle. On en redemande ! Les autres personnages sont en retrait.


Infos supplémentaires :

- Aasha Davis est sensée jouer la possible fille de D.B.Sweeney alors que les comédiens n’ont que trois ans d’écart !

- House n’aime pas Mozart (Wolfgang Amadeus). Personne n’est parfait…

- Wilson pisserait au lit d’après House. On se demande comment il est au courant…

- L’ami de House s’appelle Crandall comme la costumière Cathy Crandall.

- House fait référence au show Bill Nye, the science guy (1993-1998), émission scientifique pour enfants qui fut très appréciée. Nye est reconnu pour ses talents de pédagogue.

- House fait remarquer à Cuddy que le patient 613 a un « numéro juif ». En effet, La Torah compte 613 mitzvoth (ou « commandements » ) que doivent respecter les juifs. Les mitzvoth comportent 365 prescriptions négatives (nombre de jours dans une année terrestre) et 248 prescriptions positives (nombre de parties du corps humain). Le choix de ce numéro s’explique par la valeur du mot « Torah » en hébreu, qui en notation guematria classique (l‘alphabet hébraïque donnant aux lettres des valeurs numériques) vaut 611. Si on ajoute les deux premiers commandements du Décalogue que les juifs entendirent de Dieu lui-même, on obtient 613. D’ailleurs l’expression be Torah (« dans la Torah » ) vaut aussi 613.

- La chanson de l’épisode est Tipitina de et par Roy Bird.



Acteurs :

D.B.Sweeney (1971) eut un accident de moto qui mit fin à ses rêves de joueur de baseball professionnel. Il se tourna vers le théâtre (Broadway…) puis commença à apparaître au cinéma avec plusieurs films (dont deux sur le baseball), surtout au cours des années 90. Il a ensuite diversifié son activité en l’étendant à la télévision. Il a joué dans les séries Harsh Realm (9 épisodes), Au-delà du réel - l’aventure continue, Les Experts, Les Experts : Miami, Les Experts : Manhattan, Esprits Criminels (3 épisodes), 24 heures chrono (2 épisodes), Hawaï 5-0, Castle, The Event (6 épisodes), etc.

Aasha Devis (1974) a surtout fait sa carrière à la télévision. Elle a joué dans les séries Boston Public, Gilmore girls, The Shield, Urgences, Grey’s anatomy (2 épisodes), Castle, etc.




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46. House à terre : Dernier épisode de la saison 2.

Message  Dearesttara le Mar 8 Nov 2011 - 13:33

2.24 House à terre (No reason) : H H H H




- Tu as tué le type qui lui a vendu le flingue ?
- Elle s’est enfermée dans le garage et elle a mis les gaz.
- Alors vous avez tué celui qui lui a vendu la commande d’ouverture de la porte du garage ?


Alors que House et son équipe travaillent sur le cas d’un patient à la langue enflée, Jack Moriarty, un de ses anciens patients, entre dans le bureau et tire deux balles de révolver sur House ! House se réveille deux jours plus tard aux côtés de son agresseur, touché par un vigile et transporté dans la même salle que lui. House s’aperçoit que sa jambe est guérie mais que son cerveau a été atteint suite au traitement expérimental décidé par Cuddy. House, malgré sa faiblesse physique, veut résoudre le cas du patient à la langue enflée mais ce cas devient absurdement difficile et incompréhensible, d’autant que ses capacités intellectuelles commencent à flancher et que Moriarty se comporte étrangement. Bientôt, House n’arrive à plus à distinguer le réel de l’imaginaire…



Quand Dr.House rencontre Inception

Et voici mon épisode préféré de toute la série !!! La saison 2 se termine en feu d’artifice avec ce brillant scénario à tiroirs, multipliant fausses pistes et illusions, mélangeant sans cesse réel et illusion. Et perdant le spectateur dans un labyrinthe logico-sémantique stimulant au plus haut point ! D’autant qu’à sa manière, l’épisode revisite le principe du verrou temporel (Daybreak n’est pas si loin) que House doit absolument briser pour sortir de cette situation ubuesque ! Cet épisode écrit et réalisé par David Shore, le créateur de la série, est un pic absolu. Il s’agit du meilleur scénario écrit pour la série !

La spectaculaire introduction voyant House se faire tirer dessus est particulièrement impressionnante et réaliste, renforcée par le jeu menaçant et tendu d’Elias Koteas. Mais après ce début en force, on ne sait pas trop quoi citer tant les scènes qui s’enchaînent à vive allure sont autant de petits trésors. La première scène frappe déjà assez fort avec House sortant de son coma qui ne trouve rien de mieux à faire de se moquer de Cameron et d’avoir des nouvelles de son patient, se foutant comme une guigne de ce qui lui est arrivé et encore moins du mobile du tueur ! Ce qu’il veut, c’est résoudre ce cas, un point c’est tout !

Tout comme le fameux Lundi des X-Files, cet épisode de piège temporel est parsemé de scènes d’humour à croquer (sans oublier des piques sémantiques pas loin du burlesque, qui détournent entre autres... la Sémantique ! [You, anti-semitic bastard !]) Mais à la différence de Vince Gilligan, Shore mise autant sur le comique que sur le sérieux, avec un épisode mélangeant à merveille les deux atmosphères :

Le cas médical de « Harpo » comme le surnomme House devient rapidement d’une absurdité démente ! Tous les tests sont négatifs ! Et tout au long de l’épisode, s’enchaînent des discussions de l’équipe qui ne savent quoi penser, donnant un savoureux comique de répétition. L’état du patient devient tellement catastrophique qu’il en devient comique, surtout lorsque son œil gauche est expulsé de son orbite (scène bien gore) ou lorsqu’un de ses testicules gonfle jusqu’à explosion, Chase recevant le sang (et sans doute autre chose) de « l’accident ». Le patient est décidément dans un sale état, avec sa grosse langue, sa figure borgne, son visage tout rouge et son corps mutilé de partout qui implose de l’intérieur. On se prend à rêver de ce que Temperance Brennan (Bones) ou Dana Scully (X-Files) auraient dit si elles avaient dû autopsier le corps…



Les symptômes deviennent tellement abscons que House envisage les possibilités les plus débiles qui soient (le patient n’est pas humain, son corps n’en est pas un, aucun appareil ne marche…), symptomatique de la confusion qui s’est emparée de lui et que les piques faussement innocentes de Moriarty n’apaisent pas.

Cuddy, grâce à un traitement expérimental, a réussi à guérir la jambe de House. House qui ne le savait pas est hors de lui : sa jambe est guérie mais ce n’est pas pour lui une bonne nouvelle, sa patronne l’ayant soumis à un traitement qu’il n’avait pas demandé ! Pire, un effet secondaire dévastateur brise la guérison de sa jambe : son cerveau déraille et Moriarty le lui en fait prendre conscience : son équipe n’est pas plus intelligente que d’habitude, il est simplement plus bête. Horreur de House : c’était son cerveau qui était sa raison d’être. Le fait d’avoir retrouvé l’usage de ses jambes est illusoire comparé à cette immense perte (Je suis un cerveau Watson, le reste de mon corps n’est qu’un simple appendice comme dirait Holmes dans La pierre de Mazarin).

La première hallucination de House (parlant avec une morte) est terriblement inattendue, d’autant qu’elle est mise en scène comme étant « normale ». Cet affrontement à fleurets mouchetés entre House et la belle Judy qui le perce à jour en moins de deux nous surprend car House n’a aucune prise sur elle, qui sait d’avance ce qu’il va dire. Une scène forte où son âme mise à nu n’offre aucune défense. Mais nous ne nous attendons pas aux autres hallucinations qui se multiplient de plus en plus sans que nous ayons vu tout ça venir malgré quelques indices étranges (comment House a-t-il pu sortir de l’hôpital ? Comment s’est-il libéré des menottes ?…). Du coup, le labyrinthe infernal se referme aussi sur le téléspectateur, prisonnier de ce scénario en vase clos. Plus nous avançons, plus nous prenons conscience que House passe de plus en plus de temps dans l’imaginaire, et que le réel le fuit en permanence. Témoin la scène où deux hallucinations s’enchaînent immédiatement alors que nous en avons conscience. Voir House et Moriarty manger tranquillement dans un restaurant en blouse de malade est d’un surréalisme tordant, car en réalité, ils ne sont pas là et seul House parle, Moriarty devenant son double, l’interrogeant sur le sens des réalités et de la vie avec des dialogues merveilleusement écrits, jamais pompeux. D’ailleurs la question quant à savoir quelle est la définition du réel, comment le reconnaître et si ce que nous appelons réel n’est pas en fait un imaginaire crée par quelqu’un, sur la nature exacte de ce qui nous entoure, n’est pas sans rappeler un autre classique du verrou temporel : Peine Capitale, épisode de La Quatrième Dimension qui en reprend quelques thématiques.
House se perd dans la confusion, et envisage de se retirer du cas, ce qui ne lui était encore jamais arrivé…



Parlons de Moriarty (un nom très Holmésien), un excellent interlocuteur, dont la femme s’est suicidée en partie à cause de House. Etant son Némésis, il sait qui il est. Il sait qu’il méprise l’humilité et qu’il ne veut pas avouer que ses actions ont des conséquences. Toute personne « responsable » est coupable aux yeux de House. Seule la Vérité compte, tant pis si elle fait du mal. Il le dépeint comme un homme qui hait le genre humain. Pour fuir à tout prix cette appartenance, il ne respecte pas les règles de la société qu’il juge iniques. Ce sentiment de révolte permanent fait presque de lui un néo-Numéro 6. Mais la ressemblance s’arrête là car House les remplace par ses propres règles, guère meilleures.

Devinant qu’il n’a pas de respect pour ses « larbins », il lui fait prendre conscience que, privé des ressources de son cerveau, ils se montrent aussi bons que lui bien qu’il arrive toujours à savoir ce qu’ils vont dire à l’avance (normal : quand il est en mode hallucinatoire, le trio n’est qu’une émanation d’un autre double de House). Aussi, les diagnostics différentiels, qui tournent toujours court, ne se passent pas comme d’habitude et on sent comme un malaise général. Tout ceci fait que House est comme devant un miroir de son âme qu’il refuse de regarder mais qu’il ne peut empêcher d’entendre (scène où il tente de dormir mais où la voix de Moriarty s’immisce dans sa tête). Pire, Moriarty le convainc que s’il veut sortir de son verrou temporel, il doit continuer de ne pas agir et laisser son équipe le faire à sa place, lui faire confiance. Car eux ne sont pas malades et pourront savoir quand House délire. Ainsi, House saura à temps s’il hallucine ou non. House doit donc mettre sa foi en eux ! On imagine le déchirement !

En fait, House se fait manipuler. Il ne voit pas que Moriarty cherche à le bloquer dans cette situation sans issue. En s’empêchant d’agir, House se prive de la possibilité de résoudre ce problème ! Machiavélique Moriarty qui vérouille House dans sa prison mentale tout en lui faisant croire qu’il l’aidera à s’évader !

La séance de psychologie avec Wilson est encore plus réussie : Wilson dit que si House n’est pas heureux d’avoir retrouvé sa jambe, c’est que son handicap avant le définissait et était partie intégrante de sa personnalité qui est extrêmement originale : le martyr qui souffre mais ne tire aucune leçon de ses souffrances. Sa jambe guérie, que devient-il ? House n’assume pas son handicap, il le nie ! Et pire, House se transforme en froid calculateur, rationnel et carré dans une logique pure sans faille pour ne pas montrer ce qu’il y’a d’humain en lui. C’est un ordinateur, pas un homme. Platonicien à l’excès, il supprime tout matérialisme pour se concentrer uniquement sur ses jeux intellectuels que sont la recherche d’un diagnostic. Mais il supprime aussi toute possible légitimation de son comportement en dénigrant spiritualité ou applications de principes moraux, il n’en a aucun ! Cet amour de l’anti-conformisme jusqu’àu pathétisme est une excellente définition du personnage. Mais la séance vire à l’interrogatoire quand House comprend que Wilson était de connivence avec Cuddy, s’enchaînant à la scène du bureau de Cuddy avec House lui criant dessus puis en frappant Wilson ! Cette séquence est d’une intensité dramatique à couper le souffle, avec des angles de caméra bizarres et véloces comme une réalité qui commence à perdre pied. D’autant qu’elle prend fin de manière génialement ironique !



La Mort semble alors se profiler. Piégé dans ses niveaux oniriques à rendre fou, House ne sait plus comment sortir de la frontière séparant réel et imaginaire, allant sans cesse de l’un à l’autre jusqu’à ce que son cerveau trouve une porte de sortie. Il enchaîne les hallucinations à tel point qu’on ne sait plus trop où on est. Moriarty lui dit alors qu’il n’a plus aucune raison de vivre : pour House, la vie n’a aucun but, et tout ce qui a de bon en lui, il le méprise et son cerveau grillé lui enlève tout. Alors pourquoi vouloir encore vivre… House se voit alors dans une voiture, avec à son côté l’épouse morte du patient. House comprend qu’on l’invite à franchir le grand passage, à accepter la mort. Cette scène de passage, avec une sale lumière rouge à l’arrière est lugubre. Et seule la scène du bus de Dans le cœur de Wilson (saison 4) ira encore plus loin dans l’émotion. La voix douce de Moriarty sur l’inanité de sa vie l’affecte et il semble sur le point de renoncer… mais il arrive à la conclusion que tout ce qu’il fait en ce moment ne rime à rien (les inscriptions cabalistiques qu’il trace sur la vitre ne veulent rien dire) et par là, aperçoit la solution finale. Le twist final, avec un côté un peu Fight Club, arrivant dans les ultimes secondes, est particulièrement stupéfiant, nous faisant voir tout l’épisode avec un autre œil ! D’autant qu’il vient juste après la scène de « révélation » où House éventre sauvagement son patient devant son équipe pleine d’horreur (scène la plus gore de toute la série) !! Les tripes à l’air, le cadavre n’est pas beau à voir… d’autant que rien ne semble se passer. Dernier moment de doute, derniers instants d’angoisse, avant la délivrance… un suspense maîtrisé de bout en bout, y compris dans les tous derniers plans achevant l’épisode en suspens.

Les fans du Hameron sont à la fête avec deux scènes très suggestives. Dans la première, House défie Cameron qu’elle ne pourra pas le toucher car cela impliquerait « un contact physique trop sexuel »… mais elle le touche et l’échange de regards entre les deux est très révélateur : celui de Cameron est déterminé et presque noir mais la fascination qu’exerce House sur elle se lit bien. Tandis que House la contemple longuement, entre sarcasme et admiration, et dans ses yeux s’allume comme une flamme de désir. S’il paraît évident que House n’a jamais aimé Cameron, il l’a désirée, certainement. La deuxième scène est grandiose : House fait actionner la machine à microcoupures sur Cameron, allongée. Il la fait faire de courtes incisions sur la peau de Cameron qui ont presque l’air de caresses (d’autant que la machine a comme des doigts métalliques), effleurant sa peau, relevant lentement son chemisier ; ou bien de manière très sensuelle, fait sauter un bouton de sa veste, laissant entrapercevoir son corsage… une charge sexuelle intense se dégage de cette scène, aussi lourde de sens qu’une étreinte charnelle. L’art consommé de la métaphore est maîtrisé par Shore qui se surpasse ! D’autant que Cameron, les cheveux éparpillés comme après une nuit d’amour fougueuse a des attitudes presque extatiques pendant qu’un feu intérieur s’allume dans les yeux captivés de House… Génial !! Mais pas encore de baiser… rendez-vous dans Demi-prodige



Ah, au fait : De quelle maladie souffrait le patient à la langue boursouflée ? Parce qu’au bout du compte, on ne sait toujours pas de quoi il souffrait !

Elias Koteas est un très bon second rôle. Même s’il ne fait que parler, sa voix est agréable et il semble incarner une conscience de substitution pour House, et son visage est très expressif. Chris Tallman, en patient accumulant les emmerdes, est assez rigolo ! Mais c’est un épisode d’acteurs et la distribution principale est parfaite : Hugh Laurie fait une performance fantastique en homme subitement confronté à la perte de ce qui lui est plus cher, et perdu entre deux mondes. Tous les autres sont très bons mais on accordera plus d’attention à Jennifer Morrison qui a une vraie complicité avec Laurie lors de leurs scènes communes où elle apporte beaucoup d’ambiguité et de mystère… Une pensée pour Michelle Clunie en « épouse » qui exhale un mystère pénétrant et curieux et dont la scène avec House est tout en velours tranchant…

La réalisation de David Shore n’est pas sans être trop agitée : l’enthousiasme du débutant. Mais la fièvre permanente de son jeu de caméra est brillante dans un épisode aussi puissant, réussissant quelques plans ingénieux (travelling panoramique du bureau de Cuddy, zoom arrière et floutage de visage, application scolaire mais efficace du champ/contrechamp, très bonne direction d’acteurs). Bref, le créateur de la série montre qu’il est à l’aise derrière une caméra, de quoi regretter qu’il n’ait pas renouvelé l’expérience (Hugh Laurie se montrera moins adroit dans Personne ne bouge ! [saison 6]).



Infos supplémentaires :

- Première et unique réalisation de David Shore (sur un de ses scenarii), le créateur de la série. Il explique que « pour réaliser cet épisode assez barré, il fallait prendre quelqu’un qui n’y connaissait rien ! ». Deuxième épisode sans diagnostic final. Premier épisode où on voit House marcher normalement.

- Exceptionnellement, l’introduction se déroule en présence de House et de son équipe.

- Gregory House est né en Ohio le 11 juin 1959 selon le bracelet médical qu’il porte. Il s’agit également de la date de naissance de Hugh Laurie. House a les narines qui bougent quand il dort.

- Des membres de l’équipe ainsi que Hugh lui-même rougissaient lors de la scène où House utilise le robot pour « dépiauter » Cameron. Quelle pudibonderie !

- House, en parlant de Vince, le patient, le compare à Harpo Marx. C’est un des cinq frères Marx qui dans les films ne parlait jamais, se contentant d’un comique intégralement visuel.

- Hugh Laurie insista pour que la scène d’intro le montre en bonne santé, pour rendre un vrai contraste avec le reste de l’épisode. Elle fut difficile à tourner car le faux sang ne jaillissait pas au bon moment lors du coup de feu.

- La langue boursouflée est bien entendue une prothèse et l’aiguille à biopser une aiguille rétractable. Shore devait d’ailleurs jouer le chirurgien mais finit par refuser, arguant qu’il « passe mal à l’écran ». Cette scène fut tournée 8 fois !

- La femme (décédée) du patient s’appelle Judy dans le script. Il s’agit du prénom de la femme de David Shore. Sympa de la part de David !

- Le nom du tireur, Moriarty (le pire ennemi de Sherlock Holmes, modèle de House) est dans le script, mais jamais prononcé dans l’épisode : « C’était trop gros » prétend David. Pourtant, Wilson ne se généra pas pour mentionner une certaine Irène Adler (la seule femme qui tint en échec le célèbre détective) dans l’épisode Le divin enfant (saison 5). A noter qu’Elias Koteas fut le premier choix de David Shore pour jouer le personnage.

- Le plan partant du haut du restaurant mexicain pour aller jusqu’à House en train de parler est inspiré du premier plan du pilote (hors intro et générique) : Bryan Singer filmait les pieds de Wilson et House parlant pour remonter jusqu’à eux.

- Dans plusieurs plans de la scène du restaurant, on voit l’image de la « main de Dieu » (extrait du tableau La création d’Adam de Michel-Ange), un ajout fait par Shore.

- Robert Sean Leonard et Jesse Spencer faisaient semblant de marcher sur le tapis roulant : en marche, il était trop bruyant et couvrait le dialogue !

- Le dialogue House-Cuddy sur le seuil de la salle de consultation fut la première scène tournée de l’épisode. Ce simple dialogue convenait pour assurer les débuts de Shore derrière la caméra.

- 8 prises furent nécéssaires pour tourner le monologue de Moriarty avec House feignant de dormir !

- La scène du testicule qui explose est une idée de Lawrence Kaplow.

- Les trois robinets des toilettes marchaient véritablement, ce qui est rare dans un décor crée de toutes pièces !

- Shore avait envisagé de supprimer la scène avec Cameron étendue sur la table d’opération, mais l’équipe lui en dissuada.

- La machine à microcoupures (ainsi que le garage) a été inventée de toutes pièces spécialement pour l’épisode.




Acteurs :

Elias Koteas (1961), canadien d’origine grecque, a étudié à l’American Academy of Dramatic Arts puis à l’Actors Studio de New York. Il décroche par la suite beaucoup de rôles cinématographiques (près de 70 films), devenant un des acteurs canadiens les plus populaires, dont la notoriété s’étend grâce à son interprétation d’un scientifique pervers dans Crash de David Cronenberg, dont il est un comédien récurrent dans ses films (tout comme ceux d’Atom Egoyan). Jouant aussi au théâtre (Broadway…), c’est surtout au cinéma qu’il est le plus connu : Les Tortues Ninja, Bienvenue à Gattaca, La Ligne rouge, Zodiac, Two lovers, L’Etrange histoire de Benjamin Button, The Killer inside me, Shutter Island, etc. Son investissement dans le grand écran fait qu’il ne s’est pas beaucoup intéressé à la télévision. Il a joué dans Les Soprano, Traffic, Les Experts : Manhattan, etc.


Everybody lies !

(c) 2011 par Clément Diaz




FIN DE LA SAISON 2 !!!!!
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Re: Série "Dr House"

Message  Cetp65 le Mar 8 Nov 2011 - 18:07

Bravo Dear. Excellent travail. cheers
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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Mar 8 Nov 2011 - 19:15

Je confirme ! hi
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Mar 8 Nov 2011 - 19:53

Bravo Dear! cheers
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mar 8 Nov 2011 - 20:31

Merci à tous ! Embarassed Je vais faire une petite pause avant d'attaquer la saison 3... Very Happy

Voici le résumé de la saison :

2.01. Peine de vie (Acceptance) : ****
2.02. Leçon d'espoir (Autopsy) : ****
2.03. Culpabilité (Humpty Dumpty) : ****
2.04. Être ou paraître (TB or not TB) : **
2.05. Fils à papa (Daddy's boy) : *
2.06. La Course au mensonge (Spin) : ***
2.07. Partie de chasse (Hunting) : ****
2.08. Erreur médicale (The Mistake) : ***
2.09. Faux-semblants (Deception) : ***
2.10. Problèmes de communication (Failure to communicate) : ***
2.11. Désirs illusoires (Need to know) : ****
2.12. Casse-tête (Distractions) : ***
2.13. Confusion des genres (Skin Deep) : ****
2.14. Maladies d'amour (Sex kills) : ***
2.15. Bonheur conjugal (Clueless) : ****
2.16. Protection rapprochée (Safe) : ****
2.17. Douze ans après (All In) : ****
2.18. Insomnies (Sleeping dogs lie) : ****
2.19. House contre Dieu (House vs. God) : ****
2.20. De l'autre côté... (Euphoria. Part 1) : ***
2.21. ...Au suivant (Euphoria. Part 2) : ****
2.22. À la vie, à la mort (Forever) : **
2.23. De père inconnu (Who's your Daddy ?) : **
2.24. House à terre (No reason) : **** (meilleur épisode de la série entière)


P.S : S3, tu as reçu mon envoi sur hotmail ?


Dernière édition par Dearesttara le Mar 8 Nov 2011 - 20:33, édité 1 fois
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Re: Série "Dr House"

Message  Patricks le Mar 8 Nov 2011 - 20:33

Bravo Dear, je n'arrive pas à faire aussi long, sans doute parce-que les séries que je chronique ne s'y prêtent pas.
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mar 8 Nov 2011 - 20:36

Merci Patricks ! cheers

Bah, du moment que la qualité est au rendez-vous. La quantité importe moins ! Very Happy hein

Ca m'encourage à continuer !
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Top 5 de la saison 2

Message  Dearesttara le Mer 9 Nov 2011 - 14:50

Top 5 de la saison 2.


1. House à terre : Un scénario de rêve (!) mélangeant un cas médical exceptionnel, le thème du verrou temporel, les questionnements sur la réalité et sur nos désirs, les joutes rhétoriques, le monde de l’absurde, la frontière réalité-imaginaire, et du bon gore ! Une ambiance de cauchemar sans fin se dégage de cet épisode enchaînant les scènes de bravoure à un tempo effréné. Humour et tragédie sont savamment dosés dans cet épisode parfait, conclu par une chute retentissante !

2. House contre Dieu : La série aborde la question des miracles et de la puissance de la foi religieuse avec une intensité qui laisse pantois. Sans prosélytisme, la série nous offre un superbe duel spirituel entre le rationnel et l’inexplicable, grâce à des dialogues ciselés au millimètre !

3. Confusion des genres : Une attaque en règle contre le triomphe des apparences régissant notre monde via le mannequinat. Le cas médical est un des plus passionnants de la série, l’humour est dévastateur, les situations, de plus en plus insolites, et la chute spectaculaire est digne de La Quatrième Dimension !

4. …Au suivant : La deuxième partie d’Euphoria est un bijou de suspense féroce. L’obsession perpétuelle de la Mort maintient cet épisode dans un sentiment anxiogène débordant, en même temps qu’il est une haletante course-poursuite Hitchcockienne contre un redoutable ennemi inconnu. Composition hallucinante d’Omar Epps.

5. Bonheur conjugal : Un choix douloureux pour cette cinquième place. Leçon d’espoir, Partie de Chasse, Désirs Illusoires, Douze ans après, ou Insomnies la méritaient tous par la fulgurance et la pertinence de leurs propos. Mais Clueless se distingue par sa noirceur indélébile et tragique et par l’interprétation de Samantha Mathis, en état de grâce.


Accessits d’honneur : Désirs Illusoires, Douze ans après, Insomnies.
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Mer 9 Nov 2011 - 18:48

Patricks a écrit:Bravo Dear, je n'arrive pas à faire aussi long, sans doute parce-que les séries que je chronique ne s'y prêtent pas.
Bravo Dear. Je ne sais pas si la longueur est un facteur d'intérêt. Si on n'a pas vu l'épisode, un avis concis est plus utile. Si on a vu l'épisode, quelque chose de plus long permet de comparer ses idées.
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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Sam 19 Nov 2011 - 11:48

Laurie au Grand Journal
http://www.leblogtvnews.com/article-hugh-laurie-chante-hallelujah-i-love-her-so-au-grand-journal-video-89080115-comments.html#anchorComment
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Sam 10 Déc 2011 - 17:05

La saison 2 est en ligne! cheers

http://theavengers.fr/supplement/hors/drhouse_saison2.htm
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