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Série "Dr House"

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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Ven 7 Fév 2014 - 17:29

Bel exploit alors que les séries médicales dans leur ensemble son souvent critiquées pour leurs approximations!  hi

En lieu et place du cobalt, je me souviens que Scrubs décrivait cette fois une auto-intoxication au cuivre, au diagnostic particulièrement difficile (maladie de Wilson), dans l'épisode très spécial qu'était My Princess. JD et Cox et accomplieront peut-être un jour la même performance !

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145. Comme à l'école

Message  Dearesttara le Ven 28 Fév 2014 - 11:11

Allez, je reprends la saison 7, et on ne s'arrête plus cette fois !


7.13 Comme à l’école (Two stories) :


Si le porno était immoral, il y’aurait pas autant de bonnes sœurs là-dedans.


En attendant d’être convoqué par la directrice d’une école primaire en raison de « quelque chose » qu’il aurait commis, House discute avec Gabe et Colleen, deux jeunes enfants de 10 ans à la relation conflictuelle également convoqués. Les deux enfants demandent à House de raconter comment il en est arrivé là : House leur raconte la conférence qu’il a donné à une classe de l’école sur son métier de médecin, mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu...


Quand Dr.House rencontre Pulp Fiction

On les avait oubliés depuis la saison 6 : revoici les épisodes « conceptuels ». Two stories est une surprise rafraîchissante car s’appuyant sur une narration non-linéaire, alternant avec célérité trois niveaux temporels. Thomas L.Moran s’amuse à semer des dialogues foldingues grâce non seulement à House, mais aussi à ses deux jeunes interlocuteurs, à l’intelligence précoce mirobolante. On a déjà croisé des enfants improbablement matures pour leur âge dans la série, mais on assiste à une sorte de couronnement avec ces deux « Mafalda ». House adorant faire des délires quand il prend la parole en public (rappelez-vous de Cours magistral en saison 1), sa conférence est bourrée d’humour ubuesque. Le Huddy, qui se faisait discret depuis quelque temps, fait un retour dramatique fracassant. On sent que la fin du couple est proche. Avec une adresse sans pareil, l’auteur parle avec brio du Huddy en s’appuyant sur le couple formé par les deux enfants, parfait miroir de cette relation si orageuse. Une méthode qui n’est pas sans rappeler Le roi de la pluie, un épisode de la saison 6 d’X-Files qui s’appuyant sur un couple, radiographie le couple Mulder-Scully. Un épisode « décalé », malin, hilarant, pessimiste. Encore un pari réussi !



Le timing déstructuré dynamise le récit en faisant appel à toute la compréhension du spectateur. La première moitié rappelle ces échappées sous poudre blanche auxquelles la série se livre de temps à autre. House fait une conférence à une classe d’école primaire. Fan de cinéma, il improvise des histoires hilarantes, mais se fait à chaque fois reprendre par un jeune garçon extraordinairement cinéphile : House rejoue une scène de Pulp Fiction, prend le déguisement de Thomas Crown, se prend pour Le Canardeur… puis parle d’une patiente qui a des problèmes de vibromasseur (devant je le rappelle une classe de primaire), ou cite le cas dont il est en train de s’occuper : un patient a craché littéralement un de ses poumons !!! On apprécie aussi les avances sexuelles énormissimes de Chase et Taub sur une jolie infirmière sous les yeux effarés de Masters... Cet happening burlesque est rythmé par les nombreuses fausses sorties de House qui sait à merveille comment manipuler son public, en ne révélant jamais d’entrée de jeu le dénouement de ses histoires. House sème un foutoir cosmique dans la classe, culminant quand il commet une gaffe en fin de parcours.



Mais Moran s’écarte bientôt de la conférence pour se concentrer sur le Huddy. Pour cela, il utilise ce couple d’enfants, Gabe et Colleen. D’entrée, disons que les surdoués Logan Arens et Haley Pullos nous livrent d’étonnantes performances ; en particulier la jeune Haley, tordante en peste autoritaire. Les deux jeunes enfants sont d’une maturité délirante ; ainsi la stratégie psychologique de Gabe pour obtenir un baiser de Colleen est tout droit sortie de L'art de la manipulation, édition revue et augmentée par Gregory House ! Leur relation a tout du chat et de la souris : trop orgueilleux pour s’avouer leurs sentiments respectifs, nos deux amis se chamaillent continuellement, au menu des scènes enfantines plus pimentées que l’habitude. Gabe est un garçon doux et galant, mais aux dons d’observation immenses. Il est sûr des tendres sentiments de la revêche, ce que cette dernière nie avec trop de force pour être convaincante. Colleen vole le show par son énergie irrépressible, dirigeant tous les débats. Comme elle se montre fine analyste du comportement humain, elle tient à la fois de Cuddy et de Wilson, en retournant les armes psychologiques de House contre lui, ou en doutant de sa maturité. Paradoxalement, les jeunes enfants, malgré leurs chamailleries, se montrent plus adultes que House. Les dialogues de ce trio étincellent continuellement, entre passe d’armes psy et humour franc du collier. Le cas n’est qu’un prétexte mais son dénouement est comme toujours original. House trouve la solution… en regardant une affiche de spectacle pour enfants !



Cuddy veut faire une pause dans sa relation avec House. Motif : House refuse de sortir les poubelles, et utilise la brosse à dents de Cuddy. Bon, creusons maintenant sous ses prétextes volontiers ridiculement drôles, et notre rire commence à jaunir. Cuddy se rend compte que House ne pense qu’à lui, ne se soucie pas de ses besoins. Leur nouvelle relation n’y a rien changé. Grâce aux allers-retours dans le passé et le présent, cette histoire ne livre ses secrets qu’au compte-gouttes, dans un suspense superbement tenu. House est en réalité incapable d’écouter, d’être attentif à sa compagne. Et lorsqu’il veut l’aider, il est d’une maladresse confondante. Les pérégrinations absurdes de l’ordinateur de Cuddy peuvent en témoigner. Quant à l’échange de procédés avec Sanford Wells, l’ambiguïté brise la bonne volonté de House : le service qu’il veut rendre à Cuddy, le fait-il vraiment pour elle, ou n’est-ce qu’un moyen de se rapprocher d’elle ? House lui-même et le spectateur n’ont pas la solution. Comme La mécanique de l’espoir le confirmera, House n’est à l’aise que dans les jeux de conflits, et ne peut vivre sa relation avec Cuddy que de cette manière (on pense à Clair de Lune). Le parallèle avec le duo d’enfants est évident. Gabe met fin au jeu de séduction retors avec Colleen, tandis que House fait son mea culpa, sincère pour une fois, devant une Cuddy émue qui lui pardonne. Le Huddy continue, mais cette nouvelle crise est sans appel : ses minutes sont comptées. L’émotion et la psychologie sont omniprésentes, et le final est magnifiquement mélancolique, aux sombres augures.


Infos supplémentaires :

- House mesure 6.2 pieds (1m88).

- D’après sa carte d’identité, House est né le 15 mai 1959. C’est en contradiction avec House à terre, où nous apprenions qu’il était né le 11 juin (la même date que Hugh Laurie).

- Cuddy a 4 caries.

- House cite sa devise « Everybody lies » à la classe. Un enfant lui demande si dans ce cas, il est en train de mentir. House lui répond, « je ne mens pas tout le temps, Aristote ! ». Il s’agit d’une référence au paradoxe du menteur (déjà évoqué dans le finale de la saison 1) : si on dit « je suis un menteur », dit-on la vérité ou non ? Si la phrase est vraie, on a menti donc la phrase est fausse ; si la phrase est fausse, alors on a bien menti, et la phrase est vraie ! La solution d’Aristote pour éviter le paradoxe est qu’il n’existe pas de menteur absolu systématique, et que le menteur du paradoxe exprime une assertion relative (et non plus absolue : le menteur ne ment pas toujours).



Acteurs :

Logan Arens (1996) ne joue qu’occasionnellement sur les écrans. Son rôle dans cet épisode est actuellement son dernier référencé.

Haley Pullos (1998) joue fréquemment à la télévision depuis qu’elle a 9 ans. Son rôle le plus important est pour le moment celui de Molly Lansing dans 245 épisodes du soap opera Hôpital central. On l’a vue dans d’autres séries comme Moonlight, Ghost Whisperer (2 épisodes), Dollhouse (2 épisodes), etc.



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146. Les temps sont durs

Message  Dearesttara le Sam 1 Mar 2014 - 13:51

7.14 Les temps sont durs (Recession proof) :



J’ai besoin d’infos sur le gala de charité. Si j’y vais, est-ce que j’suis obligé de leur filer d'l’argent ?



Bert, la quarantaine, a perdu son travail suite à la crise économique, mais n’en a rien dit à Diane, sa femme. Il survit en nettoyant des scènes de crime. Lors d’une soirée avec Diane, il a une crise, devenant le prochain cas de House. Pendant que Masters, sous le patronage de Chase, apprend à s’endurcir, Wilson parie que House ne sera pas présent au gala de charité célébrant les 15 ans de service de Cuddy…


Cet épisode ne parvient pas à utiliser son thème de départ : les vertus et les vices du pieux mensonge. John C.Kelley a en effet la peu judicieuse idée de convoquer tous les clichés hospitaliers : de l’épouse larmoyante au bon docteur mentant pour réconforter ses patients, en passant par les petits conflits gentillets entre collègues. L’auteur hésite également sur la conduite à tenir concernant Masters. La doctoresse apprend simultanément à devenir plus dure… et plus conventionnelle. L’épisode est sauvé de justesse par son cruel twist final, et ses dernières scènes, à la fois tragiques et pleines d’espoir pour le Huddy. Un espoir violemment brisé dans l’épisode suivant, faisant de la fin de Recession proof une des plus éclatement trompeuses de la série.

L’inspiration médicale semble avoir pris des vacances, car nous avons encore une enquête accusant de sérieux signes de faiblesse. La dégradation inévitable de l’état de Bert aurait pu nous émouvoir, mais les dialogues insipides des médecins, débités à un train de sénateur, détruisent toute impression d’urgence. Les vannes de House ont été remises au vestiaire. Bonne idée toutefois que House serrant fort dans ses bras une Masters qui fait son Sherlock Holmes ! Bert est certes bien joué par Adrian LaTourelle, mais ne fait que se lamenter sur son sort, enfermé dans la figure du pauv’mari qui veut pas dire à sa femme la sinistre vérité. Dans le domaine Everybody lies, la série nous a offert beaucoup mieux. Diane la pleureuse qui dit un truc pour aussitôt le regretter l’instant d’après, est une grosse bonbonne tire-larmes, même s’il faut reconnaître à Ashley Jones, actrice de soap, un talent évident. On atteint le sommet (ou plutôt le fond) quand elle dit à son mari comateux qu’elle est enceinte. Super, ça manquait justement de bouillon. On en apprécie que plus le terrible coup du destin qui frappe à la porte de l’hôpital, avec une fin désespérée qui renoue avec le meilleur de la série.



« L’éducation » de Masters par Chase va un peu trop loin. L’intérêt de la nouvelle recrue est qu’armée de ses valeurs opposées à la team, elle offre une alternative satisfaisante. La voir accepter de se plier aux règles plus Housiennes de Chase est donc un contresens. Il est certes surprenant de la voir se décider enfin à mentir aux patients, de ne plus les croire sur parole… mais ce n’est pas le personnage. Le twist final a la qualité de rappeler que les valeurs de Masters, plus humanistes, fonctionnent aussi, mais laisse penser que les valeurs de Chase, vétéran de l’équipe, sont inférieures à celles de l’étudiante. Si Masters n’avait pas écouté Chase, elle n’aurait pas accentué les faux espoirs de l’épouse, et rendu plus douloureux la révélation terminale. La série semble ici se renier pour le seul plaisir de la virtuosité. Chase défendant également certains aspects du bon docteur compatissant est en contradiction avec l’ADN de la série, lui qui est là depuis le début. Du côté de Foreman et Taub, quelques frictions font très « disputes de couple », mais on est loin de l’alchimie de son évident modèle : House et Wilson.



Malgré quelques gags comme House auditionnant des mariachis, le Huddy prend une tournure de plus en plus dramatique. Le pari de Cuddy délégué à Wilson est drôle en apparence, mais ne l’est pas en vérité : Cuddy a si peu confiance en son petit ami qu’elle se croit obliger de l’appâter avec de l’argent pour qu’il vienne. House déraille totalement à la fin. Lui qui n’était jamais chagriné de la mort d’un patient, se saoule à cause de son échec. Ce qu’on ressentait depuis Selfish se réalise : son amour pour Cuddy l’a rendu trop sensible, plus compatissant. L’affectif a désormais infecté son génie médical qui ne marchait que grâce à son absence d’émotions. Une « rétrogradation » menée de main de maître. Cette déchéance du personnage, que Hugh Laurie donne à voir avec une violence psychologique puissante, trouve un aboutissement avec la terrible décision de House : loin de vouloir rompre pour retrouver son objectivité, il choisit l’amour, il choisit Cuddy. La scène est ambiguë : c’est l’unique déclaration d’amour de House de toute la série, elle est bouleversante, mais il est ivre. La question est : l’alcool a-t-il embrumé son esprit, ou bien in vino veritas ? Kelley laisse au spectateur (et à Cuddy) le soin de décider. Un final ouvert qui clôt brillamment un épisode pourtant mineur.



Infos supplémentaires :

- Cuddy est depuis 15 ans à Princeton-Plainsboro. Elle y est donc bien entrée à 29 ans comme mentionné dans Chacun sa croix.

- Dix-neuvième échec de House. Son patient meurt quelques secondes après qu’il ait trouvé le diagnostic final.

- Masters et Chase surnomment Taub et Foreman "Bert et Ernie" les deux poupées du Muppet Show.

- Petits problèmes de montage quand Masters communique avec le patient par écrit : on ne la voit pas écrire assez pour qu’elle ait pu réellement écrire toutes ses phrases.

- L’orchestre mexicain interprète une célèbre chanson folklorique : La Raspa.



Acteurs :

Adrian LaTourelle est la voix d’Unalaq dans la série animée The Legend of Korra. L’acteur a par ailleurs joué dans quelques séries comme Numb3rs, Boston Justice, FBI portés disparus, Esprits criminels, NCIS : Los Angeles, Sons of anarchy (4 épisodes), The Closer L.A (4 épisodes), Castle, etc.

Ashley Jones (1976) est connue pour sa participation étendue à deux grands rôles de soap operas : Megan Dennison dans Les feux de l’amour (153 épisodes), et le Dr.Bridget Forrester dans Amour, gloire, et beauté (782 épisodes). On l’a également vue dans Dr.Quinn femme médecin, FBI portés disparus, Preuve à l’appui, Les Experts, Les Experts : Manhattan, Flashforward, Mentalist, True Blood (8 épisodes), Private Practice, Bones, 90210 nouvelle génération (3 épisodes), etc.



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147. Comme dans un mauvais film...

Message  Dearesttara le Dim 2 Mar 2014 - 10:53

7.15 Comme dans un mauvais film… (Bombshells) :



- J’ai l’impression de sortir avec un gosse de 10 ans.
- A un GROS détail près.


Cuddy devient patiente de son propre hôpital après avoir pissé du sang. House, tourmenté par une possible aggravation de son état, laisse son équipe traiter le cas de Ryan, un jeune adolescent pas si recommandable qu’il en a l’air. Mais de son côté, il ne trouve pas le courage de soutenir sa petite amie. Cuddy fait plusieurs cauchemars délirants : elle sent que son subconscient lui envoie un message ; mais lequel ?…
 
Cet épisode, un des plus mauvais de la série, hésite entre plusieurs voies, et finalement picore un peu partout. Malchance du tonnerre pour Liz Friedman et Sara Hess : leurs choix narratifs se montrent tous incompatibles entre eux, produisant un épisode hybride, sans direction stable, dont l’alternance comédie/humour est pour une fois crispant. Le choix de Cuddy comme patiente du jour aurait pu être intéressant (surtout après les réussites d’Euphoria et House’s head/Wilson’s heart), mais les auteures tiennent absolument à nous servir un autre cas médical parallèle (en plus assez foireux) : l’attention se disperse, et le cas Cuddy, joint aux inquiétudes de House n’a pas le temps de se développer. Bombshells s’essaye aussi à l’épisode « décalé » en insérant des parodies de films, de séries, et de comédies musicales, dans les cauchemars du duo central. Mais un épisode décalé ne peut marcher que s’il l’est de bout en bout ; ici, ça ne prend que sept-huit minutes en tout. De plus, cette louche gratuite de burlesque - par ailleurs assez inégale - se marie mal du drame de l’ensemble. Enfin, le Huddy s’écrase en fin de parcours avec un prétexte qui a du mal à passer, là où Need to know (saison 2) avait donné une superbe porte de sortie au Houcy. C’est dommage car en elle-même, la scène finale est d’une foudroyante beauté noire. C’est une manie chez Dr.House : les épisodes les plus exécrables se terminent souvent en beauté, comme un réflexe salvateur.



Par un curieux effet miroir, nous sommes comme House tellement préoccupés par Cuddy que Ryan ne suscite aucun intérêt de sa part comme de nous. Que ce soit House qui trouve une partie de la solution montre de plus que l’épisode n’est même pas allé jusqu’au bout de son postulat visant à séparer les deux intrigues. L’équipe livrée à elle-même tâtonne pesamment dans ses diagnostics ratés, secs, sans saveur Housienne ajoutée. La figure de l’ado modèle loin de l’être est taillée à la hache (drogues, bombes), avec parents largués clichetonneux et sujet caricatural de rigueur. Le dilemme de Taub : dois-je prévenir la police que j’ai un « ado à risque » ou laisser le bénéfice du doute ? est à peine présenté qu’on en arrive à la décision sans débat éthique intermédiaire. Un nœud narratif mort-né. Le twist final aussi ironique que moral qu’un twist de La Quatrième Dimension, et le faux happy end sont plutôt bons ; mais à ce moment-là, l’épisode a coulé depuis longtemps.



Cuddy est si inquiète qu’elle fait quatre cauchemars, et House, un. Ces cinq bouffées de délire entachent la teneur dramatique de l’ensemble. Les deux premiers délires sont réussis, le premier est un pastiche de Mon oncle Charlie (la sitcom la plus regardée des années 2000) ; pour le coup, c’est plus réussi que la parodie de Cheers dans Scrubs. Le deuxième cauchemar avec House qui dégomme des morts-vivants au kilomètre (hache, fusil, laser…) fait penser à une version de Resident evil sous acides jouissive. On sera moins enthousiaste au pastiche pas drôle de Butch Cassidy et le Kid et de la sitcom Leave it to Beaver. Le dernier rêve, pastiche trop long de comédie musicale, sombre dans une vulgarité débile. House et Cuddy ont certes de belles voix, mais leur spectacle psychédélique filmé par un Greg Yaitanes défoncé est absolument irregardable. Une débauche d’effets spéciaux et de décors d’une rare laideur, et une chorégraphie simiesque. On se situe vraiment loin des grands moments musicaux de Buffy ! Chaque rêve a un message psychologique : le cauchemar de House voyant Cuddy dévorée vivante symbolise sa peur qu’elle meure ; le rêve en Noir et Blanc, trop beau pour être vrai, symbolise les chimères de Cuddy qui se rend compte que House ne sera jamais comme elle le souhaiterait ; le western, l’abandon de House, laissant Cuddy seule face à une mort certaine devant les méchants armés ; tandis que Get Happy est une chanson sur la Mort en tant que délivrance, ce qui se passe de commentaires. Conclusion de tous les rêves : House est lâche devant la douleur physique ou émotionnelle, et ne peut accompagner Cuddy. Malheureusement, les rêves forment un contraste décalé qui se marie mal au contexte.



Le cas de Cuddy marche par à-coups : il ne se passe rien, puis rebondissement, puis rien, puis rebondissement, puis rien, etc. Ce n’est pas vraiment un cas médical, un comble pour la série ! Cuddy attend vainement que House aille la voir, ce qui donne des scènes assez creuses : lenteur qui confine à la torpeur languide, émotion qui ne marche pas, suspense aux abonnés absents… Il s’agit en fait d’une préparation à la rupture de Cuddy. Le motif a été moqué par certains fans : elle le quitte à cause d’un comprimé de Vicodin, mais en fait ce n’est que la goutte d’eau faisant déborder un vase que House a rempli de sa peur de souffrir, de son refus des côtés négatifs inhérents à chaque vie de couple. La scène distille une vraie émotion : Lisa Edelstein en bourreau victime nous donne à voir tout le déchirement de Cuddy, acculée à une décision qu’elle aurait ne jamais voulu prendre. Hugh Laurie, dont on a l’impression qu’il reçoit le ciel sur la tête, fait comme d’habitude une composition surpuissante. Le sursis de House est désormais terminé. Le plan final, épanadiplose cruelle du finale de la saison 6, mais sans Cuddy salvatrice, voit House sombrer à nouveau. Un final noir, qui finit avec un sens de la tragédie consommé le navet certifié de la saison.


Infos supplémentaires :

- Cuddy obtient finalement une maladie : Un cancer bénin. Le cas du patient est pour une fois moins important. House et Cuddy rompent.

-  L’épisode commence par un générique à froid. Le nom d’Olivia Wilde, encore absente, peut ainsi être retiré des « crédits » d’ouverture.

- Un mois s’est écoulé entre Family practice et cet épisode.

- Chase lit que Tom Cruise s’est marié dans le magazine que Cuddy feuilletait. L’épisode se déroule en 2011, or Tom Cruise s’est marié avec Katie Holmes en 2006, le magazine date donc d’il y’a cinq ans. On comprend le regard entendu que s’échangent Chase et Cuddy : l’hôpital doit avoir quelques retards de livraison !

- Taub est fan de Dr.Who première série.


Acteurs :

Brett DelBuono (1992) joue dès son plus jeune âge sur les deux écrans. Il est surtout connu pour avoir joué Ben Banks, un des rôles principaux de la courte série The Cleaner (17 épisodes) et Dylan de Miss Behave (22 épisodes). On l’a vu par ailleurs dans NCIS : Los Angeles, Les Experts : Miami, Private practice, Weeds, Mad Men, etc.

Emily Hahn (2000) commence sa carrière dans le doublage de films d’animation et de jeux vidéo, et d’apparitions dans quelques séries comme Hawthorne infirmière en chef, Brothers & sisters, Falling skies, etc.


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148. Passer le cap

Message  Dearesttara le Lun 3 Mar 2014 - 21:32

7.16 Passer le cap (Out of the chute) :



Veillez à ne pas flinguer les doigts de pied pendant que vous faites sauter le cœur !


Largué par Cuddy, House enchaîne call-girls et Vicodin, mais semble étonnement lucide, compétent… et pas du tout malheureux. Il supervise à distance le cas de Lane, la trentaine, champion de rodéo qui a eu une paralysie temporaire peu après son passage. Taub se moque de Masters, qui semble avoir le béguin pour Lane…

Out of the chute
a l’excellent mérite de surprendre le spectateur en évitant la répétition. Les précédentes ruptures de House (Stacy et Lydia) l’avaient déprimé, mais ici il semble se porter comme un charme. Comment se sent-il intérieurement ? Thomas L. Moran et Lawrence Kaplow alternent passages de pure euphorie et moments plus dramatiques, curseur cependant axé sur les premiers. La chute (aux deux sens du terme !) finale, intelligente, révèle la capacité des scénaristes à jouer avec toujours autant de maîtrise sur le terrain psychologique. On retrouve les échanges psy House-Wilson, et le cas médical a un certain intérêt, ce qu’on avait pas vu depuis longtemps. La saison démarre sa seconde partie sur des bases fermes.

Le nombre dément de plaques métalliques insérés dans le corps de Lane, habitué des accidents, oblige les docteurs à faire des opérations très agressives. La scène de l’IRM où il cuit littéralement sous nos yeux est assez dérangeante, la scène de « découpage » de crâne est pas mal dans son genre, et l’opération à cœur ouvert finale est bien sanguinolente et d’une longueur peu commune. Le cas est d’autant plus intéressant que le patient est philosophe et solide : il contraste avec les victimes impuissantes des derniers cas. Il subit sans peur ses multiples rendez-vous avec la mort, et surtout se montre d’un optimisme certes douloureux mais surprenant. Quand il apprend qu’il ne pourra plus exercer sa passion, il refuse de s’apitoyer et se dit qu’il trouvera une autre passion.



Par là, Moran et Kaplow nous donnent une leçon de vie : il ne faut pas sous-estimer la capacité pour un homme de « rebondir » après une chute : une porte claque, on peut en trouver une autre, même si on pensait qu’il n’y en avait qu’une. Cette force d’âme touche House, qui lui aussi est confronté à un problème analogue : la destruction de sa « passion » amoureuse envers Cuddy. Cela anticipe un peu sur ce que sera la grande force de la saison 8 : son symbolisme omniprésent. L’attirance qu’éprouve Masters pour son patient donne quelques scènes comiques, notamment celle où elle justifie son attirance par son cortex préfrontal devant un Taub sarcastique, ou demande carrément au patient de sortir avec elle… avant de prendre la fuite ! Contrairement aux gros sabots de l’amourette ridicule de Cameron dans Être ou paraître (saison 2), c’est léger, sans prétention. En homme ébranlé mais qui tient tête, Chad Faust fait un excellent travail. Amber Tamblyn, en femme tentant de réprimer ses élans sexuels, est assez fondante aussi.

Nous avions quitté House en loques, seul, avalant de la Vicodin. Le voilà maintenant à l’hôtel, souriant, joyeux, festif. Un burlesque comique de répétition le voit avec une prostituée différente toutes les cinq minutes (le directeur de casting s’est visiblement lâché !). De plus, chacune des filles a une particularité : House joue à Guillaume Tell (arbalète et pomme) avec une des filles - scène comportant une hilarante farce - une autre crie à l’équipe « Bande de nuls ! », une autre joue de la vielle à roue (!!)… House explose sa carte de crédit également en petits-déjeuners luxueux, massages… et fait même en profiter Wilson. Preuve si besoin est que House lui montre son affection de manière cette fois plus directe, loin de ses aides « tordues » précédentes.



Cette poursuite à tout prix des plaisirs des sens ne masque pas des moments plus graves comme les toujours pertinentes explications de texte de Wilson, ou House seul au comptoir du bar. Mais dire que ces dehors « funs » sont un paravent à son cœur meurtri n’est pas exact, car House est capable de gérer le cas brillamment, sans difficulté. Et lorsqu’il affronte Cuddy, il a l’avantage en revenant à la figure type de l’employé subversif. Ainsi, un malaise saisit le spectateur, qui ne sait pas ce que pense son héros. A la différence de Cuddy, encore enchaînée à sa prison de larmes. Ces virages entre joie et drame sont très bien entrelacés, et culminent dans une scène finale, un des plus sinistres happy end de la série : House ne s’est jamais senti aussi bien, mais on comprend qu’il a en fait enterré et non dépassé la souffrance de son cœur. Il croit qu’il va surmonter son chagrin non en le combattant, mais en l’oubliant. La phase « Vicodin et putes à gogo » était la première partie de son plan. Ironie maximale : House a quitté le « sursis » de l’intermède Cuddy pour en tomber dans un autre : celui de la négation de la douleur. House dans les épisodes suivants va trouver de nouveaux expédients pour servir son plan, mais doute-t-on encore une fois de son futur échec ? Tous ses sentiments négatifs bouillonnent en lui, et attendent d’exploser au bon moment. Un brillant épisode psychologique.




Infos supplémentaires :

- House s'absente encore de l'hôpital pour la deuxième fois au cours de la saison. La première était chez Cuddy, ici il se trouve dans une chambre d'hôtel.

- Martha tombe amoureuse de son patient pour la seule et unique fois.

- Référence à Forrest Gump vers la fin quand House saute de la rambarde.



Acteurs :

Chad Faust (1980) joue dans des courts-métrages et dans des séries télévisées. Il est surtout connu pour avoir été Kyle Baldwin dans 33 épisodes de la série Les 4400. On l’a vu notamment dans Smallville, Les Experts, Les Experts : Miami (2 épisodes), Les Experts : Manhattan, Heroes (2 épisodes), Cold Case, etc.


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149. Stupeur et consternation

Message  Dearesttara le Mar 4 Mar 2014 - 21:00

7.17 Stupeur et consternation (Fall from grace) :



- Vous pourriez éviter de prendre de la Vicodin devant moi ?
- Ca va être dur, Masters. Si j’en prends, c’est d’abord à cause de vous.


Un SDF de 23 ans a un odorat détérioré. A l’hôpital, l’équipe se rend compte qu’il ment à chaque question qu’il pose, cela pour préserver un secret qu’il ne veut dire à personne. House, accompagné d’une ravissante slave à Princeton-Plainsboro, lâche une bombe : il va… se marier !!!


Les scénaristes ne chôment pas. A peine une bombe lâchée (Cuddy quitte House), voilà qu’ils en font exploser une seconde, et celle-là pas piquée des hannetons : le mariage (blanc) de House !! John C. Kelley, décidément le plus prometteur des nouveaux auteurs de la série, s’amuse comme un gosse à imaginer House et Dominika (l’heureuse élue) en train de faire les 400 coups pendant les diagnostics différentiels. Le charme polonais et souriant de Karolina Wydra (à l’accent pittoresque) donne beaucoup de fantaisie à ce personnage délicieux. Au-delà de cette petite folie douce, le cas médical est très intéressant à regarder, avec un patient mystérieux dont la relation avec Masters permet des échanges chaleureux loin du pessimisme habituel de la série. Mais le twist final hurle d’un rire méchant dans les dernières secondes, fracasse à la dynamite le happy end, laissant le spectateur choqué.

Le cas retrouve une partie du souffle dramatique des premiers épisodes de la saison : échanges médicaux plus vifs, réalisation nerveuse, diagnostics frais et décalés avec les multiples délires Housiens. Le patient n’est pas approfondi, mais Chris Marquette lui donne plus d’épaisseur par son interprétation énigmatique et introspective, semant tous ses mensonges alors qu’on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Le courant passe admirablement bien avec Amber Tamblyn, et il ne faut pas s’en étonner ; tous deux furent personnages principaux d’une série deux ans durant. Leurs échanges tout en mansuétude équilibrent la balance plus dramatique de la dégradation du patient. Leurs dialogues sur la question d’une seconde chance offerte par le destin (ou par Dieu) interpellent directement le spectateur, car c’est un sujet universel : la thèse de Kelley est que tout événement se produit pour une chose précise, et que quiconque traverse une ordalie douloureuse doit comprendre qu’il s’agit d’une occasion de s’améliorer… sauf que cette morale, ce n’est pas lui qui en fera l’expérience mais bien Masters, qui finit KO debout en recevant le twist final, conséquence d’une règle hélas bien plus Housienne : Everybody lies ! Un cas de très bonne main.



House va se marier avec une sans-papiers pour lui donner une carte verte (équivalent du passeport aux USA) ; en échange, elle s’occupera 4 fois par semaine de la maison de son « mari », qui compte ainsi économiser de coquettes sommes ! Pas d’exploitation de la misère : Dominika « aime bien » House, qui lui laisse toute sa liberté. En défendant le mariage blanc, la série va à l’encontre du politiquement correct, mais ce n’est pas une nouveauté… L’exubérance de la belle Dominika est si communicative que même la team se laisse aller, comme quand elle masse House et… Foreman en plein travail ! Nos deux amis transforment la chapelle de l’hôpital en salle de réception, font une bataille d’hélicoptères miniatures, jouent au ping-pong avec Chase et Foreman, ou bien supplient Cuddy tout en se moquant implicitement d’elle de signer un papier pour l’assurance maladie de la fiancée. On retient aussi Wilson qui croit (comme nous) surprendre House recevant une fellation de Dominika. On a parfois l’esprit mal tourné, hein ?



Cette nouvelle explosive ne semble pas atteindre Cuddy qui fait comme si c’était normal, mais en fait, elle souffre de sa culpabilité. Elle est celle qui a rompu, donc pour se racheter, son inconscient accepte toutes les folies de House. Dans son orgueil, elle refuse de l’admettre. Cette source grave donne selon la recette de la série des scènes assez foldingues, typiques de John C. Kelley : extorsion d’une télé écran plat, ballade en trottinette électrique de 3m, et surtout diagnostic différentiel dans un monster truck avec sono métal à fond les enceintes !!! House profite de la faiblesse de Cuddy, or il n’a jamais exploité la faiblesse de quelqu’un, comme le lui rappelle Wilson. La raison est évidente : House n’est pas guéri de sa rupture, et veut faire souffrir la cause de ses malheurs. Il faudra que Wilson (toujours superbe Robert Sean Leonard) remonte les bretelles de Cuddy pour qu’elle en prenne conscience, et resserre la bride de son ex. Cela ne l’empêche pas de craquer pendant le mariage de House. Tous ses moments sont très humoristiques pour la plupart, mais leur origine est un déchirement sentimental affectant les valeurs morales mêmes des personnages. La formule de la dramedy continue de marcher.



Même si ce mariage n’est qu’une farce, Dominika n’est pas insensible au charme de House et propose de « consommer » leur union. Mais House la repousse via une pirouette assez fielleuse, lui qui n’a jamais dit non à des relations sexuelles ! Qu’en conclure ? Que House, non guéri de Cuddy, ne se sent pas prêt à partager le lit d’une autre femme avec qui il a une relation non dirigée par l’argent ? Ou que ses principes l’empêchent de passer une nuit avec une femme pour lequel il ne ressent pas d’attirance ? Ou bien, parce qu’il renforcerait ainsi son lien avec elle, et qu’il ne veut pas la faire souffrir, comme il le fait avec toutes ses compagnes ? Peut-être un mélange des trois. Dans tous les cas, il le fait par noblesse d’âme, mais cela nous vaut à Dominika de quitter provisoirement la série sur un visage déçu et triste. La complicité entre Hugh Laurie et Karolina Wydra est manifeste, et rend crédible cette histoire qui ne devrait pas l’être. Un bien bel épisode.


Infos supplémentaires :

- Premier épisode avec Dominika Petrova, jouée par Karolina Wydra. L’épouse de Gregory House jouera dans en tout six épisodes de la série, y compris le final Tout le monde meurt (saison 8 ). On ne la reverra toutefois pas avant le milieu de la saison 8.

- Taub a une passion pour le hockey qui sera confirmée dans la saison 8.

- Chris Marquette et Amber Tamblyn avaient déjà travaillé ensemble en tant qu’acteurs principaux de la série Joan of Arcadia. Marquette jouait d’ailleurs le petit ami de Tamblyn ! Mentionnons que la série fut créée par Barbara Hall, ancienne scénariste de Clair de Lune.

- House mentionne les Champs Elysées.

- Masters n’a jamais vu le film La folle journée de Forrest Bueller, film populaire en Amérique. En VF, la référence devient Forrest Gump, film plus connu en France.

- Quand House se dirige vers Cuddy en trottinette, il siffle le 1er mouvement de la 40e symphonie de Mozart.



Acteurs :

Karolina Wydra (1981) commence par le mannequinat, et fait une apparition dans une des publicités Nespresso (avec Georges Clooney). Depuis, elle joue dans plusieurs films notables (Soyez sympas rembobinez, Crazy stupid love…) et dans des séries télévisées : New York section criminelle, Justified, True blood (8 épisodes), etc. Son rôle de Dominika Petrova reste toutefois son plus connu.

Chris Marquette (1984) a d’abord été un enfant mannequin, avant de se tourner précocement vers la comédie. Il est surtout connu pour avoir été Adam Rove, un des personnages principaux de la série Le Monde de Joan (44 épisodes). Il fut aussi le personnage récurrent de Marc Delgado dans 31 épisodes de la série La vie avant tout. Mais il a aussi participé à Saturday night live, Beverly Hills, New York police judiciaire, Une nounou d’enfer, 7 à la maison, Urgences, Boston Public, Weeds (2 épisodes), Esprits criminels, Hawaï 5-0, etc. Depuis 2005, il mène une honorable carrière au cinéma.



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150. Mise au jour

Message  Dearesttara le Jeu 6 Mar 2014 - 0:20

7.18 Mise au jour (The dig) :



And the bitch is back !!


Brian, 36 ans, a de fréquents saignements. L’équipe doit s’occuper toute seule du cas et fouiller son appartement, véritable capharnaüm babylonien, car House est absent. Il est allé en fait accueillir Numéro 13 qui vient de sortir de six mois de prison. 13 refuse de lui dire quel a été son crime, mais accepte de l’accompagner à un concours de lance-patates, où il pourrait bénéficier de ses connaissances en balistique. Pendant ce temps, Foreman se demande quel raison a pu pousser Taub d’abandonner un rendez-vous avec une jeunette de 22 ans…

Le retour tant attendu de Numéro 13 ne tient pas toutes ses promesses. Si Olivia Wilde n’a rien perdu de son mordant acide, Sara Hess et David Hoselton limitent sa réapparition à une énigme de plus à démêler. Le road-movie House-13 est bien terne : pas de rencontres, de répliques, ou de rebondissements marquants ; que des tentatives de House de percer le secret de la jeune femme, un jeu de devinettes qui n’a rien d’excitant. On est loin de Birthmarks (saison 5). Quand l’émotion s’en mêle, l’épisode trouve sa raison d’être, mais c’est seulement en fin de parcours. Le cas est quasiment transparent, remplacé par les investigations répétées de l’équipe dans la maison du patient ; autant dire qu’on s’ennuie ferme. Mais le pire réside dans le retour de Rachel Taub, qui avait pourtant eu une belle sortie. Son retour paralyse le renouvellement du personnage de Chris Taub.



Symptômes-fouille chez le patient-nouveaux symptômes-nouvelle fouille-nouveaux symptômes, etc. Voilà le schéma simpliste du cas du jour. La partie « fouille », trop allongée, et pas rehaussée par les habituelles déclarations ironiques des médecins, annihile tout suspense. Ce qui reste se résume à des diagnostics lancés au petit bonheur et des patients à peine esquissés. Heureusement, Terry Maratos a assez de métier pour défendre son personnage, et Kimberlee Peterson sait très bien pleurer. Le twist final contribue à rendre Brian et Nina plus attachants. Le happy end sous-entendu est joliment réconfortant.

Comment un homme à l’opposé des canons de beauté comme Taub peut-il avoir le « knack » avec les nanas ? On aurait volontiers assisté à un cours de séduction délivré par l’intéressé au lieu de la ressortie du placard de Rachel Taub. Jennifer Crystal Foley est sobre comme il faut, mais le coup des ex qui recouchent ensemble est si fréquent qu’on est atterré par les propos de Rachel dépeignant leur relation comme « hors norme ». La série, très pointilleuse sur le réalisme des sentiments humains, voulait certainement rappeler que la fin d’une histoire d’amour n’est pas synonyme de la fin des sentiments, mais on avait déjà eu un bel exemple dans Larger than life. Celui de The dig est aussi trivial que décevant. Qu’on se rassure, la série n’ira heureusement pas plus loin.



Passée la joie de revoir Numéro 13, on déchante vite. Ce qui fait le plus mal est l’absence totale d’alchimie entre elle et House. Les jeux froids des acteurs sont excellents individuellement, mais mis ensemble, leurs scènes perdent toute sève. Si le Dr.Hadley est toujours aussi directe et rentre-dedans, il ne se passe rien durant leurs échanges qui se résument à House essayant de deviner le secret. Cependant, la confrontation entre House et son rival Harold est une hilarante parodie de Western : répliques « testostéronées », cadrages à la Leone, poses hiératiques, et… coup de feu !

L’épisode atteint enfin son objectif quand nous apprenons le crime de 13. En un éclair, elle brise son masque et pleure à chaudes larmes, traumatisée par son acte passé qui la hantera jusqu’à la fin de ses jours. Le sujet qu’il implique confirme le positionnement progressiste de la série sur un débat controversé : l’euthanasie, d’une manière plus claire que le brouillon d’Informed consent (saison 3). Pour les auteurs, il y’a une différence entre un acte et la raison de cet acte, aussi monstrueux qu’un « meurtre », commis ici pour soulager les souffrances de quelqu’un. Le peur de 13 de mourir dans d’atroces souffrances ET seule a été le moteur de son acte. C’est bouleversant. House semble avoir régressé car il ne fait strictement rien pour la soutenir, ce qui la blesse encore davantage. En réalité, il ne veut pas réagir car ses derniers temps, tout ce qu’il a fait pour montrer son affection s’est transformé en désastre (Cuddy). Aussi, la scène finale est bien plus que la main tendue d’un ami, c’est l’audace d’un homme à continuer à vouloir aider son prochain en dépit de ses tragiques maladresses. Un épisode décevant, mais un final merveilleux.



Infos supplémentaires :


- Retour de Numéro 13 (Olivia Wilde) qui aurait euthanasié son frère souffrant de la même maladie qu'elle.

- Cent cinquantième épisode de la série.

- Lisa Edelstein (Cuddy) et Robert Sean Leonard (Wilson) n'apparaissent pas dans l'épisode. Unique épisode des sept premières saisons sans Cuddy. Troisième épisode avec House absent de l'hôpital pour cette saison. Premier épisode avec Zena Grey (Ruby), qui joue la petite amie de Taub pendant cinq épisodes.

- House déteste le chili con carne, mais adore les lance-patates.

- A 16 ans, Numéro 13 arriva 4e de la Foire scientifique de West Virginia pour son projet sur la combustion propre.

- Foreman fait de la gymnastique à 20h certains jours.



Acteurs :

Terry Maratos joue aussi bien dans des courts-métrages que dans des séries télé. On peut citer Sex and the city, Urgences (2 épisodes), Skins (6 épisodes), FBI portés disparus, Jericho, Dexter, Les Experts : Miami, etc.

Kimberlee Peterson (1980) commence la comédie très jeune. Elle est majoritairement guest star dans des séries comme Profiler, Alerte à Malibu, Les feux de l’amour (3 épisodes), The practice, NYPD Blue, A la maison blanche (3 épisodes), Boston Public (3 épisodes), Les Experts, NCIS, Charmed, Esprits criminels, etc.

Zena Grey (1988) est une actrice de cinéma indépendant. Elle joue parfois à le télévision : New York police judiciaire, New York unité spéciale…



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151. Enfreindre les règles

Message  Dearesttara le Jeu 6 Mar 2014 - 19:30

7.19 Enfreindre les règles (Last temptation) :



- Pourquoi je te laisserais ma place ?

- Pour ressentir la satisfaction de rendre service à une camarade. (Silence) J’te paye, si tu veux.


Dernière semaine universitaire pour Martha M. Masters, et un dilemme : doit-elle faire son internat dans une équipe de chirurgie comme elle l’avait prévu, ou bien le faire dans l’équipe de House qui lui propose une place d’interne ? Le cas de Kendall Pearson, jeune navigatrice de 16 ans qui s’est évanouie inexplicablement quelques jours avant une grande course à la voile, va l’orienter dans son choix…


Clap de fin pour Masters. Pour marquer l’événement, David Foster et Liz Friedman ont la riche idée d’écrire l’épisode de son point de vue, comme Wilson dans Wilson, et Cuddy dans 5 to 9. Le résultat est à la hauteur, car le dilemme de Masters se couple à un cas qui la pousse dans ses ultimes retranchements. L’interprétation habitée d’Amber Tamblyn achève de donner une fantastique sortie au personnage. Toutefois, le cas médical en lui-même passe à l’as, et la situation critique paraît trop exagérée. On sent qu’elle n’est que le prétexte à tourmenter Masters. Le pari débile de House et Wilson est amusant mais détonne quelque peu.

Plusieurs fois, l’idéal de Masters s’est retrouvé confronté au cynisme idéologique de House & Cie : son approche de la médecine est faite d’une pleine confiance envers ses patients, et prohibant mensonges et actes amoraux. Filmé du point de vue de Masters, l’épisode nous fait voir les personnages tels qu’elle les voit : directrice lointaine, collègues sans épaisseur, chef plus ou moins tyrannique, ce qui change du regard objectif habituel de la série. La mise en abyme fonctionne, elle permet de rajouter de l’émotion où la série n’en mettait pas habituellement. Dans une scène révélatrice, House réprimande Masters de ne pas avoir triché sur son compte-rendu étudiant comme il le lui demandait : House respecte les valeurs de chacun mais veut que dans SON service, on les laisse de côté si elles ne correspondent pas aux siennes. Masters ne peut l’accepter mais lorsqu’elle quitte l’équipe pour revenir dans l’équipe de chirurgie, mademoiselle la surdouée s’emmerde, et comprend qu’elle s’épanouirait mieux chez House. Un vrai dilemme.



Contrairement à House et la team, Masters attache autant d’importance aux patients qu’à l’énigme médicale ; ce faisant, elle laisse l’affection qu’elle a pour Kendall, sa patiente (Michelle DeFraites rayonne de volonté et de détermination joyeuse), atteindre son intellect. Ainsi, subit-elle un second dilemme, bien plus insoutenable que le premier quand Kendall refuse de se faire amputer de son bras pour participer à la course, quitte à ce que cela la tue en pleine compétition. Que Kendall parvienne à convaincre sa mère est gros à avaler (elle accepte donc que sa fille aille droit à la mort), et l’excuse de la menace d’émancipation est un moyen scénaristique plutôt désespéré. Cela amène non sans mal la situation : Masters a la vie de Kendall entre ses mains, et si elle peut la sauver, ce sera uniquement au prix de sa conscience : elle devra agir comme House le ferait. House en effet, ne veut pas intervenir, fidèle à son credo de résoudre des énigmes, non de guérir des patients : une fois diagnostiqués, le il se moque de voir s’ils prendront leur traitement (comme dans A la vie à la mort, saison 2). La team pense comme lui, laissant Masters seule devant sa décision. Masters va donc violer une dizaine de règles médicales et parvenir à sauver in extremis Kendall, mais cela la laisse au bout de rouleau. Honnête envers elle-même, elle comprend qu’elle n’a pas la force morale d’intégrer une équipe où elle doit renier tout ce en quoi elle croit. Là où Cameron est devenue une doctoresse froide subissant l’influence de son patron, Masters reste elle-même. Ironiquement, cela ne l’empêche pas d’être un médecin presque aussi efficace que House, la série rappelant ainsi qu’elle a été et restera une alternative crédible à son antihéros. Ses adieux paraissent tout à fait justifiés, et sa tirade finale supérieurement écrite.



Quelques moments d’humour parsèment cet épisode : Masters se réveille tous les jours à 4h30 du matin selon la méthode Pythagoricienne : elle ne se lève pas tant qu’elle n’a pas récité par cœur les leçons apprises la veille. Sa garde-robe, que sa colocataire avec un très doux euphémisme nomme « une conception particulière de la mode », est une des moins glamours de l’histoire des séries télé. C’est évidemment le personnage, mais c’est quand même assez extrême ! Il y’a bien sûr le jeu complètement idiot de House et Wilson qui cachent des poules dans l’hôpital : le premier qui se fait prendre doit 20$ à l’autre ! On a déjà eu des paris plus ou moins givrés dans la série, mais là, on atteint certainement un pic : Wilson s’échappant par la fenêtre du bureau de House, House qui dresse un chien pour boulotter une poule, les fausses traces de pattes sortant du bureau de Wilson… on hésite entre consternation devant un pari aussi ras des pâquerettes et franche rigolade devant ces scènes d’une stupidité assumée. Dans l’ensemble, un bon épisode, qui n’est pas le chef-d’œuvre attendu, mais où Masters sort la tête haute.




Infos supplémentaires :

- Martha M. Masters (Amber Tamblyn) est le personnage principal de cet épisode. Elle quitte l'hôpital à la fin de cet épisode après 14 apparitions dans la saison. Elle fera cependant un bref caméo dans le final de la série Tout le monde meurt (saison 8 ).

- Martha et Numéro 13 se croisent pour la première fois.



Acteurs :

Michelle DeFraites a commencé très tôt la danse et le théâtre. Elle commence à apparaître sur le petit écran dans des séries télé : Hannah Montana, Glee, Bones, Rizzoli & Isles, etc. Elle a entamé en 2014 une carrière cinématographique.


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152. La mécanique de l'espoir

Message  Dearesttara le Sam 8 Mar 2014 - 0:11

7.20 La mécanique de l’espoir (Changes) :


- Coopère, je te donnerai 4 mois de dispense de consultations.
- Et 3 places de parking l’une à côté de l’autre pour que je me gare en diagonale. Ainsi que 3 de tes plus belles culottes en soie, je vais me remettre au parachute.


Cyrus Harry a gagné à la loterie. Accompagné de son frère, il utilise cet argent afin de retrouver Jennifer, un amour de jeunesse. Mais il s’écroule pendant son périple et est amené à Princeton-Plainsboro. Jennifer arrive le lendemain, après avoir lu son nom dans les journaux, mais Numéro 13 se demande si elle est sincère ou si elle ne cherche qu’à le dépouiller de sa fortune. Pendant ce temps, Arlene poursuit House et Cuddy pour « mauvais traitements » durant sa maladie, et Chase parie que Foreman n’arrivera pas à tenir un diagnostic différentiel sans se mettre en colère…


Le meilleur épisode de la saison, et un des tout meilleurs de la série.

La perfection du scénario d’Eli Attie (en collaboration avec Seth Hoffman) en est presque aveuglante : le cas est captivant à suivre, renforcé par le suspense sur les véritables sentiments de Jennifer. Le twist final frappe avec une violence terrible, mais pour une fois, l’espoir luit après la Berezina, achevant avec cohérence et émotion le portrait du patient du jour. Le tout confirme néanmoins le pessimisme de la série sur la nature humaine. Le trio House-Cuddy-Arlene nous fait du Sun Tzu avec des manipulations psychologiques continuelles à rendre fou. Et même la petite intrigue Chase-Foreman est sympathique à suivre. L’épisode est dynamisé par une luxuriance de dialogues chocs à effet impressionnant.

Cyrus est dominé par l’espérance. C’est en croyant à une suite de chiffres pendant dix ans qu’il a gagné le gros lot, et c’est animé d’une espérance similaire qu’il part à la recherche d’un ancien amour de jeunesse. C’est un « pur » dans la mesure où il change à peine son train de vie : l’argent ne l’a pas corrompu, il est heureux de la vie qu’il mène. Il évite d’être trop lisse en étant conscient que les gens aiment davantage son portefeuille que lui-même, et avoue ne pas connaître les sentiments de Jennifer. Cyrus est ainsi un patient très intéressant, et il fallait un acteur aussi doué que Donal Logue pour afficher un tel quotient sympathie. Megan Follows est ambiguë, laissant le spectateur dans le trouble. Le twist final sera horriblement noir, avec un coup de poignard dans le dos bien dans le ton de la série. Pourtant, soutenu par Numéro 13, Cyrus brandit au final la lumière de l’espoir, son principal trait de caractère. 13 se montre aussi cynique que House, pensant qu’aucun événement, ni gain d’argent ne peuvent changer les perceptions que nous avons du bonheur et du malheur. Cyrus ne sera jamais malheureux, car l’espoir le rend heureux, et son espoir est aussi inextinguible que la symphonie de Nielsen.



Par analogie, House comprend le comportement de Numéro 13 : elle est tellement en colère contre sa destinée que dire que de toute façon la vie est injuste, quelque soit notre naissance, est son mécanisme de défense. Cette croyance désespérée lui est nécessaire pour qu’elle ne sombre pas dans la fureur, le chagrin, la haine de la vie. Attie et Hoffman nous rappellent ainsi que les croyances qui semblent les plus négatives sont parfois indispensables à la survie spirituelle de quelqu’un, comme nous le rappelait déjà Here Kitty (saison 5). Cet épisode fait la part belle aux personnages et à l’étude des sentiments humains.

Chase asticote Foreman sur son tempérament sanguin, pariant qu’il ne saura pas se tenir calme pendant les diagnostics. C’est la source d’humour franc de cet épisode. Voir Foreman se retenir d’éclater sans jamais y arriver est le motif de scènes pleinement humoristiques, grâce à l’autodérision d’Omar Epps qui « botoxe » son visage pour rester stoïque. Les diagnostics différentiels avec Foreman branché à un électrocardiogramme sont d’hilarantes conséquences du pari initial, avec House faisant tout pour lui faire perdre son calme. Les deux rebondissements du pari sont bien vaches. Les dialogues fusent à chaque seconde, on rit de bon cœur.



Les scénaristes se surpassent à imaginer des manipulations psychologiques qui vont toujours plus loin dans la perversité, mais qui sont par la même occasion un baromètre sur l’état intérieur de House après sa rupture avec Cuddy. L’habileté des scénaristes est décidément sans pareil ! Voici Mama Cuddy pas contente qui met non des bâtons mais des chênes dans les roues de House et Cuddy. Franchement, on admire l’optimisme de Wilson qui croit pouvoir ramener à la raison ces trois têtes brûlées. Wilson dit à House que Cuddy et Arlene sont dans la tourmente et veulent égoïstement que House plonge avec elles. Mais House a un comportement si irresponsable qu’il préfère ne pas se mouiller et les laisser ferrailler seules… sauf que House, en écoutant Wilson, comprend que c’est exactement ce que désirait Cuddy ! La directrice voulait en effet que House n’aggrave pas les dégâts et l’a ainsi manipulé. House déboule donc en pleine dispute, et sabote tout espoir de compromis. Sauf que ce comportement n’est pas cohérent avec House : il est assez intelligent pour comprendre qu’en agissant ainsi, il met l’hôpital et sa propre licence de médecin en péril. Alors pourquoi agir comme ça ? Wilson émet une hypothèse crédible : House est toujours en colère contre Cuddy : sa frustration et sa rage, qu’il a camouflés mais non éliminés, ont fait surface quand il a agi ainsi. Que House ne puisse répondre que par des répliques absurdes (Je n’attends plus bêtement qu’elle me rende heureux, je suis plus heureux sans être heureux) tend à penser que Wilson a raison. Sauf que le comportement de House est en fait encore plus compliqué que ça :



Wilson prend les devants pour forcer House et Cuddy à collaborer contre Arlene (J.J.Abrams n’aurait pas renié le gag de la télé portative truquée). Mais les égos inarrêtables des trois lascars sont trop forts et aboutissent à une grosse seconde dispute. Mention à Arlene, qui dans l’odieux chausse ses gros croquenots. Candice Bergen ne va pas dans la finesse, et c’est ce qu’on demande ! Toutefois, c’est bien House qui sabote de nouveau l’entrevue, alors qu’il savait que c’était la dernière chose à faire. Wilson trouve la solution : il n’y a pas que la colère contre Cuddy qui anime son ami, mais aussi le désespoir. House aime toujours Cuddy, et ne supporterait pas de ne plus avoir de lien proche avec elle. Alors il préfère être en conflit, en tension perpétuel avec elle, parce que c’est un lien intense préférable pour lui au vide, même si ce lien est toxique. C’est jouissif à voir (dialogues explosifs, tirades expressives), et c’est d’une subtilité démesurée. Nous voyons que le ressentiment de House bouillonne, bouillonne, et on se demande comment cette énergie puissamment négative va finir par sortir…



Un ultime twist couronne cette histoire brillante. Les plus malins l’auront deviné. Mais comment ne pas tout de même applaudir en découvrant le but véritable d’Arlene qui pour l’unique fois de la série, a enfin un acte d’amour envers sa fille, même si sacrément pervers. Le pessimisme de la série atteint des profondeurs insondables : ses personnages n’arrivent à exprimer leurs meilleurs sentiments qu’en étant imbuvables. Malgré un happy end, c’est bien le cynisme qui triomphe encore une fois.


Infos supplémentaires :

- Un ex petit copain de jeunesse de 13 a rompu avec elle quand il a appris qu’elle sortait avec sa sœur.

- Arlene (Candice Bergen), la mère de Cuddy, apparaît pour la dernière fois.



Acteurs :

Donal Logue (1966) est un des acteurs les plus populaires aux Etats-Unis. Comédien de théâtre confirmé, il doit beaucoup de sa célébrité au rôle de Sean Finnerty dans la sitcom Parents à tout prix (91 épisodes), et à celui du capitaine Kevin Tidwell dans la série Life (21 épisodes). Il a fait honneur de sa présence à X-Files (épisode Compressions), Public Morals (12 épisodes), The practice (5 épisodes), Urgences (11 épisodes), Damages, Felicity, Monk, Sons of anarchy (7 épisodes), etc. Acteur complet, il a beaucoup joué au cinéma : Harcèlement, Les quatre filles du Dr.March, le flic de San Francisco, The Patriot, Zodiac, Shark 3D, etc.

Megan Follows (1968) a décroché tôt  - entre de nombreuses pièces de théâtre - deux premiers rôles de série : The Baxters, et Matt et Jenny (26 épisodes). Elle a ensuite enchaîné les apparitions dans Au-delà du réel l’aventure continue, Arabesque, New York police judiciaire, Le Fugitif, Urgences, X-Files (épisode Per manum), Les Experts, Les Experts : Miami, Cold Case, Lie to me, Brothers & Sisters, Reign (10 épisodes), etc.



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153. Le cobaye

Message  Dearesttara le Dim 9 Mar 2014 - 1:46

7.21 Le cobaye (The fix) :



- Donnez-moi votre bras. Ne vous inquiétez pas, c’est que de l’épinéphrine.
- Mais c’est dangereux ?
- Dans de mauvaises mains, très… donc dans ce cas, oui.


Le Dr.Wendy Lee, spécialisée dans la fabrication de bombes, convulse lors d’un essai. A l’hôpital, Ceaser, son collègue et petit ami, prévient les médecins que l’ex de Lee est dangereux. Wilson a gagné un pari contre House sur le résultat d’un match de boxe, mais House est persuadé que Terry, son champion, n’a pas perdu loyalement. Il le harcèle afin de découvrir quel mal a entraîné sa défaite sur le ring…


David Shore, le créateur de la série, supervise tous les scénarios, mais en écrit peu lui-même (il n’avait plus scénarisé depuis le pilote de la saison 6). Il est dommage que pour sa « reprise », il ait décidé de collaborer sur le faible sujet de Thomas L.Moran. House s’exclut de lui-même du cas, et si cela nous vaut une intrigue secondaire amusante et frivole qu’en apparence, l’intrigue principale ne suscite que l’ennui. La patiente n’a aucune personnalité, et le cas est sans saveur. Notons que l’épisode jette une semence narrative qui germera de manière mémorable dans l’épisode suivant.

Le Dr.Lee est réduite à son plus simple concept scénaristique : c’est une patiente qu’il faut guérir, c’est tout. Le beau talent de Linda Park n’y peut rien. Les deux hommes de sa vie (ex et petit ami) sont au mieux absents, au pire de gros clichés massifs. On suit donc avec un désintérêt poli cette enquête aux faibles rebondissements. La team, laissée à elle-même, parvient à attirer notre attention car les personnages demeurent bien recherchés, mais c’est trop maigre. On retient que maintenant qu’ils se connaissent si bien, chacun sait quand l’autre ment, ce qui donne quelques sourires. Tout est misé sur le twist final, mais ce dernier est la copie conforme de Clueless (saison 2), en plus en bien moins fort.



Cet épisode pourrait s’appeler, pour paraphraser Berlioz, Terry ou le retour à la vie. Dans ses tentatives de fuite face à son chagrin sentimental, House se fixe sur un pari débile, délaisse tout autre occupation, même sa patiente ! Cela pourrait inquiéter car House a toujours fait des énigmes sa priorité, surtout quand quelqu’un est en danger de mort. Mais cette entorse à la règle s’explique par son besoin urgent de redevenir ce qu’il a été par le passé. Depuis la saison 6, House a changé intérieurement en devenant plus sensible, et il veut retourner à cet être imbuvable y compris à l’intérieur en se concentrant sur une absurdité au détriment de l’essentiel. Cette tentative de retour arrière rassure paradoxalement Wilson, soulagé de ne plus le voir penser à Cuddy. Elle échouera toutefois du fait que sa frustration rageuse va remonter à la surface dans le final de saison, ce qui permettra à la série de ne pas renier l’évolution du personnage entreprise depuis Mayfield.



Une fois ancré ce soubassement dramatique, on rigole allègrement des multiples tentatives de House de démontrer que le match de boxe de son « poulain » était truqué. Motif invoqué : il a une faiblesse corporelle qui le condamnait d’avance. House donc reste dans son élément, il doit établir le diagnostic - si tant est qu’il existe - de Terry. Terry ne cesse de vitupérer contre le harcèlement du diagnosticien, le frappant même une fois parce qu’il en a marre. Mais au fond, Terry souffre à l’idée de devoir raccrocher les gants. Ainsi, il saisit chaque perche tendue par House (piqûres, ingestion forcée d’eau…) dans l’espoir qu’il trouve une possible maladie qui une fois guérie, lui permettrait de retourner sur le ring. Ce décalage entre actions extérieures et intérieures donne du poids à Terry, auquel Kevin Daniels prête avec bonheur ses traits. Le rebondissement final est d’une ironie machiavélique. Il est à croire que dans cette série, la roue du destin ne veut décidément épargner personne. Pourtant, ce n’est jamais désespéré ou pathétique, mais voilà, c’est la vie sous ses aspects les moins lumineux. Une gravité qui après sept saisons, reste efficace, et même semble prendre de plus en plus de force. On en a une nouvelle démonstration lors de la scène du bar. House, ivre, mais totalement lucide, dénonce le fonds de commerce des barmen, qu’il accuse de profiter de la misère des gens en leur vendant de l’alcool pour qu’ils puissent y noyer leur malheur. Hugh Laurie fait de nouveau une performance du feu de Dieu.



Niveau humour, mis à part cette histoire, on retient la danse de victoire de Wilson, une des scènes les plus givrées jamais écrites pour le personnage, ainsi que le rot particulièrement spectaculaire de House.
House cache un secret à son entourage (ça vous étonne ?). Dans une parfaite métaphore de l’arroseur arrosé, cela entraîne 13 à entrer par effraction chez House sous l’ordre de Cuddy et Wilson. House joue en fait le cobaye pour un laboratoire expérimentant un médicament qui pourrait repousser le muscle de sa jambe. L’image finale nous glace cependant de terreur et ouvre la voie à l’épisode suivant.


Infos supplémentaires :

- Le teaser de l’épisode est identique à celui de La tête dans les étoiles (saison 4)

- House se découvre des tumeurs à la jambe.



Acteurs :

Linda Park (1978) est surtout connue pour avoir été l’enseigne Hoshi Sato dans la série Star Trek : Enterprise (96 épisodes). Également danseuse de salon émérite (3e à un concours international), elle a également participé à des séries comme Raines (7 épisodes), Women’s Murder club (10 épisodes), Life, New York unité spéciale, Mentalist, Crash (13 épisodes), NCIS, etc. Elle joue parfois au cinéma (Jurassic Park III, Taken…)

Kevin Daniels (1976) a joué dans beaucoup de séries, comme Dingue de toi, New York 911, New York police judiciaire, Buffy contre les vampires (épisode Ça a commencé), JAG, Charmed, Smallville, Brothers & Sisters, Chuck, Castle, Modern family (4 épisodes), Justified, etc. On l’a vu un peu au cinéma (The Island, Piège de feu, Kate et Leopold…)



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154. Opérations maison

Message  Dearesttara le Dim 9 Mar 2014 - 14:09

7.22 Opérations maison (After hours) :  



- Y’a pas de bagnole, allez fonce.
- Mais le feu est rouge, croquemitaine à la corne de bouc !
- Si tu veux pas que Barbe-Noire se retrouve avec deux jambes de bois, demande à la mère de bouger son raffiot, espèce de p’tite vermine !


Darrien, la quarantaine, a été poignardée par son dealer de drogue. Elle se traîne jusqu’à la porte de Numéro 13, qui a été sa compagne de cellule. Darrien la supplie de la soigner sans l’amener à l’hôpital. House se rend compte que le médicament expérimental a fait naître des tumeurs à sa jambe. Effrayé à l’idée que les chirurgiens décideraient de l’amputer s’il s’adressait à eux, il décide de retirer les tumeurs lui-même. Taub apprend que Ruby est enceinte de lui...


Très aimé des fans en raison de son caractère plus sanglant que l’habitude de la série, After Hours a malgré tout peut-être usurpé sa réputation. Seth Hoffman, Russell Friend, et Garrett Lerner abandonnent vite leurs excellentes idées de départ pour retomber dans des développements quelconques, incohérences scénaristiques en sus. Certaines scènes « choquantes » relèvent davantage de l’épate gratuite que de climax psychologiques. La storyline de Taub est une excroissance soap qui ne contribue pas à illuminer cet épisode. La réalisation de Miguel Sapochnik est en revanche un modèle à suivre, tout comme la performance « fantapoustouflante » de Hugh Laurie.

Le cas de Darrien commençait très bien. 13 doit la soigner sans l’amener à l’hôpital, et sollicite l’aide de Chase pour lui porter assistance. L’épisode nous fait ressentir le caractère inquiétant et urgent de ce cas atypique, nos médecins ne pouvant compter que sur eux-mêmes. Amy Landecker compose un personnage très fort, ressentant aussi bien la peur et l’angoisse que l’espoir et l’abnégation. Le cas, mélange de sang et de situation désespérée, se dénoue hélas trop rapidement lorsque Chase se bagarre avec Numéro 13 pour qu’il la laisse amener Darrien à l’hôpital. La scène n’apparaît pas naturelle. Lorsque le trio rejoint l’hôpital, on retrouve des sentiers bien balisés (y compris une intervention de House qui n’a pas sa place ici), et le cas perd tout intérêt. Le rebondissement final se veut cruel, mais il est incohérent : pourquoi Darrien se retrouve dans cette situation alors que Chase avait trouvé une élégante solution ? Le faux happy end traditionnel apparaît trop forcé. On retient heureusement Chase analysant le comportement de 13 : cette dernière arrive à tenir à distance sa culpabilité d’avoir euthanasié son frère parce qu’elle lui avait donné sa parole qu’elle l’empêcherait de souffrir. Ce sont ces serments qui lui servent de « mécanisme de défense ». Pour ne pas le détruire, elle s’est donc opposée, y compris physiquement, à Chase qui voulait conduire Darrien à l’hôpital. C’est bien trouvé.



Des tumeurs ont tué les rats cobayes du médicament que House a pris. Pour échapper à la fois à la mort et à une possible amputation par les chirurgiens de sa jambe, il décide de faire l’opération lui-même sans anesthésie. Et là, le trio de scénaristes a l’idée culottée de jouer sur le terrain de Nip/tuck : chair sanguinolente, peau ouverte, prélèvement sanglant des tumeurs, sang giclant partout… la scène est d’une violence insoutenable, et les hurlements de House génèrent une énorme tension. Le gore est une carte que la série n’a presque jamais tirée (sauf dans Sans peur et sans douleur en saison 3, et Écorchés vifs en saison 5). L’effet est d’autant plus prodigieux. Hugh Laurie, méconnaissable, est la douleur ayant pris forme humaine. Malheureusement, les auteurs abandonnent eux aussi l’idée, et dès que Cuddy (et Rachel !) arrivent à la rescousse, toute la tension est supprimée. Les moments d’humour entre Rachel et House ne collent pas dans un scénario qui jouait jusque-là dans le drame sans partage. On se pince quand House déclare qu’il fait confiance à Cuddy pour surveiller l’opération. A-t-il oublié qu’elle avait voulu lui amputer la jambe lorsqu’il a eu son infarctus ? On finit heureusement sur une sublime image Hilson : Wilson porte son ami tout en l’exhortant à faire un grand coup de balai dans sa vie, conseil que House suivra à sa manière dans le final qui va suivre.



L’épisode se passe la nuit, et en dépit que tout se déroule en intérieur, la caméra de Miguel Sapochnik capte cette impression nocturne, cette vibration particulière de cette période du jour. Il la couple avec de nombreux zooms sur des images éprouvantes, sanglantes, pour au total faire monter un sentiment d’oppression.

After hours
subit par ailleurs l’impasse des scénaristes sur Taub dont-ils ne savent plus quoi faire. Ainsi, monsieur a engrossé une jolie infirmière, et culpabilise à mort. Chassez le soap, il revient au galop ! On est étonnés que Foreman choisisse comme thérapie un bar à strip-tease, mauvais prétexte destiné uniquement à nous insérer une scène tragi-comique où Taub embête royalement la strip-teaseuse avec ses problèmes. Le talent de Peter Jacobson est intact, la caméra troublée renforce le malaise, mais ce beau travail est au service d’une narration en roue libre. On ne reconnaît pas Taub, ici d’un ridicule achevé. Les auteurs sont assez malins pour faire ressortir subtilement la culpabilité de Taub : ce dernier harcèle la strip-teaseuse sur un grain de beauté asymétrique qui selon lui pourrait être cancérigène. En fait, son inconscient a trouvé ce moyen pour chercher les ennuis avec la danseuse et le videur, pour ainsi se « punir ». Mais les conséquences qui suivent sont catastrophiques : Foreman baisse dans notre estime quand il laisse Taub seul, puis la strip-teaseuse sort un flingue de son sac pour menacer Taub ; du spectaculaire outrancier et vulgaire. On finit sur du Bollywood lorsque Taub accepte que Ruby garde l’enfant après une tirade à l’eau de rose. N’en jetez plus, ça suffit !



Au final, un épisode qui a saboté ses meilleures idées, mais qui est sauvé par la mise en scène prodigieuse de Miguel Sapochnik.


Infos supplémentaires :

- Pour House, c'est un des rares épisodes où il n'est pas en train de soigner un patient. Wilson le soutient à la fin de l'épisode ; il y’aura un effet miroir en saison 8 où House soutient Wilson.

- Chase dit à Numéro 13 que les conséquences de la vérité sont parfois lourdes à porter. Parle t-il de Dibala ?

- House n'a aucun contact avec son équipe dans cet épisode. Wilson n'a que deux scènes et ne parle que dans l'une d'entre elles.



Acteurs :  

Amy Landecker (1969) est issue d’une famille renommée (arrière petite-fille d’un prestigieux avocat ayant pris position contre le McCarthysme, et fille d’une légende de la radio). Elle a joué le plus souvent en tant que guest star dans des séries télévisées : New York unité spéciale, New York section criminelle (2 épisodes chacun), New York police judiciaire, Médium (épisode Le jeu de la vérité), Louie (2 épisodes), Larry et son nombril, Mad Men, House of lies, Private practice, Revenge (2 épisodes), Vegas, etc. On l’a parfois vue au cinéma (A serious man…).



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155. Passer à autre chose. FINALE DE LA SAISON 7 !!!!

Message  Dearesttara le Mar 11 Mar 2014 - 0:25

7.23 Passer à autre chose (Moving on) :



- Des rayons au cerveau ? Ça m’a brouillé les idées la dernière fois. Ça me ralentit encore d’ailleurs.
- En effet, et vous savez que la mort peut aussi avoir un impact sur votre capacité à penser ?


Cuddy, en état de choc, déclare à un policier que House doit être retrouvé et jeté en prison. Trois jours plus tôt, il s’est occupé du cas d’Afsoun Hamidi, artiste contemporaine, la cinquantaine, qui s’est évanouie lors d’une représentation d’une œuvre où elle est elle-même en scène. Cette femme qui fait de sa vie une œuvre d’art, jusqu’à accepter les risques les plus mortels, fascina House. Pendant ce temps, Taub reçut une nouvelle surprenante. Inquiète du comportement de plus en plus autodestructeur de House, Cuddy a demandé qu’ils aient une discussion tous les deux, ignorant quelles en seraient les conséquences…


Le final de la saison 7 a suscité beaucoup de controverses en raison de sa dernière scène d’une violence spectaculaire inédite, loin du ton sobre de la série. Pourtant, Kath Lingenfelter et Peter Blake ont bel et bien trouvé une remarquable conclusion à la relation House-Cuddy. Tout au long de l’épisode, la rage qui a couvé dans le sein de House depuis sa rupture, a commencé à déborder. L’ouragan terminal et la coda - le calme après la tempête - apparaissent donc justifiés. Le cas est un des plus déconcertants, avec la patiente la plus « Housienne » de la série. Le peu de crédibilité de la situation pénalise assez longuement le cas, médicalement sous-écrit. Mais il convainc sur le miroir qu’il tend à House de sa propre relation à l’art et autrui.

Le cas fait du surplace, et les médecins mêmes ont l’air peu investis. Il règne dans cet épisode comme une impression de fin d’année scolaire (ce que le plan final corroborera étrangement). Les acteurs font le minimum syndical (sauf bien sûr le trio House-Cuddy-Wilson), et les auteurs, une ou deux scènes médicales par ci par là. A retenir toutefois, House mentaliste qui comprend que Foreman va refuser de faire un test qu’il lui demande - Taub, lui, croit avoir franchi son épreuve avec sa petite amie enceinte, mais doit faire face à une révélation catastrophique pour lui, hilarante pour nous. La saison suivante risque d’être très difficile pour lui…



Tout tourne autour de la personnalité d’Afsoun et de cette question millénaire : qu’est-ce que l’Art ? A cette question aux réponses infinies, celle d’Afsoun serait : « mise en scène de la vie intérieure et extérieure d’un artiste ». L’artiste, immobile et passive, est entourée d’objets, et le public est prié d’interagir avec elle et les objets. L’arroser d’un produit inflammable et y mettre le feu, ça aussi c’est permis, et elle aurait volontiers embrassé une telle mort si son assistant ne s’était pas interposé ! La mort fait partie de la vie, et à ce titre, a sa place dans son œuvre. Qu’elle se fasse filmer en train d’avoir une opération, ça aussi fait partie de son processus artistique. A l’exception évidemment de House, les médecins pensent qu’elle est folle.

Afsoun interpelle House par son amour immodéré de son art. Tout comme House ne s’épanouit que dans son art, elle aussi refuse toute attache émotionnelle (elle a rompu avec son assistant) et imprime à sa vie un sens artistique. Afsoun prend les plus gros risques, défiant le « bon sens ». Ainsi, elle connaît sa maladie, mais refuse de la dire à House (conséquence d’un twist central qui en sidérera plus d’un !), car cela fait partie de son sentiment artistique. House, pareillement, viole à chaque épisode l’éthique. Afsoun est une artiste qui a atteint son absolu, comme House. Par analogie, Luca, l’assistant d’Afsoun, ne sacrifie pas tout à l’Art, comme la team de House.



Mais comme House, l’humanité d’Afsoun n’a pas disparu. Lorsqu’il comprend qu’elle est perdue pour lui, Luca, qui l’aime toujours, démissionne. Cela la plonge dans le désarroi. Elle réalise alors les périls de vouloir être « absolu » dans son art. Nos relations à autrui sont indispensables à notre propre survie mentale : elle a besoin d’autre chose que son art. Dans son cas, l’amour, qui la liait à Luca mais qu’elle a voulu étrangler. C’est ainsi qu’elle le réaccepte, ce qui outre House, furieux qu’elle ne soit pas resté comme lui : serviteur de son art sans attaches émotionnelles. Mais aussi parce que quand House a choisi l’amour (Cuddy), il s’en est mordu les doigts, et il veut la « protéger ». Pourtant, House ne peut pas vivre sans l’Autre. On l’entrevoit depuis quelque temps, et le final de la série en sera une éclatante démonstration. Dans ce portrait complexe, Shohreh Aghdashloo irradie.



L’épisode a toute sa valeur dans la conclusion du Huddy. Depuis sa rupture, House a enchaîné les comportements irresponsables : prostituées à gogo, mariage blanc, opération « artisanale » de sa jambe... La rupture amoureuse, House ne l’a pas combattue mais laissée dans un coin. Cela l’oblige à nier que tous ses déraillements ont à voir avec sa rupture. Cela l’oblige aussi à délayer toute tentative d’explication mandée par Cuddy. Ses surdoses de Vicodin « anesthésient » également sa colère. Cela lui vaut une remarque ironique du désespérément lucide Wilson : il veut éviter son autodestruction par… l’autodestruction. Lorsque Cuddy le force à s’expliquer, House fuit par des pirouettes avant de brièvement exploser. C’est le premier pas vers sa libération : il sait qu’il a tout fait foirer, mais il se hait car ses sentiments « faibles » d’homme protestent et veulent accuser Cuddy (c’est elle qui l’a largué !). House n’arrive plus à être le sans-émotions qu’il était, ce qui lui fait mal autant que la rupture elle-même. A ce moment-là, le bouchon est sur le point de sauter.

Vient alors la fameuse scène finale. House voit Cuddy flirter avec un autre homme, être heureuse en famille… sans doute House savait au fond qu’elle avait tourné la page, mais le voir en direct est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Devant un Wilson stupéfié, House accomplit un acte de violence foudroyant et dévastateur. Le voir ensuite remettre tranquillement un objet à Cuddy, puis s’en aller, est aussi terrifiant que l’acte lui-même. On ne peut que condamner l’acte, mais il était une catharsis nécessaire pour House, qui se sent maintenant libre. Le happy end radieux est donc un happy end amoral, malaisé. Qui conclut à la perfection cette saison beaucoup plus riche qu’en apparence.




Infos supplémentaires :

- Clap de fin pour Lisa Edelstein qui apparaît pour la dernière fois dans le rôle de Cuddy. Son personnage est toutefois mentionné dans la huitième saison.

- Cet épisode supplémentaire fut commandé par la FOX au vu du succès de la série.

- L’épisode commence par un générique à froid.

- Il y’aurait selon Taub beaucoup de Reuben dans sa famille. Il prétend que la marque de sandwiches Reuben (corned-beef, choucroute, emmental, sauce russe) vient en fait de sa famille.

- Numéro 13 est fan d’art contemporain.

- Cuddy aime bien le film Marley et moi. Selon House, elle se tripoterait en voyant Owen Wilson. Elle a interdit l’alcool à la cafeteria de l’hôpital. Elle possède une brosse en écailles de tortue et soie de sanglier.


Acteurs :

Shohreh Aghdashloo (1952) est d’origine iranienne. Devenue une star dans son pays, cette magnifique actrice à la voix rauque caractéristique a également conquis Hollywood, étant la première comédienne du Moyen-Orient à avoir été nommée pour un Oscar. Son rôle le plus célèbre est sans doute celui de la maman terroriste Dina Araz dans la saison 4 de 24 heures chrono (12 épisodes). Familière du cinéma (Le rapport, L’exorcisme d’Emily Rose, X-men l’affrontement final…) , elle a joué dans quelques séries : Matlock, Urgences, Grey’s anatomy, Les Simpson, Flashforward (3 épisodes), New York unité spéciale, NCIS, Grimm (6 épisodes), etc.

James Hiroyuki Liao est à la fois acteur, et enseigne la comédie. Il a joué dans quelques films (Frankenweenie, Star Trek into darkness…), et plusieurs séries dont Unforgettable (13 épisodes), dont le rôle de Jay Lee est à ce jour son plus connu. Il a été aussi dans Bones, New York police judiciaire, New York cour de justice, Bones, Les Experts, Les Experts : Miami, The Shield, Prison Break (7 épisodes), 24 heures chrono (3 épisodes).



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FIN DE LA SAISON 7 !!!!
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Top 5 de la saison 7

Message  Dearesttara le Mer 12 Mar 2014 - 0:01

Top 5 de la saison 7


1. La mécanique de l’espoir : Un des plus beaux portraits de patient, et un éloge de l’espérance en toutes circonstances rendent ce cas très chaleureux. En contrepoint, les personnages nourrissent des relations atteignant une perversité sans bornes, incapables de se comporter autrement que par la manipulation. Équilibre parfait entre optimisme et pessimisme.

2. Comme dans un livre : Un scénario extrêmement dense qui file à un tempo dionysiaque : chaque instant est un condensé de suspense ou de délire. Amy Irving campe une patiente réjouissante dans l’irascibilité. Un épisode roboratif !

3. Médecin de famille : Un ouragan de pure fureur avec une danse infernale de complications éthiques et de dilemmes impossibles. Même l’innocente Masters n’est point épargnée. L’intensité dramatique poussée à son paroxysme. Arlene Cuddy régale en patiente imbuvable.

4. Chacun sa croix : L’épisode discourt brillamment sur les funestes conséquences d’une Foi mal vécue par un étonnant chiasme : scènes graves et puissantes pour défendre l’idée d’une foi religieuse heureuse, sans entraves ; dialogues-mitraillette hilarants pour exprimer un pessimisme foncier envers les relations humaines.

5. Comme à l’école : Difficile de départager deux excellents épisodes : Égoïste, avec son cas superbement émouvant, et les premières fissures du Huddy, est immanquable. Mais Two stories a pour lui d’être un épisode décalé, original, multi-référencé, souvent burlesque, et de présenter deux portraits d’enfants aussi fin psychologues que Gregory House. Leur dialogue est un des plus riches de la série.


Accessits d’honneur : Égoïste, La petite dernière, On fait quoi maintenant ?
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mer 12 Mar 2014 - 1:03

Saison 7 envoyée à Steed3003. Very Happy
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Mar 25 Mar 2014 - 3:00

La saison 7 est en ligne! cheers 

http://theavengers.fr/index.php/hors-serie/annees-2000/dr-house/dr-house-saison-7
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mar 25 Mar 2014 - 21:55

Tout est en ordre, merci beaucoup Steed3003 ! 1010
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Re: Série "Dr House"

Message  Jazz le Dim 27 Avr 2014 - 11:57

Wilson : "Repose ça tout de suite".
House : " Tu crois que ça va lui manquer ?"
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Dim 27 Avr 2014 - 12:31

C'est dans quel épisode ? A moins qu'il y'ait un sens caché ?
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Re: Série "Dr House"

Message  Jazz le Dim 27 Avr 2014 - 15:13

Les origines du mal. Et pas de sens caché, mais la réplique me fait bien rire.
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Re: Série "Dr House"

Message  Jazz le Ven 2 Mai 2014 - 18:41

Un beau scoop : Wilson serait le père biologique de House  affraid 
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Ven 2 Mai 2014 - 22:32

Bon, Jim, tu stoppes la Vicodin, là, sinon j'téléphone au fantôme d'Amber pour qu'elle vienne te tourmenter. lool
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156. 5 jours à tirer

Message  Dearesttara le Lun 8 Juin 2015 - 0:18

Allez, après plus d'un an, me voilà de retour pour attaquer la dernière saison de la série. Very Happy


8.01 5 jours à tirer (Twenty Vicodin) :



- You completely divorced from humanity.
- Me and humanity, we got married too young.


House a été condamné à un an de prison ferme suite à la destruction du salon de Cuddy. Au bout de 8 mois, il obtient une libération conditionnelle : il partira dans cinq jours. Sachant cela, Mendelson, le chef d’un groupe violent, lui ordonne de se débrouiller pour lui fournir 20 pilules de Vicodin, sinon ses amis du dehors le tabasseront. House ne peut réagir sans semer le trouble et voir sa remise annulée. Nick, un autre détenu, se met à avoir des symptômes bizarres. La doctoresse de la prison, Jessica Adams, accepte de collaborer avec House pour tenter de trouver la maladie dont il est atteint, malgré le veto de son supérieur…


L’ouverture de la saison 8 descend tout droit de celle de la saison 6 ; la prison remplaçant l’asile psychiatrique. Dans ces deux épisodes, House est privé de liberté, et à la fin d’événements intenses, découvre de nouvelles vérités sur lui-même. Le scénario de Peter Blake n’est pas aussi abouti que ce chef-d’œuvre émotionnel qu’est Broken, mais sa description du milieu carcéral est bien réaliste, à l’opposé de l’édulcoration de « la maison des fous ». Les mésaventures de House dans ce milieu où règne la loi de la jungle bénéficient d’une soignée galerie de personnages. La première des deux étoiles du soir de la série s’appelle Jessica Adams, a les traits de la très belle Odette Annable, et charme par son caractère enfiévré derrière le masque de son professionnalisme.



Bien que nous ne sommes pas dans l’enfer d’Oz, modèle absolu de la fiction carcérale, la prison de House n’est guère une promenade de santé : rixes parfois mortelles, racket, chantage, trafic, groupes violents… Les amateurs de 24 heures chrono seront sans doute surpris de voir Mike Novick en violent impitoyable, mais Jude Ciccolella, comme le casting général, est fort efficace. House, seul au milieu de tous, a besoin de toutes les ressources de son cerveau pour éviter les pièges. A ce titre, le moyen absolument génial qu’il trouve pour conserver sa radio contre une montagne de muscles qui la lui exige, est du meilleur culot. Mais Blake sait aussi nous faire voir la part d’humanité qui reste chez certains individus. On le voit avec le compagnon de cellule de House, qui reporte toute son affection sur… un criquet. Ou bien, « l’ami » de House qui lui donne des conseils pour ne pas avoir de problèmes. Une atmosphère étouffante sort des plans savamment enchaînés de Greg Yaitanes.

Le cas médical est assez minimal (mais on retient une trachéotomie « artisanale » stupéfiante de House) puisque l’intérêt porte sur deux autres points : les efforts de House pour s’occuper du cas de Nick, et sa collaboration cahoteuse avec le Dr.Adams. Leur première rencontre renferme ce qui est certainement la déduction la plus Holmesienne de toute la série où l’on jurerait entendre le grand détective en action. Adams aime le frisson de l’inattendu, de la complexité, et se passionne dès que House flaire le cas de Nick. L’entendre répondre « cool ! » lorsque Nick se met à pisser du sang partout en dit long sur le personnage ! Sa relation avec House, faite de défiance et de confiance, ébauche un personnage calme animé par une flamme intérieure, qui attend du changement dans son quotidien. Plus l’aura de House et la complexité du cas la submergent, plus elle accepte de prendre de risques, au grand dam de son supérieur. Toujours le magnétisme impressionnant du diagnosticien. Dans les dernières scènes, elle se lâche jusqu’à désobéir à un ordre direct, peu importe les conséquences : sa conscience de médecin est satisfaite. Odette Annable a une grande force dans son langage corporel, attentive au moindre détail. Son duo avec Hugh Laurie manque de chaleur, mais qu’on se rassure, cette rigidité s’assouplira à l’avenir.



La rétivité à toute autorité de House est indissociable du personnage, mais il est au bout du rouleau de toujours jouer à la tête brûlée. Ses actes « osés » ne sont d’ailleurs motivés que pour écarter la mortelle menace Mendelson. Symboliquement, House ne veut plus se révolter, en témoigne sa volonté de s’être livré à la police et avoir refusé un avocat pour être sûr de payer son acte. C’est autant un souhait d’expiation de ses fautes (nous savons depuis la saison 2 que c’est un trait du personnage) qu’un refuge dans le confort tordu de ne pas avoir à décider, une action si épuisante parfois… Pour la deuxième fois après la saison 6, il tente d’échapper à la médecine, et il y serait peut-être parvenu sans Adams qui ravive son feu : House sera toujours un médecin, et nous retrouvons la thématique de « l’artiste » qui doit se sacrifier pour le bien du public (ici les patients). Ce jeu de vases communicants où House fait voir une autre médecine à Adams qui en retour le ressuscite de sa résignation est superbement écrit.

Sous l’influence d’Adams, on retrouve le House qu’on aime : révolté, anticonformiste, au sens du sacrifice quasi légendaire pour l’énigme à résoudre, prêt à voir s’envoler sa liberté conditionnelle du moment qu’il guérit Nick. Quelle joie de le voir rabattre le caquet de Mendelson, lorsqu’il fait un acte suicidaire et courageux à la fois. Avec une grande virtuosité, Blake souligne que ses tendances philanthropiques, en éveil depuis la saison 6, lui sauvent la vie à cette occasion. L’image finale, le voyant heureux de s’être retrouvé, est une conclusion magnifique pour cette ouverture de saison.




Infos supplémentaires :

- Première apparition du Dr.Jessica Adams, interprétée par Odette Annable. Elle va intégrer l'équipe de House à partir de l'épisode 8.03 Charity Case, jouant en tout dans 21 épisodes.

- Durant les quatre premiers épisodes, le générique apparaît à froid. Seuls Hugh Laurie et Odette Annable figurent dans cette histoire en tant qu’acteurs principaux.


- Second séjour de House en prison. 11 mois se sont écoulés entre le 7.23 et le 8.01 (3 mois de cavale, 8 mois de prison).


- Michael Bailey Smith fut le démon Balthazar dans Charmed et interpréta également d'autres rôles secondaires. A croire que tout le casting secondaire de la série est passé par Dr.House !

- Curieux que Mendelson porte une bague, vu qu’il est interdit aux prisonniers de porter des bijoux en détention.

- House appelle le cricket Jiminy en référence à Pinocchio. Il mentionne aussi Vertigo d’Alfred Hitchcock.

- La chanson de l’épisode est Black de Kari Kimmel.



Acteurs :


Odette Annable (1985) a attiré l’attention par ses capacités de comédienne et son physique avantageux. A la télévision, son rôle du Dr.Adams dans Dr.House, est son plus connu. Elle a joué les rôles principaux d’Aubrey d’October Road (19 épisodes), de Melanie Garcia dans Breaking in (12 épisodes), et de Trudy Cooper de The astronaut wives club (10 épisodes). Elle est aussi le personnage récurrent de Nola Longshadow de Banshee (11 épisodes). Elle fut également de Monk, Life on mars (US), Brothers & sisters (4 épisodes), New Girl, Banshee, Mon oncle Charlie (3 épisodes), etc. Elle a joué aussi dans des films : Transformers, Cloverfield

Jude Ciccolella (1947) est connu pour avoir été Mike Novick dans 59 épisodes de 24 heures chrono. Après des études de philosophie, il se tourne vers la comédie, devenant au fil des années un comédien de théâtre renommé, jouant classiques et modernes célèbres (David Mamet, Tennessee Williams), qui lui ouvrit les portes des écrans. Sa filmographie impressionnante compte beaucoup de télévision : Equalizer (épisode Chacun chez soi), New York police judiciaire (3 épisodes), New York section criminelle, Walker texas ranger, Urgences, NYPD Blue, Les Experts (2 épisodes), Les Experts : Manhattan, Tout le monde déteste Chris (4 épisodes), Life, Boston Justice, Prison Break (3 épisodes), Médium (épisode Le cougar), Monk, Cold Case, Mentalist, Burn notice, NCIS (4 épisodes), Touch (3 épisodes), Body of proof, Matador (8 épisodes), Major crimes, etc. Il est très familier du cinéma, apparaissant dans nombre de films renommés (Les évadés, Star Trek : Nemesis, Un crime dans la tête, Sin City…). Il reste toutefois lié à ses performances théâtrales.

Sebastian Sozzi joue sur les deux écrans avec une réussite régulière. Au cinéma, on l’a vu surtout dans In the cut ; et dans les séries, il a joué le rôle récurrent de Vinny Cruz dans Blue bloods (13 épisodes). Mais il fut aussi de New York 911, New York section criminelle (2 épisodes chacun), New York police judiciaire (4 épisodes), etc.



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157. Second souffle

Message  Dearesttara le Mer 10 Juin 2015 - 23:47

8.02 Second souffle (Transplant) :


Where's my patient ? We need to not talk.


Bobby, 18 ans, s’est tué lors d’une virée en moto. Ses poumons doivent servir à sauver une patiente. Mais les poumons sont malades. House est libéré grâce à Foreman, désormais chef de l’hôpital depuis la démission de Cuddy, à condition qu’il revienne travailler à Princeton-Plainsboro, mais seulement en tant que « consultant ». Chase, Taub, et Numéro 13 sont partis, et une seule personne constitue son équipe : le Dr.Chi Park, femme timide, effacée, mais aux accès de colère et d’autorité inattendus. Wilson ne veut plus être ami avec House, ce dernier décide donc de le « reconquérir »…


Plus d’un an s’est écoulé depuis la saison 7. Liz Friedman et David Foster accomplissent cet exercice toujours périlleux de présenter un univers différent après un saut temporel (mode lancée à la télé par J.J.Abrams dans Alias). House, tout comme le fan, est sans repères : équipe partie, nouvelle direction, nouvelles règles… ; à cette réadaptation forcée, Transplant nous présente en plus un cas fada (diagnostic de deux poumons !!) et passionnant. House ne cache plus ses sentiments pour Wilson en lui exprimant son amitié directement, sans détour, unique arme pour détruire la barrière entre eux. L’entrée en scène de la seconde étoile du soir de la série, le Dr.Chi Park, nous vaut plein de scènes hilarantes grâce à Charlyne Yi, dont le jeu malignement intériorisé à l’excès fait pouffer de rire. Un prélude plein de promesses !



Bombshell : Cuddy a démissionné, et c’est Foreman le boss maintenant ! Passé l’incrédulité de House (et la nôtre aussi), nous suivons le cas, indissociable de la découverte de Chi Park. Timide mais pas geignarde, obéissante mais non soumise, calme, mais aux accès furieux ahurissants… à chaque fois qu’elle va à fond dans un trait de caractère tout mimi, elle le relève une minute après par son contraire ! Ce personnage imprévisible et compétent nous vaudra d'excellents moments de comédie. La dame se frite avec House, raconte qu'elle a "knock-outé" son supérieur (admirez comment House passe en une seconde du mépris à l’intérêt), gueule contre des ouvriers pas solidaires… c’est dans ces éclairs de dureté que le personnage acquiert sa dimension, ce que voit fort bien House qui lui recommande « de sortir la garce qui est en elle ». House, égal à lui-même, exprime son respect par un coup tordu, (comique explication de texte par un Wilson stoïque). La série utilise son arme favorite pour présenter un nouveau personnage : House faisant des déductions à la Sherlock Holmes ; on ne s'en lasse jamais. Les deux compères s’apportent autant l’un à l’autre : House se réadapte grâce au soutien de Park, Park trouve le courage d’affronter ses peurs grâce à lui. Une jolie réciprocité. On apprécie aussi que Foreman et House aient appris à communiquer : quand Foreman retrouve les affaires de House, House râle en se demandant où il va mettre sa future équipe, ce que Foreman comprend comme un merci déguisé, le regard de House le confirme.



Le suspense électrique naissant de la vision de ces deux poumons solitaires qui se dégradent au fur et à mesure des ratés de « l’équipe », nous scotche au cas, avec une Park convaincante. On regrette seulement les portraits schématiques de la patiente et de sa sœurette, malgré la justesse de Liza Snyder et d’Heather McComb. Niveau relationnel, c’est bien entendu House qui nous intéresse. La thérapie Nolan continue de l’influencer, car il persiste à être soucieux de son prochain et de lui-même. Lorsque Foreman lui propose de revenir à l’hôpital, il commence par refuser en disant vous croyez que ce serait bien pour moi de reprendre ma vie d’avant, ou pour qui que ce soit ? Lorsque le personnel l’accueille sans salutations, House se montre ironique, mais l’humour de ses pirouettes pathétiques dit clairement sa déception. Le House des premières saisons n’aurait jamais été si susceptible.

Tout comme en début de saison 5, le Hilson semble mort. House est de marbre, Wilson sobre et dur, mais la composition millimétrée des acteurs est si précise que l’on voit tout de suite le peu de joie de leurs personnages devant une telle situation. C’est cette fois Wilson qui s’illusionne en imaginant pouvoir oublier House. House bouleverse totalement sa personnalité devant le spectre de la séparation : il accepte qu’il l’ait blessé, et va prouver qu’il l’aime, avec paroles et actes concrets, sans son "tough love" habituel. Même si Wilson ne cesse de le rembarrer, House veut y voir un combat désespéré de son ami contre ses sentiments en conflit (terrible « je ne t’aime pas » lancé par Wilson). A cette sincérité, House ajoute des doses calculées de provocation, sachant que c’est un accès de violence de Wilson qui avait ressoudé leur amitié en saison 5. Le coup de poing que reçoit House sonne donc bien comme une délivrance (chez House MD, un coup de poing peut être très émouvant). Le Hilson semble bien la dernière chose sur Terre pour empêcher le diagnosticien de sombrer dans la folie ; c’est diablement touchant. C'est ce soin accordé à cette amitié fascinante qui récompensera la série dans son grand finale.



Infos supplémentaires :

- 2 mois se sont écoulés depuis l’épisode précédent.

- Plusieurs hypothèses expliquent la promotion de Foreman en temps que doyen de l'hôpital :
a) Il fut le supérieur de House dans quelques épisodes des saisons 2 et 6, par conséquent c'est à lui que revint la responsabilité de remplacer Cuddy.
b) Comme un effet miroir, il était le petit nouveau alors que Cameron avait rejoint l'équipe depuis six mois et Chase depuis deux ans.
c) Il était celui qui résistait le plus aux ordres de House, et se laissait le moins corrompre.
d) Comme Chase retournait faire du surf, Taub de la chirurgie plastique, et Numéro 13 profitait de sa vie, il est resté et a pris la responsabilité de diriger la clinique.
e) Omar Epps venait après Lisa Edelstein dans le générique ; après le départ de celle-ci, les producteurs ont simplement fait de Foreman le nouveau doyen, estimant qu'après Hugh Laurie venait le nom de l'acteur doyen.

- Wilson dit être devenu végétarien.

- Foreman répond à House que son salaire est au minimum et qu'ils ne peuvent payer Chase, Taub et Numéro 13. Clin d’œil à la série elle-même qui s'effondrait tout doucement (et à la raison du départ de Lisa Edelstein). House finira par trouver un financement dans l'épisode 8.04 Placements à risque.

- Wilson frappe House dans l'épisode.

- Curieusement, House refuse de savoir où Cuddy travaille. Nous apprenons néanmoins que sa démission date du lendemain de l'accident avec House. Park, quant à elle, travaille en neurologie en tant qu'étudiante. Mais elle doit passer en conseil disciplinaire après qu'elle ait frappé son ancien patron, qui la harcelait sexuellement sous l'effet de l'alcool. Park se retrouvera devant le conseil dans l'épisode 8.04 Placements à risque, après que son chaleureux patron l'ait plongée dans une bonne mélasse histoire d'épicer tout ça.

- Lorsque Foreman impose à House ses conditions de remise en liberté, ce dernier répond « Yassa massa ». C’est une déformation de « Yes, master » (Oui, maître) que prononçaient avec leurs accents les premiers esclaves noirs-africains aux Etats-Unis lorsqu’ils devaient accomplir un travail pour leurs maîtres. Foreman étant noir, on comprend qu’il considère la réplique de House comme une provocation !

- Quand House va dans le parloir avec Foreman, l’ordinateur de ce dernier est ouvert ou fermé selon les plans.

- House porte une paire de chaussures Nike. Il surnomme Park « Caliméro ». Il a offert à Wilson un collier qu’il aurait jeté dans l’océan.

- La chanson entendue lorsque House est dans le bureau de Wilson est le célèbre My heart will go on de James Horner et Wilbur H. Jennings, chanté par Céline Dion. C'est la chanson-phare du film Titanic.



Acteurs :

Charlyne Yi (1986) a commencé comme humoriste. Elle est maintenant comédienne, auteure, musicienne (soliste ou en groupe), magicienne. Si elle a une bonne carrière de comédienne, elle n’a pas vraiment percé sur les écrans. Son rôle du Dr.Park dans Dr.House reste son plus mémorable. On l’a vue à la télé dans 30 Rock, Cold Case… et au cinéma chez Judd Apatow entre autres (En cloque mode d’emploi, 40 ans mode d’emploi...), mais aussi Cloverfield, etc.

Liza Snyder (1968), petite-fille du compositeur de film Johnny Green, a joué trois rôles principaux de série télévisée : Molly Whelan dans Les anges de la ville (22 épisodes), Linda de Jesse (42 épisodes), et Christine Hugues de Oui chérie ! (122 épisodes). Elle est aussi apparue dans Arabesque, Chicago Hope, Raising Hope, etc.

Heather McComb (1977) a surtout joué dans des séries télé, notamment le rôle de Frances Malone dans Profiler (24 épisodes), et Belinda "Scout" Jenkins dans The outsiders (13 épisodes). Elle fut aussi de Madame est servie, Chicago Hope, X-Files (épisode La main de l’enfer), Code Lisa, MillenniuM (épisode Angel), The Practice, La vie à cinq (11 épisodes), NYPD Blue, Les Experts, Les Experts : Miami, Les Experts : Manhattan, CSI : Cyber, Preuve à l’appui, The inside, FBI portés disparus, Prison Break (4 épisodes), Mentalist, Rizzoli et Isles, Bones, Body of proof, Shameless, Ray Donovan (4 épisodes), Castle, etc. Elle a parfois été sur grand écran.



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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Jeu 13 Oct 2016 - 9:37

The Night Manager, la mini série d'espionnage avec Hugh Laurie et Loki ce soir sur France 3. La critique en a été excellente. Bon, perso, c'est soirée Bridget.
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Re: Série "Dr House"

Message  Camarade Totoff le Jeu 13 Oct 2016 - 14:04

Courage Dear, tu tiens le bon bout !
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Re: Série "Dr House"

Message  Camarade Totoff le Mar 20 Déc 2016 - 14:31

Sans doute désoeuvré et conditionné également par quelques dizaines de critiques excellentes, je me suis laissé aller hier soir à regarder deux épisodes de "Dr House".

C'est horrible, j'ai adoré ça !

Le premier était "Leçon d'espoir" (Autopsy en VO, 2-2) qui met un coup au plexus.

Le second a été mon préféré de la soirée, "Culpabilité" (Humpty Dumpty, 2-3). La façon dont l'épisode passe du rire au drame est fascinante. J'ai ri plusieurs fois de bon coeur et à gorge déployée (notamment quand House et consorts fouillent chez Cuddy). Ignacio Serrichio est correct ; il sera meilleur dans Bones. J'ai aussi bien aimé Sela Ward.

Heureusement, je me suis souvenu à temps que je détestais les séries hospitalières. Je suis parvenu à m'extraire de mon canapé et à ouvrir un ouvrage austère sur l'histoire du christianisme.

Ouf ! J'étais sauvé !
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