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Série "Dr House"

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88. Cancer, es-tu là ?

Message  Dearesttara le Mer 16 Jan 2013 - 0:06

5.02 Cancer, es-tu là ? (Not cancer) :



Il est trop tard pour l’ablation de l’œil : le problème, c’est le cerveau, on va donc devoir vous enlever la tête (dégaine un hachoir). Pas de panique, ça fera pas mal !


Six patients ont bénéficié d’un don d’organes d’un même donneur cinq ans auparavant. Mais les quatre premiers viennent de décéder brusquement. Un vieil homme est proche de la mort, et une professeure de mathématiques est mal en point. House et son équipe doivent trouver ce que le donneur leur a transmis avant qu’ils meurent. Pendant ce temps, il engage Lucas Douglas, détective privé, pour espionner Wilson…


Malgré une légère surcharge de vocabulaire médical et une intrigue un rien confuse, David Shore et Lawrence Kaplow bâtissent un cas atypique riche en rebondissements et en révélations, un des plus fournis de toute la série ! Tandis que le Hilson est au fond du gouffre, l’entrée en scène de Lucas Douglas, nouveau personnage récurrent, est tout à fait réussie. Ce personnage à la fois intelligent et stupide, très drôle, mais assez exogène à la série, vole presque le show à House dès sa première apparition, caution comique dans ce cas assez dramatique. Les dialogues, vifs et habiles, se taillent une bonne place. En somme, encore une réussite !

L’introduction sort de l’ordinaire avec non un mais cinq patients tombant malades. Mais le cas retombe rapidement sur ses pieds avec une patiente principale. Dans Dr.House, il demeure rare de voir plus d’un patient par épisode.

Cet épisode rejoint l’essence de la série avec une enquête prenant toute la place. La kyrielle d’événements énigmatiques, confinant parfois à l’absurde, nous tient en haleine. Pas mal de scènes assez délirantes comme le saignement de nulle part, l’explosion du cadavre (Kutner Lagaffe est de retour !), L’hallucination de la patiente, House qui refait son numéro d’autiste It’s cancer ! qu’il répète durant 25 minutes. L’épisode n’oublie pas quelques scènes moins légères comme la violente dispute entre la patiente et l’épouse du vieil homme, ou quand nos idéalismes sont réduits en pièces à cause d’événements exceptionnels. Il y’a aussi la situation d’un comique très noir de cette patiente aveugle qui a pu voir grâce à une greffe… et qui regrette de voir un monde finalement « laid » ! On songe à la Symphonie pastorale d’André Gide, dont le thème est commun.



House, en forme olympique, casse une bonne série de règles éthiques à faire tourner comme une toupie Hippocrate dans sa tombe. Le diagnostic final n’est pas passionnant, mais est compensé par le miraculeux twist final, encore un dézingage en règle des apparences ! Felicia Day est très touchante dans le rôle de cette patiente perdue au milieu de ses illusions, même si le fan de Buffy attendra inutilement qu’elle dégaine un pieu ou une batterie de couteaux.

Lucas Douglas est la grande attraction de l’épisode. Aussi minable en déguisement que perspicace, il est résolument orienté humour. Michael Weston est un interprète de premier choix pour ce personnage qui dissimule sous sa bonhomie et ses idioties un esprit de synthèse de premier ordre et une excellente connaissance de la psychologie humaine, point sur lequel il réussit même à battre le chevronné House ! Douglas est cependant le fruit d’une imagination qui commence à se tarir. Il est bien trop exogène à la série dont le trop exigeant cahier des charges, tenu vaillamment pendant 87 épisodes, commence à devenir trop rigide. Il est le premier indice de la,difficulté pour Dr.House à se renouveler.



Pour l’heure, les dialogues chocs se multiplient (Shore a véritablement un don pour les échanges profonds et acérés) grâce à son intervention. C’est surtout les sarcasmes de House face à son « efficacité » qui font rire. Douglas encaisse stoïquement toutes les ironies de House, et en retour, le décrit psychologiquement avec une précision si stupéfiante que même le diagnosticien en reste muet. Douglas apparaît ainsi comme un cousin éloigné de David Addison de Clair de Lune, par son mélange d’incompétence et d’intelligence, ainsi que par son débit très rapide. Le running gag de ses honoraires très très très élevés est amusant aussi.

Mais sous la couche de rire, Douglas brosse un portrait évidemment peu optimiste de l’être humain. Même les spécimens les plus intelligents comme House se laissent aller à des erreurs de jugement et de décisions absolument grotesques. La scène comico-dramatique du camion de glaces où Weston joue à merveille le faux résigné, est tout à fait significative. Surtout lorsqu’il détaille notre capacité à vouloir ignorer les choses les plus importantes ou qui le paraissent à nos yeux. Leurs discussions prennent des allures de cours de psychologie appliquée, où chaque comportement humain est passé au crible. Véritablement passionnant et sans vantardise.
A l’inverse, Douglas est un homme d’éthique incapable de mentir, point sur lequel House est ceinture noire 123e dan. Il montre une sensibilité féminine comme sa compréhension, sa pudeur, et sa timidité (l’hilarante scène de la filature pas discrète de la jolie fille), et ainsi se démarque de House qu’il ne rejoint que par sa résignation devant les choses de la vie. On comprend sa future romance, qui s'ébauchera dès l'épisode suivant.



Le Hilson sombre dans un gouffre qui semble sans fond. L’unique scène entre House et Wilson est d’une grande intensité. Elle était préludée par la première scène de l’épisode où House, n’écoutant que d’une oreille le diagnostic différentiel, tentait de se convaincre qu’il pouvait très bien vivre sans Wilson, et tenter de se trouver un nouveau meilleur ami (la scène avec le candidat à ce titre est un pur massacre comique). Héraut de la vérité, House ne peut nier ses propres sentiments, et sa visite à Wilson, derrière le prétexte médical, ne cache en aucun cas son désir de se réconcilier avec lui. Mais il subit une véritable leçon d’humilité (pour ne pas dire d’humiliation) quand Wilson lui claque la porte au nez. Le patient de Mirror, Mirror (saison 4) avait raison : Wilson domine House dans leur rapport d’amitié. Ce dernier, à la onzième heure, se retrouve désarmé et sans ressources face à cet abandon. Les interprètes sont parfaits, tout semble bloqué dans une impasse.

Comme naguère dans Des maux d’amour (saison 1) où House masquait à Cameron son désir sexuel en se montrant cassant, il cache ses élans d’amitié en restant pareillement cynique et méprisant envers Wilson. Il est incapable d’avoir une relation « normale » et saine avec quelqu’un. Lui qui s’en félicitait, voilà qu’il en paye le prix.
Châtiment sévère mais juste. Ce ton presque funèbre réussit décidément bien à la série.




Infos supplémentaires :

- House aime bien le thé à la menthe. Surprenant, car à la fin de Démission… (saison 3), il prétendait détester le thé. Une résurgence de britishness, Hugh ?
- Premier épisode avec Lucas Douglas (Michael Weston).
- Jennifer Morrison (Cameron) n'apparaît pas dans cet épisode.
- Dans l’introduction, du sang coule des oreilles du boxeur K-O. Quelques plans plus tard, il n’y a plus de sang.
- La chanson de l’épisode est You might die trying par le Dave Matthews Band.



Acteurs :

Felicia Day (1979) s’est fait connaître en jouant le rôle de Vi, une Slayer potentielle dans le dernière saison de Buffy contre les vampires (8 épisodes). Elle a joué ensuite dans Monk, Three rivers, Lie to me, Dollhouse (2 épisodes), Supernatural (2 épisodes), Eureka (18 épisodes), etc. Ainsi que d’autres séries inédites telles The légende of Neil (11 épisodes), Dragon age : Redemption (6 épisodes), etc. Elle a créé et interprété la série The Guild (63 épisodes) qui fut bien accueillie par le public et par la critique. Elle n’a fait que peu de cinéma.



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89. Flou artistique

Message  Dearesttara le Jeu 17 Jan 2013 - 0:39

5.03 Flou artistique (Adverse events) :




Le test fonctionne : votre cœur ne répond plus. Mais c’est cool : vous êtes toujours vivant !


Brandon, jeune peintre en difficulté financière, a une agnosie visuelle : il voit la réalité sous forme d’images déformées. House devine rapidement qu’il teste en tant que cobaye des médicaments expérimentaux pour gagner sa vie, ce qu’il cache soigneusement à Heather, sa petite amie. Il doit trouver quel médicament cause son état. Grâce aux renseignements de Douglas, House informe Taub que sa femme a ouvert un compte en banque secret, ce qui le perturbe grandement. Enfin, Douglas semble très attiré par Lisa Cuddy, entraînant quelques conflits d’intérêts…


A partir de cet épisode, la saison commence à s’intéresser davantage à la vie privée des médecins (Taub, bientôt Numéro 13 et Cuddy), point jusqu’alors judicieusement peu évoqué. Dans cet épisode, ce n’est pas trop gênant grâce à une astucieuse réflexion sur la vie de couple et les idées fausses qu’elle inclut, sans oublier un humour décapant. Mais on sent l’orientation mélodramatique que va prendre la série dans cette première moitié de saison, qui sera complètement hors-sujet. Le scénario en freelance de Carol Freed et Dustin Paddock est ainsi quelque peu entaché, mais le cas est intéressant, et Douglas continue son hilarant numéro. Bref, un bon épisode !

L’enquête médicale a la faiblesse de ne tourner que sur une seule idée : l’intermittence des symptômes : le comique de répétition du patient (Breckin Meyer, correct) qui souffre, puis qui va mieux, qui souffre, qui va mieux, etc. obscurcit très bien le cas, mais a ses limites. Les diagnostics différentiels sont assez plaisants, notamment l’excellente métaphore du batteur des Beatles, ou les fulgurances ironiques de House. L’épisode s’attaque par ailleurs aux expérimentations inquiétantes des laboratoires pharmaceutiques, exploitant cyniquement ses cobayes (souvent des jeunes personnes en situation pécuniaire délicate) en jouant avec leur santé. Certes, ce procédé existe depuis des siècles, mais reste éthiquement douteux.

Le patient et sa petite amie n’ont en soi que peu d’intérêt, ils servent surtout d’occasion pour la série d’adoucir son pessimisme en montrant finalement un couple plus robuste qu’il n’y paraissait. Elle demeure cependant fidèle à son credo : en couple, on ne connaît pas bien l’autre. Elle va même encore plus loin en affirmant que la vie matrimoniale influe sur vos propres valeurs, sur vos idéalismes, avec des résultats négatifs, parfois désastreux. Dr.House reste cruellement réaliste sur ce point.



Exploitant plus avant la question posée dans Trop gentil pour être vrai (saison 4), l’épisode pointe le cas bien fréquent de la pression subie par un des membres du couple, qui, soucieux de plaire à tout prix à l’autre, terrorisé par la peur de le décevoir, s’enferme dans une logique perfectionniste et stressante. Prisonnier du regard élevé dans lequel il croit qu’Heather le considère, Brandon met sa santé en danger pour rapporter des revenus substantiels en les faisant passer pour ses ventes de tableaux (en fait au point mort). Se sentant par ailleurs indigne d’être aimé par une femme aussi belle - Marika Dominczyk est en effet un vrai canon de beauté - il veut montrer qu’il est un provider, un homme pouvant assurer son confort matériel, pour compenser ce cadeau de la vie qu’il se sent indigne d’avoir. Il ne croit pas ainsi en l’amour de sa compagne, la peur d’être inférieur le ronge. Le fait qu’il soit « artiste » ne compte pas dans la mesure où ça ne lui rapporte rien.

Pourtant, Heather n’est pas aussi superficielle qu’il le croyait. Heather aime Brandon pour ce qu’il est et non pour ce qu’il voulait faire passer. A la différence des autres couples de la série, ravagés lorsqu’ils découvrent la face cachée de l’autre, ce couple tient bon, même si la fin laisse un goût amer, Brandon n’ayant pas eu confiance… et qui pourrait le lui reprocher ? Cette peur est si naturelle…



La solution Chris Taub est finalement la meilleure : l’absence totale de romanesque dans son couple ne laisse pas de place au rêve, le rend trop sérieux et guindé, mais lui permet de tenir. Après avoir été entrevue à la fin de … Dans le cœur de Wilson (saison 4), Rachel Taub entre en scène. La charmante Jennifer Crystal Foley convient à ce rôle. Chacun respecte le jardin secret de l’autre, fait des compromis intérieurs pour satisfaire l’autre sans se renier, et ainsi vivent relativement heureux. La scène du dîner est formelle et semble dénuée de vraie complicité. Pourtant, la surprise finale montre en réalité que le couple Taub s’aime véritablement, mais la sobriété de leurs caractères font qu’ils ne le montrent qu’implicitement, ou bien lors d’une « grande occasion » comme ici. Ils déjouent ainsi le pronostic - pessimiste bien entendu - de House qui pensait que sa révélation sur le compte bancaire secret fêlerait l’harmonie du ménage. Taub, qui ne se démonte pas, exigera des excuses à House pour son comportement inacceptable, et ce dernier - même si c’est du bout des lèvres - s’y pliera, ce qui est un événement assez rare pour être noté ! Même si la révélation que s’apprète à faire Taub de son infidélité passée devrait compliquer la donne.

De plus en plus, Lucas Douglas fait figure de clown. En dehors des secrets plus ou moins drôles qu’il révèle, il acquiert une nouvelle dimension en tombant raide dingue amoureux de Cuddy. Il se met à la courtiser avec une maladresse à pleurer de rire. Dès leur première rencontre, il ne se montre absolument pas fin, confirmant ses difficultés avec les femmes. Encore plus drôle, la scène où Cuddy le surprend en train de fouiller dans son bureau. Résultat, un échange complètement dément où Douglas veut lui montrer que ce geste peu légal est le témoignage de son attirance pour elle. Cuddy hésite entre consternation et contentement d’être l’objet de tant d’attentions : elle veut se montrer sévère, mais par un body language à contrecourant, Lisa Edelstein montre brillamment la confusion de son personnage. Michael Weston est décidément parfait en imbécile sympathique, qui n’hésite pas à laisser son cœur prendre le devant sur son travail : à la clé, un conflit d’intérêts pas du tout raccord avec son professionnalisme puisqu’il est prêt à trahir son employeur !



On atteint un nouveau sommet lors de leur « rencard » avec notamment le gag énorme de la photo de House étudiant en tenue de… pom-pom girl !! La question de savoir si la photo est truquée ou pas dépasse le simple gag direct, car entraîne un enchaînement de rebondissements révélateurs des pensées des personnages : si Douglas croit qu’elle est fausse, pourquoi prend-t-il le risque de la lui montrer sachant qu’elle pourrait découvrir la supercherie ? Si Cuddy sait que Douglas se verrait obligé de maquiller des preuves, pourquoi a-t-elle accepté de lui faire confiance ? Finalement, c’est House qui se montre le plus malin, il connaît si bien Cuddy qu’il sait comment la manipuler, et y réussit une fois de plus ! Cela donne une perspective intéressante : bien que Cuddy soit en ce moment pas indifférente à Douglas, on voit qu’elle idéalise House, qu’elle le voit comme un être sérieux et responsable, incapable de s’écarter du chemin qu’il s’est tracé. L’idéalisation de la personne étant caractéristique des premiers moments de l’amour, voilà bien un très fin indice Huddy !

Comme coda, nous avons droit à une interprétation de première classe par Hugh Laurie (à la guitare) et Michael Weston (au piano) du rythmé Drown in my own tears d'Henry Glover. Enjoy !




Infos supplémentaires :


- 13 a contracté un prêt à 12%. Elle a un abonnement à un club de gym.

- Kutner est dans le livre des records pour avoir rampé dans un couloir de 30 km de long sur 50 cm de haut. Mais ce n’était pas pour « impressionner les minettes ».

- Cuddy aime les sandwichs à la mayonnaise, est toujours en contact avec sa mère, fait des dons à Amnesty International, aime le film Le patient anglais (1996), et aime les roses. Elle a une sœur.

- House a été pom-pom girl au lycée, une fille lui a fait perdre la tête.

- Le titre de cet épisode et la profession du patient principal font penser à une histoire des Zinzins de l'espace dans lequel Gorgeous se découvre une passion pour la peinture mais se fait voler ses toiles par un locataire spécialisé dans cet art. Le titre fait aussi penser à une chanson de Louis Chedid Ainsi soit-il sortie en 1982. La notion de flou artistique figure dans les paroles.

- Dans l'introduction, il y'a tantôt un coussin contre les hanches du modèle, tantôt non.

- Référence à Trainspotting (1996) lors d'un diagnostic différentiel.

- Jennifer Morrison (Cameron) n'apparaît pas dans cet épisode. Robert Sean Leonard (Wilson) est également absent de l'histoire. C'est la première fois de la série qu'il ne participe pas à un épisode.

- Outre le morceau final, on entend la chanson First Brain de Kaki King.



Acteurs :

Breckin Meyer (1974) est avant tout un acteur de cinéma, qui a tourné dans plus de 50 films. On a pu le voir notamment dans Clueless, Studio 54, Garfield 1 et 2, Pinocchio, La coccinelle revient, Hanté par ses ex, etc. Il est également scénariste, ayant écrit des épisodes des séries Robot Chicken ou Men at work, etc. Grand ami de Drew Barrymore qui contribua à lancer sa carrière, il est également un batteur estimé.

Marika Dominczyk (1980) a joué dans les séries New York unité spéciale, Bones, Las Vegas, The unit commando d’élite, etc. ainsi qu’un rôle récurrent dans Brothers & Sisters (10 épisodes). Cette actrice d’origine polonaise est l’épouse de Scott Foley, qui jouait le patient principal de Rencontre sportive (saison 1).



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90. L'origine du mal

Message  Dearesttara le Sam 19 Jan 2013 - 21:00

5.04 L’origine du mal (Birthmarks) :



- Je suis désolé pour votre père.
- Pas moi. La séquence émotion est finie ?!


House apprend la mort de son père. Peu affecté par la nouvelle - il le détestait - il voudrait bien se concentrer sur le cas d’une jeune chinoise adoptée qui a fait une crise alors qu’elle venait de retrouver ses parents biologiques - qui l’ont repoussée - en Chine. Mais il est drogué par Cuddy, et se réveille dans la voiture de Wilson qui le conduit à l’enterrement. House va tout faire pour saboter cette escapade…


Cet épisode est manifestement inspiré de l’excellent Pères et fils de la série Urgences (saison 4) où Mark Greene et Doug Ross se rendent en voiture à l’enterrement du père de ce dernier. Toutefois, la version de Dr.House est plus affûtée et percutante. Renommé parmi les fans, ce road-movie tonique et ironique, doublé d’un brillant cas médical à la résolution ingénieuse et sophistiquée - on se croirait presque chez Agatha Christie - est un des grands épisodes de la série. Malgré le sujet grave, l’épisode se tient dans une ambiance indissolublement comique, ne s’autorisant que de brefs mais denses moments dramatiques comme le splendide éloge funèbre de House, ou les tourments de la patiente. Le Hilson reconquiert le terrain perdu de manière magistrale, avec une lente mais sûre réconciliation, jusqu’à la superbe scène finale.

Comme souvent, le cas médical et l’histoire secondaire sont liés. Ici, ils sont presque indissociables avec la corrélation entre l’adoption de la patiente et le propre drame de House, confronté à la mort d’un père qu’il soupçonne ne pas être biologique.
Commençons par la patiente (la jolie Samantha Quan). Son cas est intéressant. En effet, les différents problèmes vécus par House l’empêchent de s’occuper du cas, même à longue distance. D’où une nouvelle fois, une certaine liberté accordée aux « larbins ». On apprécie particulièrement la division de l’équipe : faut-il se concentrer sur les symptômes ou tenter de décrypter l’énigmatique indice de House ? Ce débat permet d’étonnants échanges au sein du quatuor. Le suspense est assuré par sa série d’aggravations successives, ici en mode automatique, mais l’intérêt est ailleurs. Mention à la scène avec Chase et Cameron, un peu là pour justifier leur présence au générique, mais assez divertissante.



Le twist final est un des plus imaginatifs de toute la série, avec un enchaînement de déductions digne d’Hercule Poirot, menant ainsi à une des plus improbables « maladies » (faute d’un meilleur terme) vues jusque-là ! Il est en même temps d’une terrible amertume, les parents adoptifs devront désormais vivre avec une fille totalement différente de celle qu’ils croyaient connaître, tandis que les parents biologiques ont tout simplement voulu la tuer à la naissance ! Pas sûr que le retour à la vie se fasse dans la joie et la bonne humeur…

Les premières scènes sont tout à fait dans le ton ironique de la série, avec le quatuor et Cuddy qui veulent consoler House, pas loin de se réjouir de la mort de son paternel. Cette situation décalée donne lieu à d’acérés « Housisms ». Elle ne se dénoue qu’avec le culot d’acier de Cuddy qui drogue le café de House qui se réveille… dans la voiture de Wilson !! La première étape de ce petit trip est hilarante : Wilson serre les mâchoires, fronce les sourcils, lance des regards qui tuent, reste silencieux, pendant que House se perd dans des monologues pour meubler son grand moment de solitude.
Entre ces deux-là, c’est plus le froid polaire, mais le zéro absolu. Wilson a la rancune tenace, il est vrai qu’House ne fait rien pour améliorer leurs relations.

L’escale dans le parking lance plusieurs gags consécutifs avec House qui sabote tous les efforts de Wilson de repartir. Mais Wilson est prudent à l’excès, conservant tout un attirail de secours (les deux lampes torches, un des meilleurs gags de la série) pour parer à toute éventualité. Même House est estomaqué ! Ils engagent un ping-pong verbal tout à fait réjouissant (citation cocasse de Star Wars).



La scène centrale où ils se font arrêter par un shérif du genre à vous mettre la bite dans un tupperware si vous l’embêtez, est le clou de l’épisode, avec ce mandat d’arrêt surgi du diable vauvert, et une confrontation d’anthologie dans le commissariat de police. Nous apprenons alors comment House et Wilson se sont rencontrés, et on ne peut pas dire que c’est la manière la plus standard de rencontrer quelqu’un. C’est outrancier, c’est pas possible, c’est impensable, c’est House et Wilson. On comprend mieux pourquoi leur amitié est si originale et peut-être aussi pourquoi Wilson ne rechigne guère quand House lui demande de l’argent : la gratitude de celui que l’on sauve, quoi. Ce récit est très ambigu : House avait-il senti au fond de lui-même qu’il apprécierait cet être si différent de lui ? On peut le penser, tant House jure que c’est uniquement par ennui qu’il a fait ça. Encore une négation de son grand cœur, c’est tout à fait le personnage.

Ce récit est au fond émouvant, mais provoque rires sur rires avec les différents points de vue des héros qui ne cessent de se contredire ! Le shérif (Jack Conley, qui surjoue avec délices son rôle de dur à cuire) est aussi un sacré numéro, dépositaire d’une tradition bien rigide avec exaltation des bonnes valeurs américaines, en particulier la famille. C’est ainsi qu’il déclare sans sourciller qu’on a pas le droit de ne pas enterrer son père, c’est amoral. House, catastrophé, tente de sauver la situation en faisant passer Jimmy pour un hors-la-loi, et lui, un complice. Peine perdue, ils sont renvoyés à la lumière du jour. Doris Egan et David Foster jouent et gagnent à chaque coup !



Outre le plaisir de revoir la toujours juste Diane Baker, qui sous ses attentions maternelles, n’est pas dupe des sentiments de son fils, la scène de l’enterrement trouve sa juste valeur grâce à l’éloge funèbre de Greg, qui commence par balancer tout ce qu’il a sur le cœur (gros gros malaise !) avant de se rattraper et terminer sur un ton plus conventionnel. Dans le sourd sanglot qu’il réprime et son regard à la fois dur et triste, on mesure combien il a souffert de ce père peu chaleureux. Wilson ironise sur la fuite de son ami : pour ne pas subir une quelconque influence paternelle dans sa vie, il a adopté exactement le contraire de son comportement (John était un maniaque de la ponctualité, Greg pas du tout…) mais par là avouant quand même une « influence » ! Au fur et à mesure qu’il improvise ce discours - remarquablement écrit -, il constate qu’il a quand même hérité de l’abnégation de son père. Et qu’il lui doit en partie d’être ce qu’il est devenu, ce que pendant 40 ans, il n’a cessé de nier.

Les différents moments où House parle de sa relation avec son père sont féroces, la famille House était tout à fait irrespirable ! Wilson en est épouvanté. Jusque-là, lui et House s’étaient contentés de se vanner, mais frustration et fureur explosent soudainement lors de la scène de la chapelle, où chacun hurle à l’autre ce qu’il ne veut pas entendre. Cela jusqu’au « coup d’éclat » (également au sens littéral du terme !). Une scène brève mais « violente » comme rarement la série en propose. L’abcès est crevé, et la réconciliation - en deux temps - peut s’amorcer calmement, dans un processus tout à fait convaincant et presque émouvant. La réplique finale est un des rares laisser-aller de House à un sentiment « humain ». Tandis que Wilson le regarde enfin avec une certaine tendresse. Un grand moment Hilson !



La révélation sur le père de House était attendue mais donne naissance à une émotion inattendue. Même enfant, House était déjà House. Certain de ne pas être le fils de son père, il ne s’agit pas d’une idée né de son imaginaire enfantin pour fuir la réalité, comme le martelait Wilson, mais bel et bien un constat lucide, qu’on ne trouverait pas habituellement chez un jeune pré-ado. L’enfance de House était prisonnière déjà de sa grande intelligence qui exacerbait les rapports conflictuels avec ses parents. Le personnage reste mystérieux, et désespéré. Hugh Laurie est immense, mais Robert Sean Leonard ne démérite pas non plus. Ils sont les piliers de ce splendide épisode.


Infos supplémentaires :

- Second prénom de Wilson : Devon

- House apprend que son père adoptif a passé l'arme à gauche. D'après lui, son véritable géniteur aurait le même visage que Sean Connery. John House avait le deuxième doigt de pied plus long que le gros orteil, à la différence de Gregory.

- L'origine de la rencontre entre Wilson et House est révélée : House assistant à un congrès sans personne pour lui tenir compagnie avait payé la caution de Wilson, emprisonné pour avoir cassé un miroir après avoir échoué dans ses tentatives de persuasion (il voulait demander à un homme de cesser de repasser inlassablement le même morceau sur un juke-box qui s'avérait être celui de son second mariage soldé par un échec).

- Cinquième épisode avec House hors de l'hôpital. Premier où il s'absente contre son gré.

- Quand Wilson appelle sur le portable de House, la sonnerie est Dancing Queen d’ABBA. Quand c’est son équipe : MMMBop de Hanson. House aime boire du JT Cola. Il a une tâche de vin sur le cuir chevelu.


- Lors de la scène du vitrail brisé, le sandwich entre les mains de House change d’aspect. Et dans la scène de l’autoroute, on voit par la vitre quelques reflets du dispositif mis en place pour assurer le tournage.

- A noter le jeu de mots du titre original : birthmark désigne autant la marque de naissance de House, que l’influence laissée par son père sur lui.



Acteurs :

Samantha Quan (1975) est apparue dans beaucoup de séries à succès : Monk, Les Experts : Manhattan, Newport Beach, Médium, The Closer : L.A, Cold Case, Grey's anatomy, Les Experts : Miami (4 épisodes), Private Practice, NCIS Los Angeles, Castle, Bones, etc. Elle est davantage une actrice du petit écran que du grand.

Jack Conley est un des acteurs les plus renommés du petit écran américain. La liste de séries dans lesquelles il a joué est impressionnante (près de 80 titres !). Citons en vrac Profiler, Buffy contre les vampires (épisode Pleine lune), NYPD Blue (2 épisodes), FBI portés disparus, JAG (3 épisodes), Angel (8 épisodes), A la maison blanche, The Closer (2 épisodes), Esprits criminels, Grey's anatomy, Cold Case, Supernatural (épisode Le mal des fantômes), Les Experts : Miami, Mentalist, Les Experts (3 épisodes), Saving Grace (3 épisodes), NCIS (2 épisodes), Sons of anarchy (2 épisodes), etc.



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91. La vie privée de Numéro 13

Message  Dearesttara le Jeu 24 Jan 2013 - 0:42

5.05 La vie privée de Numéro 13 (Lucky Thirteen) :



Elle était avec la patiente à 3h du mat ? Un potin croustillant et un cas intéressant ; enfin, Dieu existe !


Numéro 13 a un coup d’un soir avec une inconnue. Mais pendant la nuit, son amante fait une crise hypotonique. A l’hôpital, Numéro 13 se comporte de manière curieusement froide envers elle. House s’intéresse de près à ce cas, car cela lui permet de fouiller dans la vie sexuelle de son employée. Pendant ce temps, il continue d’espionner Wilson avec Douglas, car il a l’intuition que Wilson a changé…


Après la vie privée de Taub, c’est celle de Numéro 13 qui est ici exposée au grand jour. Le scénario de Liz Friedman et Sara Hess (manifestement inspiré d'un épisode de la saison 3 d'Urgences : Le dernier verre) se montre plaisant à suivre. Si le cas a pour défaut d’être trop peu imprévisible, et que la patiente du jour manque de cachet, la bisexualité du Dr.Hadley joue sur deux points forts. L’occasion pour House de lui lancer quelques vannes bien lourdingues, et surtout un portrait mieux cerné de cette femme qui réprime de violents démons intérieurs derrière un masque de froideur. Il y’a aussi l’histoire secondaire avec Wilson, joli tourbillon de faux-semblants. Malheureusement, deux poisons s’infiltrent dans l’épisode, et vont contaminer les épisodes suivants : le rapprochement entre Foreman et Thirteen, et surtout surtout, le désir de maternité de Cuddy.

Pas mal de fans ont regretté la trop grande brièveté de la fougueuse introduction avec Numéro 13 et Spencer (le nom du personnage) qui se donnent à fond dans cette scène torride ! Au-delà de ces radotages d’obsédé, on note que pour la quatrième fois (Cherchez l’erreur, saison 1, Bonheur conjugal, saison 2, Une aiguille dans une botte de foin, saison 3), la série présente un acte sexuel qui dégénère. Cameron avait raison : Sex can kill ! Et on sourit en voyant Angela Gots interpréter une lesbienne, elle qui venait de jouer un rôle similaire dans cinq épisodes de The L Word !

L’enquête est menée modérément, peut-être d’une manière un peu trop indolente, car les scénaristes se concentrent visiblement sur le trio House-13-Spencer. Tout juste notera-t-on que les fausses pistes sont le meilleur atout de l’enquête (l’araignée, l’hypocondrie…) et que le diagnostic final est pas mal. Bref, un cas assez transparent.



Numéro 13 fait les frais de sa bisexualité, désormais publique : sourires entendus de ses collègues, et surtout, énormes vannes de House. Numéro 13 garde stoïquement la tête froide devant son déluge de plaisanteries, en particulier lors de la visite de l’appartement (avec Foreman, là pour vérifier qu’il ne lui « piquera pas de petite culotte »). Aussi l’hilarante scène de l’examen de Spencer par elle devant House qui s’incruste et veut poser des questions sur leur nuit commune. Spencer, pas aussi inhibée que 13, lui répond sans coup férir, jusqu’au gag immense du « 7/10 » qui atteint au cœur 13 qui pensait quand même être un meilleur coup !

La manipulatrice Spencer est gouailleuse à souhait avec House, mais en dehors, n’apporte pas grand-chose. Angela Gots est certes belle, mais son jeu trop sobre ne permet pas d’étoffer le grain de folie qu’on sent dans le personnage. Dans la scène où Numéro 13 ausculte son corps dénudé, d’un bel érotisme soft (on se prend à rêver de ce qui se serait passé si on était dans une certaine clinique de Miami), Spencer se montre par ailleurs bien tentatrice. Dommage que la série commette l’erreur de l’affadir en la réduisant ensuite à un rôle lacrygène.

C’est en se focalisant sur Numéro 13 que l’épisode convainc le mieux. Son attitude distante et frigide envers sa maîtresse nous laisse entrevoir sa personnalité instable. En réalité, sa maladie la condamne à une échéance plus brève que ce qu’elle croyait. Voyant que le temps la fuit, elle veut désormais vivre à cent à l’heure, et se dépenser sans compter. Enchaînant beuveries, drogues, filles d’un soir, tout en raccourcissant plus que de raison ses nuits de sommeil, elle tombe dans tous les excès que peuvent entraîner l’annonce d’une telle nouvelle. Le jeu trop retenu d’Olivia Wilde empêche de voir la violence intérieure du personnage, mais heureusement elle est à l’aise dans les scènes plus sensibles, affichant une belle complicité avec Angela Gots. Son visage fatigué, presque zombifié, est assez effrayant ! Surtout dans la scène où Cuddy la surprend en train de se « doper ». House sauve 13 des griffes de Cuddy mais c’est pour mieux la renvoyer ipso facto de son job !



House a compris que son employée était en train de s’autodétruire, et par là même de devenir moins efficace. Son enchaînement de déductions est impeccablement solide. Il espère que ce renvoi la fera réfléchir. Elle aura beau sauver la patiente d’un mauvais traitement administré, ou de rester plus longtemps avec elle, il reste ferme sur sa décision. Numéro 13 paye le prix de devenir une femme soumise à ses moindres pulsions naturelles. Cela ne rend que plus émouvant la relation plus affectueuse qu’elle s’accorde avec Spencer, elle qui ne veut jamais aller au-delà d’un one-night-stand. Un peu comme Robin envers Fran dans Airborne (saison 3).

Sa révolte contre son licenciement laisse la place à une résignation tranquille, comme lorsqu’elle décrit à Spencer comment elle mourra lentement et avec douleur. Il y’a un décalage entre l’horreur de sa tirade et son ton calme. C’est finalement en montrant toute sa générosité et sa passion qu’elle est de nouveau réembauchée, House voulait en fait simplement corriger ses excès par sa méthode franc du collier ! Mais ses efforts demeureront vains car la dernière image montre la doctoresse avec une autre maîtresse (la bombesque Helena Barrett, doublure de premiers rôles dans pas mal de séries). Numéro 13, plus accro au risque que jamais - elle mourra bientôt, qu’a-t-elle à perdre ? -, semble ne pas vouloir changer, et fait voler en éclats le happy end.



En filigrane, on n’oubliera pas la séquence psychologie offerte par Foreman et Chase, ce dernier disant haut et fort à son ancien collègue qu’il est « chiant » ! Et de justifier sa pensée dans une explication de texte tout à fait pertinente. Foreman, à force de puissance morale, a réussi à être plus stoïque, moins faible, ce qui le rend plus fort… et inintéressant. Chase lui fait remarquer que ce sont nos faiblesses qui rendent chaque homme intéressant, faute de quoi nous ne sommes que des automates. Comme House, il devient meilleur médecin, mais se déshumanise toujours plus.

Wilson n’a pas mangé le pain au lait offert gracieusement par House. Par conséquent, il a changé de vie, et House dépêche Douglas pour l’espionner ! Ce raisonnement est totalement incongru… et vrai. C’est ainsi que House apprend que son meilleur ami a désormais une maîtresse… qui est une prostituée qu’il veut sauver du trottoir pour qu’elle puisse reprendre ses études de droit ! C’est évidemment un gros clin d’œil à la série A la maison blanche où Lisa Edelstein tenait dans les premiers épisodes un rôle récurrent d’étudiante en droit qui devient call-girl la nuit ! Mais Wilson n’étant pas Sam Seaborn, la comparaison s’arrête là ! Douglas (toujours désopilant Michael Weston) apprend qu’en plus, il se drogue… ce qui amène House à une conclusion hilarante confirmée par l’intéressé ! La série adore jouer avec les faux-semblants. Le tour de cet épisode sera d’ailleurs réutilisé dans Quand le doute s’installe.



Foreman se montre solidaire en cachant à House la terrible lettre reçue par Thirteen, on sent une certaine attirance de Foreman envers la jeune femme, annonciateur de leur future relation, qui hélas sera davantage une faiblesse qu’une force dans les épisodes suivants. La fin est gâchée par la spectaculaire annonce de Cuddy qui pétrifie House, et fait grincer les dents des fans qui ne peut que voir l’orientation désastreuse que va prendre le personnage. Affaire à suivre dès l’épisode suivant.


Infos supplémentaires :

- Wilson aime bien les pains perdus. House prétend que sa première femme était unijambiste. Pourtant, quand on la verra dans la saison 6, on verra qu'elle a bien ses deux jambes ! Le fait que la deuxième femme de Wilson soit canadienne n'est donc peut-être pas à prendre au sérieux non plus. Wilson joue au bowling avec House le lundi, et au poker le week-end.

- Angela Gots est entièrement nue lorsque Numéro 13 examine Spencer pour voir si elle n’a pas été piquée. L’expression de surprise d’Olivia Wilde que l’on voit à l’écran n’est pas feinte : elle ignorait que sa partenaire ne serait pas habillée !

- En VF, cet épisode est un des seuls à contenir un nom de médecin qui n'est pas celui de House dans le titre.

- Numéro 13 souffre d'asthme.

- Erreur : Taub examine l’œil gauche de la patiente avec son ophtalmoscope tenu dans la main droite, et en regardant avec l’œil droit, alors qu’il devrait tenir l’instrument de la main gauche et regarder avec l’œil gauche.

- Taub surnomme Lucas « Mannix », référence évidente au détective privé éponyme de la série de 1967 ! House déclare pour sa part que pour faire pleurer un patient, il lui fait regarder Brian’s song. C’est un téléfilm de Buzz Kulik (1971) sur la vie fulgurante de Brian Piccolo, talentueux joueur de football américain (équipe des Chicago Bears) mort foudroyé à 27 ans par un cancer rare.

- Les chansons de l’épisode sont Cheap and cheerful de The Kills, Could we survive de Joseph Arthur, et Dark Road d’Annie Lennox.



Acteurs :

Angela Gots est surtout une actrice de télévision. Elle a joué dans les séries Terminator les chroniques de Sarah Connor, The L Word (5 épisodes), Eleventh hour, 90210 Beverly Hills nouvelle génération (4 épisodes), Les Experts : Manhattan, Mentalist, The Event (2 épisodes), Svetlana (14 épisodes), etc.


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92. Rêves éveillés

Message  Dearesttara le Sam 26 Jan 2013 - 12:38

5.06 Rêves éveillés (Joy) :


- Homme de 37 ans avec absences répétées.
- Dites-lui de passer de la tequila au bourbon, ça marche pour moi.


Jerry Harmon élève seul sa fille Samantha de 12 ans. Ce foyer semble dénué de joie tant tout est triste autour d’eux. Le père va à l’hôpital quand il commence à perdre toute notion de temps et de mémoire. L’équipe conclut bientôt qu’il dort sans s’en rendre compte ! Pendant ce temps, Cuddy rencontre Becca, la mère de son futur bébé qui va bientôt accoucher, mais les choses ne se passent pas comme prévu…


Episode lourd aux gros violons mélodramatiques à mourir d’ennui, Joy est un pur désastre. Trahissant effrontément tous les codes de la série, cette soupe fade a pour responsables une terrible erreur de casting, le massacre du personnage de Cuddy, une mièvrerie consternante, ainsi qu’un cas médical peu élaboré. Le choix de la production de construire un arc sur le désir de maternité de Cuddy est un contresens affligeant. David Hoselton, un des meilleurs scénaristes de la série, limite la casse tant qu'il peut entre moments franchement délirants et vannes expédiées par lots massifs, sans oublier une parfaite réalisation de Deran Sarafian. La coda, tout à fait imprévue, est à marquer d’une pierre blanche pour les fans du Huddy. Mais cela est bien peu, et l’épisode ne peut qu'obtenir un melon unique…

La photographie est inhabituellement plus froide et ce n’est pas un choix heureux car si elle convient dans l’introduction glaciale et frissonnante, presque à la Outer limits, elle ne va pas dans cet épisode. Un épisode comme Il n’y a rien à comprendre, ou la dernière partie de House divisé s’inscriront parfaitement dans ce parti pris, mais dans cet épisode loin de manquer de lumière, ça colle pas.

L’épisode commence fort avec la scène de ménage House-Cuddy où le premier doute un tantinet (euphémisme) des aptitudes maternelles de la seconde. Cuddy, toute réjouie de l’événement, gagne haut-la-main son ping-pong verbal. House ne va pas cesser de se moquer de Cuddy, que ce soit le débile tableau des paris - piste hélas insuffisamment exploitée - les ironies bien méchantes, ou son foutage de gueule quand il donne un conseil et son contraire. Bref, tout baigne !



Là où on accroche moins, c’est le cas médical. Par un malheureux reflet, il se révèle aussi atone que les patients. L’unique expression faciale affichée par les Harmon est volontairement pesante, mais cela du coup les prive de toute profondeur et d’activité, alors qu’une des clés de la série est que les patients sont généralement aussi intéressants que les enquêtes dont ils sont l’objet. Le duo inattendu Taub-Numéro 13 donne cependant lieu à de plaisants échanges, cette fois sur les liens familiaux, qui peuvent être de véritables poisons. Aussi pessimiste que House, Taub demeure tout de même terriblement sympathique et est toujours une valeur sûre pour la série. Toutefois l’ébouriffante scène où 13 se transforme en (très exigeante !) amatrice de coke auprès d’une dealeuse assure un décalage comique rafraîchissant ! L’épisode pointe au passage les dangers des drogues coupées avec d’autres produits, parfois plus dangereux que les « pures ». C’est pas Nancy Botwin qui dira le contraire…

Le cas avance à un rythme traînant, les diagnostics différentiels sont vaseux, les rebondissements font flop, et seul House en mode je-vanne-tout-ce-qui-bouge a un certain intérêt (la pomme de Wilson, excellent gag). Les surprises occasionnées par le somnambulisme inconscient de Jerry puis de Samantha ne tiennent pas sur la durée. On est surpris que notre équipe n’ait pas remarqué l’absence de joie des patients, ça aurait dû leur mettre la puce à l’oreille ! Mais le twist final, un des plus géniales illusions de la série, est un tour de force que l’on applaudit après 35 minutes de recherche platounettes. Il autorise un happy end surprenant mais amoindri par la conclusion tragique de l’histoire de Cuddy.



Bon, venons-en à Cuddy. C’est tout simplement une catastrophe intégrale. La tonique directrice d’hôpital se transforme en candidate-mère inquiète et apeurée. Le personnage s’effondre totalement, ne devenant plus qu’un artifice tire-larmes pompier et pompant. La discussion dans le bar tourne en rond avec ses répliques convenues et le jeu super faux des actrices. Lisa Edelstein ne fait certes que jouer ce qu’on lui dit de jouer, mais c’est quand même casse-pieds de la voir faire n’importe quoi.

Plus faux qu’elle, il y’a Becca, la mère, qui décroche de très loin la palme de la pire guest star de la série. Mère esseulée secouée par les aléas de la vie, elle est une figure ultra larmoyante d’une pesanteur insupportable. Elle ne fait que sourire tristement ou pleurer, lançant des regards aussi légers qu’un camion de déménageur à faire passer Stefanie Powers pour Ingrid Bergman. Vanessa Zima bat des records de cabotinage. Elle surligne au feutre indélébile à chaque seconde tous les sentiments de son personnage (chagrin, espoir, chagrin, espoir, chagrin, déprime…), et on se prend à rêver que Becca passe l’arme à gauche elle et son foutu bambin qu’on ait la paix ! La comparaison avec sa sœur aînée, Madeline Zima, l’inoubliable garce nymphomane de Californication, est sans appel.



Et malheureusement, elle en occupe du temps, cette maman, et comme elle est souvent avec Cuddy, c’est près de la moitié de l’épisode qui coule sous les inondations de sentimentalisme qui feraient rougir Hôpital central ! Son revirement final est la cerise pourrie sur le gâteau indigeste, avec les chutes du Niagara qui tombent en cascades larmoyantes. A ce moment, on est en train de se demander à partir de quelle fenêtre on va faire tomber sa télé. Son propre cas médical est de plus inintéressant, et la seule scène à sauver est House qui sabote en maître le moment le plus attendu par Cuddy (l’accouchement), pas pour lui faire mal, mais pour la rappeler à l’ordre sur ses priorités : les patients d’abord, les gamineries ensuite !

Et c’est au terme de cette bouillie infâmante que l’épisode choisit à ce moment-là de nous livrer une scène que les fans attendaient depuis plus de quatre ans : le premier baiser entre House et Cuddy ! La scène est magnifiquement amenée, avec un échange préliminaire à fleur de peau conduisant à un baiser furieusement passionné ! A l’inverse de celui de Demi-prodige (saison 3), c’est House qui prend l’initiative de l’embrasser et le résultat est fougueux, enflammé, bien loin de la douceur chaste du précédent. On remarquera que comme pour les X-Files, c'est au terme d'un épisode raté que les héros échangent leur premier baiser.



On comprend que House ne voulait pas lui faire du mal ou même pour la prévenir qu’elle n’était pas faite pour ça, mais simplement parce qu’avec une vie privée enfin existante, avec un bébé, Cuddy n’aurait plus besoin de réfléchir quant à ses sentiments pour House : l’enfant suffirait. Or, House, violemment attiré par elle, ne peut le supporter, et son baiser est davantage un appel désespéré pour lui faire comprendre qu’il est là, qu’il attend. Le fait cependant qu’il part sans pousser plus loin son « avantage » montre aussi le respect qu’il a envers elle, ne voulant pas profiter d’elle dans un moment de faiblesse. Hugh Laurie est parfait. Dommage que cette fin clôt un épisode en tel passage à vide.


Infos supplémentaires :

- House et Cuddy s'embrassent pour la première fois.

- House a une carte Vista Platinum.

- Le ménage Taub n’a pas d’enfant.

- Erreur de montage quand House, Kutner, et Taub marchent dans les couloirs. On les voit tourner à gauche, mais au plan suivant, ils tournent à droite. La « bave de bébé » que House renverse sur Cuddy change d’un plan à l’autre. Le ventre de la mère enceinte est alternativement couvert et découvert pendant la scène des ultrasons,

- Le titre anglais a une double référence : Le prénom de la fille adoptive de Cuddy (qui deviendra son futur deuxième prénom dans la suite de la série), et le plaisir.

- La chanson de l’épisode est Fire de Daniel Lanois.



Acteurs :


Vanessa Zima (1986) n’est encore qu’au début de sa carrière, elle a joué dans quelques séries : Murder One (9 épisodes), Associées pour la loi, Scandal, etc. et débute au cinéma. Elle est également amatrice de danse.

Salvator Xuereb (1965) est un acteur de télévision qui a joué dans les séries Melrose place, Alerte à Malibu, Pensacola (22 épisodes), Dark Angel, Les Experts, Les Experts : Miami, NYPD Blue (2 épisodes), Las Vegas, 24 heures chrono, Médium, Esprits criminels, Dexter, 90210 Beverly Hills nouvelle génération, The Glades, etc.

La filmographie de Joanna Koulis se résume à un épisode d’Urgences, et celui-ci.



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Dernière édition par Dearesttara le Dim 10 Mar 2013 - 19:30, édité 1 fois
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93. Consultation à domicile

Message  Dearesttara le Jeu 31 Jan 2013 - 0:37

5.07 Consultation à domicile (The itch) :



- Cameron, ça vous dirait que je vous réembauche ? Non, parce que comme ça, je pourrais vous virer !


Stewart Nozick, la quarantaine, est atteint d’agoraphobie aiguë : il lui est impossible de sortir hors de sa maison. Aussi, quand il tombe malade, House et son équipe doivent se déplacer à domicile. Cameron l’ayant déjà rencontré, elle réintègre provisoirement l’équipe. House et Cuddy se demandent ce qui va se passer après leur baiser de la veille, tandis que House provoque le trouble chez Chase et Cameron…


Cet épisode avait tout pour faire un sans-faute : un cas original, un patient assez intéressant, des dialogues coupants comme du verre… mais finalement doit se contenter de n’être que simplement « très bon » car grévé par le troisième poison de cette saison, qui lui va carrément durer jusqu’au dernier épisode : le couple Chase-Cameron qui subit difficultés sur difficultés. La place qui leur est accordée est heureusement pas trop importante, mais l’épisode souffre par ailleurs de Cameron, qui commence à faire ses retours en arrière, à l’encontre de son évolution.

L’épisode donne une place plus grande à Cameron, qui semble embellir au fur et à mesure que les épisodes passent. Cependant, ce retour ne réussit qu’à moitié, car il n’apporte pas grand-chose. Sa participation aux diagnostics différentiels est presque inexistante, et elle est surtout là pour jouer le rôle de la gentille-doctoresse-qui-veille-sur-son-patient-et-s‘y-attache. De ce point de vue, elle n’a pas retenu (ou n’a pas voulu retenir) la leçon primordiale du House training : rester professionnel avec vos patients. Alors que ses collègues, eux, l’ont soit retenue, soit en font l’expérience et en tirent les leçons.



Cameron n’est pas sans intérêt, loin de là, elle sous-entend très bien sa peur de l’engagement (traité hélas en mode mauvais melo). Et par sa douceur, parvient à gagner la foi du patient, là où ses académiques collègues échouent. On la voit aussi se démener, se battre pour bien faire son travail. De ce point de vue, la méthode House a porté ses fruits. Jennifer Morrison joue plutôt juste quand le scénario de Peter Blake reste dans la sobriété, mais quand elle doit plus largement s’épancher, l’actrice retombe dans son cabotinage intermittent en en faisant too much.

Après une ascension difficile, le Chaseron descend la pente en commençant à nous crisper. L’hilarante communication téléphonique où House, entre deux hypothèses médicales, décortique leur relation qui commence à s’effriter est certes très drôle, mais donne lieu par la suite à des échanges surlignés au feutre gras entre les deux amoureux, avec de plus un jeu anormalement faux de Jesse Spencer. Leur réconciliation finale ne manque pas de mièvrerie. Bref, c’est pas tout à fait génial.

La petite parenthèse sur les complications conjugales de Taub (miraculeusement résolues en un tournemain à la fin) était également dispensable.



Bon, heureusement, cette facette de l’histoire s’efface devant le cas médical, d’une toute autre matière : l’idée de la consultation à domicile forcée est une très bonne idée. Elle donne lieu à des développements qui rappellent Celle qui venait du froid (saison 4) avec ses solutions à la McGyver. Ce côté est toutefois moins exploité. Le patient agoraphobe (Todd Louiso, au jeu puissant) a suffisamment de présence pour nous intéresser. Il est amusant de voir House, qui se croit l’être le plus fermé au monde, de croiser quelqu’un qui l’est encore plus ! Préférant crever à l’intérieur de sa maison plutôt que de vivre au-dehors, Stewart s’emprisonne dans sa peur primitive et la douleur de son traumatisme récent (sa petite amie assassinée sous ses yeux).

Avec un tel patient, le cas est assez complexe, et la péripétie du transfert crapuleux à l’hôpital, mais au retour arrière barré par une Cuddy impitoyable (House se montre irresponsable à des degrés cosmiques), n’est pas sans intensité. Les rebondissements traditionnels ont d’autant plus d’effet que la marge de manœuvre est limitée pour nos chers héros. Le twist final est assez malin, car il rejoint la tare de notre patient : il est prisonnier de son passé, et sa maladie est un terrible fantôme de son passé. Par ailleurs, la série ose toujours plus se moquer de la bienséance : trop de temps à passer à nettoyer votre intérieur peut être synonyme de TOC !



L’histoire avec Cuddy est la partie la plus aboutie de l’histoire. La patronne a promené sa langue dans le palais de son employé ce qui cause une certaine gêne chez les intéressés le lendemain. Au-delà du comportement chevaleresque de House qui n’a pas voulu profiter d’une femme en pleurs, on s’amuse surtout de l’irruption de Wilson dans le débat, source de plein d’effets comiques. On adore le voir ouvrir des yeux énormes et une bouche qui l’est tout autant, lorsque House prétend avoir « culbuté » Cuddy ! Robert Sean Leonard est toujours aussi régalant en clown, mais il faut voir sa performance en amoureux timide quand il avoue son attirance à Cuddy. Cette dernière le tourne royalement en dérision. Lisa Edelstein est mémorable dans cette scène ! Cuddy se montre quand même assez cruelle en se moquant de l’oncologue, malgré le gentil baiser platonique qu’elle lui donne. Le « Widdy » restera bien dans un seul sens. House a bien deviné pourquoi Wilson ne voulait pas tenter sa chance : il se retranchait derrière le cadavre encore chaud d’Amber, prétexte qu’il donnait à sa peur pour ne pas se lancer.

La scène la plus réussie est cependant celle où elle déclare n’avoir jamais pensé à House comme un futur compagnon, avant d’expliquer dans une magnifique tirade comment se déroulerait leur vie de couple… prouvant par là qu’elle a bien pensé à lui « de cette façon » ! A posteriori, l’ironie est cruelle, car ils traverseront presque exactement les étapes prévues par Cuddy lors de l’officialisation de leur couple !
En attendant, maintien du statu quo. La démangeaison de House (le titre original), métaphore de cette possibilité qui le « gratte », le lance pendant tout l’épisode. Le sommet est probablement son obstinée chasse à la mouche, qui regarde curieusement vers une scène culte de Breaking Bad où Walter pète un câble à cause d’une innocente mouche !



Mais la comédie de cette histoire laisse la place à la mélancolie. Le blocage vient aussi de House, qui au moment d’entrer chez Cuddy, finit par renoncer et repartir. House a trouvé les mots justes pour pousser Stewart à abattre sa lâcheté. Stewart se libère grâce aux encouragements (bourrus, ça va sans dire), de House et parvient enfin à marcher au-dehors. Mais House se montre bien comme l’homme le plus fermé au monde. Incapable de suivre ses propres conseils, il s’emmure dans sa couardise, n’ose pas avouer ses sentiments. Des années de gros sous-entendus sexuels, mais au moment d’agir, il se dégonfle ! Et on voit combien il est déçu. La dernière image montre finalement un House qui a fêlé sa glace. Il a peur du bonheur, peur que Cuddy soit la femme qu’il a tant recherchée, comme Wilson l’avait dit. Dans cet épisode, on retiendra que House et Wilson sont très doués pour se psychanalyser mutuellement !


Infos supplémentaires :

- Dr.House s'inverse : L'équipe se rend chez un patient.

- Cameron a intégré en plus de son travail aux urgences le service « d’entraide ».

- Il y’a The memoirs of Sherlock Holmes sur la table de chevet de House. Clin d’œil au personnage inspirateur de Gregory House !

- Wilson se moque de House en disant qu’il porte le « badge rouge de l’idiotie ». Il s’agit en fait d’un détournement du titre du film The red badge of courage (La charge victorieuse), un film de 1951 signé John Huston. Enfin, Star Wars semble décidément inépuisable pour la série, avec Chase mentionnant La Force.

- La chanson de l’épisode est I’m in love with a girl de Big Star.



Acteurs :

Todd Louiso (1970) est un acteur spécialisé dans les séries. Il a joué dans les séries New York police judiciaire, Madame et ses filles (22 épisodes), Iron Man, Chicago hope (4 épisodes), FBI : portés disparus, Weeds, Médium, Californication, etc. Il a aussi écrit et réalisé quelques films.


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94. Un vent d'indépendance

Message  Dearesttara le Ven 1 Fév 2013 - 16:07

5.08 Un vent d’indépendance (Emancipation) :



- Son mensonge serait pertinent si un mensonge provoquait un oedeme et des délires.
- On apprend que la patiente est victime de viols, et voilà votre réponse ?
- On est où là, chez le psy ?
- Qui dit viol dit peut-être MST.
- Me voilà rassuré, y’en a un qui n’a pas de cœur !


Sophia, 16 ans, a obtenu son émancipation après la mort de ses parents. Travailleuse et débrouillarde, elle tombe cependant malade à son usine. Les médecins sont surpris par son comportement volontariste et courageux, mais s’aperçoivent bientôt qu’elle leur ment très souvent. Pendant ce temps, en cachette de House, Foreman traite son premier cas en solo, mais est rapidement dépassé par les évenements. Enfin, House est surpris que Wilson cesse de lui donner des conseils…


L’épisode commence par inquiéter, car ne réussissant d’abord à n’exploiter aucune de ses histoires efficacement. Le cas principal, surtout, subit une avalanche de diagnostics différentiels sans attraits, que compense uniquement la personnalité de la patiente. Heureusement, le cas rebondit en fin de parcours avec un triple twist final qui justifie pleinement les attentes. Leonard Dick et Pamela Davis parviennent également - véritable exploit - à donner une partition égale à huit des neuf personnages principaux, ce qui donne une unité bienvenue à l’ensemble.

Sophia apparaît très vite comme le principal atout de l’histoire, d’autant que la performance d’Emily Rios, pleine d’un panache bagarreur, emporte sans difficultés l’adhésion. La série aime les enfants et les adolescents précoces, et Sophia en fait clairement partie. Coupée de tout lien familial très tôt, elle est dans l’obligation de devenir adulte avant d’avoir terminé son adolescence. Elle se mesure immédiatement à la vie et ses turpitudes mais ne tire pas gloire de sa précocité. Elle refuse d’être regardée en pitié, ou qu’on loue son courage. Cette exigence et cette humilité en font un personnage sympathique malgré son tempérament boudeur et cynique, armure indispensable pour elle pour ne pas se laisser « manger ». A la différence de Lupe de Mauvaises décisions (saison 3), elle se montre forte, et assume ses choix. Atteinte de deux maladies, la première, ironiquement, est une conséquence de son choix de vie, il y’a toujours des revers cachés derrière chaque décision prise !



Kutner, issu comme elle de l’immigration, voit en elle quelqu’un qui comme lui, sait se battre, et ne supporte pas l’idée qu’elle puisse avoir recours à de la drogue ou autres pratiques douteuses. Toutefois, son objectivité n’est pas perturbée car faisant quand même les tests adéquats. On apprécie aussi l’amertume de la patiente, frustrée de ne pas être crue et d’être enfermé dans un cliché misérabiliste. Tout aussi ironiquement, le terrible secret qu’elle porte l’enferme dans ce genre de clichés ! S’éloignant de sa vision pessimiste traditionnelle, la série pose sur les immigrés esseulés un regard plein d’espoir, tout en traitant d’un des pires maux qui peut frapper un être humain : le sentiment de culpabilité.

Sophia renie son enfance, et est prête, pour satisfaire sa culpabilité cachée, à refuser de vivre. Vivant sous le poids d’un traumatisme harassant, elle se proclame juge et bourreau, et semble peu effrayée à l’idée de mourir. Il faudra toute l’énergie de Numéro 13 et de House pour qu’elle accepte enfin d’être délivrée de son tourment, après un twist final d’une violence à couper le souffle ! Le final larmoyant est intense et sans pathos, preuve que dans une série médicale, on peut pleurer sans tomber dans le sentimentalisme. Toutefois, Kutner avait aperçu la solution depuis le début, et on s’étonne que l’équipe n’ait pas exploré auparavant sa piste. L’unique scène entre Sophia et House est puissamment bouleversante. Se moquant des hommes, mais ne pouvant s’empêcher d’œuvrer pour leur bien, House est plus généreux que jamais. Leur échange marque comme la fin d’un long cauchemar pour la jeune fille, devenue adulte, et cynique, trop tôt.



Nos docteurs sont en forme. A part Kutner, plus sombre mais toujours aussi supérieur à ses camarades, on apprécie les joutes verbales entre Taub et Numéro 13, où les thèses pessimistes du premier se heurtent à l’espoir de la deuxième. Si on adore Taub, on applaudira quand même que 13 lui rive son clou de temps en temps !
Comme toujours, notre docteur lâche ses vannes avec délices, mais dans le domaine, Wilson a fait pas mal de progrès. Leurs discussions, volontairement stériles amusent par leurs détours tordus : chacun connaît l’autre comme sa poche, et essaye de comprendre pourquoi l’un choisit brusquement de ne pas se comporter de la manière habituelle. Ces valses sémantiques donnent de l’humour à un cas qui en est absent.

Là où l’épisode surprend, c’est quand il donne à Foreman un cas pour lui tout seul. Il a l’occasion de jouer au Greg ! Foreman voulait l’autorisation de House, et évidemment House y a opposé son veto. Qu’à cela ne tienne, il veut montrer ce dont il est capable, et se saisit d’une énigme médicale difficile concernant un jeune enfant. Omar Epps assure quelque soit la situation, et ça tombe bien, car il était toujours relégué à l’arrière-fond depuis le début de la saison. Malheureusement, l’élève a du mal à dépasser le maître, et doit solliciter l’aide de ses anciens collègues Chase et Cameron ! Ces derniers se montrent singulièrement coopératifs, ce dont on s’étonnera, vu que les épisodes précédents les montraient sous un jour assez égoïste.
Comme dans un hommage au bon vieux temps, l’équipe initiale de la série réadopte la méthode socratique employée désormais par la seconde équipe.



Exactement comme pour House, Foreman a l’illumination par hasard et résout le cas con brio via un rebondissement final d’un cynisme hilarant. Mais pourquoi les plus nobles élans du cœur humain ont-ils toujours des revers aussi grinçants ? Heureusement, dans un merveilleux plan final, l’amour familial triomphe de cette mésaventure qui a failli mal tourner (exactement comme à la fin de Deux frères, saison 3), parallèlement à la réconciliation de Sophia avec son passé. Le happy end est donc à peu près total, parachevé par la victoire de Foreman qui se rend compte que pour plier House, il devait simplement le mettre devant le fait accompli. N’ayez pas peur de vous imposer, et de faire ce que vous voulez faire, tonne cet épisode inhabituellement optimiste et réussi. Foreman, malgré son arrivisme et son orgueil, parvient à se rapprocher du maître. S’il ne peut encore rivaliser avec lui, il montre que ces cinq ans passés avec lui l’ont rendu plus expérimenté, mais pas encore plus mature. Le personnage évolue doucement mais sûrement.


Infos supplémentaires :

- On découvre le prénom de Numéro 13 : Remy.

- Foreman traite son premier cas en solo et demande l'aide de Chase et Cameron.

- Erreur : Foreman parle de son petit frère alors que Marcus son seul frère est plus âgé que lui. Soit il y a erreur de doublage soit Foreman a un autre frère jamais mentionné après ça, soit il parle de la taille de son frère ou de son statut (Marcus est en prison ce qui fait de lui un petit aux yeux de Foreman). Dans le cas de cette dernière hypothèse, il est possible qu'hors scène, Foreman passe son temps à protéger son frère d'un s'enfoncement plus violent dans la délinquance.

- Au début de l’épisode, Numéro 13 manipule la canne de House après qu’il l’ait posée sur la table. Mais à la fin de la scène, la canne est sur la table comme si personne ne l’avait touchée. Quand Kutner va voir le patient à la fin, il marche sur du verre, mais l’instant d’après, il marche en direction du verre. Enfin, Foreman et Kutner sont sûrs du mensonge de la patiente sur la mort de ses parents à cause de l’activité élevée du système limbique. Mais ce système, siège des émotions, est de toute façon en activité élevée si l’on parle d’un sujet aussi douloureux que celui de la mort des parents.

- House plaisante sur la patiente de 16 ans qu’il surnomme Annie. Clin d’œil à la comédie musicale de John Huston du même nom (1982). Une nouvelle citation de Casablanca (1942) par Foreman Ruled out all the usual suspects, et une référence à Oliver Twist par House complètent le tableau.

- La chanson de l’épisode est Through the dark d’Alexi Murdoch.



Acteurs :

Emily Rios (1989) a joué dans les séries Urgences, The Closer, Friday night lights (4 épisodes), Men of a certain age (12 épisodes), Breaking Bad (7 épisodes), Private practice (3 épisodes), etc. Cette comédienne d’origine mexicaine a également commencé une carrière au cinéma.


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95. Un diagnostic ou je tire

Message  Dearesttara le Lun 4 Fév 2013 - 22:38

5.09 Un diagnostic ou je tire (Last resort) :


- Règle d’or du tri médical : les types armés ont la priorité !


Jason souffre depuis plusieurs années, et aucun médecin ne parvient à le diagnostiquer. Désespéré, il sort un révolver, prend en otage House, Numéro 13, une infirmière, et plusieurs patients, et s’enferme dans le bureau de Cuddy. Tandis que la directrice et le SWAT gèrent la crise de l’extérieur, House tente de diagnostiquer le preneur d’otages. La journée sera longue car la maladie est bien cachée, et Jason semble prêt à aller jusqu’au bout pour savoir ce qu’il a…


Sujet du jour : la prise d’otages dans l’hôpital. Ca, on pouvait être sûr que ça n’allait pas rater ! Les prises d’otages ont fait le miel de toute série médicale qui se respecte. Que ce soit le sanguinaire (et franchement vulgaire) Sanctuary de Grey’s anatomy, le Dog Day hospital d’Hôpital St-Elsewhere, Urgences dans une moindre mesure avec 21 guns… il était évident que Dr.House n’allait pas y couper. Si l’intensité dramatique est brillamment menée, l’épisode souffre malheureusement de plusieurs faiblesses qui l’empêchent d’en faire un chef-d’œuvre : la direction d’acteurs totalement hors-sujet et la médiocre réalisation de Katie Jacobs.

On comprend que la productrice ait voulu choisir un tel épisode pour s’exercer derrière la caméra : les huis clos demandent moins de technique pointue et sont plus accessibles pour les non-réalisateurs (Chris Carter fit ses premières armes avec brio sur le Duane Barry des X-Files). Malheureusement, Katie Jacobs ne parvient pas à insuffler assez de tension : bien trop statique, ou se livrant à des effets purement gratuits (les ralentis bien lourds de l’introduction), l’épisode ne suscite pas le vertige escompté. Le montage trop tranquille ne vient pas au secours de l’ensemble.



Mais le plus triste est finalement Jason lui-même. C’est l’immense Zeljko Ivanek qui l’incarne, et il est monumental en patient désespéré, au bout du rouleau, ayant déjà la préscience de la voie sans issue sur laquelle il s’est engagé. Torturé par sa maladie inconnue, il est prêt à tout sacrifier, vies humaines ou sa propre liberté comprise, pour enfin connaître le mal qui le ronge. Jason n’est pas méchant, il est toujours sympathique pour le spectateur qui partage ses affres et sa soif dévorante de vérité.
Malheureusement, à force de nous le rendre sympathique, il ne parvient jamais à inquiéter. Trop humain, trop faible, il n’est jamais crédible en preneur d’otages déterminé, tant ses failles sont bien trop nombreuses. De plus, à la différence d’Al Pacino dans le mythique Un après-midi de chien (cité par House), Ivanek ne survolte jamais son jeu. Il commet l’erreur d’être trop sobre, et ne produit aucun éclat.
Les otages eux-mêmes sont anodins, par ailleurs tous joués par des comédiens fades et limités. L’infirmière hystérique apporte également plus de ridicule qu’autre chose.



Heureusement, House est en forme, et une situation de prise d’otages apporte automatiquement son lot de tensions. La série renoue avec une de ses spécialités : l’humour à froid dans les pires situations, si improbable qu’il augmente le malaise. C’est ainsi que House, sans cesse sous la menace d’un flingue, ne renonce jamais à lâcher des vannes - y compris sur Jason. Il fait l’admiration aussi par sa gestion impériale de la crise, gardant toujours la confiance de Jason, même après l’avoir trahi une première fois (hilarant gag du somnifère). Il se montre d’un calme effrayant en permanence. La gestion extérieure par le SWAT en comparaison se montre bourrine et inefficace (scènes tout à fait inutiles), hormis l’explosion finale.

Le fan de la première heure remarquera la réunion provisoire des deux équipes pour l’occasion, même si Chase puis Foreman désertent rapidement le navire. Tandis que les docteurs se heurtent à des murs de symptômes, l’escalade de la peur s’amorce sûrement. La situation exceptionnelle force l’épisode à proposer des idées vachement tordues comme le mur de Cuddy remplaçant le tableau blanc, la conversation par téléphone, les tests empiriques de House (gifles, tests de douleur…), ersatz aux opérations standards impossibles, tous d’excellentes trouvailles. House parvient à élaborer une relation de confiance, Jason le suit globalement, tout en restant d’une précaution maladive. Certains rebondissements comme les « oreilles bioniques » (dixit Wilson) ou « l’explosion d’étoile » (dixerunt House et 13) sont de brillants coups d’accélérateur générateurs de tension. Comme lors de l’absence prolongée de Numéro 13 où le révolver est prêt à partir, ou bien l’examen final.



Il n’y aurait que ça, l’épisode ne parviendrait pas vraiment à nous inquiéter vu l’assurance de House et la faiblesse de Jason, mais Matthew V. Lewis - bien secondé par Eli Attie - a eu l’excellente idée de jouer sur un second front : Numéro 13. Lucky Thirteen avait porté un regard sans espoir sur la jeune femme qui choisissait de brûler sa vie dans des plaisirs éphémères à la chaîne pour compenser son échéance trop proche. L’introduction où elle repousse l’offre généreuse de Foreman est caractéristique du personnage qui ne veut pas se « modérer ». Mais les événements de cet épisode produisent sur elle un effet violent. De tous les otages, elle est celle qui « naturellement » mourra la première, il apparaît donc « logique » pour elle de se sacrifier en prenant tous les médicaments de Jason avant elle.

Mais Numéro 13 n’étant pas « malade » comme Jason, prendre des médicaments puissants a un effet dévastateur pour elle. Or, Jason ne voulant pas d’entourloupe, il la force à prendre de plus en plus de médicaments : la jeune femme part en lambeaux sous nos yeux. Elle devient de plus en plus effrayante, jusqu’à devenir horrifique dans les dernières minutes. Son corps s’auto-détruit au fur et à mesure que l’enquête avance. Olivia Wilde est proprement stupéfiante quand son personnage se décompose littéralement. Si toute la première partie dans le bureau de Cuddy a des faiblesses, on se demande quoi reprocher à la deuxième dans la salle du scanner tant tout concourt à rendre la pression insoutenable. Notamment avec l’incroyable restitution de l’arme à feu à Jason par House, qui alors qu’il aurait pu sonner la fin de la prise d’otages, la prolonge tant qu’il n’a pas trouvé la solution !! Cela entraîne un formidable échange entre House et Numéro 13 où la seconde s’emporte contre l’égoïsme du premier qui veut résoudre le cas quitte à risquer leur vie, et où le premier pointe l’hypocrisie de la deuxième, incapable de comprendre la valeur de la vie. Deux vérités qui font mal !



Dialogues tranchants, diagnostics foireux, Numéro 13 filant droit vers la mort sans phrases, le crescendo de suspense atteint sa pleine puissance dans cette dernière partie. Même le twist final, cinglant d’ironie, ne parvient pas à calmer l’atmosphère tant la situation paraît inextricablement bloquée. Numéro 13, plus suicidaire que jamais finit par craquer au moment de s’envoyer la dose mortelle de médicament, instaurant un ultime duel avec Jason d’une intensité inouïe ! La résolution finale voit les événements rentrer tout doucement dans l’ordre. Jason est libéré de son angoisse alors qu’il perd sa liberté. Sans doute savait-il que ça finirait mal, mais l’enjeu en valait la peine. La vérité au-dessus du tout, on comprend que House se soit senti si solidaire de lui. La décision de Numéro 13 d’abandonner sa vie de folie est une belle touche de douceur qui compense l’amertume de cette fin. C’est toutefois sur une hilarante scène Huddy que se conclut l’épisode où House propose à Cuddy une relation avant de se rétracter furieusement ! Sinon, on voit que House a gardé ce côté gamin avec sa manie de faire des farces stupides (le tiroir). On termine avec le sourire cet épisode inabouti mais suffisamment tendu pour passer un bon moment !



Infos supplémentaires :


- Aka. Prise d’otages.

- Premier épisode avec l’infirmière Regina. Elle apparaîtra dans en tout six épisodes de la série.

- Juste avant que la SWAT fasse exploser le mur, on peut voir que Jason a déjà le visage couvert de poussière.

- Second épisode où un patient se montre menaçant avec un pistolet envers House. Le premier était House à terre.

- Plusieurs chansons dans l’épisode : It’s not the same de Yppah, Herzog de Clark, Glue of the world par Four tet, A chronicle of early failures, part 1 par The dead texan, et le morceau instrumental Between the lines par Bonobo.



Acteurs :

Zeljko Ivanek (1957) est surtout connu pour avoir incarné Ed Danvers dans la série Homicide (37 épisodes), James Devlin dans Oz (27 épisodes), et Ray Fiske dans Damages (16 épisodes), qui lui valut un Emmy Award. Il a joué dans les séries Hôpital St-Elsewhere, X-Files (épisode Roland), Arabesque, Chicago Hope, MillenniuM (épisode Les jumeaux diaboliques), Ally McBeal, Urgences, 24 heures chrono (15 épisodes), La Treizième Dimension, A la maison blanche (2 épisodes), New York police judiciaire, True blood (4 épisodes chacun), NYPD Blue, Les Experts, New York unité spéciale, Bones, Cold Case, Lost, Numb3rs, Mentalist, etc. Il a obtenu plus récemment des rôles récurrents dans plusieurs séries : Heroes (13 épisodes), Big Love (12 épisodes), The Event (22 épisodes), The Mob Doctor (13 épisodes), etc. La filmographie exemplaire de cet acteur d’origine slovène se compose aussi de nombreuses pièces de théâtre (son premier amour) et de films tels Hannibal, un crime dans la tête, Die Hard 4, Bons baisers de Bruges, Jason Bourne l’héritage, Argo, etc. Il a reçu de nombreuses nominations ainsi que trois Tony Award.

Tracy Vilar (1968) a joué dans plusieurs séries : First time out (12 épisodes), The Steve Harvey show (21 épisodes), Urgences, NYPD Blue (2 épisodes chacun), Les Experts, Saved (13 épisodes), Partners (6 épisodes), etc. Elle ne joue guère au cinéma.



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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mer 6 Fév 2013 - 15:39

Mon David chéri prépare une nouvelle série (judiciaire). Je lui souhaite autant de succès qu'il en a eu avec Dr.House !

http://teleobs.nouvelobs.com/articles/40201-david-shore-revient-pour-de-bon
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96. Manger bouger

Message  Dearesttara le Jeu 7 Fév 2013 - 21:45

5.10 Manger bouger (Let them eat cake) :



- Qu’est-ce que Cuddy fait dans votre bureau ?
- Vous voulez dire à part faire du Feng-Shui avec ses fesses qui ont la taille du stade olympique de Pékin ?
- C’est pas insonorisé, j’entends tout.
- Je sais.


Emmy, jeune coach en fitness, s’écroule lors d‘un tournage. House et son équipe s’aperçoivent qu’elle a caché soigneusement une intervention chirurgicale. Le diagnostic s’annonce difficile : Numéro 13 passe des essais cliniques auprès de Foreman, Kutner a ouvert un site web en usurpant le nom de House, mais se voit confronté avec Taub à un gros problème quand une patiente qu’il traite en ligne va à l’hôpital quand son état s’aggrave. Enfin, Cuddy a réquisitionné le bureau de House pendant les travaux de rénovation, ce qui n’est pas du goût de l’intéressé…


Pas moins de quatre histoires parallèles dans cet épisode ! Mais contrairement à Shore et Kaplow dans Trop gentil pour être vrai (saison 4), Russell Friend et Garrett Lerner parviennent à synthétiser toutes ces intrigues de manière optimale. Si l’histoire 13-Foreman est la plus faible des quatre, elle est aussi la plus en retrait, ce qui permet au spectateur d’être concentré sur le brillant cas médical, l’hilarante loi de Murphy qui s’abat sur Kutner et Taub - avec un twist final absolument magistral -, et le couple House-Cuddy plus Moonlighting que jamais, avec quelques scènes implicitement érotisées. Au final, un épisode dense et rythmé, riche en humour très noir.

Commençons par le moins bon. Après quatre saisons plutôt bien remplies, la production ne sait visiblement plus quoi faire de Foreman. Seul rescapé de la première équipe, à peu près tout a été dit sur lui. Aussi, la solution de secours est activée : on lui donne une attirance pour une collègue ! Et là, ça fait mal. Certes, l’épisode ne commet pas le crime de tout expliciter, mais ce n’est pas synonyme de subtilité. Il insère 13 au milieu d’un groupe déjà complet de cobayes, se montre très (trop) protecteur, et est d’une sévérité peu commune. Lui parlant sur un ton assez cavalier, Foreman montre en forçant le trait combien cette femme lui plaît.
La calme mais ferme opposition de 13 devant les excès de Foreman se voit malheureusement sabotée par ces flash-backs inutiles où elle se rappelle son enfance torturée par le souvenir de sa mère agonisant lentement de son Huntington. C’est lourd, et de plus, Olivia Wilde ne convainc guère dans le registre émotion. La peur qu’éprouve le personnage en rencontrant une pauvre femme déjà bien atteinte, miroir de son avenir, n’a par ailleurs aucun effet dramatique.



Mais le peu de durée de cette histoire permet à l’épisode de maintenir ses quatre melons, car pour le reste, on est à la fête. Le cas médical aligne ainsi les faux-semblants comme des perles, noircissant la patiente du jour, pour un épilogue ironiquement pessimiste. Un comble pour une femme dont la vie est tout entière dévouée au bien-être de ses semblables ! Emmy a été touchée par une conversion après son opération chirurgicale : elle a appris que son obésité était la cause du mépris dans lequel elle entretenait son corps. Devenue remarquablement mince, elle s’est mise à mieux le respecter, et depuis, se porte (portait) comme un charme. Depuis, elle enseigne comment maigrir par les exercices physiques… ce qu’elle n’a jamais fait.

La source de ses revenus découle donc d’une hypocrisie culottée. Toutefois, elle est adoucie par sa volonté d’être une philanthrope, son vrai tempéramment sportif - elle fait pas mal d’exercices physiques dans l’épisode - ainsi que par sa culpabilité refoulée (effarante hallucination où elle rêve que ses clients furieux viennent lui régler son compte). La maladie finalement diagnostiquée est un des plus furieux traits d’ironie lancé par la série : le sport l’a rendue hypocrite, elle manque de mourir à cause du sport ! Et c’est seulement quand elle faisait pas de sport et qu’elle se gavait de gâteaux… qu’elle allait bien ! On pense à La course au mensonge (saison 2) où un sportif ne peut se soigner que grâce au dopage ! Toute l’enquête est bien écrite, le suspense est efficace, surtout quand l’ombre de la mort se projette sur Emmy.



Cerise sur le gâteau, Emmy se révèle terriblement superficielle, refusant une guérison totale qui la rendrait de nouveau en surpoids. Prête à tout pour protéger son hypocrite commerce florissant, elle choisit « l’autre » solution, acceptant une santé fragile pour demeurer belle, et convaincante en coach. Ce déchirement entre ce lourd mensonge et sa volonté de faire le bien est magnifiquement rendu par l’énergique Samantha Shelton. Même le pessimiste Taub est surpris de la légèreté de cette femme, alors même que - fine psychologue - elle lui avait balancé pas mal de justes vérités. Par la même occasion, l’épisode dégaine une lame contre le fléau de l’obésité, mal universel, et exalte le respect et l’entretien physique du corps.

Peter Jacobson, toujours impérial, continue de susciter l’admiration en composant un personnage déjà très Housien par son professionnalisme dénué de toute empathie (J’ai appris à l’école de médecine que la gentillesse ne guérissait pas les gens.) mais qui n’exclut pas une certaine hypocrisie quand il se montre trop rigide sur ses principes. Aurait-il perdu lui aussi son humanité ?

A côté de ce cas sombre, on est dans le burlesque avec l’histoire secondaire. Kutner est certes le plus compétent de l’équipe, mais hors médical, c’est un béta de première : il dit sans broncher au cynique Taub qu’il arrondit ses fins de mois en ouvrant un site de consultations sous le nom de House. Du coup, Taub lui fait du chantage et réclame 25% en échange de son silence ! Le cas dont ils s’occupent étant malheureusement très compliqué, ça leur retombe sur le nez.



Le débarquement de Deedee, leur patiente (une blondasse aux seins proéminents), venue se plaindre au Dr.House donne des allures de vaudeville très réjouissants ! Surtout avec l’interprétation au-delà du réel de la chanson Coconut par la Deedee sous amphets, Becky Baeling s’amuse et nous aussi ! Ainsi que par Chase et Cameron qui prennent également leur pourcentage dans l’affaire. A se demander si Kutner va vraiment sortir gagnant de cette histoire… Tout se dénoue avec un twist final absolument génial, un des meilleurs de toute la série. Taub et Kutner sont talentueux, mais ils sont pas de taille encore contre le maître ! Un excellent ersatz de cas secondaire.

Enfin, House et Cuddy nous donnent une leçon de chemistry. Cuddy squatte le bureau de House : répliques qui tuent et vacheries d’enfant gâté au menu. Que ce soit la boule puante de Cuddy, le cassage de toilettes, l’évacuation des meubles, ou le détournement des travaux, on assiste à une surenchère foldingue bien dans l’esprit parfois foufou de la série. Evidemment, ce ping-pong infantile dissimule mal les sentiments de nos héros. Comme ces derniers le nient, Wilson s’y colle et traduit les sous-titres pour Cuddy, dont son installation dans le bureau de House serait en fait un prétexte pour se rapprocher de lui. Et pan dans les dents. De plus, House ne se gène pas pour pointer du doigt (façon de parler) sa tenue aguicheuse pas super professionnel. Cela aboutit à une des meilleures scènes Huddy : après un échange acéré plein de tension sexuelle, Cuddy suggère à demi-mot qu’ils s’embrassent à nouveau. Pour toute réponse, House plaque sa main sur le sein de Cuddy, et nos amis de rester comme ça pendant un certain temps avant d’abandonner. Ils ne sont pas encore prêts à passer à « l’étape suivante » ! Frustrant ? Oui, mais tellement délectable. Hugh Laurie et Lisa Edelstein sont toujours aussi brillants !



House montre à la fin toute l’affection qu’il a envers sa patronne via son cadeau inattendu et original qui la touche au fond du cœur. Elle veut le remercier - on se doute bien comment - lorsque le retournement final fait crasher cet espoir en mille morceaux ! House reste House, et il ne pouvait que décevoir Cuddy ! Un accident de « hasard » qui couronne le triomphe de l’ironie, pièce maîtresse de la série.


Infos supplémentaires :

- Numéro 13 aurait une sœur cadette, et sa mère était atteinte de la Chorée du Huntington. Les prénoms de ses parents ne sont pas mentionnés dans l’épisode, mais le sont au générique de fin : John et Anne.

- Kutner est un couche-tard. Il a un abonnement à National Geographic.

- House se demande si Kutner a dit à Foreman s’il était « jeune, beau, et bronzé ». Fantaisie de l’acteur de doublage Féodor Atkine à propos de la fameuse « plaisanterie » de Silvio Berlusconi à l’adresse de Barack Obama.

- Les deux salles formant le bureau de House ne sont pas insonorisées.

- Le titre anglais de l'épisode fait référence à une fameuse citation qui appartient à l'Histoire : S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche dixit Marie Antoinette. La brioche est toutefois plus chère que le pain… C’est également le titre d’une comédie musicale de Georges Gershwin.

- La chanson de l’épisode est Coconut de Harry Nilsson, chantée d’abord de manière assez… spéciale par Becky Baeling, puis à la fin de l’épisode par l’auteur lui-même.



Acteurs :

Samantha Shelton (1978) se tourna très tôt vers la comédie et le chant. Elle a joué dans les séries Amy (7 épisodes), Charmed, Roswell, Les frères Scott, Les Experts, Les Experts : Miami, Gilmore girls (2 épisodes), Monarch Cove (14 épisodes), Castle, Esprits criminels, Bones, etc.

Becky Baeling (1977) est avant tout une chanteuse, parfois productrice. Sa filmographie ne comprend que deux séries, un film, et un court-métrage. Elle est apparue plus souvent dans des émissions de variété ou de soirée.



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97. Le divin enfant

Message  Dearesttara le Mar 12 Fév 2013 - 11:26

5.11 Le divin enfant (Joy to the world) :



- Y’a tellement de façons de se payer la tête des gens. Pourquoi as-tu choisi de faire la farce du cadeau imaginaire ?
- T’as vu le prix qu’ça coûte un strip-tease de pompier ces temps-ci ?


Nathalie, 16 ans, complexée par son poids, est la tête de turc de sa classe. Un soir de spectacle de Noël, ses camarades lui font avaler des champignons hallucinogènes. Elle s’évanouit en plein milieu du spectacle. House et son équipe se rendent compte que les champignons n’ont pas causé sa maladie, et tentent de trouver le diagnostic. Cuddy s’implique cependant trop dans ce cas. Pendant ce temps, Wilson parie avec House qu’il ne pourra pas se montrer gentil avec un patient un soir de Noël. Numéro 13 a un premier conflit avec Foreman au sujet d’une autre patiente…

Joy to the world est un des sommets de cette saison 5. Le brillantissime scénario de Peter Blake éblouit par son ton éminemment tragique, très éloigné de la « magie de Noël » de rigueur dans de tels épisodes. Par une juxtaposition audacieuse, Blake nous montre toutes les joies et toutes les tragédies de Noël, s’offrant une fin superbement symbolique où la mort et la vie se partagent une place égale. L’humour atteint des sommets hallucinatoires grâce au pari dément de Wilson et House, et le suspense est terriblement soutenu, en particulier grâce à l’implication émotionnelle de Cuddy. Seule la ritournelle 13-Foreman (heureusement peu présente) atténue la perfection de cet épisode drôle et triste, sombre et décalé, réaliste et magique à la fois.

Le thème de l’obésité a toujours été exploité originalement dans la série : ainsi le surpoids de Jennifer (Symptômes XXL, saison 1) était causé par sa maladie, Mme Hernandez (même épisode) n’éprouvait aucun complexe par rapport à son poids, tandis que George (Que será será, saison 3) était au contraire content de sa vie, et mourrait content. Ici, la série revient à une norme plus classique : l’obésité vécue mal, en particulier à cause du regard des autres. Cependant, Peter Blake exploite au maximum cette situation, avec un crescendo larmoyant très juste, d’autant que la jeune B.K.Cannon émerveille par son sens du tragique, la série a décidément l’art de trouver de jeunes acteurs très talentueux ! Une vraie émotion s’installe, que couronne la cruauté violente du cataclysmique twist final.



La série pose un regard résigné sur la vision des gens « normaux » à propos de leurs semblables souffrant d’une difformité, d’un destin funeste… qu’elle soit dans la compassion, humiliante pour les victimes qui en ont marre qu’on leur rappelle leurs maux (Numéro 13 par exemple), ou ici le mépris bête et méchant des camarades de Nathalie, transformée en souffre-douleur (la sinistre introduction). Mention à la dénommée Sarah (Meaghan Jette Martin, idéale en garce 100% pur porc).

Prise dans une spirale descendante, Nathalie se sent terriblement inférieure, se réfugiant dans l’alcool (l’alcoolisme infantile, sujet délicat pour une série en prime time, mais ce n’est pas ça qui arrête Dr.House), et le dégoût de soi. La faiblesse de son unique ami, Simon, incapable de la défendre, et faisant mine de rentrer dans le rang pour montrer qu’il est « cool », est la lie du calice. Le regard de la série sur la souffrance morale à l’école est sévère, et on est vraiment ravi quand Chase roule royalement dans la farine toute cette classe avec un piège typiquement Housien ! Comme quoi, Chase a quand même retenu des leçons de son ancien patron ! Kutner se sent mal à l’aise dans ce cas, et Taub devine que c’est parce que il a été lui-même martyrisé plus jeune à cause de ses origines… ben non, tout faux, la vraie raison déchaîne le rire par son ironie franchement massive, Kutner va au-delà de son portrait de compétent-gaffeur-naïf pour nous dévoiler une autre facette de sa personnalité !



Le cas se montre passionnant à suivre, notamment lorsque Cuddy - en tenue improbablement sexy pour une directrice d’hôpital, une habitude depuis longtemps - se mêle au cas, cherchant à tout prix un moyen d’accélérer les diagnostics, les traitements, à espérer un rétablissement miraculeux. Cela donne à House le prétexte tout trouvé pour s’acharner sur elle. Cette course contre la mort désespérée provoque un vrai frisson chez le spectateur, impuissant devant cette injustice qui accable au-delà du supportable une adolescente déjà bien éprouvée.

Depuis Culpabilité (saison 2), Cuddy a systématiquement failli capoter les cas par son ingérence - à l’exception unique de L’enfant miroir (saison 3). Par une ironie dévastatrice, c’est Cuddy qui trouvera la maladie, mais c’est… une maladie incurable ! On a rarement vu un diagnostic aussi cynique ! Les conséquences énormes de cette révélation entraînent une fin absolument magnifique. En cette nuit de Noël, il y’a bien eu un miracle, mais pas celui escompté. Une vie se meurt, une autre naît, exactement comme dans Sacrifices (saison 1), mais encore plus tragique. C’est terriblement beau.

La comédie est là cependant, pas seulement dans les piques mordantes de House. Le cas secondaire d’une femme enceinte alors qu’elle dit être vierge est un des plus délirants de toute la série ! Ce couple d’abrutis (John Forest et Bitsie Tulloch, à fond dans l’idiotie massive) qu’on croirait tout droit sorti de Earl est hilarant de bêtise, on se pince pour y croire. Du coup, House a toute latitude pour leur sortir le diagnostic le plus DELIRANTISSIME de toute la série, miracle de Noël bidon qui brocarde génialement le culte de la « magie » de cette fête.



D’ailleurs, toute l’histoire avec Wilson est du pur génie : House qui envoie à la corbeille son cadeau de Noël (deux fois), Wilson qui analyse House avec précision, recevant uniquement des vacheries de sa part, sans oublier Wilson qui raconte à Kutner et Taub une histoire bouleversante de House tombé amoureux d’une patiente, évidemment inventée de A à Z. Si même Wilson s’y met, là, on abandonne. Mais on réfléchit à une deuxième lecture : et si cette histoire était un moyen pour Wilson de dire combien il aime House, malgré son caractère ? L’ambiguité de Robert Sean Leonard offre toutes les interprétations possibles. D’ailleurs Taub ne se prive pas d’asticoter House à ce sujet. Le sommet est le pari ridicule où House veut prouver à Wilson qu’il peut parfois se montrer gentil avec des patients. Hélas ses patients en consultation sont tellement cons qu’il n’arrive pas à maintenir son sourire de façade. Hugh Laurie lui-même doit lutter pour ne pas pouffer !

House finit par gagner le pari car il a soigneusement menti au couple d’abrutis pour leur rendre service. Cela ne rend que plus pessimiste sa réussite : s’il le voulait, House serait toujours très gentil avec ses patients, mais il refuse énergiquement de se laisser aller. Par ailleurs, son diagnostic délirant n’est qu’un moyen de satisfaire son ego démesuré, trop content de trouver un diagnostic énorme, décalé, qui en pleine période de Noël prend des allures christiques ! Cuddy est effondrée, bien évidemment.



Entre 13 et Foreman, il ne se passe pas grand-chose, mais heureusement ce pan de l’histoire est relevé par quelques pointes de la série. Surtout avec la glaciale Dr.Schmidt (parfaite Phyllis Lyons) qui devant un Foreman se laissant piéger par son attirance pour Numéro 13, nous fait un numéro à la Numéro 2 en parlant des patients-cobayes comme des « numéros, et rien d’autre ». Cette déshumanisation demandée des patients est cependant une règle inflexible : si on laisse l’affection prendre le dessus, on perturbe les résultats des tests thérapeutiques. Par conséquent, il faut rester froid et neutre, tout comme House. C’est là que nous voyons que Foreman n’est pas encore exactement comme House, il a encore du mal à dessécher son cœur. La série fait quand même une délicieuse entorse quand Foreman donne une seconde chance à la femme très malade qui avait abandonné les tests. Par contre, 13 qui embrasse Foreman, commençant ainsi leur relation, mouais, on y croit pas des masses.

Qu’importe, ce splendide épisode, très inspiré, est un must see pour tout fan !


Infos supplémentaires :

- Cuddy adopte enfin. Numéro 13 et Foreman s'embrassent pour la première fois.

- Les parents de Taub n’ont jamais divorcé.

- Kutner aurait tabassé un autre enfant dans sa jeunesse.

- Wilson prétend que House est tombé amoureux d’une patiente nommée Irène Adler. Il s’agit évidemment d’un gros clin d’œil à Sherlock Holmes qui essuya un échec cinglant pour avoir sous-estimé la rapidité d’esprit de cette femme (Un scandale en Bohême). Seule femme ayant vraiment impressionné Holmes, beaucoup d’auteurs de pastiches, d’adaptations, de remakes de Sherlock Holmes, imaginèrent une relation entre les deux intéressés. Au rayon clins d’œil à Holmes, le livre offert par Wilson est un livre de chirurgie du Dr.Joseph Bell, inspirateur du personnage de Holmes pour Sir Arthur Conan Doyle.

- Attention, House spoile la fin de The Usual Suspects en révélant la véritable identité de Keyser Soze. Ceux qui n’ont pas vu le film et qui veulent le voir, coupez le son entre 11’35 et 11’48 ! On rappelle que le film fut réalisé par un des producteurs exécutifs de la série : Bryan Singer. Irène Adler est aussi un personnage des X-Men, et Lucas Till (Simon) a joué dans X-Men : le commencement (Havok). On rappelle que Singer a réalisé les deux premiers films, et écrit et produit le quatrième. House par ailleurs, fait une référence au film Fatal Games (1988) en parlant des lycéennes.

- House porte une blouse dans l’épisode ! C’est seulement la quatrième fois que cela arrive (après Un témoin encombrant, Maladies d’amour, et Les jeux sont faits).

- Second épisode où House exprime de la gentillesse envers ses patients, bien qu'elle soit ici faussée. Quatrième épisode sur le thème de Noël.

- Treizième échec de House, ici total. Sa patiente principale ne vivra pas plus de trois jours à la fin de l‘épisode.

- Les chansons de l’épisode sont Joy to the world de Georg Friedrich Haendel, et The Christmas song, de Mel Tormé et Robert Wells, chantées toutes deux par le chœur initial (The Christmas song est ensuite chanté à la fin par Gavin DeGraw) On entend aussi Jingle bell rock par Bobby Helms, et Whisper d’Allison Sudol.


Acteurs :

B.K.Cannon est encore au début de sa carrière. Elle a joué dans les séries Urgences, Grey’s anatomy, Lie to me, Los Angeles police judiciaire, Esprits criminels, Glee, etc.

Bitsie Tulloch (1981) est surtout connue pour avoir joué le rôle de Juliette Silverton dans 34 épisodes de la série Grimm. Diplômée en littérature anglaise et américaine, et en études environnementales, elle a commencé une bonne carrière d’actrice. Elle a joué ainsi dans les séries A la maison blanche, Cold Case, Lonelygirl15 (15 épisodes), Moonlight, Quarterlife (6 épisodes), etc. Elle joue un peu au cinéma (The Artist).



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98. Sans douleur

Message  Dearesttara le Jeu 14 Fév 2013 - 13:32

5.12 Sans douleur (Painless) :



- House, les services sociaux m’envoient quelqu’un vendredi.
- Les services Eros m’envoient une fille vendredi.

Jeff souffre depuis quelques années d’insupportables douleurs chroniques. Il tente de se suicider mais est sauvé in extremis par sa femme et son fils. A l’hôpital, il tente de nouveau de se tuer, ce qui complique l’établissement d’un diagnostic. Pendant ce temps, House a des problèmes de tuyauterie, 13 veut cesser sa relation naissante avec Foreman, et Cuddy tente difficilement de concilier son job et sa nouvelle vie familiale…


Sans douleur se laisse regarder sans déplaisir, mais c’est un épisode clairement mineur tant le scénario de Thomas L. Moran et Eli Attie est bien trop mince. Piégés entre un cas médical laborieux et des histoires secondaires bâclées, l’histoire ne convainc que par quelques scènes amusantes ou plaisamment décalées, ainsi que par plusieurs réflexions poussées sur certains thèmes graves chers à la série : la métamorphose d’un être aimé, le suicide, la volonté d’indépendance jusqu’à l’orgueil. Par cela, cet épisode reste bien dans l’ADN de la série, mais c’est un peu trop juste.

Le cas est assez moyen, c’est pourtant ce qu’il y’a de meilleur dans l’épisode. Ce n’est pas vraiment l’enquête qui intéresse, sans saveur ni originalité, mais plutôt les thématiques abordées, avec la sobriété et la pertinence qu’on aime tant dans la série. Terrassé par une douleur physique inexplicable, un père de famille, heureux en ménage, n’arrive plus à trouver la force de se battre, et décide d’en finir. Lorsqu’il y’a des gens qui vous aiment, se suicider est un acte d’égoïsme, car on les blesse gravement, et cela rajoute de la culpabilité au suicidaire. L’épisode montre ce déchirement crûment, et l’interprétation de Martin Henderson, à l’intensité à peine réprimée, y est pour beaucoup.



Cette tentation permet également de voir la terrible métamorphose d’une personne que l’on croyait connaître. Lynne, l’épouse, et Zach, sont impuissants devant la capacité d’autodestruction de Jeff, prêt à tout pour s’évader de la douleur. Le parallèle avec House qui se shoote à la Vicodin est patent, et souligné malignement par Taub. Malheureusement, contrairement à Insensitive (saison 3), cette piste n’est pas abordée, alors qu’elle aurait pu être source d’excellentes digressions psychologiques (via Wilson par exemple). La deuxième tentative, totalement inattendue, est l’objet d’un brillant retournement médical, mais c’est la troisième qui est la plus terrifiante, où c’est carrément Zach, le fils, qui tente d’aider son père à partir. Et c’est seulement la suprême intelligence de House qui évite la catastrophe. Le pauvre enfant (Jake Cherry, plutôt bon) s’explique en disant qu’il ne reconnaît plus son père courageux et batailleur, et ne peut plus le considérer comme tel. Que la famille soit témoin des tentatives est très cruel, mais tout à fait dans l’esprit de la série. Sarah Danielle Goldberg (Lynne) s’enlise cependant dans le pathos de son personnage.

Cette cruauté se voit hélas diluée dans un happy end d’une fadeur grotesque qui n’a absolument rien à faire dans la série, avec ralentis à la Hollywood de rigueur. Aucune leçon à tirer, rien qu’une fin consensuelle dans laquelle on ne retrouve pas le ton de la série. Le diagnostic final est rapidement expédié et est à la limite de l’incompréhensible. Toujours sur le thème du suicide, Taub tente de cacher à Kutner sa tentative passée, mais lui comme le spectateur le devinent. Leurs discussions sur le tempéramment des candidats au suicide ne manquent pas de sel, et mêlent adroitement ironie et réalisme désespéré.



La storyline de Cuddy donne certes lieu à quelques bonnes vannes de House, mais se voit elle aussi clôturée prématurément, la scène avec l’inspecteur des services sociaux se montrant banale et sans intensité. Très bonne idée toutefois de mêler Cuddy au diagnostic différentiel qui se déroule dans le chambre du bébé. Mais ça ne compense que partiellement la déception ressentie en la voyant s’occuper d’un bébé (les fans de X-Files connaissent cette déception). Elle a perdu beaucoup de son peps. Le meilleur moment de cette histoire reste la visite de Wilson (avec une peluche canari énorme). Conformément à son rôle de psychanalyste, il blâme l’orgueil de Cuddy. Fière d’être une femme émancipée et dirigiste, elle refuse d’être aidée. Mais - et c’est là un des revers du féminisme - elle se place des ambitions trop hautes. Prisonnière de l’image de femme forte qui n’a besoin de personne qu’elle veut donner, elle jongle maladroitement entre Rachel et son travail, avec un magistral rappel à l’ordre de House. L’image finale la voyant lire un dossier à son bureau tout en agitant la poussette montre bien l’impasse dans laquelle elle s’est fourvoyée.



L’autre segment est le problème de plomberie subi par House (comique scène spectaculaire de bain forcé) mais qui se montre trop anodin pour convaincre. Ses multiples tentatives pour se faire rembourser par les assurances - balayées par le plombier (excellent Alex Fernandez) - arrachent tout juste quelques sourires. Au final, House le soudoie pour faire casquer les assurances ! Pourtant, ça lui coûte plus cher que s’il avait accepté les réparations sans les assurances, mais il s’en fout : pour lui l’important, c’est qu’elles mettent la main à la poche rien que pour les emmerder ! House est prêt à beaucoup de choses pour défendre une idée ou une vengeance, et il le montre une fois de plus dans une des rares bonnes scènes de l’épisode.

Numéro 13 ne veut pas continuer son début de relation avec Foreman. Depuis sa première apparition, la jeune doctoresse avait rarement mis en avant ses faiblesses et son humanité. La voir fuir Foreman sitôt leur premier baiser est en fait le dernier obstacle qui la sépare de la totale acceptation de sa maladie. Après s’être perdue dans des plaisirs éphémères à la chaîne (La vie privée de Numéro 13), puis à en souhaiter une mort prochaine (Un diagnostic ou je tire), elle ne se sent pas encore prête à assumer une relation qui ne durera pas longtemps - on pense évidemment à Cameron épousant un cancéreux incurable. Mais elle trouve la rédemption et propose à Foreman de passer une soirée - dont on devine qu’elle durera jusqu’au matin - accédant enfin à la sérénité. Malheureusement, Olivia Wilde est toujours à la peine dans le registre émotion, et minore la réussite de ce segment. Le cliffhanger final (mais très tiré par les cheveux) casse net cette espérance avec Foreman piégé à son tour dans un cruel dilemme ! Quels tortionnaires, ces scénaristes !



Au-delà de Numéro 13, c’est bien la terrible transformation de Foreman à laquelle nous assistons : ce dernier sert ses intérêts personnels en mentant effrontément à Numéro 13 et au spectateur, dans l’espoir de pouvoir se rapprocher d’elle. House le lui fait savoir, et le spectateur, épouvanté, de voir Foreman agir d’une manière encore plus manipulatrice que House ! Enfin, nos amis Hameron goûteront le sous-entendu de Cuddy : Maman a du travail, vous irez jouer dehors avec Cameron sans faire de bruit. Ou celui de House : La faveur que vous me demandez, c’est pas avec une glace à la vanille et un bâtonnet ? Jennifer Morrison, en cynique glaciale, convainc largement dans ce domaine, à l’opposé de son jeu tortueux des premières saisons.


Infos supplémentaires :

- Aka. Le grand mal.

- La fille adoptive de Cuddy s’appelle Rachel.

- House aime bien les donuts.

- Taub a tenté de se suicider. Ses parents vivent dans le Queens.

- Cameron va remplacer temporairement Cuddy à la tête de la clinique le temps que celle-ci s'occupe de sa fille.

- Erreurs : Wilson donne à Cuddy un grand canard empaillé… que l’on peut voir à la fin de l’épisode Rêves éveillés. Cuddy aurait-elle volé le TARDIS au Docteur (Who) ? Le bébé de Cuddy est clairement un faux. Le test en double aveugle tel que présenté dans l’épisode est hautement fantaisiste ; entre autres exemples, le placebo est sensé être non reconnaissable par rapport au médicament expérimental, y compris avoir la même odeur, contrairement à celui de l’épisode.

- House fait un commentaire sur Chantons sous la pluie (1952).

- La chanson de l’épisode est I still care for you de Ray Lamontagne.



Acteurs :

Martin Henderson (1974) a débuté dans des séries australiennes, son pays d’origine, inédites en France : Summer Bay (7 épisodes), Sweat (26 épisodes), Big Sky (53 épisodes)... surtout en compagnie de son ami, le trop tôt parti Heath Ledger. Il a ensuite émigré aux USA. Au cinéma, il a joué dans quelques séries (Off the map (13 épisodes)…), et quelques succès du box-office comme Torque, Coup de foudre à Bollywood, Mi$e à prix, Bataille à Seattle, etc.

Jake Cherry (1996) a commencé dès son enfance à tourner au cinéma (La nuit au musée, L’apprenti sorcier...). Il a joué dans quelques séries : New York 911, Head cases (5 épisodes), Bones, Desperate Housewives (5 épisodes), Les 4400, Esprits criminels, etc. Il a reçu plusieurs Young Artist awards.

Sarah Danielle Goldberg (1974) a commencé par tourner au cinéma (Jurassic Park III, Virgins, etc.) mais a fini par se consacrer majoritairement à la télévision, jouant notamment dans les séries Amy (17 épisodes), Sept à la maison (16 épisodes), Les Experts, FBI : portés disparus, US Marshals, 90210 (6 épisodes), etc.



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99. Le petit paradis

Message  Dearesttara le Mer 20 Fév 2013 - 10:39

5.13 Le petit paradis (Big baby) :


- Si vous venez me voir avec une requête médicalement justifiée, je dirai oui.
- Cameron, je veux une fellation. J’en ai besoin, c’est un impératif biologique, c’est donc médicalement justifié.
- Je peux passer mon coup de fil ?
- Ca va être dur de faire les deux en même temps.



Sarah est un jeune professeur pour élèves handicapés à la bonté et à la patience admirables. Un jour, elle s’évanouit en vomissant du sang. Mais à l’hôpital les données ont changé : Cuddy a laissé sa place à Cameron qui désormais prend en charge l’hôpital… et House ! House et elle se livrent à un duel psychologique tordu, tandis que Foreman est pris dans un très lourd problème éthique…


L’épisode le plus « Hameronien » de la série.

A travers un duel à fleurets mouchetés, David Foster et Lawrence Kaplow jettent un regard sur le Dr.Allison Cameron. Ce personnage qui a connu bien des hauts et bas, atteint son apogée dans ce bel épisode où elle passe l’épreuve du feu : savoir s’opposer à House. A coup de bluffs, retraits, retournements, ornements rhétoriques enfumants, les deux auteurs bâtissent non seulement un réjouissant suspense psychologique mais aussi sentimental, où l’implicite des sous-entendus du Hameron flirte avec la ligne jaune. Hugh Laurie est comme toujours excellent, mais c’est vraiment Jennifer Morrison qui fascine, en livrant a tempo sa meilleure interprétation de toute la série. Le cas médical est brillamment mené, et le fade « Foreteen » devient beaucoup plus intéressant grâce au problème d’éthique rencontré par Foreman. Hélas, Shore persiste dans sa fatale décision à transformer la solide Cuddy en une matrone pleurnicharde. Lisa Edelstein en rajoute de bon cœur dans le larmoyant lourdingue, ce qui prive l’épisode de son quatrième melon.

Challenge pour la comédienne Erika Flores qui hérite d’un rôle sucré et mignon tout plein. Heureusement, le pétillement de son jeu enthousiaste fait que jamais Sarah ne nous saoule de sa gentillesse débordante. Au contraire, elle attire tout de suite la sympathie pour son grand amour des enfants, et sa confiance en l‘avenir. Ainsi, la scène a priori niaise du « petit paradis » devient-elle tout à fait délicieuse. Le cas est mené tambour battant car House se livre à une bataille enlevée avec Cameron pour l’éprouver. Ainsi, chaque symptôme de la patiente est pour House l’occasion de transformer la gravité de la situation en comédie noire avec ses propositions d’examens médicaux tout à fait hors de propos ! La douceur chaleureuse de Sarah est unique au milieu de tous les patients angoissés qui défilent dans l’hôpital. Toutes ses scènes avec les enfants handicapés sont d’une finesse délicatement ciselée.



Pas mal de scènes surprenantes se succèdent, comme la fausse irradiation, le bain glacé, le découpage du crâne… on ne s’ennuie pas. La série se montre alors très cruelle avec son méchant twist final, terrible négation des qualités altruistes de Sarah. A croire que pour la série, les bons comportements ne sont que le fruit de redoutables maladies ! Cette fin très négative se voit soudainement éclairée d’un fulgurant rayon de soleil dans la scène finale : un simple mais puissant jeu de regards donne une lueur d’espoir, et une possibilité d’happy end total, c’est touchant et inattendu. Après quatre saisons et demi, la série sait encore nous surprendre, c’est bon signe !

Cuddy s’enfonce toujours plus dans la niaiserie facile et bête. On comprend que la série ait voulu parler de ce mal qui touche certaines femmes : l’absence de tout sentiment affectif envers leur enfant aux tous débuts, a fortiori quand cet enfant n’est biologiquement pas le vôtre. Mais le cabotinage insupportable de Lisa Edelstein rend cette bonne volonté caduque. De plus, le traitement de son histoire ne se contente pas de flirter avec le ridicule, mais y plonge carrément.

Ainsi, la scène du test cérébral, perturbée par les pleurs du bébé à l’autre bout du fil, est certainement une des scènes les plus grotesques de toute la série. Ce n’est ni dramatique ni comique, c’est juste lourd : faut vraiment que Cuddy ait un grain pour ne savoir qu’hurler sur sa gamine quand elle pleure. Et puis miracle, après une fanfare de cris, voilà que bébé Rachel se calme ! Réalisme zéro. Ce serait la diablesse Jordan Sullivan de Scrubs, on pourrait comprendre, mais un personnage aussi sérieux que Cuddy dans une série sérieuse, non ! Et puis, au secours la scène juste après avec House, où elle surjoue à mort la joie enfantine d’avoir réussi à communiquer (gueuler en fait) avec son bébé. C’est beau comme l’antique, c’est surtout d’une bêtise consternante ! Seules les remarques acides de House qui lui recommande de bazarder l’enfant épicent ce gros bouillon.



On salue aussi l’histoire avec Foreman. Sa relation avec Numéro 13 perturbe son objectivité. Il sait qu’elle a un placebo et non le traitement expérimental. Malgré qu’elle se sente mieux, Foreman est catastrophé par cette révélation, et il en est réduit à demander conseil à Chase d’abord puis à House. House lui fait prendre conscience qu’il tient à son travail de médecin plus qu’à elle, et qu’il ne doit pas donc risquer son job pour elle… mais si il l’aime, alors il se sentira obligé de commettre une terrible faute. On remarque que House ne le sermonne pas : il sait et comprend que l’amour pousse à commettre toutes les folies, et ménage presque Foreman. Inattendu !

Bon, venons-en au plus intéressant : je parle bien sûr du duel acéré mais sur du velours entre House et Cameron. Cuddy lui a laissé sa place, le temps qu'elle arrive à s'occuper du bébé. Première chose qu’on remarque : dans son ensemble bleu uni, Jennifer Morrison bat des records de beauté. House déclare que Cameron se rendra rapidement compte qu’elle ne peut rivaliser avec lui, et qu’« elle le violera à ce moment-là ». L’intéressée répond : C’est pour ça que j’ai accepté ce poste ! Le regard qu’elle lui lance à ce moment-là est plein de joie maligne, sans doute émoustillée de croiser le fer avec son ancien patron, mais aussi plein de désir sans ambiguïté. Le regard que House lui jete quand elle quitte la pièce est également très troublant, comme s’il n’avait jamais totalement oublié l’attirance qu’il lui vouait.



Ce pan de l’épisode est une enfilade de bluffs sacrément tordus. Chacun dit à l’autre le contraire de ce qu’il pense dans l’espoir de le destabiliser. Cameron accepte une opération dangereuse sans preuve, et refuse un examen bénin avec preuve, ce qui ulcère le diagnosticien, qui n’avait manifestement pas prévu que son adversaire soit aussi calculateur ! Mais House est tellement intelligent qu’il se sert des propres armes de Cameron, et l’incite à commettre une faute professionnelle. Cameron a changé, est devenue plus cynique, plus sagace, plus impérieuse, tenant même tête à une Cuddy furieuse. Mais House reste hors d’atteinte, elle doit finir par s’incliner.

House a toujours méprisé le faible que Cameron avait pour lui, mais il se sert de ce faible dont il est sûr qu’il existe toujours (à raison, regardez simplement le body language de la jeune femme) pour l’amener à lui laisser les mains libres. La coda avec le renoncement de Cameron est très belle : Je dirai toujours oui à House, il est dans ma tête. Malgré son amour pour Chase, elle reste attachée à House. Il ne cache pas son attirance sexuelle pour elle, mais il est visible que cela ne lui importe pas. Ses gros sous-entendus sexuels ne sont pas aussi « gratuits » que ceux qu’il réserve à Cuddy : il ne s’en sert que pour la destabiliser ou la transformer en souffre-douleur. Par ailleurs, il n’a jamais supporté qu’elle lui ait tenu tête en démissionnant de son plein gré : avec cette victoire, il trouve enfin sa revanche. On voit qu’il n’était motivé que par ça depuis la saison 4, cassant ainsi toute possible hypothèse de « réciprocité ». Il faudra attendre House divisé pour comprendre enfin la teneur réelle du Hameron.



Après ce sommet, Cameron va perdre en intérêt, commencera alors pour le personnage une lente descente. Mais en attendant, on émerge de cet épisode admiratif de la gestion par les scénaristes de cette relation unique dans le monde des séries.


Infos supplémentaires :

- Aka. Gros bébé.

- Wilson a une cousine. Il appelle sa patronne « Lisa » en VF !

- La patiente de cette épisode présente de nombreux points communs avec celle du pilote : Elle s'occupe d'enfants, non pas forcément en bas âge mais autistes et est prise de maladie dans sa classe.

- Pour sous-entendre la relation désormais passée au stade charnel entre Foreman et Thirteen, House déclare : He's boldly gone where no man has gone before. Une référence à la série Star Trek. Il fait référence (encore !) à Star Wars en déclarant : Or as my old mentor, Old Ben, liked to call it, « The Dark Side ». Enfin, House appelle le jeune enfant attardé Corky, référence à la série Corky, un garçon pas comme les autres. Taub et 13 regardent à la télévision le film Fletch aux trousses (1985).

- La chanson de l’épisode est On my side par Cory Chisel et les Wandering Sons.



Acteurs :

Erika Flores (1979) ne tourne pas beaucoup. Mais elle a acquis une notoriété en jouant jeune le rôle de Marissa Flores dans un épisode de la série Star Trek : la nouvelle génération, devenu assez populaire depuis les fanfics de l’écrivain Stephen Ratliff, et surtout en jouant le rôle de Colleen Cooper dans 59 épisodes de la série Dr.Quinn, femme médecin. On l’a vue aussi dans Notre belle famille, La croisière s’amuse : nouvelle vague, Les Experts : Miami, etc. Elle est la sœur d’April Flowers, une fameuse pornstar.


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100. Prises de risques

Message  Dearesttara le Ven 22 Fév 2013 - 11:24

5.14 Prises de risques (The Greater Good) :


- Pourquoi les ascenseurs tomberaient en panne rien que pour m’embêter ?
- J’sais pas. Ils ont peut-être envie de prendre du temps pour s’occuper quelques jours de leur petit môme plat. Ils ont dû le laisser à la maison avec une nounou pour le garder parce que vous avez obligé la remplaçante de l’ascenseur à rendre son tablier parce que vous n’êtes pas capable d’écouter qui que ce soit à part moi. Mais ce n’est qu’une hypothèse.
- Vous avez tort, je ne vous écoute pas non plus.


Dana Miller, ex-chercheuse en cancérologie, est victime d’un pneumothorax. Foreman apprend avec consternation que l’état de Numéro 13 s’aggrave depuis qu’il lui a donné le traitement expérimental. Ni l’un ni l’autre ne peuvent travailler. Pendant ce temps, Cuddy, ulcérée de devoir reprendre son poste à cause de House, se venge en multipliant les mauvais coups…

Généralement, le 100e épisode d’une série est l’occasion d’un événement spécial, d’un épisode décalé, rétrospectif, d’une prestigieuse guest star invitée… Dr.House choisit en effet un épisode qui change de l’ordinaire car il est intégralement raté ! C’est avouons-le est une idée assez étonnante. Sara Hess, manifestement sous somnifères, réussit en effet l’exploit de construire un épisode de 42 minutes absolument vide, réussissant même à éliminer les valeurs sûres de la série (cynisme de House, Wilson, réparties…). Cas balourd, histoires secondaires terriblement molles et trop importantes, absence totale d’intensité, personnages transparents... il faut remonter à Fils à papa (saison 2) pour retrouver un tel ratage.

Dana Miller fait partie des grands gâchis de la série. Cette chercheuse réputée, qui a tout plaqué pour vivre enfin une vie selon ses désirs, était plein de promesses, mais l’épisode reste évasif. La comparaison avec Changement salutaire (saison 4) est désastreuse pour The Greater Good. Certes, il parle de la grande difficulté pour un homme de concilier dans sa vie vocation et vacances (vocation and vacation comme dirait Mark Twain) : faire un travail qui en même temps vous épanouit. Mais le personnage, pas du tout développé, ne fait que répéter à satiété son changement de parcours. La prestation peu mémorable de Judith Scott n’arrange rien. Les petits débats entre médecins sur ce sujet, à la va-vite, sont plus verbeux qu’instructifs. Même Wilson, d’habitude génial dans son rôle de psy, est terriblement terne. De plus, la discussion sur Amber tombe comme un cheveu sur la soupe, et se voit prestement évacuée en quelques secondes, sabordant ce qui aurait pu devenir une histoire intéressante : Wilson commençant enfin à se libérer de son deuil. Mais à part deux scènes muettes de quelques secondes, ce point est vite survolé.



La série on le voit, continue de jeter un regard sombre sur la destinée des hommes mais les discussions sonnent faux, sont dépourvues de tout développement. Bref, rien qu’une prose lassante, qui empèse un cas médical comptant parmi les plus ennuyeux de la série. C’est bien simple, rien ne marche : diagnostics longs et incompréhensibles, patiente sans intérêt, médecins qui ne valent pas mieux, humour absent. House paraît même fatigué, traversant l’épisode sans faire d’éclats. Le twist final n’est pas mauvais mais ne vaut pas grand-chose dans une telle purge. Passons…

Passons à Foreman et Numéro 13. Les espérances de l’épisode précédent sont battues en brèche, leur histoire ayant tout du sous-Urgences (numéros d’acteur et vélocité en moins). Foreman, qui devait être le plus solide de l’équipe s’effondre lamentablement en commettant bourdes sur bourdes. Il est étonnant qu’un médecin comme lui n’ait pas réalisé qu’un produit expérimental comporte des risques. Certes l’amour est aveugle, mais là on frôle avec le surréalisme. La dégradation physique de Numéro 13, lourdement larmoyante, est outrancière, bardée de clichés grossiers ; on est loin de Un diagnostic ou je tire ! Elle n’a rien à faire ici, elle ne donne lieu qu’à des lamentations pesantes de son bien-aimé, d’un désespoir tout aussi pesant de l’intéressée, et un House peu judicieusement sérieux. L’anaplodiplose de la scène de lit Foreman-13 est à pleurer par sa naïveté. Rien à faire, le Foreteen n’est pas crédible un seul moment. Le beau happy end, rétropédalage laborieux, nous achève par son ridicule, et rend caduc tout l’arc entamé depuis quelques épisodes. Omar Epps joue certainement une de ses pires prestations, alors même qu’Olivia Wilde commence enfin à élargir sa palette en se montrant plus crédible dans le registre émotion. Mais sa partition est si mauvaise que ce point positif passe à l’as.



On croyait avoir tout subi avec Cuddy qui hurlait contre son gosse dans l’espoir de le faire taire. Mais c’est sans compter sans les scénaristes qui arrivent à aller encore plus loin dans le grotesque. Sous nos yeux incrédules, Cuddy, dirigeante ferme et décidée de l’hôpital, s’abaisse toujours plus en faisant des farces pathétiques à House, tout à fait indignes de son rang. C’est donc ainsi qu’elle veut se venger de House qui en décourageant Cameron, l’a forcée à revenir à l’hôpital ? Dans un cadre Huddy, on pourrait le comprendre, mais ici, tout est au premier degré. C’est lamentable, et le fait que House ne réponde pas à ses provocations comme il l’explique dans une scène maligne avec Wilson (un des rares bons moments de l’épisode) fait terminer le ping-pong cinglant entre lui et elle avant même de le commencer. Encore une bonne idée fichue en l’air ! On ne s’étonnera donc pas d’un autre rétropédalage : Cuddy demandant pardon à House d’avoir agi comme une crétine. Rien à dire sur Lisa Edelstein, tout à fait dans son rôle, mais elle ne fait que souligner l’absurdité de l’orientation prise par son personnage. Absurdité qu’on retrouve tout au long de l’épisode, comme Foreman écopant d’un simple avertissement pour sa grave faute professionnelle. Ca sent la grosse ficelle à plein nez.

Et puis il y’a aussi Taub et sa femme qui traversent une légère crise due à la persistance de Rachel à ne pas vouloir d’enfant, ce que semble regretter son mari qui s’enfonce dans une morosité malaisée. Malgré les toujours justes Jacobson et Crystal Foley, leurs scènes achèvent d’écraser l’épisode sous des tonnes de lourdeur.



Episode ni fait ni à faire, il tombe bien mal pour fêter la production du 100e épisode, et montre à quel point l’évolution des personnages proposée par la série s’est montrée hors sujet. Fort heureusement, les auteurs vont vite se rattraper car la deuxième moitié de cette saison va se révéler d’une toute autre nature, accumulant chefs-d’œuvre sur chefs-d’œuvre. Fans de la série, acceptez cette panne passagère, et vous serez récompensés dès l’épisode suivant !


Infos supplémentaires :

- 100e épisode de la série.

- Aka. A la recherche du bonheur.

- Deuxième épisode où un médecin devient provisoirement aveugle, ici, Numéro 13. Foreman fut le premier dans De l'autre côté (saison 2).

- Jennifer Morrison (Cameron) et Jesse Spencer (Chase) n'apparaissent pas dans cet épisode.

- Numéro 13 fait référence à Jonas Salk dans cet épisode. Jonas Salk (1914-1995), biologiste américain, développa assez tôt quelques vaccins avant de créer en 1954 le couronnement de sa carrière : le vaccin anti-poliomélite, qui soignait une des maladies les plus dévastatrices chez les jeunes enfants. Il reçu pour cela le prix Albert Lasker pour la recherche médicale clinique en 1956. Salk était aussi un puriste qui refusa de breveter sa création - qui aurait fait de lui au moins un millionnaire - estimant qu’il n’avait fait que son devoir envers l’humanité. A un journaliste qui l’interrogeait sur ce point, il avait répondu « Est-ce qu’on brevète le soleil ? ». (Source : Wikipédia)

- Lors de la chute de House, la position de l’IRM tenue par Taub change entre quelques plans.

- House demande qu’on apporte à la patiente un DVD de Beaches. Ce film de Garry Marshall, sorti en 1988, et commercialisé en France sous le titre Au fil de la vie raconte la forte et turbulente amitié qui se noute entre deux jeunes femmes, une née dans une famille riche, l’autre luttant pour devenir une comédienne.

- La chanson de l’épisode est Brand new day de Joshua Radin.



Acteurs :

Judith Scott est une actrice de télévision. Elle a joué dans les séries Robocop, L.A. Docs (10 épisodes), Les Experts (6 épisodes), Les Experts : Miami, X-Files (épisode Luminescence), Preuve à l’appui, 24 heures chrono, FBI portés disparus, Jake 2.0 (16 épisodes), Esprits criminels, Monk, Urgences, Cold Case, Dexter (5 épisodes), Numb3rs, Les frères Scott, Castle (3 épisodes), etc.


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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Jeu 28 Fév 2013 - 0:52

A partir de demain, cavalcade ininterrompue des dix derniers épisodes de la saison pour les dix jours qui viennent. Attachez vos ceintures, c'est parti ! Very Happy
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101. Crise de foi

Message  Dearesttara le Jeu 28 Fév 2013 - 12:05

5.15. Crise de foi (Unfaithful) :




- Et pourtant, vous sauvez des vies.
- Je résous des énigmes. Sauver des vies n’est qu’un dommage collatéral.


Daniel Bresson est un jeune prêtre à la vie vide et morne. Un soir, il boit et a une vision du Christ avec les stigmates. House est intéressé par Bresson qui, malgré sa condition, a perdu la foi depuis qu’il aurait abusé sexuellement d‘un adolescent. Parallèlement, House ordonne à Foreman et Numéro 13 de cesser leur relation, qui nuit à l’hôpital ; sans quoi, il virera l’un des deux. Enfin, Cuddy ne sait pas si elle doit inviter House pour la zeved habat de sa fille…


Faire appel au Seigneur est toujours une valeur sûre pour les séries américaines, la tradition majoritairement protestante des américains fait que la foi religieuse est extrêmement prégnante dans le pays. Pour la troisième fois, après L’erreur est humaine (saison 1) et House contre Dieu (saison 2), la série se penche de nouveau vers la religion via un angle original : le prêtre qui a perdu la foi. Alors, le spectacle est moins enthousiasmant par rapport aux deux chefs-d’œuvre précédents, mais cette réserve est peu importante et cet épisode ne déroge pas à la règle qui veut qu’un épisode religieux soit un succès. Doué d’une grande profondeur, le scénario de David Hoselton mélange habilement trois arcs narratifs différents avec bonheur.

Malgré la ridicule apparition du Christ et une caméra épileptique, l’intro avec ce prêtre malheureux, qui picole et fume misérablement, nous frappe par son originalité.
House étant face à un prêtre incroyant, il le prend quasiment en amitié, passant beaucoup de temps avec lui (rarissime dans la série !). Leurs échanges sont révélateurs de la condition des athées, qui refusent l’argument du « libre arbitre » dont Dieu aurait doté les hommes. L’homme ne serait pas un animal raisonnable et est livré à lui-même dans un monde injuste et cynique que Dieu ne se résout pas à réparer. Cette « passivité » les fait conclure de son inexistence. Jimmi Simpson est très émouvant dans ce rôle, exprimant très bien le vide spirituel de son personnage.



Mais tout n’est pas si simple : Bresson fait comprendre à House qu’il est un croyant qui s’ignore. Malgré son dégoût de lui, il a une énorme vantardise sur ses capacités. Son ascendant général sur son entourage (patronne incluse) fait qu’il se prend pour un dieu d’une certaine manière. Amer, il sait qu’il a presque toujours raison et cela le déchire : autant il aime étaler sa « supériorité » en ayant toujours le dernier mot, autant cela le rend malheureux car ses prédictions sont toujours pessimistes et révélatrices d’un monde si laid. Aussi, cherche-t-il intérieurement quelqu’un qui le remettrait à sa place et le convaincrait d’un autre point de vue. Il aurait tort mais serait soulagé de sa position de « Dieu » dans l’hôpital. Piédestal haut perché mais solitaire : son orgueil adore car cela ne le rend pas « humain », mais son cœur le hait car le condamnant à une vie sans joies. Encore une fois, l’influence du Dr.Cox de Scrubs est patente : lui aussi recherche quelqu’un qui pourrait lui répondre (les idéalistes J.D et Drew), ou vivait avec une ex encore plus cynique que lui. Mais à la différence de Cox, House est désespérément verrouillé : c’est un personnage bien plus pessimiste et sans espoir. La peu convaincante pirouette de House montre son trouble.

Quant à Bresson, il aurait pu continuer à avoir la foi malgré ce monde absurde mais cette affaire de pédophilie l’a achevé. Nous avons déjà vu qu’une foi religieuse peut être ébranlée par un choc (Chase, Sœur Augustine de L’erreur est humaine [saison 1], Foreman dans … Au suivant [saison 2]). Le suspense est habilement maintenu : Bresson a-t-il été réellement coupable d’abus sexuel ? La réponse est sans cesse différée et les révélations finales (ah, ces symptômes en trop !) permettent une ouverture : Bresson a vécu en 24h trop de coïncidences pour rester indifférent. Bien que House le prévienne que tout est explicable rationnellement, Bresson pense que c’est plus que ça. Retrouvera-t-il la foi ? On l’ignore, mais cette expérience l’a secoué. D’ailleurs, l’hallucination était peut-être une vision spirituelle et non un excès d’alcool. Hoselton refuse de prendre parti et donne une très belle fin inachevée. On regrettera seulement que Jake Thomas surjoue quelque peu son rôle d’accusateur.



Foreman ayant violé la loi à plusieurs reprises par amour pour Numéro 13, House veut les séparer. Cuddy abandonne Foreman pour des raisons analogues. Comme House, elle est figée dans un carcan de règles, et se montre ainsi très proche du diagnosticien. Le couple plonge dans la crise : chacun veut montrer à l’autre qu’il l’aime en démissionnant. Chase et Cameron, d’un monstrueux égoïsme leur conseillent de rompre (l’amour et le travail ne vont pas ensemble. Quel culot !!). Finalement, House ne voulait séparer Foreman et 13 pour leur redonner leur indépendance et les rendre plus efficaces ! Mais la fin de l’épisode voit Foreman réintégré et toujours avec Numéro 13 à l’insu de House… L’amour semble triompher, mais la série n’a pas dit son dernier mot ! Omar Epps retrouve des couleurs après la berezina de l’épisode précédent, et Olivia Wilde est comme toujours brillante dans la froideur et la colère.

En parallèle, le Fuis-moi, je te suis ; suis-moi, je te fuis de House-Cuddy est assez festif ! Cuddy veut inviter House arguant que quoiqu’elle fasse, il fait partie de sa vie (les shippers Huddy sont ravis !). House refuse mais finit par accepter sous l’impulsion de Wilson. Cuddy est furieuse : elle ne veut pas que House vienne et elle lui a proposé l’invitation pour être certaine qu’il refuserait !! Tordu ? C’est pas fini ! House finit par redécliner de nouveau mais Wilson fait prendre conscience qu’au fond d’elle-même, Cuddy veut que House vienne (et réciproquement) : elle le nie d’abord… avant de se raviser ! Mais nos deux amis sont trop fiers pour avouer leurs pensées ! Jeu de cache-cache complètement non-sensique qui redonne de l’intérêt au personnage de Cuddy qui pataugeait dans le grotesque depuis quelque temps. Ca fait plaisir de retrouver la directrice que l’on aime, et son interprète, visiblement ravie de revenir à un rôle bien plus percutant et drôle.




Infos supplémentaires :

- Taub est avec sa femme depuis 12 ans.

- House dit que la zeved habat est une cérémonie juive dans laquelle on officialise le nom du bébé. C’est en effet ça, mais ce n’est pas tout à fait précis : cette cérémonie ne concerne en fait que les filles. Pour les garçons, l’équivalent est le brit milah où a lieu la circoncision. En effet, la zeved habat se substitue à l’ancienne pratique honteuse de l‘excision.

- Jimmi Simpson, qui joue le patient principal de cet épisode, est le mari de Melanie Lynksey qui jouera dans la saison 8.

- House, pour appeler le couple Foreman-Thirteen l’abrège en mot-valise « Foreteen ». C’est un jeu de mots avec le nombre quatorze en anglais (Fourteen). Depuis, il désigne chez les fans ce couple. La version française perd ce jeu de mots (« Foretreize » ).

- Le morceau final, d’une allure toute juive, que joue House sur son piano, a pour titre « Sérénade de Cuddy ». Il a été composé par Hugh Laurie lui-même, qui l’interprète également. Peu avant cette pièce, il joue quelques mesures de You can’t always get what you want, la chanson des Rolling Stones qui revient de temps en temps dans la série depuis le pilote.

- Un nouveau poster est visible dans le bureau de Wilson, il représente une affiche du film Des gens comme les autres (1980) de Robert Redford.

Erreurs :
- Bresson dit citer Einstein quand il dit Les coïncidences, c’est-ce que Dieu fait pour rester anonyme. En réalité, cette citation a été faussement attribuée au scientifique. On ne sait pas qui est son auteur, bien qu’on l’attribue aujourd’hui à l’écrivain Doris Lessing (1919).
- La dernière scène Wilson-House ne dure que quelques secondes, mais plusieurs minutes se sont écoulées à la montre de House.

- La soundtrack est également constituée de Firesuite de et par Doves, et de Everything a dream could be de et par Wayne Jones et Jon Ehrlich.



Acteurs :

Jimmi Simpson (1975) passe son diplôme en art théâtral à l‘université de Bloomsburg. Il travailla quelques années au théâtre de Williamstown, Massachusetts. Il a interprété quelques petits rôles au cinéma comme dans Zodiac, La coccinelle revient, ou Crazy Night. Il a joué dans les séries 24 heures chrono (3 épisodes), Earl, Les Experts (2 épisodes chacun), Cold Case, Eleventh hour, How I met your mother, etc.


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102. Un peu de douceur

Message  Dearesttara le Sam 2 Mar 2013 - 0:53

5.16 Un peu de douceur (The Softer Side) :



- Je crois que mon pénis fait un malaise, vous pouvez le réanimer ?


Jackson Smith est né avec une mosaïque génétique : il est mi-garçon, mi-fille. Ayant le choix, ses parents ont décidé à sa naissance qu’il serait un garçon, ce que des opérations chirurgicales ont réussi à faire. Devenu adolescent, Jackson s’effondre en jouant au basket. Ses prédispositions génétiques ont-elles un lien avec sa maladie ? Mais l’équipe a la tête ailleurs : House est méconnaissable, sans cesse courtois, poli, gentil… ! Lorsqu’il fait un malaise cardiaque qui manque d’être fatal, tout le monde se demande ce qui lui arrive…


La saison 5 signe une histoire digne des premières saisons avec cet épisode surprenant et décalé. Le scénario de Liz Friedmann s’appuie sur deux postulats très forts : un patient atteint d’une incroyable maladie génétique, et de surcroît soigneusement développé ; ainsi qu’une métamorphose hallucinante de House en homme affable et courtois, qui va bien plus loin que Retour en force (saison 3). Le tout donne un épisode où se télescopent sans cesse drôlerie et quasi-tragédie. La stupéfiante chute finale, d’un humour sardonique qui prend le spectateur dans un contre-pied total, rompt étonnamment avec toutes les autres fins de la série !

Jackson s’est toujours senti « différent », il sait qu’on lui cache quelque chose et souffre de ne pas savoir. Sa volonté de tout contrôler, savoir, s’explique autant par la prescience de ce qu’il est (mi-homme, mi-garçon, le partenaire idéal de Numéro 13 comme dit House !) que par son tempérament adolescent. La série échappe ainsi à la facilité par cette ambiguïté. Sa réaction passionnée quand il apprend la vérité l’assomme, et en retour, il maudit ses parents de la lui avoir cachée. Nouvelle ambiguïté : est-ce une réaction naturelle de déni ou un reproche féroce contre ses parents qui ont sous-estimé sa maturité et ne lui ont pas fait confiance ? La correspondance avec Numéro 13 est évidente, elle a toujours reproché à ses parents de lui avoir caché si longtemps sa prédisposition à sa maladie : elle a voulu éviter une nouvelle « erreur » en forçant les parents à tout révéler à leur fils. Cependant, Dominic Scott Kay, correct, joue en-dessous de ce que le personnage pouvait apporter. Ben Reed est académique, Julia Campbell s’en sort mieux en mère poule.



Depuis Françoise Dolto, nous savons qu’enfants et adolescents ont un sixième sens qui les font deviner les secrets les plus graves. Il est alors du devoir des parents de les lui dire au moment opportun. Mais quand est ce moment ? La série ne porte aucun jugement sur les parents qui ont trop longtemps repoussé le moment fatidique. Ils ont bien failli sur un point, mais peut-on le leur reprocher ? : ils ont trop couvé leur fils et leur amour parental s’est mélangé à une compassion naturelle. Quand ce sentiment dirige les liens familiaux, ces liens deviennent distordus : surprotection de l’enfant et sentiment d’impuissance de ce dernier. House le leur fera remarquer : c’est une erreur de la nature, ce n’est pas une raison pour le traiter comme tel. Les parents laisseront alors à Jackson la possibilité de vivre pleinement sa vie, un joli happy end lumineux. L’épisode enchaîne aussi les surprises, avec le poème « suicidaire » de l’enfant ou le dîner Wilson-House où le premier teste le dernier dans une scène en suspense…

Mais c’est bien sûr House qui est au centre de l’épisode. Semblant flotter sur un nuage, il est d’une politesse estomaquante ! Il demande la permission à Wilson de se servir dans son assiette, se fait remercier par un patient en consultation (une scène assez marrante), accepte que l’on fasse une IRM à la demande des parents bien qu’il sache que c’est inutile… Mais alors qu’un ton léger habillait les premières scènes, l’attaque cardiaque de House qui manque de casser sa pipe bascule l’épisode vers le drame. House souffre en permanence, et se réfugie dans les drogues dures pour calmer la douleur, à la clé, un coup de théâtre par sa démission fracassante de l’hôpital ! Scène où tout le désespoir et la résolution inflexible de House s’affichent : la douleur, sensation tellement puissante qu’elle vous bousille l’existence : House se saborde pour ne plus avoir mal, prêt à risquer sa vie et à abandonner son boulot !



Et attention le choc ! House va essayer de trouver un nouveau job et va jusqu’à se raser !!! Ne manquez pas House glabre, il en prend un sacré coup ! Comme Mr.X se rasant la moustache dans X-Files, il a l’air complètement inoffensif et… banal ! Ca tient à peu de choses ! Cuddy exprime alors sa faiblesse envers House : elle est prête à le garder et à lui fournir sa drogue (modérément) pourvu qu’il reste ! Cette licence est un nouveau pas vers le Huddy : Cuddy regagne des couleurs, sa relation avec House devient plus intense, alors qu’elle ne joue que sur les sous-entendus et les doubles lectures de situation (la raison officielle du comportement de Cuddy étant qu'elle veut garder le meilleur médecin de l'hôpital). Subtil !

La scène finale est d’une grande splendeur : la chute terminale, idéalement ironique, est à l’opposé de ce que nous avons alors déjà connu. House hurle contre les parents, malheureux et involontairement responsables de la dégradation de l’état de Jackson. Mais c’est en fait un masque : il hurle en fait contre lui-même. Totalement drogué, il a failli tuer ce gamin. Sa culpabilité l’horrifie et il stoppe tout. C’est une des rares fois où on le voit abattu et si dégoûté de lui. Quand House laisse enfin parler sa conscience, c’est à la fois rare et beau !



Parmi les morceaux de bravoure comiques, Wilson rencontrant la call-girl de House, Wilson certain que House a couché avec Cuddy, mais surtout un impressionnant filage de métaphore par Foreman et Numéro 13 sur l’amour comparé à des parfums de glace, les bons mots crépitent à chaque réplique ! Il y’a aussi Taub imitant Foreman quand il est joyeux ou triste (référence à Terminator), Taub et Kutner et leurs petites allusions faussement innocentes, montrant qu’ils ne sont pas dupes de la « rupture » de leurs coéquipiers, les deux scènes sur les chaussures de Thirteen... On trouve pas mal d’occasions de rire dans cet épisode ! Mais de tout cela, on retient surtout l’inouïe composition de Hugh Laurie en médecin attentionné et gentil, à l’opposé complet de l’habitude du rôle. Une satanée performance !


Infos supplémentaires :

- Aka. La face cachée.

- Jennifer Morrison (Cameron) et Jesse Spencer (Chase) n'apparaissent pas dans cet épisode.

- Julia Campbell est la femme de Jay Karnes, qui jouera le patient principal de l'épisode suivant ! Dr.House est une grande famille...

- Pour l’« urétroscopie » de Jackson, Taub utilise un outil trop gros pour passer dans l’urètre. Il s’agit en fait d’un gastroendoscope, qu’on utilise pour sonder les gorges.

- Taub fait référence à Terminator 2 (1991) de James Cameron, quand il évoque le T-1000.

- Les chansons de l’épisode sont $300 de Soul Coughing, et Bobski 2000 de Galactic.



Acteurs :

Dominic Scott Kay (1996) a commencé très tôt sa carrière au cinéma en écrivant et réalisant deux courts métrages, il a joué quelques seconds rôles au grand écran qui commencent à le faire connaître : Minority Report, Pirates des Caraïbes 4... Il est également membre d’un groupe de rock (il joue de la guitare, du piano, et de la batterie) et compose des chansons. Il a joué dans quelques séries : Oliver Beene (4 épisodes), FBI : portés disparus, NCIS, etc.

Julia Campbell (1962) est une actrice de télévision. Elle s’est tournée vers ce métier après qu’elle dut renoncer à être ballerine pour cause de scoliose sévère. Elle a joué dans les séries américaines les plus importantes comme Arabesque, La vie à cinq, Seinfeld, The practice, Le caméléon, Friends, Ally McBeal, Preuve à l’appui, Malcolm, Mon oncle Charlie, Desperate Housewives, En analyse, The shield, Scrubs, Heroes, Big Love, Mentalist, Dexter (5 épisodes), Les Experts, Les Experts : Miami, No ordinary family, Lie to me, Esprits criminels, Drop Dead Diva, Justified (2 épisodes), etc. Au début de sa carrière, elle a tenu des rôles récurrents dans une dizaine de séries locales, dont 12 épisodes de Santa Barbara. Elle est l'épouse de Jay Karnes (cf. épisode suivant).

Ben Reed (1965) a surtout joué à la télévision. On a pu le voir dans les séries Seinfeld, Les dessous de Palm Beach, Arabesque, Lois et Clark, Les feux de l’amour, La croisière s’amuse : nouvelle vague, X-Files (épisode Nouvelle génération partie 2), NCIS, Les Experts, Fashion House (13 épisodes), Three rivers, etc.



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103. Je dis tout ce que je pense

Message  Dearesttara le Dim 3 Mar 2013 - 0:38

5.17. Je dis tout ce que je pense (The social contract) :



- J’ai dit à Wilson que vous m’aviez envoyé à la pêche aux infos.
- Et maintenant vous me le dites. Vous êtes quoi alors, un agent quadruple ?


Lors d’un dîner, l’éditeur Nick Greenwald humilie ouvertement un jeune écrivain avant de s‘évanouir. A l’hôpital, il continue de balancer tout ce qu’il pense, blessant gravement sa femme et sa fille, tout en indisposant les docteurs. Ces derniers doivent trouver la maladie avant que son ménage se brise sous le coup de ses révélations involontaires mais réellement pensées. House, étonné du curieux comportement de Wilson, le harcèle pour savoir ce qui se passe…


La saison 5 s’attaque cette fois… au Couple ! Quoi, encore ? Oui mais la série va cette fois plus loin : certes, on est toujours avec l’image du couple-qui-s’aime-mais-qui-n’est-pas-sincère, mais Dr.House passe la vitesse supérieure en montrant l’hypocrisie du ménage dès l’introduction et jusqu’à la fin ! L’histoire de ce pauvre éditeur, contraint de dire toute la vérité par sa maladie n’est pas sans rappeler Rien que la vérité, un épisode de La Quatrième Dimension où un bonimenteur était forcé de dire la vérité sous l’influence d’une voiture enchantée. Mais là où Rien que la vérité se contentait d’un simple enchaînement automatique de petites scènes amusantes, Je dis tout ce que je pense est bien plus noir avec un ménage battant de l’aile sous le coup des pensées les plus intimes du mari livrées au grand jour. Avec pour le coup un happy end qui aura rarement sonné aussi faux. Le découpage de cette histoire originale et grinçante, née de la fertile imagination de Doris Egan, fait penser à une symphonie de Shostakovitch : alternance de moments très sombres ou plein d’humour noir, pour se terminer dans une fausse apothéose où la Joie devient caduque sous le poids de l’Ironie, la seule à triompher.



L’intro où Nick (excellent Jay Karnes malgré un numéro un peu répétitif) massacre un pauvre écrivain puis sa propre femme donne le la. Par la suite, disant tout ce qu’il lui passe par la tête, le patient dynamite toutes les situations à coups de répliques qui tuent à la vitesse d’une mitraillette folle. La scène de l’IRM où il fait des avances sexuelles d’une vulgarité énorme à Numéro 13 puis à Cuddy est un très grand moment d’abattage ! Avec bien sûr notre cher House qui a amené Cuddy sur les lieux pour qu’elle puisse profiter du spectacle. Scène qui permet une brillante lecture Huddy : Et si House exprimait son désir pour Cuddy via Nick ? Cette scène est symptomatique des détours les plus tordus que nous pouvons prendre pour arriver à nos fins, au lieu d’y aller franco. Jeu de cache-cache stérile mais finalement stimulant pour le spectateur que celui de House et Cuddy !
La scène où Foreman et 13 parlent des rapports hommes/femmes est aussi bien écrite.

L’ombre et le cyprès ne poussent pas dans l’ombre de l’autre disait le Prophète de Khalil Gibran pour dire aux mariés que chacun doit avoir sa part secrète, sa vie intime que l’autre n’a pas à savoir. Curieusement, cet axiome est aussi bien illustré par l’intrusion de House dans l’intimité de Wilson que par les pensées les plus enfouies de Nick. A cause de sa maladie, Nick se dévoile trop. Sa femme, révulsée de sa métamorphose, ne le supporte plus. L’ignorance c’est le bonheur disait Cameron, eh bien, on en a l’illustration avec ce couple heureux tant que l’un ne connaît pas l’autre. La série, amèrement, nous rappelle qu’on ne peut aimer et se faire aimer entièrement que grâce à la tolérance que nous avons des défauts de l’autre. Tolérance qui est soutenue par le mutisme imposé à nos plus noires pensées. Il est humain d’éprouver des pensées mauvaises et dégradantes mais on ne risquera pas de le dire tout haut. Privé de ce réflexe naturel, Nick détruit sa relation avec sa femme et sa fille (Susan Egan et Darcy Rose Byrnes, inintéressantes).



C’est par un réflexe de survie que Nick demande à House de l’opérer, alors qu’une telle opération le tuerait avec 99% de chances ! House, touché par sa détermination et accepte ! Peut-être parce que ce patient trop sincère et disciple malgré lui de la Vérité renvoie House devant lui-même… Le happy end est un des plus génialement artificiels de la série : Nick ne dira plus ses monstruosités mais les pense toujours et sa femme le sait bien. La famille ne sera plus jamais comme avant… On apprécie également quelques à-côtés comme un Foreteen moins présent, ou un Taub soudainement soucieux de son apparence.

Par un antagonisme savoureux, le Hilson subit aussi une telle expérience : House soupçonne un secret qu’il veut découvrir (le contraire du cas). En fait, c’est une résurgence d’un passé, déjà mentionnée dans L’histoire d’une vie (saison 1) qui en est la cause. A la lumière de la terrible histoire de Wilson, il prend une ampleur soudaine : sa gentillesse est une réponse excessive et désespérée à son « comportement » (pourtant aucunement mauvais) d’avoir été lassé un seul soir d’un frère handicapé qui l’empêchait d’étudier et auquel pendant si longtemps il fut un père de substitution. Il accepta de travailler à Princeton uniquement parce qu’il pensait que son frère s’y était réfugié. La scène est d’autant plus remarquable qu’elle ne sombre jamais dans le pathos. Ou comment la culpabilité, l’autopunition (prendre froid volontairement) peuvent nous enfoncer si on réagit trop passionnément à une action malheureuse ou qu’on juge à tort malheureuse. Ni Nick, ni « Jimmy » ne sont jugés ici, même House s’abstient de toute remarque. Cependant Robert Sean Leonard, pour une fois, offre une composition mitigée qui ne convainc pas tout à fait.



Une belle réflexion sur le « contrat social » (titre original de l’épisode mais dont le thème avait déjà été effleuré dans Peine de vie [saison 2]) : je suis gentil avec toi pour que tu le sois avec moi. Qui régit toutes les relations humaines malgré son hypocrisie. Le Hilson brille par son absence : il n’y a pas un tel contrat entre eux deux. C’est peut-être ce qui fait la force de leur amitié et son apparence conflictuelle. En dehors ce tout cela, quelques scènes très drôles pimentent le tout comme la partie de tennis contre le mur de la morgue, de Taub ! Jacobson et Laurie sont vraiment des cracks dans le registre comique ! Pour couronner le tout, la réalisation d'Andrew Bernstein est digne des meilleurs films de cinéma, avec ses cadrages savants et ses plans si suggestifs. Que demander de plus ?


Infos supplémentaires :

- Aka. L’Hypocrite heureux.

- House fait référence au Choixpeau d'Harry Potter.

- Le frère schizophrène de Wilson est mentionné alors qu'on avait plus entendu parler de lui depuis la saison 1.

- Bien que mentionnée, Cameron est absente de l'épisode.

- La rumeur dit que Susan Egan (Audrey, la femme du patient) est la sœur de Doris Egan, la scénariste de l’épisode ! Toutefois, ça n’a jamais été confirmé (ou infirmé).

- Petite erreur de montage : quand House vole de la nourriture à Wilson, il la met dans sa poche intérieure. Au plan suivant, on revoit la fin de la même action !

- Wilson se moque de House quand il explique pourquoi il est le sauveur du monde : When my parents put me in the rocket and sent me here, they said « James, you will grow to manhood under a yellow sun ». Soit une référence évidente à Superman !

- La chanson de l’épisode est The shining de Damon Gough.



Acteurs :

Jay Karnes (1963) est avant tout comédien de théâtre, applaudi pour ses interprétations des pièces de Shakespeare en particulier. Il a un peu joué au cinéma mais surtout dans des séries. Il est d’ailleurs surtout connu pour avoir joué le détective Holand Wagenbach, un des rôles principaux de la série The shield pendant les 89 épisodes de la série. On l’a aussi vu dans Le caméléon, Chicago Hope, Star Trek : Voyager, Ally McBeal, Cold Case, Numb3rs, Sons of anarchy (7 épisodes), Burn Notice, le remake de V (4 épisodes chacun), Les Experts (2 épisodes), Les Experts : Miami, The Glades, Body of proof, Esprits criminels, New York : unité spéciale, Los Angeles : police judiciaire, etc. Il est l’époux de Julia Campbell (cf. épisode précédent).

Susan Egan (1970), après une petite carrière à Broadway où elle attira l’attention par sa voix ample et grave, a joué surtout au cinéma (principalement des films d’animation) et dans des téléfilms. Si l’on excepte Mary, un des rôles principaux de la série Nikki qu’elle tint durant les 41 épisodes de la série, elle a joué dans La vie à cinq, Numb3rs, NYPD Blue… mais surtout dans des séries inconnues en France (Arliss, Haunted, Drew Carey show…). Son rôle dans cet épisode est à l’heure actuelle (début 2013) son dernier référencé.

Darcy Rose Byrnes (1998), malgré son jeune âge, a joué dans un nombre considérable de séries. Son rôle le plus renommé reste pour le moment celui de Penny Scavo dans 28 épisodes de la série Desperate Housewives. Elle a joué par ailleurs dans FBI : portés disparus, Cold Case, Amour glore et beauté (8 épisodes), Les feux de l’amour (141 épisodes), How I met your mother (5 épisodes), Private Practice, Dirty sexy money (3 épisodes), Médium (épisode Les liens du sang), Earl (2 épisodes), Ghost Whisperer, etc. Elle est par ailleurs chanteuse et parolière.



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104. Appelons un chat un chat

Message  Dearesttara le Dim 3 Mar 2013 - 20:41

5.18 Appelons un chat un chat (Here Kitty) :



- Si vous avez l’intention de me tuer et de me violer, prière de le faire dans cet ordre !


Morgan West, infirmière dans une maison de retraite, convulse devant House. Mais il se rend compte qu’elle a simulé. Elle lui avoue alors qu’elle a un chat dans l’hospice capable de prédire la mort : quand il s’allonge près d’un retraité, il meurt le jour suivant, et cela s’est produit 10 fois ! Et elle est sûre d’être malade car le chat s’est allongé près d’elle. House la garde quand même malgré Taub, d’une mauvaise humeur inhabituelle, et Cuddy, persuadée que ses symptômes sont factices. Pendant ce temps, Taub croise un lointain ami d’enfance qui pourrait l’aider, et Debbie, le chat, s’allonge près d’un comateux. Le lendemain soir, ce dernier meurt…


Cette fois, c’est au tour de la superstition de passer sous les verres grossissants de la série. Ce concept invisible, capable d’asservir le plus brillant esprit rien que par on-dits ou signes « du destin » purement factices est un domaine peu étudié dans les séries télé. Que Dr.House s’y intéresse est une preuve de la volonté de la série d’explorer l’âme humaine dans sa totalité. Et encore une fois, c’est une réussite totale. Le scénario de Peter Blake étant un des plus riches de la série.

Après une introduction comptant parmi les plus hilarantes de la série, nous nous intéressons à la patiente : Morgan est superstitieuse depuis un choc psychologique : la mort de son fils. Pour donner un sens à ce tragique événement, (caractéristique de l’humain qui veut toujours trouver une raison à ce qui lui arrive de mal), elle est devenue superstitieuse. Ridicule ? Non : pour paraphraser Fox Mulder, je dirais que les gens ont besoin de croire en quelque chose. Quelle est la définition de l’homme, celui qui le sépare des autres animaux ? Il croit en quelque chose, que ce soit Dieu, la Vérité, son Art… comme le démontrait Vercors dans son roman Les animaux dénaturés. Quelque soit ce en quoi on croit, c’est notre raison de vivre. Morgan est heureuse d’avoir des convictions, aussi absurdes qu’elles soient, pourquoi s’en priverait-elle ? Sa scène avec Chase où ils parlent des raisons de vivre est la plus belle de l’épisode. Traité d’anthropologie, voilà ce à quoi tend la série. La scène où elle et House discutent d’un pasteur qui fédéra une communauté sur des prédictions toujours de plus en plus fausses, persuadé qu’il aurait raison un jour est tout aussi superbe.



La série nous rappelle que House trouve toujours la solution (la chute du jour est merveilleusement maligne et cohérente) du patient grâce au hasard : un déclic fortuit, qui presque toujours n’a rien à voir avec le cas. Morgan l’énonce devant un House embêté dont sa réponse vous êtes idiote est dite d’un ton bien peu convaincant. Il accepte mal la part de hasard de son travail, lui qui veut toujours tout contrôler.

Uniquement grâce à des coïncidences, peut-on être convaincu d’un fait en réalité imaginaire ? Si oui, combien de coïncidences faut-il ? Si un tel thème n’est pas rare - on le retrouve dans Chapeau melon et bottes de cuir avec Affectueusement vôtre (saison 6) où Tara King est accusée de traîtrise sans preuve, avec uniquement des « coïncidences » -, son traitement est excellent, grâce à l’échéance de la mort prochaine et à sa réflexion sur nos croyances et nos peurs primales devant un enchaînement de circonstances qu’on a du mal à imputer au seul hasard. House lui-même, comme Kutner le devine, semble troublé et on peut penser que c’est aussi à cause de ce chat qu’il garde Morgan, pour être sûr qu’il n’a pas de don, uniquement des coïncidences… Il ira jusqu’à envoyer des grosses fumées de cigare pour aggraver l’état de l’infirmière et ainsi forcer Cuddy à la faire rester (!) Ou encore à examiner le cadavre de l’ex-comateux désigné par le chat pour trouver une explication au lieu d’être attentif à la patiente. Comme dans les épisodes religieux, House a peur d’être en face de quelque chose d’inexplicable et fait tout pour se persuader qu’il n’en est rien. Wilson a raison quand il lui dit ça…



Instant Hilson : Wilson remarque que House veut tout faire pour libérer sa patiente de sa superstition, pour qu’elle puisse « raisonner juste ». Ainsi, House voudrait qu’elle pense froidement, rationnellement, mais pas par altruisme, pour qu’elle pense comme lui. Ou comment le mépris d’une pensée irrationnelle dans un esprit rigide pousse à faire des actes généreux sans en avoir le cœur : la pitié condescendante, et non la compassion guide House, qui même hors job, fait le bien autour de lui sans que ce soit sa raison d’agir. Wilson, Foreman, et surtout Chase le croyant, inversement, sont moins rigides quand il s’agit du rationnel…

L’humour est loin d’être absent : House faisant un hilarant pastiche de Blofeld, le chat à la main, tout en prononçant la réplique culte de… Goldfinger ! (I expect you to die !). House justifiant la présence d’une litière pour pouvoir pisser sans aller aux toilettes ou nourrissant le chat avec les SGM (Souris Génétiquement Modifiées) de l’hôpital parce qu’elles sont plus savoureuses !! - Cuddy est au bord de l’explosion ! -, House qui fait semblant de mourir en crachant du sang pour ridiculiser Kutner… Kutner révélant qu’il est superstitieux, House fait donc des mises en scène (échelle appuyée contre une porte, salière renversée…) pour se payer sa tête ! Mais le plus gros gag reste la vanne de House sur « les miches de Cuddy » ! A moins que… si, y’a encore plus gros : l’ultime gag du siège souillé d’uriné est tout simplement énorme !!



L’histoire parallèle avec Taub n’est guère originale mais se révèle plutôt bien fignolée. D’une mauvaise humeur à tout casser, on le voit avec un nouveau visage. Sans perdre son calme, il s’énerve contre House, contre ses collègues, contre la patiente… Comme le devine House, il a le regret de sa vie passée, où il était un brillant chirurgien (et mieux payé), condamné ici à faire le sous-fifre. Lorsque cet ancien ami improbable lui tombe du ciel, il retrouve espoir, surtout que ce dernier semble être soucieux de ses intérêts. Même si les plus finauds auront deviné la chute finale, classique mais si noire, la série dénonce notre goût pour les apparences, les belles promesses (thèse défendue déjà dans Le Prisonnier avec Liberté pour tous).

Sinon, les fans du Huddy décortiqueront la scène où Cuddy et House regardent la vidéo : tout est dans les regards, et la mise en valeur de la comédienne (ses jambes très sexy notemment). La tension sexuelle prend de plus en plus d’ampleur… ils ont ENVIE de se sauter dessus, mais qu’est-ce qui les en empêche ??? La fondante Judy Greer est très émouvante dans son rôle, Christopher Moynahan est impeccable en manipulateur matois, et tant Peter Jacobson dans le registre grave que Kal Penn dans le comique sont parfaits, ils parachèvent la réussite de l’épisode.




Infos supplémentaires :

- L'épisode tourne autour de la superstition : L'infirmière rousse habillée de vert, le chat noir, on pourrait presque dire que c'est fait exprès car il fut diffusé aux USA le 16 mars soit un lundi en 2009, trois jours après un vendredi 13 !

- Cameron n'apparait pas dans l'épisode.

- L’épisode est inspiré de faits réels : A Rhode Island, en 2005, un chat prénommé Oscar prédit la mort de 25 personnes dans un centre de repos, suivant la procédure vue dans l’épisode.

- Quand House crache du faux sang sur Kutner, il salit le côté droit de sa blouse… mais au plan d’après, c’est le côté gauche qui est souillé !

- Dans la scène d’introduction, la petite voiture de House saute symboliquement un jouet en forme de requin (shark). Une manière discrète d’avouer que la série « jumped the shark » ? (terme utilisé pour désigner le moment où une série décline en qualité)

- En plus de la référence à Goldfinger, House cite le titre d’un film devenu culte depuis : Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! (1965) de Russ Meyer, le pape du film érotique de série B. Taub insinue que Kutner joue au jeu vidéo Halo (2001). Le titre de l’épisode fait aussi référence au rôle de Judy Greer (la patiente) dans la série Arrested Development où elle incarnait une dénommée Kitty Sanchez.

- Les chansons de l’épisode sont I’m not drowning de Steve Winwood, et Stranglehold de Ted Nugent.



Acteurs :

Judy Greer (1975) est à l’heure actuelle une des actrices de télévision américaine les plus en vogue. Plus jeune, elle a intégré un corps de ballet russe durant dix ans avant de devenir comédienne. Elle a joué dans nombre de séries populaires telles que Love & Money (13 épisodes), Les Experts : Miami, Arrested Development (9 épisodes), Urgences, Modern Family, The Big Bang theory, Earl, How I met you noter, Mad Love (13 épisodes), Glenn Martin DDS (39 épisodes), Les Griffin (3 épisodes), Californication (4 épisodes), Mon oncle Charlie (12 épisodes), Archer (49 épisodes), etc. Son CV d’actrice de cinéma compte entre autres Cursed, 27 robes, Love et autres drogues, Ce que veulent les femmes, Une fiancée pour deux, les rois du désert… A l’origine blonde, elle se teint les cheveux en roux pour se distinguer de sa partenaire Jennifer Aniston dans Love Happens. Elle a gardé cette couleur depuis.

Christopher Moynihan (1973) à l’heure actuelle n’a joué que dans une quinzaine de séries à peu près toutes inconnues en France.



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105. Je suis vivant !

Message  Dearesttara le Lun 4 Mar 2013 - 21:52

5.19 Je suis vivant ! (Locked in) :



- Qu’est-ce que vous faisiez à Middletown ?
- Les antiquaires. J’vous ai acheté un très joli corset, repassez plus tard, je vous le mettrai !

A la suite d’un grave accident de vélo à Middletown, Lee est totalement paralysé à l‘exception de ses yeux. Les médecins le déclarent mort. Par une chance inouïe, House a eu un léger accident de moto alors qu’il était dans cette ville et se trouve dans la même chambre. Il s’aperçoit qu’il est encore vivant et le fait transférer à Princeton-Plainsboro. Wilson tente de savoir ce que faisait House à Middletown ; et ce dernier menace de virer Taub s’il ne trouve pas une « idée géniale » lors de ce cas pour le punir d’avoir voulu démissionner dans l’épisode précédent…


L’épisode apparaît comme un hommage au film de Dalton Trumbo Johnny s’en va-t-en guerre (1971) d’après son roman de 1939 - le film est d’ailleurs cité dans l’épisode - : le point de départ est le même avec un patient immobile, impuissant à parler, bouger, ou réagir. Les trois quarts de l’épisode se déroulent de son point de vue (contre-plongées permanentes) et la réalisation est assez neutre sauf dans les séquences oniriques, bien plus colorées (deux points similaires au film). Un exercice de style jamais lassant, intercalant une réalisation « normale » de temps à autre pour aérer un peu. Dan Attias transpose avec beaucoup d’imagination le scénario bien inspiré de Russell Friend, Garrett Lerner, et David Foster, même si on ne peut comparer avec l’écrasante puissance parfois insoutenable du film référence. On peut aussi le rapprocher du film Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel. Mais quoiqu’il en soit, ça n’enlève rien à l’intensité de ce bon épisode.

La situation présentée est très dure psychologiquement : un homme est enfermé dans son corps comme un tombeau : il ressent, entend, voit, mais ne peut rien bouger. La stressante introduction où le médecin s’apprête à lui enlever ses organes alors qu’il est encore conscient est presque terrifiante.
Grâce à une caméra en contre-plongée incessante, nous avons des intéressants effets d’optique et surtout une nouvelle vision de la série. Nous pénétrons dans l’hôpital comme si on avait jamais vu House et son équipe : ainsi voir le patient s’étonner de « l’amitié » House-Wilson est assez jouissif ! Mais la scène à retenir est celle du dialogue à sous-entendus sexuels entre Cuddy et House où Lee conclut que House plaît à Cuddy ! Génial !



Le cas se déroule bien : lorsque Lee perd sa capacité à communiquer (ses paupières se paralysent à son tour), on est presque dans une terreur pure : il est totalement verrouillé. Mais le tout est un peu gâché par l’histoire secondaire de Taub : finement joué, puisqu’après Numéro 13, Foreman, Kutner, c’est au tour de Taub d’être menacé de renvoi ! Le procédé crispe à force et marque un clair déficit d’inspiration.
Finalement Taub sauvera son job en « usurpant » l’idée de Kutner (avec son accord) qui avait trouvé le diagnostic final. House n’est pas dupe mais voir Taub profiter d’une idée qui n’est pas sienne montre qu’il est prêt à tout pour garder son emploi et House apprécie cette ténacité. Prétexte tout de même facile, qui affaiblit la fin.

La séquence Everybody lies ! est fantastiquement ironique : Lee avoue avoir menti sur une de ses absences de son domicile, mais ne peut l’expliquer clairement, Molly, son épouse; (Faune A. Chambers, enfermée, elle, dans une figure bardée de clichés) est alors persuadé qu’il la trompait et Lee ne peut pas démentir. Une souffrance psychologique s’ajoute à son calvaire. Hélas, ses scènes communes avec Molly et ses enfants sont un véritable galop dans les clichés bien larmoyants.
Il n’est pas étonnant que Lee, au bout de trois jours ait envie d’en finir, suppliant ses médecins de le tuer, mais comme il ne peut pas parler… Dur, dur !
Les séquences oniriques délicieusement décalées apportent des touches lumineuses à cet épisode sombre. House en lunettes de soleil et chemise à fleurs, c’est très tordant ! Et cette séquence regarde en direction de la chimère concluant le finale de la saison 7. Décalage qui ne départit pas quelques moments mahleriens où Lee voit, impuissant, ses enfants s’éloigner de lui, symbole de la mort qui le menace.



Pourquoi House est-il allé à Middletown ? Les rares moments d’humour de l’épisode sont dispensés par House qui sert trois bobards consécutifs à Wilson. Mais ce dernier vérifie toujours et en conclut à chaque fois que House lui ment. Faut vraiment que House soit honteux pour ne rien dire à Jimmy, et effectivement y’a de quoi : la raison de son escapade est à en rester baba ! Ca ne colle pas du tout avec le personnage ! Mais le vrai House reprend le dessus et tire un trait sur cette expérience qui, normale pour une personne normale, apparaît comme une faiblesse chez un être aussi orgueilleux et misanthrope. House a des réactions d’humain, quoiqu’il veuille et il en a honte. C’est-ce qui le rend si attachant : son pire défaut n’est pas la méchanceté, c’est l’orgueil, et un dégoût torturé des hommes.
Le 3e bobard de House, impliquant Wilson, est à savourer sans modération. Quand même, Wilson et les femmes, c’est une longue histoire…

La fin est ambiguë : Wilson attaque House sur son autarcie volontaire et prophétise qu’il finira seul. House voit alors Wilson et ce qui l’entoure comme du point de vue de son patient, avec des images troublées. Que cela veut-il dire ? Qu’il est enfermé dans sa tête comme Lee le fut dans son corps ? Qu’il est impuissant à être heureux ? Fin ouverte, où le fan devra trouver sa propre interprétation, et qui annonce le cheminement de cette fin de saison dans les ténèbres les plus profondes…



Mos Def, totalement immobile à l’exception des scènes oniriques, ne fait donc aucun numéro d’anthologie, mais - pour reprendre Damyta Syn dans l’épisode Caméra meurtre (saison 5) de Chapeau melon et bottes de cuir - il fait un excellent cadavre ! Mais, à ce stade, c’est Kal Penn qu’il faut ici saluer, car son personnage va subir une sortie aussi brutale qu’inimaginable, qui prendra à contrepied le fidèle téléspectateur de la série, déclenchant ainsi l’amorce du finale de la saison 5.


Infos supplémentaires :

- Aka. Enfermé de l’intérieur.

- Cas rare : House apporte lui-même un patient à l'hôpital.

- En plus des films précités, Les Simpson ont également parodié l'histoire dans laquelle Homer se retrouve paralysé après avoir été piqué par une veuve noire.

- Kutner positionne mal les électrodes du défibrillateur lors de la crise cardiaque.

- House prétend avoir été à New York acheter une guitare similaire à celle de Duane Allman. Duane Allman (1946-1971) était un grand guitariste américain qui joua dans la mouvance Blues rock/Soul ; « Skydog » fut remarqué pour son incroyable maîtrise du slide (« glissando ») à son instrument. Il fut co-créateur du groupe The Allman Brothers Band. Il décéda à 25 ans d’un accident de moto, d’où la référence de House, légèrement blessé par un accident de moto ! Par ailleurs, en disant Save the cheerleader, save the world ! il cite la « catchphrase » de la saison 1 de la série Heroes (2007).



Acteurs :

Mos Def (1973) est avant tout un rappeur. Il a quelquefois joué à la télévision : Spin City, NYPD Blue, Dexter (5 épisodes), etc. Mais aussi au cinéma.

Faune A. Chambers (1976) a joué dans plusieurs films au succès confidentiel aux Etats-Unis. Elle a peu joué à la télévision (3 épisodes de Nikki, Las Vegas, Enquêteur malgré lui, etc.).



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106. Il n'y a rien à comprendre

Message  Dearesttara le Mar 5 Mar 2013 - 15:45

5.20 : Il n’y a rien à comprendre (Simple explanation) :



- Donc, grâce à son attitude idiote, elle va mourir dans les 24 heures si elle a pas un autre foie.
- C’est un acte altruiste, un geste d’amour.
- En quoi ça contredit ce que je viens de dire ?


Charlotte, 54 ans, est sur le lit de mort d’Eddie, son mari atteint d’un grave cancer, quand elle est prise d’étouffements. Admise à l’hôpital, elle demande à ce que son mari y soit transféré pour être avec elle. Mais les médecins ont du mal à s’impliquer dans le cas : ils doivent faire face à une horrible découverte qui chamboule de fond en comble toute la vie de l’hôpital…


Cet épisode à la tonalité lourdement funèbre est un tournant de la série : elle met en scène un tragique événement : le suicide du Dr.Lawrence Kutner. Le scénario de Léonard Dick fait prendre une porte de sortie définitive à cet attachant personnage. Cet événement bouleverse totalement Princeton-Plainsboro. C’est d‘autant plus terrible que rien ne le laissait présager.
Ce choix scénaristique s’explique par la volonté de Kal Penn de quitter la série pour accepter l’offre de directeur associé des relations publiques de la Maison-Blanche, dans l’administration de Barack Obama. Malgré son statut de VSE (Very Special Episode), Il n’y a rien à comprendre ne cède pas à la facilité car n’oublie pas d’inventer un cas tout aussi noir, ainsi que de puissantes réflexions sur les raisons de nos actes. La photographie lugubre et froide de Gale Tattersall, solidement appuyée par la caméra évocatrice de Greg Yaitanes, transcende ce scénario très sombre. Cet épisode est le prélude au grand finale de la saison 5 (en trois épisodes) qui va réellement commencer à la toute fin de l’épisode suivant.

La première chose qui nous surprend est la réalisation obscure et glaciale : quasiment aucune lumière, l’écran reste sans cesse dans des tons gris-noirs, comme si la Mort avait étendu son manteau d’ombre dans tout l’hôpital. Les visages des interprètes, tuméfiés, d’une pâleur caverneuse, rendent cet épisode encore plus funéraire.
Le suicide de Kutner arrive au moment le plus inattendu. Il n’avait jamais montré de chagrin ou quoi que ce soit d’autre. Au contraire, c’était le plus drôle et le plus lumineux de l’équipe. Alors que Taub se débat dans ses crises existentielles, que Foreman semble s’être abandonné à une routine qui le désole, que Numéro 13 a son inexorable échéance, c’est Kutner, qui ne souffrait apparemment de rien qui a décidé de mettre fin à ses jours, la surprise est de taille !



Et cela insupporte House : certes frappé par ce qui s’est passé, ce n’est pas tant de pleurer Kutner qui l’importe mais de connaître les raisons de son acte : aucun mot, aucun signe avant-coureur. Kutner s’est tué sans donner d’explications et House est à la torture : lui qui a toujours résolu les plus grands mystères grâce à sa connaissance de la médecine et de la psychologie humaine, est ici incapable de trouver une explication. Il tente tout, même les hypothèses les plus incongrues. Lui-même semble ne plus s’occuper du cas, et il faut les rappels à l’ordre de Taub, le plus solide des docteurs, pour qu’il ne perde pas de vue son travail. House finit même par penser que Kutner a été assassiné puisque RIEN n’explique son geste. Solution de facilité ironise justement Wilson. Cameron, elle, redevient une émanation de la conscience de House, elle lui explique qu’il culpabiliserait si c’était un suicide qu’il n’a pu empêcher, alors qu’un meurtre le laverait totalement. Paradoxe grinçant : House est le moins concerné par les relations humaines mais c’est lui qui culpabilise le plus !

La scène avec Julia et Richard, les parents adoptifs de Kutner, est caractéristique de la confusion de House : au lieu de paroles de réconfort, House les attaque violemment : avec une accusation stupide comme quoi Kutner culpabilisait de ne pas être totalement le fils de sa famille d’accueil, de ne se voir au fond de lui-même que comme un étranger. Histoire évidemment pas crédible : que House torture moralement Julia et Richard rend compte de son sale état psychique.



Nos héros ne savent quoi penser : culpabilité, incompréhension, hébétude… comment se préparer au deuil d’une personne que l’on a connu même si elle n’était pas de nos amis ? Avec Amber, ils ont eu le temps de se faire à sa mort, le temps de son hospitalisation, en plus, elle ne leur était pas sympathique… mais pas avec Kutner. De plus, l’épisode, de manière implicite, nous fait comprendre que le fait d’avoir travaillé deux ans avec lui a forgé des liens ténus mais existants entre Kutner et ses collègues, même s’il n’y avait pas d’amitié véritable. Un peu comme House devant la maladie de Foreman dans … Au suivant (saison 2). Même Taub, le seul à avoir gardé la tête froide durant le cas, finit par fondre en larmes à la toute fin.
Plus de pathos que d’habitude mais l’atmosphère extrêmement lourde s’y prête, et sans tomber dans les larmes (la série a presque toujours évité de tels débordements). Rien qu’un effrayant vide sidéral. Les dernières images de l’épisode ne dissipent rien : House tombe enfin sur une photo de Kutner où il n’a pas l’air heureux (alors qu’il sourit sur toutes les autres)… mais ne peut rien conclure.

Quasiment pas d’humour dans l’épisode, on retiendra seulement le bizarre cas secondaire d’une fillette de 8 ans complètement amorphe. La résolution est vraiment assez drôle ! Mais on retiendra que devant participer à un concours, elle a une tenue effrayante : cheveux tirés au maximum, robe vulgarissime, fardée et maquillée de partout… elle ressemble à une poupée de porcelaine totalement déshumanisée ! Une attaque contre la dictature de la beauté, on a déjà vu ça, mais que cela commence dès l’enfance, âge de l’innocence, c’est assez flippant ! D’autant qu’elle est déjà tombé dans quelques excès propres au milieu du mannequinat !!
On citera aussi les échanges piquants entre House et Cameron (sur les lunettes d’Horatio Caine des Experts : Miami), ainsi qu’une Cuddy morne qui met en place les aides psychologiques qui s’imposent en sachant bien que personne ne les prendra !



Mais intéressons-nous au cas du jour. Loin d’être mis à l’écart, il a toute sa place, comme un épisode normal. Et heureusement, la situation est d’autant plus forte que The show must go on ! Nos médecins doivent malgré tout sauver des vies malgré le ravage. L’épisode fait donc une énième variation sur le Couple-qui-s’aime-mais-qui-s’aime-mal mais c’est encore une composition éblouissante. Nous avons un couple (Colleen Camp et Meat Loaf, bouleversants) qui est resté ensemble très longtemps. Eddie, souvent absent, ne fut pas un bon mari pour Charlotte, et proche de la mort, le regrette profondément. Charlotte aime Eddie, et le lui a pardonné. Par un étrange jeu de vases communicants, plus sa femme va mal, plus le mari va mieux : le fait de voir sa femme très malade lui donne plus d’énergie. Du coup, sa femme se sacrifie : elle simule la douleur pour rester auprès de lui, puis tente de se suicider dans l’espoir de le sauver (qu’il bénéficie de ses organes). Mais le mari n’est pas en reste, et quand il apprend que sa femme a besoin de son foie, il n’hésite pas à vouloir le lui donner alors qu’il ne peut que rester sur la table dans son état ! Ses actes d’amour toujours plus forts nous surprennent : chacun veut sauver l’autre au prix de sa vie. Ces scènes sont poignantes, et le suspense haletant autour de ce double cas ne baisse jamais, grâce aussi à la brillante interprétation de Peter Jacobson, qui compatit à leur sort.



La chute finale achève de nous étourdir par sa cruauté ! Décidément, on peut tomber sur le couple le plus passionné, le plus aimant qui soit, il faut toujours qu’il y ait une faille sadique entre eux ! Le mari paie son inattention et la femme sa frustration de n’avoir pu réaliser ses rêves : l’un meurt et l’autre est maintenant seul. Pas de joie, aucune lumière dans cet épisode qui est l’image de sa magistrale réalisation cadavérique. On regrettera seulement qu’une chanson hors de propos résonne lors de l’incinération de Kutner, ça ne va pas du tout avec l’ambiance. Mais cela n’enlève pas grand-chose à ce nouveau diamant noir de la série.


C’est ainsi que nous quittons Kal Penn et Lawrence Kutner, personnage chaleureux, enfantin, souvent comique, et d’une compétence rare (il était le médecin le plus doué de l’équipe) qui nous aura apporté tant de bons moments souriants durant ces deux saisons. Si sa sortie n’est pas aussi intense que celle d’Amber Volakis, elle est plus brutale et nous saisit profondément, à l’opposé complet du personnage.

Un tel événement se déroule généralement dans le dernier épisode d’une saison (comme Amber). Mais c’est ici tout sauf une maladresse car le finale va bientôt commencer, et nous réserve des surprises encore plus renversantes !




Infos supplémentaires :

- Numéro 13 se réfère sous son vrai nom dans l'épisode. Pareillement, elle appelle Foreman par son prénom « Eric » sous le choc de la découverte du corps de Kutner.

- Kutner avait 28 ans lors de sa mort. Il a été condamné pour attentat à la pudeur pour s’être montré nu lors d’un match de football.

- Quatorzième échec de House dans l'épisode. C’est un semi-échec : un de ses patients meurt, mais l’autre survit.

- D'après les membres de l'équipe technique, Taub aurait tué Kutner, ou l'aurait poussé à se suicider, ce qui explique son refus d'assister aux obsèques.

- Meat Loaf a demandé à Jesse Spencer et Hugh Laurie de rejoindre son groupe pendant l'épisode.



Acteurs :

Colleen Kamp (1953) est une actrice qui a joué durant sa carrière près d’une centaine de rôles ! Sa filmographie fournie comprend entre autres La bataille de la planète des singes, Le jeu de la mort, Âpocalypse now, Police Academy 2 et 4, Un pourri au paradis, Wayne’s world, Last Action hero, Die Hard 3, Speed 2, etc. Elle a joué dans quelques séries : Happy Days, Starsky et Hutch, L’homme de l’Atlantide, Dallas (2 épisodes), Shérif fais-moi peur !, Magnum, Histoires de l’autre monde, Arabesque (2 épisodes), Les contes de la crypte, Roseanne (3 épisodes), etc.

Meat Loaf (1947) est avant tout chanteur de rock, créateur de l’album Bat out of Hell (1977), une des meilleures ventes d’album de tous les temps. Il a joué dans beaucoup de films dont l’opéra rock The Rocky horror picture show, Wayne’s world, Spice World, Fight club, Snitch, etc. Il a joué aussi dans quelques séries : Equalizer (épisode Embuscade), Les contes de la crypte, Au-delà du réel l’aventure continue, Monk, Glee, etc.



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107. Quand le doute s'installe

Message  Dearesttara le Mer 6 Mar 2013 - 23:38

5.21 : Quand le doute s’installe (Saviors) :



- Qu’est-ce qui se passe avec Cameron ?
- Elle ne veut pas revenir dans mon équipe, et elle ne veut pas me sauter.


Doug, militant écologiste hyperactif, est pris d’un grave malaise lors d‘une manifestation. Franni, sa femme, débarque à l’hôpital, alors que Doug affirmait être célibataire. Pendant que l‘équipe commence à se remettre de la mort de Kutner, House remarque que Wilson a changé ses habitudes alimentaires, ce qui l’intrigue. Enfin, Cameron et Chase s’apprêtent à prendre des congés ensemble, mais House oblige Cameron à travailler sur son cas, hypothéquant leur voyage…


La saison 5 retombe dans ses vieux démons en nous offrant une nouvelle trahison d’un personnage : cette fois-ci, c’est Cameron qui opère un désagréable retour en arrière, incohérent avec son évolution dont elle a fait preuve jusque ici. Son histoire avec Chase vire au mélodrame facile. Heureusement l’histoire est relevée par d’amusants passages Hilson, un réaffleurement du Hameron, une réflexion sur l’écologie pas minimaliste, un cas correct, et surtout un tétanisant twist final qui ouvre toutes les perspectives possibles et imaginables sur la fin de la saison ! Dans l'ensemble, un coup juste pour Eli Attie et Thomas L. Moran.

Le Tuesdays devenu sérieux depuis le finale de la saison 3 n’avait plus été réexaminé en profondeur. Tant mieux car leur relation n’avait du sel que dans les saisons 2 et 3, du moment qu’elle n’était pas sérieuse. Hélas, les scénaristes y reviennent et tombent par conséquent dans l’académisme.



Cameron, subitement délestée de ses capacités d’analyse et d’autorité, se retrouve ainsi comme un pantin tandis que le coup de la « dette envers le médecin qui a envoyé le cas » pour justifier sa présence apparaît comme une grosse ficelle. Où est donc passé la cynique femme un peu vulgaire des saisons 4 et 5 ? Les états d’âme de Chase sont lourds, et Cameron, enferrée dans une situation rocambolesque ne vaut pas mieux. Et là, le Hameron réapparaît au détour d’un chemin : House lui fait remarquer qu’elle n’avait pas à obéir à ses ordres puisqu’elle n’est plus son employée. Cameron ne peut rien dire, et attester encore de son attirance inconsciente pour son ex-employeur. House, durant la saison 5 semblait regretter l’absence de Cameron tandis qu’elle ne semblait pas avoir renoncé à House : tout est dans les sous-entendus, c’est subtil et bien calculé ! Chase le soupçonne et envisage de rompre. Il faudra toute la persuasion de Cameron pour le faire plier, dans une scène aux dialogues hélas ridicules. Finalement, Chase la demande en mariage, et on retombe dans la dégoulinade, tout ça pour ça ! Leur conflit est incapable de nous emballer, malgré le bon jeu des acteurs. Trop de gros sabots… Sinon, Jenny Morrison force un peu le maquillage, ce qui la rend vraiment appétissante...

Cependant, on notera une scène Huddy entre Cuddy et… Cameron : la première disant que la seconde est amoureuse de House, ce à quoi Cameron réplique Je ne marche pas sur vos plates-bandes ! Et puis, voir House se planter (pour une fois !!!!) royalement dans une déduction sur le Tuesdays vaut le détour !
En résumé, le Tuesdays patauge à son tour tandis que le Hameron est au beau fixe ! Un superbe faux espoir pour les fans qui se crashera dans l’épisode suivant…



Le cas soulève notre curiosité, surtout grâce au personnage de Doug (Tim Rock, excellent), aimant davantage sa cause que sa femme (Lindsey McKeon, très émouvante) et son enfant. Voulant « sauver le monde », il néglige sa famille et Franni est peinée de cette situation. A mots couverts, l’épisode défend aussi les militants écologistes qui se retrouvent parfois en prison (tel Doug qui cachait son séjour à l’hôpital en prétextant qu’il a été arrêté une fois de plus) et tire aussi la sonnette d’alarme sur notre Terre courant à sa destruction. Certes, le message n’est pas nouveau, mais il résonne avec un bon impact (contrairement au pensum indigeste de Être ou paraître [saison 2]), La chute finale est aussi ironique que la précédente puisque c’est finalement l’amour qu’il a pour sa femme qui a entraîné sa maladie ! Il a voulu se « racheter » en lui faisant plaisir, et la fatalité lui galope dessus ! Mais, au-delà de cette révélation, rien ne nous dit que Doug, une fois guéri, changera et qu’il ne recommencera pas à oublier sa famille. Et un happy end pas happy de plus !
Le cas n’est guère étincelant mais a sa dose réglementaire de suspense et d’humour. La noirceur conséquente à la mort de Kutner commence à se dissiper, mais elle sera bientôt remplacée par une autre dose de noirceur tout aussi terrible, rassurez-vous !

Le Hilson brille dans cet épisode inégal. Wilson change radicalement d’alimentation et refuse de dire pourquoi à House (Les gens changent, tu parles d’une raison !). House va alors déployer toutes ses facultés à tenter de percer le mystère de son ami… jusqu’à ce qu’il comprenne tout, dans une révélation finale à mourir de rire ! Mais aussi très émouvante, puisque Wilson lui offre une superbe preuve d’amitié vraie ; House a beau « protester », il est plus touché qu’il veut le faire voir. Wilson, ou l’ami indéfectible ; à l’opposé de House, mais ils s’accordent si bien… Cette petite histoire ludique est pleine de bons mots et de comédie.



Fin de l’épisode, House joue du piano et de l’harmonica. Hugh Laurie est décidément un excellent musicien et son Georgia on my mind swingue d’enfer ! Lorsque soudain, apparaît la vraie raison d’être de l’épisode : un twist final monumental qui coupe le souffle non seulement au médecin mais aussi au spectateur stupéfié ! Une apparition terrifiante, que les crédits du début avaient soigneusement omis, fait virer House dans le Fantastique, à la Randall & Hopkirk. Le tout s’arrête brutalement, et c’est sur cette fin ouverte à hurler de rage que ce termine magistralement cet épisode, portique impeccable au feu d’artifice final des trois derniers épisodes.


Infos supplémentaires :

- Aka. En perdition.

- Dans un procédé qui fait penser à Se7en de David Fincher, un protagoniste-clé ne figure pas dans les crédits du début, mais seulement au générique de fin, laissant ainsi la "surprise" de son apparition.

- Quand Cameron énonce le cas, House mord dans un sandwich. Au plan suivant, le coin mordu n'est cependant pas le bon !

- En plus de la chanson Georgia of my mind de Hoagy Carmichael (par Hugh Laurie), on entend This land is your land de Woody Guthrie.


Acteurs :

Tim Rock est avant tout comédien de théâtre, et ne participe qu’exceptionnellement à la télévision (encore moins au cinéma), et surtout dans des téléfilms ou courts métrages. On l’a cependant vu dans FlashForward, House of lies, etc.

Lindsey McKeon (1982) fut encouragée par l’agent de sa mère de faire carrière dans la comédie. Elle s’est fait connaître en jouant Katie Peterson dans 78 épisodes de Sauvés par le gong : la nouvelle classe. Elle a ensuite joué dans Les frères Scott (8 épisodes), Haine et passion (4 épisodes), Les Experts : Miami, FBI : portés disparus, Cold Case, Veronica Mars, 90210, Supernatural (3 épisodes : Le sacrifice, De l’autre côté, Rendez-vous avec la Mort), etc.



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108. House divisé

Message  Dearesttara le Jeu 7 Mar 2013 - 21:54

5.22 House divisé (House divided) :



Le mariage est dans deux semaines, alors j’ai cru que vous étiez enceinte ; puis je me suis rappelé que Chase n’est pas assez mature pour produire du sperme.


Toujours hanté par l’hallucination d’Amber, et incapable de dormir, House doit se pencher sur le cas de Seth, un jeune homme sourd-muet qui s’est effondré lors d’un match de lutte. Amber étant l’incarnation du subconscient de House, il s’aperçoit qu’il peut dialoguer avec « elle » pour avoir accès à tout ce que son conscient a « zappé », ce qui peut accélérer la résolution du cas. Dans le même temps, il décide - toujours avec le concours d’Amber - d’organiser l’enterrement de vie de garçon de Chase. House ne soupçonne pas que son « aide » est en réalité à double tranchant…


Dr.House dans les « Outer limits ».

Premier d’un arc de trois, House divisé ouvre parfaitement le grand finale de la saison 5. Grâce à un humour soigneusement orchestré et au duo inédit Amber-House fonctionnant à plein régime, l’épisode atteint les sommets par l’écriture enlevée et trépidante de Matthew V.Lewis et Liz Friedman. D’abord méfiant, puis plein de confiance en son hallucination, House mesure tout ce que peut lui apporter cette incongrue alliance avec la partie cachée de lui-même. Occupant tout le devant de la scène, le duo étincelle de partout, avec sa vivacité et sa fraîcheur joyeuse. Les dix dernières minutes, beaucoup plus sombres, tranchent avec tout le reste, où House commence à sombrer dans les ténèbres. De plus, le terrible cliffhanger final, s’il n’est pas aussi surprenant que le premier, réussit l’exploit de nous faire flipper davantage !
La force de l’épisode est le duo Amber-House qui ne quitte jamais l’écran.

Rien que la première scène avec House et Amber (- Pourquoi vous n’êtes pas en soubrette ou en T-shirt moulant ? - Je suis une hallucination, pas un fantasme !) est un petit bijou à lui tout seul : Amber le persécute avec sa culpabilité : s’il se sent coupable de la mort de Kutner, cela a réveillé sa culpabilité d’avoir contribué à la mort d’Amber. Ou comment un événement déchirant peut en réveiller d’autres : culpabilité, hallucinations, insomnies… et House n’y échappe pas.



Le cas est très bien écrit. Bien que malentendant, Seth (Ryan Lane, lumineux) est heureux de sa vie. Aussi, quand House veut lui redonner le moyen de réentendre, il refuse. Il est parfois difficile d’accepter le changement, et ayant vécu toujours comme ça, Seth ne veut pas changer, tel un réflexe de conservation contre l’inconnu. Ellie, la mère (Clare Carey, touchante), égoïstement mais humainement, veut continuer à le « protéger » et ne veut pas non plus de l’opération (situation similaire à Demi-prodige [saison 3]). Évidemment House n’en a rien à faire et fera faire l’opération. C’est alors qu’on se retrouve dans la figure du parent retrouvant son autorité mais revisitée : ainsi, dans Un peu de douceur, les parents couvaient trop leur fils malade. Ici, c’est le contraire : Ellie donne trop de liberté à son fils, négligeant identiquement ses devoirs de mère. Sous l’influence de House, elle retrouve peu à peu son rôle de mère. Cette scène est filmée avec pudeur et discrétion pour un résultat très émouvant. De même la fiancée (Treshelle Edmond) donne un surcroît d’émotion bienvenu.

Mais l’intérêt de l’épisode est la présence du subconscient de House (sous la forme d’Amber). House, grâce à son « dédoublement » parvient à multiplier ses facultés déjà grandes : il peut anticiper, savoir où chercher à l’avance, poser immédiatement des diagnostics plausibles, avoir accès à toute sa mémoire… grâce aux aides (parfois décalées) d’Amber. Ils forment vraiment un duo génial ces « deux-là » ! Toutes leurs scènes sont d’un décalage hilarant !



La première demi-heure est saturée en humour ravageur : le « trilogue » House-Wilson-Cameron plein de mots fusant à la vitesse de l’éclair, Foreman et Numéro 13 faisant la tournée des bars à strip-tease (13 dévore les danseuses des yeux ; bisexuelle un jour…), tout en parlant de la « chevauchée du cow-boy » !! Amber en position provocante qui donne des indices ésotériques à House ; la dégustation de sorbets ; House, Amber, et 13 discutant des strip-teaseuses durant une séance de diagnostic différentiel (que du lourd, je vous dis !), House faisant l’apologie des orgies alcoolisées la veille du mariage devant un Chase d’abord écœuré… puis finalement très intéressé !! Les propositions de meurtre d’Amber, l’« enlèvement » de Chase, le stylo imaginaire… bref, un tourbillonnant déferlement de gags qui monte en crescendo jusqu’à l’apothéose : House foutant le feu à la morgue ! Morts de rire !

Mais il y’a LA scène CULTE de l’épisode : House, avec les lunettes du rappeur Kanye West dansant sur Fight the Power de Public Enemy !!! La scène est tout simplement gigantesque, comparable au strip-tease de Cuddy de Dans la tête de House (saison 4). Elle restera dans la mémoire de tous les fans ! Le pire est que le but de la scène est d’établir un nouveau symptôme !! Mais pourquoi les scénaristes veulent-ils toujours justifier leurs scènes les plus allumées avec un sérieux à en rester baba ? En passant, cette scène est manifestement inspirée de Do the right thing (1989) de Spike Lee.



Fans du Hameron, préparez vos funérailles ! House anéantit tout espoir lors de la scène de fête en disant qu’il ne veut pas de Cameron, et le ton dont il le dit ne laisse aucun doute. Cependant, Foreman résume enfin le
Hameron dans une phrase qui passe comme ça l’air de rien mais qui dit tout : House a toujours fantasmé sur le fait que Cameron craquait pour lui ! Curieux fantasme mais pourtant dans la logique du personnage. Si House a eu des désirs envers Cameron, il ne voulait pas que cela se concrétise ! Son fantasme à lui est que Cameron était attirée, c’est tout. Quelle inspiration des scénaristes qui terminent l’histoire de cette relation hors normes !
La fin du Hameron et l’échec final du Tuesdays dans la saison 6 provoquera alors la sortie définitive du personnage qui ne pourra plus apporter quoi que ce soit à la série.

Le centre de gravité de l’épisode est bien sûr la cérémonie de « dépravés ». Sans parler d’orgie, la soirée est assez « hot », chacun des participants s’en donne à cœur joie ! Un grand éclat de rire lorsqu’on s’aperçoit que House a organisé la fête chez Wilson sans le prévenir ! Climax lumineux de l’épisode où chacun se déchaîne : Foreman regardant avec plaisir 13 lécher le corps d’une danseuse jusqu’à sa poitrine (J’ai payé 50 $ pour voir ça !); Taub et Wilson bien entourés, 13 très pompette… Seul House préfère picoler dans la salle de bain avec Amber (scène très surréaliste).



Au milieu de cette ambiance dionysiaque intervient un effet énorme, pareil au coup de téléphone de Requiem d’X-Files. La comédie bascule dans le drame soudain avec le choc anaphylactique de Chase. C’est tellement inattendu qu’on en a le souffle coupé ! House avait-il inconsciemment souhaité du mal à Chase ? Le tuer ? Amber donne la réponse : ce n’est pas à cause de Cameron. Il ne supporte pas le bonheur d’autrui. Sa face cachée a délibérément tenté de tuer Chase, car c’est Amber qui a proposé d’inviter la fatale strip-teaseuse (Becky O’Donohue, fondante). Cette envie de meurtre devant le bonheur d’autrui est un choc qui l’épouvante lui-même. Scène qu’on peut rapprocher de la révélation du Dénouement du Prisonnier : House est Numéro 6, et Amber Numéro 1. Son aide devient brusquement son pire ennemi. Plus généralement, cette scène nous rappelle que nous nous connaissons mal, et qu’en chacun de nous, nous avons une face ténébreuse qui « tue et viole » (pour reprendre l’expression de Kubrick à propos d’Orange Mécanique). Noir, c’est noir !



D’ailleurs, toute la fin de l’épisode est filmée, comme dans Il n’y a rien à comprendre, avec des tons pâles et froids, comme une nouvelle vague de ténèbres déferlant sur l’hôpital.
La belle solution d’Amber et de House tombe à l’eau : ils sont en train de tuer leur patient ! Heureusement Foreman trouve la solution, mais House est anéanti : il a failli tuer deux personnes en une soirée ! Il prend enfin conscience que son âme ne peut demeurer indéfiniment divisée, que laisser trop parler son inconscient se révèle maléfique à la longue. En même temps, le silence désespéré d’Amber nous rappelle que le côté lumineux, compassionnel, de House est aussi présent dans son inconscient, cohabitant avec ses instincts mauvais. House est nu devant lui-même, et se voir dans une lumière crue est une expérience trop douloureuse pour qu’il puisse la prolonger (et qui voudrait être à sa place ?). Et puis, House confesse avec honte une faiblesse humaine : il n’a plus dormi depuis la mort de Kutner, et donc il n’est plus « fort ». Voir House ramené à notre niveau… quelle surprise émouvante ! House tente alors de faire machine arrière. Hélas, le terrible twist final le rattrape et c’est un House terrifié qui termine brutalement cet épisode.

Que dire d’Anne Dudek, si ce n’est qu’elle rayonne à chaque scène ? Son personnage, un des plus fascinants de la série, se mélange ici à celui de House. Carton plein car elle se joue avec une aisance ahurissante des difficultés ce faux double rôle. Hugh Laurie doit se surpasser pour ne pas se laisser manger par sa partenaire, et il y arrive par un jeu ardent et varié. Tout le casting est au poil, un épisode parfait, un des meilleurs de toute la série entière.



Infos supplémentaires :

- Aka. Ce qui est réel ou non.

- Chase devient le quatrième médecin victime d'un problème médical (En réalité, il souffre d'une allergie aux fraises).

- Foreman trompe apparemment Numéro 13 avec des prostituées rencontrées durant l'enterrement de vie de garçon de Chase.

- House surnomme Amber « Gazoo », personnage bien connu de la série La famille Pierrafeu. Il se prend également pour « Greyskull », nom familier pour les fans de la série animée He-Man and the Masters of Universe.

- Wilson prescrit à House 200 mg de Zolpidem, correspondant à trois prises par jour. Mais 200 mg correspondent en réalité à 16 à 20 comprimés du médicament ! De plus, le Zolpidem ne doit normalement être pris qu’une fois par jour, avant de se coucher.

- Il est possible que le titre de l’épisode soit un hommage à A House divided (Le départ en VF), le dernier épisode de la saison 3 de Dallas, particulièrement réputé auprès des fans et de tout spécialiste en séries qui se respecte. En effet, il s’achève sur un des cliffhangers les plus monumentaux de l’histoire de la télévision (J.R est abattu d’une balle de révolver par un meurtrier inconnu) et dont la résolution fut différée pendant plusieurs mois. De même, le cliffhanger de cet épisode remet en question ce que nous venons de voir dans l’épisode, et diffère la résolution de l‘arc Amber.

- En plus de Fight the power, on entend dans l’épisode Spread your love de Vibrolux, Do what you wanna de Ramsey Lewis et Mr.Scruff, et American Cowboy de Jada.



Acteurs :

Ryan Lane semble avoir commencé sa carrière d’acteur que très récemment. A l’exception d’un rôle récurrent dans Switched at Birth ou d’une participation à Cold Case, sa filmographie est encore peu remplie.

Clare Carey (1967) s’est fait connaître en jouant Kelly Fox dans 99 épisodes de la série Coach (du créateur de la série Newhart). Forte de ses cours de cinéma à New York, de théâtre anglais à la Royal Academy de Londres, et de la Commedia dell’Arte à San Francisco, elle a par la suite joué dans Walker texas ranger, Le caméléon, Charmed, Ally McBeal, Totalement jumelles (22 épisodes), NIH : alertes médicales (2 épisodes), FBI : portés disparus, Stargate SG-1 (épisode Pour la vie), Cold Case, Urgences, Weeds, Monk, Grey’s anatomy, Private practice, Boston Justice, Jericho (21 épisodes), American Wives, Crash (8 épisodes), NCIS, NCIS : Los Angeles, Les Experts : Miami, Esprits criminels, Castle, Chuck (4 épisodes), etc.

Treshelle Edmond (1990) est sourde dans la vie. A l’exception d’une apparition dans Glee, ce rôle dans cet épisode est son seul référencé.

Becky O’Donohue (1980) est à la fois actrice et chanteuse (tout comme sa sœur jumelle Jessie). Elle a joué dans Urgences, Enquêteur malgré lui, Les Experts, Les Experts : Miami, The Big Bang Theory, Mentalist, etc.



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109. Ecorchés vifs

Message  Dearesttara le Ven 8 Mar 2013 - 16:37

5.23 Ecorchés vifs (Under my skin) :



- Comment ça se ferme une braguette déjà ?
- D’autres déficits neurologiques ?
- J’te trouve moins pénible que d’habitude. J’sais pas si c’est un déficit.


Pénélope, une jeune étoile, souffre de détresse respiratoire après que son partenaire et petit ami l’ait accidentellement lâchée lors d’une répétition. Depuis les événements de l’épisode précédent, House ne veut plus écouter Amber, mais sa présence persistante le gène. Il demande l’aide de Wilson et de Cuddy pour savoir ce qui lui cause tous ses symptômes et le moyen de s’en débarrasser. Pendant ce temps, Chase et Cameron traversent une nouvelle crise qui met en péril leur futur mariage…


Le deuxième mouvement de cette puissante symphonie dramatique qu’est le finale de la saison 5 accuse un léger fléchissement. Sa raison d’être est la prestation passionnée de Hugh Laurie, explorant à fond la face la plus noire de son personnage qui sombre dans un monde obscur de plus en plus oppressant. Amber, qui avait illuminé de sa présence House divisé, a ici un temps de présence plus réduit, et le Tuesdays nous tape royalement sur les nerfs. Heureusement, la dernière partie de l’épisode qui vire dans le Huddy pur et dur est absolument magnifique de litote et d’écriture, jusqu’aux dernières secondes, sonnant comme une délivrance tant attendue. L’excellent cas propose encore une variation superbement ironique du Couple qui s’aime mal. Pamela Davis et Lawrence Kaplow sont clairement au top de leur inspiration !

Coup de cœur pour la scène d’introduction et son ballet (au son du 2e mouvement de l’excellent 2e quatuor à cordes de Philip Glass) avec les gracieux mouvements des danseurs et le physique à se damner de l’Etoile. Jolie référence à ce chef-d’œuvre du mélodrame qu’est Les chaussons rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger. Bien qu’elle ne soit pas danseuse classique, Jamie Tisdale n’est pas doublée lors de cette scène tout comme Alex Schemmer. La chorégraphie n’est pourtant pas très facile : une performance qu’il ne faut pas oublier de signaler !



Le Tuesdays est un désastre général qui est bien près de priver l’épisode du quatrième melon : On a une Cameron bébête qui ne sait pas ce qu’elle veut. Quelle rétrogradation ! En plus, cette histoire de sperme congelé, McGuffin uniquement destiné à remettre de la tension envers ce couple qui a perdu son intérêt, est d’un grotesque confondant. Alors oui, cette péripétie permet de réfléchir sur une peur millénaire : celle de l’engagement aux côtés de l’être aimé que l’on est pas sûr de tenir jusqu’au bout. Mais voir Cameron penser au divorce alors qu’elle n’a même pas la bague au doigt, ou Chase rester inactif tout au long de l’épisode, sont autant de contresens dommageables. Ce sont les moments les plus faibles de l’épisode. Leur dernière scène est d’une énervante mièvrerie, défaut généralement évité par la série. On a de la chance que ce soit la partie de l’intrigue la plus réduite !

Tout cela est finalement bénin comparé aux trésors de l’épisode. Ainsi, le cas est bien traité, avec cette danseuse (Jamie Tisdale, confondante de naturel) dont la peau se calcifie, partant en lambeaux ; c’est parfois à la limite du gore ! Sa douleur, puis son angoisse de perdre ses jambes la panique : son Art étant sa passion, elle ne peut s’en passer. Sa détresse est très réaliste.
Alors que dans House divisé, House écoutait Amber et était ravi de disposer de tout le savoir de son subconscient ; ici, House fait tout pour ne pas l’écouter. Mais elle finit par venir à bout de la résistance du diagnosticien qui demande l’aide de Wilson.



La volonté de House de guérir est telle qu’il est prêt à en mourir : ainsi, il s’inflige un choc insulinique pour faire disparaître Amber, choc qui peut le tuer ! Cette scène d’une grande violence psychologique se superpose à une des meilleures scènes de suspense de la série : la danseuse est tuée artificiellement et l’équipe a 3 minutes pour trouver ce qu’elle a, faute de quoi, elle en mourra ! Bien sûr l’équipe dépasse les 3 minutes… cette double scène est un modèle d’intensité.

L’épisode semble relâcher la pression lorsque House émerge de son coma. Mais c’est sans compter sur le twist central qui est une triple explosion d’ironie pure ! House a résolu tout seul le cas avec un raisonnement limpide et logique… qui se révélera entièrement foireux ! Ainsi, sa réussite vient d’un simple coup de chance ! Cruel ? Pas fini, House se trompe sur la personne infidèle ! Mais le couple vole quand même en éclats, laissant l’infidèle seul avec sa faute, l’autre ne supportant pas cette révélation. La danseuse guérissant, c’est encore un flamboyant happy end… bien triste qui est au menu ! Mais le summum ironique est atteint quand House se rendant compte qu’il n’a eu que de la chance… entend Amber chanter une chanson bien mordante à son égard ! Epouvante de House devant la réapparition moqueuse de sa persécutrice dont il croyait être débarrassé ! (Anne Dudek a une superbe voix enjôleuse…)



Mais ce qui propulse Ecorchés vifs au rang de must see, c’est bien entendu ses dernières minutes, où le Huddy fait un brusque saut en avant. Cuddy le convainc de faire un sevrage de Vicodin et House lui dit alors toutes ses cachettes. Ne supportant plus de voir son âme déchirée, il est prêt à dépasser ses limites, contrairement à la période Tritter de la saison 3 où il ne résista pas à la tentation. House souffre le martyre mais reste déterminé… jusqu’à la brillante scène des toilettes avec la tentation de Lucifer : il a repéré une boîte de Vicodin de l’autre côté de la salle. Amber réapparaît et avec un cynisme glacial (Anne Dudek n’a jamais été aussi inquiétante) se rit de lui, en disant que s’il prend la Vicodin, c’est qu’il n’est pas digne de Cuddy. Mais House ne peut lutter et misérablement, rampe comme un esclave vers le flacon salvateur. Mais il a trop tardé, Cuddy revenant à temps pour le lui confisquer sous ses gémissements suppliants ! Poignant et amer que de le voir réduit à l’état de loque humaine. A l’inverse, Cuddy est plus maternelle que jamais. Tandis qu’Anne Dudek, tentatrice machiavélique, est fascinante de bout en bout.

Alors que dire de la scène finale où Cuddy lui avoue enfin le faible qu’elle a toujours eu pour lui ! Ce doux aveu est remarquable de justesse par la composition lumineuse de Lisa Edelstein, qui montre enfin qu’elle peut adoucir son personnage tout en en conservant l’esprit. Enfin, vient la scène tant attendue : House et Cuddy tombent dans les bras l’un de l’autre dans une étreinte passionnée, concrétisant après cinq longues saisons leur tension sexuelle incessante ! Inutile de dire qu’à sa diffusion, l’épisode ravit tous les fans de ce couple qui n’attendaient que ça… mais c’était sans compter les scénaristes, roublards comme c’est pas permis, qui gardaient sous le coude un mémorable twist, un des plus surprenants dans l’histoire des séries télé qui sera dévoilé dans l’épisode suivant ; le réveil va être brutal !! L’immense composition de Hugh Laurie vaut tous les Emmy Award du monde. Et on signalera aussi l’excellente réalisation de David Straiton. Le dernier mouvement peut maintenant commencer.




Infos supplémentaires :

- Aka. A fleur de peau.

- Numéro 13 met du gloss parfumé à la cerise.

- Erreurs : Surprenant de voir un chariot d’urgence dans une salle d’IRM qui n’autorise normalement aucun élément métallique ! Et le stylo lumineux de Wilson change de main d’un plan à l’autre quand il examine House après son choc insulinique.

- En parlant de sa faculté à voir les morts, House se compare au jeune garçon de Sixième sens (1999).

- Anne Dudek chante dans l’épisode Enjoy yourself de Carl Sigman et Herb Magidson. Elle le rechantera lors de l’ultime scène de l’ultime épisode de la série : Tout le monde meurt (saison 8 ). Elle chante aussi Yankie doodle dandy de George M. Cohan. En plus du quatuor Company de Philip Glass, on entend aussi Drive de Dawn Lendes, et Never had nobody like you de M.Ward qu’il chante ici avec Zooey Deschanel.



Acteurs :

Jamie Tisdale mène une carrière audiovisuelle plutôt discrète. Après avoir été l’héroïne de la série With the Angels (29 épisodes), on l’a vue dans quelques téléfilms et séries (Les Experts : Manhattan, Heroes, etc.)

Alex Schemmer (1981) est avant tout comédien de théâtre. Il a joué dans les séries Dexter, Des jours et des vies (4 épisodes), Les Experts : Manhattan, Cougar Town, Big Love, Weeds (4 épisodes), Modern Family, Community (2 épisodes), etc. Il commence pareillement à écrire pour le cinéma.



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110. Parle avec elle. FIN DE LA SAISON 5

Message  Dearesttara le Sam 9 Mar 2013 - 10:49

5.24 Parle avec elle (Both sides now) :



- Tu utilises Cuddy comme un substitut à la Vicodin, ce n’est pas de la Vicodin.
- C’est même tout le contraire.

Scott ne peut plus contrôler sa main gauche qui agit avec des mouvements désordonnés. Annie, sa femme, a de plus en plus de mal à le supporter. Après sa nuit passée avec Cuddy, House est de bonne humeur mais s’étonne de la froideur soudaine de sa patronne au lendemain. Il en discute avec Wilson et tente de savoir quels sont les véritables sentiments de Cuddy. Pendant ce temps, Cameron doit prendre une décision définitive en ce qui concerne sa relation avec Chase…


Dr.House dans La Quatrième Dimension

Le finale de cette symphonie audiovisuelle termine avec brillance cette saison 5. S’il n’apparaît pas aussi bouleversant et désespéré que le finale de la saison 4, il est de très haute volée. Si le cas est brillant, le Tuesdays manque une nouvelle fois d’alourdir l’épisode par sa pesanteur franchement lourdingue. Mais c’est dans le nouveau duel méchamment acéré entre Cuddy et House, au lendemain de leur nuit commune, que réside l’intérêt de l’épisode. D’un luxe de répliques et de situations d’un comique irrésistible, le Huddy est de nouveau la grande attraction du jour. Mais tous ces jeux de massacre plein d’humour noir se brisent soudainement quand survient le terrible twist final, un des plus renversants de la série et que n’aurait pas désavoué Rod Serling ! Il amène une fin d’une profonde mélancolie qui n’en est pas moins une totale réussite, surtout par son contraste avec l’aboutissement du Tuesdays.



Doris Egan conduit à merveille l’arc vers sa conclusion, mais n’omet pas d’imaginer un cas du plus haut intérêt. L’épisode se sert de la recette qui avait fait le succès de Je dis tout ce que je pense avec un symptôme au premier abord source de gags grinçants (une main incontrôlable remplaçant les vérités proférées tout haut) mais aux conséquences cataclysmiques. On commence gentiment par des boules de pain lancés dans un restaurant, puis des objets plus ou moins hétéroclites qui volent, jusqu’à la grosse baffe que reçoit la pauvre Annie. Or, il apparaît que ce problème vient d’une mauvaise connexion entre cerveau gauche (siège de la logique) et cerveau droit (siège de l’émotion), et les premières conclusions sont définitives : cela veut dire qu’une partie de Scott refuse Annie, et l’autre l’aime. Ainsi la comédie des actions incontrôlées de la main est contrebalancée par le déchirement du couple lorsqu’Annie s’aperçoit qu’une partie de son mari la refuse. Nous avons tous en nous plusieurs multiples personnalités, et la plupart du temps, nous parvenons en public à ne montrer qu’un seul visage. Privé de la connexion entre ses deux hémisphères, Scott fait voir deux personnalités distinctes qui sans cesse se disputent. Or, si une âme n’est pas unie, mais demeure divisée, elle va à sa propre destruction (thèse reprise par la série Journal intime d’une call-girl où l’héroïne paiera un lourd tribut pour n’avoir pu choisir laquelle de ses personnalités garder), c’est-ce qui menace Scott.



En homme désespéré et presque fou, Ashton Holmes est convaincant, et la sublimissime Maria Thayer est également juste en épouse pleine de douceur mais au bord de la crise de nerfs. L’enquête est menée à un rythme trépidant, avec notamment la fouille dégueu de l’appartement, l’excellente scène des trois écrans, les diagnostics vifs et enlevés, et deux moments de pure folie : la thérapie de couple… pour les cerveaux de Scott, ainsi que le solo d’air guitar, à la limite du n’importe quoi ! Nos trois médecins sont en forme, mais comme d’habitude, on réserve une prime à Taub. Sa tirade sur la semence des mouches devant un Chase terrorisé est un franc moment d’hilarité. Il se montre même curieusement optimiste en déclarant que les multiples personnalités peuvent aussi être le signe de notre propre identité qui se construit au fur et à mesure que la vie nous façonne. La question est de savoir à partir de quand il faut s’unifier.

Le cas secondaire d’Eugène Schwarz (une pique empoisonnée envoyée par Cuddy) semble à première vue purement comique : on jubile comme des gosses en entendant ses cris de perroquet successifs ; d’autant que Carl Reiner partage son enthousiasme communicatif ! Par un de ses mémorables retournements finaux dont la série a le secret, les deux intrigues fusionnent brutalement pour une révélation à couper le souffle, d’une intelligence et d’une logique imparables, avec en conséquence un happy end sinistre : Scott retrouve la santé, mais son ménage, même reformé, est dorénavant fragilisé par cette expérience, tandis que Schwarz voit sa vie toucher à sa fin. Une des plus belles trouvailles de la série !



Le Chaseron à force de s’enfoncer plus loin dans le ridicule finit par atteindre une dimension de nanar vraiment cosmique. Après tant de lourdeur, on finit par rire devant les jeux méga faux de Jennifer Morrison et de Jesse Spencer, de cette histoire de sperme qui n’en finit pas, digne d’une série Z, sans oublier évidemment la réconciliation in extremis pour lequel manque plus qu’une masse de violons. Seuls Taub et House qui s’y mêlent parviennent à sauver ce qui peut l’être. Heureusement, Egan ne s’attarde pas sur ce pan ridicule, et on arrive à passer le cap. Et puis, la réalisation de Greg Yaitanes est suffisamment alerte pour tenir le rythme.

Mais l’épisode acquiert toute sa raison d’être par son vrai segment principal : le Huddy. Comment gérer l’après 5x23 ? La série va-t-elle succomber au syndrome Clair de Lune après la nuit intime de nos héros ? L’épisode tient toutes ses promesses en choisissant de rester en mode burlesque pour mieux nous crucifier à la fin. Cuddy a mis les voiles très tôt, laissant House dormir. Ce dernier ramasse le rouge à lèvres que Cuddy a laissé, puis part au travail, plein de bonne humeur. La suite n’est qu’une succession de gags bien rythmés, jamais gratuits car maintenant un troublant mystère : Cuddy se montre glaciale envers House : que ressent-elle en réalité ? Pourquoi réagit-elle ainsi : est-elle honteuse, en colère ? Pourquoi se montre-t-elle si distante ?



Cuddy se protège des événements de la veille en dissimulant son cœur derrière des torrents de glace, en sollicitant à fond rationnel et logique pour empêcher l’émotion d’affleurer. Remarquable miroir du cas du jour puisqu’on peut dire que Cuddy utilise son cerveau gauche pour taire le droit. Seul un événement violent, qui cédera les digues du rationnel, obligera Cuddy à perdre le contrôle de son cerveau gauche. La série est décidemment inégalable quand il s’agit de traiter des comportements humains. Wilson, toujours aussi lucide, le signale à House : rares sont les fois où il s’investit envers quelqu’un. Stacy fut la seule personne en qui House projetait un avenir commun possible. Ce solitaire infatigable se voit de nouveau dans la même situation, et cela le perturbe. Du coup, une partie de House prend peur et lui dicte des conduites qui semblent être des tentatives tout à fait louables pour résoudre l’énigme, mais en fait ne sont là que pour donner le change. Il y’a aussi une autre raison : House a tellement peur des émotions, qu’il analyse chaque émotion sous le prisme scientifique, comme pour exorciser la part irrationnelle qu’il y’a dans les émotions humaines. Témoins, la photo infrarouge de Cuddy ou l’analyse du café, idées drôles mais inopérantes car House au fond, ne peut rien en déduire.

Les farces que House fait à Cuddy (avances ultra salaces, livraison d’excréments, strip-teaseur surprise…) pour la faire enrager sont cocasses mais gentilles. Il faut attendre le coup de fouet de Wilson (Robert Sean Leonard accomplit une de ses plus abouties compositions) pour que House se lâche et humilie sa patronne en public via une scène qui compte parmi les plus grands moments de la série. Mais ça ne réussit qu’à moitié : certes, Cuddy rentre dans une crise de fureur noire qui vire à l’hystérie pure (Lisa Edelstein est totalement méconnaissable)… mais cela ne produit pas l’effet escompté. Ce bref dialogue est toutefois aussi mémorable que ce qui l’a précédé.



Tout est prêt pour la coda, où House trouve enfin le courage de parler à Cuddy, et là, le voile de l’illusion se déchire brutalement, et le twist final percute les spectateurs comme une voiture lancée à pleine vitesse ! Monumental et terrible, il anéantit avec violence l’atmosphère de vaudeville qui imprégnait l’épisode. On pourra certes arguer qu’une telle révélation n’est pas une invention de la série - Scrubs avait utilisé le même procédé à la fin de l’épisode Mon intuition masculine (saison 1) - mais ici, il arrive à point nommé pour un résultat dévastateur. La fin est d’une perfection sublime : sans aucune parole, avec seulement une chanson appropriée (As tears go by des Rolling Stones), House se prépare à affronter son triste destin, sous le regard lourd de Wilson. Alors qu’à quelques kilomètres de là, Chase et Cameron trouvent le chemin de l’autel. Le contraste entre ces deux événements (rendu également par une superbe photographie : terne et grise pour House, lumineuse et colorée pour le mariage) apporte une conclusion mélancolique de la plus belle eau, une des plus magistrales composées pour un season finale.


Beaucoup de fans dirent que cet épisode aurait dû conclure la série. Il est vrai que l’épisode est tellement intense et conclusif qu’il aurait offert une fin à la hauteur de la série. Mais les trois saisons suivantes - bien qu’inférieures - jouent également une musique qui mérite d’être écoutée, et il serait dommage d’en rester là. La saison 5 est réellement une excellente saison, et qui est exclue de l’âge d’or de la série non pas à cause d’une inspiration tarie (bien au contraire !) mais seulement à cause d’évolutions malheureuses de personnages, surtout dans sa première moitié. Les dix derniers épisodes, eux, sont dignes des quatre premières saisons. En bref, c’est sur cet épisode tragique et bouleversant que se termine cette remarquable saison.




Infos supplémentaires :


- Aka. La stratégie de l’inconscient.


- Kutner et Amber réapparaissent pour cet épisode. On les reverra à nouveau seulement dans le final de la série.

- Chase et Cameron se marient.

- Le titre de l'épisode fait référence à une chanson de Joni Mitchell.

- Les chansons de l’épisode sont The Trolley song de Ralph Blane et Hugh Martin, chantée par Hugh Laurie, China grove des Doobie Brothers, et As Tears go by des Rolling Stones dont on entend d’abord une version pour quatuor à cordes (interprétée par The vitamin string quartet) avant la version originale des créateurs.



Acteurs :

Ashton Holmes (1978) est un comédien jouant sur les deux écrans. A côté d’une dizaine de films, il a joué dans les séries New York section criminelle, New York unité spéciale, Cold Case, Ghost Whisperer, Boston Justice (5 épisodes), Numb3rs, Les Experts, Band of brothers (7 épisodes), Nikita (10 épisodes), Lie to me, etc.

Maria Thayer (1975) se consacre surtout à la télévision. Elle a joué dans les séries Strangers with Candy (14 épisodes), New York section criminelle, New York unité spéciale, Nip/tuck, 30 Rock, Harry’s law, New Girl, Eagleheart (24 épisodes), etc.

Carl Reiner (1922) est à la fois acteur, scénariste, et réalisateur. En tant qu’acteur, on l’a vu dans les séries Kraft Television Theater (2 épisodes), Night Gallery, Associées par la loi (2 épisodes), Ally McBeal, Preuve à l’appui, Mon oncle Charlie (2 épisodes), American Dad !, The Cleveland show (4 épisodes). Il a souvent tenu des rôles comiques au cinéma. Il est toutefois plus connu pour être le créateur d’une série très populaire aux USA : The Dick van Dyke show (158 épisodes), et sa suite The New Dick van Dyke show (72 épisodes). Côté cinéma, il a réalisé (et écrit) plusieurs films dont une fameuse parodie des films noirs : Les cadavres ne portent pas de costard. Il est apparu dans de très nombreuses émissions de divertissement également, faisant de lui une des figures télévisuelles les plus respectées aux USA.



Everybody lies !

(c) 2013 par Clément Diaz





FIN DE LA SAISON 5 !!!!!
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Re: Série "Dr House"

Message  Patricks le Sam 9 Mar 2013 - 11:06

Eh bien dis donc Dearesttara, tu carbures! Encore une série bientôt bouclée, plus que 3 saisons Very Happy
Bravo.
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Top 5 de la saison 5

Message  Dearesttara le Sam 9 Mar 2013 - 13:42

Merci beaucoup Patricks ! Oui, plus que trois saisons, mais de l'avis général, ce sont les moins bonnes, Raaah, allez, on croise les doigts ! Razz


Bon, j'en profite pour livrer mon Top 5 de la saison 5

1. House divisé : Jouissif dialogue hallucinatoire entre le héros sombrant peu à peu dans les ténèbres, et son subconscient à la fois angélique et diabolique, incarné par la fracassante Amber Volakis ! Le noble art de la « dramedy » atteint ici un climax avec une terrifiante descente dramatique brisant l’élan furieux du burlesque. Episode sans faiblesse, riche en rebondissements, rires, et larmes, un must impératif !

2. Il n’y a rien à comprendre : Au-delà du renversant événement de l’épisode, c’est bel et bien à une réflexion sur les causes parfois irrationnelles du comportement humain que s‘attache l’épisode. Noir et sans espoir, cet épisode intégralement sombre baigne dans une atmosphère funéraire tenace d’une grande intensité. Le cas médical est un des plus aboutis de la série.

3. Ecorchés vifs :
Deuxième partie du finale. Malgré un « Tuesdays » dispensable, l’épisode convainc amplement par la lente descente aux enfers de House, prisonnier de sa propre tête et de son orgueil. Le brillant suspense dramatique, accentué par un cas du plus haut intérêt, tient en haleine pour finir en suspense sentimental avec un grand bond en avant du « Huddy ». Une architecture impeccable.

4. Le divin enfant : A la fois hommage et satire de la « magie de Noël », cet épisode est un miracle dans le sens où il unit tous les contraires : rationnel-irrationnel, joie-peine, optimisme-pessimisme, et surtout vie et mort qui se passent le relais avec maestria. La chute finale est une des plus cruelles de toute la série.

5. Je dis tout ce que je pense : Certainement le cas le plus stimulant de toute la série, incarnation de la pierre angulaire de la série : Everybody lies ! Le cynisme violent du cas, riche en humour très très noir et en drames poignants, est adouci par un superbe Hilson, décidément une des amitiés les plus imaginatives de la télévision.

Accessits d’honneur : Parle avec lui, Parle avec elle, Crise de foi.
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Re: Série "Dr House"

Message  Cetp65 le Sam 9 Mar 2013 - 14:36

Oui, bravo pour tes critiques toujours excellentes. cheers
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Sam 9 Mar 2013 - 14:44

Merci beaucoup Cetp65 !


Bon, pause de deux semaines pour cause de préparation de concours. Et ensuite, j'attaque la saison 4 de Clair de Lune ! cheers
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Lun 11 Mar 2013 - 1:07

Saison 5 envoyée à S3 ! Very Happy
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Dim 17 Mar 2013 - 21:46

La saison 5 est en ligne! cheers

http://www.theavengers.fr/index.php/hors-serie/annees-2000/dr-house/dr-house-saison-5
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