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Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

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Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Estuaire44 le Ven 23 Jan 2009 - 23:54

Je n'ai pas trouvé de fil consacré à ce film, désolé si je me suis trompé!

- What I gotten myself into?
- The adventure of lifetime, Watson.


Évacuons d'emblée le sujet qui fâche : ce pastiche introduit effectivement une distorsion majeure avec les textes du Saint Canon (Holmes et Watson se rencontrent à l'adolescence, bien avant Une étude en rouge, et font de même connaissance avec un jeune Lestrade), tout en donnant, comble de l'abomination, une (légère) dimension fantastique au récit. « Il est permis de violenter l'Histoire, à condition de lui faire de beaux enfants » disait Alexandre Dumas,et en effet ce genre de variation trouve, ou non, sa justification dans la qualité du résultat obtenu.

Et ici, résultat il y a, grâce à la rencontre harmonieuse de grands talents : Spielberg le producteur, grâce à qui un esprit très Indiana Jones souffle sur l'ensemble de l'oeuvre, Lucas et ILM faisant des merveilles avec ce premier film à comporter un personnage totalement réalisé en images de synthèses (le Chevalier) et un habile Barry Levinson (Rain Man etc.)à la mise en scène. Mais c'est surtout Christopher Columbus, ici scénariste, qui impose sa marque. Il déploie en effet tout son vif talent coutumier de célébration de la rencontre de la jeunesse avec l'Aventure et le Merveilleux, déjà manifesté dans les Goonies et les Gremlins et qui nous vaudra bien plus tard les deux meilleurs opus des aventures d'Harry Potter au cinéma.

D'ailleurs, tout comme dans ces derniers films, on retrouve ici une saveur toute britannique, avec une superbe reconstitution du Londres Victorien (utilisations judicieuse de moyens conséquents) tandis que la fameuse Pyramide nous fait renouer avec une ambiance très Blake et Mortimer. Il faut dire que les décors se révèlent particulièrement somptueux et qu'ils servent d'écrin à une succession de péripéties entraînantes et pleines d'humour. Bien que le film remontant désormais à près d'un quart de siècle, les divers effets spéciaux n’ont que peu perdus de leur attractivité et n’entravent pas la vivacité de la mise en scène. L'enquête se déroule fort rigoureusement, ce qui ne l’empêche pas d’être gorgée d’humour et d’action, ni de distiller des énigmes très savoureuses. Les dialogues crépitent sans discontinuer, c’est un vrai feu d’artifice ! L’intrigue se poursuit sans temps morts, jusqu'à une conclusion basculant dans un fantastique exotique à la Sax Rohmer, introduisant une agréable originalité mais présentant toutefois l'habilité de ne pas déparer de l'univers victorien (à l’inverse de l’Alien inepte et hors sujet du faux Indiana Jones). La musique se monte également étonnamment évocatrice.

Les amateurs de Sherlock Holmes qui auront accepté de ne pas se cantonner à un respect compassé des stricts écrits de Conan Doyle se verront récompensés par une enquête évoquant souvent avec bonheur la tonalité et les procédés de l'oeuvre originelle. De plus les clins d'oeil abondent à l'univers du Grand Détective, que nous voyons ici acquérir plusieurs caractéristiques fondamentales, exactement comme lors d'un célèbre passage d'Indiana Jones : Holmes apprend le violon, avec beaucoup de mal, ce qui l’irrite au plus haut point (et n'a pas encore l'effet de le détendre...), Watson lui offre la pipe qui deviendra proverbiale. Il déniche sa casquette et jusqu'à la fameuse loupe. L'effet de ce procédé, toujours amené avec légèreté et finesse, se révèle des plus amusants. Bien entendu dans ce film familial il ne saurait être question de drogue... Les fameuses observations "divinatoires" de Holmes ne manquent pas à l'appel, de même que le fameux "élémentaire", quoique inversé... On remarque également une allusion à Mycroft tandis que la révélation finale particulièrement spectaculaire (même si un tantinet prévisible...) introduit une autre grande figure!

L'écriture avisée et sensible de Columbus parvient à créer des personnages en devenir particulièrement attachants, la grande force du film étant de ne pas se borner à un vulgaire décalque. Ainsi l’intellect et l’orgueil n’ont pas encore dévoré l’esprit du futur détective, et il ressent un émoi amoureux attendrissant envers la belle Elizabeth. Holmes et Watson ne font pas que vivre une passionnante aventure, ils se tiennent au seuil de leur vie et y pénètrent de la plus prometteuse des façons. Dans ce passage à l'age adulte le film se montre ainsi souvent émouvant, jamais grandiloquent. Les comédiens campent admirablement leurs personnages, nous offrant un Watson encore timoré mais déjà éperdu d'admiration pour son grand ami et un Holmes, caustique et impérieux, déjà si naturellement supérieur, découvrant et éprouvant avec nous toute l'étendue de son génie.

Enfin les amateurs des Avengers auront l'émotion d'admirer Patrick Newell dans l'une de ses dernières apparitions, à l'occasion de ce film tourné trois ans avant son décès. Son meurtre particulièrement spectaculaire au cours d'une scène d’introduction haute en couleurs rappelle aussi furieusement le rituel de notre série! Holmes et Watson des Vengeurs avant la lettre?

Hommage inspiré aux personnages de Conan Doyle, superbe éloge de l'impétuosité de la jeunesse et exemple éloquent des triomphes de l'imagination qu'autorise le Fantastique, ce film n'a rien perdu de son éclat en un quart de siècle et se redécouvre avec un plaisir des plus vifs.




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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Patricks le Sam 24 Jan 2009 - 0:43

Bon, je fais partie de ceux qui n'acceptent pas ce genre d'adaptations où l'on dévie complètement de l'original (Dans le cas de Holmes, on profite du fait que les droits sont tombés dans le domaine public, quelle misère....)
Pour moi, c'est exactement comme nous montrer dans la version rois maudits de Josée Dayan une Marguerite de Bourgogne grande (Hélène Fillières) alors que tous les récits des historiens la décrivent petite et face à un Robert d'Artois maigrichon (Philippe Torreton) alors que "le baron écarlate" était un géant.
On a assisté aussi à des trahisons de James Bond avec "James Bond junior" dessin animé de 1992, des envahisseurs avec le téléfilm 1995, dans tous les cas que je cite, on s'est servi d'un personnage qui avait eu des succès pour refaire quelque chose qui n'a rien à voir mais en utilisant le nom.
Je n'ai rien contre le film que tu évoques Estuaire sans doute très bien mais pourquoi utiliser les noms de Holmes et Watson?
Déjà que sorti de ce cher Jeremy Brett, on nous propose des acteurs qui ne conviennent pas comme (en Holmes) Rupert Everett, et en Watson Nigel Bruce qui a par rapport au canon ridiculisé le personnage (Les deux acteurs de la série Granada eux sont parfaits). C'est vrai que le Canon (comme "Les rois maudits") étant une oeuvre littéraire, cela mérite de belles adaptations fidèles et non de prendre uniquement le nom pour faire des films qui n'ont rien à voir.

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Invité le Sam 24 Jan 2009 - 2:25

Un film qui serait très bien s'il n'y avait pas "Sherlock Holmes" dans le titre...

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Invité le Sam 24 Jan 2009 - 5:40

Perso, moi , j'adore .L'intrusion du Fantastique ne nuit en rien à une intrigue au suspens savamment distillé ...Interprétation parfaite et direction d'acteurs formidable....

Mon cher Patricks, en tant qu"intégriste " , vous ne supporteriez donc QUE Sean Connery en James Bond , J.Brett en Holmes ( alors que pour moi Basil Rathbone & Peter Cushing sont bien plus proches physiquement de la création d'ACD ) ou Yves Izard en Casimir ?

Tss,tss,tss....

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  denis le Sam 24 Jan 2009 - 8:44

100% d'accord avec Patricks.
Le fantastique dans Sherlock Holmes, non merci nono (suffit de voir The Last Vampyre).
Reprendre un personnage culte et le transposer dans tel univers ou tel siècle n'a, à mon avis, aucun intérêt.
En ce qui concerne Sean Connery et Jeremy Brett. Sean Connery restera le meilleur Bond et ce rôle suffit à l'identifier; d'ailleurs, le jour où..., je suis certain que c'est ce rôle qui reviendra partout dans les diverses annonce à la TV, radio ou sur le web même s'il eut d'autres rôles fort intéressants (comme Guillaume de Baskerville dans Le nom de la rose).
Jeremy Brett restera comme Sherlock Holmes, ses autres rôles n'étant pas à la même hauteur surtout qu'il a fait beaucoup de théâtre.
J'ai vu certains films avec Basil Rathbone et Peter Cushing en Sherlock Holmes (surtout depuis les attaques sur Brett chez la SSHF), et je dois dire que ces films sont le plus souvent d'une lourdeur affligeante. Heureusement qu'il y eut la série Granada car, je pense, sinon, que le personnage de Sherlock Holmes serait tombé dans l'oubli dans le monde télévisuel !

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Estuaire44 le Sam 24 Jan 2009 - 8:59

Pour ma part j’estime que Holmes et Watson sont des personnages bien trop vastes et riches en potentialités pour les limiter au seul Sacro-saint Canon, aussi formidables que soient les écrits de Conan Doyle. Il est toujours agréable et fécond de ne pas corseter son imagination. Je n’en fais pas cependant pas une doctrine, jugeant au cas par cas. Recourir à de tels monuments doit en effet se justifier par l’ambition et la qualité de l’œuvre obtenue, en littérature comme à l’écran. Il ne suffit bien évidemment pas d’introduire du Fantastique ou du dépaysement pour que cela constitue une martingale. Plusieurs pastiches sont en effet inintéressants ou racoleurs, mais s’ils se révèlent aussi captivants et (j’insiste) respectueux de la nature profonde des personnages que ce film, pourquoi s’en priver ? Le Canon représente un univers fascinant, mais clos : tout en lui portant toujours un respect particulier, je me réjouis de découvrir nos héros dans d’autres situations, certaines d’ailleurs bien plus étranges que celles présentées par la Pyramide, pourvu que le talent soit au rendez-vous ! Je respecte l'inclinaison de certains à lire en boucle Conan Doyle tout en dissertant savamment de tel ou tel point, en ce qui me concerne je préfère découvrir de nouveaux territoires, tout en revenant faire escale de temps à autres au port d'attache, avec un plaisir toujours renouvelé.


Dernière édition par Estuaire44 le Sam 24 Jan 2009 - 9:23, édité 1 fois

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  denis le Sam 24 Jan 2009 - 9:05

Estuaire44 a écrit:Pour ma part j’estime que Holmes et Watson sont des personnages bien trop vastes et riches en potentialités pour les limiter au seul Sacro-saint Canon, aussi formidables que soient les écrits de Conan Doyle. Il est toujours agréable et fécond de ne pas corseter son imagination.

Sur ce point, je suis entièrement d'accord avec toi; j'ai d'ailleurs souligné mon intérêt pour des films avec Sherlock Holmes n'ayant aucun lien avec le canon comme Meurtre par décret, La vie privée de Sherlock Holmes ou Sherlock Holmes contre Jack l'éventreur (je préfère le titre VO, A Study in Terror qui rappelle un titre de l'oeuvre de Doyle) mais le personnage et l'époque ne sont pas changés dans ces films.

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Estuaire44 le Sam 24 Jan 2009 - 9:55

A noter que le film prend lui même explicitement position sur cette question particulièrement sensible :

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Patricks le Sam 24 Jan 2009 - 11:58

denis a écrit:. Sean Connery restera le meilleur Bond et ce rôle suffit à l'identifier; d'ailleurs, le jour où..., je suis certain que c'est ce rôle qui reviendra partout dans les diverses annonce à la TV, radio ou sur le web même s'il eut d'autres rôles fort intéressants (comme Guillaume de Baskerville dans Le nom de la rose).


Pour ne partir en HS, je réponds dans la section James Bond: les acteurs: Sean Connery

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Evelyne le Sam 24 Jan 2009 - 18:38

Le mystère de la pyramide fait partie des bons films pour moi ! D'accord, ce n'est pas du pur Sherlock Holmes mais moi, j'ai apprécié et c'est un film qu'il m'est agréable de revoir.
pirat

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Carl Schmidt le Dim 25 Jan 2009 - 22:40

Je garde personnellement un très bon souvenir de ce film, vu à sa sortie en salle.
Coïncidence, j'envisageais justement de le revoir sous peu en DVD, d'ailleurs...

Même si des libertés sont prises avec le canon, comme dit Paricks, il n'y a pas de quoi s'offusquer d'autant que l'esprit est sauvegardé...
Les Américains ont certes brodé, et joué sur le spectaculaire, mais en fait, le fantastique, les sociétés secrètes, et les inventions révolutionnaires se rencontrent au gré des lectures d'A.C. Doyle.

En tous cas, il faudrait plutôt comparer "Le mystère de la pyramide" avec la calamiteuse série des Harry Potter (même public), laquelle, à mon sens, est ennuyeuse au possible, avec des personnages creux et un ton général sans saveur (je n'ai pas lu les romans...) !
"Young Sherlock Holmes" gagne à être vu par tous ces gamins qui ne jurent que par Harry le binoclard ahuri ! Vieux

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Estuaire44 le Dim 25 Jan 2009 - 22:46

Columbus, le scénariste de la Pyramide (qui se déroule dans une école anglaise très proche de Hogwarts) est le metteur en scène des deux premiers opus de la série Potter, les rapprochements sont effectivement manifestes quand on rédécouvre la Pyramide.

Je confirme par ailleurs que les romans Harry Potter sont bien plus riches et captivants que les films, ils ont vraiment une toute autre saveur.

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Carl Schmidt le Dim 25 Jan 2009 - 23:11

Je veux bien croire , Estuaire44, en effet que les romans de H.P. sont plus intéressants que les films (vu l'immense succès populaire, même si ce n'est pas un e garantie de qualité en soit Rolling Eyes ).
Il n'en reste pas moins que le concept est bien léger et vraiment pour un public très jeune, bien en deçà du monde de S. Holmes, même dans sa jeunesse supposée !!! hein
J'avais plutôt un a priori favorable pour H.P., vu le contexte british rétro, mais au final, c'est une coquille vide, qui me fait d'ailleurs beaucoup penser à la fastidieuse trilogies du "Seigneur des anneaux"...une débauche d'effets spéciaux et de parlottes grandiloquentes, pour un résultat indigeste. Sleep pale

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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  Estuaire44 le Dim 1 Fév 2009 - 14:12

En 1986 Peter Cushing, tonique et plein d'humour, évoque sa carrière avecx Paul Wogan , dont Sherlock Holmes. Il renconte ensuite Nocholas Rowe, l'interprète de Holmes dans la Pyramide, qui vient alors de sortir sur les écrans.





Une curiosité : la même année Cushing revint chez Wogan à propos du centenaire de l'apparition de Holmes.


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Re: Film : Le Mystère de la Pyramide/Young Sherlock Holmes 1985

Message  peelou le Lun 6 Fév 2012 - 17:42

Estuaire44 a écrit:Évacuons d'emblée le sujet qui fâche : ce pastiche introduit effectivement une distorsion majeure avec les textes du Saint Canon (Holmes et Watson se rencontrent à l'adolescence, bien avant Une étude en rouge, et font de même connaissance avec un jeune Lestrade), tout en donnant, comble de l'abomination, une (légère) dimension fantastique au récit. « Il est permis de violenter l'Histoire, à condition de lui faire de beaux enfants » disait Alexandre Dumas,et en effet ce genre de variation trouve, ou non, sa justification dans la qualité du résultat obtenu.

Et ici, résultat il y a, grâce à la rencontre harmonieuse de grands talents : Spielberg le producteur, grâce à qui un esprit très Indiana Jones souffle sur l'ensemble de l'oeuvre, Lucas et ILM faisant des merveilles avec ce premier film à comporter un personnage totalement réalisé en images de synthèses (le Chevalier) et un habile Barry Levinson (Rain Man etc.)à la mise en scène. Mais c'est surtout Christopher Columbus, ici scénariste, qui impose sa marque. Il déploie en effet tout son vif talent coutumier de célébration de la rencontre de la jeunesse avec l'Aventure et le Merveilleux, déjà manifesté dans les Goonies et les Gremlins et qui nous vaudra bien plus tard les deux meilleurs opus des aventures d'Harry Potter au cinéma.

D'ailleurs, tout comme dans ces derniers films, on retrouve ici une saveur toute britannique, avec une superbe reconstitution du Londres Victorien (utilisations judicieuse de moyens conséquents) tandis que la fameuse Pyramide nous fait renouer avec une ambiance très Blake et Mortimer. Il faut dire que les décors se révèlent particulièrement somptueux et qu'ils servent d'écrin à une succession de péripéties entraînantes et pleines d'humour. Bien que le film remontant désormais à près d'un quart de siècle, les divers effets spéciaux n’ont que peu perdus de leur attractivité et n’entravent pas la vivacité de la mise en scène. L'enquête se déroule fort rigoureusement, ce qui ne l’empêche pas d’être gorgée d’humour et d’action, ni de distiller des énigmes très savoureuses. Les dialogues crépitent sans discontinuer, c’est un vrai feu d’artifice ! L’intrigue se poursuit sans temps morts, jusqu'à une conclusion basculant dans un fantastique exotique à la Sax Rohmer, introduisant une agréable originalité mais présentant toutefois l'habilité de ne pas déparer de l'univers victorien (à l’inverse de l’Alien inepte et hors sujet du faux Indiana Jones). La musique se monte également étonnamment évocatrice.

Les amateurs de Sherlock Holmes qui auront accepté de ne pas se cantonner à un respect compassé des stricts écrits de Conan Doyle se verront récompensés par une enquête évoquant souvent avec bonheur la tonalité et les procédés de l'oeuvre originelle. De plus les clins d'oeil abondent à l'univers du Grand Détective, que nous voyons ici acquérir plusieurs caractéristiques fondamentales, exactement comme lors d'un célèbre passage d'Indiana Jones : Holmes apprend le violon, avec beaucoup de mal, ce qui l’irrite au plus haut point (et n'a pas encore l'effet de le détendre...), Watson lui offre la pipe qui deviendra proverbiale. Il déniche sa casquette et jusqu'à la fameuse loupe. L'effet de ce procédé, toujours amené avec légèreté et finesse, se révèle des plus amusants. Bien entendu dans ce film familial il ne saurait être question de drogue... Les fameuses observations "divinatoires" de Holmes ne manquent pas à l'appel, de même que le fameux "élémentaire", quoique inversé... On remarque également une allusion à Mycroft tandis que la révélation finale particulièrement spectaculaire (même si un tantinet prévisible...) introduit une autre grande figure!

L'écriture avisée et sensible de Columbus parvient à créer des personnages en devenir particulièrement attachants, la grande force du film étant de ne pas se borner à un vulgaire décalque. Ainsi l’intellect et l’orgueil n’ont pas encore dévoré l’esprit du futur détective, et il ressent un émoi amoureux attendrissant envers la belle Elizabeth. Holmes et Watson ne font pas que vivre une passionnante aventure, ils se tiennent au seuil de leur vie et y pénètrent de la plus prometteuse des façons. Dans ce passage à l'age adulte le film se montre ainsi souvent émouvant, jamais grandiloquent. Les comédiens campent admirablement leurs personnages, nous offrant un Watson encore timoré mais déjà éperdu d'admiration pour son grand ami et un Holmes, caustique et impérieux, déjà si naturellement supérieur, découvrant et éprouvant avec nous toute l'étendue de son génie.

Enfin les amateurs des Avengers auront l'émotion d'admirer Patrick Newell dans l'une de ses dernières apparitions, à l'occasion de ce film tourné trois ans avant son décès. Son meurtre particulièrement spectaculaire au cours d'une scène d’introduction haute en couleurs rappelle aussi furieusement le rituel de notre série! Holmes et Watson des Vengeurs avant la lettre?

Hommage inspiré aux personnages de Conan Doyle, superbe éloge de l'impétuosité de la jeunesse et exemple éloquent des triomphes de l'imagination qu'autorise le Fantastique, ce film n'a rien perdu de son éclat en un quart de siècle et se redécouvre avec un plaisir des plus vifs.


A 100% d'accord avec toi Estuaire et avec ce magnifique post de présentation d'un film que j'adore (oui, un autre ! Laughing )
Absolument rien à redire, tu as parfaitement su décrire ce film si ludique, élégant, intelligent, palpitant, JOUISSIF !!!
Je ne peux que le recommander (oui, je sais, je ne suis pas un puriste de SH, alors je ne peux pas comprendre à quel point le héros de Doyle est trahi, et pourtant je dirais "pas tant que ça", tellement l'hommage aux personnages originaux et à leur auteur semble respectueux et fervent). et j'ai vu péniblement les 4 premiers Harry Potter et comme dit Carl Schmidt, perso je n'aurais même pas fait la judicieuse comparaison, cette Pyramide est bien meilleure que n'importe quelle aventure du petit sorcier. Je l'ai revu encore en 2010 dans une petite salle à Bordeaux, je peux vous assurer que grands comme petits, étaient scotchés par l'intrigue et pas seulement par les effets spéciaux.

(Estuaire, c'est toi qui a rebaptisé le film en français ou bien il est sorti sous 2 titres ? Moi, je le connaissais uniquement sous Le Secret de la pyramide...)




peelou
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