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Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Camarade Totoff le Mer 19 Avr 2017 - 16:32

Sur l'humour, je répondrai que, selon moi, le Hobbit est quelque chose de plus léger que le Seigneur des Anneaux (à la base, c'est un conte pour enfant) et que l'humour doit y être davantage présent. Il l'est cependant moins que dans le 1er opus et plus que le 3ème. Cela ne m'a pas gêné, je trouve même que cela allège le récit pour une "respiration" avant l'entrée dans Erebor où on ne rigole plus du tout. C'est une interprétation personnelle bien sûr.

Quant à la référence biblique, vous m'avez collé ! C'est effectivement Mathieu qui a écrit "Qui a vécu par le glaive périra par el glaive" (Mt 26,52). Trois Pater et 2 Ave pour le coupable qui doit faire pénitence ! Bravo à vous !

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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Camarade Totoff le Mar 2 Mai 2017 - 14:10

La bataille des cinq armées (The battle of the five armies)  (***)


Résumé
Les Nains ont reconquis Erebor mais la montagne est une source de convoitise pour trop de monde.

Critique
Troisième volet, ce film à la lourde charge de conclure le chapitre du « Hobbit » tout en laissant ouvert celui du « Seigneur des Anneaux ». S’il dispose de forts beaux moments de bravoure, il ne manque pas non plus de longueurs mais l’émotion qui est plus nettement présente ici ajoute une plus-value non négligeable. Avec ce volet, il apparaît clairement que « Le Hobbit » est une œuvre d’initiation : la légèreté de l’enfance pour le premier, les épreuves dans le second, la maturité dans le troisième.

L’ouverture du film est la conclusion du précédent : Smaug, déverse sa colère et ses flammes sur Lacville. Tout ce passage est remarquablement équilibré puisqu’à la tragédie de la ville ruinée viennent faire contrepoids des saynètes mi- sérieuses mi- comiques (évasion de Bard et surtout la fuite et même la mort du Maître). La confrontation de Bard et de Smaug est un moment très fort car le silence concentré de l’homme qui fait appel à tout son courage répond aux persiflages sarcastiques et méchants du dragon. Benedict Cumberbach, qui donne son expression à Smaug, a réussi à donner une cruauté mauvaise à la bête, à la fois fascinante et répugnante. Bard parviendra à tuer le dragon (dont l’agonie est spectaculaire). Cette fois, il n’y a plus de dragon en Terre du Milieu. Le temps du merveilleux s’achève.

Conquérir un royaume est une chose. Devenir roi en est une autre. On se souvient de la prédiction sinistre du dragon concernant Thorin. La bête est morte mais pas le venin ; sa malfaisance a imprégné le trésor d’Erebor et il est effrayant de constater la transformation de Thorin en tyran. Richard Armitage a le regard habité d’une froide lueur dorée. L’acteur donne magistralement à voir l’ivresse de puissance qui a saisi le Nain. Quand il parle du trésor, il a des accents qui font penser au dragon. Cette ivresse isole Thorin et met à mal la solidarité de la compagnie. Mais le pire reste à venir : contre toute humanité ou respect de la parole donnée, les portes d’Erebor restent closes quand les habitants de Lacville viennent demander de l’aide. Les hommes mais aussi les Elfes car Thranduil convoite des gemmes sous la montagne. La fierté ombrageuse de Thorin scelle l’alliance des Hommes et des Elfes. Tous sont sur le pied de guerre.

La guerre est une maladie contagieuse. Voici qu’une armée naine vient aider Thorin ! Mais le pire c’est que le véritable ennemi, lui, ne tarde pas à se découvrir. Libéré de Dol Guldur par Elrond, Saroumane et Galadriel (qui semble très attachée au magicien) au terme d’une bataille très énergique contre les « Hommes mortels promis au trépas » selon les paroles du poème concernant les anneaux, Gandalf a averti Thranduil et Bard. Bilbon va essayer de sauver la situation en remettant l’Arken Stone à Bard pour qu’il la propose à Thorin contre la paix. En vain. De toute façon, une troisième armée arrive à Erebor ; les orques. Notons que les Nains s’alignent spontanément contre eux alors que les Elfes paraissent passifs. Ils vont pourtant se battre eux aussi. Peter Jackson réussit magistralement sa bataille, pas de doute là-dessus. Ce qui pêche cependant c’est sa longueur. Ce n’est pas parce que l’œil est sans cesse sollicité qu’il se passe réellement quelque chose.

Erebor reste close mais, au terme d’une crise personnelle intense (rendue très vive par des effets tournoyants et par l’ombre du dragon sur le sol doré), Thorin jette sa couronne et reconquiert sa royauté. Le cor d’Erebor résonne ; les Nains se jettent dans la bataille. L’effet est héroïque par l’engagement des acteurs, filmés en frontal mais ce ne sont que treize Nains ! C’est néanmoins un moment décisif car Thorin vise Azog. Priver une armée de son chef a toujours été une bonne option. Surtout qu’une quatrième armée est sur le point de survenir ! Legolas et Tauriel sont venus (après quelques scènes sans intérêts) en avertir tout le monde. Ils seront plus utiles dans la bataille. Orlando Bloom est toujours impeccable dans son rôle. Engagé, l’acteur montre un Legolas plus sérieux qu’il ne le deviendra dans Le Seigneur des Anneaux. Globalement, l’humour n’est pas la caractéristique première des Elfes ! Physiquement, il donne de sa personne et assure avec crédibilité. Evangeline Lilly reste très convaincante. Cependant, le film commet un contre-sens avec elle. Alors que, dans l’opus précédent, elle nous a été présenté comme une indépendante courageuse et compétente, ici, elle doit deux fois sa survie à des hommes (plus exactement, un Nain et un Elfe) ! Bonjour le féminisme ! Pour le coup, Galadriel était plus efficace !

Autre souci ; la bataille (qui passe à cinq armées quand les aigles et les ours menés par Radagast se jettent dans la mêlée à leur tour) devient une série de duels. Cette personnification diminue l’intensité du combat et transforme la lutte stratégique en un règlement de comptes. Dommage même si Richard Armitage est plus que grandiose dans son interprétation. Là aussi, si le rythme ne faiblit pas, l’intérêt est plus difficile à maintenir. L’émotion prend heureusement le relais. A la guerre les gens meurent avait énoncé avec une froideur sinistre Thorin. Certes, mais ce n’est pas pour cela que chaque mort n’en est pas moins douloureuse. Une première séquence avait eu lieu quand Galadriel avait secouru Gandalf. A Dale, c’est Kili qui périt et Tauriel est désarçonnée par la violence de ce qu’elle ressent. Plus tôt dans le film, le Nain avait osé déclarer sa flamme à la belle Elfe. Qu’elle ait ressenti quelque chose est évident même en ne disant rien ; ses actes parlent pour elle et Evangeline Lilly donne une profondeur émotionnelle à son personnage. De même, la mort de Thorin dans les bras de Bilbon ne manque pas de panache. La détresse de Bilbon nous est pleinement communiquée par Martin Freeman. Un peu mis en retrait, l’acteur a su user de son talent dans chaque scène qu’il a eu à jouer.

Le final joue sur plusieurs tableaux. L’émotion des adieux entre Bilbon et les Nains. La grande sympathie entre Bilbon et Gandalf accompagnée de la mise en garde de ce dernier concernant l’usage d’un « anneau de pouvoir ». L’humour quand Bilbon voit sa maison pillée pour une vente aux enchères puisqu’il est présumé mort ayant disparu depuis treize mois ! La toute dernière scène fait écho à la toute première du premier film et rejoint le début de La Communauté de l’anneau. La boucle est bouclée.

Anecdotes :
Sortie France : 10 décembre 2014 Sortie Etats-Unis et Nouvelle-Zélande : 17 décembre 2014
Le budget était de 250 millions de dollars et le film en a rapporté 955.
Le Nécromancien est appelé « serviteur de Morgoth » et il est fait référence au royaume d’Angmar. Ces références renvoient au Silmarillon et sont des épisodes du Second Age. Le « serviteur » est bien sûr Sauron qui a effectivement exercé cette fonction. Quant à Angmar, c’est son roi qui deviendra celui des Nazguls, les Esprits servants de l’Unique.
Quand Bilbon quitte les Nains, il les invite pour le thé et leur dit qu’il n’est pas utile de frapper. Référence à leur entrée cavalière du premier opus !
L’épisode de la mise aux enchères des affaires de Bilbon est appelé dans le final du roman Le Retour du Roi.
Peter Jackson et son équipe ont créé entièrement la ville de Dale sur le mont Crawford. Etalé sur une superficie de 150m², cet immense décor a nécessité l'intervention de 200 menuisiers et artisans. Le découpage au laser, technique moderne, n'a pas été écarté. Pour Le Hobbit : la Bataille des cinq armées, la cité est en ruine. L'équipe de décorateurs a ainsi dû dégrader les bâtiments, arracher les feuillages et brûler les décors en bois !
Peter Jackson a sollicité l'acteur Billy Boyd, qui jouait Pippin dans Le Seigneur des anneaux et chantait pour Denethor, intendant du Gondor, pour écrire et interpréter la chanson qui clôt la trilogie du Hobbit. Le réalisateur explique : "'Le dernier adieu' interprété par Billy Boyd est tout autant un adieu à la Terre du Milieu qu’un adieu au public. On n’aurait pu rêver d’une voix plus parfaite pour nous transporter sur les rivages de la Terre du Milieu… pour la dernière fois. ″
Plusieurs membres du casting ont conservé des accessoires du film lors du tournage. Martin Freeman a gardé son épée et ses oreilles prothésiques, tandis que Richard Armitage gardait l'épée originale.
Dans le film, Gandalf appelle Legolas "Greenleaf". Le nom de Legolas signifie déjà « feuille verte » en langue sindarin. (Bien qu'il soit parfois appelé Legolas Greenleaf dans les livres).
Dans le livre, toute la Bataille des Cinq Armées se déroule en un seul chapitre et est décrite au lecteur après le fait, alors que dans le film, la bataille prend presque la moitié du temps de course.
C'est le dernier film mettant en vedette l'acteur légendaire sir Christopher Lee avant son décès le 7 juin 2015 à l'âge de 93 ans.
En dépit de l'apparition dans les trois films de la trilogie, Cate Blanchett a tourné seulement huit jours.
Ian McKellen et Cate Blanchett sont les seuls acteurs à apparaître dans les six films de la Terre du Milieu.
Le 17 novembre 2014, un mois avant la sortie dans les cinémas, Peter Jackson a montré le film à une projection exclusive aux "Weta Studios" À Wellington uniquement pour les "membres internationaux du Concours Hobbit" qui ont visité la Nouvelle-Zélande et les lieux où les deux trilogies ont été filmées (The Lord of the Rings and The Hobbit), après avoir remporté "The Hobbit: The Fellowship Contest". Un concours international pour tous les fans de Tolkien à travers le monde, a été organisé par Peter Jackson avec la collaboration de Air New Zealand, Metro-Goldwyn-Mayer, New Line Cinema, Warner Bros et WingNut Films. Le concours a débuté officiellement la première semaine de septembre 2014 et a été conclu dans les premières semaines d'octobre 2014.



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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  notcyber le Mar 2 Mai 2017 - 20:19

Excellent film. J'en prendrai bien un suivant.
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Estuaire44 le Mar 2 Mai 2017 - 20:44

Je suis beaucoup moins enthousiaste pour ce film que pour les deux précédents. La bataille s'étire beaucoup trop et devient vite un simple prétexte à des duels de super héros ayant plus à voir avec les Marvel Avengers qu'avec l'Heroic Fantasy. Je me souviens de Legolas défiant les lois les plus élémentaires de la gravité, on est plus chez Tex Avery que chez Tolkien. Il aurait fallu s'en tenir à un développement équilibré du récit sur deux opus et de pas abuser des galipettes hors de propos.
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Camarade Totoff le Mer 3 Mai 2017 - 14:10

Estuaire44 a écrit:
Je suis beaucoup moins enthousiaste pour ce film que pour les deux précédents. La bataille s'étire beaucoup trop et devient vite un simple prétexte à des duels  de super héros ayant plus à voir avec les Marvel Avengers qu'avec l'Heroic Fantasy. Je me souviens de Legolas défiant les lois les plus élémentaires de la gravité, on est plus chez Tex Avery que chez Tolkien. Il aurait fallu s'en tenir à un développement équilibré du récit sur deux opus et de pas abuser des galipettes hors de propos.  

Je partage pour partie cette opinion même si l'expression "super-héros" me dérange un peu. Les Elfes sont des êtres supérieurs dotés d'une grâce infinie ; c'est simple pour eux de se déplacer avec célérité et aisance. Avec un Nain, là, on aurait été chez Tex Avery !

Le projet étant à la base un dytique, je pense en effet que l'œuvre aurait gagné en densité. La volonté de faire une trilogie s'explique, selon moi, par un parallélisme avec Le Seigneur des Anneaux.
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Estuaire44 le Mer 3 Mai 2017 - 14:53

C'est vrai que l'on avait déjà eu la vanne sur les lancers de nains à la Bataille de Fort-le-Cor Rolling Eyes

Avec le succès de Game of Thrones je ne comprends pas qu'il n'y ait déjà pas de projet pour adapter le Silmarillion en série télé (ou du moins la Guerre des Silmarils).


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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Dearesttara le Mer 3 Mai 2017 - 22:14

Mais le Silmarillion n'est-il pas considéré comme difficile de lecture (et donc certainement difficile pour le cinéma) ?
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Estuaire44 le Mer 3 Mai 2017 - 22:34

Oui, ils 'agit plutôt d'une compilation de chroniques mythologiques et/ou historiques que d'un roman classique mais c'est pou cela que je parle d'une série, cela donne du temps. On peu aussi couper et laisser les parties évoquant la genèse puis le panthéon d'Arda (la terre du Milieu, pour simplifier) comme simplement évoquées à travers les dialogues.

On délasserait alors l'Ainulindalë et la Valaquenta pour se concentrer sur le coeur du livre, le Quanta Silmarillion, qui raconte comment Fëanor et Galadriel des Noldor menèrent les Elfes de Lumière en terre du Milieu pour récupérer les Silmarils que le Dieu du Mal leur avait dérobé (Melkor, le patron de Sauron et des Balrogs, à l'époque). Cela donnerait la chronique d'un vaste conflit à la fois proche de Game of Thrones, mais suffisant différent.
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Estuaire44 le Sam 6 Mai 2017 - 14:07

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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Camarade Totoff le Mar 9 Mai 2017 - 14:00

Présentation Le Hobbit


Fiche technique
Musique : Howard Shore
Scénario : Peter Jackson, Guillermo del Toro, Fran Walsh et Philippa Boyens, d'après J. R. R. Tolkien
Réalisation : Peter Jackson

Quelques notes sur le roman
Publié le 21 septembre 1937, Le Hobbit aurait commencé à être rédigé vers 1929. A la base, ce récit vise uniquement à distraire les enfants de JRR Tolkien. Dans une première version, le chef des Nains s’appelle « Gandalf » avant que ce nom soit attribué au magicien précédemment dénommé « Bladorthin ». Le dragon a lui aussi changé plusieurs fois de nom, commençant par « Pryfftan » avant de se voir appeler « Smaug » ; ce qui est pour Tolkien « une mauvaise blague de philologue » puisque ce nom signifie « glisser ». A l’origine, c’est Bilbon qui devait tuer le monstre mais, jugeant cela peu crédible, l’auteur attribue cet acte à l’archer Bard. Le roman reste alors inachevé un moment avant d’être complété par le passage de la bataille des cinq armées. Terminé à l’été 1936, remis à l’éditeur en octobre, le roman, lu avec enthousiasme par le fils de l’éditeur Unwin, est finalement publié après d’ultimes corrections par l’auteur. L’ouvrage est un immense succès. En 2008, il a été publié à cent millions d’exemplaires. Il a été traduit en français pour la première fois en 1969 (nouvelle traduction, 2012).

Le tournage
A l'instar du Seigneur des anneaux, Bilbo le Hobbit avait déjà été adapté en film d'animation en 1977. Orson Bean y doublait le héros, tandis que la voix de Gandalf était assurée par le réalisateur John Huston.
Évoqué depuis la sortie du Retour du roi, dernier volet de la trilogie du Seigneur des Anneaux, Le Hobbit a mis plus de temps que prévu à se monter. Initialement proposé à Sam Raimi, le projet a ensuite atterri entre les mains de Guillermo del Toro, qui a dû faire face à la grève des scénaristes (début 2008), aux problèmes financiers de la MGM et à divers reports avant de jeter l'éponge, en juin 2010, forçant Peter Jackson à prendre lui-même les choses en main.
Le grand favori pour incarner Bilbon a longtemps été James McAvoy. Puis on a parlé de Daniel Radcliffe, David Tennant, Shia LaBeouf, Erryn Arkin ou Tobey Maguire, mais le rôle est finalement revenu à Martin Freeman. L’acteur a pourtant dû refuser la proposition, dans un premier temps, pour cause de conflit d'emploi du temps avec le tournage de la série Sherlock. Mais la production a fini par trouver un arrangement pour que le comédien puisse faire les deux.
Si Andy Serkis a dû réenfiler la combinaison inhérente à la performance capture, pour faire revivre Gollum, l'acteur a également expérimenté l'autre côté de la technique, en tant que réalisateur de la seconde équipe.
La superviseuse des prothèses Tami Lane s'est occupée du maquillage de tous les acteurs, le procédé étant plus ou moins important selon que l'on parle d'un nain, d'un gobelin ou d'un hobbit : "Les idées ont d'abord été testées sur ordinateur sur des photographies des acteurs. Une fois la sélection achevée et les modèles perfectionnés, on crée des moules qui servent à la fabrication manuelle des masques en silicone", explique-t-elle. Le temps moyen pour appliquer une prothèse représente environ une heure et quart.
Avant Le Hobbit, Martin Freeman (Bilbon) et Benedict Cumberbatch (la voix de Smaug) se connaissaient déjà, puisqu'ils sont les héros de la série Sherlock pour la BBC depuis 2010. Il en va de même pour Orlando Bloom (Legolas) et Luke Evans (Bard l'archer) qui s'étaient côtoyés sur le tournage des Trois Mousquetaires.
Débutées le 21 mars 2011, les prises de vues des deux volets du Hobbit se sont achevées le 6 juillet 2012, après 266 jours de tournage, soit 8 de moins qu'il n'en avait fallu à Peter Jackson pour mettre en boîte les trois épisodes du Seigneur des Anneaux.
Les acteurs Ian Holm et Christopher Lee ont tourné leurs scènes à Londres aux Studios Pinewood, pour des raisons de santé. En effet, les comédiens de 81 ans (pour Holm) et 90 ans (pour Lee) ne se sentaient pas la force d'aller jusqu'en Nouvelle-Zélande pour le tournage.
Comparant les 13 nains du film à une équipe de rugby, la scénariste Frances Walsh a estimé qu’il fallait équilibrer un peu toute cette énergie masculine, en ajoutant un personnage féminin inédit : celui de Tauriel, incarné par l'actrice Evangeline Lilly. "C’est une décision qui vous oblige à ne pas vous comporter en fan de Tolkien mais en scénariste", a-t-elle déclaré.
Dans la précédente trilogie, le réalisateur Peter Jackson avait utilisé un procédé de "perspective forcée" afin de donner l'illusion que certains personnages étaient plus grands que d'autres. Néanmoins, pour Le Hobbit, la 3D rend désormais ce dispositif désuet. La production s'est donc largement servie de doublures, mais aussi du "Slave Motion Control". Ce procédé consiste à construire deux décors où se déroule l'action : le premier dimensionné pour les acteurs principaux, et le second créé sur fond vert pour les personnages plus petits ou plus grands apparaissant dans la même scène. Les comédiens peuvent ainsi jouer la séquence dans les deux décors simultanément, tandis que les caméras filment chaque décor de manière parfaitement synchronisée.
La première photo de La Désolation de Smaug a été dévoilée en décembre 2012, mais quelques heures après le premier cliché de Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées, qui est pourtant le troisième et dernier volet de la trilogie.
Legolas est plus âgé que Thranduil, son père ! En effet, Orlando Bloom, qui récupère son costume d’elfe qu’il avait abandonné à l’issue du Seigneur des Anneaux, est plus vieux que Lee Pace qui incarne son père, le roi des elfes de la Forêt Noire. Le premier accuse 36 ans contre 34 à son cadet de paternel !
Plusieurs membres du film ont la particularité d’avoir joué dans une adaptation de Sherlock Holmes. Si Benedict Cumberbatch triomphe à la télévision dans les habits du célèbre détective donnant la réplique à Martin Freeman, qui officie en qualité du Dr. Watson dans Sherlock, Stephen Fry a également participé à une aventure du héros de sir Arthur Conan Doyle. L’acteur britannique était ainsi Mycroft, le frère de Sherlock, aux côtés de Robert Downey Jr. dans Sherlock Holmes – Jeu d’Ombres. De son côté, Ian McKellen alias Gandalf incarnera lui aussi l'exécrable mais génial détective dans l'adaptation du roman Mr Holmes.
Le mercredi 11 décembre 2013, alors que La Désolation de Smaug est sur le point de sortir aux Etats-Unis, les frères Bob et Harvey Weinstein déposent une plainte contre Warner Bros. S'estimant spoliés par le studio, ils réclament 75 millions de dollars de dommages et intérêts. Propriétaires des droits jusqu'en 1998, les deux producteurs exigent ainsi de recevoir une partie des profits des volets 2 et 3 du Hobbit. De son côté le studio met en avant une clause du contrat de cession signé à la fin des années 90 stipulant que les Weinstein n'ont droit qu'à un pourcentage sur le premier volet.
Pour réaliser la trilogie du Hobbit, Peter Jackson s'est servi des annexes écrites par J.R.R. Tolkien, qu'il rédigea après avoir achevé son livre. Comme l'explique la productrice Fran Walsh : "Il faut dire qu'il avait besoin d'enrichir cet univers et d'en révéler davantage, ce qui nous a permis de donner plus d'ampleur au récit à travers ces trois films, tout en restant fidèle aux intentions de l'auteur."
Lors des batailles du film, des milliers de soldats s'affrontent sans merci. En réalité, seuls douze cascadeurs ont réalisé ces scènes de combats, puis ont été multipliés par ordinateur.

Casting
Martin Freeman/Bilbon Sacquet : acteur britannique, il débute au théâtre. Au cinéma, il a joué dans Love Actually (2003), H2G2, le guide du voyageur galactique (2005), La Ronde de nuit (2007), Petits meurtres à l’anglaise (2010), Le dernier pub avant la fin du monde (2013), Captain America : Civil War (2016). A la télévision, on l’a vu dans Casualty (1998), The Office (2001-2003), Fargo (2014) mais c’est son rôle de John Watson dans Sherlock (2010-2016) qui lui a donné la notoriété.
Richard Armitage/Thorin : acteur britannique, il débute au théâtre et a été membre de la Royal Shakespeare Company. Si le rôle de Thorin lui a donné une certaine notoriété, il a relativement peu joué au cinéma (Captain America ; First Avenger, 2011 ; Alice de l’autre côté du miroir, 2016) et surtout pour la télévision : Casulaty (2001), North and South (2004), Robin des Bois (2006-2009), Miss Marple (2007), MI-5 (2008-2010), Hannibal (2015).
Ken Stott/Balin : acteur britannique né en Ecosse, il entre à la Royal Shakespeare Company dans les années 1970. Trouvant peu de rôle au théâtre, il s’oriente vers la télévision. On a pu le voir dans Taggart (1988), Messiah (2001-2005). Il joue aussi au cinéma : Petits meurtres entre amis (1994), La guerre selon Charlie Wilson (2007), Le Monde de Narnia-Le prince Caspian (2008), Un jour (2011).
Evangeline Lilly/ Tauriel : actrice canadienne, c’est la série Lost (2005-2010) qui lui apporte la célébrité. On a pu la voir au cinéma dans Real Steel (2011), Ant-Man (2015).
Benedict Cumberbach/Smaug et le Nécromancien (en VO) : acteur britannique, il débute au théâtre et recevra un Oliver Award pour sa double interprétation de Frankenstein (2011) qu’il jouait avec Jonny Lee Miller. Après de nombreux rôles secondaires, il accède à la célébrité avec la série Sherlock (2010-2017). On le voit ainsi dans les films La Taupe (2011), Star trek Into Darkness (2013), Imitation Game (2014), Doctor Strange (2016). L’acteur serait apparenté au roi Richard III. Il a été anobli commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 2015.
Sylvester McCoy/Radagast : acteur britannique né Percy Ken-Smith, il débute au théâtre. En 1987, il devient le septième acteur à incarner le Docteur dans Docteur Who (1987-1989), le dernier de la première série. S’il joue essentiellement au théâtre, on a aussi pu le voir dans la série Casualty (2001, 2008).
Luke Evans/Bard : acteur britannique d’origine galloise, il débute au théâtre. Sa carrière cinématographique compte notamment Le Choc des Titans (2010), Tamara Drewe (2010), Les Trois Mousquetaires (2011), Fast and Furious 6 (2013), Dracula Untold (2014), Fast and Furious 7 (2015), La Belle et la Bête (2017), Fast and Furious 8 (2017)
Stephen Fry/Le Maître de Lacville : acteur britannique, il s’est fait connaître avec le duo comique Fry & Laurie en compagnie d’Hugh Laurie, rencontré dans une compagnie de théâtre amateur de Cambridge. Au cinéma, il joue dans Un poisson nommé Wanda (1989), Oscar Wilde (1997), Gosford Park (2001), V pour vendetta (2005), Eichmann (2007), Sherlock Homes-Jeu d’ombre (2011). Sa carrière à la télévision n’est pas moins riche : Blackradder (1986-1988), A bit of Fry and Laurie (1989-1995), Jeeves and Wooster (1990-1993, avec Hugh Laurie), Bones (2007, 2009, 2017), 24 heures chrono : Live another day (2014).
Lee Pace/Thranduil : acteur américain, on l’a vu au cinéma dans Raisons d’Etat (2006), Twilight : chapitre IV (2012), Les Gardiens de la Galaxie (2014). Il a également joué à la télévision : Puishing Daisies (2007-2008), Halt and Catch Fire (depuis 2014).

Ian McKellen, Hugo Weaving, Christopher Lee, Andy Serkis et Cate Blanchett reprennent leurs rôles du Seigneur des anneaux.
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Estuaire44 le Mer 10 Mai 2017 - 12:56

Documentaire sur l'Auteur ce soir sur Arte à 22h45
http://www.programme-tv.net/programme/culture-infos/9820243-j-r-r-tolkien-des-mots-des-mondes/
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Camarade Totoff le Ven 12 Mai 2017 - 15:42

Présentation : Tolkien et la Terre du Milieu


I Vie de JRR Tolkien
John Ronald Reuel Tolkien naît le 3 janvier 1892 à Bloemfontein (Etat Libre d’Orange, aujourd’hui en Afrique du Sud). Son père y est pour son travail dans la banque Llyod’s dont il dirige la succursale locale. John est le prénom du grand-père et Reuel le second prénom du père. On ignore d’où vient « Ronald ». En 1895, il revient en Angleterre avec sa mère Mabel  et son frère Hilary (né en 1894) à cause de sa santé dégradé. Son père décède d’une hémorrage en 1896. En 1900, sa mère se convertit au catholicisme, religion considéré comme « étrangère » voire « antianglaise ». Sa famille et celle de son ex-mari lui retire tout appui financier et réprouve publiquement sa conversion. Tolkien restera toute sa vie fidèle au catholicisme. En 1903, une bourse lui permet d’étudier à King Edward, institut privé bien coté à Birmingham. Sa mère meurt en 1904 et ses enfants sont confiés à une tante et soutenu par le père Francis Xavier Morgan. C’est lui qui les installe ensuite chez une dame Faulkner à Birmingham. Tolkien y rencontre Edith Bratt, sa future épouse. Il décroche une bourse vers 1910 pour le collège d’Exeter à Oxford. Il adore l’endroit. En 1913, il demande et obtient la main d’Edith, qui se convertit au catholicisme en 1914. En 1915, il obtient son diplôme avec la mention « très honorable ». Le mariage a lieu le 22 mars 1916. Le couple aura quatre enfants : John Francis Reuel (1917-2003, ordonné prêtre en 1946), Michael Hilary Reuel (1920-1984), Christopher (en 1924) et Priscilla (en 1929). Démobilisé en 1918, il s’installe à Oxford et travaille comme assistant lexicographe. Il collabore à la première édition de l’Oxford English Dictionnary. En 1920, il devient professeur à l’université de Leeds puis directeur du département d’anglais et professeur titulaire (1922). En 1925, il est élu professeur d’anglo-saxon à Oxford. C’est un professeur apprécié de ses élèves, bon conférencier mais il parle vite et fait cours en fumant la pipe ! Quand il ne travaille pas c’est un grand lecteur et un amateur de jardinage. En 1926, il rencontre Clive Staples Lewis, plus connu sous l’abréviation C.S. Lewis, futur auteur des Chroniques de Narnia. Erudit, écrivain chrétien (membre de l’Eglise d’Angleterre), professeur d’anglais à l’Université d’Oxford, il rejoint le club fondé par Tolkien des Coalbiters (groupe de professeur parlant de leurs lectures). En 1937, Tolkien publie Le Hobbit qui est un grand succès. L’éditeur refuse en revanche les textes du Silmarillon. Le public réclame une suite des aventures de hobbits. Tolkien imagine un parent de Bilbon d’abord appelé Bingo puis Frodo(n, en français). En 1945, il devient professeur de langue et littérature anglaise, spécialisé en anglo-saxon. Le Seigneur des Anneaux  paraît en 1954-1955. Tolkien prend sa retraite de l’Université en 1959. Par la suite, il se montre plutôt partisan du concile Vatican II (1962-1965). En 1962, il publie Les aventures de Tom Bombadil. Il participe à la traduction de la Bible de Jérusalem  (1966). Son épouse meurt le 29 novembre 1971 à 82 ans. Sur sa tombe, il fait graver « Luthien », personnage du Silmarillon, la plus jolie jeune fille ayant jamais marché en Terre du Milieu. En 1972, il est anobli commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique. Il décède le 2 septembre 1973 des suites d’un ulcère hémorragique. Il est enterré aux côtés de son épouse et la tombe porte désormais la mention « Beren » l’amant de Luthien.

II L’œuvre de Tolkien
Il se passionne pour les langues nordiques, s’intéresse au finnois (qu’il essaye d’apprendre) et achète des volumes en gallois médiéval. Passionné par la forme et la sonorité des mots depuis que sa mère lui avait donné ses premières leçons de latin. Il se met à inventer son propre langage, d’abord néogothique puis, influencé par le finnois, il crée le quenya. Le sindarin, autre langue elfique, est d’inspiration galloise.
Ses idées étaient antidémocratiques et antirépublicaines. Traditionnaliste, adepte d’Edmund Burke pour qui toutes les inventions modernes méritent d’être dénoncées et qui dénonçait la volonté de la Révolution française de faire table rase du passé. Tolkien était attaché à la monarchie et à la religion catholique.  Il avait une vision platonicienne de la démocratie (La démocratie est un « facteur d’anarchie qui risque de mener à la tyrannie d’un Orc »). Chez Tolkien, le roi est le garant de l’équilibre du monde, celui qui maintient la cohérence de la société. Tolkien a célébré les valeurs féodales, patriarcales et médiévales mais il était surtout un homme à l’imaginaire somptueux qui s’est inspiré du Moyen Age parce que c’est une époque propice à la récupération iconographique. Dans le Seigneur des anneaux, il n’y a ni Dieu ni lieu de culte. Gandalf est un magicien, pas un prêtre.
La pensée raciale de Tolkien est très politiquement incorrecte. Les méchants sont basanés ou olivâtres, louchent, ont de longs bras qui traînent le long des jambes. Les bons, en général, ont le regard clair, l’œil bleu anglais et ils sont grands, blonds ou aux cheveux noirs. Cependant, il rejetait la théorie racial aryenne comme intellectuellement absurde et moralement répugnante. Il en voulait à Hitler d’avoir perverti les idéaux nordiques. Il s’est aussi montré hostile à l’apartheid.
A la mort de son père Christopher Tolkien, désigné exécuteur testamentaire, va s’atteler à la mise en ordre de l’œuvre inlassablement travaillé depuis vingt ans. Il fait ainsi paraître Le Silmarillon (1977), Contes et légendes inachevés  (1980), Histoire de la Terre du Milieu (12 volumes, 1983-1996. Seuls les cinq premiers ont été traduits en français), Les enfants de Hurin  (2007) et La légende de Sigurd et Gudrun (2009).
Le cycle de « La Tour Sombre » de Stephen King est un hommage à Tolkien.

III Naissance et développement de la Terre du Milieu
Le monde de Tolkien est un monde in illo tempore c’est-à-dire situé dans un ailleurs antérieur et meilleur. Son succès vient du fait qu’il a su traduire la nostalgie de l’origine en un temps où tout s’accélérait.
Pour Tolkien, la fantasy incarne l’art narratif par excellence. Une histoire réussie doit offrir au lecteur un « monde secondaire » qui le plonge dans une « croyance secondaire » qui produit le véritable enchantement.
Le Seigneur des Anneaux a été écrit pour l’essentiel durant la Seconde guerre mondiale. Plein d’action et d’aventure, il est aussi porteur d’un message pacifiste. Frodon repousse le pouvoir jusqu’à devenir un saint (il ne connaît d’ailleurs pas une mort terrestre. A l’instar d’Arthur, il part sur un bateau au pays des immortels). Le livre renverse la quête traditionnelle car le but n’est pas de s’emparer de l’anneau de pouvoir mais de le détruire.
Dans sa correspondance, Tolkien a affirmé que son ambition était d’atteindre le statut de mythologie ancrée dans le sol national anglais. Il considérait comme un manque l’absence de toute mythologie proprement anglaise c’est-à-dire une mythologie exprimée dans une mangue nationale et faisant référence à un territoire identifiable. Et l’Angleterre n’est pas la Grande-Bretagne.
Le pays de Rohan évoque un pays médiéval « anglo-saxon ». La Comté serait une Angleterre rêvée par Tolkien hors mécanisation et industrialisation.
[Les Elfes] sont faits par l’homme à son image (…) mais sans les limites dont il sent le plus durement le poids. Ils sont immortels (…) [citation de Tolkien]. Les Elfes de Tolkien sont inspirés des Tuatha De Danann des légendes celtes d’Irlande. Comme eux, ils sont immortels mais ils peuvent être tués. Tolkien adopte la tradition celte ; un immortel ne peut survivre dans le monde des mortels : il n’y reste qu’au prix d’un amoindrissement de sa puissance. En dernier ressort, soit il reste, soit il part pour un autre univers immortel. Tolkien a su créer une civilisation originale et une langue modelé sur le gallois.
« Imaginer la mythologie me plaît (…) » dit Tolkien, « Dès mon plus jeune âge, j’ai été affligé par la pauvreté, sur ce plan, de mon pays que j’aime tant. Il ne possédait pas d’histoire propre (…) présentant la qualité que je désirais (…). ». Il a ajouté : « J’avais dans l’esprit l’idée de constituer un corps de légendes plus ou moins liées, d’une grande ampleur, d’un caractère universel et de l’élever à la hauteur d’un conte de fées romantique (…) que je pourrais dédier, tout simplement, « A l’Angleterre. A mon pays ».

IV L’Anneau Unique et les anneaux de pouvoir
Les anneaux de pouvoir sont le sujet les plus connus de l’œuvre de Tolkien et les plus importants. Ils apparaissent à la fin du Deuxième Age pour disparaître à l’aube du Quatrième après la destruction de l’Anneau Unique. Créés par les Elfes, ils servent à les lier à leur temps, à retarder le passage du temps, à ralentir le déclin. Le rôle primordial des anneaux est celui de l’attachement. Le principe d’attachement est aussi celui du maître et de l’esclave. Sauron initie les Elfes à la fabrication des anneaux et reste à leurs côtés pour imprégner les anneaux de sa volonté. Le terme « de pouvoir » est donc ambivalent.
L’Unique apparaît dans Le Hobbit où Bilbo semble le découvrir par hasard chez Gollum. C’est un simple objet magique sans lien avec le Seigneur du Mal ni même avec le Nécromancien auquel le récit fait rapidement allusion.
Le don d’invisibilité demeure une caractéristique dans Le Seigneur des anneaux, il permet d’accéder à l’invisible (mode des esprits). Il affaiblit son porteur dans le monde réel. L’anneau est alors une extension du seigneur des Ténèbres.
L’anneau symbolise la Tentation : il suscite la convoitise. C’est un aimant maléfique qui attire les créatures à Sauron. Il est la propriété inaliénable de celui-ci. Il recèle l’essentiel des forces de Sauron. Il corrompt plus ou moins celui qui le porte (Isildur, Gollum, Bilbo).
Les êtres indifférents à l’Unique sont rares : Gandalf, Elrond, Galadriel (aucun ne passe l’anneau au doigt car tous ont renoncé au pouvoir). Merry et Pippin ou Faramir échappent aussi à l’anneau car ils sont dépourvus d’ambitions. L’anneau est donc autant un agent extérieur de corruption qu’un catalyseur de pulsions internes.
Tolkien n’aimait pas que l’on compare « son » anneau avec celui des Nibelungen. Celui-ci est gage de leur puissance, une liaison de la volonté humaine et de la nature et donc domination de la première sur la seconde tout en asservissant l’homme au désir de la puissance. Siegfried et Brunehield jettent cet anneau dans le fleuve en signe de renoncement à la puissance.

V Les Hobbits
« Hobbit » est un néologisme de l’anglais moderne basé sur « hole » et « rabbit  soit « trou de lapin »
Selon Tolkien, « les Hobbits sont simplement des Anglais de la campagne rapetissés pour indiquer l’étroitesse habituelle de leur imagination – ce qui n’est pas un manque de courage ni de puissance latente »
Les Hobbits sont la création la plus connue de Tolkien qui se reconnaissait en eux : amour des jardins, des cultures non mécanisées, des arbres, fumeurs de pipes et mangeurs de champignons cueillis dans les champs. Une société simple se contentant de pain, immobile, dépourvu d’administration. Les Hobbits aiment les bonnes choses car ils peuvent s’en passer en cas de besoin.
En Sam Gamegie, Tolkien avait voulu dépeindre l’humble et héroïque soldat de la guerre des tranchées. Sam ne renonce jamais, toujours prêts à se battre pour sauver ou accompagner son maître. Sa volonté de vivre prime tout. Meriadoc « Merry » Brandebouc est d’abord un personnage comique au caractère enjoué. Il joue un rôle important quoiqu’involontaire. Désireux de servir, il est bien accueilli par Theoden (Les Deux Tours) qui en fait un écuyer. Il est à la fois héroïque et humble. Eomer le fera chevalier et il sera ensuite maître du Pays de Bouc.
La plus grande force des Hobbits est leur gentillesse fondamentale. L’humanité est leur essence même et leur âme est pure.
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Camarade Totoff
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Dearesttara le Ven 12 Mai 2017 - 16:29

Matin ! Voilà une formidable synthèse toute érudite sur la vie et l’œuvre du grand homme. Grand Bravo à toi Camarade ! cheers
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Dearesttara
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Estuaire44 le Ven 12 Mai 2017 - 17:33

Bravo, excellente synthèse ! Very Happy
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Dearesttara le Sam 3 Juin 2017 - 12:35

Un nouvel opus d'outre-tombe !

http://braindamaged.fr/2017/06/02/beren-et-luthien-le-roman-de-tolkien-jamais-publie/
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Re: Film ''Le seigneur des anneaux'' (The Lord Of The Rings)

Message  Estuaire44 le Sam 3 Juin 2017 - 12:41

La romance entre Beren et Luthien est déjà racontée dans le Silmarillion. Il doit s'agir d'une version plus longue.
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