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Série "Dr House"

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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Dim 17 Mar 2013 - 21:46


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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Lun 18 Mar 2013 - 2:39

Merci beaucoup S3 ! 1010

Quelques correctifs à faire :

- Le lien Top 5 de la saison 5 ne marche pas.
- L'image 5 de l'épisode 4 est la même que l'image 4 du même épisode.
- L'image 4 de l'épisode 18 est la même que l'image 3 du même épisode. hein
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Lun 18 Mar 2013 - 13:24

Tout a été corrigé!
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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Mar 19 Mar 2013 - 20:07

Un bilan de la série, dont les deux derniers épisodes sont diffusés ce soir sur TF1.
http://www.ozap.com/actu/-dr-house-une-serie-a-succes-en-10-chiffres/446147
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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Mar 19 Mar 2013 - 20:14

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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Ven 22 Mar 2013 - 15:42

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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Ven 22 Mar 2013 - 16:15

C'est davantage un article sur les conclusions de série télé, Estuaire, tu pourrais peut-être la poster ailleurs ? Ca ne concerne pas que House.

Relevé dans les commentaires :
Pour moi, The Avengers se termine avec le départ de Diana Rigg..

Hérétiiiiiiiiiiiiiiiique !!! lol! lol! lol! lol! lol!
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Ven 22 Mar 2013 - 16:41

Dearesttara a écrit:C'est davantage un article sur les conclusions de série télé, Estuaire, tu pourrais peut-être la poster ailleurs ? Ca ne concerne pas que House.

Relevé dans les commentaires :
Pour moi, The Avengers se termine avec le départ de Diana Rigg..

Hérétiiiiiiiiiiiiiiiique !!! lol! lol! lol! lol! lol!
Il aurait dû ajouter : 'Et le retour de Purdey...'
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mar 30 Avr 2013 - 11:13

Me revoilà sur ce topic ! cheers Après avoir terminé la saison 4 de Clair de Lune, j'attaque la saison 6 de Dr.House ! Critique du 6x01 dans quelques minutes.
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111. Toucher le fond...

Message  Dearesttara le Mar 30 Avr 2013 - 12:06

6.01 Toucher le fond… (Broken - Part 1) :



- Prêt à jouer franc jeu ?
- Vous me croiriez si je vous disais oui ?
- Non.
- Alors, oui.


House, interné à l’hôpital psychiatrique de Mayfield veut en sortir le plus vite possible. Mais le Dr.Nolan refuse de le laisser sortir. House multiplie les coups tordus au sein de l’asile, mais échoue à chaque fois à faire plier les médecins. Il rencontre la belle-sœur d’une patiente, Lydia, avec qui l’entente est immédiate…


La saison 6 s’ouvre sur un épisode en deux parties très atypique, suite logique du cauchemar aux frontières du réel traversé par le diagnosticien dans le season finale précédent. Considéré comme un des tous meilleurs épisodes de la série, la première partie, faute d’un vrai scénario remplacé par une simple succession de saynètes, s’étire toutefois en longueur, tout en commettant de fâcheux contresens. Malgré cela, Gregory House, même à l’asile, n’a rien de perdu de sa flamboyante intelligence, ni de son cynisme vachard, ni de son caractère révolté, et est la source de nombreux moments d’humour noir qui parsèment l’épisode. La comédie grinçante est reine, bien que manquant de dramatisme. Cette dramedy trouve sa plus belle expression par le retournement final, un des plus brutaux de la série.

House n’a plus d’hallucinations, mais craignant une rechute, le Dr.Nolan refuse de le laisser partir. Il le transfère dans une unité où il va faire connaissance avec quelques-uns des « pensionnaires » de l’asile. La première scène entre lui et Nolan, avec échange rythmé de pointes ironiques, donne le ton.



Les patients présentés ici sont tous assez croquants. Le compagnon de chambre de House, Alvie, est un agité délirant qui ne cesse de l’assommer à coups de monologues mais qui finit par devenir son allié. Lin-Manuel Miranda n’hésite pas à cabotiner, pour un résultat rigolard. On a aussi une jeune fille qui a tenté de se suicider, une violoncelliste immobile et muette, un anorexique, un agoraphobe fragile, un gars se prenant pour un superhéros, une lunatique, ainsi qu’un paranoïaque. Ce dernier est interprété par un Curtis Armstrong absolument méconnaissable. Les fans de la série Clair de Lune, où il était un des rôles principaux, verront que ce choix n’est pas anodin car le médecin-superviseur est le Dr.Beasley (excellente Megan Dodds, entre gentillesse et ironie), soit le nom de famille d’Allyce Beasley, qui jouait sa compagne dans Clair de Lune !! Une référence certainement pas fortuite !

House commence déjà très fort : il sabote avec sa délicatesse coutumière une thérapie de groupe en diagnostiquant chacune des folies de ses camarades (Ah bon, le suicide est un sujet tabou ici ?) ou bien lors de la scène mémorable du terrain de basket où il se débarrasse de toute l’équipe adverse en appuyant sur leurs points faibles avant de marquer tranquillement un panier. Cette méchanceté assez gratuite mais tellement hilarante, et exceptionnelle chez lui, montre aussi à quel point il se sent oppressé par une situation qu’il ne peut maîtriser, lui qui veut toujours tout maîtriser. Premier rappel à l’ordre par le Dr.Nolan. Mais House persiste et fomente une mutinerie avec les patients pour protester contre les médecins, joyeux b ordel uniquement brisé lorsque Nolan cède en partie aux revendications de House, cassant net les pièces de son plan. Nolan est fin psychologue, et il sait comment parer à ses menaces, ce qui déconcerte notre anti-héros, pas habitué à voir un « adversaire » aussi patient et fin.



Du coup, House trouve un nouveau plan : il a vu le Dr.Nolan raccompagner une jolie fille à la voiture. Avec la complicité du joyeux Alvie, il parvient à téléphoner à Wilson dans l’espoir de savoir son nom et ébaucher un chantage, mais ce dernier a été averti à l’avance par Nolan de ne pas faire confiance à House, et il lui raccroche au nez. C’est par ailleurs l’unique scène de l’épisode où on trouve un personnage principal de la série hors House. Jamais à court d’idées, House change son fusil d’épaule, et arrête de prendre ses médicaments pour montrer qu’il peut aller mieux sans les prendre. Il les cache, et le moment venu, les montre à Nolan comme preuve pétaradante de sa bonne santé mentale… ben non, Nolan avait également prévu ce coup fourré, et démonte génialement les arguments de House, totalement piégé ! Darryl Nolan (très bon André Baugher) est un médecin expérimenté qui parvient à protéger House de ses propres démons, et se montre plus rusé que lui. Fait rare !

Malgré une mise en scène agréablement experte de Katie Jacobs, qui signe là sa cinquième et dernière (et meilleure) réalisation de la série, l’épisode manque d’un fil conducteur évident. Il se contente de se faire succéder des scènes qui, individuellement, sont toutes réussies, mais qui prises ensemble forment un tout dispersé et sans grande intensité dramatique, indispensable dans cette série pour contrebalancer son humour noir. Ce déséquilibre nuit à la continuité de l’épisode.
Le quotidien des fous présenté ici est également assez édulcoré, loin de la noirceur d’un film comme Vol au-dessus d’un nid de coucou. Il y’a peu de crises et d’accidents, tout le monde s’entend plutôt bien, et ce petit monde reste assez calme. On comprend le choix du quatuor David Shore-Russell Friend-Garrett Lerner-David Foster qui ainsi mettent en avant la tornade House, mais c’est au détriment d’un réalisme qui compte pourtant dans l’ADN de la série.



La partie la plus réussie de ce récit est certainement le segment Lydia, avec qui House noue une étrange relation, presque un amour platonique. Incarnée par la belle Franka Potente, qui use d’un jeu simple et lumineux, ce personnage nous charme tout de suite. Elle se montre très complice avec House, et toutes leurs scènes communes sont des moments de douceur contrastant avec le reste de l’épisode. Elle a tout de suite vu qu’en réalité, House a un grand cœur, même s’il ne le montre pas. Il semble troublé et s’en tire par des pirouettes qui traduisent son trouble devant cette jeune femme. A son corps défendant, House ne peut s’empêcher de faire le bien autour de lui : c’est lui qui met de la bonne humeur dans l’asile, où tous ses camarades l’aiment et l’admirent. Il se montre soucieux du bien-être du schizophrène-super-héros, et s’emporte lorsqu’un psychologue aggrave par négligence son état. Toujours cette face fascinante du héros, que Hugh Laurie maîtrise d’une manière impeccable.

Aussi, l’idyllique balade avec le « super-héros » est certainement le climax euphorique de l’épisode où pendant une après-midi, House et lui s’en donnent à cœur joie dans la fête foraine, s’amusant comme des gosses. Mais le twist final transforme en quelques secondes cette virée en tragédie terrible qui coupe le souffle ! House, hagard et terrifié, comprend soudainement qu’il y’a des situations où on ne peut s’en sortir tout seul. Il doit demander de l’aide, et le voir subitement défait de toute assurance ou cynisme permet de clore magistralement cette première partie.




Infos supplémentaires :

- Pas de générique de début dans cet épisode. On avait plus vu ça depuis le pilote. On remarque par ailleurs que - House n’ayant plus sa licence - le terme « M.D. » a disparu du titre, qui devient donc seulement « House ».

- House et Alvie se battent pour obtenir des pilules d’Haldol, afin de faire un marché avec un patient. Ils y arrivent, mais en réalité, dans une situation d’urgence telle une bagarre entre détenus, les médecins préféreront administrer l’Haldol par seringue et non par pilules, car c’est plus rapide.

- Ana Lenchantin joue la violoncelliste muette. Dans la vie, elle est réellement une violoncelliste professionnelle.

- Seuls House et Wilson (une scène seulement) apparaissent au niveau des personnages principaux. Premières apparitions d'Alvie le Cubain maniaco-dépressif et du docteur Nolan. Hugh Laurie devient donc le seul acteur à apparaître dans l'intégralité de la série avec cet épisode où Lisa Edelstein (Cuddy) est absente pour la première fois.

- Alvie dit que son prénom vient du film Annie Hall (1977). Il pastiche une scène de L’Arnaque (1973) quand il salue House après que ce dernier ait obtenu les médicaments.



Acteurs :

Curtis Armstrong (1953) est évidemment surtout connu pour avoir été l’hilarant Herbert Viola, un des rôles principaux de la série Clair de Lune pendant 36 épisodes. Il s’est par ailleurs illustré dans de nombreuses séries telles Cybill, Lois & Clark, La croisière s’amuse nouvelle vague, Felicity (3 épisodes), Ally McBeal, That 70’s show, Preuve à l’appui, Parents à tout prix, Grey’s anatomy (2 épisodes), Boston Justice (5 épisodes), Ghost Whisperer, Earl, Les Experts, The Closer (5 épisodes), Scandal, Bones, American Dad !, Supernatural, etc. Il a également un peu joué au cinéma (Ray, Southland Tales…).

Franka Potente (1974) est une actrice d’origine allemande, connue surtout pour son rôle dans les deux premiers volets de la saga Jason Bourne : La mémoire dans la peau et La mort dans la peau. Elle fut découverte dans un film depuis réputé dans son pays : Cours, Lola cours de Tom Tykwer (son petit ami de l’époque). Après des débuts encourageants en Allemagne, elle a émigré aux Etats-Unis où elle continue de jouer. On l’a vue notamment dans The Shield (3 épisodes), Enquêteur malgré lui, American horror story, etc. Cette comédienne a la spécialité de changer régulièrement de couleur de cheveux.

Lin-Manuel Miranda (1980) est avant tout compositeur, parolier de comédies musicales, et est spécialisé dans le hip-hop et le rap. Il a cependant joué dans quelques films et séries comme Les Soprano et Modern family.

André Braugher (1962) est surtout connu pour avoir été le Détective Pemberton dans 98 épisodes de la série Homicide, et Marcellus Washington dans Le justicier de l’ombre (39 épisodes). Mais il a aussi joué dans New York police judiciaire, The practice, Men of a certain age (22 épisodes), Last Resort (13 épisodes), New York unité spéciale (5 épisodes), etc. On l’a aussi vu au cinéma.



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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Mar 30 Avr 2013 - 14:08

C'est moi doit avoir besoin d'un médecin, désormais quand je lis le mot "House", je pense au Trône de Fer (House Stark, House Tyrell, House Lannister, House Targaryen etc.). Je n'ai plus qu'à prendre le Noir. Joint

Ceci dit, excellente critique de Dear, lo de siempre ! 1010
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mar 30 Avr 2013 - 18:52

Le trône de fer et Dr.House ? Euh, ouais, d'accord... Laughing Merci Estuaire. Very Happy

J'adore la coïncidence qui fait qu'à peine j'ai laissé Moonlighting, je retrouve Curtis Armstrong dans Dr.House, la transition est parfaite ! Razz
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112. ... Et refaire surface

Message  Dearesttara le Ven 3 Mai 2013 - 15:22

6.02 … Et refaire surface (Broken - Part 2) :


- Pourquoi accordez-vous plus d’intérêt à vos échecs qu’à vos succès ?
- Ma mère m’a chopé quand je me masturbais devant des photos de sa mère à elle.


House cesse de se révolter et décide de faire confiance au Dr.Nolan pour qu’il aille mieux. Malgré que Lydia soit mariée, sa relation avec elle commence à devenir plus intense…



La deuxième partie de Broken mise à fond sur l’émotionnel, terrain miné que la série sait arpenter avec brio. Mais là, le niveau atteint est sans commune mesure dans le monde des séries. L’histoire House-Lydia est un mélodrame pur dont les accents tragiques rappellent le mythique Brève rencontre de David Lean ; l’émotion affleure à chaque instant, pour finir dans un final magnifique. Mais Broken fait plus que du Douglas Sirk, il raconte ainsi la lente reconstruction et les petites victoires d’un homme qui apprend peu à peu à revenir à la vie, qui accepte de dégeler son cœur. Les deux intrigues cohabitent en parfaite harmonie, chacune a des résonances l’une envers l’autre. C’est au contact de Lydia que House émerge de l’abîme où il est tombé, et cette remontée éclaire en retour l’évolution de leur brève liaison. Les dialogues sont miraculeux de justesse. Un des épisodes les plus aboutis de toute la série.

Malgré des dialogues toujours aussi verts, l’heure n’est plus à la rigolade mais plutôt à l’introspection. Toutes les scènes avec Darryl Nolan - André Braugher est vraiment l’acteur idéal pour ce rôle - bénéficient d’une écriture d’un niveau intellectuel et émotionnel rarement vus dans une série, on se croirait presque dans l’excellente En analyse, ou la non moins brillante Tell me you love me. Mais cela doit beaucoup au personnage de House - et à son inimitable interprète Hugh Laurie - qui après cinq saisons demeure toujours une fascination continue pour le spectateur.



Nous savons que House à la fois aime être sur un piédestal qui flatte son ego, et qu’il en souffre car le condamnant à la solitude et à la « perfection ». Nolan le déchoit de son piédestal en exigeant qu’il reconnaisse être faillible, et même davantage : de ne pas chercher à se « rattraper » à chaque faute. House veut être irréprochable, et quand il se trompe, il veut tout de suite réparer même quand il est impuissant. Ainsi, il doit reconnaître qu’il ne peut rien faire pour « Freedom master » qu’il a mis dans un sale état, et tourner la page. Épris de justice, House souhaiterait en retour souffrir autant que sa victime, pour « équilibrer ». Cet homme, pourtant athée, voudrait établir une sorte de justice divine contre lui-même, et il faut la persuasion de Nolan pour empêcher une telle manière de penser qui le ferait replonger.

Il renonce par ailleurs à jouer à l’anarchiste sans loi en suivant méthodiquement son traitement, provoquant la déception du joyeux Alvie. Curieusement, alors que House se fout de ce qu’on pense de lui, l’inimitié - passagère - d’Alvie semble le perturber. En effet, il doit mettre une sourdine à sa prétention, et accepter de l’aide de quelqu’un qui l’aime. Alvie ne tenant plus ce rôle, c’est Lydia qui s’en chargera. De même, House cesse de critiquer à tout bout de champ ses semblables et se montre plus humain, veillant ainsi Nolan qui doit pleurer la mort de son père. Certes, cette évolution ne se fait pas sans heurts, comme lorsque House éprouve Nolan sur la mystérieuse jeune femme de la première partie, avant d’y renoncer.



Mais House ne s’est pas encore réintégré dans la compagnie des hommes. Cette barrière se brise lors de la scène du spectacle. La tendance agaçante des séries américaines à « caster » des rappeurs en tant que guest star - Dr.House l’avait déjà fait dans Peine de vie (saison 2) et Je suis vivant ! (saison 5) - passe à l’as devant la superbe communion d’Alfie et de House. Le deuxième aide le premier à faire son rap improvisé lorsqu’il n’arrive plus à trouver de rimes. C’est un geste fraternel et généreux que fait House. De plus, alors que les rappeurs ne se font généralement pas remarquer pour leurs jeux d'acteur (litote), Lin-Manuel Miranda joue avec une énergie gaie et contagieuse son personnage, qui finit même par être superbement émouvant lors de la scène finale. Une surprise très agréable !

L’histoire avec Lydia - malgré une fin un peu expéditive - est portée à un niveau d’émotion exceptionnel pour une durée si courte (celle d’un moyen-métrage), et parvient même à dépasser le Houcy qui s’étalait sur une dizaine d’épisodes. Comme souvent dans les histoires de romance, l’humour est indispensable pour assurer un équilibre et faire ressortir les moments plus dramatiques. Une leçon élémentaire que le quatuor n’a pas oublié. Ainsi la scène de réception où House doit prouver à Nolan qu’il sait « s’ouvrir aux autres » est de la pure comédie. La discussion avec l’inconnu, absolument effaré des délires de House est empreinte de folie douce. On passe à un stade supérieur quand House et Lydia jouent à être mari et femme et font une farce à une superbe jeune femme qui se retrouve en dix secondes chrono dans une situation super embarrassante, la pauvre !



Leurs affinités mènent à un premier baiser qui fera une telle impression sur House qu’il devra demander conseil à Nolan. Lydia, plus que quiconque, a deviné la face cachée de House : celle d’un homme sensible, idéaliste, gentil. De son côté, House rencontre celle qui est finalement son idéal féminin, un idéal au caractère forcément opposé au sien, dénuée d’ironie, et dont la compassion est exacerbée. Leur rapprochement est donc crédible. Il semble même pouvoir tenir sur la durée car House, sans doute pour l’unique fois de sa vie, rompt avec son habitude de saboter toute possibilité d’être heureux. House a peur d’être heureux, que cela détruise son génie médical, existant seulement que parce qu’il est fermé à l’Autre. Ici, cette auto-destruction s'estompe, car enfin House veut se donner le droit d'être heureux (remarquable discussion à propos de Van Gogh). Il a certes le réflexe de cet auto-sabotage, quand il repousse fermement les avances de Lydia, mais finit quand même par succomber à la tentation et couche avec elle. Dans leur scène intime, on sent la passion qui agite leurs corps. Leur scène est plus désespérée qu’autre chose. Lydia est déchirée entre joie de l’instant présent et la peine à venir, et House a les larmes aux yeux, inconscient du prix qu’il devra payer de son rapprochement avec elle.

Katie Jacobs se voit cependant obligée de filmer la scène très pudiquement étant donné la difficulté de Hugh Laurie à tourner ce genre de scènes (complexe dû à une expérience douloureuse avec une réalisatrice). D’ailleurs l’introduction du 7x01 ne fera que le confirmer. On saluera néanmoins le culot de l'épisode où une scène amorale car adultère fait office de catharsis positive.



On peut objecter que le final soit si expéditif, avec cette histoire de boîte à musique sortant du diable vauvert. Avec l’aide de « Freedom master », House guérit involontairement Annie. Mais cette idée bâclée devient a posteriori indispensable pour réaliser une fin tout simplement parfaite.

Pour achever sa reconstruction, la violoncelliste doit partir en voyage, et elle le fait avec son frère, le mari de Lydia… et Lydia elle-même. Malgré les avertissements de Nolan, House va la voir chez elle pour une heartbreaking scène d’adieux. Lydia est mariée, est mère, et malgré son envie de tout quitter pour lui, ne peut le faire sans culpabiliser mortellement. Elle reste avec sa famille, et House, au bord des larmes, ne peut la faire revenir sur sa décision. Un amour impossible qui n’aboutira jamais, la série prend tous les risques avec cette idée casse-gueule, mais c’est payant : impossible de ne pas verser une petite larme en voyant ces deux cœurs qui se sont brièvement rencontrés partir au loin sans espoir de se revoir. Hugh Laurie et la magique Franka Potente sont d’une expressivité mémorable, et l’économie de leurs dialogues ne fait que souligner les sentiments déchirants de leurs personnages. Cette rupture qui assomme House était cependant salutaire : elle montre qu’il peut toujours s’attacher à quelqu’un, quitte à en souffrir par la suite. Que malgré ses efforts, l’humain en lui n’est pas mort. Nolan s’en aperçoit et lui signe donc la lettre de sortie. Même si Lydia brise le cœur de House (et le sien aussi), c’est grâce à elle que House a appris à rééprouver des sentiments, une rééducation sentimentale nécessaire.



Cette peine entache avec force le happy end. Malgré l’euphorie de la fête finale, malgré House jouant au clown, c’est bien l’impression d’un inachèvement qui prédomine. Sur le plan final, c’est la nostalgie, la rage rentrée qui se lit sur son visage, alors qu’il se prépare à retourner vers Princeton-Plainsboro. Pourtant, son passage n’aura pas été inutile : Alvie, bien qu’attristé du départ de son « meilleur ami », cesse à son tour de se révolter et suit son exemple : il prend ses médicaments, présageant ouvertement une nouvelle guérison dans l’asile. Ce final ambivalent où joie et tristesse se donnent la main est un cours magistral sur l’art d’écrire une histoire. Broken est tout simplement l’épisode le plus émouvant de la série entière.


Infos supplémentaires :

- Un parallèle amusant : la violoncelliste guérit en écoutant la boîte à musique contenant l’air de Papageno Das Klinget so herrlich de l’opéra La flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Or, dans cet opéra, entendre cet air entraîne plusieurs personnages à danser joyeusement, un peu comme Annie « ressuscitant » en entendant ce même air.

- House a eu un poisson rouge qui est mort quand il avait cinq ans.

- Bien qu'il n’y ait pas de cas clinique, House aide tout de même le père de Nolan.

- On peut voir un extrait d’un épisode des Griffin dans cet épisode : La victoire en rampant (saison 4).

- Pas moins de 22 musiques sont entendues dans cet épisode ! Les plus importantes sont No surprises de Radiohead (l'introduction), Scènes d’enfants n°1 op.15 de Robert Schumann (par Franka Potente), l’Andante de L’Impromptu n°3 en si bémol majeur D935 de Franz Schubert (par Hugh Laurie), He’s an Englishman, un air de l’opérette HMS Pinafore de Gilbert & Sullivan, La macarena de Los del Río, Seven day mile de The Frames à la toute fin, et le Prélude de la Suite pour violoncelle n°1 en sol majeur BWV1007 de Johann Sebastian Bach par Ana Lenchantin.



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Re: Série "Dr House"

Message  Cetp65 le Sam 4 Mai 2013 - 0:45

Excellentes critiques comme toujours. J'avais vu des extraits de l'épisode lors de sa diffusion sur TF1.
Franka Potente, je l'ai trouvé vraiment excellente dans American Horror Story. C'est d'ailleurs dommage que son personnage n'apparaisse que dans 2 épisodes, on a l'impression que l'histoire n'est pas terminée...mais j'avoue que le traitement sadique qu'on lui réserve n'en est que plus terrible (les personnages dégustent en cette série, surtout Chloë Sevigny) affraid
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Sam 4 Mai 2013 - 1:03

Thanks, Cetp !

Ca ne m'étonne pas que tu l'aies appréciée dans American Horror story, ce n'est pas la première fois que je vois Miss Potente, et à chaque fois j'ai été conquis. cheers
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113. Comme un chef

Message  Dearesttara le Ven 10 Mai 2013 - 23:32

6.03 Comme un chef (Epic fail) :



Vous voulez déjà pas que je vive seul. Y’a qu’une chambre chez Wilson, difficile de se rapprocher plus sans carrément se désaper…


Inquiet qu’un retour à son ancienne vie réveille ses démons, House démissionne de l’hôpital et cherche un moyen de taire sa douleur sans prendre de Vicodin. Foreman demande à devenir le chef du département de diagnostic. Cuddy lui demande de résoudre un cas « Housien » en guise de test : Vince, jeune testeur de jeu vidéo, a des brûlures inquiétantes aux mains. Mais ce geek ne cesse de faire des recherches sur Internet au lieu de faire confiance à l’équipe. Foreman ne parvient pas à légitimer sa place, ce qui cause plusieurs désagréments avec Numéro 13...

Après le drame douloureux de Broken, la série se lâche à nouveau et louche ouvertement vers le comique. L’impression de déjà-vu avec Foreman supervisant à grand-peine l’équipe en l’absence de House est largement compensé par le patient du jour qui utilise Internet pour découvrir sa maladie. Ainsi que par le crescendo massif d’emmerdements que subit Foreman dès qu’il devient calife à la place du calife. La recherche est pleine de suspense, les dissensions deviennent de plus en plus conséquentes. Le segment de House se battant contre la tentation de la Vicodin bénéficie de gags succulents, fin coulis sur ce combat sans espoir. La réussite du scénario de Sara Hess et Liz Friedman permet de passer outre une fin ridicule.

La série demeurant très ancrée dans le réel, on peut regretter qu’elle n’ait pas poussé plus avant le toujours fascinant univers des jeux vidéo. Pourtant, l’introduction et la crise de délire de Vince qui mettent en scène un bunker sombre bardé de monstres pixellisés sont assez réussies. Vince, incarné par un Rick D. Wasseman somptueusement tête à claques, s’avère être un modèle de non-coopération 2.0 tant Foreman avale de couleuvres grâce à lui.



Derrière le rocambolesque de la situation avec ce patient cherchant sa maladie sur Internet à l’exaspération des médecins - source de beaucoup d’humour - Epic fail ironise amèrement sur les débordements que suscite Internet, si dangereux ou inutile lorsqu’il est mal utilisé. Cette passerelle aisée et pratique vers la connaissance universelle montre son revers puisque toutes les propositions que trouve Vince sur la toile sont autant d’échecs et de retards qui gènent l’établissement du diagnostic. La scène où Taub, Foreman, et Numéro 13 lisent scrupuleusement les réponses des internautes en les réfutant une à une joue le rôle de procès contre l’informatique qui ne peut remplacer un cerveau humain logique et doué de raison. On songe à La Quatrième Dimension, influence non négligeable de la série, et ses épisodes comme Automation. Cependant tout n’est pas si simple, car c’est bien grâce à un internaute que Numéro 13 trouvera la solution, mais cette révélation est adoucie par le fait que Foreman, même avec une heure de retard, trouve la solution sans aucune aide. Oui l’informatique peut être efficace, mais le twist final, pourtant convenu et prévisible, a le mérite de mettre une solide sourdine à cette « efficacité ».



Le cas avance à bonne vitesse, et doit beaucoup à la dissonance entre Vince et ses médecins. Mais l’épisode intéresse tout autant par son deuxième axe narratif : les gros problèmes de Foreman à s’imposer comme chef du département. Cuddy elle-même est réticente. Si cette idée a déjà été traitée - notamment dans la saison 2 - elle évite la répétition en mettant plus le curseur sur Foreman, House étant hors-jeu. Et Foreman, malgré ses compétences, n’arrive pas à manipuler correctement le sceptre. Ainsi, quand il veut imposer ses décisions médicales, il se fait allégrement rembarrer par Vince ou par la légèreté de ses subordonnés. La démission totalement inattendue de Taub est le coup de grâce de la valse d’emmerdes subis par Foreman qui pour son premier cas en tant que chef a faux sur toute la ligne !

Côté cœur, il veut dominer sa relation avec Numéro 13. Certes, sur ce dernier cas, ce n’est pas de l’orgueil ou du machisme, mais seulement une tentative maladroite d’asseoir son nouveau pouvoir. Numéro 13 comprend ces erreurs, mais cela n’empêche pas que notre couple ne cesse de se disputer pendant tout l’épisode. L’adresse des dialogues, les excellentes performances d’Olivia Wilde (à fondre avec sa nouvelle coupe) et d’Omar Epps, et les dilemmes des situations, sont autant de réussites qui occultent la fadeur habituelle du « Foreteen ».



Aussi sera-t-on consterné par la décision finale de Foreman qui fait retomber sa relation avec Thirteen dans le soap opera le plus vulgaire, avec ce coup de poignard grotesque, et uniquement destiné à préserver la tension dans ce duo. Ca n’a aucune crédibilité, et c’est dommage car l’épisode avait fait un sans-faute jusque-là. Mais sinon, la volonté de Foreman et sa rigueur parlent pour lui : il est donc légitime que Cuddy lui donne le poste de son illustre ex-patron.

House claque la porte et recherche une autre vocation. Sous la désinvolture et l’humour très à froid, le génial Hugh Laurie continue de sous-entendre la peur de son personnage à rechuter dans les médocs et à ne pas trouver un sens à sa vie. Un changement incroyable s’est produit depuis sa rencontre avec Lydia : il cherche désormais à être heureux, il se donne le droit de l’être - pour compenser la perte de la jeune femme ? Mais sa misanthropie et la douleur de sa jambe sont si profondes que cette volonté est lourdement contrecarrée par ses habitudes et son soi intérieur. Il croit pouvoir trouver un dérivatif en se mettant à la cuisine où il révèle des dons insoupçonnés. Encore un don de plus ! Ce qui nous vaut plusieurs scènes excellentes avec Wilson et surtout avec Cuddy (Lisa Edelstein est outrageusement belle dans ses différentes tenues) lors de la séquence avec la chinoise où elle en prend plein la gueule sans s’en rendre compte ! Le rire est toujours un excellent moyen pour insinuer le désespoir. Nous savons bien que House est fait pour la médecine, et cette fuite vers les fourneaux ne pouvait aboutir qu’à une impasse. Toutes les scènes avec Darryl Nolan conservent leur saveur psychologique et intellectuelle poussée.



Le gag délirant du pipi de labrador et la discussion loufoque qui s’ensuit avec Wilson et une Cuddy totalement paumée est encore plus désespéré : il nous révèle sans l’énoncer que House est retombé dans la Vicodin. Cet épisode pourrait décidément faire office de masterclass de dramedy tant la douleur se cache à peine derrière le rire. Le pessimisme de cet épisode est tellement pregnant que Hess et Friedman commettent en fin de parcours l’erreur d’en rajouter à la fin, avec le rebondissement final visible à 100 kilomètres, et une explication de texte dispensable. Dommage, mais heureusement, l’impression de noirceur demeure avec une force indéniable, ce qui n’est pas le moindre exploit de cet épisode bourré d’humour ! On saluera la magnifique réalisation de Greg Yaitanes qui trouve d’excellentes idées pour accrocher l’œil du spectateur (la plongée ascensionnelle quand 13 et Foreman sont étendus sur le lit...).


Malheureusement, House va maintenant commencer son chemin de rédemption, où il va mettre son cynisme de côté un temps, et essayer d'aider son prochain de manière plus ou moins bourrue. Cette édulcoration va infliger de graves dommages à la série, et ça ne va pas traîner : les conséquences se feront sentir dès l'épisode suivant.


Infos supplémentaires :


- Wilson déjeune avec Cuddy les mardis.

- Taub démissionne, refusant de travailler pour Foreman. Il reviendra dans Classé X.

- House est un excellent cuisinier. Foreman n'a que trois amis sur son réseau social.

- Lorsque Vince pense qu’il a du mercure dans son corps parce qu’il mange trop de sushis, Numéro 13 fait allusion au spectacle de Broadway Speed-the-plow. L’acteur Jeremy Piven, connu pour son rôle dans ce spectacle, venait alors d’annoncer qu’il quittait la production pour cause d’empoisonnement au mercure : il mangeait des sushis deux fois par jour depuis 20 ans.

- House regarde à la télévision une télé-réalité créée en 2004 : The biggest loser, où des candidats souffrant d’obésité concourent pour perdre le plus de poids possible. Le gagnant reçoit une récompense de 250000 $. Par ailleurs, House fait référence au Secret de Brokeback mountain quand il répond à Cuddy lui demandant de ne pas partir qu’il n’est pas Jake Gyllenhaal. Egalement référence à Spinal Tap, et le nombre fétiche 11.


Acteurs :

- Rick D. Wassermann a joué dans les séries New York police judiciaire, FBI portés disparus, 24 heures chrono, Las Vegas, Les Experts : Manhattan, The Closer, Weeds, Burn Notice, Avengers : l’équipe des super héros (38 épisodes), etc. Il est cependant davantage investi dans le doublage, en particulier pour des jeux vidéos.


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114. Le serment d'Hippocrate

Message  Dearesttara le Mer 15 Mai 2013 - 11:58

6.04 Le serment d’Hippocrate (The Tyrant) :



Allô, ici Urgences sexuelles. J’suis dans mon jus, j’arrive chez vous !


Dibala, dictateur sanguinaire de passage aux Etats-Unis, fait une crise et devient le prochain patient de Foreman. Le départ de Taub et le renvoi de Numéro 13 obligent ce dernier à engager Chase et Cameron pour les remplacer, House n’étant que « consultant ». Les médecins sont troublés par les dilemmes éthiques que leur pose leur terrible patient. Quant à House, il s’entend très mal avec le voisin de Wilson…


Les nostalgiques de la première ère de la série ne peuvent que se réjouir de la reformation de l’équipe initiale. Malheureusement, l’intérêt de l’épisode se limite surtout à cet effet. Le cœur du scénario de Peter Blake est une question fondamentale : faut-il tuer une vie pour en sauver d’autres ? Malaisée sur ce terrain, la série prend de gros sabots pour nous noyer dans des effets spectaculaires outranciers, très loin de sa subtilité coutumière. Surlignant les situations, alourdissant jusqu’à la caricature les dilemmes des médecins, empesant les dialogues, l’épisode n’arrive jamais à convaincre. Les quelques moments soap opera, la précipitée histoire secondaire, et - plus grave encore - l’édulcoration progressive de Gregory House ne valent pas mieux. Un rude faux pas qui détonne après la réussite précédente.



Dans Acceptance (saison 2), la série posait la question éthique de soigner un assassin. Dans cet épisode, c’est carrément un dictateur commettant des génocides qui se trouve sur le billard. Le brillant James Earl Jones sait être repoussant sans verser dans l’hystérie. C’est un bourreau sans remords et sans regrets, persuadé de faire ce qui est juste. Il est l’incarnation du mal dans toute sa splendeur, dont la logique glaciale et la paranoïa font frémir. Malheureusement ce beau numéro est très répétitif puisque d’un bout à l’autre, on a l’impression d’assister à des photocopies de scènes précédentes. Surtout, le tout est proprement annulé par une surenchère de mauvais goût. Les dialogues entre Chase et Cameron sur leur déchirement entre le serment d’Hippocrate qui les force à soigner leur patient, et leur humanité dégoûtée de devoir guérir un homme qui sitôt remis recommencera à imbiber du sang de son peuple la terre de son pays, sont consternants de vide. Ils sont pourtant un moindre mal devant les catastrophes qui vont suivre. L’épisode rend manifeste la propension de Foreman à se rapprocher de House puisque ni l’un ni l’autre ne sont gênés par la situation.

Les meilleurs moments du cas sont sans conteste les interventions de House dans les diagnostics différentiels, sapant sans aucun problème l’autorité de Foreman. La scène où il se prend pour un mime est très drôle (avec sous-entendu sexuel bien appuyé à l’adresse de Cameron), ou bien le gag du store. Mais comme Foreman est préoccupé côté cœur et que House reste à l’écart, ce sont Chase et Cameron qui doivent occuper l’écran, et ça fait mal : Chase est sans doute le personnage le moins intéressant de la série, il a été si peu développé. Cela le rend inapte à être au premier plan, et Cameron a définitivement perdu tout mordant. Résultat : pas de capitaine à la barre pour conduire l’ensemble. Si les acteurs se débrouillent, ni Jesse Spencer ni Jennifer Morrison n’ont assez de puissance pour se substituer à Hugh Laurie. The Tyrant souffre cruellement du peu de présence de House dans le cas.



Le cas se montre par ailleurs pénible à suivre du fait d’un crescendo de grotesque. Sur le strict point de vue médical, on se contente du minimum syndical avec un nombre considérablement réduit d’hypothèses envisagées, ce qui nous prive de la délicieuse urgence des scènes de diagnostic. L’arrivée du révolté qui supplie Chase de tuer Dibala, puis essaye de le faire lui-même n’a rien à faire dans la série. Les tentations de Cameron de tuer Dibala sont démonstratives. Le dilemme moral qui tiraille Chase est rythmé par un excès de verbiage et un martèlement incessant des « pour » et des « contre » qui finit par user la patience du spectateur. On atteint une sorte de sommet de ridicule avec le choix final. Blake a beau nuancer l’effet tranchant de cette fin en rendant ambigus les sentiments de Chase, on ne suit pas. Tout est gros, outré, la finesse de la série est jetée à la poubelle au profit d’une histoire digne d’Hospital central. On remplace la réflexion intelligente par des péripéties d’une vulgarité rare.

Foreman ne fait suivre que les suggestions de House et se montre ainsi tout à fait inefficace. Cela se ressent avec l’axe secondaire avec Numéro 13. Si Olivia Wilde achève enfin de nous convaincre dans le registre émotionnel, cela ne sert à rien car elle n’a que des lignes banales à dire. Le Foreteen, déjà pas solide, s’écroule totalement avec l’obstination de Foreman à persister dans ses erreurs (explication de texte ratée de Cameron à ce sujet), et Thirteen rabaissée au rang de maîtresse trahie. On espère vraiment que la rupture est définitive, parce que là la coupe est pleine.



Même l’histoire secondaire avec le voisin de Wilson ne convainc pas. House perd beaucoup de son « mojo » dans cet épisode où il délaisse ironie et piques vaches pour une certaine flemmardise. Le talent de Hugh Laurie n’est pas remis en cause, mais son personnage, qui - suivant la thérapie de Nolan - apprend à être gentil avec son prochain, ce qui nous prive du principal intérêt du personnage. Ainsi, les petites disputes entre lui et le vétéran de guerre manquent d’intensité. Le rebondissement final avec la boîte de Ramachandran est si expéditif qu’il sera incompréhensible au profane, et ennuiera les spécialistes qui peuvent se demander pourquoi il a fallu 36 ans pour que cet homme fasse ce test aussi simple qui le guérit instantanément. Finalement, celui qui s’en sort le mieux est Wilson, toujours récipiendaire des emmerdes des autres.


Episode mauvais qui n'a rien à avoir avec l'atmosphère de la série.


Infos supplémentaires :

- Chase a fait son séminaire (d’un an) au Royaume-Uni.

- House aime bien regarder The Ellen DeGeneres show, un fameux talk-show très vivant et enlevé qui existe depuis 2003.

- Numéro 13 et Foreman rompent. House emménage chez Wilson.

- Quinzième échec de l’équipe dans cet épisode. Leur patient meurt après une erreur médicale volontaire de Chase.

- Quand House dit à Foreman que Numéro 13 était loin d'être la femme la plus sexy du monde, Olivia Wilde avait en fait été élue par des magazines à cette place !

- Le titre de cet épisode fait référence à un serment prêté par chaque médecin avant de pouvoir définitivement exercer.

- Dans l’introduction, Dibala est assigné à comparaître selon la section 1350 du Code des Etats-Unis. Cependant, cette section ne concerne pas les génocides (le crime dont il est accusé), c’est en fait la section 1091 qui en parle. De plus, le papier de la morgue que Foreman montre à Chase, est froissé, alors qu’il apparaît net et lisse lorsque Foreman va pour le brûler.

- Référence à la série True blood lorsque Wilson prétend être un vampire. On relève aussi des allusions à Apocalypse now et Un monde pour nous (1989).



Acteurs :

James Earl Jones (1931) est surtout connu pour avoir été la voix de Dark Vador dans la saga de La Guerre des Etoiles. C’est un acteur de cinéma très réputé aux Etats-Unis. Traumatisé d’avoir dû être élevé par ses grands-parents (son père a quitté sa famille quand il n’avait que 5 ans), il sera muet jusqu’au lycée. Après avoir mené une certaine carrière à l’armée (il est Lieutenant), il se tourne vers le théâtre où sa prestance lui permet d’accéder à la notoriété. Il a participé à nombre de films comme Dr.Folamour, L’exorciste II, Conan le Barbare, Allan Quatermain et la cité de l’or perdue, Un prince à New York, A la poursuite d’Octobre rouge, Les experts, Le roi lion, etc. Il a aussi joué dans les séries Haine et passion, As the world turns, New York police judiciaire, Dingue de toi, Lois et Clark, Stargate SG-1 (épisode Le marteau de Thor), Homicide (3 épisodes), Les Simpson (3 épisodes), Mon oncle Charlie, etc. Il est surtout renommé pour sa voix profonde et grave, ce qui lui a valu d’avoir de nombreux rôles de narrateur. Il est le seul acteur à avoir remporté deux Emmy awards la même année.


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115. L'argent ne fait pas le bonheur

Message  Dearesttara le Jeu 16 Mai 2013 - 12:40

6.05 L’argent ne fait pas le bonheur (Instant Karma) :



- Quand est-ce que vous aurez votre licence qu’on arrête ce petit jeu ?
- Peut-être jamais. C’est ça qui est cool !


Roy, un milliardaire, aurait tout pour être heureux si son fils n’était pas malade. Aucun médecin n’arrivant à établir son diagnostic ; Foreman, Chase, et Cameron, toujours assistés par House, s’en occupent. Mais Foreman et Chase sont inquiets : Cuddy leur impose d’écrire une conférence sur le cas Dibala (épisode précédent), mais ne peuvent l’écrire sans révéler ce qu’a fait Chase. Quant à Numéro 13, elle tente de découvrir qui a piraté son ordinateur et annulé son vol pour la Thaïlande…


Thomas L.Moran a des intentions bien louables en écrivant un épisode centré quasi exclusivement sur le cas. La mécanique de l’enquête médicale est tout à fait brillante, mais hélas vaine. On assiste à une accumulation de diagnostics différentiels obscurs, débités sur un ton rapide mais monocorde. House ayant laissé son humour à l’asile, il ne relève pas du tout ces scènes qui de pétillantes deviennent ennuyeuses. Instant Karma est une sortie de piste étrangement symétrique à The Tyrant : ce dernier épisode savait où il allait (problème éthique de soigner le Mal), mais ne savait pas comment y aller ; alors que le premier, grâce au plus grand investissement de House, a une direction mieux assurée, mais ne mène nulle part. Aucun soulèvement éthique, aucune intensité dramatique, final en eau de boudin, sujet du Karma à peine survolé, et d’une manière absolument ridicule. En revanche deux mêmes points communs : une histoire secondaire écrite à la hâte, et un House très fade. La saison 6 paye ainsi le prix d’avoir trop adouci son personnage principal, et de la lassitude de ses scénaristes.



L’introduction est assez étonnante car refusant la traditionnelle syncope/crachement de sang/convulsions (rayer la mention inutile) pour juste nous présenter la situation de Roy et son fils. Toutefois, l’épisode passe immédiatement après en pilotage automatique. Si on apprécie quelques vannes de House, ou la résignation de Foreman à accepter qu’il ne soit plus le chef qu’officiellement, nos personnages ont l’air bien fatigués. Cameron ne sert à rien, Foreman tire la même tête durant tout l’épisode, Chase s’agite beaucoup pour un résultat nul, et House, qui continue son chemin de rédemption, cesse d’être celui que nous aimions tant pour devenir un gentil plaisantin inoffensif. Le corollaire est une absence d’ironie (pilier de la série) même pas relevée par une quelconque tension. On a l’impression de regarder un documentaire médical froidement filmé avec cette description minutieuse et exacte du déroulement d’un cas (genre The Office à l’hôpital, le décalage absurde en moins), mais qui peine à nous intéresser car on y comprend pas grand-chose.

L’épisode veut nous montrer que l’argent ne peut pas tout acheter, surtout pas la santé. Pour ne pas tomber dans la facilité, Moran choisit de traiter ce sujet consensuel de manière originale : le karma. Mais malheureusement, un tel choix est hautement stupide. Il arrive comme un cheveu sur la soupe, et la croyance de ce milliardaire selon lequel son fils guérira s’il se ruine volontairement, n’attire au mieux qu’un rire incrédule du spectateur. Dans le même genre, on préferera les aventures délirantes de Earl J. Hickey, le crétin au grand cœur. Cette vision abrégée et incomplète de ce concept spirituel si riche aboutit à une sorte d’happy end mielleux et puéril, plein de bons sentiments - l’amour filial est plus important que l’argent - mais ployant sous la niaiserie. On renoue quand même avec une bonne vieille tradition Housienne : House parlant avec quelqu’un (le plus souvent Wilson, comme ici), et trouvant la solution au cours de la discussion. Lee Tergesen ne peut pas faire grand-chose pour donner du réalisme à son personnage. Greg Yaitanes réussit bien quelques jolis plans mais ne peut animer ce script mécanique. A l’exception notable de la crise de convulsions de l’enfant, d’une longueur et d’une urgence inhabituelles, il n’y a aucune action.



Même de la tombe, Dibala continue d’embêter nos médecins. Comment cacher l’erreur volontaire de Chase ? Cet événement entraîne des dialogues répétitifs entre ce dernier et son complice-par-la-force-des-choses. Ils émettront diverses hypothèses, qui ajoutées aux scènes de diagnostic, font ressembler l’épisode à une simple énumération de conjectures proprement désolante. La platitude de leurs scènes saute aux yeux, ils ne font que rabâcher leurs craintes. La miraculeuse porte de sortie était visible depuis le commencement. On passe à autre chose.

C’est-à-dire Numéro 13 pas spécialement contente d’avoir vu sa réservation annulée. Dr.House souffre de la répétition car on a déjà vu ce genre d’histoires où un événement est nié successivement par tous les suspects présents, donnant un effet de ping-pong plaisant. C’est The Jerk (saison 3) qui avait livré la meilleure version de ce jeu amusant. Mais ici, rien ne fonctionne : les dénégations sont pesamment énoncées, le rythme est bien trop lent, les raisons de chacun ne sont pas crédibles. On soupçonne les auteurs d’avoir méprisé toute vraisemblance rien que pour s’amuser à ce jeu de cache-cache. Ils sont bien les seuls. Si la scène entre Thirteen et House dans le restaurant est plutôt bien faite, la doctoresse traverse le reste de l’épisode comme un fantôme. House a perdu tout son éclat, se limitant à des blagues gentilles ou des réflexions faussement outrancières. Hugh Laurie n’est pas à la fête ! On regrette l’absence de Taub, pessimiste ironique à 100% qui aurait pu équilibrer la balance. On tremble en attendant l’épisode où House soutiendra l’armée du salut. Sinon, il est permis aux fans féminines de la série de se demander qui est le fournisseur de Cuddy, la directrice se surpasse en matière de garde-robe accrochant le regard !




Infos supplémentaires :

- La mère de Chase est morte d’une insuffisance hépatique due à un diabète de type 2.

- Numéro 13 s'envole pour la Thaïlande.

- Quand Foreman se rend chez Numéro 13, son manteau est ouvert ou fermé selon les plans.

- House dit à Wilson qu’il a le cœur trois fois plus petit que la normale. C’est une allusion à un classique américain du film d’animation de Noël : How the Grinch stole Christmas ! (1966).

- On entend dans l’épisode Fire escape par Fanfarlo, et Sarah de Ray Lamontagne.



Acteurs :

Lee Tergesen (1965) est surtout connu pour avoir joué le rôle de Chett Donnelly dans 80 épisodes de la série Code Lisa, et celui de Tobias Beecher dans 56 épisodes de la série Oz. Sa carrière décolla après un petit rôle dans Wayne’s world et sa suite. Cela lui a valu quelques films au cinéma. Mais il a surtout joué à la télévision : dans JAG, Homicide (7 épisodes), Saturday night live, New York 911, Urgences, Le justicier de l’ombre, Les 4400, Les Experts, Desperate Housewives (5 épisodes), New York police judiciaire, New York section criminelle, (2 épisodes chacun), New York unité spéciale, Los Angeles police judiciaire, The unit, The Closer, Esprits criminels, Lie to me, Castle, American wives (10 épisodes), The Big C (5 épisodes), etc.


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116. Le cœur du problème

Message  Dearesttara le Ven 17 Mai 2013 - 18:02

6.06 Le cœur du problème (Brave heart) :



- Qu’est-ce qui me dit que vous me mentez pas ?
- Parce que là, j’vais vous charcuter le cerveau, et si les tests bidons nous le confirment, j’vais charcuter le cerveau de votre fils aussi, parce que quand je fais un truc, c’est à fond !!


Donny, un policier qui a presque 40 ans, s’écroule lors d’une course-poursuite. Son grand-père et son père sont morts d’une crise cardiaque à 40 ans, et il est persuadé que sa fin est proche. Les médecins ne trouvant rien, il est renvoyé chez lui, mais meurt quatre heures plus tard. Pendant ce temps, Chase flanche sous le poids de la culpabilité que lui inspire la mort de Dibala, et House entend des voix…


Lawrence Kaplow parvient à boucher le double trou d’air précédent par cet épisode léger et bondissant qui enchaîne les surprises. Malgré quelques maladresses, il est à ranger dans la catégorie des bons épisodes. Gregory House, malgré son adoucissement, retrouve du nerf, et balance vannes sur vannes à un rythme d’enfer. Il supporte un très bon cas aux nombreux rebondissements, se terminant sur une fin pleine d’espoir. Kaplow réintroduit avec succès des touches de noirceur qui évoquent de loin les finales des saisons 4 et 5, avec les hallucinations auditives de House, et le chagrin encore non guéri de Wilson. Un exaltant parfum de Hilson, valeur sûre de la série, et de plaisants à-côtés Huddy décorent joliment le tout. La prolongation de l’affaire Dibala est plus prévisible mais reste correcte. Bref, un mélange d’intrigues bien géré, qui nous montre que la série a encore du potentiel.



L’épisode débute par une introduction spectaculaire avec une course-poursuite ultra speed : sauts sur les toits, course dans les ruelles, bonds sur les voitures… tout y est ! L’énergie trépidante rappelle les grandes séries d’action comme Alias ou Nikita. Bon, ce n’est pas du tout dans les codes de la série, on peut trouver ça gratuit, mais il faut reconnaître que ça fait de l’effet. La réalisation de Matt Shakman est au diapason.

Le premier tiers de l’épisode fait penser à Airborne (saison 3) qui nous rappelait la puissance de l’esprit qui contrôle la matière : Donny est très malade, mais a surtout peur de mourir à une date-butoir. De ce fait, sa vie se voit changée. A la différence d’Airborne, son esprit malade ne cause pas sa maladie mais l’entraîne dans une spirale névrotique. Exactement comme Numéro 13 la saison précédente, il prend tous les risques (le saut de l’ange qui ne pouvait qu’échouer), brûle ses vaisseaux. Pour ne pas faire souffrir son entourage, il est célibataire et se lie le moins possible. Cela le condamne à une douloureuse solitude et à se perdre dans le travail. Le coup de théâtre de l’arrivée de l’ex petite amie est particulièrement efficace, donnant lieu à une scène dure où la prison mentale de Donny le force à se montrer assez méchant. Le parallèle avec le premier mari de Cameron est évident : Donny étant « condamné » comme lui, ce qui explique le grand investissement de la doctoresse.



Toutefois, le cas médical ne manque pas d’humour, avec un rebondissement fulgurant tout droit sorti d’un film de Romero (hémoglobine comprise) qui électrisera chaque fan sur sa chaise. Humour et drame sont joliment équilibrés où l’émotion des scènes « familiales » (façon de parler) cohabite avec les plaisanteries de House. Ce dernier retrouve des couleurs, et s’il n’est plus aussi piquant que naguère (thérapie oblige), il a pas renoncé aux vacheries ni aux sous-entendus sexuels. Brave Heart est un petit festival House où l’on se régale de dialogues pimentés. L’enquête est intéressante, avec des diagnostics qui retrouvent de l’allant, et des scènes d’urgence bien dosées.
Le happy end, arraché de haute lutte, laisse présager une belle espérance pour Donny, délivré de sa « malédiction » et pouvant peut-être enfin vivre une vie qui n’est plus sans but, plus gouvernée par la peur et la mort. L’épisode nous exhorte ainsi à diriger positivement notre esprit, pour ne pas se détruire. C’est très touchant.

Kaplow se perd cependant dans une multitude d’intrigues qui finissent par surcharger, d’autant que les ruptures de ton sont ici assez maladroites. La mini-histoire de House faisant le pitre en servant d’assistant à un docteur permet quelques gags bien sentis (la table de contrôle) mais est bien trop brève. Développer davantage aurait été bénéfique. Surtout qu’elle donnait lieu à de remarquables échanges Huddy. Depuis le début de la saison, on attendait que ça ! House ne cesse de faire référence à la sexual tension qui règne entre lui et sa patronne, ce que cette dernière nie avec une véhémence trop exagérée pour tromper qui que ce soit. D’ailleurs, House se rapproche physiquement de plus en plus d’elle sans que cette dernière l’en empêche. Sa langue dit le contraire de son corps. Maddie Hayes, euh je veux dire Lisa Cuddy fait donc quelques passes d’armes avec House, ce qui amène un commentaire absolument génial de deux étudiantes : No wonder she hates him/Mmm, that’s not hate, it’s foreplay !! Lisa Edelstein, qui semble embellir à chaque épisode, est parfaite d’ironie. On regrette également que ce passage soit trop court.



Les scénaristes ont conscience du néant du Tuesdays ; Chase et Cameron, plutôt intéressants pris individuellement, ne le sont pas du tout ensemble. Ici, la somme des parties est supérieure au tout. De plus, il faut préparer le prochain départ de Cameron. D’où la conclusion : il faut trouver un moyen de les faire rompre. Conscients qu’ils ne peuvent pas s’abaisser à sortir un cliché battu et rebattu comme une infidélité, Shore et son équipe se servent de l’affaire Dibala pour augmenter la tension du couple jusqu’à explosion. Malheureusement, derrière la fumée d’une véritable originalité, la vérité est que cette séparation sera réalisée de manière forcée. C’est le revers de l’originalité à tout prix.

Chase erre dans les ruines de sa conscience, remué par le « meurtre » qu’il a commis. Jesse Spencer hérite d’une partition où il peut se mettre en avant, et se montre aussi adroit dans l’angoisse, le remords, que dans l’ébriété minable. Malheureusement, le surcroît de pathos de cet axe le rend pénible à regarder. Ces scènes sont autant de temps morts où il ne se passe pas grand-chose. De plus, la scène du confessionnal est scandaleuse ; elle dépeint l’église comme étant rigide et prisonnière de ses lois, là où des saints hommes ont pourtant reconnu l’existence de « cas limites » où les règles doivent être transgressées. Toutefois, la scène où House le secoue en lui disant qu’il cultive sa culpabilité, sa tristesse, de peur de passer pour un assassin sans âme, est superbe.



Heureusement, l’autre histoire secondaire est orientée vers le Hilson, et ça c’est synonyme de qualité. Effectivement, les échanges entre House et Wilson sont on ne peut plus festifs par un humour de sitcom qui marche totalement. Leur cohabitation mouvementée n’exclut pas toutefois des moments plus graves comme les hallucinations auditives de House qui le saisissent surtout dans la chambre d’Amber. Est-ce encore un souvenir de sa culpabilité ? House a peur de replonger, et les photos d’Amber semblent le juger en silence. Wilson quant à lui n’est toujours pas guéri de la mort d’Amber et continue à lui parler comme si elle existait toujours. Ce triste dialogue à sens unique rend Wilson très bouleversant, et même House refusera de le vanner sur ce coup-là. Il se montre même jaloux que Wilson prenne comme confident une morte plutôt que lui (remarquable scène avec Wilson). Leur relation, d’une écriture rarement égalée, s’assimile souvent à une sorte d’amour sans sexe. D’ailleurs, le final de la série tendra en ce sens. Toutefois, la blague finale détend l’atmosphère, et clôt ce bon épisode avec le sourire.


Infos supplémentaires :

- Amber a étudié la médecine à l’Université Sancti Ludovici dans le Missouri.

- La scène où House se rappelle de son enfance est amputée en VF. C'est le premier épisode où Amber est mentionnée depuis le début de la saison 5.

- House campe chez Wilson depuis six semaines. C’est donc le temps qui s’est écoulé entre l’épisode 6.03 et celui-ci. Comme une semaine s’est écoulée entre le 6.04 et cet épisode, il y’a donc eu un espace de cinq semaines entre la fin du 6.02 et le début du 6.04. Il a eu un plombage de dents depuis un séjour enfant aux Philippines.

- Cameron appelle Chase « minou » !

- House demande à Chase d’injecter au patient du Tegretol. Mais à la scène suivante, Chase ne lui donne pas ce traitement. Par ailleurs, la scie électrique qu’utilise Foreman pour autopsier le corps est normalement inopérante pour une telle opération.

- On entend dans l’épisode Set me free de Monotonix, et Faithfully remained de Ben Harper et Relentless 7



Acteurs :

Jon Seda (1970) est connu pour avoir joué le rôle du détective Paul Falsone dans 46 épisodes de la série Homicide, celui du sergent John Basilone dans 9 épisodes de la mini-série Band of brothers, et Nelson Hidalgo dans 21 épisodes de la série Treme. Il a aussi joué dans les séries NYPD Blue, New York police judiciaire, New York 911 (7 épisodes), Oz (3 épisodes), Ghost Whisperer (2 épisodes), Les Experts : Miami, Numb3rs, Burn Notice, Hawaïi 5-0, The Closer, Chicago Fire (8 épisodes), etc. Il mène pareillement une petite carrière de cinéma.

Alexandra Barreto a joué dans les séries La Treizième Dimension, Cold Case, Les Experts, Les Experts : Manhattan, Pushing Daisies, FBI : portés disparus, Castle, NCIS, Justified (3 épisodes), Californication, etc. Elle mène parallèlement une bonne carrière cinématographique.


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117. Les mots pour ne pas le dire

Message  Dearesttara le Mar 21 Mai 2013 - 16:20

6.07 Les mots pour ne pas le dire (Known unknowns) :




- Comment vont Patti et Selma ?
- J’m’en veux un peu. J’ai pas de nom pour vos testicules.
- On raconte que vos deux seins sont de plus en plus pigeonnants.
- Je peux savoir pourquoi vous les appelez comme les tantes des Simpson ?
- Ben, c’est un compliment : des seins animés !


Jordan, une adolescente, va avec une amie à un concert donné par un groupe de métal. Le lendemain, elle s’écroule, les muscles boursouflés. A l’hôpital, elle n’arrête curieusement pas de mentir. Cameron, inquiète du changement d‘attitude de Chase, s‘imagine qu’il la trompe. Pendant ce temps, House va avec Wilson et Cuddy à un congrès médical. House tente de se rapprocher de Cuddy tandis que Wilson va présenter une conférence sur l’euthanasie. Mais rien ne va se passer comme prévu…


Matthew V. Lewis a écrit parmi les meilleurs scénarios de la série. C’est donc une perte que de le voir quitter le staff. Mais il sort par la grande porte avec cet épisode aux multiples voltes-faces dont la phobie du temps mort permet un ravissement de tous les instants. Cas médical rusé et surprenant, Huddy qui fuse de partout, Hilson bouleversant d’émotion, humour intégral, dialogues en ping-pong… tout dans Known unknowns convainc. Même la relation Chase-Cameron est moins indigeste ! Ajoutez l’excellente Doris Egan dans l’équation, et on ne peut avoir qu’affaire qu’à un des meilleurs épisodes de la saison 6. L’expérimentée réalisation de Greg Yaitanes et l’excellence de l’interprétation confirment cette ample réussite.

House s’éloigne de l’hôpital pour participer à un symposium, ce qui laisse nos larbins plus ou moins largués. Bien sûr, Foreman est toujours le boss, mais ici les auteurs ne perdent même pas de temps à soigner les plus petites apparences tant House s’impose comme le seul maître à bord. L’épisode suivant ne fera d’ailleurs qu’officialiser cette situation. Dans la grande tradition des armchair détectives, il trouvera la solution tranquillement, rien que par communications téléphoniques et bien sûr l’inspiration qui lui vient toujours quand il parle avec Wilson. Une signature systématique dans la série qui joue le rôle de rituel, de clin d’œil avec le fan.



Comme à peu près toutes les séries médicales, Dr.House n’échappe pas à une certaine répétition des mêmes ficelles : la patiente qui ment tout le temps, on a déjà eu ça dans Une aiguille dans une botte de foin (saison 3), Un vent d’indépendance (saison 4), etc. Toutefois, la qualité d’une série, c’est aussi de se répéter avec talent. On suit donc avec grand plaisir nos médecins patauger au sein de témoignages contradictoires, et surtout, on est sans cesse surpris par les révélations successives qui à chaque fois renversent les perspectives qu’on avait jusque-là. Ce scénario plein de chausse-trappes est aussi réussi dans cette quête de vérité que dans la recherche médicale, solidement menée, aux scènes simples et efficaces.

La patiente, incarnée par une Annabelle Attanasio pleine de vie et de sensualité explosive se montre attachante malgré son évidente superficialité. Ce type de personnage, plus standard (l’ado fêtarde un peu prétentieuse et pas très intelligente) n’est pas aussi original que d’autres figures adolescentes déjà vues dans la série. Mais recèle de touchantes fragilités comme cette adoration aveugle à un mentor (un auteur de BD) qui la fait agir stupidement, ce dont elle a conscience. Ses mensonges sont également révélateurs ou de ses problèmes moraux (mentir pour rester « fun » et « cool » auprès de sa bande) ou de ses fantasmes (une sexualité débordante et incontrôlable). Dommage que son amie ne sert pas à grand-chose, elle fait doublon.



Le Tuesdays tangue vers les récifs. Cameron s’imaginant que si Chase a changé d’attitude, c’est parce qu’il a une aventure. Ce que ce dernier a du mal à démentir puisqu’il ne veut pas avouer la vraie cause. On remarque l’adresse des auteurs : le Foreteen est à peine terminé que le Tuesdays prend le relais pour le côté soap. Du grand art, ah ah ah. Toutefois, les excellentes performances de Spencer et Morrison (qui devient insoutenablement bombesque), ainsi que des dialogues plus relevés font que finalement ça passe. La tension qui lézarde ce couple couve, prête à exploser. Un beau suspense qui laisse le fan en haleine avec le cliffhanger psychologique final.

Mais la vraie valeur de l’épisode est l’escapade du trio House-Cuddy-Wilson propre à déchaîner répliques qui tuent et moments forts tant burlesques qu’émouvants à grande vitesse. Plus de cinq ans que ça dure : House en a marre de tourner autour du pot, mais sa réserve et sa timidité (si, si !) l’empêchent de se déclarer à Cuddy sauf via des sous-entendus sexuels grossiers témoins de son trouble (scène dans le bureau totalement allumée). C’est l’ami Wilson qui va débloquer la situation en l’exhortant à franchir le Rubicon. Ainsi, la fameuse scène du bal costumé avec le slow langoureux entre lui et elle capte tout de suite l’attention, alors qu’ils se rappellent de leur première rencontre. La magie romantique de ce moment marche à plein, même si l’aimée finit par se dérober. Lisa Edelstein décrit bien les sentiments conflictuels de son personnage, hésitant entre sagesse et tentation. Le retour spectaculaire d’un certain personnage, alors même que House accepte enfin de changer pour convenir aux critères de Cuddy lance la série dans un vaudeville plaisant. Surtout avec le gros gros malaise de la scène du restaurant, où la tierce personne, incapable de s’arrêter, balance gaffes sur gaffes devant une Cuddy impuissante et suppliante. Festif !



A côté de ce pétillement Huddyesque, l’épisode nous offre de magnifiques scènes Hilson. Pas mal sont comiques comme le badge barboté ou la boisson droguée (un classique indémodable chez Greg House). Wilson, malgré son scepticisme, veut croire que son ami peut changer et lui donne conseils et soutien pour qu’il tente sa chance auprès de Cuddy, ce qu’il fera sans hésiter. De son côté, House apprend que Wilson a euthanasié un patient, et comprend qu’il va en parler dans sa conférence. House subit le revers de ses intentions : lui qui voulait changer Wilson pour qu’il devienne plus responsable, le voilà devenu au-delà de ses espérances : il est prêt à risquer job et liberté pour parler de ce sujet qui lui tient à cœur ! House réussit à l’en empêcher par un stratagème imparable dont les abords comiques (le réveil difficile de Wilson) s’effacent devant ce sacrifice presque héroïque.

Pour sauver son ami, House prend tout sur lui, sachant qu’il risque beaucoup. Wilson est d’abord furieux avant de reconnaître toute la valeur de son geste. Robert Sean Leonard est une nouvelle fois magistral. Derrière vacheries et noms d’oiseaux, ces deux êtres sont prêts à tout l’un pour l’autre. Une amitié d’une force rarement égalée.
Wilson continue d’explorer son soi intérieur : après la naïveté et la trop grande gentillesse, c’est une culpabilité irrationnelle qui le saisit : il s’en veut de ne pouvoir sauver tous ses patients. Cette trop haute exigence le pousse à des actions dangereuses et stupides que seules des actions encore plus dangereuses et stupides menées par le culot en diamant de son ami peuvent contrecarrer.



Notons en passant la position de la série sur l’euthanasie. Loin de la confusion d’Informed consent (saison 3), l’épisode a le courage de tenir sa conviction au droit à mourir dans des situations extrêmes, ainsi que de parler du poids lourd qui pèse sur les médecins qui doivent prendre souvent seuls des décisions aussi graves. Le « nous sommes tous des assassins » lancé par Wilson résume bien ce malaise profond devant cette entorse à leur serment de médecin et à leur conscience. Intense.


Un épisode drôle et émouvant, à peu près parfait.



Infos supplémentaires :


- Aka. Des mots pour ne pas le dire.

- Annabelle Attanasio est la fille de Katie Jacobs et Paul Attanasio, producteurs exécutifs de la série.

- House n’a pas donné de conférence en 15 ans.

- On apprend la première rencontre entre House et Cuddy. C’eut lieu à la bibliothèque de leur université, et la suite ne fut qu’un jeu de cache-cache amoureux (déjà !).

- Chase aime bien les huîtres.

- House s'absente de l'hôpital dans cet épisode.



Acteurs :


Annabelle Attanasio n’a joué à l’heure actuelle que dans quelques séries et courts-métrages.


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118. Classé X

Message  Dearesttara le Jeu 23 Mai 2013 - 15:38

6.08 Classé X (Teamwork) :



- Peut-être que si je n’entre pas dans ton jeu, tu t’rendras compte qu’on ne résout pas un problème plus profond avec une solution de surface.
- C’aurait été plus profond si t’avais rien dit.


Hank Hardwick, star du X, est pris de photophobie et de douleurs au crâne avant un tournage. House ayant récupéré sa licence, il est de nouveau le chef officiel de l‘équipe, mais doit faire face à Chase et Cameron qui décident de quitter l’hôpital de concert ! House tente alors de réintégrer Taub et 13 tout en faisant comprendre à Chase et Cameron que la prochaine fin de leur mariage est inévitable…


Episode parfois tortueux et avec quelques longueurs, Teamwork accomplit toutefois son office brillamment en tournant une page de la série : le départ du Dr.Allison Cameron, personnage présent dès le pilote. Le toujours excellent Eli Attie offre une magnifique porte de sortie à ce personnage, et parvient à légitimer la pourtant ridicule affaire Dibala. Cet épisode est rempli de dialogues d’une puissance formidable, d’analyses psychologiques qui font bien mal. On retrouve le pessimisme de la série et ses cas médicaux aux twists finaux aussi massifs qu’ironiques. L’intérêt du patient est manifeste, car la fenêtre ouverte sur le milieu du « cinéma adulte » est dénuée de tout jugement moral. Le Luddy (relation Lucas-Cuddy) maintenant au grand jour permet un come-back hilarant de ce détective privé aussi fin psychologue que benêt.



Le cas souffre d’un certain verbiage, mais heureusement compensé par son suspense omniprésent et par la personnalité du patient. Depuis quelques années, petit et grand écran changent leur regard sur les métiers où le sexe tient le rôle central, comme la prostitution mais aussi le milieu pornographique. En 2005, Batalla en el cielo de Carlos Reygadas mettait en scène une prostituée ayant choisi ce métier par choix et non comme conséquence de circonstances traumatisantes - François Ozon ferait de même huit ans après. Tandis que l’ancienne call-girl Belle de Jour racontait ses expériences sous un prisme drôle et lumineux, plus tard adaptées dans l’excellente Journal intime d’une call-girl. Pareillement à ses devanciers, Dr.House imagine un couple d’acteurs pornographiques (cas pas si isolé que ça) assumant leurs choix et leur joie à faire ce métier. Hank et Lexa forment un couple soudé qui distingue le sexe de l’émotion. Peu leur chaut que l’autre ait des rapports sexuels à longueur de journée avec différents partenaires car ils désacralisent ce sujet et font une différence fondamentale entre fidélité sexuelle et fidélité amoureuse.

Ainsi les points de vue conservateurs de Chase et Cameron, élevés dans une morale traditionnelle, entrent en conflit avec ceux de ce couple. Cameron refuse de croire qu’ils peuvent être heureux de leur vie, et elle aura tout faux : Hank et Lexa (Troy Garity et Jolene Blalock sont convaincants) sont plus solides que bien des couples, car leurs travaux à eux deux leur permet de passer outre les tentations d’infidélité qui se présentent à tous les hommes et les femmes du monde. Bien sûr, assumer ce genre de vie n’est pas donné à tout le monde, et seule une conscience en accord, et une confiance totale en l’Autre, le permet. L’épisode rappelle aussi le déclin de cette industrie par l’avènement d’Internet où le streaming gratuit fait des ravages. Ainsi que le jugement moral porté sur ce milieu, les raisons du comité de greffe de refuser de le mettre sur une liste d’attente ne relèvent que peu d’ordre médical. Pour autant, l’image du X n’est pas glamourisée. L’introduction de l’épisode le dépeint comme un univers pas plus édénique ou désastreux qu’un autre.



Le cas en lui-même est bien mené, avec House tout joyeux d’être à nouveau le boss. On peut regretter qu’il ne profite pas de son patient pour plaisanter, mais on se console avec son visionnage d’un des films d’Hank devant une Cameron proprement dégoûtée. La chute finale rejoint les grands diagnostics ironiques de la série : si Hank a failli mourir, c’est parce qu’il a été… trop propre ! La saleté entraîne des maladies ? Oui, mais la propreté aussi !! Vous avez dit ironique ?

Pendant ce cas, House fait tout pour débaucher ses deux anciens collaborateurs. Le plaisir de revoir Chris Taub et Numéro 13 n’est pas dissimulé. Peter Jacobson est toujours aussi poilant, et Olivia Wilde n’a pas perdu son mordant acéré. Toutes les scènes où House va les voir pour leur parler du cas qu’il est en train de résoudre enchaînent mots d’auteur, concours de vannes, et situations délirantes (House sur un tapis roulant !) comme des perles. On apprécie surtout de voir House confiant de leur retour alors que l’un comme l’autre passent tout l’épisode à lui prouver le contraire. Evidemment, comme House les connaît mieux qu’eux-mêmes… ils reviennent à la fin, le diagnostic du patient en prime ! Ce faux suspense est riche en humour.



Eli Attie psychanalyse pareillement les personnages avec toujours de surprenantes mais convaincantes analyses. Ainsi, House est persuadé que Taub reviendra car le frisson, l’excitation que lui procure le métier de diagnosticien peut servir de dérivatif à son penchant pour les femmes. House se sert de ce que lui avait dit Taub dans la saison 4 : ses aventures éveillaient en lui un instinct d’excitation. Or, une recherche frénétique, une course contre la montre contre une maladie inconnue peuvent lui donner un ersatz convaincant. Audacieux, mais crédible. Quant à Numéro 13, elle se laisse fléchir par Foreman dès lors qu’elle accepte le changement des règles du jeu : Foreman n’étant plus son supérieur, elle peut accepter de nouveau de travailler avec lui.

On n’oublie pas non plus Lucas Douglas qui dissèque au poil l’étrange relation unissant Cuddy à House et lui-même, pointant du doigt les doutes et espoirs de Cuddy. Il se montre également optimiste et voit le bon côté des choses. L’acuité étonnante de ce personnage empêche toute impression de fadeur. Il aurait été facile de rabaisser le personnage pour donner aux partisans du Huddy toute latitude à détester cet ahuri qui se met en travers de House. Manque de pot, s’il a un côté un peu bébête, Douglas est d’une intelligence redoutable, et il le montre également lors de sa scène avec Chase où il soupçonne la vérité à son sujet. Michael Weston est crédible dans les deux registres. Le fan ne peut le détester sans être de mauvaise foi. On peut comprendre l’attirance de Cuddy, et aussi le respect que lui témoigne House dont Wilson a deviné qu’il le considérait aussi comme un ami.
Enfin House lui-même, se jette sur Taub et 13, parce que désorienté par le choix de Cuddy, qui lui fait sauter un repère (il pensait qu’ils se rapprocheraient), a besoin de se raccrocher à d’autres repères pour garder la tête froide.



Toutefois, si l’épisode est obligatoire pour le fan, c’est parce qu’il est le clap de fin pour Allison Cameron/Jennifer Morrison. Ce personnage, qui connut une passionnante évolution et une bien moins passionnante rétrogradation, nous quitte alors que rien ne semblait le présager (tout comme Kutner). Toutefois, Cameron subit sa malédiction persistante à trop croire en la bonté des gens, et son départ trouve son origine dans une nouvelle désillusion. Cameron et Chase semblent parvenir à surmonter l’épreuve Dibala, mais le diabolique House parvient à briser leur ménage. Pas par méchanceté, non, mais par son amour immodéré de la Vérité. Il décille les yeux de Chase en lui faisant prendre conscience qu’il ne regrette pour rien au monde l’acte qu’il a commis, et qu’il doit le dire à Cameron pour ne pas bâtir leur futur sur un mensonge bien trop lourd. Cameron s’imaginait que Chase avait des regrets, et c’est pour ça qu’elle lui pardonnait. Mais en fait, Chase ne regrette rien, et quand elle l'apprend, cela met fin à leur relation.

Eli Attie offre à Jennifer Morrison l’occasion de chanter une ultime aria d’adieux lors de la bouleversante scène finale où elle est effondrée de désespoir de voir que Chase, sous l’influence de House, a perdu toute notion de morale, de bien ou de mal. House, embêté et très ému, n’a pas le courage d’accepter la main que Cameron lui tend, en signe d’adieux. Jennifer Morrison s’est montrée parfois inégale dans la série, mais on voit pas ce qu’on pourrait lui reprocher dans ce déchirant requiem où elle est d’une émotion fantastique. Dans une grande anamnèse, Cameron se rappelle de son amour passé pour House, dont elle pensait qu’il le guérirait. Au lieu de ça, il n’est pas guéri, et même, il lui a enlevé l’homme qu’elle avait fini par aimer et épouser. Qu’elle ait échoué à changer House tout comme Stacy anticipe le futur échec de Cuddy et de Dominika. Par là, la série prépare sa thèse finale : Si House devait trouver un jour la rédemption, ce ne sera pas par l’amour d’une femme.



Un grand épisode pessimiste. Mais étincelant et émouvant. So long, Allison !


Infos supplémentaires :

- Jennifer Morrison quitte la série après cet épisode et ne revient que dans Personne ne bouge (saison 6) et le final Everybody Dies (saison 8 ). Par ailleurs, son départ s'explique par son envie de travailler sur la série Il était une fois. Le départ de Cameron est dû à un choix artistique et non à un désaccord entre l’actrice et la production.

- D'après Wilson, des centaines de médecins rêveraient de travailler pour House, mais il ne court qu'après les quatre qui refusent.

- Chase, Taub et Numéro 13 reviennent dans l'équipe.

- On entend dans l’épisode Golden cage par The whitest boy alive, Where did you go ? de Jets Overhead, et Reflections of you de Wayne Jones et Wendy Wagner, chantée par cette dernière.


Acteurs :

Troy Garity (1973) est le fils de Jane Fonda et Tom Hayden. Il mène une bonne carrière au cinéma (une trentaine de films à son actif). Plus récemment, il semble s’intéresser à la télévision, tenant le rôle de Sam Miller dans 18 épisodes de la série Boss. On l’a vu aussi dans The playboy club (4 épisodes), ou dans Hawaïi 5-0 (épisode Loa Aloha), etc.

Jolene Blalock (1975) est surtout connue pour avoir joué le commandant T’Pol dans les 98 épisodes de la série Star Trek : Enterprise. Une joie pour cette grande fan de la célèbre franchise galactique. On l’a aussi vue dans La croisière s’amuse nouvelle vague, Les Experts, Les Experts : Miami, JAG, Stargate SG-1 (épisodes Les amazones, et Discordes), Legend of the Seeker (2 épisodes), etc. Elle apparaît occasionnellement au cinéma (Starship Troopers 3...).



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119. Heureux les ignorants

Message  Dearesttara le Mar 28 Mai 2013 - 18:48

6.09 Heureux les ignorants (Ignorance is bliss) :



- Vous préférez que je meure idiot. C’est moins lourd pour votre conscience.
- C’est quoi la conscience ?


James Sidas, esprit supérieurement intelligent, a plaqué son brillant avenir pour devenir un simple courtier. Au cours de son travail, il a des troubles musculaires inquiétants, et devient le prochain patient de House. Les médecins se demandent bien pourquoi il a changé de vie. Jaloux, House tente de briser le couple Cuddy-Lucas. Chase tente de digérer le départ de Cameron, et Rachel Taub est frustrée de voir son mari « se faire exploiter » par son patron.


Malgré une ambiance soap opera trop présente, cet épisode mineur vaut largement le coup d’œil. S’il est dommage que l’iconoclaste David Hoselton ait renoncé à son humour délirant, le scénariste confirme sa maîtrise dans l’analyse des comportements humains et son art consommé de la manipulation. Pour une fois, le pourtant expert House est renvoyé à ses chères études dans cette matière ! Si House demeure ironique, son affadissement devant Cuddy rend plates plusieurs scènes, tandis que cette dernière met fin (temporairement, je vous rassure) à leur si pétillante tension sexuelle, ce qui est une perte pour la série. Cependant, manipulations, révélations, secrets, humour féroce, un cas très original, et la caméra rythmée de Greg Yaitanes ponctuent l’épisode pour un divertissement de bonne qualité.



Malgré son départ, l’ombre de Cameron plane sur cet épisode. Pas seulement sur Chase, mais aussi sur le cas. A la fin du très noir Clueless (saison 2), Cameron prononçait la phrase Ignorance is bliss, devenue depuis seconde devise de la série (derrière Everybody lies). Devise maintes fois vérifiée au cours des épisodes les plus sombres de la série, lorsqu’un patient se voit confronté à une Vérité qu’il n’aurait jamais voulu savoir, et le rendant malheureux. Hoselton exploite ici à un autre degré cette assertion, avec une cohabitation impossible entre l’intelligence aiguë et le bonheur personnel. Ou plutôt en montrant que la satisfaction intellectuelle pure ne peut rivaliser avec un bonheur plus instinctif, physique.

Qui ne rêve pas d’avoir un QI Einsteinien, un cerveau surdéveloppé ? Pourtant, l’épisode nous rappelle une condition indispensable à cette grâce : il faut assumer les responsabilités et les conséquences qu’impliquent un tel savoir. En premier lieu « la solitude du prince ». Les grands esprits sont souvent des êtres solitaires, et ceux qui partagent leur vie doivent accepter de ne passer qu’après les travaux de l’être aimé. Que l’amour, l’amitié… passent avant le devoir. Sidas était conscient qu’il ne pourrait être pleinement heureux, car peu de femmes pourraient le comprendre, même en tant qu’homme. Sa rencontre avec Dara fut une chance, et pour la saisir, il renonça à la voie toute tracée pour lui. Ce sacrifice, magnifique preuve d’amour, est la clé du personnage. Esteban Powell est excellent dans ce rôle, mais Vicki Davis, larmoyante et geignarde, ne fait qu’agacer.



Le cas est correct, mais relativement anodin. Il n’est pas une priorité dans cet épisode, le ménage Sidas étant tout l’intérêt. Quelques scènes émeuvent, comme Dara voyant que son mari redevient plus intelligent sous l’action d’un traitement, et s’inquiétant de son changement d’attitude, ne correspondant plus à l’homme qu’elle aimait. James lui-même est amer d’être marié à quelqu’un qui ne peut bientôt plus le comprendre car étant « trop bête ». La sympathie de ce couple est telle que le scénariste les prend en pitié et rédige un total happy end très émouvant. Le twist final n’est ironique que dans la mesure où les médecins découvrent un diagnostic totalement ahurissant ! Chase n’a vraiment pas eu de chance…

En lisière, trois petites histoires sont brodées, toutes orientées vers le soap. On sent bien que les auteurs épuisés se laissent aller à des histoires faciles. Mais là où Shonda Rhimes accentuerait le trait à gros sabots, David Shore n’en fait pas trop, et maintient un bon niveau de qualité. La sobriété des comédiens est un atout de choix. Jesse Spencer parvient à faire passer la douleur réprimée de son personnage, confrontée à une déchirure survenue trop rapidement pour qu’il ait eu le temps de préparer. Chase traverse une phase de déni où il croit pouvoir gérer le problème tout seul. Par orgueil ? Non, par désespoir : blessé d’avoir été abandonné, il veut prouver qu’il a encore sa « dignité », sa « virilité » même, en encaissant comme un « vrai mec ». Il repousse ainsi toutes les offres de ses camarades, renforçant du même coup sa frustration, qu’il ne libérera que par un spectaculaire coup de poing qui prendra le public à revers ! Bien que House soit le responsable de Chase, et doit signaler ses manquements à la règle, il refuse de le dénoncer à Cuddy, ayant bien compris le pourquoi de son acte. Malgré sa noirceur, House ne peut s’empêcher d’être un philanthrope… Tout ce pan de l’histoire est très réussi, et est bien dramatique.



Le jeu de manipulation House vs. Lucas-Cuddy souffre d’une trop grande prévisibilité, et d’une faiblesse inhabituelle des dialogues. Heureusement, le duel contre Lucas tient toutes ses promesses. Ce personnage faussement idiot se montre encore plus retors que House, bien aidé il est vrai par Cuddy. House ne peut rien faire contre une telle union, et est défait sur toutes les lignes. Ainsi, il persiste dans son chemin de gentillesse pour faire croire à Cuddy qu’il a changé. Hélas, Cuddy se montre d’une malice grinçante en jouant un tour vraiment méchant à son subordonné. A sa décharge, House n’était pas animé d’intentions altruistes. En amour comme à la guerre, tous les coups sont permis ! Il croit se rattraper en piégeant Lucas… manque de pot, House tombera de Charybde en Scylla et devra à la fin reconnaître sa défaite. Eh oui, même le diable ne peut gagner à tous les coups… Lucas et surtout Cuddy affichent un côté plus dur et sombre qui trouble leurs personnalités, bien vu !



Enfin, les problèmes du ménage Taub sont impuissants à nous intéresser, malgré un Peter Jacobson toujours éblouissant. Voir cependant Taub tirer les marrons du feu avec culot pour résoudre ses problèmes de couple, fait tout son effet ! La scène la plus drôle de l’épisode, outre les hilarantes discussions House-Wilson, est un pastiche de cas de consultation. House doit soigner une jeune femme revêche (la pêchue Andrea Gabriel) qui n’apprécie pas son insolence ; la scène est irrésistible, et recèle une surprise de taille ! Un des rares moments où l’on retrouve le côté déjanté d’Hoselton.
En bref, un épisode anodin mais plaisant, dont les atours soapy demeurent digestes.


Infos supplémentaires :

- D’après House, Cuddy lui a donné 1832 chances de s’amender. Evidemment, il les a toutes grillées.

- Cuddy a une sœur : Julia.

- Cameron est retournée à Chicago.

- Chase frappe House. Dans le neuvième épisode de la saison 3, House frappait Chase.

- House et Wilson prennent l’ascenseur de gauche… mais sortent de l’ascenseur qui se trouve à droite ! Par ailleurs, Taub prend une photo de House… lentilles fermées.

- House dit qu’il se sent comme l’entraîneur de l’équipe de football américain des Pittsburgh steelers Mike Tomlin ; avant d’ajouter à l’adresse de Foreman « Pas autant que vous ». C’est une private joke : physiquement, Omar Epps et Mike Tomlin se ressemblent beaucoup.

- On entend dans l’épisode deux chansons de James Taylor : Games people play, et Enditol.



Acteurs :

Esteban Powell (1976) a tenu quelques rôles réguliers dans des séries inédites en France (The Cleaner, Unité 9, Bone chillers…). Il a aussi joué dans les séries Walker texas ranger, Monk, Les Experts, Les Experts : Miami, Beverly Hills (2 épisodes), Gilmore girls, Dawson, Charmed, US Marshals, etc.

Vicki Davis (1980) a joué dans les séries Sliders, Alias (épisode pilote), Les Experts, Les Experts : Miami, Charmed, Boston Justice, Médium (épisode Lyla), The Middle, etc.

Andrea Gabriel (1978) a joué dans les séries La force du destin, Haine et passion, Saturday night live, New York police judiciaire, JAG, Esprits criminels, Gossip girl (3 épisodes), etc. Son rôle le plus notable demeure celui de Nadia dans Lost (7 épisodes). Elle a joué aussi dans quelques courts métrages. Elle reste cependant une comédienne de théâtre, qu’elle pratique - avec la musique - dès son plus jeune âge.



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120. L'ami de Wilson

Message  Dearesttara le Ven 31 Mai 2013 - 2:32

6.10 L’ami de Wilson (Wilson) :



- C’est ma faute : c’est la double chimio qui l’a mis dans cet état.
- Tu l’as guéri de son cancer !
- Et ce faisant, je l’ai tué.
- Tu chipotes, là !


Cinq ans après avoir été guéri par Wilson, qui est aussi son meilleur ami, Tucker se met à souffrir de paralysies. Wilson redevient donc son médecin et tente de le soigner, malgré les avertissements de House quant à la perte d’objectivité que cela va entraîner…


Petit chambardement dans cet épisode. Le scénario de David Foster est en effet écrit du point de vue de Wilson. Cependant, cette innovation a ses limites, car on a simplement l’impression de regarder un épisode « normal » de la série, mais avec Wilson à la place de House. L’intrigue n’a pas la saveur habituelle attendue, car Wilson n’a pas l’envergure de House, malgré un Robert Sean Leonard une nouvelle fois parfait. De plus, House intervient trop fréquemment d’où le sentiment que Foster n’a pas osé aller jusqu’au bout de son idée. Le cas en lui-même n’offre que peu d’intérêt. Mais cet épisode contient deux atouts solides qui en font le prix : un Hilson très présent, parfois bouleversant, et la convaincante relation d’amitié entre Wilson et Tucker, au-delà des règles d’éthique. La petite histoire secondaire sur le loft de Cuddy pallie par son humour au ton sérieux un peu forcé de l’ensemble.



L’épisode démarre par une révélation aussi tonitruante qu’un twist final de La Quatrième Dimension : Wilson a un autre ami que House ! Il est à noter que House ne se prive pas de faire une scène de jalousie à Wilson quand celui-ci part avec Tucker le temps d’une petite virée en forêt ! Cependant, Foster ne va pas choisir d’orienter l’épisode sur une rivalité, ou même sur la personnalité de Wilson, préférant se concentrer sur le cas médical. On peut le regretter car bousculer ses codes a toujours fait du bien à la série (One day one room, Broken…). Dans le genre, 5 to 9, centré sur Cuddy, se montrera plus audacieux.

Et le cas en lui-même est bien pâle. L’équipe étant quasiment absente, les diagnostics différentiels sont presque inexistants alors qu’ils sont un pilier indispensable à la série, orientant à 90% l’intrigue d’un épisode. Corollaire : l’épisode reste statique, la résolution du cas intervient trop tôt, rendant le troisième tiers interminable. Le faux dilemme éthique n’a pas assez de force - tout le monde se doute du choix de Wilson et Cuddy - là où Babies & Bathwater (saison 1) s’était montré plus déchirant et intense sur un terrain similaire. De plus, la solution salvatrice est proposée bien tard alors qu’elle était envisageable bien avant. Le trop peu de consistance de cette histoire entraîne forcément des délayages.



L’entourage du patient est réduit à un trio de pleureuses (ex, fille, et compagne), mais les auteurs parviennent à nous surprendre grâce à un audacieux « compartimentage » de ces personnes dans le cœur de Tucker. Pour lui, son ex et sa fille sont les plus aptes à le soutenir dans les moments les plus importants, forçant le départ temporaire d’Ashley, sa compagne officielle. En effet, elles se montrent plus décidées et plus réfléchies qu’Ashley, belle plante mais 100% gourde. Cette dernière est le symbole de son bonheur personnel actuel. Par amour, il ne veut pas lui imposer tant de souffrances, ni la forcer à faire des choix difficiles. On sent l’affection que Tucker a pour son ancienne famille, mais il ne retournera pas en arrière et demeurera avec Ashley. Prévisible, mais cela nous vaut une belle scène où Wilson exprime clairement sa déception. Toujours trop angélique ce Wiwi ! Ce parti pris permet au cas d’avoir quelques bons moments dramatiques.

Il est touchant de voir toute la gentillesse de Wilson envers Tucker. Les dialogues sont d’une grande simplicité, et on espère pour eux une fin heureuse. Le personnage ayant été bien introduit (à la différence de Dylan Crandall dans le médiocre Who’s your Daddy ? de la saison 2), la dégradation sans espoir de son état touche particulièrement le spectateur qui se sent solidaire. Mais c’est le Hilson qui encore une fois est la meilleure carte de l’épisode : House et Wilson ne cessent d’être en conflit sur la vision de leur science et croisent le fer plusieurs fois à ce sujet. La tension entre eux, accentuée par les coups tordus de House (grillage de priorité dans la salle d’opération) est délicieuse et reste le paravent de leurs vrais sentiments. Il faut voir cet absolument bouleversant moment où House, les larmes aux yeux (Hugh Laurie est d’un magnétisme stupéfiant), confesse que l’idée que Wilson meure lui est insupportable. Il refuse d’abord d’assister à l’opération, avant finalement de se rétracter, donnant ainsi une preuve exemplaire de courage et de loyauté envers le seul être qui arrive à le rendre humain. La série reprendra d’ailleurs avec succès la perspective de la perte de l’être aimé dans son grand finale.



Au milieu de cette gravité, le menuet sur la cohabitation Lucas-Cuddy apporte une touche de gaieté. Cuddy a beau vouloir arrêter son petit jeu avec House, Wilson la démasque lors d’une petite scène de psychanalyse éclair où il apparaît qu’elle cherche implicitement l’approbation de House quant à sa relation avec Lucas ! Une touche de surprise aussi car House ose avouer sa faiblesse à Wilson : ce que lui a fait Cuddy lui a fait très mal. On le voit tenter d’accéder à une résilience, à une phase de reconstruction où il pourra digérer la perte de Cuddy, mais sans vraiment y parvenir. Aussi l’énorme farce finale de Wilson, au-delà du rire, est-elle d’une émotion inattendue car c’est en fait un renvoi d’ascenseur en faveur de son ami cher, un magnifique moment Hilson. Dans la série, c’est bros before hos !


Infos supplémentaires :

- House mange des sandwiches à la mangue.

- Première fois que Wilson se sacrifie pour un autre ami. Il lui offre un lobe de son foie.

- Dernier épisode avec en VF le nom d'un autre médecin que House.

- House fait référence aux Pigeon Sisters, personnages du film Drôle de couple (1968). Il fait aussi référence aux Monty Python en citant la chambre 12A, figurant dans un de leurs sketches.

- Tucker a une paralysie du bras gauche ; House se trompe donc en disant qu’il est paralysé du bras droit.

- Au début de l’épisode, House joue Faith de George Michael à la guitare (réveillant Wilson). C’est une idée de Hugh Laurie lui-même de jouer ce morceau. On entend aussi A slow parade de A.A. Bondy.



Acteurs :

Joshua Malina (1966) est surtout réputé pour avoir joué dans deux séries d’Aaron Sorkin : Jeremy Goodwin dans Sports Night (45 épisodes), et Will Bailey dans A la maison blanche (71 épisodes). Il tient aussi un premier rôle dans la série Scandal (David Rosen, une trentaine d’épisodes en juin 2013). Il a joué dans les séries Sliders, Stargate SG-1 (épisode Prise d’otages), Numb3rs, The Big Bang theory (3 épisodes chacun), Médium, Les Experts, Les Experts : Miami, Grey’s anatomy, Terminator les chroniques de Sarah Connor, iCarly, Enquêteur malgré lui, Bones, Private Practice, US Marshals (17 épisodes), etc.


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121. Brouillages

Message  Dearesttara le Ven 7 Juin 2013 - 0:23

6.11 Brouillages (The down low) :



- Notre filature a échoué, et ma bagnole a été immobilisée.
- Exact, amusant, et sans intérêt.

Mickey, dealer de drogue, s’écroule lors d’une « transaction ». Amené à l’hôpital par son partenaire et ami Eddie, il retient l’attention de House qui le prend comme nouveau patient. Pendant ce temps, Foreman se rend compte qu’il est moins payé que les autres membre de l’équipe. House et Wilson deviennent rivaux : chacun veut séduire leur nouvelle voisine, et ils sont prêts à tous les coups bas...


La série éprouve de plus en plus de difficultés à nous intéresser pour ses cas médicaux, plus verbeux, et d’une moindre efficacité dramatique. Mais elle garde toujours la forme pour dresser des portraits complexes de ses patients, sans parler de la relation House-Wilson, point sur lequel les auteurs se montrent d’une sidérante qualité et d’un humour déjanté. Le scénario de Liz Friedman et Sara Hess représente parfaitement l’esprit de la série en cette saison. Ici, le Hilson va très loin, explorant une nouvelle idée : House et Wilson se battant pour conquérir une femme. De plus, un alignement de twists fracassants rend le cas bien plus intéressant qu’il n’en a l’air. Les coups les plus tordus imaginés par les protagonistes déchaînent le rire, malgré une ombre dramatique devenant de plus en plus prégnante jusqu’à la révélation finale.



Le cas a d’abord du mal à démarrer. Ce manque d’intensité va figer toute la première moitié, précipitant les scènes de diagnostic qui deviennent peu palpitantes. L’excès de paroles est loin d’enrayer ce début. Fort heureusement, ce début a quand même quelques atouts comme House qui devine instantanément le vrai métier d’Eddie et Mickey, puis qui « assomme » ce dernier quasiment au sens propre. Ou bien les moyens qu’il utilise pour obtenir des renseignements sur lui : étant dealer, il a pas envie de révéler quoique ce soit qui le concerne. Adonc, on a la scène décalée où House interroge Eddie en message codé (hilarante référence à Jack Bauer), le micro dissimulé dans la chambre, la filature ratée de Chase et Numéro 13. House s’est peut-être assagi, mais il reste toujours aussi tordu. Et en parlant de coups tordus, l’épisode n’en est encore au début… En ami fidèle, mais à la violence et la menace sous-jacentes, Nick Chinlund est le choix rêvé. Il rappelle de loin le terrifiant Fétichiste des X-Files qui fit subir par deux fois des sueurs froides à l’agent Dana Scully !

Les twists brouillent joliment les cartes. La relation Mickey-Eddie, très dominant-dominé, n’est pas sans évoquer celle entre Orange et White dans Reservoir Dogs de Quentin Tarantino. C’est le côté le plus intéressant du cas. Les acteurs sont excellents, et la deuxième moitié de l’épisode retrouve des couleurs par un suspense plus présent, après la révélation du secret de Mickey. Cela donne une nouvelle orientation à ces scènes avec son ami, plus inquiétante. Leur scène d’adieux est dialoguée avec le plus grand soin, rendant encore plus ambigüe leur relation, cela est visible lors de la scène de descente de police, où les regards expressifs d’Eddie veulent tout dire.



House, nous le savons est un maître dans l’art de la manipulation. Cela finit forcément par déteindre sur ses subordonnés, qui le fréquentent depuis un certain temps. La machination orchestrée par Taub, Numéro 13, et Chase évoque les grands coups tordus du diagnosticien ; lui-même et Cuddy doivent le reconnaître ! Sauf que leur farce à l’encontre de Foreman finit par mal tourner, il veut démissionner dès la fin de ce cas, laissant le trio face à une conséquence de leurs actes qu’ils avaient pas prévu ! Le rebondissement final laissera le spectateur sur les fesses. Ce n’est pas pour rien que Foreman est le plus proche de House : à malin, malin et demi, et voilà les conspirateurs qui l’ont dans l’os (The phrase « Who's your daddy ? » comes to mind.).

Mais même cette histoire vraiment rigolote parait anodine avec le cocasse concours de coqs entre House et Wilson. Nora, leur voisine, est jouée par la magnifique Sasha Alexander. Elle croit que House et Wilson sont un couple gay et l’obstination presque caricaturale de son personnage à nier une autre vérité va permettre un déferlement de gags comme la série sait si bien en faire. Malgré sa séduction, House n’est pas un coureur, et depuis le début de la série, n’a jamais cherché à séduire une femme autre que Cuddy, son obsession, ou Stacy, son ex. Mais depuis Mayfield et sa triste romance inaboutie avec Lydia, House veut se donner les moyens d’être heureux, de trouver une femme qui lui conviendrait, maintenant que Cuddy est désormais hors d’atteinte. Il ne cherche pas encore l’amour, évidemment, mais il veut changer des prostituées, et aimerait bien faire l’amour avec une femme sans devoir la payer. Le fait qu’il jette son dévolu sur une femme sur lequel Wilson avait des vues avant lui ne le gène pas, ce qui cause un mémorable dialogue sur le « code d’honneur entre mecs », quelque chose que House ne semble pas connaître.



House encourage la rumeur sur le fait que lui et Wilson soient gays, car cela lui permet la stratégie de séduction la plus improbable de l’univers des séries télé (Wilson en reste comme deux ronds de flan) envers Nora. Et Wilson, frustré, voit sa belle complicité entre lui et Nora devenir caduque veut que House se rapproche lui aussi de plus en plus d’elle (la totale : dîner, télé, massage…). L’humour est totalement débridé mais jamais gratuit car les faux apitoiements de House sur son « couple » avec Wilson ne sont pas aussi faux qu’ils en ont l’air. Sa relation si troublante qu’il a avec lui, House l’explicite plusieurs fois sous couvert de bobards pour séduire la belle. Wilson semble impuissant devant le jeu fort maîtrisé de House qui lui pique Nora sans vergogne. Mais voilà, Wilson a des ressources inattendues et le crescendo de gags (humour gay en prime) conduit à une scène culte de la série : la scène du restaurant où Wilson fait foirer le plan de son ami avec ses propres armes : outrance et culot à fond la caisse ! Une scène savoureusement Hilson qui est peut-être à double sens : et si Wilson pensait réellement ce qu’il disait ? Et même House semble un peu secoué, car après tout, leur relation d’amitié est si unique, exactement au milieu de l’amitié et de l’amour…



La scène où House tente de s’expliquer à Nora avec sa délicatesse coutumière (I was spending time with you because I want to touch your boobs.) est le miroir de celle où Wilson lui tentait d’expliquer le plan machiavélique de son ami sans pouvoir la convaincre. Finalement, on finit par un match nul, mais pas par un armistice. L’épisode nous quitte sur une dernière prise de bec entre eux, la cohabitation risque d’être difficile ! En mode sitcom, le Hilson est toujours exaltant : Hugh Laurie et Robert Sean Leonard excellent à jouer pleinement la carte de la comédie. En filigrane, l’épisode défend la liberté pour les homosexuels de vivre leurs amours, et même de se marier, via Nora, compréhensive et ouverte d’esprit (peut-être même trop, vu qu’elle ne comprend qu’à la toute fin que House et Wilson ne sont pas homosexuels). La série continue de s’inscrire dans une fibre sociale plutôt à gauche, bien que toute récupération soit à exclure. Bref, un très bon épisode encore une fois !


Infos supplémentaires :

- Aka. Vies secrètes.

- Deuxième prénom de Numéro 13 : Beauregard.

- House déteste les comédies musicales.

- Seizième échec de House, la maladie du patient est incurable.

- Ethan Embry, le patient, jouait un aide-soignant dans un épisode de La Treizième Dimension : Laps de temps.

- Wilson chante (avant d’être repris par les chœurs de Broadway) la chanson One -tirée du musical A chorus line - de Marvin Hamlisch et Edward Kleban. On entend aussi Sway de Pablo Beltrán Ruiz, chanté par Dean Martin, et Maggot brain de Funkadelic.



Acteurs :

Ethan Embry (1978) est un enfant précoce devant la caméra : adolescent, il joue dans une centaine de publicités avant de décrocher plusieurs rôles dans des téléfilms et au cinéma, où il tourne environ deux fois par an depuis qu’il a 20 ans. Il a aussi joué dans quelques séries comme Arabesque (2 épisodes), Freaky links (13 épisodes), La Treizième Dimension, Numb3rs, New York section criminelle, Brotherhood (20 épisodes), Les Experts : Miami (2 épisodes), Drop Dead Diva, Grey’s anatomy, Once upon a time (10 épisodes), etc.

Sasha Alexander (1973) révèle très vite ses dons de comédienne de théâtre, notamment dans Shakespeare. Sa notoriété naissante lui permet de travailler dans plusieurs films indépendants et séries. Le rôle le plus connu de cette superbe comédienne demeure à l’heure actuelle celui de Maura Isles, personnage principal de la série Rizzoli & Isles (44 épisodes en juin 2013). Auparavant, elle a décroché des rôles récurrents dans Wasteland (13 épisodes), Dawson (20 épisodes), et NCIS (49 épisodes). On l’a vue aussi dans Les Experts, Friends, etc. Au cinéma, elle a participé à Mission Impossible 3, Ce que pensent les hommes, Yes Man, etc.

Nick Chinlund (1961) abandonna ses rêves de basketteur après une blessure grave à l’épaule. Il se tourna alors vers la comédie. Sa stature imposante et sa voix menaçante le firent remarquer, jouant fréquemment des individus peu recommandables. Il a joué dans les séries NYPD Blue, X-Files (épisodes Le Fétichiste et Orison), New York 911 (6 épisodes), Gilmore girls, Buffy contre les vampires (épisodes Météorite et Par amour), Le fugitif (2 épisodes), Walker texas ranger, New York police judiciaire (2 épisodes), New York unité spéciale, New York section criminelle, Les Soprano, FBI portés disparus, Desperate Housewives (5 épisodes), Ghost Whisperer, Esprits criminels, NCIS, 24 (2 épisodes), Urgences, Castle, Mentalist, Les Experts (2 épisodes), Les Experts : Manhattan, etc.



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122. Absence de conscience

Message  Dearesttara le Dim 9 Juin 2013 - 14:37

6.12 Absence de conscience (Remorse) :



- Un gamin de 14 ans, grande pilosité et douleurs articulaires.
- Dites-lui de ne pas se masturber plus de trois fois par jour. Suivant.


Valérie, 27 ans, a de violentes douleurs aux oreilles. L’équipe de House s’aperçoit que sous des dehors sympathiques, Valérie est en réalité une psychopathe au sens médical : elle ne ressent aucune émotion, est d’un égoïsme monstrueux, et se montre d’une méchanceté telle que Numéro 13 a peur d’elle. Son mari ignore son vrai visage. Pendant ce temps, House reçoit la visite de Wibberly, un camarade de faculté qui n’a jamais pu avoir son diplôme de médecine à cause d’un sale tour qu’il lui avait joué. House éprouve certains remords en le voyant…


Après s’être perdu dans un épisode qui n’avait rien à voir avec la série (The Tyrant), Peter Blake retrouve la forme avec cet épisode contenant ce qui est certainement le patient le plus antipathique de toute la série. Sa folie froide effraie plus que l’exacerbation de Dibala ou du petit con (saison 3). D’une noirceur repoussante, Valérie subjugue par son hypocrisie puissance 1000, changeant de visage et de ton en un éclair. Diabolical mastermind au sens presque Avengerien du terme, elle est une adversaire d’une férocité inouïe. Son duel contre Numéro 13 est un des moments les plus mémorables de la série, s’achevant sur une superbe fin ambiguë. Pour compenser cette histoire suave comme du tabasco, une histoire secondaire plus émotionnelle avec House confronté à sa conscence, permet de mesurer à quel point les auteurs sont parvenus à rendre le personnage plus sympathique sans perdre son caractère de cochon qu’on aime tant. Le dosage est parfait.



L’épisode nous leurre en présentant d’abord la patiente comme une femme certes autoritaire, mais affable et souriante. Lorsque House la perce à jour, la métamorphose nous laisse stupéfaits : ses traits se durcissent soudain, son regard se remplit de mépris, sa voix devient métallique et monocorde, l’effet est terrifiant ! Tout au long de l’épisode, Valérie ne va cesser d’alterner entre ces deux visages. L’interprétation glaçante de Beau Garrett compte beaucoup dans la fascination odieuse qu’elle inspire ; un des meilleurs seconds rôles de la série, aucun doute là-dessus. A ses côtés, Shane Edelman en homme trompé, illusionné, ignorant, joue très bien l’archétype du mari manipulé par la garce qui lui sert d’épouse, cela la rend encore plus méchante.

Elle rit de ses médecins, se moque de ses propres absences d’émotion, avoue sans broncher qu’elle trompe son mari, tout en méprisant son amant qu’elle n’a d‘ailleurs pas hésité à empoisonner pour le rendre moins fort et ainsi le faire virer de son boulot. Voyant en Numéro 13 une personne plus fragile que ses camarades, Valérie trouve une proie à saisir pour satisfaire son appétit de destruction. Il faut la voir la regarder avec des yeux de vipère et lui dire Are you threaten by me ? pour qu’aussitôt la température chute d’un coup. Elle la menace d’un procès et d’une radiation si elle dévoile à son mari - qu’elle n’a épousé que pour sa fortune - qui elle est réellement. Elle excelle dans l’art du mensonge car lorsque Numéro 13 oriente le mari de telle manière qu’il s’aperçoit qu’elle l’a trompé, elle parvient de nouveau à retourner la solution, et accuse carrément la doctoresse d’harcèlement sexuel !! Cuddy elle-même est impuissante à remettre de l’ordre. Olivia Wilde est très convaincante en médecin piégée et souffre-douleur. La série persiste par ailleurs à taper sur les apparences car Valérie est merveilleusement belle, et c’est quand les médecins mâles sont séduits par ses charmes - House inclus - qu’elle est démasquée.



L’épisode établit un crescendo de noirceur omniprésent dans ce cas où l’intérêt de la patiente se mêle à l’intérêt de l’enquête, qui retrouve le rythme et le suspense des grandes heures de la série. La fin est troublante. Bien que désormais au courant de sa comédie, le mari n’a pas le courage de supporter cette vérité, et préfère se réfugier dans un mensonge plus doux, celui sur lequel il a vécu avec elle. Aussi, la scène où elle tombe le masque en lui révélant tout ce qu’elle pense de lui est d’une ironie furieusement douloureuse. Mais en renonçant à cette hypocrisie, cela ne signifie-t-il pas que son caractère était dû à sa maladie et que, maintenant guérie, elle sait ENFIN ce qu’est une conscience, une émotion ? C’est pour le bien de son mari qu’elle lui confesse qui elle est, et ses yeux embués montrent que pour la première fois, une sorte de remords la saisit. Une fin tout à fait surprenante, à la fois optimiste et pessimiste, bien dans le ton de la série. Un épisode puissant et sombre.

Au milieu de ce drame, Blake n’hésite pas à nous muscler les zygomatiques par quelques scènes vaches comme quand House massacrant les photos de Cuddy et Lucas sans se rendre compte de la portée de son geste. Cuddy lui en fera le reproche sans élever la voix (prouvant en passant que Lisa Edelstein peut sous-jouer son personnage sans perdre en émotion). House aurait sans doute préféré qu’elle se mette à hurler. Le cas secondaire avec Wilson et le patient espagnol permet quelques pointes typiquement Housiennes, rappelant la scène d’Epic fail où House et une chinoise se moquaient de Cuddy sans qu’elle s’en rende compte. On aime aussi la colère de House quand il s’aperçoit que la rupture entre 13 et Foreman nuit à leur efficacité et qu’il leur ordonne de have sex, quit or fight pour qu’ils arrêtent de se disputer stérilement. Curieusement, au début de leur relation, c’était leur complicité qui nuisait à leur travail ! La quadrature du cercle en quelque sorte.



L’épisode marque des points supplémentaires pour son hardie histoire secondaire. Les auteurs sont parvenus à négocier le virage d’un House plus humain sans perdre son caractère. Dans le cadre de sa thérapie, House doit apprendre des sentiments humains comme le remords, et au lieu de demander pardon à un proche comme Wilson, il écrit à un vieux camarade de fac pour un tour qu’il lui avait joué ! Il voulait en fait se débarrasser au plus vite de ce moment de la thérapie en écrivant rapidement une lettre d’excuses où il n’en pense pas un mot. Manque de pot, Wibberly (Ray Abruzzo, sobre juste ce qu’il faut) débarque et veut qu’ils parlent ensemble. La simple emmerde que subit House vire à la culpabilité inattendue quand il s’aperçoit que Wibberly, après son échec à l’examen, n’a plus pu remonter la pente et est aujourd’hui en passe d’être expulsé de son logement. House se sent d’autant plus gêné que Wibberly ne garde pas de rancune envers lui et s’est résigné à un destin devenant de plus en plus noir.



Finalement, tenaillé par sa faute passée, House veut « réparer les dégâts » autant qu’il peut. C’est une des rares fois où le personnage éprouve du remords, alors que même la mort d’Amber ne lui avait pas fait cet effet. Le twist final est révélateur du changement qu’a subi House. Nous savons qu’il fait le bien autour de lui malgré lui, et toujours d’une manière bourrue. Là, nous le voyons faire acte de contrition, acte de bonté par une voie simple, directe, qui touche beaucoup son ancienne « victime ». La scène finale, muette, est magnifique, mais l’espoir lumineux de sa rédemption est partiellement obscurci par le dernier plan. House n’a pas le courage de demander pardon à Cuddy, engoncé dans sa jalousie à l’égard de Lucas. Les fans ont souvent dénigré la relation Cuddy-Lucas, mais ici elle intervient comme frein à la renaissance de House. C’est joliment calculé et Hugh Laurie est plus grandiose que jamais. Cette évolution retardée procure un suspense qui durera jusqu’à la fin de la série.


Infos supplémentaires :

- Aka. La Diabolique.

- L’épisode se déroule en octobre, la patiente guérit le 24 de ce mois si l’on en croit le chèque de House.

- Dans l’introduction, lorsque l’homme se retourne vers l’aéroport pour vomir, on peut voir une partie de l’équipe par le reflet dans la vitre.

- Nouvelle référence à Star Wars par House lorsqu’il demande à Valérie de quelle côté de la Force elle est.

- La chanson de l’épisode est Why try to change me now de Cy Coleman-Joseph McCarthy, chantée par Fiona Apple.



Acteurs :

Beau Garrett (1982) est une actrice de cinéma. On a pu la voir dans Les 4 Fantastiques et le surfeur d’argent, Le témoin amoureux, Tron l’héritage, etc. Elle a aussi joué à la télévision : dans les séries Esprits criminels, The Glades, Les Experts : Manhattan (3 épisodes), Chuck, etc. Elle a tenu le rôle de Gina LaSalle dans Criminal Minds : suspect behavior (13 épisodes).

Ray Abruzzo (1954) est surtout connu pour avoir joué les rôles du Sergent John Zorelli dans la dernière saison de Dynastie (20 épisodes), du détective Michael McGuire dans The practice (45 épisodes), et de Little Carmine Lupertazzi dans Les Soprano (18 épisodes). Il est apparu aussi dans Falcon Crest, Tribunal de nuit (8 épisodes), Arabesque, Les dessous de Palm Beach, Lois et Clark, NYPD Blue, Une nounou d’enfer, New York police judiciaire, New York unité spéciale, Les Experts : Manhattan, Bones, Boston Justice (2 épisodes), NCIS, US Marshals (3 épisodes), Mad men, etc.

Shane Edelman a joué dans plusieurs films, le plus souvent indépendants, mais aussi dans quelques sorties plus remarquées (Arrête-moi si tu peux, Flight plan, Ce que pensent les hommes, Jeux de pouvoir…). Il a parfois tourné à la télévision : Deuxième chance, Spy Girls, Daybreak (2 épisodes), Monk, Terminator : les chroniques de Sarah Connor (6 épisodes), Southlands, Weeds, etc.



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123. Passage à l'offensive

Message  Dearesttara le Jeu 13 Juin 2013 - 13:01

6.13 Passage à l’offensive (Moving the chains) :    



- Je demande la permission de donner mon idée sans me faire humilier devant votre nouvel assistant.
- Permission refusée. Continuez.


Daryl, un jeune footballeur américain noir, est pris d’une soudaine crise de rage. Lui et sa mère demandent à House de le guérir le plus rapidement possible car il doit faire sous peu un match capital pour sa carrière. Le rater supprimerait toutes ses chances d’avenir. Pendant ce temps, House recrute un assistant personnel en la personne de… Marcus Foreman, frère d’Eric qui vient juste de sortir de prison ! Eric n’apprécie pas du tout cette cohabitation. Enfin, quelqu’un s’amuse à faire des mauvais tours dans l’appartement de House et Wilson…



L’excellent duo Russell Friend-Garrett Lerner semble d’abord nous décevoir car la grande partie de l’épisode ne fait qu’emprunter des chemins plein de clichés, que ce soit dans un cas à l’intérêt bancal ou des histoires secondaires manquant de subtilité. Cependant, les auteurs parviennent à légitimer toutes leurs histoires en fin de course pour des résultats surprenants mais tout à fait crédibles. On retrouve l’épaisseur psychologique qui caractérise les personnages de la série, tandis que la dualité comédie-drame demeure toujours à son plus haut niveau dans cet épisode.

On renoue avec la bonne vieille course contre la montre, avec un cas devant être résolu avant une échéance. Cependant, l’épisode n’exploite que peu la situation d’urgence impliquée, traînant même parfois des pieds lors de son déroulement. Une curieuse antinomie. Le patient (Da’Vone McDonald, transparent) et sa mère cachetonnent mollement dans des personnages hâtivement écrits, nuisant à l’émotion recherchée. A part répéter leur angoisse de l’échéance prochaine, ils ne font pas grand-chose. Cependant, l’épisode se rachète quelque peu en mettant en évidence la persistance de la discrimination raciale en Amérique - et en extrapolant, dans le monde -. Même si la ségrégation a été supprimée depuis Martin Luther King, elle persiste de manière plus insidieuse : les noirs demeurent encore souvent en marge de la société. Le sport est ainsi un des rares moyens pour eux de « réussir » dans la vie, c’est même l’unique planche de salut pour le prometteur Daryl.



Cela implique plusieurs comportements risqués du jeune homme qui veut sortir à tout prix de l’hôpital, préférant risquer de mourir sur le terrain plutôt que de manquer ce match. La scène dans les couloirs du stade est révélatrice d’un poids très lourd qui frappe les enfants très (trop) aimés par leurs parents : sa mère s’est saignée aux quatre veines, sacrifiée pour donner à son fils une petite chance d’avenir. Et il se sentirait coupable de ne pas la saisir, même au péril de sa vie, comme s’il avait peur de n'être pas digne de l’amour maternel. Mais Foreman, plus Housien que jamais, doit en tant que médecin, lui interdire ce risque, et il le fait à la manière de son boss : en le droguant ! Par ailleurs, la chute de l’épisode se révèle particulièrement amère, avec ce faux happy end - qui pour le coup est un quasi unhappy end - qui fait très mal. Dans le monde réel que dépeint la série, les plus méritants et les plus prometteurs ne sont pas toujours récompensés, comme House le dit à sa manière à la fin, non sans fatalisme.

Un petit cas secondaire (chose devenue rare) se développe en parallèle avec un soldat qui à peine rentré chez lui, se voit rappelé sous les drapeaux, laissant sa femme enceinte seule. Il veut trouver un moyen d’être réformé. L’épisode évite le piège du tire-larmes grâce à un humour extrêmement noir : House le vanne en disant qu’il pourrait se tirer une balle dans le pied… et il le fait !!! Les conséquences de cette situation absurde aboutiront à un superbe plan muet : l’amour pousse à toutes les folies, et cet homme, par amour, osera aller jusqu’au bout de son terrible plan. House, connaissant que partiellement la puissance de ce noble sentiment si ce n’est en théorie, semble pétrifié d'en voir les conséquences de manière pratique. Malgré son ambiance pessimiste, la série ne peut s’empêcher d’affirmer sa confiance en l’humain. Ces quelques scènes permettent d’adoucir le cynisme permanent de Dr.House.



Faire intervenir le frère de Foreman (Orlando Jones, aussi charismatique qu’une huître) est une fausse bonne idée pendant presque tout l’épisode. House apparemment, cherche seulement à emmerder Foreman en soutirant ses petits secrets à Marcus en échange d’un poste « d’assistant personnel ». On adore voir House le traiter presque mieux que son quatuor de larbins rien que pour les embêter ! Malheureusement, les gags induits sont bien inoffensifs, et on accroche pas du tout à la relation polaire entre les deux frères. On a déjà vu ça dans bien des séries et des films, et d’ailleurs ni Jones ni Omar Epps ne sont convaincants dans leurs scènes. La tension souhaitée ne marche jamais. Tout ce pan de l’épisode est faible et ne rebondit qu’à la toute fin, via un twist final absolument génial qui révèle la vraie raison des agissements de House. Wilson, malgré ses airs moqueurs, est ému de voir House continuer à faire le bien autour de lui. Il devient « gentil » sans perdre son intérêt.

Enfin, dans la rubrique sitcom, la cohabitation difficile House-Wilson tient toutes ses promesses. On en avait déjà eu un aperçu à la fin de Brouillages. Et on commence par une scène hilarante où House prend toute la place dans la salle de bain (référence amusante à Nora). Leurs échanges azimutés sont toujours un régal. Puis on passe en mode slapstick avec les catastrophes qui se succèdent avec des chutes, et des alarmes anti-incendie qui se déclenchent (Non, pas l’écran plat !!!!!). L’épisode parvient à chaque fois à prendre de vitesse le spectateur, certain du nom du coupable avant d’être nettement détrompé. Le tout aboutit à une révélation finale tout à fait inattendue. House se fait de nouveau piéger à son propre jeu. Devenir gentil a un coût puisque maintenant, il trouve des personnes encore plus tordues que lui. Pire, il ne peut même pas se venger et doit accepter sa défaite.



Shore a du culot à transformer sa créature en victime alors que cinq saisons durant, c’était un bourreau. Mais cela donne une idée de justice. Tom Kapinos s’en souviendra d’ailleurs dans Californication où après avoir foutu la m erde durant trois saisons, Hank Moody ne cessera de payer l’addition dans les saisons suivantes. Le fan choisira d’aimer ou de ne pas aimer cette transformation. Elle a cependant le mérite de dégeler imperceptiblement mais sûrement le cœur de House, qui souffre de plus en plus, et qui prépare la voie non seulement au final de la saison 6, mais même à tout ce qui suivra après. Shore tient à ce que la série et son personnage principal restent crédibles psychologiquement, et sur ce point-là, il ne nous décevra pas.


Infos supplémentaires :

- Aka. Pourquoi tant de haine ?

- La mère de Foreman est morte trois mois avant cet épisode.

- House avertit Wilson pendant leur surveillance nocturne que s’il va se coucher, il pourrait se réveiller à côté d’une tête de cheval. C’est un clin d’œil au Parrain (1972).

- La mère du patient était l'ange de la destinée dans Charmed. Elle est interprétée par Denise Dowse. Décidément pas mal de personnages de cette série sont passés à Princeton-Plainsboro !

- Dernier cas clinique avant la saison 7.

- On entend dans l’épisode Rocket scientist des Teddybears sthlm, et Side to side de Wayne Jones-Sean Holland, chanté par ce dernier.


Acteurs :

Da’Vone McDonald a joué dans plusieurs films et courts d’auteurs. Il n’est presque jamais passé par la télévision (Raising hope, etc.)

Orlando Jones (1968) a joué dans beaucoup de séries qui n’ont pas franchi l’atlantique. Quelques exceptions : Tout le monde déteste Chris, La diva du divan (2 épisodes chacun), Ghost Whisperer, Pushing Daisies, Les Experts : Miami, etc. Il est aussi scénariste occasionnel, et a crée trois brèves séries : The Orlando Jones show, The adventures of Chico and Guapo, et Tainted love.



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124. 16 heures de la vie d'une femme

Message  Dearesttara le Dim 16 Juin 2013 - 1:09

6.14 16 heures de la vie d’une femme (5 to 9) :



- C’est le président du conseil.
- J’ai pas le temps.
- Il dit que…
- Dites-lui que je démissionne !

Être directrice d’un hôpital n’est pas un travail de tout repos. Lisa Cuddy se réveille comme tous les matins à 5h et se prépare à affronter toutes les obligations que son poste lui ordonne. Dans cet épisode, nous la suivons dans son travail durant toute une journée…



Après L’ami de Wilson, épisode centré sur l’oncologue, la série récidive en offrant un second épisode qui ne suit pas le point de vue de House. Mais là où l’épisode précédent ne parvenait pas à aller jusqu’au bout de son concept, 5 to 9 arrive à se concentrer à fond sur Lisa Cuddy. Durant 42 minutes, la caméra s’attache aux pas de la directrice, la suivant partout dans un effet quasi documentaire. Les plans-séquences qui s’étirent en longueur, les dialogues à la mitraillette, le tempo rapide pour ne pas dire frénétique, le suspense haletant, la variété des situations… on croirait presque un scénario d’Aaron Sorkin ! D’ailleurs, cet épisode fait vraiment penser à ce chef-d’œuvre qu’est The West Wing, l’hôpital remplaçant l’aile ouest de la Maison-Blanche, et Lisa Cuddy étant à elle toute seule Josiah Bartlet, Josh Lyman, C.J.Cregg, etc. Thomas L.Moran signe là son meilleur scénario dont le rythme trépidant donne un aperçu parfait de l’exigeante vie de directrice d’hôpital. Lisa Edelstein est de tous les plans, et se montre d’une énergie indomptable. Ajoutez la réalisation virtuose, virevoltante, enlevée, d’Andrew Bernstein, et des mélodies plus travaillées que de coutume, et vous avez un des meilleurs épisodes de toute la série.



Les auteurs ont-ils pressenti que les fans détestaient cordialement Lucas, barrière séparant House de Cuddy ? Toujours est-il que Lucas en prend pour son grade dans l’épisode, en ayant une panne sexuelle dans l’introduction (C’est super, maintenant, je suis en retard, stressée, et frustrée), en embêtant sa bien-aimée pendant le déjeuner et se voyant refuser un « calin » à la toute fin. Michael Weston est toujours aussi drôle quelque soit la situation. On craint un instant de voir l’épisode tomber dans le piège du gnangnan avec Cuddy inquiète pour bébé Rachel, mais cela passe très rapidement et se résume surtout à des coups de fil sans réponse à la nourrice. Du stress en plus dans un épisode déjà rempli à ras-bord. Ca marche.

Une véritable kyrielle de petites intrigues est menée tambour battant, chaque fois avec un plein succès. L’entrelacement des intrigues est brillamment tricoté, et le montage d’une clarté indéniable. Il y’a un semblant de fil rouge avec le duel psychologique qu’elle livre contre l’employé de la compagnie d’assurances qui rechigne à augmenter les sommes à verser à l’hôpital. Or, cette augmentation est indispensable pour que l’hôpital continue de tourner, et Cuddy va carrément risquer son fauteuil de directrice pour faire monter les enjeux. C’est le seul atout dont elle dispose. Chaque scène augmente la tension, au fur et à mesure que la probabilité de faillite et de licenciement s’accroit elle aussi. Même les révélations de Douglas sur le train de vie outrancier du directeur des assurances ne font pas leur effet, Cuddy étant face à un homme de fer (You can portray me as a rich bastard in the press all you want, just as long as I stay rich.). House lui-même est étonné du culot de son boss et la met en garde : si elle continue de prendre des risques inconsidérés, elle risque de devenir une tête brûlée incontrôlable comme lui. House n’a jamais été tendre avec lui-même. Le conseil administratif se montre peu solidaire envers Cuddy qui risque l’existence même de l’hôpital. Bref, dans cet épisode, c’est vraiment Cuddy contre le reste du monde.



Les petits embêtements que House fait subir à Cuddy sont plutôt bénins comparé au reste. House n'est-il qu'un souci mineur pour Cuddy ? On aurait jamais imaginé ça ! Bon, un pari pour soigner un cancer avec la malaria, House a fait pire c’est vrai. Fidèle à son concept, Thomas L. Moran a le bon sens de ne pas trop le faire intervenir pour vraiment se centrer sur Cuddy. Cette dernière doit entre autres subir un procès de la part d’un patient qui ne voulait pas que son pouce tranché soit recousu parce qu’il avait pas assez d’argent pour payer l’opération. Or, Chase est passé outre et voilà l’hôpital sur la sellette. Cette scène est l’occasion de rappeler qu’avoir de hautes responsabilités exige une rigueur et une froideur totales. Lisa Cuddy se montre impitoyable envers le plaignant en disant qu’il doit se débrouiller pour payer, malgré sa situation précaire. Cuddy n’a pas le choix : Parfois, elle est obligée d’être dur envers quelqu’un qui n’avait rien demandé. Elle n’a pas peur de la menace d’un procès (faut dire qu’avec toutes les plaintes à cause de House, elle est blindée).



A côté, les disputes avec le Dr.Hourani concernant des problèmes dans le staff de chirurgie ne contribuent pas à calmer le jeu. Elle doit par ailleurs enfiler la blouse pour s’occuper elle-même de quelques patients en consultation dont un pas commode qui finit par la traiter de « bitch ». La loi de Murphy en quelque sorte. Dans l’affaire contre la compagnie d’assurances, Cuddy passe en mode kamikaze quand elle refuse une nouvelle offre : elle obtiendra ce qu’elle veut ou rien du tout. Et quand l’ultimatum expire sans résultat, on s’inquiète vraiment pour la survie de l’hôpital. Chaque minute qui s’écoule est décidément propre à monter le taux d’adrénaline. Au bord de la rupture, Cuddy devra faire une pause et s’enfermer un instant pour calmer ses nerfs. Dans un acte de solidarité à peine croyable, House renouvelle en Cuddy sa confiance en ses capacités, et lui donne le courage de repartir à l’assaut. Oui, House est de plus en plus gentil, alors que niveau caractère, il n’a pas changé. Ce mélange délicat continue de tenir sur la durée.

Cependant, l’intrigue la plus maligne demeure l’affaire Gail. Prise la main dans le sac pour détournement de médicaments très forts, Cuddy est obligée de virer « une de ses meilleures employées » pour cette faute grave. Mais ayant un cœur, elle accepte de ne pas en parler à l’inspection des fraudes… jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’en réalité Gail est une sociopathe : pendant sept ans, elle a abusé de sa confiance pour pouvoir se livrer à un trafic de médocs ! D’une manière analogue à la psychopathe de Absence de conscience, la transformation s’opère en un éclair : de pleureuse suppliante, Gail se transforme en monstre sans cœur et sans remords qui se moque cruellement de Cuddy, incapable de prouver toute l’étendue de sa fraude devant la Commission : elle a tout calculé. La performance de Celia Flinkenstein est aussi saisissante que celle de Beau Garrett. Cuddy parvient cependant à vaincre cet adversaire grâce à… une fleur dans un pot ! Montrant ainsi toutes ses ressources. Finalement, tous ses problèmes de la journée sont résolus les uns après les autres, donnant un happy end total peut-être peu convaincant et forcé, mais qui nous dit au fond « allez, c’est une journée comme une autre, demain ce sera la même chose ».



Bref, un épisode a tempo prestissimo, à l’intrigue et réalisation haletantes, au suspense serré, et avec une Lisa Edelstein immense de talent et d’énergie ravageuse. Un épisode conceptuel réussi au-delà de toutes espérances.


Infos supplémentaires :

- Aka. Wonder Cuddy. Le titre original inverse celui d’un film de 1980 : Nine to five (Comment se débarrasser de son patron en français).

- Sur la table de chevet de Cuddy, on voit le livre Inès of my soul d’Isabel Allende. Livre tournant autour d’une héroïne au tempérament fort. Quoi de plus naturel qu’il soit lu par Cuddy !

- L’horloge sur le bureau de Cuddy marque 15h00 quand l’ultimatum expire… mais il est 13h00 à sa montre !

- On entend dans l’épisode Break up the concrete des Pretenders, et Shine on d’Eric Bibb.



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125. Lecture pour tous

Message  Dearesttara le Mer 19 Juin 2013 - 19:25

6.15 Lecture pour tous (Private lives) :




- Quand les femmes rêvent d’un prince charmant, c’est vous qu’elles voient.
- Donc vous attribuez toutes les relations amoureuses que j’ai eues à ma supposée belle gueule ?
- Le début des relations seulement ; le reste, c’est vos cheveux.


Frankie, 27 ans, est une bloggeuse passionnée : elle retranscrit chaque détail de sa vie à ses lecteurs, au grand dam de Taylor, son petit ami. Une nuit, elle commence à saigner et a le visage violacé. A l’hôpital, l’équipe tente de trouver des indices sur elle via son blog. Lors d’un speed-dating, Chase obtient un franc succès auprès des candidates grâce uniquement à son physique, ce qui le perturbe profondément. Pendant ce temps, House découvre un secret que Wilson aurait préféré rester caché.


Robert Chase a rarement eu droit à la pleine attention des auteurs pour lui-même. Sans doute sa relative fadeur ne lui a point permis de s’imposer a contrario de ses collègues, plus consistants. Doris Egan tente de lui donner un meilleur rôle en l’immergeant dans la bataille millénaire de la série contre les apparences. L’ironie acerbe de la scénariste envers les charmes parfois insidieux de la beauté (et contre la gent féminine, pas sous son meilleur jour ici) est tempérée avec justesse par Numéro 13, complexifiant un constat plus subtil qu’il n’en a l’air. Le gros rire qui saisit le spectateur lors des scènes avec Wilson, ici humilié par tout l’hôpital grâce à son meilleur ami (qui aime bien châtie bien n’est-ce pas ?) est irrésistible. Tout cela compense un cas manquant d’intensité, on ne s’inquiète pas avant la 30e minute pour la patiente, ce qui rend toutes les scènes médicales avant inintéressantes. L’épisode est plus d’actualité que jamais à l’heure où les réseaux sociaux (les blogs comme ici) permettent à tout un chacun d’exposer sa vie privée à tout le monde, avec les dangers que cela implique. Egan a une habile façon de traiter ce problème en parlant non du bon vieux coup de la « révélation de trop » qui brise une vie mais plutôt de la dépendance que nous pouvons avoir des réseaux sociaux.



Grâce à Internet et les réseaux sociaux, il est désormais possible pour n’importe quel individu via Facebook, ou comme ici les blogs, de raconter son quotidien devant un public. Pour peu que l’on trouver un ton, une humeur, une originalité qui permet de transcender le quotidien, on peut créer artificiellement une « célébrité ». Il n’est de voir par exemple le succès du blog de l’ancienne Belle de Jour qui donna naissance à cette excellente série qu’est Journal intime d’une call-girl. Frankie fait partie de ces gens, rivée à son écran pour pouvoir raconter tous les détails de sa vie intime, quitte à se montrer égoïste et ne plus respecter son entourage, « jeté en pâture » à ses lecteurs.

Le tempérament parfois rentre-dedans de Frankie fait penser à Donna Pinciotti. Mais il est propice à de nombreuses scènes dramatiques, registre dans lequel brille Laura Prepon alors qu’elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de le montrer dans That 70’s show. Obsédée par son semblant de notoriété, et mettant en péril son couple, Frankie montre cependant un grand respect envers ses fans, toujours soucieuse de leurs avis. On ne peut donc la taxer d’orgueil, mais voulant à tout prix faire son show, elle perd le sens des réalités. En témoigne cette frissonnante scène où devant faire un choix crucial pour son futur de couple, elle laisse ses lecteurs décider à sa place. Piégée dans la spirale de la « fidélité à ses lecteurs », elle ne mesure pas tous les dangers, et l’ordinateur agit sur elle telle une drogue dont elle ne peut se passer.



Seul l’intérêt qu’elle porte à Taylor (Adam Rothenberg, très fade) la rattache à la réalité et sera plus ou moins sa planche de salut. Mais l’épisode semble se retenir et n’ose pas aller au bout de sa démarche. On aurait pu aller plus loin dans la noirceur plutôt que maintenir une légèreté dispensable. La série n’est jamais aussi bonne que quand elle explore des abîmes sombres. Le cas lui-même n’est pas d’un grand intérêt car on ne s’inquiète jamais pour la patiente qui reste plutôt bon pied bon œil. Un cas vraiment « aseptisé », hormis les dix dernières minutes, un peu plus intenses. Le happy end un peu trop éclatant annule toutefois une partie de la tension.

L’épisode frappe très fort avec une scène de speed-dating à laquelle participent Chase, House, et Wilson. Les belles jeunes femmes se montrent d’une superficialité absolument tordante ! Wilson étant cancérologue, les femmes se mettent à parler de proches morts du cancer, pas la meilleure façon de passer un rendez-vous. Quant à House, il fout bien sûr des coups de froid massifs. On retient notamment un des moments les plus drôles de toute la série avec le rendez-vous avec la lieutenant de police qui vire au détecteur de mensonges ! L’innocent Chase pense comme la croyance populaire que contrairement aux hommes, les femmes ne sont pas aussi superficielles question physique et donc y attachent moins d’importance. Manque de pot, House fait le pari que Chase emballera « au moins dix nanas » rien que par son physique, et en ne disant que des conneries… et c’est-ce qui arrive : Chase peut jouer au con, les femmes hypnotisées par son charme souhaitent majoritairement le revoir ! Les femmes sont aussi superficielles que les hommes ? L’auteure n’est pas tendre avec ses semblables ! Heureusement, c’est un peu plus profond que ça :



Chase, bouleversé que les femmes attachent autant d’importance aux apparences, se met à douter d’elles. Cela le pousse à remettre en cause sa relation avec Cameron : son ex-femme l’a-t-elle un jour aimé ou bien n’était-ce seulement qu’une attirance physique puissante ? Ce qui donne le frisson c’est que Cameron elle-même sera incapable d’apporter une réponse satisfaisante à cette question (Lockdown). Par là, les auteurs s’interrogent : à partir de quand l’amour prend-il le pas sur le désir ? Eternelle question et surtout superbe trouvaille qui donne a posteriori une fenêtre intéressante sur le Chaseron. Numéro 13 heureusement, est là pour nous rassurer un peu : elle nous rappelle que les femmes sont sensibles à la beauté en général. Beauté, réalité qui brouille nos sens et notre jugement, pas uniquement ceux des hommes. Et puis surtout, il y’a la gentillesse, qualité féminine par excellence. Peut-être que ces femmes (bien aidées par ce joli minois il est vrai) ont donné une chance à Chase parce qu’elles étaient gentilles et ne voulaient pas porter un jugement définitif sur lui. Ce petit cours de psychologie féminine, s’il met à mal quelques idéaux sur les femmes, n’en est pas moins d’une pertinence savoureuse, et totalement féministe.
Jesse Spencer est très bon dans cet épisode.

Il ne reste plus qu’à parler de Wilson, qui dans sa jeunesse s’est laissé aller à accepter un rôle dans un film pornographique où il jouait un elfe apprenant le plaisir à une nymphe (évidemment vierge) !! Branle-bas de combat quand House - dont l'addiction au porno frise le délire - le découvre : il met des affiches du film à l’hôpital et en parle à tout le monde. Toutes les scènes qui s’ensuivent sont autant de gags plus ou moins énormes. Mais le tout prend une tournure inattendue quand à son tour Wilson perce le secret de House : il lit un livre religieux !! Nous apprenons alors qu’il s’agit d’un livre écrit par le père biologique de House.



Révélation qui ouvre plusieurs portes : House est-il si malheureux de son sort qu’il a la faiblesse de chercher un réconfort religieux ? Il a beau le nier, nous savons qu’il souffre que personne puisse le comprendre, lui Dieu d’intelligence glaciale isolé par nature. Une manière d’apaiser son esprit ? Sans doute, mais il retourne bientôt dans son athéisme verrouillé. House voit plusieurs portes menant vers le bonheur sinon l’apaisement s’ouvrant à lui, mais il ne cesse de les refermer. Ce n’est pas encore le moment… Et puis, c’est une manière de mettre en évidence le désir de mieux connaître sa vraie famille, même s’il n’aura jamais le courage de lui parler. Une sorte de compromis tout à fait typique du personnage.


Infos supplémentaires :

- Aka. Relations virtuelles.

- Un patient a offert à Wilson un tapis de danse virtuelle.

- House regarde la chaîne des petits explorateurs et loue des films X. Il préfère louer des DVD X plutôt que d’aller sur le net car il y’a les commentaires du réalisateur. D’après lui, la mère de Wilson était une bombe, et sa photo lui sert de stimulus masturbateur. Humhum…

- Le véritable père de House serait un pasteur travaillant au ministère de l'Unité.

- Wilson a joué dans un film pornographique nommé Feral Pleasures dans sa jeunesse, étant ami avec le réalisateur. Toutefois, il avait une doublure corporelle pour les scènes explicites. L’honneur est (presque) sauf !

- La coupe d’or est un roman d’Henry James. C’est le livre préféré de Cameron.

- 13 a été amoureuse pour la première fois à 17 ans, d’un homme de 30 ans qu’elle qualifie de « gros nul ».

- Après Kurtwood Smith, c'est au tour de Laura Prepon de quitter That 70's show pour la série médicale.

- Un nouveau clin d’œil à Bryan Singer, ancien producteur de la série, avec une référence à Keyser Soze, le méchant insaisissable de Usual suspects. House a loué un DVD pornographique détournant le titre d’un film de John Ford (1941) : How green was my valley devenant How wet was my valley !! Enfin, les Imperial Stormtroopers font évidemment référence à Star Wars.

- Wilson et House - à la fin de l’épisode - entrent dans l’ascenseur de droite… et sortent par celui de gauche ! On remarque que dans Ignorance is bliss, on avait la même erreur (mais inversée).

- Les chansons de l’épisode sont Chasing pirates de Norah Jones, What’s it gonna be ? de The Dynamites, Sun is shining down de JJ Grey et Mofro, et Lochloosa de Mofro.


Acteurs :

Laura Prepon (1980) s’est fait connaître dès son tout premier rôle référencé, celui de Donna Pinciotti, un des personnages principaux de la sitcom That 70’s show (201 épisodes). Elle a aussi joué dans US Marshals, Médium, How I met your mother (3 épisodes), Castle, etc. Elle a des premiers rôles de séries comme dans October road (19 épisodes), Are you there Chelsea ? (16 épisodes), et Orange is the new black (13 épisodes en juin 2013).

Adam Rothenberg (1975) a joué dans les séries New York police judiciaire, New York section criminelle, Person of interest, Alcatraz, Elementary, etc. Il a joué un des rôles principaux de The Ex list (13 épisodes). Il est aussi comédien de théâtre.



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126. Trou noir

Message  Dearesttara le Jeu 4 Juil 2013 - 14:17

 6.16 Trou noir (Black hole) :



- Ca te génerait de mettre une serviette sous ta tartine de confiture ?
- Si tu achetais une table, je ne mangerais plus sur le canapé.
- Comme si ça t’arrêterait !
- Pas faux. Mais au moins, je n’aurais pas d’excuse.



Abby, 17 ans, a une attaque lors d’une conférence scolaire sur l’astronomie. Lors des examens, l’équipe constate qu’elle a des hallucinations. House décide donc d’enclencher un programme expérimental qui permettrait de décrypter ses visions et ses rêves, convaincu que la source du problème est là. Pendant ce temps, House pousse Wilson à décorer leur appartement encore vide, et Taub traverse une étape difficile : sa femme n’a plus confiance en lui…


Le scénario de Lawrence Kaplow laisse dubitatif. Le cas médical ne cesse de naviguer entre le trivial et l’inspiré, l’intérêt et l’ennui. Si la recherche onirique est une bonne idée bien menée, toutes les autres scènes médicales sont en mode automatique, délayage frustrant entre deux bonnes scènes. La chute finale est toutefois d’une violence sordide, d’une noirceur inattendue. Le couple Taub continue à nous laisser de glace par manque d’épaisseur et incursion maladroite dans le soap opera. Les auteurs auraient dû tirer un trait sur le terrain des « ships » qui ne convient ni à la série ni à leur talent. Heureusement, côté Hilson, le spectateur est comblé, car d’un banal problème (décoration d’un appartement), émergent via l'humour plusieurs réflexions philosophiques sur notre capacité à faire des choix. La réalisation à couper le souffle de Greg Yaitanes, et les effets spéciaux fastueux de l’équipe technique sont un plus non négligeable dans un épisode qui mise beaucoup sur le « visuel ».



Le cas aurait été bien plus intéressant si les personnages l’avaient été. D’autant que les scénaristes savent très bien donner aux figures adolescentes de beaux rôles que leur âge frivole ne semblait pas permettre. Mais Kaplow, tout occupé par son intrigue onirique, en oublie de développer ses personnages, simples stéréotypes aucunement émouvants (la scène de la bague est ridicule, même Dawson Leery n’aurait pas été si idiot). L’interprétation de Cail Frederichs, ainsi que celle de Nick Eversman (le petit ami) n’est guère satisfaisante non plus. L’enquête est trop bavarde, et House semble en panne d’humour dans cet épisode. C’est seulement lorsque hallucinations et rêves défilent sur l’écran que l’intérêt est relancé. Cela nous vaut de très beaux effets spéciaux, d’autant plus délectables que la série n’en use qu’exceptionnellement. La chute dans le trou noir est à donner le vertige par exemple. La tentative de description des rêves est passionnante, aboutissant à un twist final aussi cuisant qu’un coup de fouet, une des fins les plus perverses de la série, et un happy end encore une fois totalement faussé. Sur ce côté-là, la série continue à nous surprendre !

On remarque qu’à force de ressembler à House, Foreman commence à dépasser le maître : tout ce qui est irrationnel, non scientifique, Foreman le rejette, alors que House non. Il croit en la symbolique des rêves (autre titre de l’épisode) et est prêt à utiliser cette solution peu orthodoxe pour résoudre l’énigme. Le rigorisme de House en matière de rationnel est donc joliment amendé sans être contradictoire : tous les moyens sont bons pour triompher. Sur ce côté-là, House fait penser à Fox Mulder qui une fois épuisé toutes les possibilités rationnelles, se tourne vers l’irrationnel. L’épisode, mine de rien, nous rappelle que la solution à nos problèmes, notre bonheur, ne dépend que notre capacité à décrypter les messages de notre inconscient. La réponse se trouve dans nos rêves, expressions de nos désirs et de nos savoirs les plus importants (thèse reprise dans l’excellente Salle 47 de la série Alias).



L’histoire Taub se penche sur un grand fléau du couple en général : la confiance en l’autre. Rachel en a marre de ne pas voir assez son mari, de ne pas le voir assez attentionné, de le voir trop attaché à son travail, et soupçonne qu’il a une aventure. Encore une fois, Jennifer Crystal Foley et Peter Jacobson sont au top, mais ils sont impuissants à donner vie à leurs personnages dans le registre privé. Leurs histoires sont du remplissage inutile. Bon il y’a quand même quelques bonnes scènes comme le dialogue via smart phone qui dérape, ou House surprenant notre couple prenant du bon temps dans la voiture. Mais dans l’ensemble, cette historiette inoffensive n’apporte rien de concret, sauf à la toute fin qui soudainement fait passer un frisson glacé sur l’apparente résolution heureuse de leur dispute.

L’histoire Hilson est merveilleuse : sous la comédie, philosophie et émotion se tiennent la main tout le long. Ni House ni Wilson ne veulent décorer l’appartement, et chacun a des raisons tordues mais terriblement convaincantes. Wilson veut que House ne se considère plus comme un incruste pique-assiettes, qu’il ait le courage de « s’investir » dans leur cohabitation. A l’inverse, House déclare que Wilson, trop gentil et respectueux du goût des autres, n’a jamais imposé son territoire, n’a jamais laissé son empreinte dans les maisons où il a vécu (on en avait déjà eu un exemple quand Amber l’avait quasiment forcé à acheter un matelas dans Pour l’amour du soap, saison 4). Conclusion : ou il achète quelque chose, ou il admet « la vacuité de son existence ». Tout ça pour une décoration…



Cela entraîne une escalade loufoque avec des scènes de plus en plus hilarantes (le renvoi des meubles, le flirt avec la vendeuse…) avec à chaque fois un sous-texte pas si innocent que ça. House aime son ami profondément, et suivant son caractère, il le montre à sa manière, forçant Wilson à se regarder en face de lui-même. Lorsque Wilson veut mâcher le travail en appelant directement des décorateurs, House annule l’opération car cela ne représente pas les goûts de son ami qui laisse les autres décider à sa place (rappelant l’expérience de Protection reprochée, saison 2). House veut que son ami ait sa place (Tu peux pas t’en remettre à quelqu’un pour te définir). La scène du magasin est tragi-comique, Wilson n’arrivant à pas acheter un seul meuble parce qu’il ne sait pas ce qui lui plaît. Métaphore de son incapacité à savoir ce qu’il aime. Jusqu'au déclic. La scène finale avec l’orgue est d’une grande beauté : Son goût à lui, c’est ce qu’aiment ceux qu’il aime : si House aime l’orgue, alors Wilson aime l’orgue. Tout simplement sublime.


Infos supplémentaires :  

- Aka. La symbolique des rêves.

- La scène d’introduction rend hommage à deux films : Une question de vie ou de mort (1946) du duo Powell-Pressburger et Contact (1997) de Robert Zemeckis.

- Les trois pièces que joue Hugh Laurie à l’orgue sont : les premières notes de la Toccata en ré mineur BWV565 de Johann Sebastian Bach, l’ouverture du Fantôme de l’opéra d’Andrew Lloyd Webber, et A whiter shade of pale de Keith Reid et Gary Brooker. On entend à la fin de l’épisode cette même chanson par Procol Harum.


Acteurs :


Cali Friedrichs n’a jusque-là fait que dans des apparitions au cinéma et à la télévision.

Nick Eversman a joué dans la brève série Missing (10 épisodes) et est apparu dans Les Experts : Miami et NCIS. Mais il semble pour l’instant être plus intéressé par le grand écran qui constitue l’essentiel de son début de filmographie.





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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Jeu 4 Juil 2013 - 14:38

Ouf, à la lecture du titre j'ai failli croire que l'épisode était consacré au département de proctologie. affraid 

Blague à part, très bonne critique, comme toujours ! cheers 
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Jeu 4 Juil 2013 - 15:35

Estuaire44 a écrit:Ouf, à la lecture du titre j'ai failli croire que l'épisode était consacré au département de proctologie.

Les risques du métier ! Laughing Remarque, un jour House a menacé un patient trop bavard de lui faire un toucher rectal. Le gars il a plus pipé mot ensuite. Razz

Merci, E44. Je vais essayer de boucler la saison pour jeudi prochain, puisque je pars vendredi.
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Re: Série "Dr House"

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