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Série "Dr House"

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10. L'Histoire d'une vie

Message  Dearesttara le Lun 31 Jan 2011 - 1:49

Merci Philo ! Very Happy

Bien, voici l'épisode 10.


10. L'Histoire d'une vie (Histories) : H H




- You're reading a comic book.
- And you're calling attention to your bosom by wearing a low-cut top... Oh, I'm sorry, I thought we were having a state-the-obvious contest. I'm competitive by nature.


Victoria Madsen, une SDF crevant de froid, parvient à entrer dans une boîte glauque pour se réchauffer mais l'ambiance folle et psychédélique la fait vaciller. Lorsque les policiers arrivent pour interdire la fête illégale, elle reçoit plusieurs coups et s'écroule. Transportée à l'hôpital, elle ne parvient pas à se rétablir mais Foreman soupçonne que sa patiente simule la maladie pour pouvoir rester au chaud. Ce dernier trouve son cahier où elle a dessiné plusieurs histoires qui pourraient bien avoir un sens et expliquer sa confusion mentale. L'équipe de House parviendra-t-elle à trouver le fin mot de l'histoire et guérir l'infortunée de sa prison mentale ?...



Episode triste à tous les sens du terme. A la fois baignant dans une atmosphère chagrine et construit sur un scénario faiblard, l’épisode tente de nouveau de mettre l’émotion au premier plan. Alors que la série réussit généralement à émouvoir quand elle le veut, force nous est de constater qu’ici, la sauce ne prend pas.

Passée la saisissante introduction dans la boîte, l’épisode se complaît dans une routine classieuse. L’obstination de Foreman à penser que Victoria simule la maladie éveille la curiosité certes, mais le voir persister dans son idée n’est pas très crédible. Or, nous savions dès l’introduction que Victoria était malade. Le suspense repose donc sur le temps que mettra Foreman à reconnaître son erreur : pas déplaisant mais tarabiscoté. Les scènes de diagnostic différentiel, d’habitude si intéressantes, déçoivent malheureusement : multipliées à l'excès et avec moins de housismes que de coutume, elles enferment l’épisode dans un rythme amorphe.

En fait, la faiblesse principale de l’épisode est qu’il se concentre trop sur l’examen du cas médical. Corollaire : le personnage de la patiente est complètement passé à l’as à l’exception des dernières minutes. L'épisode ne s'attarde pas non plus sur les dessins de la patiente, en plus, leur secret ne sera révélé lors d'une scène vite expédiée à la fin ; une autre bonne piste gâchée ! La révélation de la 2e maladie est cependant une bonne surprise, attirant l'attention. Mais en fait, curieusement, c’est le cas secondaire est qui le plus intéressant dans cet épisode !



Heureusement, un coup de fouet est donné à la 25e minute : la patiente a fugué de l’hôpital. Enfin, un peu de tension dans l’épisode qui finit par décoller ! Parallèlement, deux étudiantes, sous le parrainage de House qui se moque éperdument d'elles, doivent résoudre le drôlissime cas secondaire. House « cuisine » également un policier irresponsable cherchant à dissimuler une faute professionnelle, etc. L'épisode prend ainsi des allures de réquisitoire contre l'abus de pouvoir des policiers et le malaise social que constitue la mise à l'écart des SDF et des laissés-pour-compte. Ca y’est, l’épisode a trouvé sa vitesse de croisière, mais le réveil est un peu tardif !

Lorsque l’équipe trouve enfin la maladie finale, la gravité de la situation est prenante, nous prenant au dépourvu car c’est la première fois que House et son équipe sont impuissants, les docteurs ne sont pas invincibles nous rappelle la série : même Gregory House et son équipe de choc ne peuvent empêcher l’inexorable.

La révélation sur le passé de la SDF est trop précipitée mais reste émouvante. Mais la scène finale rattrape le niveau en offrant une courte mais superbe fin avec Foreman consolant par un mensonge la pauvre Victoria qui souffrait d’un terrible complexe de culpabilité. Cette sad end ne l’est cependant pas totalement et nous dit que la mort n’est pas forcément une malédiction. Pour Victoria, elle est synonyme de délivrance. C’est bien joué de la part du scénariste car habituellement, la mort chez les médecins est toujours vécue comme un échec. Ici, c’était peut-être la meilleure issue possible. Comme dans l'opéra de Debussy où Mélisande quitte sereinement un monde de souffrances trop dur pour elle, Victoria part l’âme apaisée.



On regrettera que l’épisode ne se termine pas par cette scène mais par une surcharge de pathos avec la révélation appuyée et tombant comme un cheveu sur la soupe, de Wilson sur son frère qui ne vient vraiment pas à point.

Le scénario ne fait malheureusement pas la part belle aux acteurs : Leslie Hope a un rôle très limité et est finalement peu présente. Dommage, les rares scènes où elle parle sont très réussies, encore un gâchis ! Hugh Laurie fait parfaitement son job mais sans plus. C’est plutôt Omar Epps qui sur le devant de la scène et qui finalement tient l’épisode par ses comportements divers entre accès de colère et moments de bonté. Le reste de la distribution en pâtit, y compris Lisa Edelstein qui a peu à défendre.
Mention quand même à Larry Clarke en policier pas commode, aux amusantes Ogy Durham et Smith Cho en étudiantes et à Leslie Karpman en amnésique sévère !

Tout n’est pas mauvais dans cet épisode, loin de là, mais cet épisode est singulièrement en-dessous du niveau de la série. Par conséquent, L'histoire d'une vie est sans aucun doute l'épisode le plus faible de la saison.


Infos supplémentaires

Deuxième fois (sur trois) qu’un patient du docteur meurt. C’est ici le premier échec total pour House car son unique patiente décède alors que dans l’épisode Panique à la maternité, il arrivait à sauver cinq des six bébés menacés de mort (« semi-échec » donc). House subira d’autres « échecs totaux » dans les saisons suivantes mais il ne subira que celui-là au cours de la saison 1.

Nous apprenons que Wilson a deux frères. Il s'est brouillé avec l'un des deux il y a 9 ans. Depuis, il ne l'a plus jamais revu et il ignore s'il est encore vivant. Il est encore très affecté par cette disparition.

House semble avoir des notions de yiddish (malgré qu'il ne soit pas juif) et semble connaître les mœurs juives. Lorsque Wilson dit ironiquement Mazel tov ! (Bonne chance ou félicitations), il répond Kenahora. Littéralement, ce mot signifie sans le mauvais œil. En effet, dans la culture juive, lorsqu'on adresse des félicitations à quelqu'un, ce quelqu'un, traditionnellement, atténue le compliment par un ou deux mots de souhait ou de prière pour se garder du mauvais œil. C'est une manière de rester modeste...

House regarde la série Newport Beach

Deuxième et dernière fois que House appelle Foreman par son prénom : Eric.

Foreman aurait passé son concours en obtenant la note maximale (20/20) d'après Wilson. Ses parents, mariés depuis 40 ans, sont à la retraite. Il semble avoir bien connu les SDF et depuis, a une sorte d'aversion envers eux.

Lorsque Foreman se rend dans le coin où "vit" la sans-abri, on peut voir une affiche vantant l'entreprise "Kaplow's". Il s'agit d'un clin d'œil à Lawrence Kaplow, un des producteurs de la série.

Les chansons de l'épisode sont On fire like this de Buck A. E. Down et Atom Smith, interprétée par The Mutaytor et Trip like I do de et par The Crystal Method.



Acteurs

Leslie Hope (1965) est surtout connue pour avoir joué (24 fois) Teri Bauer, la femme de Jack Bauer dans la saison 1 de 24 heures chrono. Diplômée d'une université en droit, elle renonce à sa carrière d'avocate en devenant actrice. Elle commence par un petit rôle dans Love Streams de John Cassavetes qu'elle suit à Los Angeles pour pouvoir intégrer son équipe. Son apprentissage terminé, elle fonde sa propre compagnie de théâtre The Wilton Project et continue depuis de tourner, réaliser, scénariser et produire pour le cinéma, la télévision et le théâtre. Elle a joué dans quelques films (comme le Bruiser de George A. Romero) et surtout dans des séries : Star Trek, La vie à tout prix (2 épisodes), Au-delà du réel - l'aventure continue, Robocop, The Eleventh Hour, Les Experts : Miami, New York - Section criminelle (2 épisodes), Mentalist (4 épisodes)...


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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mer 2 Fév 2011 - 13:33

Par suite de problèmes informatiques, je me vois obligé d'arrêter temporairement les chroniques de la série. Reprise à une date indéterminée, sorry !
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Jeu 10 Fév 2011 - 23:59

Bon, les problèmes sont apparemment derrière moi, je reprends mes chroniques bientôt ! Very Happy
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11. A bout de nerfs

Message  Dearesttara le Sam 12 Fév 2011 - 0:05

11. A bout de nerfs (Detox) : H H H H




- You're doing, what, 80 milligrams a day? [...] It's double what you were taking when I hired you.
- 'Cause you're twice as annoying !


Keith Foster, un garçon de 16 ans, fait une virée en voiture avec Pam, sa petite amie. Mais il se met d'un coup à saigner, provoquant un grave accident de voiture. Si Pam s'en sort indemne, Keith souffre toujours de l'hemorragie qui l'a saisi avant l'accident et qui demeure inexplicable. De surcroît, Cuddy fait un pari avec House : pour l'obliger à reconnaître sa dépendance à la codéine, elle veut que House tienne une semaine sans prendre l'anti-douleur et elle le dispensera d'un mois de consultations s'il y parvient. House accepte mais la douleur, de plus en plus lancinante, le fait bientôt souffrir horriblement. Il devient de plus en plus irascible, la douleur l'empêchant de traiter efficacement le cas de l'adolescent...



Cet excellent épisode est un sommet d'humour noir. Cette caractéristique de la série n'a jamais été aussi présente que dans cet épisode aux dialogues incisifs et aux situations à fleur de peau. Le cas médical du jour cède la place à l'épreuve de House, au premier plan. Le chemin de croix du diagnosticien influant profondément sur le déroulement de l'épisode.

L'introduction est à coup sûr une des meilleures de la série : avances sexuelles de la fille au garçon qui en fait n'en sont pas (une minute de dialogue à double sens, chapeau au scénariste !) et trois rebondissements consécutifs en vingt secondes. Voilà un début tonique et énergique !
Evidemment le tempo se relâche ensuite mais ce n'est pas très génant car le thème du jour est curieusement moins la maladie de Keith que la douloureuse expérience de House. Voulant à tout prix répondre à la provocation de Cuddy, il arrête le Vicodin, son anti-douleur et les choses se gâtent très vite : la douleur, de plus en plus forte, commence par rendre House plus irritable et difficile que de coutume (oui, oui, c'est possible !). Cela entraîne la condescendance de son équipe (dont il n'a évidemment rien à faire). Comme tentative de compensation, House crache plus de fiel que de coutume, se montrant insupportable au possible.

Le sevrage se manifeste par le visage de plus en plus hagard du docteur (félicitations aux maquilleuses !) et surtout par le prodigieux effort qu'il fait pour se mentir à lui-même : il ne veut pas reconnaître son addiction et au lieu de stopper ce dangereux pari qui l'empêche de travailler convenablement, il continue, obstiné, à tenir tête le plus qu'il peut. Le crescendo s'opère par des scènes de plus en plus fortes : l'inattention, les halètements, la scène avec la jolie masseuse (à ne pas manquer !!) puis un premier pic de tension lorsque Keith est amené aux urgences : House lâche une blague noire à la limite de la méchanceté pure et dure, indignation de la sensible Cameron à la clé. House s'aperçoit alors les conséquences du manque. C'est sans doute à ce moment-là qu'il réalise sa dépendance irréversible à la codéine mais ne voulant pas donner satisfaction à Cuddy, persiste dans son entêtement stupide, allant jusqu'à s'auto-mutiler pour calmer la douleur !



Après la douleur physique, le psychologique prend le relais. House décide carrément de jouer avec la vie du patient pour prouver qu'il a raison. Cuddy, pourtant habituée aux frasques de House, est dégoûtée par son attitude. Dans la scène où House se fait bander la main, il devient d'une antipathie incroyable ! Jamais il n'était allé aussi loin dans la noirceur. En cela, Hugh Laurie anticipe le comportement de son personnage durant les saisons suivantes où il repoussera sans cesse les limites de l'antipathie, quitte à perdre la sympathie du spectateur. Parallèlement, il devient totalement méconnaissable, transpirant, souffrant à chaque pas. Il provoque ainsi une émotion complexe sur le spectateur qui ne sait s'il veut le voir capituler ou résister, tout à fait un genre de situation que n'aurait pas renié Sir Hitchcock, maître de l'ambiguité.

Finalement, la scène la plus intéressante se revèle la dernière où House assume enfin sa dépendance mais, House est House et donc, il déclare qu'il n'a pas de problème : il est accro à la codéine et alors ? Du moment qu'il fait son boulot et que ça calme sa douleur, pourquoi arrêterait-il d'en prendre désormais ?
On remarquera quelque chose d'important : House, aveuglé par la haute opinion qu'il a de lui-même, ne tire jamais des leçons de ses échecs, et cela lui sera préjudiciable à plusieurs reprises, notamment lorsque le personnage de Stacy entrera en scène.

On peut regretter alors que la scène avec le chirurgien se révèle anticlimatique puisque le spectateur finit par se rallier à lui, cette scène casse la relation complexe que House entretenait avec le spectateur. Malgré cela, la scène est réussie car House n'est jamais aussi régalant que dans cette scène où il sabote sans subtilité l'opération du rein ! Cela lui vaut - surprise - un coup de poing désespéré du père qui le met à terre !



Le cas Foster se révèle de plus très agréable à suivre. Malgré quelques longueurs classiques au début et des dialogues assez mièvres entre les deux amoureux, heureusement rares, la complication de la maladie, tout en suspense, et les quelques scènes d'électrochoc (comme le vomissement brutal, le foie pourri ou l'autopsie de "Jules") dynamisent à intervalles réguliers le tempo de l'épisode. Nous participons aux maux subis par l'adolescent, qui traverse des crises de plus en plus fortes. De plus, tous les personnages tiennent une forme olympique : Foreman révolté, Cameron agressive, Chase malaisé, Wilson cynique, Cuddy, froide et révulsée... la tension est partout et ne se relâche pas. L'ironie, maîtresse de l'épisode, domine tout, y compris le twist final et la cause de la maladie. En même temps, l'épisode attaque à mots couverts le manque de moyens dans les hôpitaux qui ne servent pas toujours une nourriture convenable.

L'interprétation est plutôt au beau fixe : immense Hugh Laurie dans une de ses meilleures compositions qui sombre dans une descente aux enfers dont il sortira - comble de l'amoral - totalement indemme ! Tous les comédiens qui jouent les docteurs sont parfaits, ayant plus à défendre que d'habitude et tenant également l'épisode par leurs réactions envers House. Mention à Jennifer Morrison, plus corrosive que d'habitude. Le couple Seyfried-D'Agosto est en revanche bien anodin et Mark Harelik emprunte trop son jeu, surjouant excessivement son personnage qui perd en crédibilité. Cependant, cela n'empêche pas l'épisode d'être réussi sur à peu près tout.


Infos supplémentaires

Premier épisode où House se fait frapper, ce ne sera pas la dernière fois !

L'introduction, qui débute par une scène de lit entre un garçon et sa petite amie, n'est pas sans rappeler celle de Cherchez l'erreur. Dans les deux cas, c'est la fille qui domine ! L'introduction, en elle-même, est une des plus saisissantes de la série.

D'après House, Wilson n'a jamais "emballé" au lycée. Par contre, nous ne savons pas si House était dans le même cas !

Chase est un garçon issu d'une famille aisée tandis que Foreman vient d'une famille plus modeste. Foreman a cependant un beau cursus derrière lui : 4 années de faculté, 4 années d'école de médecine, 2 années d'internat et 4 années de spécialisation !

House, d'après lui-même, fait fuir les gens depuis qu'il a 3 ans. A la fin de l'épisode, il reconnaît être addictif à la codéine mais dit que cela ne lui pose pas de problème.

Deux chansons dans l'épisode : Feelin' Alright de Dave Mason, interprété par Joe Cocker, et You don't have to worry par Wayne Jones et Windy Wagner, chantée par cette dernière.



Acteurs

Nicholas d'Agosto (1980) a baigné très tôt dans le théâtre et dans les spectacles musicaux. Diplômé en Histoire et en théâtre, il choisit une carrière d'acteur et obtient son premier rôle dans le film L'arriviste. Depuis, il joue aussi bien au cinéma (Destination Finale 5...) qu'à la télévision où il a joué dans des séries comme Six feet under, Cold Case, Supernatural, FBI : portés disparus, Urgences (2 épisodes) etc. Toutefois son rôle le plus connu reste celui de West Rosen, homme doué de la faculté de voler qu'il joua 9 fois dans la saison 2 de la série Heroes

Amanda Seyfried (1985) est une des comédiennes les plus prometteuses de sa génération. Sa vocation naît quand elle regarde à 10 ans Romeo + Juliette de Baz Luhrmann (avec Leonardo di Caprio). Elle commence toutefois comme mannequin tout en prenant des cours de chant et de comédie. Elle débute sur le petit écran grâce au rôle de Lucinda Montgomery dans le soap opera As the world turns (27 épisodes) mais elle se fait vraiment remarquer en jouant un second rôle dans le film Lolita malgré moi. Pressentie pour jouer le rôle éponyme de la série Veronica Mars (qui échut à Kristen Bell), elle apparut dans cependant 11 épisodes dans la série (rôle de Lilly Kane). Ayant reçu plusieurs récompenses, elle continue sa fructueuse carrière jouant dans des films comme Nine lives, Mamma mia ! ou Jennifer's body. Elle n'a joué que dans peu de séries jusqu'à décrocher un des rôles majeurs de la série Big Love, celui de Sarah Henrickson (49 épisodes)...

Mark Harelik (1951) est surtout un acteur de télévision et de théâtre (également dans les musicals de Broadway). Il est également dramaturge. D'abord au théâtre, il ne vient vraiment devant le petit écran qu'à partir de 1993. Il a joué dans des séries comme Star Trek : Voyager, Angel, Les Experts : Miami, Desperate Housewives, Six feet under, Numb3rs, Grey's anatomy, Bones, Urgences, Medium, Breaking bad... et beaucoup d'autres ! On l'a peu vu au cinéma, mais on peut noter qu'il joue un petit rôle dans Jurassic Park III



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12. Rencontre Sportive

Message  Dearesttara le Jeu 17 Fév 2011 - 15:01

12. Rencontre sportive (Sports Medecine) : H H H



- You got a big "Keep Out" sign stapled on your forehead.
- That explains it, I told them to put it on my door.


Hank Wiggen, champion de baseball, tourne un clip de prévention contre la drogue. Lui-même est un ancien drogué. Mais pendant le tournage, l'os de son bras se casse net. House est certain qu'il continue à se droguer aux stéroïdes ce qui expliquerait son ostéoporose (os d'une excessive fragilité) mais lui et son épouse démentent cette allégation. Les analyses faites montrent qu'ils disent vrai. Pendant que l'équipe tente de trouver la cause de sa maladie, son rein pourrit et il traverse une crise d'hallucinations... Pendant ce temps, House cherche quelqu'un pour l'accompagner à un match...



Bon épisode renouant avec le thème du secret plus ou moins honteux du patient, qui a déjà fait le succès de plusieurs épisodes. Tout au long de l'intrigue, le déroulement du cas médical ne nous ennuie jamais. Si l'histoire du jour ne sort pas du lot et reste classique dans son développement, elle n'en demeure pas moins plaisante à suivre.

Suivons donc l'histoire du "seul sportif pas accro aux stéroides" (dixit House). Ce patient assez rétif capte tout de suite notre attention par le sourd conflit qu'il instaure entre lui et ses médecins. Tout au long du premier quart d'heure, riche en dialogues acides, la tension, toujours progressive, est bien perceptible. La complication du cas (rein pourrissant), routinière dans la série, est cependant réhaussée par le dilemme de la situation. Le dilemme est simple : Lola est enceinte, elle accepterait une IVG pour donner un rein à son mari mais Hank refuse : il veut son enfant (ils ont eu du mal à en avoir un), quitte à y laisser la vie.

C'est là qu'on s'aperçoit de l'étendue de la sécheresse sentimentale du docteur : pour lui, une IVG est quelque chose de normal, il n'y voit qu'une opération, un moyen de guérir le champion et non pas la mort d'un enfant. Mais cette absence de compassion est caractéristique de ce personnage qui ne cherche pas à être aimé ou approuvé et qui reste ironique lorsque Lola pointe du doigt son comportement. La conversation qui s'ensuit entre House et Hank est tendue : le premier veut outrepasser la volonté du deuxième (House et le serment d'Hippocrate, ça fait deux) et le dialogue est vraiment plein de force. Lorsqu'arrive la pirouette finale (classique mais plutôt étrange !) on se dit que tout le programme a été suivi à la lettre mais qu'on a eu droit à de bonnes surprises (la fausse piste de l'entraîneur est bien trouvée).

L'épisode fait réfléchir par ces sujets : avortement, les cas de conscience et surtout la confiance en l'autre avec l'harmonie du couple Hank-Lola brutalement fragilisée par les évènements. Tout cela crée un contraste avec la détente des scènes secondaires, drôles et bon enfant.



Mais le point fort de l'épisode, c'est encore et toujours le docteur. Sa redoutable performance de l'épisode précédent pouvait laisser penser qu'il subirait un contrecoup. Il n'en est rien : souffrant ou pas, House n'est jamais infidèle à sa réputation et tient une forme olympique. On retrouve son goût des échanges électrisants avec Cuddy notamment (leurs deux scènes communes sont à mourir de rire !). Sans oublier une scène tordante : House tente de partir un quart d'heure en avance mais Cuddy l'en empêche car il y a quatre patients à traiter en consultation. Une minute plus tard, il a diagnostiqué tout le monde, laissant une Cuddy sciée ! Ses réparties face à son patient et surtout face à son équipe sont plus énergiques que de coutume, un vrai régal de dialogues qui fusent comme jamais ! D'autres scènes comme celle où Cameron, Chase et Foreman discutent de leur boss, notamment de sa sexualité ne sont pas à manquer !

En parallèle, deux petites histoires pimentent l'épisode :

Surprise dès le début de l'histoire : Foreman vient de sortir d'une nuit d'amour avec Sharon, une représentante d'un laboratoire avec qui il était pourtant "en affaires". Evidemment, le rendez-vous professionnel est devenu plus... intime ! Leur petite discussion entre eux est d'ailleurs très savoureuse. Moment à déguster car la vie privée des protagonistes de la série, contrairement aux autres séries médicales, n'est que très rarement mise en avant ! Cette histoire est source de quelques scènes d'humour : House s'étonnant que Foreman s'excuse pour un retard de seulement deux minutes ou pendant la scène du restaurant, quand il débarque chez ses subordonnés sans avoir été invité et cherchant à deviner lequel des trois (Cameron comprise !) couche avec la fille !

Mais ce qui est le plus intéressant, comme détail secondaire, est House qui veut absolument inviter Wilson puis ses collaborateurs à une course de Monster truck (course de 4x4 aux roues surdimensionnées). Mais hélas, tout le monde est indisponible ! On notera que House exprime rarement des émotions devant des situations difficiles mais ce simple refus semble l'embêter profondément ! (Bon, il faut dire qu'il a payé très cher les places !) Finalement Cameron acceptera l'offre de House et, autre surprise, fèle sa posture de Sainte-Nitouche en se "lâchant" quelque peu à la fin de la soirée, elle est plus "fun". Cependant, il faudra attendre l'épisode la célèbre scène de Partie de chasse (saison 2), pour la voir vraiment à l'opposé de son image habituelle.



Toutefois, un certain malaise naît de cette histoire d'invitation car Wilson a menti à House pour ne pas aller au show pour des raisons assez délicates, qui font disparaître la morgue de House pour une fois gêné et hésitant. Il s'agit également de la première fois où nous entendons parler de cette personne qui apparaîtra bientôt dans la série. Encore un peu de patience... notre attention est éveillée par l'évocation d'un pan du passé de House que nous n'aurions jamais soupçonné jusque-là. Doser efficacement humour, gravité et litote, c'est un des points forts de la série !

L'interprétation est en demi-teinte : Scott Foley passe complètement à côté de son personnage. Son jeu décalé et plat dessert grandement l'intérêt du personnage. Ses airs parfois outrés ne lui conviennent pas. Meredith Monroe s'en sort un peu mieux, surtout lors de son dialogue avec House. Art LaFleur (qui ressemble étonnemment à Guy Roux !!) joue un entraîneur exigeant pas déplaisant mais hélas stéreotypé. Salli Richardson-Whitfield va bien dans le rôle de Sharon, on aurait voulu la revoir dans d'autres épisodes ! Les acteurs principaux sont bons (Jennifer Morrison est très craquante dans cet épisode !) mais Hugh Laurie rafle évidemment la mise : bien servi par des textes brillants, il est plus désagréable et drôle que jamais. Lisa Edelstein, en pleine forme, n'est pas en reste, délicieuse en opposante systématique de House (Si vous voulez vraiment me contrarier, demandez-moi un truc que je peux accepter !)


Infos supplémentaires

Première référence à "Stacy", une avocate en droit constitutionnel avec qui doit dîner Wilson. Il semble que "Stacy" ait eu une relation avec House. Nous apprendrons plus tard (dans l'épisode Cours Magistral) qui est réellement Stacy.

La vie privée de Foreman est pour une fois évoquée : comme il a couché avec la représentante et que rien n'évoque une possible famille, on peut en déduire qu'il est célibataire. Une boîte de preservatifs magnum coûte 5.57 $ d'après Sharon.

Premier rendez-vous entre Cameron et House. Il est purement amical bien qu'on puisse sentir les sentiments ambigus de la doctoresse envers son patron. House est un fan de courses de monster truck. Cameron, moins, mais ça semble lui plaire !

Pendant la discussion au café, l'équipe de House s'interroge s'il voit des prostituées ou pas. Les saisons suivantes nous apporteront la réponse à cette question.

Cuddy dit ironiquement que sa raison de vivre est de s'opposer incessament à House. L'épisode Culpabilité (saison 2) nous apprendra cependant qu'elle s'en veut de toujours avoir cette attitude.

Première apparition de la canne noir et argent de House (à la toute fin), on ne la verra cependant plus avant l'épisode Douze ans après (saison 2).

Bryan Singer, réalisateur et producteur de la série, fait un caméo dans l'introduction : il joue son propre rôle en faisant le réalisateur du spot.

Le titre VF est ridicule : il ne correspond à rien dans l'épisode.

Erreur de continuité : Dans la scène du dîner au restaurant, Cameron tient la fourchette de la main gauche et le couteau à la main droite. L'instant d'après, elle tient la fourchette à la main droite et rien à la main gauche.

Une référence à 24 heures chrono : House dit en VO la phrase " I'm Dr. House, and this is the coolest day of my life. " C'est une distorsion de la fameuse phrase de Jack Bauer " I'm Federal Agent Jack Bauer, and this is the longest day of my life. "

Après Panique à la maternité, nouvelle référence à Usual Suspects de Bryan Singer. C'est cette fois Chase qui utilise le terme au début de l'épisode.

Pas moins de quatre chansons dans l'épisode : "You Better Stop" par Wayne Jones et Robbie Wyckoff, chantée par Robbie Wyckoff. "I Never Saw It Coming" et "I Found Out" par Wayne Jones et Windy Wagner chantées par cette dernière. "I'm Not Afraid To Tell You" par Wayne Jones et Melanie Taylor chantée par cette dernière.



Acteurs

Scott Foley (1972) perça sur le petit écran en jouant 84 fois Noel Crane, un des rôles principaux de la série Felicity et en tenant le rôle principal de Bob Brown de la série The Unit : commando d'élite (69 fois). Son rôle cinématographique le plus connu reste celui de Roman Bridger de Scream 3. A ce jour, il a joué des rôles récurrents dans plusieurs séries comme Dawson, Scrubs et Cougar Town. Il a intégré la distribution de Grey's Anatomy à partir de la saison 7 avec le personnage d'Henry Burton.

Meredith Monroe (1968) est surtout connue pour avoir joué à 69 reprises le rôle d'Andie McPhee (16 ans dans la série soit 13 ans de moins que son interprète !) dans la série adolescente Dawson. Elle étudia à l'université de Millikin puis commenca à apparaître sur les écrans à la fin des années 90. Elle a davantage tourné dans des séries que dans des films. On a pu la voir dans Les Experts, Les Experts : Miami, Cold Case, Bones, Californication, Mentalist, NCIS : "enquêtes spéciales", Esprits Criminels, (8 épisodes) etc.



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Dernière édition par Dearesttara le Jeu 14 Juil 2011 - 12:07, édité 2 fois
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Jeu 17 Fév 2011 - 15:03

P...On prend autant de temps à lire ta critique que de regarder l'épisode. Shocked
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Jeu 17 Fév 2011 - 16:23

Il t'a fallu 42 minutes pour la lire ? J'ai pourtant fait des efforts depuis Le Prisonnier non ?

Bon, d'accord, s'il le faut, je taillerai encore...
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Sam 19 Fév 2011 - 23:44

En tout cas, c'est complet, tu vas faire le bonheur des fans! Very Happy
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Dim 20 Fév 2011 - 0:34

Thanks S3, mais je vais quand même raccourcir un peu. Il m'arrive de me répéter dans une critique, et souvent beaucoup ! Merci de tes encouragements Very Happy. Pour tout dire, je compte boucler les trois premières saisons cette année, il y a en effet une grande césure entre la saison 3 et la saison 4.
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13. Le Mauvais oeil

Message  Dearesttara le Mer 23 Fév 2011 - 13:20

13. Le Mauvais oeil (Cursed) : H H H




- How would you feel if I interfered in your personal life?
- I'd hate it. That's why I cleverly have no personal life.


Lors d'une séance de spiritisme entre adolescents, le ouija (planchette de bois permettant aux esprits de s'exprimer) révèle que l'un d'entre eux, Gabriel Reilich, mourra dans l'année. Une semaine plus tard, il attrape une forte fièvre et son état s'aggrave subitement... En même temps, Rowan Chase, célèbre rhumatologue et de retour d'Australie, vient rendre visite à son fils mais Robert, qui a une rancune envers son père, n'apprécie pas son arrivée. House s'interroge sur les sentiments de Chase envers son géniteur et sur le motif de la subite venue du père qui n'est peut-être pas forcément due à la conférence sur le lupus auquel il doit participer...


Cet épisode est intéressant à plus d'un titre. Pas au niveau du cas médical, mais au niveau de la construction scénaristique, qui sait toujours nous captiver : nous sommes d'abord curieux du vindicatif personnage de Jeffrey, le père de Gabe. Puis de l'énigmatique Rowan Chase. Enfin, comme une superposition de mélodies subtilement contrepointées, l'épisode se termine par un parallèle entre les deux rapports filiaux que nous venons de voir, donnant une scène finale d'une grande beauté. L'interlude du secret de Jeffrey achève de donner à l'épisode une architecture solide mais qui ne laisse pas place à des scènes très vives ou originales.

L'introduction où l'adolescent tombe malade après avoir été maudit laissait présager beaucoup mais il est dommage que l'épisode ne sera pas dans cette veine. La malédiction se révélant être un simple McGuffin, uniquement destiné à présenter le patient et sa maladie puisqu'il ne sera quasiment plus jamais abordé par la suite. On peut être un peu déçu que le scénariste n'ait pas voulu continuer dans cette voie, on aurait pu avoir un épisode atypique...

Jeffrey Reilich, colérique et bouillonnant, est la première chose qui nous frappe vraiment dans cet épisode. Comme Margo Davis (Empoisonnement), il est trop protecteur vis-à-vis de son fils. Cachant un honteux secret sous des dehors ostentatoires et autoritaires. S'énervant, gesticulant, criant parfois, il gène profondément le travail des médecins et cet antagonisme donne de la force à l'épisode. Même Cuddy a du mal à le contenir ! On peut regretter que son attitude, cependant, ne se cantonne qu'à ça, sans réel changement ni profondeur.

Mais c'est l'autre père, celui de Chase, qui est plus intéressant.



Il débarque dans l'hôpital sans crier gare. Dès son entrée, devant son fils désagréablement surpris, il y a un malaise, qui n'est pas désamorcé par les déductions "holmesiennes" et ironiques de House. D'ailleurs, Rowan Chase se montre très mystérieux : ses dehors calmes, son air de vieux sage, intriguent. Il se contente de participer aux séances de diagnostic et d'essayer de discuter sereinement avec son fils qui s'y refuse, trouvant tous les prétextes possibles pour éviter de lui parler. Rowan Chase, lui-même, ne dit à aucun moment qu'il regrette ce qu'il a fait. On ne saura pas si c'est le cas ou pas, le personnage demeurant assez pudique et par conséquent difficile à cerner. Ce jeu de cache-cache enrichit l'épisode en tension.

La grande scène de l'épisode est évidemment le déballage de Chase, qui, au bord des larmes, lâche tout ce qu'il a sur son coeur : disant ses quatre vérités à son paternel. Puis, disant à House, de manière moins passionnée mais toujours avec autant de force, ce qu'il ressent réellement envers son père. Cette relation qui s'apparente à de l'amour-haine sans qu'elle le soit pour autant est vraiment bien trouvée.
Elle montre la difficulté du pardon, et plus terriblement : l'indifférence sèche comme remède aux souffrances psychologiques, la négation des sentiments comme antidote au poison : Chase fuit son père car il ne veut plus souffrir à cause de lui. Ce choix confirme le sentiment permanent de peur chez Chase, qu'il avait déjà avoué à Soeur Augustine dans L'erreur est humaine et qu'il confirmera plus tard par différentes attitudes de traîtrises ou de lâcheté, motivées par son désir d'ambition mais surtout à cause de sa peur intérieure. Ce faisant, Chase montre le point commun qu'il a avec House : il est toujours dans une fuite en avant, se noyant dans son travail...

La scène finale est un faux happy end dans toute sa splendeur : Chase quitte son père l'âme plus apaisée mais pas guérie, rien ne s'est vraiment passé entre eux deux. Même si grâce au comportement de Gabe, déçu par son père qui n'avait jamais voulu lui dire son humiliant secret, il fèle la glace entre lui et le rhumatologue, on sent bien que la blessure ne cicatrisera jamais...



Le cas médical du jour est classique mais se regarde sans peine. On notera quand même une scène de bravoure : l'équipe, en état d'urgence, devant débloquer la respiration de Gabe aidé par Cuddy (une première !). Cette scène, inhabituellement longue, énergise l'épisode. La recherche policière (avec Chase s'improvisant en Sherlock Holmes !) de la maladie est suffisamment prenante pour que l'on soit pleinement dans l'épisode. Comme d'habitude, l'humour noir de House fait merveille, se montrant désobilgeant dans des moments qui demanderaient pourtant plus de tact (quand il cuisine Chase par exemple) ! On regrettera cependant l'absence de cas secondaire extravagant qui aurait pimenté l'épisode.

Interprétation mitigée : Tracy Middendorf et Daryl Sabara ont peu à défendre. Mais le deuxième est crédible en garçon facilement influençable. Nestor Carbonell déçoit : engoncé dans un personnage guère écrit, il cabotine sans convaincre, faisant du surplace une fois l'effet de surprise passé. Par contre, Patrick Bauchau, sphinx énigmatique, avec un jeu monolithique impressionnant, marque durablement ses temps de présence. A l'inverse Jesse Spencer est en force contenue, en pleine tension nerveuse, à deux doigts de craquer. Ce sont ces deux-là qui tiennent l'épisode. Leurs talents éclatent dans leurs intenses scènes communes. Les autres comédiens existent moins mais restent présents.


Infos supplémentaires

On en apprend un peu plus sur Chase : il ne supporte pas son père qui a divorcé et quitté sa mère il y a quinze ans. La mère de Chase sombra dans l'alcoolisme et mourut cinq années plus tard. Si Chase ne déteste pas son père, il l'a trop déçu et le désigne comme responsable de la mort de sa mère. Aussi, il ne se montre guère enthousiaste quand il apparaît.

Rowan Chase, le père de Robert, est un rhumatologue renommé. Atteint d'un cancer du poumon en phase 4 (terminale), le Dr.Wilson lui donne trois mois à vivre. Il mourra en fait seulement deux mois plus tard dans l'épisode L'erreur (saison 2). Il est australien mais d'origine tchèque.

House a une excellente oreille car il trouve rapidement quel est l'accent de Rowan Chase en l'écoutant parler (tchèque avec 30 années d'Australie)

Première fois que nous voyons Cuddy participer activement à une opération sur un patient.

Quatre erreurs médicales :
- Le nerf ulnaire ne passe pas par le canal carpien contrairement à ce que dit House
- La thalidomide ne s'injecte pas par intraveineuse comme le dit House, uniquement par pilules ou injection.
- Chase (Jr.) dit que les médicaments utilisés pour l'anthrax soignent aussi la lèpre. En réalité, les médicaments à utiliser pour ces deux maladies sont complètement différents.
- Chase, encore, dit que l'anthrax ne peut causer des nodules respiratoires. En réalité, c'est possible.

Erreur historique : House demande qu'on aille chercher la thalidomide dans la léproserie de Carville. Problème, elle est fermée depuis 1998 ! (L'épisode date de 2005)

Erreur de continuité : Dans le dernier diagnostic différentiel, Rowan Chase est, d'un plan à l'autre, tantôt debout, tantôt assis.



Acteurs

Patrick Bauchau (1938) est le fils de l'écrivain belge Henry Bauchau (et beau-frère de Brigitte Bardot). Polyglotte (il parle cinq langues couramment), il a mené sa carrière en Europe aussi bien qu'en Amérique. Son premier grand rôle est celui d'Adrien dans La collectionneuse d'Eric Rohmer qu'il a co-dialogué. S'ouvre alors une fructueuse carrière internationale pour ce comédien réputé, carrière qui décolla dans les années 80 avec des films comme Dangereusement vôtre (Scarpine) puis vinrent Phenomena, Conseil de famille, Le Maître de musique, Lisbon Story, Panic Room, Ray, 2012... où il collabora avec beaucoup de grands réalisateurs et bien d'autres films encore ! Il a joué dans beaucoup de séries, son rôle le plus emblématique étant celui de Sydney dans Le Caméléon (86 épisodes !). On citera aussi Colombo, Arabesque, Nestor Burma, Les Experts : Manhattan, Alias, 24 heures chrono, Castle, Numb3rs... Soit en tout plus de 120 séries et films différents.

Nestor Carbonell (1967) est particulièrement réputé pour avoir joué à 34 reprises l'ambigu personnage de Richard Alpert dans la série Lost : les disparus (il eut le privilège d'être un des principaux personnages de l'ultime épisode). Ce comédien fut éduqué au Vénézuela et à Harvard avant de choisir une carrière d'acteur, principalement dans les séries télé. Il a ainsi tenu un des rôles principaux de la sitcom Suddenly Susan (93 épisodes) mais a joué aussi dans New York, police judiciaire, Melrose Place, Ally McBeal, Scrubs, Monk, DayBreak, Cold Case (3 épisodes) etc. Il a joué quelques seconds rôles au cinéma comme le major Garcia dans The Dark Knight : Le Chevalier noir.

Tracy Middendorf (1970), après avoir terminé sa scolarité en Géorgie, prend des cours d'art dramatique à Miami et obtient son premier rôle en jouant temporairement le rôle de Carrie Brady dans le téléfilm et le soap opera Des jours et des vies. Depuis, elle enchaîne les seconds rôles d'importance à la télévision. Elle a peu joué au cinéma mais on a pu la voir dans le rôle de Julie dans Freddy sort de la nuit, 7e volet de la franchise Freddy ou dans Mission : Impossible III (Ashley). Elle est plus active dans les séries comme dans Beverly Hills (6 épisodes), Arabesque, La vie à tout prix, Aux frontières du réel, Six pieds sous terre, JAG, Cold Case, NIH : Alertes médicales, Mentalist, Bones, Ally McBeal (2 épisodes), Lost (2 épisodes), 24 (4 épisodes) ne sont que quelques titres de sa longue liste de rôles. Elle a joué également Tina dans le pilote d'Angel, peut-être son rôle le plus connu.

Daryl Sabara (1992) est apparu devant une caméra dès sa naissance dans la série Murphy Brown ! Il n'est donc pas étonnant qu'il se soit engagé dans la voie d'acteur assez vite ! Il a commencé à apparaître au cinéma dans la franchise Spy Kids (Juni Cortez) puis dans Pôle express, un drôle de Noël de Scrooge, Machete... Parallèlement, il a joué dans beaucoup de séries (une quarantaine à l'âge de 18 ans !) comme Roswell, Will and Grace, Friends, Esprits criminels, The Closer, Weeds (4 épisodes), etc.



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14. Changement de direction

Message  Dearesttara le Mar 1 Mar 2011 - 1:41

14. Changement de direction (Control) : H H




- I need you to wear your lab coat.
- I need two days of outrageous sex with someone obscenely younger than you. Like half your age.


Carly, une jeune femme de 32 ans, PDG d'une entreprise et stakhanoviste acharnée au travail, est soudain prise en pleine réunion de violentes douleurs à la jambe. House et son équipe se chargent de son cas. Mais tout l'hôpital est maintenant chamboulé par l'arrivée d'Edward Vogler. Ce self-made-man milliardaire fait don de 100 millions de dollars à l'hôpital de Princeton-Plainsboro. En contrepartie, il devient président du conseil d'administration de l'hôpital ce qui lui donne beaucoup de contrôle. Vogler voit la santé comme un business : il faut guérir le plus possible pour bien la vendre. Ainsi, dès son arrivée, il entretient un contact tendu et difficile avec le sardonique diagnosticien qui l'irrite par son anti-conformisme et par le fait qu'il ne soigne pas beaucoup de patients. La cohabitation s'annonce difficile...


Episode décevant. Malgré l'entrée en scène d'un nouveau personnage dont la présence n'a d'égal que sa corpulence, il faut admettre que le scénario repose trop sur son arrivée. Du coup, le cas médical du jour se trouve moins pensé et moins prenant. Les scènes sont rallongées inutilement ce qui donne un lourd sentiment de "remplissage" tout au long de cet épisode. Cependant, quelques scènes assez tendues vont permettre à Changement de direction d'éviter le fiasco total.

En effet, le cas clinique de Carly se révèle inintéressant au possible. Après une introduction moyenne, son passage à l'hôpital est d'un malheureux classicisme, les diagnostics, les echecs, les améliorations... s'enchaînent, donnant un ensemble fade et jamais accrocheur. La patiente n'a pas grand-chose à cacher et n'a aucun trait de caractère particulier. On a donc du mal à être attentif à elle. Les docteurs, sauf Cameron, se mettent en mode automatique, on les oublie assez vite. Le cas secondaire, peu reluisant, est sans grand intérêt. Heureusement, notre docteur favori est le moteur de plusieurs scènes intenses :

D'abord, sa première scène avec Carly est plutôt réussie, il demande d'elle une sincérité totale. Il la somme de dépasser sa honte (plus psychologique que réelle cependant) pour qu'elle retrouve le goût de vivre à tout prix. Il la pousse à bout pour qu'elle craque. Le final, avec un House inhabituellement doux, est le pendant apaisé de cette scène, deux scènes bien fignolées !
Entre les deux, la scène avec le comité de greffe (avec une Cuddy inquiétante !) est d'une tension très forte : House met son avenir professionnel en jeu en mentant effrontément pour sauver sa patiente. Il y a aussi la "traîtrise" de Chase qui confirme que la peur et l'ambition sont les sentiments dominants chez lui : il trahit ouvertement House en prévenant Vogler de son mensonge. Chase est en effet prêt à tout pour se faire bien voir, quitte à avoir une attitude de "lèche" peu honorable qui se confirmera dans les épisodes suivants. Ou bien Cameron, qui, à l'instar d'une Tara King, commence à dévoiler ses sentiments envers son patron. Les personnages se craquèlent...



En fait, le sujet majeur de l'épisode est bien sûr Edward Vogler, proclamé président du conseil grâce à une donation de 100 millions de dollars à l'hôpital. Ce personnage, sous des dehors débonnaires s'avère prodigieusement antipathique, cela est dû à sa tendance ultra-libérale. Ce milliardaire autonome ne voit que le côté business des choses. Tout est business et la Santé doit être pour lui un service rentable : il faut guérir beaucoup et vite, ce qui n'est pas sans rappeler quelques méthodes de management de triste mémoire encore en cours aujourd'hui ! La rentabilité à tout prix détruit la vision humaniste de l'art de la médecine qui consiste souvent à sauver des vies.

Or, House, aussi froid et détestable soit-il, a-t-il toujours à coeur de guérir un patient et s'il le faut, d'y consacrer tout son temps, son énergie, parfois son argent même si c'est la maladie et non le patient qui l'intéresse. Cela est pire dans le cas de Vogler qui n'est intéressé ni par les maladies ni par les patients : sa volonté de fermer le service de House, déficitaire car non rentable en dit long sur le personnage ! Et Cuddy elle-même cache mal son malaise quand elle commence à découvrir la face sombre de Vogler. Mais que peut-elle faire, c'est lui qui remet ce don mirobolant à son hôpital !

La volonté de Vogler de transformer l'hôpital en laboratoire d'essais thérapeutiques choque profondément House qui juge cette orientation contraire à "l'éthique" ! Le diagnosticien, au cours d'un fort dialogue à l'humour noir avec Wilson écorne profondément l'image de respectabilité que veut donner Vogler. Tout l'épisode en général tire sa force de ses thèmes toujours aussi actuels : l'ostentation des riches à montrer leur "charité", le triomphe des apparences doucereuses qui cachent un esprit bien moins bienveillant que l'on pourrait croire. Voilà des sujets tout à fait propres à une autre série : Le Prisonnier qui dénonçait déjà en 1967 la fausseté ambiante des dirigeants et des relations humaines. Il y'a en effet du Numéro 6 chez Gregory House...
En réalité, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une OPA : Vogler achète du pouvoir pour satisfaire son désir de puissance même s'il est hors de doute qu'il tient sincèrement à aider la Recherche. Ainsi, s'aveuglant volontairement sous ses belles apparences, n'a-t-il aucune honte de ce qu'il fait.

La scène finale nous montrera que House n'a pas peur de son nouveau patron, lors du brillant dialogue à bâtons rompus entre eux deux. Dialogue qui s'achève avec l'ombre d'une menace pesante : Vogler insinue qu'il pourrait renvoyer House s'il continue à se comporter de cette manière.



Toutefois, le beau soin apporté à ce changement est gravement affaibli par la réalisation de l'épisode qui alterne le cas médical et les scènes avec Vogler. Ainsi, il n'y a pas de continuité dans cet épisode, et la menace que représente Vogler apparaît-elle moins forte. La mise en scène, en effet, s'avère souvent bancale et peine à donner tout le suspense voulu lors des scènes clés. D'ailleurs son entrée en scène où il narre sa vie (avec violons grinçants de rigueur !) est franchement manquée d'autant que Chi McBride n'est absolument pas crédible dans cette scène, il l'est davantage en aigle planant, prêt à fondre sur sa proie... On est passé à côté d'un bon épisode !

Sublime Sarah Clarke qui campe un des patients les plus émouvants de la série avec un jeu déchirant à souhait. ChiMcBride déçoit au début mais finit par impressionner : sa forte corpulence et son caractère sec et menaçant vont tout à fait bien avec le personnage. Lisa Edelstein fèle son image de directrice cynique pour révéler son côté plus humaniste et plus idéaliste. Sa forte dureté envers House n'en est donc que plus surprenante. Hugh Laurie domine les débats comme à son habitude, restant fidèle à son personnage qui continue dans l'anti-conformisme envers et contre tous. Jennifer Morrison joue à merveille ses scènes de "manipulation" et dans son face-à-face avec House, où elle reçoit un coup assez dur pour elle, elle maîtrise chaque mimique, chaque geste, chaque timbre de voix de manière admirable. Les autres docteurs sont moins présents.


Infos supplémentaires

Première apparition sur cinq épisodes du personnage d'Edward Vogler (Chi McBride) qui devient ainsi le premier personnage récurrent de la série.

Détail croustillant : que ressent Cuddy envers House ? "Du respect" dit-elle. Pourtant, Vogler insinue plutôt que Cuddy aurait déjà couché avec House ! Il est vrai que c'est quand même surprenant -pour paraphraser Cameron dans Culpabilité (saison 2) - que House et Cuddy aient une relation si conflictuelle, si tendue s'il n'avaient pas eu auparavant des sentiments aussi intenses et d'un autre genre... La série nous montrera toutefois son adresse à repousser sans cesse (en admettant qu'elle arrive !) la conclusion des rapports entre les deux médecins...

Le service de House, nécessaire mais peu rentable (1 patient par semaine environ) coûte 3 millions de dollars par an à l'hôpital même si, comme le dit Cuddy, il trouve à chaque fois le diagnostic.

House aime jouer au yo-yo et a vu tous les films d'horreur jamais réalisés.

Chase flirte avec Jenny, une collègue ! Et il passe souvent ses vacances faire du snowboard à Gstaad (Suisse).

Cameron a une tante : Elysa, qui vit à Philadelphie. Dans cet épisode, elle appelle ses collègues "Eric" et "Robert". En retour, ils l'appellent "Allison" !

Il existe un autre Dr.Wilson à l'hôpital, il est ophtalmologue.

Le patient secondaire : le père muet et son fils portent le nom de famille de van der Meer, c'est un clin d'oeil à Gerrit van der Meer, un des producteurs exécutifs de la série.

Trois références cinéma : Lorsque House évoque comme signe de mauvais augure un choeur de garçons et deux jumelles de six ans devant un ascenseur ensanglanté, il s'agit de références respectives à La Malediction (de Richard Donner) et à Shining (de Stanley Kubrick). Foreman, lui, évoque la série L'île des Naufragés (en VF, ça devient Bambi !!).

Deux chansons dans l'épisode : Hava Nagila, une chanson juive traditionnelle chantée par The Klezmer Fiesta et Baba O'Riley de Pete Townsend interprété par The Who.



Acteurs

Sarah Clarke (1972) est surtout connue pour avoir joué Renée Dwyer, la mère de Bella Swan (Kristen Stewart) dans l'adaptation cinématographique des tomes 1, 3 et 4 de Twilight, la saga romantique vampiresque à l'eau de rose de Stephenie Meyer. Elle est connue aussi pour avoir joué Nina Myers, la traîtresse membre de la cellule anti-terroriste de Los Angeles dans les trois premières saisons de 24 heures chrono (36 épisodes) où elle sera la plus grande ennemie de Jack Bauer (dont elle a tué l'épouse). La belle Sarah Clarke étudia les Beaux-Arts et l'Italien à l'université d'Indiana puis la photographie tout en prenant quelques leçons de théâtre. Puis, elle finit par s'engager dans cette carrière qui décollera très rapidement grâce à 24 heures chrono. Elle a joué dans quelques séries comme Sex and the city, Life ou Las Vegas mais semble se tourner davantage vers le cinéma...

Chi McBride (1961) en dehors du rôle de Vogler, est surtout reconnu pour avoir joué Emerson Cod dans la série Pushing Daisies (22 épisodes) et Winston dans Human target : la Cible (25 épisodes). Son prénom "Chi" est en fait le diminutif de Chicago, sa ville natale (son vrai prenom est Kenneth). Après avoir commencé une carrière musicale et chanté dans un choeur de gospel, puis comme employé dans une entreprise téléphonique, il arrive devant les caméras, enchaînant des rôles recurrents dans des séries populaires comme The John Larroquette Show (84 épisodes), Boston Public (81 épisodes), Killer Instinct, The Nine (13 épisodes chacun) et d'autres du même acabit. On l'a vu au cinéma souvent dans des rôles d'homme de main comme Code Mercury (avec Bruce Willis) ou Le Terminal (avec Tom Hanks) et dans d'autres films plus divers...



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15. Un témoin encombrant

Message  Dearesttara le Dim 6 Mar 2011 - 17:04

15. Un témoin encombrant (Mob Rules) : H H H




- Need the lawyer.
- Who'd you kill?
- Nobody, but it's not even lunch.


Joey Arnello, un mafioso repenti, s'apprête à témoigner contre son milieu lors d'un important procès. Son frère, Bill, qui est aussi son avocat et membre de la Mafia, veut l'en empêcher car, attaché à son frère, il pense que la procédure de protection des témoins ne sera pas suffisante pour le protéger. Mais Joey s'évanouit dans son appartement et est transporté à l'hôpital. Bill veut retarder voire même empêcher House de trouver un traitement contre sa maladie pour dissuader son frère de témoigner. Pendant ce temps, Vogler se montre de plus en plus menaçant envers House qui se retrouve au pied du mur...



Bon épisode qui renoue avec le thème du personnage-pas-commode-qui-donne-du-fil-à-retordre-aux-docteurs. A travers un passionnant cas médical très inspiré, deux portraits de mafiosos très différents et un cas secondaire très rigolo, on ne s'ennuie pas un seul instant dans cet épisode qui, sans être un chef-d'oeuvre est très caractéristique de la série.

Malgré une introduction banale, l'épisode trouve tout de suite sa vitesse de croisière, surtout grâce au personnage de Bill Arnello : glacial, menaçant, acharné, mais d'un calme presque terrifiant, il laisse le malaise partout où il passe comme dans sa première scène avec House où il lui flanque une pression désagréable et se montre très inquiétant. Pression accusée par House, avec un stoïcisme Steedesque qui laisse pantois ! Mais ses emportements soudains, sa condescendance envers le monde en général... tout indique une âme tordue, capable d'émotions que violentes, tout en force contenue mais pourtant aimant beaucoup son frère. En bref, Arnello a tout pour être un membre de la famille Corleone ! D'ailleurs, le personnage, par ses manières et ses idées ampoulées semble tout droit sorti du Parrain ! Même si le nom italien, son costard impec et son air fuyant sont autant de clichés inhérents à ce type de personnage. Il traverse tout l'épisode, projetant une ombre anxiogène sur chaque scène. A l'inverse, Joey, le patient, est bien plus anecdotique.

Le scénario raconte très bien l'évolution du cas de Joey et se double d'une autre intrigue : House cherchant à découvrir le "traître" qui a prévenu Vogler. Cela permet aux scènes de "remplissage" d'avoir quand même un intérêt par les petites phrases innocentes, les non-dits, les retraits soudains de House pour forcer le "coupable" à se dévoiler. Habile ! Les rebondissements du cas sont toujours intéressants, on notera le cadeau empoisonné offert à House (une luxueuse Corvette) ; superbe scène : peut-on accepter le fastueux présent d'un gangster ? Ce sujet grave, pour une fois, est résolu par un humour léger peu courant dans la série ! Et surtout l'ahurissante apparition d'un cochon en plein hôpital qui va aider à soigner Joey !!!



Le diagnostic final place Bill dans une délicate situation : pour son frère, sera-t-il capable de dépasser ses préjugés ? Bill doit "pardonner" à son frère un penchant qu'il considèrera toujours comme honteux. Ainsi, la scène finale où il discute avec son frère est-elle plus ambiguë qu'elle n'y paraît : tel Le Parrain, il place l'amour fraternel au-dessus de tout mais c'est sans doute plus par "obligation familiale" que par choix de lui "pardonner" qu'il consent à lui lâcher la bride, comme l'atteste son attitude de fuite : il choisit de n'y plus penser plutôt que d'y faire vraiment face. Joey et Bill ne se reverront plus et leurs adieux sont tout sauf chaleureux. Encore une belle démonstration d'une fin aigre-douce, typique de la série.

Le cas secondaire est extrêmement drôle. Tout au long de l'épisode, House devra extraire du nez d'un enfant un, deux, trois, puis quatre objets qui l'avait fourrés dans sa narine !! Le choix des figurines est d'ailleurs bien choisi car témoigne d'une certaine précocité dans la logique de l'enfant ! L'ironie du docteur et l'air eberlué du frère de l'enfant sont à retenir !

Bien que Vogler soit moins présent, son ombre traverse l'épisode. Cuddy tente d'assurer un rôle de médiatrice mais échoue devant les persistances de Vogler et de House. Son inquiétude, son stress, inhabituels chez elle sont palpables et renforcent une atmosphère déjà bien lourde. Vogler accentue sa pression sur House d'autant plus efficacement que ses actions ne reposent que sur des litotes, des sous-entendus : le fait que House consente enfin à porter une blouse (le choc !) ou à se montrer moins acide envers ses supérieurs prouve que bien qu'il ne le laisse pas paraître, il commence à avoir peur.



La dernière séquence est ainsi terriblement inattendue : pour rester dans les bonnes grâces de Vogler, il doit renvoyer un des trois membres de son équipe ! Séquence bien réalisée car l'absence de Vogler lui donne un poids plus important et on évite les réactions prévisibles des jeunes médecins puisque l'on voit House entrer pour leur annoncer la nouvelle et c'est le noir soudain. Fait rare, cet épisode se termine donc en cliffhanger : qui va partir ? Terminé sur une note suspensive, cet épisode est décidément un modèle de construction avec surprises astucieusement insérées !

Cet épisode bénéficie justement d'une réalisation tellement épatante qu'elle mérite d'être signalée, l'utilisation notamment des plongées impressionnantes et une caméra nerveuse et fluide donne un surcroît de vitesse à l'épisode. Félicitations à Tim Hunter pour ce remarquable travail ! C'est un des meilleurs atouts de l'épisode : ainsi, toutes les scènes s'en trouvent tonifiées.

Côté interprétation, le cru est plutôt bon : Danny Nucci fascine par un jeu compact et acéré mais son personnage est sans réelle surprise mais ses explosions de colère sont mesurées, et ses airs peu amènes ne tombent pas dans le cabotinage. Disons qu'il incarne le cliché du mafioso par excellence mais c'est un bon cliché ! Joseph Lyle Taylor est plus anodin mais il n'y a rien à dire de mauvais sur son interprétation. Chi McBride réussit à être encore plus menaçant que dans l'épisode précédent alors qu'il est moins présent. Lisa Edelstein trouble l'image de son interprête avec justesse et Robert Sean Leonard est plus convaincant que jamais. Hugh Laurie, comme d'habitude est parfait. Les trois médecins sont encore relégués au second plan. Patience : dans les épisodes suivants, le trio sera remis au premier plan !


Infos supplémentaires

Deuxième épisode (sur cinq) avec le personnage de Vogler.

On apprend que cela fait huit ans que House travaille à Princeton-Plainsboro. Cependant, d'autres indices dans les saisons ultérieures font penser qu'il est en réalité dans cet hôpital depuis plus longtemps que ça. Prudent, House dépasse rarement la troisième vitesse quand il est en ville (ce qui lui vaut des remarques de Wilson dont bien sûr il s'en balance).

Âmes sensibles s'abstenir : House porte pour la première fois... une blouse !!

Chase se fait frapper dans cet épisode. Ce genre d'incident sur un médecin autre que House (incident également peu commun) est rarissime dans cette série.

Il y a une ménagerie au sous-sol de l'hôpital, où sont élevés des animaux ! Très instructive, cette série...

Erreurs de continuité :
- Le médicament chinois contre le tabac de l'épisode est en fait un flacon contenant des pastilles contre la toux... japonais ! D'ailleurs, les pastilles sont japonaises et non chinoises.
- Dans les dernières images de l'épisode, le tableau est vierge mais l'instant d'après, il est couvert d'annotations sans que House ait eu le temps d'écrire quoi que ce soit.
- La Corvette offerte à House date non de 1965 comme il le dit mais de 1963, cela se voit en voyant les dents des pneus avant.
- Lorsque House et Foreman discutent de la transplantation, le T-shirt de Foreman vire du bleu au vert, puis du vert au bleu, et enfin du bleu au vert encore !
- Lorsque House fait sortir les objets du nez de l'enfant, certains objets ont tantôt une partie couverte de mucus, tantôt ils sont totalement propres !

Erreur médicale : lorsque Joey tombe dans le coma, il est à 8 sur l'échelle de Glasgow donc serait "presque mort". En réalité, le degré 8 ne correspond pas à cet état gravissime, ce serait plutôt le degré 3.

Une référence cinéma : House fait clairement allusion à Babe, le cochon devenu berger lors de la scène où le sang de Joey circule dans le foie du cochon. Le jeu vidéo que colle House à l'oreille de Joey est Metroid Prime : Hunters

La chanson de l'épisode est Crazy World de et par Daniel Moynahan.



Acteurs

Joseph Lyle Taylor Jr. (1964) n'a que peu tourné devant les écrans, si ce n'est quelques petites participations à des séries comme les New York (unité spéciale, 2 épisodes dans 911, 3 épisodes dans police judiciaire...), Les Experts, Les Experts : Miami, Grey's anatomy, Dexter, Numb3rs, Lie to me...

Danny Nucci (1968) est surtout connu pour avoir joué le rôle de Fabrizio, l'ami de Jack Dawson, dans Titanic (1997) de James Cameron. Lauréat de l'Ulysses.S.Grant High School, il se tourne rapidement vers une carrière d'acteur. Très actif au cinéma, comme des blockbusters dans les années 90 (comme L'effaceur, Rock, Les survivants...) et plus recemment, des films d'un tout autre genre.
On l'a surtout vu à la télévision, dans des soap operas comme Falcon Crest (16 épisodes) ou Des jours et des vies mais aussi dans bien des séries comme Code Quantum, la Cinquième Dimension, Magnum... et plus récemment Joey, Mentalist, FBI : portés disparus, Les Experts : Manhattan, Castle (2 épisodes), etc. etc.



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16. Symptômes XXL

Message  Dearesttara le Jeu 10 Mar 2011 - 23:27

16. Symptômes XXL (Heavy) : H H H




It will be more cost-efficient once I've grabbed Cameron's ass, called Foreman a spade, and Chase... well... I can grab his ass, too.


Jessica Simms, une fillette de 10 ans, est atteinte d'obésité morbide et fait une crise cardiaque alors qu'elle sautait à la corde. Son cas est confié à House et à son équipe qui se demandent si son obésité est la cause de sa crise, la mère en ayant assez que l'on ne voit que l'obésité de sa fille. Mais les diagnostics sont perturbés par le poids du renvoi qui pèse sur les trois jeunes médecins. L'équipe, en proie aux dissensions, se déchire, tandis que Vogler se montre de plus en plus impatient. La situation devient bientôt irrespirable et House va devoir rendre sa décision...



Superbe épisode qui est certainement le premier à fêler l'harmonie apparente qui existe entre les trois membres de l'équipe de House. Jusque-là, Cameron, Chase, et Foreman semblaient plutôt bien s'entendre et s'apprécier mais à cause de la menace du licenciement qui plane au-dessus d'eux, ils commencent à s'étriper furieusement. Indépendamment de cette situation, le cas principal, traitant d'une très jeune obèse, est fort bien raconté à l'écran. Quant au cas secondaire, grâce à son personnage percutant et franc-parler, il se révèle tout à fait réjouissant !

Dès le début, Chase apparaît en conflit avec Cameron et Foreman : ambitieux et opportuniste, Chase est prêt à tout pour garder son emploi et préfère jouer "perso" plutôt que de respecter l'esprit d'équipe. Puis lors de l'opération de Jessica, nos trois docteurs se tirent dans les pattes ; forcément, la scène se passe pas très bien ! Chase confirme sa volonté de rester en jeu en voulant "briller" : il se montre soudain plus prolixe pour parler de Jessica, entraînant une joute féroce avec Cameron. Ce comportement culmine une première fois dans la scène où il "lâche" Cameron en disant qu'elle a peut-être fait une erreur médicale. Et la deuxième fois, quand on apprend qu'il s'est "abaissé" à être l'informateur de Vogler sur ce qui se passe dans l'hôpital (et c'est lui qui traite Cameron de lèche-cul !). En échange, Chase ne serait pas inquiété. Mais Vogler cultive l'ambiguité car n'est pas sûr de tenir sa parole...

Même Foreman fragilise sa position traditionnelle de neutralité. Lorsque House le cuisine, il parvient à lui soutirer le fait qu'il n'aime pas trop Chase qu'il accuse de paresse (ce qui n'est pas tout à fait faux). Vogler, également, le met en face de ses contradictions lorsqu'il met en balance le désir d'indépendance de Foreman et sa féodalité envers House, même si elle est tendue.



Finalement, c'est Cameron qui est la plus "pure" des trois. Malgré la pression, elle ne se renie pas. Au contraire, elle n'hésite pas à se disputer avec son patron (alors que ce n'est pas le meilleur moment), refuse de laisser tomber ses collègues, pensant même démissionner de son propre chef pour éviter les ennuis. Son "angélisme", son idéalisme est mis à mal par la dure réalité autour d'elle : ici, c'est chacun pour soi et elle ne le supporte pas. Il faudra à Cameron encore bien des désillusions avant de se rendre à l'évidence. En attendant, c'est sa colère qui domine, la scène qu'elle a avec House est d'une splendide intensité.

En dehors de ce sujet, nous nous passionnons également pour Jessica. Cette fille, atteinte d'obésité morbide se déteste profondément. Elle souffre du regard que les autres portent sur elle car on ne veut voir que son poids : ses petits camarades vachards (le garçon de l'introduction ou la lycéenne que va voir Foreman) mais aussi les médecins qui ne regardent que ça, ce qui la fait hurler (sa mère aussi d'ailleurs !). Encore une fois, l'amour maternel est également un frein car sa mère n'exige pas de sa fille qu'elle maigrisse, parce que de son regard de parent, elle aime sa fille quelle qu'elle soit. Le cas se déroule très bien avec complications (ablation des seins envisagée !), secrets, et suspense de rigueur comme dans le dernier diagnostic différentiel, établi dans l'urgence. Quelle tension !

Mais l'épisode est assez adroit pour nous proposer une autre vision de l'obésité. Thomas Moran, le scénariste, a eu en effet la géniale idée d'exposer un autre cas d'obésité mais vu cette fois sous un angle positif : Mme Hernandez aime son corps pulpeux et très en chair et ne veut pas maigrir. Si son attitude s'explique par le secret ahurissant qu'elle garde, elle est sincère quand elle dit aimer son corps. Ce cas secondaire est hilarant car elle est sanguine et a des dialogues percutants avec ses médecins sur sa condition !



Finalement cet épisode illustre très bien la morale d'Epictète : Ce ne sont pas les choses qui nous rendent malheureux, c'est l'idée que nous en faisons. Grâce à ce cas secondaire, cet épisode est un véritable plaidoyer pour la différence : nous n'avons pas à nous sentir honteux de notre corps. De fait, la tirade de Chase sur la dictature de la minceur, imposée par la société (ou la mode), pour que nous puissions "plaire", rejoint la thèse de Mme Hernandez.

Chase, décidément en grande forme, dénonce également le phénomène de l'obésité, grandissant dans le monde mais surtout en Amérique. Il n'y a pas de contradiction, car l'obésité dont parle Chase est l'obésité "négative" qui vous rend malade, pas celle qui est assumée (Mme Hernandez par exemple). De nos jours bien des gens, en particulier les jeunes, ne font plus d'exercice et se gavent de nourriture industrielle, de malbouffe (déjà dénoncée dans Une mère à charge) comme il le fait remarquer... Le triomphe des apparences ? La série marcherait-elle sur les pas du Prisonnier ?!!

L'interprétation est au beau fixe : Jennifer Stone est crédible dans son rôle d'enfant complexée et a le bon sens de ne pas en faire trop. Cynthia Ettinger, dans son rôle de mère, est très convaincante mais se fait presque voler la vedette par la ronde Susan Slome qui fait un tabac en femme forte en chair et en gueule qui est fière de sa différence ! Le trio central est en grande forme : Jesse Spencer, en lâche opportuniste, est brillant, on n'arrive pas à le détester malgré son comportement. Jennifer Morrison fait des merveilles : entre révolte et calme, entre tristesse et fureur, elle joue la gamme de tous les sentiments qu'on peut avoir en pareil cas. Omar Epps marque moins, avec un jeu plus "automatique" mais il se débrouille très bien quand il s'agit de troubler son image, Hugh Laurie débite housismes sur housismes avec entrain. Les autres interprètes sont bons, mention à Chi McBride dont le jeu massif et volontairement peu expressif reste toujours aussi impressionnant !


Infos supplémentaires

Troisième épisode avec le personnage de Vogler.

Pour donner l'impression d'être obèse, Jennifer Stone dut porter des prothèses et un énorme pull durant tout l'épisode, ce qui ne fut pas très facile pour elle !

Erreur de continuité : lorsque House écrit au tableau, des mots sont entourés et non entourés d'un plan à l'autre.

Référence cinéma : lorsque Foreman prétend avoir été gros quand il était enfant et qu'on l'appelait "Rerun", il s'agit d'une référence à un personnage d'une sitcom populaire des années 70 What's happening !! qui était lui aussi obèse.

La chanson de l'épisode est Got To Be More Careful de et par Jon Cleary.




Acteurs

Jennifer Stone (1993) est surtout connue pour avoir joué le rôle d'Harper Finkle dans la sitcom adolescente Les sorciers de Waverly Place (88 épisodes en mars 2011) ainsi que dans son adaptation cinématographique. Montée sur les planches à six ans après avoir vu son frère répéter, elle décroche un premier contrat publicitaire à huit ans et obtient rapidement deux young artist awards dont un pour sa participation à cet épisode. Elle est l'amie de beaucoup de stars de sa génération. Elle a joué surtout dans des téléfilms et parfois dans des séries (comme FBI : portés disparus)

Cynthia Ettinger est une actrice de télévision et de théâtre. Diplômée de la Desert High School à l'Edwards Air Force Base, elle donne libre cours à son temperamment de comédienne. Après un petit rôle dans Le silence des agneaux, elle se tourne vers le petit écran où elle se fait connaître dans son pays pour son rôle régulier de Rita Sue Dreyfuss dans la série La caravane de l'étrange. Cette comédienne réputée a surtout joué, hors théâtre, dans des séries comme Gilmore girls, New York : Unité spéciale, Urgences (2 épisodes chacun), Smallville, FBI : portés disparus, Grey's anatomy, Cold Case, Deadwood (10 épisodes) etc.

Susan Slome (1967) est actrice et chanteuse. Elle a souvent joué dans des comédies musicales à la scène et consacre également son temps à la télévision, jouant dans des téléfilms ou dans plusieurs séries comme X Files, FBI : portés disparus, F.R.I.E.N.D.S, Angel, Tout le monde déteste Chris, Scrubs, Grey's anatomy etc.



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17. Double Discours

Message  Dearesttara le Mar 15 Mar 2011 - 14:09

17. Double Discours (Role Model) : H H H




- In the Senator's condition, a spleen biopsy could easily cause sepsis and kill him!
- Why do you do this to me? Now if I kill him, I can't tell the judge I had no idea of the risks involved !!


Gary.H.Wright, un sénateur noir-américain, s'écroule à la fin de son discours. Son cas est traité par House qui diagnostique le SIDA. Mais le patient refuse de croire qu'il ait pu avoir cette maladie et ordonne à House de chercher une autre cause. Vogler passe un marché avec House : si le diagnoticien vante le nouveau médicament produit par la boîte de Vogler, ce dernier consentira à lui laisser son équipe au complet. Mais House est dégoûté de faire la réclame de ce produit qu'il considère comme inutile. Pendant que sa conscience essaye de résoudre ce dilemme, l'état du sénateur devient critique...



Les scénaristes continuent à tirer tout le profit possible de la présence de Vogler pour bâtir leurs intrigues. Dans l'épisode précédent, House devait licencier un de ses collaborateurs mais le rebondissement final remettait la décision à plus tard. Ici, House a une porte de sortie mais qui implique de "vendre son âme" ce qu'il a en horreur. Ce cas de conscience hante tout l'épisode, centré sur le sénateur et son cas difficile, riche en rebondissements. Fait à noter : à la fin, les deux intrigues se mèlent et permettent à House de trancher ce noeud gordien. Au total, un épisode de bonne facture qui interroge le téléspectateur sur des points qui méritent réflexion.

C'est à contrecoeur que House accepte le marché de Vogler qui lui impose le rôle peu glorieux de bonimenteur pour son nouveau médicament (à l'utilité discutable). House est forcé de faire un choix qui pour tout autre personne eut été vite fait mais qui pour ce fanatique de la justice qu'est notre héros, devient une torture. Il doit en effet renier le peu d'éthique qu'il a en lui pour en faire la publicité. L'amertume du personnage transparaît en permanence, comme lors de sa scène où il repousse sèchement les remerciements de Cameron.

Le cas du sénateur est véritablement intéressant car depuis quelques épisodes, la psychologie des docteurs était mise en avant plus que l'intrigue médicale. Ici, le sénateur occupe une place importante, de par son caractère tenace. Sa foi en lui, son refus de la fatalité, son indépendance... tout concourt à faire de ce politicien un homme droit et intègre ce qui change de le représentation habituelle des hommes politiques, souvent enfermés dans le clivage du "tous pourris". Candidat à la présidence des Etats-Unis, il sait que la couleur de sa peau joue contre lui et qu'il n'a aucune chance de gagner au fond de lui-même. D'ailleurs House ne se prive pas de le lui faire remarquer en lui rappelant que le siège du président est la "Maison-Blanche" ! L'épisode date de 2005, et a donc un peu vieilli depuis l'élection de Barack Obama (dont Wright pourrait être assez voisin) qui semble avoir montré le contraire.



Cependant, les préjugés raciaux ont la vie dure et le mandat semé d'embûches du premier président noir des USA, font que la situation décrite dans cet épisode n'est pas si inactuelle. Les hommes d'origine africaine, généralement, ont du mal à faire valoir leurs droits dans une société hypocrite. Même les non-racistes montrent une attitude ambiguë comme le montrera l'épisode Culpabilité (saison 2).

L'opposition entre House et Wright est finement dessinée, l'un est l'opposé complet de l'autre : House est cynique, misanthrope, désabusé ; Wright est gentil, philanthrope et idéaliste. House ne veut plus croire en la bonté des gens car il sait qu'il sera déçu, Wright a le comportement inverse : il sait qu'il pourra être déçu mais il ne le regrettera pas quoi qu'il arrive. Sa foi en l'homme, son idéalisme sont diamétralement opposés au réalisme pessimiste de House. En cela, il accepte de prendre des risques tandis que House, qui passe son temps à risquer la vie de ses patients, au contraire ne prend pas de "risques". House est donc en face de ses contradictions et ne peut que fuir le sujet lorsque le sénateur le remet à sa place.
Pour Wright, c'est se battre qui est le plus important, pour House, c'est le résultat qui compte. Qu'importe à Wright qu'il ne soit jamais élu s'il pense qu'il a eu raison de lutter et s'il a contribué à changer un peu le cours des choses, ce n'est pas grave si on ne gagne pas toutes les parties. Fait rare, House en sera troublé !

Mais la série prouve alors son adresse dans le maniement de l'ironie : House, influencé par le sénateur, choisira finalement, dans le dilemme posé par sa conscience, la décision la plus égoïste ! Mais qui lui permettra d'être en paix avec sa conscience et de se rendre compte de sa recherche éternelle de la justice à tout prix, quelqu'en soient les conséquences. Un homme entier, qui préfère la vérité au bonheur, une philosophie très platonicienne, difficile à assumer...



Justement, le discours de House est un grand moment de la série. House se déchaîne et ridiculise son boss en public dans un violent pamphlet acerbe qui choquera tout l'auditoire en démontrant la vacuité du médicament et la simple recherche du profit. Thème tristement actuel avec certains laboratoires pharmaceutiques davantage préoccupés par le profit que par la santé de leurs patients. Après cette flèche du Parthe, arrive le final, avec la démission volontaire de Cameron. Superbe scène : pas d'adieux qui s'épanchent, juste un au revoir pudique avec un House finalement assez honteux de lui-même, pas suffisamment cependant pour serrer la main que lui tend son ex-assistante. C'est donc sur un House mal à l'aise, une Cameron qui s'en va, une Cuddy désemparée et un Vogler qu'on imagine furibard que se termine ce joyeux épisode ! Vous parlez d'un happy end !

En prime, nous avons droit à un cas secondaire assez rigolo avec une jeune femme qui est enceinte mais qui affirme n'avoir pas eu de rapports sexuels depuis un an et qui n'a pas été droguée. Comment est-ce arrivé ? La réponse, d'une ironie drôlissime, avec l'air éberlué de la patiente et la désinvolture du docteur est à retenir !
Quant à la maladie du sénateur, elle est fructueuse en rebondissements, le cas est merveilleusement traité : on notera la méthode "hard" de House pour faire parler son patient, méthode à la limite de la torture physique qui en dit long sur la personnalité de notre cher docteur !

Côté interprétation, Joe Morton accomplit une superbe performance, aidé par le dessin d'un personnage précis et sympathique. Jennifer Morrison, en avant dans cet épisode, se montre toujours aussi généreuse et sensible et parvient à donner beaucoup d'émotion lors de ses deux scènes avec House, aux dialogues tendus et claquants mais sur la corde raide. Le départ de Cameron est admirablement mis en scène. Missy Crider est une patiente amusante, qu'on adore voir sans cesse étonnée par ce qui lui arrive. Le reste du casting est impeccable.


Infos supplémentaires

Quatrième épisode avec le personnage de Vogler.

House ne vote jamais. Ca vous étonne ?

Cameron déteste les métaphores sportives. On apprend que son attirance pour House vient aussi du fait que malgré son caractère, elle pensait qu'il aimait aider les gens (ce qui en réalité n'est pas sa motivation). Cependant, la vraie raison de son attirance sera exposée dans l'épisode Des maux d'amour.

Erreur médicale : Lorsque les docteurs trouvent la toxoplasmose, ils disent qu'elle est causée par un champignon, soit un parasite pluricellulaire. En réalité, cette maladie est causée par le toxoplasma gondii qui est un parasite monocellulaire.

Erreur de continuité : Lorsque le sénateur passe un scan complet de son corps, il croise les bras sur sa poitrine. Mais lorsque le scan devient visible à l'écran, le sénateur a ses bras repliés sur sa tête.

La chanson de l'épisode est It's OK to think about ending de et par Earlimart (un orchestre de rock indépendant).



Acteurs

Joe Morton (1947) est un acteur de théâtre, de cinéma et de télévision. Il est surtout connu pour avoir joué Miles Dyson dans Terminator 2. Elevé en RFA puis à Okinawa, il termine ses études à l'université d'Hofstra de New York. Il fait des débuts remarqués en participant à la comédie musicale Hair. Il a joué dans plus de 70 films (dont La malédiction de la panthère rose, L'héritier de la panthère rose, Speed, Speed 2, Blues Brothers, des souris et des hommes...) et a tourné dans un grand nombre de séries. Hormis les rôles principaux de Equal Justice (26 épisodes, Mike James) et d'Eureka (53 épisodes, Henry Deacon), on a pu le voir dans Mission : Impossible, Equalizer (4 épisodes dont 3 dans le rôle de Carter Brook), X-files, New York : Unité spéciale, Numb3rs, Warehouse 13, Les Experts : Manhattan (2 épisodes), Smallville (4 épisodes, Dr.Hamilton), New York : Police judiciaire (5 épisodes dont 4 dans le rôle de Leon Chiles). Il a joué également Daniel Golden, l'avocat de Peter Florrick dans 10 épisodes de la série The Good Wife, etc.

Melissa Lahlitah (dite Missy) Crider (1974) fut d'abord violoniste country avant de bifurquer vers le métier de comédienne. On l'a souvent vue au cinéma, parfois figurante, parfois en premier rôle (Mulholland Drive, Instinct to kill, Emprise, Amours troubles... ) et également à la TV, que ce soient des téléfilms ou des séries. Cette très belle actrice est visible dans des séries comme New York : Section criminelle, Le Protecteur, FBI : portés disparus, 90210 Beverly Hills : Nouvelle génération, Les Experts, Les Experts : Miami), 24 heures chrono (4 épisodes), etc.
Elle est l'un des rares comédiens à être revenue dans la série : Elle fait en effet un bref caméo dans l'épisode Ca va bien et vous ? (saison 6).



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18. Sacrifices

Message  Dearesttara le Ven 18 Mar 2011 - 10:34

18. Sacrifices (Babies & Bathwater) : H H H H




- So, there is some hope.
- Always. But just in case, I special-ordered a jumbo-sized coffin.
- Hey...
- Don't thank me. It's just who I am.


Alors qu'elle était en voiture avec son mari, Naomi Randolph, enceinte de 7 mois, s'effondre. Elle est atteinte d'un grave cancer et doit subir un traitement dangereux qui pourrait coûter la vie à son bébé. Ayant déjà fait trois fausses couches, Naomi veut absolument ce bébé et refuse l'opération immédiate, préfèrant attendre pour augmenter les chances de survie de son foetus, quitte à en mourir. Sean, son mari, tient cependant à elle et veut au contraire l'opération immédiatement. Pendant ce temps, Vogler demande au conseil d'administration d'ordonner le renvoi de House. Mais Wilson tient le conseil en échec en s'opposant, seul, à la décision, qui doit être unanime. Vogler demande alors que le conseil ordonne le renvoi... de Wilson ! Comprenant qu'il va être renvoyé, Wilson démissionne et House est désormais sans défense...



Comme le titre le laisse supposer, cet épisode est un des plus tristes, un de plus amers de la série. L'absence quasi totale d'humour, ou de housismes, renforce cette impression. Le cas secondaire, habituellement drôle, est cette fois traité de manière grave. Le cas Naomi est très sombre et la confrontation House-Vogler atteint son climax de tension. L'absence totale de Cameron ne pèse pas sur l'épisode, car elle n'est que peu évoquée et l'épisode se révèle très réussi, se déroulant bien sans elle.

Fait rare, la maladie est trouvée au bout de dix-huit minutes seulement ! Et encore, même pas par House mais par Wilson ! Ce choix surprenant, qui expédie rapidement les diagnostics différentiels, permet de se concentrer davantage sur ce qui nous intéresse : le dilemme de Naomi et le duel entre Vogler et House. En effet, le dilemme mis en jeu se révèle terriblement douloureux. Loin de la retenue sobre usuellement employée dans la série, les sentiments débordent : les larmes coulent, le chagrin envahit l'écran, la douleur morale augmente de minute en minute, et Sacrifices réussit là où Panique à la maternité avait à demi-échoué : l'émotion passe, tout entière avec ses séquences plus poignantes les unes que les autres.

Naomi est courageuse et égoïste à la fois. Courageuse car prête à mourir pour son enfant. Egoiste car, enfermée dans un drame qu'elle a vécu, elle refuse de prendre en compte l'amour de son mari. On remarque que l'on a affaire à la situation inverse de celle de Rencontre sportive mais en plus grave. Une tension s'instaure tout au long de l'épisode où l'on attend que la situation se débloque mais House a beau éructer, les médecins de déployer tout leur savoir-faire, ils sont tragiquement impuissants face à la dégradation de l'état de Naomi. On espère jusqu'au bout un retournement de situation dont la série a le secret. Mais ici, il n'y aura pas de rémission, le récit suit son cours jusqu'à sa fin tragique, que n'éclairera que faiblement la naissance du nouveau-né, poussant son premier cri alors que sa mère pousse le dernier soupir. C'est vraiment un épisode douloureux, avec un House nettement plus affecté que de coutume qui utilise même l'émotion comme arme pour faire plier le mari et lui faire accepter la décision finale. Décision qui lui donnera la culpabilité en échange de son enfant. Sacrifice d'une vie mais aussi sacrifice du bonheur, décidément, c'est pas un épisode roboratif !

En parallèle, c'est bien entendu le duel Vogler-House qui nous captive, qui se déroule à distance dans la salle du conseil.



Après une première scène d'un humour inattendu, on revient à la triste réalité : Vogler veut éjecter House de l'hôpital. Il se montre plus odieux et plus méchant que jamais, pourrissant la vie de son (in)subordonné jusqu'à annuler l'opération salvatrice qui eut pu sauver Naomi. Ce choix, qui tuera Naomi d'une certaine manière, fait hurler House au cours d'un dialogue où lui et Vogler se gueulent dessus. Ce genre de scènes n'est pas typique de la série qui n'a pas besoin de faire crier les gens pour faire passer les sentiments. C'est donc une surprise !

Les deux scènes du conseil d'administration sont chargées de suspense : Vogler, haineux, tient le conseil à sa botte, menaçant de partir, lui et son argent, s'il ne lui obéit pas. On voit donc la prédiction de House accomplie : Vogler règne en dictateur et l'hôpital est devenue une "entreprise où l'on vend de la santé" avec rentabilité exigée ou comment transformer le noble art de la médecine en industrie libérale marchande à la recherche du profit. Il suffit de 100 millions de dollars et d'avoir de la gueule et même la personne la plus revêche devra se rallier à vous : Cuddy décide de voter pour le licenciement de House, une véritable déchéance de la part de celle qui a toujours protégé House et a revendiqué son indépendance ! Elle n'est aucunement honteuse de son geste et aura même le culot de dire à House qu'il ne vaut pas l'argent de Vogler. Corrompue par l'argent mais surtout par le désir, celui-là explicable, de guérir plus et mieux, Cuddy arbore un visage antipathique surprenant.

L'amitié entre Wilson et House est mise à rude épreuve, Wilson accusant House d'être responsable de sa chute et de placer ses principes plus hauts que leur "amitié débile", House a beau s'excuser, il n'est pas sincère. Embourbé dans ses contradictions, ne peut que faire profil bas. Cet épisode est décidément riche en surprises !

C'est via un cas secondaire dramatique que House retrouve le crédit auprès de Cuddy qui se rend compte de la bourde hâtive qu'elle a commise en provoquant une arrestation. Le retournement de Cuddy fait tout basculer, elle s'oppose à Vogler, trouve le courage de lui jeter ses quatre vérités, dénonçant son OPA sur l'hôpital. La scène est d'une grande force, sans éclats de voix, où elle s'en prend à ses collègues, muselés par l'argent qui vendent leur conscience pour ce soutien financier ainsi que leur liberté de choix. Une fois elle, Wilson et House disparus, qui pourra s'opposer à Vogler ? Cette situation fait terriblement penser au Prisonnier où contre une captivité dorée et luxueuse, les habitants du Village acceptent de se laisser gouverner. Elle retourne la situation en sa faveur et Vogler se voit poussé vers la sortie. Mais ce dénouement n'est pas heureux pour autant. La fin garde un arrière-goût amer édifiant : House et ses collègues sablent la victoire de Cuddy au champagne (les fans des Avengers ne peuvent qu'être ravis devant cette tradition Steedesque !)...



...mais quand elle arrive, elle casse l'ambiance en disant tous les sacrifices que le comportement de House a impliqués, brisant net l'euphorie de cette fin dont on espérait qu'elle contrebalancerait la triste fin de Naomi. C'est donc sur une note discordante que se termine cet épisode surprenant mais révélateur du génie de la série à mélanger sans cesse le fiel et le miel, la joie et la tristesse...

Interprétation royale : Chi McBride, plus salaud que jamais, réussit parfaitement sa sortie, il aura bien marqué son passage dans la série. Marin Hinkle est un des seconds rôles les plus bouleversants de la saison, avec un jeu ultraexpressif risqué mais payant. Cependant que Michael Goorjian se montre plus inégal tantôt forçant le trait, tantôt à l'unisson de l'épisode. Lisa Edelstein accomplit une prodigieuse performance avec une Cuddy lâche et presque "méchante" avant de devenir courageuse et humaniste, capable de prendre des lourdes responsabilités, bref, passant d'un état à celui de son opposé sans sourciller ! Robert Sean Leonard, toujours sympathique, donne le meilleur de lui-même dans le rôle de celui qui ne reçoit qu'ingratitude en échange de son amitié ; déçu, blessé mais digne, l'acteur est au sommet de son talent.


Infos supplémentaires

Premier épisode sans Cameron, le personnage ayant démissionné à la fin de l'épisode précédent. Elle est la seule à savoir où se trouve le sucre dans la salle de diagnostic différentiel.

Troisième épisode où un patient du docteur meurt sans qu'il ait pu le sauver. Naomi meurt mais son bébé étant sauvé, House n'essuie donc qu'un semi-échec (le 2e de la saison).

Cinquième et dernier épisode avec le personnage de Vogler.

Lorsque Wilson dit à House qu'il est contraint à la démission, House insinue que Cuddy, pourtant, n'en pince que pour lui. Tout au long de la série, il y aura plusieurs allusions à la relation trouble qui existe entre le diagnosticien et sa cheftaine.

House et Wilson font parfois du bowling le mercredi soir.

House prétend certaines nuits regarder du porno sur Internet. Difficile de savoir s'il plaisante ou pas mais vu le personnage, ce ne serait pas impossible !

Erreur médicale : après l'opération de Naomi, elle a un estomac tendu et une sonde endotrachéale. Normalement, l'opération aurait dû lui rendre un estomac normal et elle ne devrait plus porter la sonde.

La chanson de l'épisode est Happiness de et par Grant Lee Buffalo.



Acteurs

Marin Hinkle (1966) est née en Tanzanie mais passe sa vie en Amérique où elle étudie à l'université de New York. Cette superbe créature s'engage dans une vocation d'actrice qu'à partir de trente ans. Elle connaît la popularité grâce à deux séries TV où elle interprête les rôles principaux : Deuxième chance (58 épisodes, Judy Brooks) et Mon oncle Charlie (75 épisodes, Judith Melnick). Elle a joué plusieurs seconds rôles dans une trentaine de films (comme En quarantaine, le remake du film d'horreur [REC]), et a participé à plusieurs séries comme Spin City, FBI : Portés disparus, Urgences et les New York : Unité spéciale, Section Criminelle et Police judiciaire (3 épisodes)

Michael A. Goorjian (1971) s'intéresse au théâtre dès 13 ans. Il étudie à l'Université de Californie la comédie, la danse, et la réalisation. Il cofonde avec des amis le renommé Buffalo Nights Theatre. Bien qu'attaché principalement aux planches, il a joué tant au cinéma qu'à la télévision où son rôle le plus fameux fut celui de Justin Thompson dans la série La vie à cinq (44 épisodes). Tantôt acteur, réalisateur, monteur, producteur, ce comédien complet a joué dans plusieurs séries comme FBI : Portés disparus, Alias, Monk, Les Experts : Miami, Lie to me, etc.



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Dernière édition par Dearesttara le Jeu 14 Juil 2011 - 12:17, édité 1 fois
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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Jeu 24 Mar 2011 - 10:12

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19. En plein chaos

Message  Dearesttara le Mar 29 Mar 2011 - 1:05

19. En plein chaos (Kids) : H H





- Dr. House! We need you here.
- Sorry, lotta sick people. I might catch something.


C'est la pagaille à Princeton-Plainsboro : Une épidémie de méningite s'est répandue et tous les docteurs sont réquisitionnés pour canaliser l'infection. House s'aperçoit que Mary Carroll, une jeune nageuse de 12 ans, présente d'étranges symptômes et décide de traiter son cas à elle en particulier malgré la pression que lui impose Cuddy et surtout, le manque de place et de lits qui l'empêche, lui et ses assistants, de traiter sûrement ce cas difficile. Cameron ayant refusé de revenir dans son équipe, House (avec Wilson) doit trouver un remplaçant mais House ne digère pas le refus de Cameron et se montre intransigeant envers les postulants...


Cet épisode se regarde sans déplaisir mais après l'étonnante succession d'excellents épisodes précédents, il faut reconnaître qu'il détonne. Centré quasi uniquement sur la maladie de la jeune patiente, il n'est pas très mémorable. Cependant, une succession de détails délicieux permettent à cet épisode mineur d'être amplement recommandable mais son trop gros sens du détail au détriment de l'essentiel l'empêche d'atteindre trois H.

Après une introduction assez surprenante (malgré une doublure filmée carrément de face !), la première scène voit House débarquer chez Cameron pour lui demander de revenir. Dans cette scène, l'attirance de Cameron est clairement visible même si elle reste sous-jacente. Elle semble attendre que House accepte d'avouer qu'il est attaché à elle, ce qu'il ne fait pas. Elle lui ferme alors la porte au nez. Ce début est remarquable car proposant une inversion de rôles : Cameron semble avoir les cartes en main et House est impuissant à la convaincre. Echec donc.

La maladie de Mary est le thème central de l'épisode, source souvent d'épisode banal. Mais l'épisode évite dans ses capacités, le piège par l'arrière-fond : il se déroule dans une atmosphère d'urgence. L'épidémie, objet de stress, donne un surcroît d'intérêt à l'épisode qui gagne en tension. House est pressé par le peu de temps que Cuddy daigne lui accorder et doit donc tout faire à la va-vite. Cependant, l'ambiance anxiogène diminue peu à peu dans cet épisode, la tension aussi... et l'intérêt du spectateur tout autant (surtout avec le revirement de Cuddy un brin trop tardif et surtout hâtif). Le cas médical ne se distingue pas vraiment des autres cas de la série malgré des opérations ayant lieu dans des conditions difficiles (le sommet étant une ponction lombaire... dans la morgue !). Par contre, le rebondissement final est absolument renversant ! Seule la fin de Confusion des genres (saison 2) surpassera au niveau de la surprise ! Effaré et surpris à la fois (tout comme les médecins !), on ne peut qu'applaudir cette trouvaille qui correspond fidèlement au personnage de Mary Carroll.



On peut regretter que le personnage de Mary soit insuffisamment représenté mais il est clair qu'elle se distingue comme une fille extrêmement précoce pour son âge ! Pas pudibonde pour deux sous, d'un calme olympien malgré l'aggravation de sa maladie, d'une extraordinaire maturité et d'une grande patience. Elle met aussi un point d'honneur à ne jamais se plaindre, anticipant le personnage d'Andie de Leçon d'espoir (saison 2). Cette très jeune fille étonnament mûre, directe, sûre d'elle, est un charmant portrait d'adolescente (en plus très jolie !). La scène finale, où elle avoue d'elle-même à ses parents ce qu'elle a fait, le montre bien d'ailleurs : elle assume ses actes. On aurait quand même aimé que son personnage soit davantage traité, c'est encore un acte manqué !

En même temps, Wilson et House tentent de remplacer Cameron. Trois postulants se présentent au cours de l'épisode et House à chaque fois envoie dans le décor leurs aspirations. D'abord, Roger Spain, un jeune qui s'la joue et qui croit dur comme fer qu'il est anti-conformiste se fait rembarrer pour cause de tatouage ! Ensuite, la deuxième, Petra Gilmar donne la scène la plus réjouissante de l'épisode : à la hauteur de House, c'est un déluge de piques comme on en a rarement vu, réussissant même à destabiliser momentanément le diagnosticien en surenchérissant dans la provoc' lorsqu'il l'entraîne sur ce terrain !! La scène ne dure, hélas, qu'à peine une minute, mais quelle minute ! La raison pour laquelle House ne la prend pas est encore plus ridicule (les chaussures qu'elle porte, d'où un superbe housisme : The eyes can mislead, a smile can lie, but the shoes always tell the truth !). Quant à Arlene Marks, c'est le bouquet : il la refuse... sans aucune raison ! Juste parce qu'il s'accroche à Cameron ! Notre cher docteur est décidément en grande forme !



Quelques détails amusants pimentent cette intrigue passablement compassée : House diagnostique chez une patiente... qu'elle a un mari travesti ! Ou House pastichant Tartuffe avec un cachez ce sein que je ne saurais voir à propos du décolleté de Cuddy. Sinon, il y a Wilson avec des mimiques d'impuissance devant la férocité de son ami ou House asticotant quelqu'un qui a du mal à déféquer. Sinon, le diagnostic différentiel en pleine séance de dépistage vaut le détour aussi. En tout, on s'amuse pendant un bon quart d'heure et la demi-heure restante, on s'ennuie.

La scène finale est merveilleuse mais arrive tard. House est obligé d'avouer qu'il tient à Cameron et la veut absolument. Cameron accepte finalement de revenir... à la condition expresse que House lui donne un rencard dans les plus brefs délais !! House est obligé d'accepter et doit se préparer à sortir avec son employée !!! La scène, toute en justesse et en émotion, est d'une grande force. On regrette qu'elle ressemble un peu trop à la scène du début (dont elle est le miroir) et qu'elle soit dans un épisode aussi inabouti.

On ne peut qu'applaudir le talent de Skye McCole Bartusiak qui avec un jeu froid et rentré, parvient à faire un grand décalage entre son âge et la grande maturité de son personnage au sein de l'épisode, donnant une composition admirable. Une actrice en devenir ! Hugh Laurie est en grande forme et Jennifer Morrison dans ses deux uniques scènes trouve le ton juste. Robert Sean Leonard est irresistible en mimiques consternées devant le comportement de House. Erin Foster (Petra Gilmar), à l'attitude jubilatoire est un merveilleux second rôle, on est frustré de ne pas la revoir par la suite ! Le reste du casting est moins marquant.



Infos supplémentaires

Cameron est très sportive. Elle prend souvent tout au premier degré. Elle n'a qu'un rôle limité dans cet épisode mais aura sa revanche dans l'épisode suivant où elle tient le devant de la scène.

Première fois que nous voyons l'appartement de Cameron, sobre et rangé, à son image...

Erreurs de continuité :
- La doublure de Skye McCole Bartusiak, lors de son saut, est clairement visible dans la scène d'introduction quand elle est au fond de l'eau (elle a notamment une poitrine plus développée !). A côté, la fameuse doublure de Diana Rigg dans Le Mort vivant (saison 5 de Chapeau melon et bottes de cuir) est un modèle de discrétion !
- House orthographie mal hemorrage (hémorragie) en l'écrivant hemorrhage

Erreurs médicales :
- Lorsque les docteurs de l'hôpital examinent les patients à la chaîne pour la méningite, aucun ne pense à changer de gants et à se laver les mains entre chaque patient. C'est une négligence des règles de sécurité très grave.
- Quand Foreman examine Mary avec une sonde à ultra-sons, il la tient près du côté gauche de sa tête, du mauvais côté, entraînant son réveil. Un plan plus tard, la sonde est près du côté droit (le bon côté).

Référence cinéma : Wilson, après que lui et House aient vu Petra Gilmar, s'exclame That's our Hitler !!, reprenant une citation d'un film de 1968 : Les producteurs (avec Gene Wilder et Zero Mostel). A noter que la VF, comme à son habitude passe à l'as cette référence pas forcément connue du public français.




Acteurs

Skye McCole Bartusiak (1992) a commencé à tourner dès l'âge de sept ans. Etudiante à la St. Thomas the Apostle Episcopal school. Elle joue tant au cinéma qu'à la télévision. Sur le grand écran, on l'a vue dans Dans les cordes (avec... Omar Epps !), The Patriot, ou jouer la fille de Michael Douglas dans Pas un mot. Elle joue dans beaucoup de films indépendants avec à la clé quelques récompenses pour ses rôles souvent dramatiques ; un de ses rôles les plus marquants étant Franny Roberts dans le film d'horreur Boogeyman. Elle a également été au théâtre (jouant avec Hilary Swank). A la télévision, elle est surtout connue pour avoir joué dans 8 épisodes de la saison 2 de 24 heures chrono (rôle de Megan Matheson) mais a aussi joué dans JAG, New York : Unité spéciale, Lost, Les Experts...

Erin Foster (1982), fille du compositeur David Foster, s'est tournée jeune vers la télévision. Bien qu'elle n'ait pas eu à ce jour de rôle vraiment marquant, son rôle d'Heather, l'ennemie de Marissa Cooper dans la série Newport Beach (5 épisodes) l'a fait remarquer. Elle a tourné dans Roswell, Les Experts, Gilmore girls, FBI : portés disparus, Castle, Tell me you love me (2 épisodes), etc.



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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Mar 29 Mar 2011 - 19:35

Chronique très complète , comme toujours ! hi

L'autre Docteur des séries télé revient mardi
http://www.ozap.com/actu/docteur-house-retour-tf1-inedits-saisons-7/407814
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http://www.theavengers.fr

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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mar 29 Mar 2011 - 21:17

Merci Estuaire, plus que les 3 derniers épisodes. Et curieusement, comme pour Le Prisonnier, ce sont peut-être les trois meilleurs épisodes de la saison ! Laughing

C'est une bonne nouvelle mais cette saison est déjà disponible en DVD depuis un certain temps en France ! J'ai vu quelques DVD à la FNAC.

Cependant, je ne serai pas spectateur car je vais bientôt terminer la saison 2 (prété par un ami de mon école) et faire un saut de quatre saisons serait un peu trop hardi ! Mais merci du renseignement. Je crois bien que c'est la première fois que je souhaite du succès à l'audimat de TF1 d'ailleurs ! Razz
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Mar 29 Mar 2011 - 21:44

Dearesttara a écrit:Joe Morton (1947) on a pu le voir dans Mission : Impossible, Equalizer (4 épisodes dont 3 dans le rôle de Carter Brook), X-files, New York : Unité spéciale, : Miami),
Tout à fait. Et j'ai expédié l'affaire en deux lignes...Sidérant le nombre de détails. Bravo
Carter Brook, un ancien de l'agence qui aide McCall. En fait, il est là pour pallier au départ d'autres personnages comme Jimmy.
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Mar 29 Mar 2011 - 22:05

Merci de la précision denis ! Very Happy

Oui, j'ai pensé à toi en écrivant sa petite bio. J'ai rajouté exprès "4 dont 3 dans..." si tu relevais ce détail.

Dans l'épisode suivant, Peter Graves joue un second rôle hilarant, ça m'a fait plaisir de le revoir !!
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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Mar 29 Mar 2011 - 22:11

Oui, c'est un salopard dans un épisode où il fait des références à Sherlock Holmes et La ligue des Rouquins, bien plus subtil que dans les trois autres épisodes de fin de série où il est transparent en allié de McCall.
J'avais aussi revu Peter Graves dans un épisode de Cold Case. Vieilli certes mais toujours sympa de revoir une ancienne gloire de série dans une série contemporaine.
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20. Des maux d'amour

Message  Dearesttara le Dim 3 Avr 2011 - 13:45

20. Des maux d'amour (Love Hurts) : H H H H




- Wow. Well, you've certainly given me a lot to think about. If only I was as open as you.
- Well...
- Actually, it was your blouse I was talking to !


Harvey Parks, un jeune homme de 22 ans, subit une attaque après que House lui ait crié dessus. Amené dans une chambre, il reçoit la visite de son amie Annette qui semble avoir un fort ascendant sur lui ce qui n'est pas sans étonner les médecins, troublés par son influence. Pendant ce temps, l'hôpital ne parle que du rendez-vous que House a consenti à avoir avec Cameron dont tout le monde se demande comment il se terminera...



Ce brillantissime épisode inaugure avec force cette fin de saison qui place la barre très haut niveau qualité. Le cas médical du jour est du plus grand intérêt, la relation Cameron-House atteint son climax et un cas secondaire à mourir de rire achève d'élever l'épisode vers les sommets. Emotion, humour, suspense, surprises... cet épisode est véritablement un incontournable de la série.

L'introduction enjouée avec House se défendant contre les plaisanteries de Wilson et d'un patient au sujet du retour de Cameron est d'un grand comique. Le cas présenté est un régal dès le premier diagnostic différentiel avec le retour de Cameron. La mystérieuse Annette intrigue fortement le spectateur : elle a un tempéramment de cheftaine, et semble régir la vie d'Harvey. Cette dominance est accentuée par le jeu froid de Christina Cox (visage de marbre, voix posée et sinueuse, maintien rigide...).

La relation Annette-Harvey est en fait une relation de pervertion. Elle est une dominatrice et il aime être dominé. Cependant la série reconsidère ce jeu de rôles comme composante fondamentale de leur relation et non pas comme un jeu purement sexuel (quoiqu'on puisse voir des instruments fétichistes chez Harvey). On remarquera que bien qu'étant "maîtresse", Annette semble aimer vraiment son partenaire ce qui n'est pas toujours le cas de ces femmes. Cette révélation apparaît dans la spectaculaire scène de strangulation, impressionnante par sa surprise. Annette est un vrai sphinx et apporte beaucoup à l'épisode, dommage qu'elle soit par la suite un peu écartée.

En parallèle, Harvey est décrit comme quelqu'un de sensible et de candide et est donc à l'opposé d'Annette. Sa "perversion" sexuelle, libre et consentie est également un manifeste pour la liberté sexuelle. En effet, même si ces pratiques sont de moins en moins tabous à l'heure actuelle, il demeure une certaine opposition puritaine (surtout en Amérique), ici incarnée par les parents d'Harvey qui ont renié leur fils. House devra recourir d'ailleurs à deux bobards hallucinants pour pouvoir arriver à ses fins ! Ces deux scènes-là comptent parmi les plus réjouissantes de cet épisode. D'autant qu'elles permettent un faux happy end, typique de la série, avec une réconciliation qui n'a pas lieu, un couple sans repères, et un House mal à l'aise.



Tout le monde s'interroge sur le date : Foreman voit ce rendez-vous d'un mauvais oeil et s'inquiète pour sa collègue, Chase invite Cameron à sauter (au sens sexuel du terme) sur House si elle veut le posséder, Cuddy approuve en disant que Cameron sera la seule à le supporter tandis que Wilson s'inquiète, lui, pour House car il a peur que Cameron lui brise le coeur ! Ce défilé de joyeuses saynètes donne lieu à des dialogues vifs et un humour quasi permanent tandis que nous attendons avec impatience le rendez-vous. L'attitude de Cameron, inhabituellement ironique (C'est mon patron, j'ai le droit de le harceler sexuellement !) et souriante donne une autre allure à son personnage. L'hilarante scène qui précède le dîner permet de voir Wilson en conseiller séduction (Technique du DHA à retenir !) tandis que House tente de trouver une excuse pour ne pas y aller.

La série ne déroge pas à sa règle à ne pas rater les scènes les plus attendues et en effet, la scène du dîner s'avère magistrale (Jennifer Morrison n'a jamais été aussi belle et désirable, à se damner !). House, pas doué pour faire la conversation, est d'un banalisme impossible (on notera aussi un impressionnant silence de 16 secondes qui font l'effet d'un siècle !) Cameron tente de limiter la casse en dérivant la conversation sur une orientation freudienne (!!) où elle essaye de convaincre House qu'il l'aime quelque soit son attitude (on reste pantois devant la persistance de Cameron à nier l'évidence) mais la tension persiste et on sent que le dîner ne se passe pas très bien. Finalement, Cameron ose enfin demander à son boss ce qu'il ressent pour elle. House sort alors une des plus belles répliques de la série qui casse défintivement tout espoir pour Cameron. Cette réplique, climax émotionnel de la scène, dévoile totalement la personnalité de Cameron, amoureuse non d'un homme, mais des blessures de cet homme. House montre toute sa perspicacité et son réalisme pessimiste dans cette scène : son amour de la vérité est plus fort que tout et il ne supporterait pas une relation basée sur un double mensonge de départ quand bien même sa subordonnée a la beauté d'une madone. Le retour à la réalité est brutal pour Cameron. Le dîner est fichu et le lendemain, elle doit rester stoïque pour cacher ses larmes tandis que House prend tout à la légère. Mille bravos pour Sara B. Cooper qui a écrit une scène d'une puissance remarquable.

En parallèle, un cas secondaire très drôle pimente cet épisode...



...avec un vieux couple qui se pose des questions sur leur sexualité. Leurs réactions et leurs répliques sont cependant celles d'ados plus ou moins immatures (la première scène avec Ramona !), décalage garanti ! Pilules bleues or not pilules bleues ? C'est la question du jour et House a l'air à la fois amusé et consterné par ce cas abscons. Une chute finale d'un comique ravageur couronne ce cas désopilant.

On ne saurait rêver meilleure interprétation : John Cho et Christina Cox forment un couple déséquilibré, improbable, mais sincère et même émouvant. Mention à la jeune femme qui se montre souvent inquiétante. Quel plaisir de retrouver maître Peter Graves, à cent mille lieues de son personnage de Jim Phelps, mais pourvu toujours de son même génie d'acteur qui lui permet ici de se montrer très poilant, d'autant que June Squibb lui donne parfaitement bien la réplique. Jennifer Morrison, avec un jeu se baladant entre pudeur et expressivité livre une superbe prestation face à Hugh Laurie, leur duo étincelle tandis que son partenaire reste fidèle à lui-même : génial. Tout le reste de la distribution est en forme, Omar Epps surtout, entre cynisme et sérieux.

Bref, un superbe épisode !


Infos supplémentaires

Fait rare, l'introduction (une des plus réussies de la série !) se déroule à l'hôpital.

Cameron dit qu'elle a un salaire de misère à l'hôpital. Ses boucles d'oreilles sont un cadeau de sa mère. Durant le dîner, elle commande des raviolis et du vin. Elle est amoureuse non de House mais du fait que House soit un homme brisé moralement, transformant sa compassion en attachement affectueux.

House a eu une relation amoureuse qui s'est mal terminée il y a cinq ans. Stacy, son ex, apparaîtra dès l'épisode suivant. House, au cours du dîner, prétend que le café Spoleto était avant une boîte de strip-tease. Or, dans l'épisode Peine de vie (saison 2), nous apprenons que House a rencontré Stacy dans une boîte de strip-tease. Et s'il avait rencontré Stacy au café Spoleto ? D'après Wilson, House n'est plus sorti avec une fille depuis la fin des années disco... Plus anecdotiquement, il a commandé du pain à l'ail et de la puttanesca. La puttanesca est un accompagnement de pâtes (souvent les spaghettis) à la tomate, à l'ail, et aux olives noires.

Chase est sorti avec une banquière qui adorait se faire brûler. La relation a fait long feu ! Il connaît vaguement Annette ce qui prouve qu'il est sans doute allé à des soirées... particulières ! (SM ?) Plus légèrement, il aime les pastilles à la menthe.

Référence cinéma : House appelle ironiquement Annette Maîtresse Ilsa. C'est une référence au film Ilsa la louve (1975).

Les chansons de l'épisode sont Need to be with you de Wayne Jones et Windy Wagner, chantée par cette dernière, et Some Devil de et par Dave Matthews.



Acteurs

Peter Graves (1926-2010) restera dans les mémoires pour avoir été Jim Phelps, le cerveau de l'équipe de la série culte Mission : Impossible (143 épisodes) et de sa suite (35 épisodes) qui lui vaudra un Golden Globe Award. Après avoir étudié l'art dramatique à l'université de Minnesota, il commence à obtenir des rôles au cinéma dont celui du compagnon de cellule de Robert Mitchum dans un classique du 7e art : La Nuit du chasseur de Charles Laughton. Il a parallèlement beaucoup de premiers rôles au cinéma, surtout dans des thrillers ou des films noirs comme Rogue River, Le fort de la vengeance, The congrégation, Stalag 17 (de Billy Wilder) et bien d'autres. Son premier succès à la télévision est la série Fury où il joue 116 fois le rôle principal de Jim Newton. Après c'est Mission : Impossible qui le rend célèbre et le film parodique Y'a-t-il un pilote dans l'avion ? et sa suite (où il parodie son ancien rôle de Jim Phelps), puis la suite de la série qui l'a tant fait connaître. Il a moins tourné par la suite mais resta actif jusqu'à sa mort. Ayant à son actif une quarantaine de téléfilms (et autant de films) et un grand nombre d'apparitions dans des séries comme Match contre la vie, Les Envahisseurs, Arabesque, L'île fantastique (6 épisodes), La croisière s'amuse (4 épisodes), Cold Case, 7 à la maison[/i] (11 épisodes, John Camden), il demeure l'une des figures les plus importantes de l'histoire de la télévision.

John Cho (1972), d'origine coréenne étudie à l'université de Berkeley la comédie et la littérature anglaise. Il travaille ensuite à l'Asian American Theatre Company tout en commençant une carrière de musicien dans un band de Los Angeles. Il retient l'attention avec un petit rôle dans les trois premiers volets de la sous-saga American Pie, c'est le début de sa carrière cinématographique avec des premiers rôles dans les comédies Harold et Kumar, dans Star Trek, Better Luck Tomorrow... ou des seconds rôles comme dans Smiley Face, Solaris... Dans l'univers des séries, il est surtout familier avec son incarnation de Demetri Noh, un des personnages principaux de la série FlashForward (22 épisodes) mais on l'a aussi vu dans Charmed, Grey's Anatomy, How I met your mother, Ugly Betty (3 épisodes, Kenny), etc. Il a été considéré comme un des hommes les plus sexy au monde en 2006 et 2009 par le People Magazine.

Christina Cox (1971), d'origine canadienne, se destinait à la danse et à la gymnastique de haut niveau. Des problèmes de hanche avortèrent ses souhaits et elle se tourna vers une carrière d'actrice. Sportive accomplie (Tae Kwon do, kickboxing, boxe, Muay Thai...), elle est d'abord une comédienne de théâtre renommée depuis sa sortie de l'Arts York. Elle est principalement connue pour ses rôles dans : les films Better than chocolate, Les chroniques de Riddick et pour les séries F/X, effets spéciaux (38 épisodes, Angie Ramirez) et surtout Blood Ties (22 épisodes) où elle joue le rôle principal. On l'a vue dans Kung Fu, Au-delà du réel : l'aventure continue, Stargate SG-1 (2 épisodes), Stargate Atlantis, Spy Girls, Cold Case, Andromeda, Les Experts : Miami, Numb3rs, Bones, Dexter, 24 heures chrono, Mentalist, NCIS : Enquêtes spéciales, Defying gravity (13 épisodes), etc.

June Squibb (1935) a eu une carrière exclusivement consacrée au théâtre et aux musicals de Broadway, elle ne s'est tournée devant les écrans qu'à 55 ans en 1990 ! Elle n'a pas joué beaucoup au cinéma (on citera Rencontre avec Joe Black avec Brad Pitt) et est plus familière des séries télé. On l'a vue dans Urgences, Mon oncle Charlie, Larry et son nombril, 7 à la maison, Cold Case, Ghost Whisperer (6 épisodes, la grand-mère) ou encore le rôle de Pearl dans 23 épisodes des Feux de l'amour, etc.



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21. Cours Magistral

Message  Dearesttara le Jeu 7 Avr 2011 - 1:34

21. Cours Magistral (Three Stories) : H H H




- God, you're an idiot !
- I think I'm more of a jerk.


Stacy Warner, avocate en droit constitutionnel et ex petite-amie de House, débarque à l'hôpital. Elle s'est remariée et est certaine que son nouveau mari est malade. House, troublé par l'arrivée de son ex et peut-être jaloux, refuse de le soigner malgré les insistances de Stacy. Parallèlement, Cuddy ordonne que House fasse un cours de diagnostic à des étudiants. Bon gré mal gré, il accepte et interroge les étudiants sur trois cas imaginaires. Son équipe, présente dans la classe, finit par se rendre compte qu'un des trois cas est en réalité réel, il s'est véritablement produit. Et il concerne quelqu'un qu'ils connaissent très bien...



Cet épisode est un classique de la série. Il est souvent considéré par les fans comme le meilleur épisode de cette saison et parfois même comme le meilleur épisode toutes saisons confondues de la série ! Au risque d'attirer les foudres des fans, l'auteur de ces lignes n'est pas d'accord. Si l'épisode est brillant dans bien des domaines, l'histoire est confuse dans ses deux premiers tiers et ne peut donc prétendre aux quatre melons. Il reste malgré tout un épisode incontournable de la série, capital pour comprendre l'histoire de House. David Shore, créateur de la série, a écrit un magnifique scénario, même s'il n'échappe pas à quelques développements tortueux.

L'épisode débute par une surprise : précédée du duel acide entre Cuddy et House, l'arrivée de Stacy Warner. L'ex-femme de House s'est remariée et sollicite son aide. Ayant partagé sa vie avec lui, elle le connaît très bien, et surtout ses contradictions et ses faiblesses. Aussi leur dialogue, très tendu, où House a bien du mal à dissimuler son agacement est un passage très fort de la série où elle cherche à trouver la faille. Mais la jalousie du diagnosticien est plus forte et Stacy subit une fin de non-recevoir. Dans ce premier contact, Stacy réussit très bien son entrée, elle échappe à tout poncif, à tout cliché inhérant dans ce type de scènes.

L'épisode débute pleinement avec le cours de House qui va parler de trois cas de patients qui ont des douleurs à la jambe : un fermier mordu par un serpent, un volleyeur de 40 ans (qui deviendra une adolescente !) et Carmen Electra (qui deviendra un jeune homme drogué !). Cet épisode est en fait construit comme une fugue musicale à trois voix : le sujet de la fugue est la douleur à la jambe, et ce sujet intervient pour les trois patients. Le sujet passe ainsi aux différents malades avec une telle rapidité qu'on en est hélas perdu ! Ainsi le "divertissement" (développement si vous préférez) de cette fugue cinématographique est desservi par le fait qu'on passe d'un malade (d'une voix) à l'autre sans préparation, rendant l'ensemble très décousu. Toutefois, Shore ne rate pas son unisson à la moitié de sa fugue : les trois patients vont tous être opérés de la jambe et peut-être même être amputés ! Cet accord est très réussi et fait son effet.
Quelques détails très drôles comme Carmen Electra qui malgré son peu de temps de présence s'autoparodie (à noter les yeux gourmands de House quand elle se déshabille !)... et nous rappelle qu'elle a des jambes très... Purdeyiennes !



En même temps, House exhorte ses étudiants à être pleinement matures, leur filant une pression monstrueuse (scène où il force les étudiants à livrer un diagnostic en un temps très limité), à assumer une situation où ils doivent faire face à la mort prochaine d'un patient et surtout leur faire prendre conscience que tôt ou tard, ils commettront des erreurs qui tueront un patient. Bref, House casse la tête au mythe du gentil docteur en le transformant en un homme responsable, faillible, et sans émotion. Ainsi, Cameron, suivant sa nature angélique, s'attache profondément à l'adolescente (patiente n° 2) jusqu'à avoir la vue brouillée par les problèmes sentimentaux de la jeune fille. Elle se trompe alors sur la nature de sa maladie. Il invite les étudiants à avoir de grandes connaissances pour pouvoir trouver le serpent coupable (qui sera en réalité un drôle de serpent !!) Et aussi un bon esprit d'analyse pour déterminer si un patient simule ou pas (patient n° 3). Il leur fait voir la dure réalité du métier de diagnosticien. Les élèves en prennent conscience et sont suspendus aux lèvres de House.

Le twist central est particulièrement inattendu car le patient n° 3 se révèle être... House lui-même ! Et nous suivons l'histoire de son infarctus. Voir House à l'état de patient est assez étrange. Cuddy, dans ce flash-back, est devenue plus sensible, plus compatissante mais c'est bien entendu le désaccord entre Stacy et House qui domine ce retour dans le passé. House s'obstine à refuser l'amputation (ou même la solution intermédiaire d'enlever son muscle mort) qui le sauverait tandis que Cuddy et Stacy essayent de le faire changer d'avis.

Mais Stacy n'est pas qu'une amoureuse très attachée à son compagnon d'alors. On peut en effet supposer que pour exister face à lui, elle a dû batailler et ce trait de caractère est particulièrement visible quand elle fait un superbe sacrifice d'amour : elle fait opérer House contre sa volonté pour le sauver. Elle sait à ce moment-là que c'est la fin de son couple car House ne pourra lui pardonner une telle décision. Sacrifier son couple pour sauver son compagnon, c'est une éblouissante preuve de courage. Il est à noter que House a presque les larmes aux yeux quand il évoque ce triste souvenir et il semble si faible quand un étudiant lui dit qu'il a agi comme un con. C'est là un des rares moments de laisser-aller du docteur. La scène du retour dans le passé est magnifique d'émotion et de tension, c'est une des meilleures scènes jamais réalisées pour cette série.



Ce cours a été d'autant plus fort que House sait aujourd'hui qu'il a mal agi envers Stacy. Un changement s'est déjà produit en lui : les dernières secondes nous le montrent appeler Stacy et lui dire qu'il accepte de s'occuper de son mari. Et c'est sur cette ouverture que se clôt cet épisode.
Remarquons que la mise en scène de Paris Barclay est éblouissante, avec un montage craquant (l'apparition truquée et successive des trois étudiants dans la chambre de Carmen et du fermier ou les 16 personnes agglutinés chez l'adolescente !) et une fluidité qui fait vraiment plaisir !

Tant de scènes magnifiques... pourquoi seulement trois H ? Parce que l'épisode accuse un second défaut : Sela Ward. En effet, l'interprétation de l'actrice est décevante. Manquant cruellement de naturel, elle emprunte fortement son jeu et sa scène de "sacrifice" perd de sa force malgré l'aide de Lisa Edelstein, certes en retrait, mais plus convaincante dans ce registre. Elle se rattrapera heureusement dès l'épisode suivant. Hugh Laurie est comme le cours : magistral ! Protéiforme au maximum, il passe du cynisme à la tristesse, de l'ironie à la révolte, de l'expressivité presque violente à la sobriété avec une aisance bluffante. Les autres personnages sont à l'écart mais le trio estudiantin formé par Nicole Bilderback, Andrew Keagan et Josh Zuckerman est un trio idéal : chacun complète l'autre par son tempéramment bien marqué. Carmen Electra parle peu, n'est là que pour la déco... et c'est tant mieux comme ça !


Infos supplémentaires

Premier épisode (sur neuf) avec le personnage de Stacy Warner.

L'introduction, fait rare, a lieu à l'hôpital, et en présence de House.

Un des rares épisodes où House ne traite pas un patient. L'épisode n'étant constitué que du cours qu'il donne aux étudiants.

On en apprend beaucoup sur House : Sa rupture avec Stacy vient de ce qu'elle avait pris la décision qu'on lui enlève son muscle mort contre sa volonté, le condamnant à une douleur incurable permanente alors qu'il voulait tenter de récupérer l'usage complet de sa jambe, quitte à risquer sa vie. Il subit d'ailleurs une mort clinique d'une minute. Nous apprenons qu'il aime les chiots et se balader sous la pluie (il reste encore un peu de romantisme chez House !). Il a de très bonnes notions d'herpétologie (étude des reptiles). Nous apprenons qu'il déteste les compromis (ça, on s'en doutait !) et qu'il donne 10$ à Wilson chaque fois qu'un patient remercie son ami quand il lui annonce qu'il va mourir (ce qu'il réussit très souvent !). Il considère enfin Carmen Electra comme une golfeuse-née !!

Erreurs médicales :
- House prétend que trois serpents vénimeux habitent le New Jersey : le copperhead, le serpent à sonnette et le serpent corail. En réalité le serpent à corail ne se trouve aux USA que dans certains états dont le New Jersey ne fait pas partie.
- Durant l'opération des trois patients, on constate qu'aucun d'entre eux a des yeux fermés avec du ruban adhésif, ce qui est nécessaire dans ce type d'opération.

Erreur de continuité : le tableau derrière House ne cesse de changer durant tout le cours : tantôt un tableau blanc, tantôt un tableau où il peut écrire avec une craie.

La présence de Carmen Electra permet une référence à la série Alerte à Malibu, mentionnée par un des étudiants lorsque House évoque la playmate.



Acteurs

Sela Ward (1956) joue le personnage de Stacy Warner, l'ex-compagne de House, dans 9 épisodes de la série, c'est un de ses rôles les plus appréciés du public. Elle aime beaucoup Hugh Laurie, qu'elle admire. Diplômée de l'université d'Alabama, elle tente sa chance comme mannequin pendant cinq ans puis comme actrice. Elle fait ses débuts dans la série Emerald Point N.A.S (22 épisodes) mais c'est son premier rôle dans la série Les soeurs Reed (127 épisodes, Teddy Reed) puis de Deuxième chance (63 épisodes, Lily Manning) qui la fait connaître à la télévision où elle joue depuis régulièrement. Candidate malheureuse au casting de Demain ne meurt jamais, elle a néanmoins percé quelque peu au cinéma comme dans Studio 54, Dirty Dancing 2, Le jour d'après, Le beau-père... A la télévision, elle a joué dans beaucoup de téléfilms mais pas beaucoup de séries quoiqu'elle ait retrouvé encore un rôle récurrent dans la série Les Experts : Manhattan (21 épisodes, Jo Danville).

Carmen Electra (1972) née Tara Patrick (fans des Avengers, réjouissez-vous !!) est surtout connue pour avoir joué 22 fois la voluptueuse Lani McKenzie dans la sous-série Alerte à Malibu ainsi que dans les téléfilms tirés de la série. Cette célèbre playmate (couverture de Playboy historique en 1996) a d'abord commis un disque de rap, soutenue par Prince (qui lui donna son surnom actuel). Le flop de l'album l'incita à s'orienter devant les caméras. Au cinéma, ses rôles les plus marquants sont dans les Scary Movie 1 et 4 (elle assura la promo en posant nue dans des magazines, quel professionalisme !) mais joue souvent dans bien des films en guest star grâce à son physique pulpeux (Sexy Movie, Big Movie, Naked Movie, Starsky et Hutch...). Si elle continue de tourner fréquemment, elle est cependant davantage adepte des shows et divertissement télés dans lesquels elle ne se prive pas de mettre en avant ses atouts. On l'a vue dans quelques séries comme Joey (2 épisodes) ou Monk.



Everybody lies !

(c) 2011 par Clément Diaz


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Fin de la première saison !

Message  Dearesttara le Ven 8 Avr 2011 - 1:46

22. Le Choix de l'Autre (Honeymoon) : H H H H




- What happened to "everybody lies"?
- I was lying.


House drogue Mark Warner, le mari de son ex, pour pouvoir le soigner à l'hôpital. Mais tous les examens sont négatifs. Mark serait donc en excellente santé ce qui n'est pas l'avis de House, aussi convaincu que Stacy qu'il a quelque chose. House, durant le traitement de Mark, cherche à se rapprocher de son ex mais elle le tient à distance. Leur relation devient de moins en moins supportable tandis que Mark, régulièrement harcelé par House, angoisse à l'idée que Stacy pourrait le quitter...



La saison 1 se termine en un splendide bouquet final avec cet épisode, suite du précédent. L'épisode prend un risque obligé mais casse-gueule : s'attarder sur la relation entre l'(anti)héros de la série et son ex. Ce genre de sujet, qui a fait la joie de nombreuses séries dégoulinantes, est ici remarquablement écrit : la tension (sexuelle entre autres) entre House et Stacy est électrisante, n'arrivant jamais à garder un ton aimable ou même correct. L'impuissance du mari, souffre-douleur d'un House plus féroce que jamais, face à cette situation, termine de rendre cet épisode intense.

L'introduction démarre fort avec un concours de vannes entre House et Mark sous l'oeil froid de leur belle. Cet échange méchamment acéré prend fin de manière spectaculaire mais tout à fait caractéristique des méthodes fortes du docteur. A noter que House prononce le mot français Garçon ! pour appeler un serveur.

Le cas de Mark prend rapidement une direction assez particulière : tous ses symptômes sont bénins, aucun n'est grave, mais House, têtu, persiste, allant même jusqu'à commander une opération chirurgicale sans diagnostic formel. Assez curieuse, cette foi qu'il place en son ex et qui le pousse à être encore plus extrême dans son attitude. Cette enquête médicale où l'on cherche ze indice qui débloquera tout est haletante, son tempo lent permet au suspense de s'installer en maître. L'absence quasi totale d'humour renforce le côté sombre de cet épisode. Le personnage de Mark est très intéressant : tout de suite opposant à House, refusant de tisser un lien ne serait-ce que poli en posant son ukase à chaque décision de House tout en ayant en permanence les nerfs à vif. Cette oppostion systématique donne une force supplémentaire à l'épisode.



Bien entendu, c'est l'explosive relation entre Stacy et House qui est l'atout majeur de cet épisode. Forcés de se côtoyer en permanence, ils ne peuvent s'éviter. Stacy connaît bien House donc elle connaît ses moyens d'arriver à ses fins. Elle lit dans la tête de House comme un livre ouvert : lorsqu'il lui demande si elle est infidèle, elle sait tout de suite à quoi il veut en venir. Ce jeu psychologique où House essaye de trouver la faille dans leur couple permet un suspense moral très prenant. House, en effet, n'est pas guéri d'elle tandis que la volonté farouche, presque exacerbée que met Stacy à s'éloigner de son ex est une protection, un bouclier contre la tentation de l'adultère car elle n'est pas sûre d'elle.

L'épisode se paye le luxe de nous offrir des scènes plus climatiques les unes que les autres : House joue avec les nerfs de son patient en posant des questions intimes sur son mariage provoquant la colère de Stacy (scène du toit). Mark, angoissé, supplie que Stacy reste auprès d'elle et ne parle plus au diagnosticien. Une scène splendide nous montre House, attablé à un bar, expliquant à Wilson qu'une partie de lui souhaite sa mort qui lui permettrait de récupérer Stacy ou bien de la faire souffrir. Ce sadisme inconscient torture House qui ne sait plus quoi penser.
Finalement House applique la théorie Freudienne que Cameron lui avait expliqué dans Des maux d'amour : Il veut dominer Stacy pour pouvoir la reconquérir ou bien lui faire mal en retour de ce qu'elle lui a fait il y a cinq ans : Il refuse de pratiquer un test important sur Mark, prétextant que c'est la volonté du patient d'où un gros coup de gueule de Stacy devant tant de mauvaise foi : House respecte rarement les volontés de ses patients !

Mais le climax est atteint quand Chase, Cameron et Foreman s'interposent pour empêcher House d'administrer un "cocktail" à Mark. Cette révolte générale contre leur patron surprend totalement, eux qui ont toujours suivi, même si c'était rarement de bon coeur, ses recommandations. La crise de Mark qui dure pas moins de deux minutes : convulsions violentes, agitation brouillonne des docteurs, affolement de Stacy, accessoires qui tombent... est d'une violence impressionnante !



La scène finale est un sommet de romantisme. Les dialogues prennent une certaine emphase mais ne sont jamais exagérés. La superbe déclaration de Stacy est pleine de justesse. La décision de House d'accepter que Stacy travaille désormais à l'hôpital finit cette saison sur un point d'interrogation : que va-t-il se passer ? Entre House et Stacy, sera-ce l'entente cordiale ou bien le conflit ouvert ? Retenir aussi quand House devant tout le monde dit qu'il ne "couchera plus avec Cuddy" ! (Houlà, qu'est-ce qu'il veut dire par là ???) et Cameron comprenant enfin que House ne l'a jamais aimée (scène un brin maladroite). L'épisode se termine comme se terminait le premier épisode : par la chanson des Rolling Stones You can't always get what you want

On est soulagé en voyant Sela Ward maîtriser davantage son jeu. Elle est, contrairement à l'épisode précédent, plus dans la révolte et l'attaque que dans la position d'amoureuse passionnée et cela lui convient mieux. Acide, déterminée, elle dynamise son interprétation qui soutient solidement cet épisode. Elle parvient à être très émouvante dans la dernière scène. Hugh Laurie crève l'écran et repousse les limites du cynisme avec un jeu acerbe et glacial, mais aussi triste et plus doux quand il s'interroge sur ses souhaits. Currie Graham est très convaincant en mari effrayé par les perspectives les plus noires et qui s'accroche comme un perdu à sa femme. Le reste de la distribution est bon même si Jennifer Morrison niaise inutilement son jeu.

En bref, un épisode grandiose, digne de conclure cette première saison qui nous a initiés avec une réussite complète à l'univers du plus désagréable médecin de l'histoire des séries télé.


Infos supplémentaires

Deuxième épisode avec le personnage de Stacy Warner et premier épisode (sur quatre) avec le personnage de Mark Warner.

Le premier rendez-vous entre House et Stacy fut calamiteux et elle jura de ne plus jamais le revoir. Une semaine plus tard, elle emménageait chez lui et commençait une relation qui durerait cinq ans. Stacy est athée mais porte toujours sur elle la croix de sa mère, unique bijou qu'elle consent à porter. D'après Mark, elle ne porte pas de lingerie. Elle prend son milkshake sucré (elle le prenait sans sucre quand elle était avec House). Son rêve d'adolescente était de partir à Paris (ce qu'elle n'a pas encore fait).

Mark est professeur. Ses parents sont morts dans un accident de voiture et il est marié à Stacy depuis trois ans. Il faisait du VTT avant sa maladie avant de se mettre au yoga.

D'après Stacy, House était "à peu près le même" avant son intervention. Donc, le caractère aigri du docteur ne vient sans doute pas de ce triste événement. Par ailleurs, s'il voit une lettre timbrée sur le sol, il ne la poste pas ! Comme c'est étonnant...

Erreurs de continuité :
- Quand Mark subit son attaque causée par son angoisse, une infirmière se rue vers son lit. Quelques secondes plus tard, la même infirmière sort de l'ascenseur avec Stacy et House ! Aurait-elle le don d'ubiquité ?
- Lorsque House prélève l'urine de Mark, la seringue ne contient pas d'air. Dans le plan suivant, elle a une grosse poche d'air !

A deux reprises, Foreman est surnommé Dr. "Mandingo", référence à l'esclave noir du film du même nom (1975) de Richard Fleischer (avec James Mason).

En plus de la chanson des Stones, deux autres chansons dans l'épisode : Delia de et par Blind Willie McTell et I call it love de Wayne Jones et Windy Wagner par cette dernière.



Acteurs

Currie Graham (1967) jouera le rôle de Mark Warner, mari de l'ex-petite amie de House dans quatre épisodes de la série. Il a étudié à l'American Academy of Dramatic Arts de New York actif aussi bien au théâtre que devant les écrans. Il a joué dans une dizaine de films dont Stargate, l'arche de vérité. On l'a vu sur le petit écran dans de nombreuses séries telles New York - Police Judiciaire, Urgences, Monk, Les Experts : Miami, Esprits criminels, Ghost Whisperer, Lie to me, Castle, The Closer, Weeds, Private Practice, 24 heures chrono, Mentalist (2 épisodes pour ces trois derniers), et des rôles récurrents chez Les Experts (3 épisodes), Desperate Housewives (9 épisodes, Ed Ferrara), Men in trees (10 épisodes, Richard Ellis), Boston Justice (9 épisodes, Frank Ginsberg), etc.


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Saison 1 bouclée ! Very Happy


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Re: Série "Dr House"

Message  Invité le Ven 8 Avr 2011 - 2:15

Bravo Dear pour toutes ces belles chroniques! Ça donne vraiment envie de (re)voir la série! On attend la suite! cheers
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Re: Série "Dr House"

Message  Estuaire44 le Ven 8 Avr 2011 - 7:35

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Re: Série "Dr House"

Message  Philo le Ven 8 Avr 2011 - 8:18

Super boulot !
Avec les quelques petits mots en anglais traduits, ça sera un 20/20.
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Re: Série "Dr House"

Message  Lala le Ven 8 Avr 2011 - 13:55

Retenir aussi quand House devant tout le monde dit qu'il ne "couchera plus avec Cuddy" ! (Houlà, qu'est-ce qu'il veut dire par là ???)
Il y a beaucoup d'allusions à ça durant les saisons donc beaucoup de fans pensent qu'il s'est passé quelque chose entre eux il y a longtemps
Spoiler:
Quant à son souhait de ne plus coucher avec elle...héhéhé la saison 7 c'est quoi alors ?héhéhéhé
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Re: Série "Dr House"

Message  Dearesttara le Ven 8 Avr 2011 - 19:05

Merci à tous de vos encouragements. J'envoie le dossier à Steed dès ce soir, le temps de quelques corrections.

Hey Lala, je ne suis qu'à la saison 2 en ce moment... Pour tout te dire, je pense qu'il s'est réellement passé quelque chose entre Cuddy et House mais ça je ne sais pas si la série le confirmera. Du moins, dans la saison 2 (épisode Culpabilité), on sait qu'ils se connaissaient à la fac. Après, quant à savoir s'ils sont passés à l'acte... Je découvre la série, saison par saison, et je ne sais à peu près rien de ce qui se passe dans les saisons ultérieures...

Que Philo ne s'inquiète pas, je traduirai les petites citations ! Very Happy

Pas mal ton lien, Estuaire, Cymes a bien résumé ce qui rend accro les spectateurs à ce type de séries.

Encore merci de me lire attentivement. Je commencerai la saison 2 dès la deuxième semaine de vacances, les séries c'est bien mais une semaine sans fait de mal à personne ! Razz
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Re: Série "Dr House"

Message  Cetp65 le Ven 8 Avr 2011 - 19:51

Félicitations Dear. Critiques très complètes, agréables à lire. Continue comme ça. cheers
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