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Série "Journal intime d'une call-girl"

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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Lun 12 Oct 2015 - 1:44


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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Lun 12 Oct 2015 - 14:50

D'une super blonde à l'autre, Iddo goldberg est annoncé dans Supergirl, pour le rôle de Red Tornado.

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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Lun 12 Oct 2015 - 22:35

Première photo d'Iddo en Red Tornado.

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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Dearesttara le Mar 13 Oct 2015 - 0:24

Heeeeeeeeeeeeu, Ah ouais quand même. Non, je l'aurais pas reconnu. On dirait que Ben semble avoir mal vécu la fin de la série, j'le sens un peu sur les nerfs là.
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19. L’écume du subconscient

Message  Dearesttara le Sam 17 Oct 2015 - 18:29

3.03 L’écume du subconscient (Episode 3.3) :
B B B B



Scénario : Richard Hurst
Réalisation : Owen Harris

- Are you sure you're ok with this ? You must get some real perverts.
- If I'm lucky.

Belle continue de retranscrire ses rendez-vous avec ses clients. Celui du jour est un jeune homme timide qui aime que ses partenaires se comportent comme des animaux de ferme. Ben et Jackie continuent leur relation au grand dégoût de Belle que sa solitude oppresse de plus en plus. Malgré les avertissements de Belle, Bambi s’engage avec Byron dans une relation plus intime…


La série continue d’enthousiasmer en osant un humour toujours plus frappadingue, alors que son regard sur les relations humaines est de plus en plus pessimiste. Les clients de Belle deviennent en effet des cas quasi psychiatriques, mais révèlent autant un délire comique qu’un poignant ravage intime. L’égoïsme fondamentalement présent dans le sentiment amoureux, les conséquences terribles des amours non partagées, la jalousie du bonheur d’autrui, l’angoisse de la solitude… l’épisode est décidément très chargé en noirceur ! Bambi et Byron permettent cependant à Richard Hurst d’introduire des parenthèses enchantées qui sont autant de respirations.



On commence en fanfare par Duncan pointant les tordantes perles d’une Belle se noyant dans un fatras de descriptions techniques. Ce galimatias burlesque emporte tout sur son passage, culminant avec cette loufoque partie de Twister, une excellente idée de scénariste. Mais derrière l’humour, l’on voit une évocation du dur labeur de l’artiste qui doit effacer les ficelles de sa technique aux yeux d’un public ne demandant rien d’autre que des émotions. Une sorte de méta-récit se met en place, car Belle doit maintenant accorder large part à sa personnalité, et celles de ses clients. Or, la série va maintenant délaisser le côté catalogue des services de Belle pour se concentrer sur les clients eux-mêmes, un choix bien plus riche, drôle, et sombre.
Démonstration immédiate avec le client du jour envoyant à l’autre bout de la galaxie les précédents de l’héroïne question folie. Son fantasme sur les animaux (écho au client du pilote ?) nous vaut une scène de sexe dont la franche crudité est parée par des répliques bourrines et des cris d’animaux totalement allumés. Les mines effondrées de Billie Piper sont un poème. Mais cette situation nous expose aussi une émouvante thématique : Belle ne se contente pas d’écarter les jambes, mais doit aussi interroger, et parfois insister pour découvrir comment satisfaire ses clients. Simon, emprisonné dans un carcan de règles bienséantes et la honte de ses fantasmes, est mal assuré, et il faut tout l’effort de l’héroïne pour le convaincre de se lâcher. Belle apporte bien plus qu’un réconfort sexuel à des hommes parfois frustrés, mais leur permet de réaffirmer une identité que les entraves sociales étouffent : l’on voit un homme brisé sentimentalement et sexuellement depuis qu’il fut rejeté à cause de ses fantasmes. La non-réalisation des fantasmes et de la libido entraînant leurs victimes sur une pente descendante (autodestruction, violence…), et ici exprimée sous forme d’une dévirilisation, est ainsi dramatiquement mise en scène.


Toute la deuxième partie de l’épisode s’attache à traquer les effets collatéraux dévastateurs de l’amour, à la hauteur de sa sublime joie. Ben ne parvient pas à se libérer de son amour non partagé pour son amie, et se perd dans les bras de sa sœur : débraillé, mal peigné, passif, à la ramasse, il semble perdu dans une brume d’hébétude chagrine. Jackie, tout à sa joie, ne s’en aperçoit pas - toujours cet égoïsme du sentiment amoureux - tandis que la situation embarrasse trop Hannah pour qu’elle s’en rende compte. Ben a ainsi la pseudo-satisfaction de rester près de son élue, ce qui ne lui cause que du mal (masochisme du rejeté). L’épisode ménage des moments de détente avec les merveilleuses escapades de Bambi et Byron, pétillants d’euphorie. Les voir réaliser la profondeur de leurs sentiments - infinie tendresse des scènes de lit - est touchant. Mais ce faisant, Bambi rejette l’appel à l’aide d’une Hannah étouffée dans sa solitude pour rester avec son prétendant, là où Belle n’hésitait pas à tout laisser tomber pour l’aider. Cette ingratitude révèle décidément bien le caractère égoïste des plus beaux sentiments, mais qu’aurions-nous fait à sa place ?



Belle continue son expansion : travail à la chaîne, écriture du livre, rendez-vous avec l’éditeur, condamnation de Bambi cédant à l’amour... C’est à ce moment qu’Hannah semble se réveiller pour crier sa souffrance d’être seule : sans famille, sans amoureux, sans amis (Ben semble bien loin), elle en est réduite à chercher compagnie auprès de… Duncan. Leur léger flirt suivi de l’hilarant monologue où Belle tente de le justifier à la caméra retrouve l’humour, mais va être la graine d’un terrible malentendu : jalousant Bambi et Byron (à raison) et Ben et Jackie (à tort), Hannah plaque toutes ses espérances en Duncan qui n’est qu’un choix par défaut. De plus, Hannah commet l’erreur fatale de mal interpréter leur lien : Duncan est fasciné par Belle-la-call-girl-de-luxe, mais on voit tout de suite qu’Hannah ne l’intéresse pas. Une nouvelle désillusion se profile déjà à l’horizon. Un chef-d’œuvre total d’humour et de noirceur.

IS =

- Hannah vit dans son appartement depuis 4 ans.

- Le mail qu’envoie Hannah à son éditeur nous apprend le prénom de ce dernier : Duncan.

- Bambi dit à Belle que Byron va l’emmener à Gaveston. Gaveston Hall est un magnifique château situé dans le Sussex, près de Nuthurst, et entouré par plus de 40 hectares de forêts, lacs, prairies, ruisseaux... Cet écrin naturel large est très prisé des touristes, et est un lieu de choix pour les amoureux. Byron n’a pas l’habitude de faire dans la modération question rendez-vous !

- Le texte visible une brève seconde sur l’ordinateur de Belle avant qu’elle l’efface est en fait le récit qu’elle fait lire à Duncan au début de l’épisode, erreurs inclus. Il y a donc une erreur de continuité car elle est sensé écrire l’expérience qu’elle vient juste d’avoir avec Simon. Plus prosaïquement, Belle y écrit qu’elle sait mettre un préservatif avec la bouche (un vieux truc d’escort ajoute-t-elle), détail qu’elle avait mentionné dans l’épisode 2.08.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Dim 18 Oct 2015 - 13:07

actuellement en vacances loin de mes DVD, reprise des critiques en fin de semaine hein
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Dearesttara le Dim 18 Oct 2015 - 13:46

C'est noté, bonne détente ! Very Happy
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Dim 25 Oct 2015 - 17:26

L’Écume du subconscient (****)
On discerne comme une saveur d’un film de Woody Allen dans cet épisode radieux et enlevé,, gorgé d’humour comme de musique, nous parlant d’amour et, à sa manière, de littérature. Sur un mode joyeux, résolument positif et à la chaleur communicative, le récit nous narre comment l’amour se joue de toutes les rationalisations et autres enfermements de l’âme, emportant les résolutions de ceux et celles dont il s’empare comme à l’improviste. Il en va ainsi de l’histoire de Belle vis-à-vis de Duncan, ou de Bambi face à Byron, ces dames voyant leur petit monde professionnel, si solide en début de saison, en passe d’être pulvérisé par la passion, malgré leurs dénégations. Même si certains esprits rassis pourront taxer l’épisode d’utopique, on apprécie vivement que celui-ci apporte un contrepoint au précédent, considérablement pessimiste. Oui, pour cette humanité enferrée dans ses illusions de bonheur, il demeure encore un espoir de sublimer son existence. On regrettera simplement la relation entre Ben et la sœur d’Hannah, à laquelle on éprouve toujours du mal à croire.

L’opus présente également le mérite d’aborder une relation  finalement peu explorée ailleurs, celle unissant l’écrivain à son éditeur. Un sujet très riche, quand on sait à quel point de tels duos ont pu marquer la littérature. Une série comme Californication a pu aborder le rapport équivalent pouvant se nouer entre un auteur et son agent, mais sous un angle (vraiment) hors normes, cela reste un domaine à explorer. A travers l’histoire du sympathique client et de sa réécriture, l’épisode ouvre également une intéressante fenêtre, même si fatalement fugace, sur le mystère de l’écriture, sur ce que l’auteur y projette de lui-même, consciemment ou non. Sur ce passionnant sujet, on lira avec profit le roman La Part des Ténèbres, de Stephen King. L’opus démontre la qualité coutumière de la série, avec des acteurs en état de grâce, à commencer par une Billie Piper au formidable talent, et une mise en scène aussi élégante qu’inventive. Aussi variée que très anglaise (The Kinks), la bande son apporte également un précieux concours.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Sam 14 Nov 2015 - 17:42

Deux nouvelles photos d'Iddo face à Supergirl ont été révélées . L'épisode de Red Tornado devrait être le prochain diffusé, alors que l'audience de la série repart à la hausse. One le reconnaît (un peu) sur la deuxième photo. Ben n'a toujours pas de chance avec les blondes...


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20. Gourmandises

Message  Dearesttara le Mar 12 Jan 2016 - 13:07

3.04. Gourmandises (Episode 3.4) : B B B B



Scénario : Rebecca Lenkiewicz
Réalisation : Owen Harris

- And then I saw Duncan.
- You shagged him, didn't you?
- Yep. It was just a quick… well, it wasn't quick.
- I don't want to know !

Alors qu’elle cherche un moyen de séduire Duncan, Belle trouve à sa demande un client excentrique : Des est un adepte du sploshing, soit un fantasme de faire l’amour avec de la nourriture déversée en grande quantité sur les vêtements et la peau. Sur les conseils de Belle, Bambi rompt avec Byron. Ben prend également la décision de rompre avec Jackie...

Alors que les histoires avec les clients commencent à partir massivement en vrille pour notre plus grand plaisir, les personnages continuent leur recherche désespérée du bonheur personnel : Bambi semble fermer la porte à un réel bonheur, Ben s’emberlificote dans une relation sans queue ni tête (sans jeu de mots) avec Jackie, et Belle persiste à vouloir séduire un homme qui ne peut que la décevoir. Alors que les deux premiers parviennent à surmonter leurs penchants autodestructeurs, Belle, personnage d’un tragique absolu, s’enfonce toujours davantage dans des décisions catastrophiques. La mise en scène luxueuse, habilement poussée jusqu’à la caricature, d’Owen Harris, met en évidence sa prison dorée qu’elle tente sans succès de briser.

L’introduction excite immédiatement le rire par les fantasmagories de Belle s’imaginant en tenue sexy pour aguicher Duncan. Son regard-ras-la-honte qu’elle lance au spectateur est un excellent gag ! Une première apothéose surgit lors de la délirante scène de sploshing où Belle rame pour suivre son client jusqu’au bout de son fantasme. On se demande comment Billie Piper et Colin Michael Carmichael ont réussi à tourner cette scène sacrément physique et éprouvante, tout en notant la chaleureuse complicité qu’ils arrivent à installer dès la première seconde. Des noue un lien certes tarifé, mais pas sans une réelle affection avec Belle, qui fait plaisir. Voir les deux compères se balancer de la nourriture partout (et quand je dis partout, c’est… partout) restera comme une des images les plus folles de la série - American Pie est renvoyé loin derrière - déchaînant un rire continu, encore renforcé par les maladresses de Belle et le cabotinage sans retenue de Carmichael.



Ben casse enfin la mascarade qu’il a construite avec Jackie, insuffisant pis-aller à son amour sans retour pour Belle. Le voir au final partager bière et pizza avec son bourreau-malgré-elle fait heureusement voir un espoir de remonter la pente, tout en soulignant à quel point leur duo crève l’écran. Blasée par ses malheureuses expériences, Belle croit bien faire en poussant Bambi à la rupture avec Byron ; ce faisant, elle l’invite à reproduire son même schéma destructeur : séparer à tout prix la femme et la prostituée. Les scènes de rupture Ben/Jackie et Bambi/Byron sonnent juste par leur grande retenue, typiquement anglaise, où chacun accuse le coup en silence. Cela n’empêche pas que la scène Bambi/Byron est à déchirer le cœur, où Bambi se montre plus dure qu’elle ne l’est en réalité, et Byron recevant une nouvelle qu’il ne pouvait décemment pas prévoir. David Dawson est subjuguant d’émotion, montrant une sensation d’écroulement tout en restant très intériorisé de jeu. L’émotion plus visuelle est assurée par une Ashley Madekwe parfaite, dans la dureté feinte comme dans la douleur à nu. Une démonstration particulièrement amère d’un épanouissement personnel vu comme incompatible dans notre société capitaliste à l’imposée course au progrès social, et aussi la manie de l’être humain à se résigner à des vies insatisfaisantes en refusant de prendre des décisions qui pourraient le rendre heureux, mais vues comme trop « folles ». Il faudra d’ailleurs un acte aussi romantique que dingo de Byron pour casser le mur de l’impasse dans lequel Bambi a tenté de les plonger tous deux. Une lueur d’optimisme toutefois contrebalancée par la solitude de Belle. Que le couple « secondaire » de la série soit plus fusionnel que le « principal » apparaît comme une cruelle ironie envers Belle.

Cette dernière veut trouver son Byron à elle, qui lui assurerait un équilibre personnel. Malheureusement, dans sa hâte, elle mise sur un homme qui commence déjà à la décevoir. Malgré les avertissements de Ben qui lui rappelle qu’elle n’est qu’une « cash cow » pour Duncan, Belle choisit de ne pas voir que ce dernier n’a que faire de son réel soi, Hannah. La scène de séduction  avec une Belle attaquant à mort notre éditeur tout surpris - les amateurs de Buffy trouveront des similitudes avec Faith et son « I want, I take, I have » - est juste grandiose. Et la scène hot qui s’ensuit est vraiment une des plus torrides de la série (ah, le fantasme de « baiser » sur le bureau au travail). Le réveil est bien moins folichon, avec un Duncan certes courtois, mais manquant de chaleur. Si Hannah s’en aperçoit, elle est prise au piège de la peur de la solitude affective, et cherche encore à y croire. On a mal pour elle, mais au moins elle lutte, à la différence de sa sœur retournant finalement auprès de son faible mari et reprenant la vie minable qu’elle avait délaissée l’espace d’un instant. Gardes-robes d’une suprême élégance, champagne, campagne ensoleillée, décors brillants… la mise en scène d’Owen Harris est plaquée or, soulignant la trompeuse artificialité dans laquelle se réfugie Belle, comme cette nouvelle échappatoire avec Des qui s’évanouira dès le rendez-vous terminé. La série a beau rayonner de vie, de drôlerie, et de bonne humeur, son pessimisme permanent ne cesse de s’accentuer. Secret diary of a call-girl demeure avant tout une somptueuse tragédie moderne.

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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Jeu 14 Jan 2016 - 15:00

Gourmandises (***)
L'épisode poursuit la peinture du cheminement sentimental malaisé des protagonistes. Si l’ensemble continue à intéresser, l’efficacité de la narration résulte cette fois intermittente. Le recours à une discussion préliminaire entre Belle et Duncan afin d’indiquer le sujet du jour menace de tourner au procédé. Par ailleurs on comprend mal la toquade de Belle pour un éditeur la percevant manifestement avant tout à travers le prisme professionnel, et non comme un Pygmalion considérant sa Galatée. Introduire un amant percevant de prime à bord la personnalité a d’Hannah et non de Belle, à l’inverse d’Alex la saison précédente, permet d’entrevoir un développement prometteur achevant de décrire le piège de solitude dans lequel sa profession et son identité duale enferment inexorablement l’héroïne. Tout ceci réside ici en germe, mais l’intensité de la rencontre intime de Belle et Ducan pâtit du manque d’intérêt réel de ce dernier et de son moindre investissement émotionnel. La narration demeure ici avant tout fonctionnelle, plantant ses jalons, mais la mise en scène la relaie sans défaillir, l’épisode s’avère une complète réussite visuelle, comme si souvent.

On reste  sceptique devant la séparation entre Ben et Jackie, passablement soudaine et menée manu militari. Le retour concomitant et si pratique du mari prodigue confirme qu’il s’agit avant tout de l’exfiltration menée sans trop de subtilité d’un personnage devenu inutile. Au moins l’épisode réussit-il un vrai moment d’émotion lors de la rupture elle-même, au sein d’un cadre romantique devenu soudain bien cruel. Même si elle donne lieu à une héroïque performance des comédiens, la description donnée du sploshing laisse également (paradoxalement) sur sa faim, car abordée de manière trop burlesque et trop uniquement positive, alors qu’il peut aussi s’accompagner de pratiques de domination avoisinant le sadomasochisme. La série n’apparaît jamais sous son meilleur jour quand elle édulcore son propos, même si elle a l’heureuse fortune d’être anglaise, ce qui permet d’assimiler sans trop de difficultés le sploshing à l’excentricité. D’une manière générale l’opus agglomère trop rapidement perversion et courage de vivre ses fantasmes, alors que la première peut aussi survenir quand on devient esclave des premiers. Mais le récit s’en sort vers le haut grâce à la romance toujours aussi irrésistible ente Bambi et Byron. Elle nous vaut clairement les moments les plus intenses de l’épisode, dans la détresse puis dans la joie. D’abord une trame secondaire, elle s’impose comme un moteur indispensable à cette saison.
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21. L’argent fait le bonheur

Message  Dearesttara le Sam 16 Jan 2016 - 23:05

3.05 L’argent fait le bonheur (Episode 3.5) :
B B


   
Scénario : Rebecca Lenkiewicz
Réalisation : China Moo-Young

Number one unwritten rule of being an escort : you only allowed one lover : money !

Déçue par son expérience avec Duncan, Belle apprécie d’autant plus la visite d’Al, un client régulier pour lequel elle a beaucoup d’affection. Stéphanie vient cependant lui rappeler ses priorités en tant qu’escort. Belle décide néanmoins de parler avec Duncan de ce qui s’est passé. Bambi et Byron filent, eux, le parfait amour…


Le succès de Secret Diary tient dans son récit sombre recouvert d’un vernis comique et glamour ; et depuis la saison 2, dans la gestion feuilletonnante des aventures amoureuses de ses héros à la dérive. Malheureusement, cet épisode ne fait fonctionner aucun des deux atouts : en délaissant l’humour et en surchargeant les dialogues, il bascule dans les eaux saumâtres du soap opera sérieux à l’excès sans l’épure émotionnelle des meilleurs canons du genre (tel Six feet Under). De plus, le feuilleton se dérègle en figeant les lignes narratives en cours : Bambi, Byron, et Ben font de la figuration, et Hannah patauge en essayant de garder Duncan, qui louvoie tant que cela en devient artificiel. Sur une petite saison de 8 épisodes, un épisode immobile ne pardonne pas. Heureusement, le retour de Stéphanie arrive à point pour illuminer cet épisode statique de sa misanthropie aussi cynique que percutante.



Le client du jour dégage une pénible impression de déjà vu car le thème du client régulier a déjà été traité en saison 1 avec Ash. Certes, Al suscite immédiatement la sympathie - en dépit de son infidélité conjugale -  pour sa relation gaie et décontractée avec Belle, mais ni l’humour ni le grain de folie coutumiers de ces vignettes ne sont présents. L’absence de tout thème sous-jacent appauvrit également ce pan de l’histoire. Duncan étant décrit comme un homme cynique et sans grande chaleur, l’alchimie avec la sensible Belle ne peut fonctionner (la comparaison avec Alex est fatale). Si cela est valable d’un point de vue strictement narratif, cela interdit cependant toute émotion. Duncan devient pénible à force de battre la campagne tandis qu’Hannah finit par crisper en se noyant dans des clichés de femme délaissée (ce qu’elle n’est absolument pas) qui diluent sa complexité. Se grisant d’une virtuosité vaine, les auteurs inversent les rôles en cours de route avec Duncan faisant un pas en avant, et Hannah dix en arrière, ou comment réduire d’excellents personnages à des marionnettes. Les voir enfin accepter une relation sérieuse dans la coda laisse espérer que ce passage à vide ne se prolongera pas. Cela dit, on admire comment Hannah, aveuglée par sa solitude, refuse de voir que si Duncan se montre conciliant avec le fait qu’elle couche avec d’autres hommes professionnellement, il ne veut pas comprendre son vrai soi, Hannah, d’où un retour de bâton encore plus cruel que le cas Alex commençant à prendre forme.

A côté de ces intrigues plates et de ses personnages secondaires sacrifiés, l’épisode trouve un second souffle avec le come-back de Stéphanie qui apporte avec elle le véritable thème de l’épisode, énoncé déjà par la pétulante introduction : l’argent comme unique « amant fidèle » des prostitué(e)s. Businesswoman de fer à la vie sentimentale passée que l’on devine désastreuse, Stéphanie s’appuie sur la confiance qu’elle voue à l’argent, dont elle est seule responsable, à la différence d’un ménage aux déceptions inévitables. Mais cet amour de l’argent et son rejet de toute chaleur humaine l’a rendue glaciale, on peut y voir une triste fuite aux désillusions inhérentes aux relations humaines. Cherie Lunghi déborde de classe et d’énergie. Il paraît patent que ce personnage spirituel, mais au cœur cadenassé par ailleurs, est clairement dépeint comme le reflet de ce que deviendra Belle si elle continue d’étouffer Hannah. Cette dernière semble en avoir conscience, car sa fragile foi fabriquée de toutes pièces en l’argent qu’elle affiche durant la 1re moitié de l’épisode s’effondre vite vu ses efforts pour conquérir Duncan. Notre héroïne n’abandonne pas le combat, souhaitant réitérer l’exploit de Bambi, et émouvante dans ses multiples erreurs qu’elle commet pour rester sur le ring.



Anecdotes :

Belle déclare avoir couché avec 1036 hommes.

2 semaines se sont écoulées entre l’épisode 3.02 et celui-ci, Bambi et Byron déclarant qu’ils ne se connaissent que depuis ce laps de temps.

Pendant leur échange, Bambi et Byron mentionnent plusieurs références à la pop culture. Byton déclare être fan de Count Duckula et de Thundercats. Count Duckula (Comte Mordicus en VF) est une série animée de 1988 à 1993 racontant les aventures picaresques d’un vampire cherchant célébrité et fortune avec un succès… mitigé. Thundercats (Cosmocats en VF) est une série animée de 1985 racontant la lutte galactique des chats du titre contre des mutants diaboliques. Deux séries 100% british of course ! Pour les Superhéros, concept américain, Byron doit concéder à l’Oncle Sam qu’il aime beaucoup Le Surfer d’Argent, dont le look lisse et vaguement androgyne est évidemment raccord avec son physique. La féminine Bambi préfère, elle, le velu Wolverine. Ce sont deux super héros des Marvel comics.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Dim 17 Jan 2016 - 19:48

L’argent fait le bonheur (**)
L’épisode met en opposition les deux forces antagonistes déchirant le cœur d’Hannah : son envie de connaître l’amour et l’attraction pour son métier particulier lui mettant, disons,  bien des bâtons dans la roue. Mais le récit explicite son attachement au plus vieux métier uniquement via les gains assurés, mais cela semble réellement réducteur. Effectivement notre amie n’a jamais dissimulé son côté Material Girl, mais l’on sait bien qu’elle est encore davantage accroc au frisson de l’aventure et au fait d’être à part au sein de la société, profondément singulière. Se cantonner au seul veau d’Or limite l’intérêt du propos du jour, même s’il nous vaut des retrouvailles amusantes avec Stéphanie, la cynique et tranchante Reine des Abeilles figurant plus que jamais comme un futur possible, sinon, probable, pour Belle (et on adore toujours autant ses cafés d’élection, la grande classe). Par ailleurs, centré sur le questionnement intime de l’héroïne, l’opus néglige assez mécaniquement les personnages secondaires.

Dépossédé de son aventure, mais aussi d’un relai au sein de l’action ,(ce sera corrigé dès l’opus suivant) , ben se voit réduit au poncif du confident, tandis que l’on ne fait qu’entrapercevoir les charmants Byron et Bambi, celle-ci campant une alternative à Stéphanie déjà tristement improbable pour Belle, paraissant pour une fois une passablement acrimonieuse. Le sympathique habitué résulte fatalement plus effacé que l’excentrique amateur de Sploshing et la série recède à son tic toujours agaçant des peu crédibles manifestations d’absents durant l’acte. Heureusement Billie Piper démontre une nouvelle fois qu’elle a les épaules suffisamment larges pour supporter quasiment tout un épisode. Son talent et sa sensibilité se manifestent particulièrement durant la double scène centrale de l’appartement. Celle –ci s’avère cruelle pour Duncan : grâce à l’actrice, le spectateur perçoit clairement que l’on passé d’de belle à Hannah ce que l’éditeur n’a lui aucun moyen de comprendre (il n’est d’ailleurs pas le seul en cause). Même s’il arrache son prénom à Hannah, il continue à seulement percevoir Belle. De fait cette relation contrariée dès le départ continue à se montrer moins captivante que celle de la saison passée.  
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22. 007

Message  Dearesttara le Ven 29 Jan 2016 - 1:33

3.06 007 (Episode 3.6) : B B B B


Scénario : Richard Hurst
Réalisation : China Moo-Young

He spent as much time thinking about the detail of this as the average girl spends thinking about her wedding.

Après avoir reçu un client dont le fantasme est d’être James Bond dans un jeu de rôle sexuel, Belle passe une soirée à l’opéra avec Duncan, mais un enchaînement de circonstances va tout faire capoter…


La série sort de son registre habituel de tragédie comique pour présenter une comédie de boulevard acide, dont l’efficacité tragi-comique continue d’inscrire cette saison comme une pente descendante pour Belle. Richard Hurst montre une éblouissante maîtrise de l’écriture de personnages : on admire comment il parvient à rendre sympathique son héroïne même lorsque cette dernière s’égare dans une sinistre condescendance, bien accompagnée par un petit ami bien pire qu’elle. Si Belle-Duncan est ici décrit comme un duo aux dehors sympathiques mais méprisant, le duo Ben-Byron est inversement écrit comme de nobles cœurs mais agissant en tant que pathétiques perturbateurs. Le tempo comique de l’épisode démarre en trombe et ne cesse d’accélérer alors même que la sidérante noirceur des situations s’accroît pareillement. Secret Diary continue de tenir en 22 minutes une impressionnante densité narrative et émotionnelle.

Le jeu de rôle sexuel est une pratique plus grand public que la plupart des fantasmes plus « extrêmes » présentés dans la série, sans doute parce qu’il permet de révéler davantage ses propres psychés. Depuis sa création, James Bond a toujours incarné une idée d’un modèle masculin - surtout pour les hétérosexuels - et fut vendu judicieusement au public comme tel. Un des points les plus iconiques étant bien sûr son charme n’épargnant aucune femme, et une vie sexuelle enviée. À ce fantasme, rejoint celle de la femme dangereuse - espionne le plus souvent - à la sexualité (forcément) incendiaire derrière le mur de glace. Ces fantasmes sont finalement très masculins, ce qui limite la portée de la scène, malgré le rapport de domination exercé par Belle. Malgré cela, la séquence réussit son pari de nous plonger dans l’hilarité : « 007 » moins crédible tu meurs, accent russe à couper au couteau (on se croirait de nouveau dans les 60’s), erreurs de script, cabotinage à tous les étages de Billie Piper et Justin Edwards, scène sexuelle moins torride que loufoque…



L’intérêt de l’épisode réside en ce que l’héroïne devient lorsqu’elle ne laisse aucune place à son vrai soi. Il en résulte une sombre métamorphose de notre héroïne finissant par renier ses liens à l’humanité et se vautrant dans une désagréable condescendance derrière les délices des soirées luxueuses. Elle y est encouragée par la suffisance de Duncan, toujours plus antipathique. Il est triste de voir Hannah se renier complètement en se casant avec un tel homme par peur de la solitude (et par jalousie envers Bambi), et accédant à une ascension sociale qui la défigure, elle la sympathique jeune femme de la petite bourgeoisie. Celui qui en est conscient, c’est bien Ben. On admire comment l’animosité entre lui et Duncan est mise en scène, avec seulement le jeu des acteurs et quelques gestes anodins en apparence (Duncan ne prenant pas sa monnaie, obséquiosité de Ben…). L’on est heureux de voir Byron soutenir Ben, prouvant une fois de plus qu’il n’a que faire de son sang noble, fraternisant avec un barman après s’être fiancé à une prostituée. Mais même Ben n’est pas innocent : toujours amoureux de son amie, c’est autant par jalousie que par lucidité qu’il s’oppose à Belle et Duncan. La scène de l’opéra, aussi amusante soit-elle, persifle aussi contre une haute société friande de l’endroit moins pour ses spectacles que pour le plaisir d’être vu dans un lieu classe, remontant au quotidien des maisons d’opéra du XVII et XVIIIe siècle avant que l’ère romantique ne redonne la primauté à l’art. Billie Piper et James d’Arcy rendent parfaitement cette acception de leurs personnages.

Le vaudeville final se montre joyeusement endiablé avec l’intervention coup sur coup du client et de Byron/Ben totalement pochetrons. La démolition au pas de charge de Duncan - entamée par son comportement très patriarcal envers Belle lors de la confrontation avec le pauvre 007 - par le fin duo fait partie des plus grands moments comiques de la série. S’ils sont les seuls à avertir leur amie de ce qui l’attend si elle continue dans cette voie, ils cassent tout espoir de la convaincre de son erreur par leur comportement. La dispute finale creuse un terrible fossé entre Ben et Belle, et fait monter les enjeux pour le restant de saison : désormais, Belle est toute seule pour se rendre compte de son erreur. La série confirme ici que plus ses épisodes sont riches en humour, plus ils sont riches en noirceur.



Anecdotes :


Belle tente de justifier l'attitude de Ben à Duncan en disant "He's got a lot of PMT". PMT est l'abréviation de "Premenstrual tension" ou syndrome prémenstruel en français. Il désigne un état d'irritabilité ou d'agressivité qui peut survenir chez les femmes les jours précédents leurs règles à cause de la chute importante d'oestrogènes et de progestérone survenant à cette période du cycle menstruel. Une remarque très méchante pour Ben !

Dans cet épisode où l'on lève pas mal le coude, Ben conseille le Malbec, un cépage de cuve noir français cultivé dans le Sud-Ouest et le Languedoc. Duncan préfère toutefois le Blaufränkisch, un cépage austro-slave réputé pour son goût fruité. Lors de la soirée, il commande un Burgundy, traduction de "Bourgogne", célèbre vin français très populaire à l'international. Le client embarrassé commande de même du Sancerre et du Syrah, produits respectivement dans le Cher et dans les Côtes du Rhône, le Syrah étant un cépage franco-suisse, réputé pour être excellent pour la santé - à doses modérées ! - par son riche taux en resvétarol ; il est actuellement de plus en plus demandé.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Sam 30 Jan 2016 - 18:01

L’épisode débute par la souvent distrayante pratique du jeu de rôles polisson (sans D20 et classes d’armure, plutôt avec dessous chics et amusants détournements). On s’amuse d’autant plus que ce jeu est dépourvu de l’aspect morbide parfois revêtu par le sploshing précédemment abordé, et qu’il nous a valu de joyeux moments lors de The L Word (avec notamment Alice et Dana recréant La croisière s’amuse). De plus, les auteurs ont l’excellente idée de retenir James Bond comme sujet du jeu, soit le personnage le plus ritualisé qui soit, donc se prêtant idéalement à l’exercice (un excellent RPG 007 a d’ailleurs connu son heure de gloire durant les 80’s), tout en relayant le côté British de la série. Choisir les Avengers aurait été trop espérer, quant au Docteur et à son Compagnon le plus attachant, le monde n’était sans doute pas encore prêt. Justin Edwards se montre aussi plaisant dans l’interprétation du client que complice avec une Billie Piper particulièrement enforme et appréciant visiblement l’exercice. Comme toujours, la mise en scène demeure des plus élégantes et participe à éliminer tout ce que la situation pourrait présenter de scabreux.

Mais ce grand opus atteint toute sa dimension en élargissant ensuite le point de vue. En effet cette pastille humoristique vraie à la cinglante ironie quand le récit dépeint une Belle s’adonnant elle-même à un jeu de rôles avec Duncan, sans même en prendre conscience. Elle se rêve en écrivaine vivant une passion avec son Pygmalion, alors que Duncan, outre ce plaisir qu’on dit charnel, ne s’intéresse que l’aspect ludique de la situation. Visiblement émoustillé par l’univers excitant et transgressif de la prostitution de haut vol, tel que décrit par Belle dans ses deux livres, il n’est attiré que par le côté le plus divertissant et paillettes de la vie de cette dernière, et en aucun cas par Hannah. Ces maladresses elles-aussi illustrent cette situation, c’est le frisson de cette fugue en dehors de son réel qui le capte avant tout. Cette facette de sa personnalité étant reléguée en périphérie par l’héroïne, par sa trop grande immersion dans le Jeu.

Une situation ne  peut que conduire dans le mur, tôt ou tard. Le drame s’accentue, cette acceptation de la négation d’Hannah conduisant l’héroïne à s’éloigner de ses amis ne la reconnaissant plus et se sentant dépossédés, comme le narre la séquence tragi-comique avec Ben et Byron (qu’il est bon d’évoquer en dehors de la relation avec Bambi), mais aussi la colère de Belle, s’enferrant dans l’aveuglement. Un épisode virtuose, à propos des dangers d’opter pour le fantasme jusqu’à s’y fondre, contrairement au sympathique client de Belle. (****)
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23. Rien que pour le plaisir

Message  Dearesttara le Dim 31 Jan 2016 - 3:24

3.07 Rien que pour le plaisir (Episode 3.7) :
B B B



Scénario : Chloé Moss & Tim Price
Réalisation : China Moo-Young

A male escort needs charm, patience, stamina, and a sizable asset.

Toujours dans le cadre de ses « recherches », Belle décide d’inverser les rôles et de solliciter les services de Connor, un escort boy. Forcée d’admettre qu’en tant que femme (et non comme prostituée), il s’agit du meilleur amant qu’elle ait eu, elle se sent prise de remords après coup tandis que Duncan a du mal à digérer la nouvelle. Mais Duncan prend soin par ailleurs de cacher à sa petite amie qu’il la trompe avec une call-girl…


Le point faible de la série réside dans sa lutte difficile à raconter les riches histoires amoureuses de son héroïne dans un format très réduit. Lorsqu’il s’agit de commencer à baisser le rideau, la série se voit obligé d’accélérer et de tomber sur le premier prétexte venu pour clore le dossier (on se souvient d’Alex débarquant à l’improviste chez Belle « en plein travail »). Ici, l’infidélité de Duncan sera donc le moteur déclencheur, un procédé terriblement basique encore renforcé par l’hénaurme coïncidence qu’il choisisse Bambi. Les situations qui en découlent appartiennent vraiment au théâtre de boulevard bas de gamme, alors même que le vaudeville précédent était bien mieux amené. Cependant, cet épisode sans temps mort interroge avec une percutante provocation les concepts d’infidélité, la pression de la société patriarcale qui s’applique aussi aux hommes en les forçant à se conformer à un idéal viril absurde, tout en portant la double personnalité de l’héroïne à son paroxysme.

La brillante idée voyant Belle en tant que « cliente » donne naissance à une double piste narrative séduisante : une véritable salsa burlesque lors du rendez-vous, puis une dérangeante réflexion sur l’infidélité dont l’épisode pointe audacieusement les contours flous de la définition. Ainsi, toute la
scène chez l’escort se montre bidonnante en diable grâce au talent de Billie Piper de passer sans cesse du masque de la cliente timide et maladroite à la sévère critique professionnelle pointant toutes les erreurs de son confrère via le 4e mur… avant de connaître la meilleure séance sexuelle de sa vie. La voir confesser toute honteuse son véritable métier à un Connor ahuri et vexé est à pleurer de rire, tout en pointant ce que son stratagème a de reprochable. On aime aussi le premier compte-rendu de Belle du rendez-vous où les images contredisent a tempo tout son récit. Leon Ockenden se montre également très à l’aise en escort confiant et souriant qui compte bien s’amuser plus que de coutume avec une cliente plus jeune et jolie que son ordinaire. La scène ouvre également une fenêtre sur la prostitution masculine de luxe comparée à Belle : revenus moindres (l’appartement de Connor est bien plus spartiate que le luxe tapageur de celui de Belle), rapport aux clients plus direct, glamour moins présent, et accent plus mis sur la capacité de l’homme à mettre en confiance, à faire se sentir sa cliente attirante et libérée que sur le charme physique, en dépit de l’incontestable beauté de l’acteur jouant un escort pas forcément dans les canons habituels (géant musculeux).



Les deux personnalités de Belle rentrent de nouveau en conflit sur un point crucial : pour la première fois en position de « receveuse », la call-girl doit admettre être tombée sur un homme qui l’a pleinement satisfaite (quelle femme ne cherche pas un homme maîtrisant l’excitation orale ?) : le fait qu’elle y ait pris plaisir implique-t-il qu’elle a trompé Duncan ? Payer pour coucher atténue-t-il la situation d’infidélité ? Les auteurs laissent au public la décision. Avec Connor, notre amie s’est certes mise en mode « Belle », mais son corps est aussi celui d’Hannah, un corps reconnaissant envers une étreinte charnelle qui l’a comblé, d’où une terrible confusion éthique. Sa double identité ne s’est jamais manifestée avec autant de force qu’ici, confirmant la voie sans issue dans laquelle Belle/Hannah erre depuis le début de la série. L’épisode brocarde également l’exigence de la performance et de l’hyper virilité demandée par la société patriarcale : Duncan ne supporte pas de ne pas être le meilleur amant de sa petite amie, et quand il essaye de se métamorphoser en Connor, il devient une caricature pathétique d’étalon dominateur. L’épisode va décidément très loin car brisant la croyance rassurante selon laquelle les relations sexuelles les plus réussies sont celles où il y a des sentiments. Même si le sexe ne peut combler à lui seul la vie affective d’un être humain, la « technique » semble bien supérieure aux « bons sentiments » au lit…

Malheureusement, hormis sa scène sexuelle ratée avec Belle, l’histoire centrée sur Duncan restreint le succès de l’épisode. Avoir recours à l’infidélité, qui plus est avec Bambi (la probabilité d’un tel événement reste ridiculement basse), constitue un bien faible élément de résolution. Comme par hasard, Belle laisse échapper un « je t’aime » alors qu’il est au lit avec elle, le mélodrame outré dans toute sa gloire. Bambi se pointant à l’instant où Belle et Duncan allaient s’ébattre poursuit cette fois la veine du boulevard, mais vraiment forcé et schématique, même s’il introduit un beau dilemme pour elle entre son amitié pour son mentor et son devoir de confidentialité envers ses clients (on aurait bien aimé entendre Stéphanie sur la question). Ben, une nouvelle fois relégué à la marge du récit - ce n’est décidément pas sa saison - en est réduit à appeler continuellement Hannah qui érige un mur du silence, ce n’est pas vraiment comme ça qu’on a envie de le voir. A chaque saison, la série a toujours plus approfondi son humour et ses thématiques, mais son format restreint empêche ses arcs feuilletonnants de vraiment fonctionner. On en arrive déjà à la fin de la saison.



Anecdotes :

Unique épisode de la série écrit à quatre mains.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Dim 7 Fév 2016 - 11:19


Dans un premier temps, l’épisode poursuit avec acuité son étude de la dérive vécue par le couple formé par Belle et Duncan, toujours plus fondé sur l’imposture. Duncan cède à son addiction pour le monde de la prostitution de luxe, jusqu’à perdre le contrôle face à Belle. Une évolution en soi pathétique, soulignée par l’excellent jeu de James D'Arcy, au ton toujours juste. Mais c’est bien Belle qui nous désespère, tant elle semble enferrée dans son rêve de bonheur virant toujours plus à l’illusion volontaire. La scène chez le gigolo où elle révèle avoir bien compris que Duncan n’est attiré que par Belle et non par la personnalité d’Hannah, puis oa fugace révolte quand  son compagnon jette le masque montrent bien qu’elle a conscience de cette faille mais qu’elle pratique une fuite en avant Le récit permet d’explorer admirablement les sentiments de Belle/Hannah, souvent à l’écran et s’adresse à nous plus souvent qu’à l’accoutumée ces derniers temps. Comme toujours, elle se réfugie toutefois dans le non dit concernant sa brouille à Ben, car celui l’interpelle sur qa relation avec Duncan. Décidément le piège semble bien se refermer.

Cette chronique douce amère, ponctuée de moments hilarants telle l’épique visite chez le collègue masculin de Belle (qui aurait pu servir d’accroche à une série dérivée), a mis du temps à pleinement installer son intérêt au fil de la saison. La série en paie ici le prix, les auteurs paraissant d’un coup s’apercevoir que le prochain épisode constitue déjà la fin de saison. Tout va terriblement vite dans Secret Diary of a Call Girl, encore davantage que dans un programme comme Californication et un défaut de maîtrise se fait jour. Au lieu de narrer une implosion progressive et logique, l’intrigue n’a d’autre recours que de précipiter les évènements, en recourant à l’un des artifices les plus éculés du vaudeville. Même s’il n’est pas absurde que Duncan, toujours plus enferré dans son addiction, finisse par croiser Bambi, la coïncidence demeure énorme en point d’en devenir embarrassante. Cette sortie de route présente également comme conséquence pernicieuse de rendre prévisible le final d’une saison menaçant d’échouer au port. Billie Piper assure néanmoins le spectacle, quasiment en roue libre durant la visite chez le gigolo et il suffit à Byron d’apparaître trente secondes pour redéfinir le concept si anglais de dandy excentrique. (**)

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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Dim 7 Fév 2016 - 11:44



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24. Je t'aime moi non plus

Message  Dearesttara le Dim 7 Fév 2016 - 13:26

3.08 Je t'aime moi non plus (Episode 3.8 ) :
B B B



Scénario :
Julie Gearey
Réalisation : China Moo-Young

- Thanks for thinking of me, it’s very kind of you.
- Well, you know me, 60% heart, 40% commission.

C’est le jour du mariage de Bambi et Byron. L’embarras est palpable entre Belle et Ben, demoiselle et garçon d’honneur respectifs. Peu avant la cérémonie, Bambi prend la décision d’avouer l’infidélité de Duncan…


Conscients que la résolution du feuilleton de la saison n’est pas satisfaisante (rupture, vengeance, nouveau départ et cliffhanger, ou cours de soap opera 1re année), toute l’équipe fait de faiblesse vertu et nous offre des scènes de caractère certes typées, mais remarquablement réalisées : mise en scène épurée, dialogues au rasoir, interprétations puissantes, notamment de Billie Piper, et toujours l’alliance comédie/tragédie faisant la fortune du show depuis ses premières heures. Ben prépare un retour en force, tandis que Bambi et Byron nous quittent sur des adieux hyperromantiques, à leur image.

Devant boucler la saison, Julie Gearey réduit la séance du client du jour, qui échappe à l’anodin grâce au call-back du sympathique David (épisode 2.02), et de l’excellent Roger Barclay. Cependant, pressée par le temps, Gearey n’a pas le temps de développer le thème du travestissement, vu ici comme une simple fantaisie alors qu’il recoupe bien plus de sens, souvent très dramatiques (obsessions, malaise transgenre, quête d’identité…). Il aurait mieux valu que ce thème soit en première saison, à l’époque où la série dissertait sur tout un épisode sur le comportement amoureux et sexuel humain. À ceux que la question du travestissement et plus encore la question transgenre intéressent, je ne peux que conseiller l’épatante série Transparent. L’épisode tourne entièrement autour de la douloureuse désillusion de Belle, voyant sa bulle fantasmagorique crevée sans retour par la déception d’un homme insuffisant. On applaudit Bambi d’avoir le courage de briser le cœur de sa bridesmaid alors même qu’elle et Byron atteignent les sommets de la félicité au cours de scènes tout aussi adorables les unes que les autres (magnifiques vœux). Stéphanie reste en périphérie, mais nous éclate avec son éternel sens du business quelque soit le moment, sans dissimuler une affection bien réelle pour ses « filles » (énorme Cherie Lunghi). Cette conjonction entre bonheur éclatant et chagrin abyssal était terriblement casse-gueule, mais toute l’équipe, China Moo-Young en tête, trouve l’équilibre juste.



Car le centre de l’épisode réside bien entendu dans la déclaration de rupture d’Hannah à Duncan, soit un des marronniers ultimes des drames sentimentaux. Heureusement, la réalisatrice et les dialoguistes s’en sortent sur la forme : un bouleversant et cuisant quasi monologue d’Hannah, campée par une Billie Piper tout en chagrin et en rage contenues, signant ici une de ses meilleures prestations (seule la scène finale de la série la surpassera). L’hébétude de Duncan est tout aussi révélatrice : le personnage est en fait moins méchant que totalement déconnecté de la réalité, incapable de comprendre les sentiments de ses semblables, un sociopathe en puissance en somme. Le jeu subtilement décalé de James d’Arcy s’inscrit bien dans cette optique. Par suite, quitte à être accusé de cruauté, on aime particulièrement la terrible vengeance d’Hannah, un modèle d’exécution publique. À notre grand soulagement, Ben regagne enfin ses galons de meilleur ami et confident, momentanément perdus lorsque l’héroïne s’était perdue dans un rôle fantasmagorique, le spectateur compatissant ne peut que lui accorder le pardon qu’elle lui implore, à l’unisson de Ben. Selon la tradition de la série, l’happy end, encore une fois, n’est pas franc, Belle retournant à la case départ, encore meurtrie. Mais elle a finalement sauvé son vrai soi, Hannah, à travers cette déception : un mal pour un bien en quelque sorte. Le cliffhanger final, purement psychologique, pose cependant des enjeux capitaux : l’on sent que la dernière saison va bien être la dernière chance de l’héroïne : Ben réussira-t-il où les autres ont échoué ? Une relation avec son meilleur ami peut elle sauver Belle de sa solitude et unir enfin ses deux personnalités ? Une incertitude qui donne à cette fin « triomphante » un goût frissonnant de prémonition…



Anecdotes :

Dernières apparitions de Bambi (Ashley Madekwe), Byron (David Dawson), et Duncan (James d’Arcy).

Le nom complet de certains protagonistes est révélé : Bambi se nomme en fait Gloria White, Byron s’appelle Byron Seebohm et Duncan se nomme Duncan Atwood.

David cite le terme « hand shandy », une périphrase pour exprimer la masturbation.

David dit s’être travesti à la fac de médecine pour chanter South Pacific. Il s’agit d’une comédie musicale du duo Rodgers/Hammerstein (avec Joshua Logan), créée en 1949 et se déroulant dans des îles du Pacifique Sud où amour, racisme, et guerre vont bousculer les destins des protagonistes. Grand succès de Broadway, elle fut jouée à 1925 reprises jusqu’en 1954. Elle fut adaptée une fois au cinéma en 1958 avec Mitzi Gaynor dans le lead féminin, et une fois à la télévision en 2001 avec Glenn Close.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Dim 7 Fév 2016 - 17:15

Ce final de saison souffre d’être trop prévisible après les évènements de l’épisode précédent. Aucun rebondissement ou fait nouveau ne vient perturber une conclusion largement anticipée. Toutefois, les auteurs ont l’intelligence de quasiment tout miser sur la longue séquence du mariage devenue  un carrefour des destins réunissant l’ensemble des personnages. Auparavant la séquence du chirurgien se justifie surtout par le respect d’un rituel de la série. En elle-même elle pétille moins que d’autres scènes du même genre vues cette saison (la meilleure demeurant sans doute celle de 007) et elle ne fait que souligner, de manière quelque peu superfétatoire, à quel point Belle, pourtant si habile à percevoir les souhaits de ces clients, s’est totalement aveuglée quant à ceux de Duncan. Le mariage s’avère parfaitement écrit et mise en scène, que Byron et Bambi choisissent un modus operandi traditionnel, pour eux il s’agit bien d ‘un engagement solennel. Le couple brille une dernière fois de son charme et de sa singularité. Que la famille de Byron ne soit pas venue laisse percevoir un volet de la situation guère développé par la saison mais note ami  fait face avec son élégance habituelle, authentiquement aristocratique.

On apprécie qu’aucun des personnages ne se voit négligé, avec le naturel de la réconciliation avec Ben ou l’apparition toujours aussi classieuse et piquante de Stéphanie (qui sait glisser à sa protégée un voyage tombant à pic pour lui changer les idées, la reine de glace a bien un cœur, en définitive). Mais le succès de l’épisode repose avant tout sur l’époustouflante prestation, toute en émotion et colère, de Billie Piper. Elle parvient à hisser une péripétie de vaudeville au rang de véritable épiphanie pour Hannah, apportant une force particulière à la scène de rupture. L’épisode introduit également directement la saison suivant avec un Ben abattant son jeu et une Belle dont la clairvoyance n’est que partiellement restaurée, ce qui la conduit à reporter toute la responsabilité du fiasco sur Duncan, alors qu’elle a elle aussi contribué à s’auto aveugler. Autant dire que malgré un radieux au-revoir, on subodore déjà que la London Call Girl n’est pas parvenue au terme de ses aventures et mésaventures. Trop longue à réellement se mettre en marche, cette saison apparaît légèrement en deçà des deux précédentes mais Secret Diary demeure une étude de caractères en clair-obscur passionnante à suivre, aussi hilarante qu’émouvante. (***)

Belle photo de groupe ! Je t'envoie les textes.  hein
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Dearesttara le Lun 8 Fév 2016 - 0:51

Je ne pouvais évidemment pas manquer la photo, pour une fois qu'on a tous nos chéris dans la même image ! Razz (Belle tire un peu la gueule, how strange).

Saison 3 envoyée. Very Happy
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25. Épisode 4.1

Message  Dearesttara le Jeu 17 Mar 2016 - 3:39

Let's go for a last ride !

4.01 Episode 4.1 : B B B




Scénario : Julie Gearey
Réalisation : Alex Garcia Lopez & Wayne Yip

Still, Poppy seems sweet ; you know, she's hardly the devil's spawn.


Trois semaines après les événements de l’épisode précédent, Belle revient de son luxueux séjour avec un client fortuné à l’étranger. Elle fait tout pour éviter Ben car elle n’arrive pas à prendre une décision quant à savoir si elle doit reprendre une relation amoureuse avec lui. Une bombe a éclaté entre-temps : Stéphanie a été arrêtée lors d’un contrôle de police et est accusée de proxénétisme et de blanchiment d’argent. Elle lui demande d’héberger pour quelque temps sa fille Poppy, Belle accepte et commence déjà à regretter son choix. Comme si cela ne suffisait pas, Belle n’arrive pas à satisfaire Liam, un client impuissant depuis plusieurs mois…


La 4e et déjà dernière saison de la série, tout en restant passionnante, va malheureusement s’en révéler la plus faible, la faute à plusieurs choix narratifs et de casting malencontreux. Si le finale de la série parviendra à l’achever par le haut, le reste de la saison va développer des fils rouges souvent trop artificiels voire exogènes aux codes de la série. Ces faiblesses apparaissent dès ce pilote de saison. Heureusement, le trio Belle-Ben-Stéphanie continue de prouver qu’il a encore bien du potentiel, tandis que les clients de Belle vont atteindre des sommets de pure démence comique sans abdiquer sur la pertinence des thématiques sexuelles qu’expose la série à chaque épisode...



Julie Gearey traite pas moins de trois thèmes avec le client du jour : l’impuissance (masculine), la routine sexuelle, et le fantasme du risque. Ce qui aurait pu donner une étude de cas extrêmement intéressante va malheureusement voir son intérêt minoré par un trop grand espace à l’anecdote au détriment de l’essentiel. On admire cependant le professionnalisme de Belle, qui s’échine (à tous les sens du terme) à satisfaire un client « en panne ». Ainsi, on éclate franchement de rire devant les foirades répétées du duo lors de scènes sexuelles dynamitant tout érotisme torride par un vrai tsunami d’humour, justement souligné par l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini, une idée tombant à point pour grossir encore le trait, c’est hilarant. La scène de résolution avec Belle en avocate à perruque dominatrice (!) ne se montre pas moins comique. En avocat lunaire qui a toujours l’air de se demander ce qu’il fait là au juste, Adam Astill se montre aussi adorable que bouffon.

Gearey se montre trop optimiste en voulant traiter ces thématiques ; rien que le thème de l’impuissance remplirait tout un épisode, il est donc réduit à la simple conséquence du vrai mal de Liam, tandis que le fantasme d’être surpris n’est vu aussi que comme solution (temporaire) au problème de Liam. Le focus ne s’axe donc que sur le deuxième thème : la routine sexuelle. Journal intime d’une call-girl a toujours exploré le sexe sous ses deux visages : lumineux par sa joie physique, sa vitalité, son côté ludique par ses différentes mises en scène, les relations qu’il crée, mais aussi sombre par la corruption des mêmes liens humains qu’il peut entraîner, son addiction destructrice, ou comme ici… l’ennui. Le sexe peut dangereusement devenir mécanique, fléau de bien des personnes (non asexuelles) commettant l’erreur de ne pas chercher à « innover », « pimenter » leurs vies sexuelles - tout comme l’originalité permet à un couple de ne pas s’enliser - alors qu’il est dans la nature humaine de chercher toujours le changement, la nouveauté. Liam devient ainsi comme une représentation de ces hommes et femmes n’ayant plus d’appétit sexuel non seulement à cause de « va-et-vient » devenus automatiques, mais aussi par une incapacité à trouver les bonnes personnes qui correspondront à votre libido. Comme Belle le signale, son problème est moins sexuel que psychique : c’est en faisant de belles rencontres et non en se réfugiant dans de nouvelles expériences sexuelles qu’il triomphera de son mal sur le long terme, un beau distinguo de l’auteur.



Même en prison, Stéphanie ne cesse pas un instant d’être Stéphanie : dame de fer au cœur de fer mais adorné de velours, elle reste une maîtresse femme, drapée fièrement dans sa classe qui n’a pas l’intention de s’amollir, oh non ! Cherie Lunghi demeurera jusqu’au bout un joker de poids pour Secret Diary. Mais l’événement nous vaut de la voir expliciter sans doute pour la première fois toute la confiance et l’affection qu’elle a pour son ancienne padawan… on a presque envie de sabler le champagne quand la belle machinerie de la série dérape avec l’arrivée de sa fille.
La série a toujours eu le nez creux pour ses castings : clients, prétendants, et entourage de Belle ont bénéficié du solide métier de comédiens brillants. Aussi, l’on tombe de haut avec la médiocre Poppy. La jeune Lily James, à peine sortie de son école de théâtre, arbore certes des atours sexy et joyeux, mais manque cruellement de finesse de jeu : ses mimiques excessives usent déjà les nerfs. À sa décharge, il était difficile, a fortiori pour une débutante, de tirer quelque chose de ce personnage de Londonienne contemporaine post-adolescente cantonnée dans la posture du parasite irritant. L’actrice et son personnage vont bel et bien saboter considérablement la narration de la saison. Il est cependant doublement amusant de voir Poppy (dont le sac à main n’a rien à envier à celui de Mary Poppins) se prendre pour une princesse quatre ans avant que l’actrice devienne Cendrillon à Hollywood, et bien entendu pour le nouvel involontaire télescopage avec Doctor Who, l’actrice étant aujourd’hui fiancée à Matt Smith, le Onzième Docteur lui-même ! (et qui rappelons-le eut l’honneur de partager la couche de Belle sans payer un penny en saison 1).

L’épisode réussit le mieux là où il était attendu : le duo Hannah/Ben, fil rouge de toute la série. Si le triomphe de la material girl qu’est Belle est total (lumineuse introduction), Hannah se perd dans une fuite en avant, verrouillée par sa peur de perdre le seul être comptant dans sa vie, et ne cessant de délayer une réponse qu’elle a pourtant déjà prise. La splendide coda, pur moment de romantisme simple et intense, voyant Belle accepter enfin Ben, sa meilleure chance d’une relation épanouie, sonne comme une délivrance, attendue depuis le pilote. Mais l’on se doute bien qu’Hannah va traverser des orages autres qu’avec Alex et Duncan, mais pas moins terribles. Au seuil de cette nouvelle saison, la solidité d’Hannah/Ben, qui semble pourtant aller de soi, paraît rien moins qu’assurée, déjà envahie par un suspense inquiétant.



Anecdotes :


Changement de générique : Lily James intègre la distribution dans le rôle de Poppy, la fille de Stéphanie. Elle jouera ce rôle durant les 8 épisodes de la saison. Ashley Madekwe et James d’Arcy ayant quitté la série, ils n’y sont plus crédités.

Julie Gearey, qui signe ici sa dernière contribution à la série, est l’unique scénariste à y avoir travaillé sur ses quatre saisons. Elle fut avec la créatrice Lucy Prebble la plus prolifique des auteurs (6 épisodes chacune).

L'utilisation de l'allegro vivace final de l'ouverture de Guillaume Tell pendant le rendez-vous de Belle et Liam est un hommage à Orange Mécanique de Stanley Kubrick, qui popularisa auprès du grand public cette musique en l'utilisant lors de la scène de sexe filmée en accéléré entre Alex et les deux jeunes femmes rencontrées chez le disquaire, qu'il ramène chez lui.

Cet épisode, comme les suivants, n'existe qu'en VO, éventuellement sous-titrée, cette saison n'ayant jamais été diffusée en France.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Sam 19 Mar 2016 - 6:42

Le faible nombre et la brièveté des épisodes de la série suscitent  un perpétuel casse-tête chinois pour des auteurs devant caser tout un scénario en une poignée de minutes. La série y parvient d’habitude fort convenablement, mais a ici les yeux plus grands que le ventre.  A l’occasion du démarrage de la nouvelle saison, les changements se montrent trop nombreux pour un seul opus : nouveau décor central, accélération foudroyante de la relation avec Ben, après qu’elle soit restée à peu près fixe durant trois saisons, plan à la Affranchis entre Stéphanie et Belle, apparition de Poppy… L’épisode ne fait pas que frôler le trop plein d’où un manque total de subtilité dans l’insertion de ces évolutions brusquées, déroulant comme une liste de commissions, avec la circonstance aggravante d’une Belle totalement passive devant cette succession d’évènements.

La litanie des changements s’avère également inégale. Changer le décor central représente un moyen souvent efficace de relancer une série, mais la maison d’Hannah apparaît très impersonnelle et froide, elle n’exprime pas sa personnalité, contrairement à son chaleureux appartement précédent. On adore que Stéphanie se montre aussi impériale en prison que dans es cafés mondains et instituer Belle en remplaçante, sinon en héritière, est aussi émouvant que prometteur, mais Poppy se montre déjà totalement transparente, un simple ressort de vaudeville (même si Lily James s’avère irréprochable). On éprouve du mal à croire que Ben y aille autant à la hussarde, mais l’ultime scène de l’épisode se montre bouleversante, mais aussi prophétique vis-à-vis de la fin de la fin de la série, les vaisseaux sont brûlés.

Les standards de qualité de Secret Diary demeurent toutefois aussi élevés qu’à l’accoutumée concernant le réalisation et l’épatante bande son. On apprécie de retrouver quelques plans de Londres et de la City, devenus très rares la saison précédente. Bille Piper, en grande forme et superbe garde robe, assure toujours le spectacle, à l’instar de l’ensemble de la distribution. Le client du jour s’avère divertissant et sympathique, On s’amuse de contempler Billie Piper en (très particulière)  tenue d’avocate anglaise, toute comme Freema Agyerman, la Martha Jones de Doctor Who, dans Law & Order UK, à la même époque. (***)
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26. Épisode 4.2

Message  Dearesttara le Ven 1 Avr 2016 - 3:00

4.02 Episode 4.2 : B B B B



Scénario : Richard Hurst
Réalisation : Alex Garcia Lopez & Wayne Yip

- Did you just follow me home?
- Not in a creepy way.

Belle commence à diriger l’entreprise de Stéphanie, le temps qu’elle sorte de prison, mais éprouve beaucoup de mal à asseoir son autorité auprès des filles, particulièrement auprès de la dominatrice Charlotte. Parallèlement, elle est désarçonnée par Tim, un client vierge qui a décidé de s’en aller après les préliminaires sans lui donner d’explications. Plus chargée de travail que jamais, Hannah se débat pour conserver un peu de vie privée avec Ben.


Richard Hurst atteint une brillante intensité dramatique en portant au paroxysme la schizophrénie psychique de Belle/Hannah : le scénario est une éloquente démonstration d’une société toujours plus dangereusement absurde dans sa course au progrès social et à la performance (à tous les sens du terme) hypothéquant la santé d’une vie privée pourtant moteur indispensable de la vie des hommes. Cette thématique particulièrement sombre se trouve remarquablement traité par l’humour, Belle essuyant des revers plus ou moins clownesques dès lors qu’elle tente de reprendre le contrôle. Comme pour nous excuser de nous avoir lancé le boulet Poppy dans les pattes, la saison semble vouloir compenser en lançant sur orbite le réjouissant personnage de Charlotte, qui va la dynamiser par ses apparitions pêchues.



Belle a toujours été portée par l’espoir d’équilibrer ses vies professionnelle et personnelle malgré l’hypertrophie de la première. Ce combat est ici explicitement évoqué par la récurrence des reports continuels du rendez-vous avec Ben, causé par ses « obligations professionnelles » ; alors qu’il représente son unique occasion d’exister pour elle-même. Faute de quoi, elle se transformerait en working girl industrieuse sans repos jusqu’à se voir dévorée par ce travail, ou en devenant une néo-Stéphanie. Les enjeux sont donc de taille, et le stress et la panique sous-jacentes de l’héroïne sont admirablement rendus par une Billie Piper très à son aise alors même qu’elle nous fait marrer par ses pérégrinations. N’ayant pas l’autorité naturelle pour s’imposer auprès des filles, elle se fait impitoyablement dévorer par ces dernières jusqu’à devoir s’occuper elle-même d’un client vierge, l’engeance honnie des call-girls de luxe car horriblement difficiles à satisfaire à cause de la longue démarche émotionnelle à adopter. En dominatrice glaciale et persifleuse, Gemma Chan crève immédiatement l’écran. On atteint un sommet hilarant quand dans une mémorable péripétie vaudevillesque, Charlotte énonce à Poppy - qui ne sait rien du métier de sa mère - la liste des jouets sexuels à commander, provoquant épouvante chez la pauvre bourgeoise et arrivée paniquée de Belle au théâtre des opérations. On remercie les auteurs d’avoir réduit le temps de présence de Poppy pour se concentrer sur Charlotte. La meilleure scène de l’épisode restera sans doute les tirs de mortier entre Belle et Charlotte, dont il est tellement évident qu’elle a bien davantage les épaules que Belle pour faire marcher l’entreprise. Il est intéressant de voir Belle se révolter et mater Charlotte, le fait-elle parce qu’elle veut aider son mentor, ou bien est-ce l’ego de Belle, addict à la reconnaissance sociale dans son milieu qui l’anime ? Sans doute un peu des deux. Et peut-être parce que tout austère soit-elle, Stéphanie a toujours été très empathique envers ses filles, même si très très très implicitement, une qualité dont fait preuve Belle, mais apparemment pas Charlotte. C’est finalement plus grâce à Hannah qu’à Belle que cette dernière a eu la confiance de Stéphanie, une conclusion morale (au bon sens du terme).



Sans atteindre les cimes délirantes visées par le dépucelage de Devon (avec une call-girl aussi sympa que Belle) dans Californication, on apprécie l’humour très vert de la séquence du rendez-vous entre Belle et Tim. On est content qu’Hurst ne cède pas à la facilité en capitalisant sur les maladresses de Tim, mais plutôt en mettant en scène son étonnement devant ce corps nu de femme qu’il touche et voit pour la première fois. Les explications tout aussi crues de Belle font mouche systématiquement. Le twist n’est peut-être pas inattendu mais voir Tim déverser toute sa prose devant une Belle pressée par le temps et réduite à l’état de psychologue (une posture peu appréciée des call-girls) rajoute au délire ambiant, tout en pointant un effet incontrôlé de la libération sexuelle : le questionnement de sa propre sexualité. Depuis qu’Alfred Kinsey et plus tard Fritz Klein ont découvert qu’hommes et femmes ne sont pas tous uniformément homosexuels ou hétérosexuels (même pour ceux se revendiquant purement comme tels), mais peuvent être un « mélange inégal des deux », les gens - et plus particulièrement les jeunes -  cherchent à définir avec précision leur sexualité, ce qui est le cas de Tim. Sujet traité sous un angle ici comique, la confession de Tim rappelle cependant que ce n’est pas un enjeu à prendre à la légère. Le jeu subtil de George Rainsford est vigoureusement applaudi.

L’émotion passe dans le dernier acte où Belle arrache de justesse une soirée avec un Ben qui a dû encaisser les reports continuels de leur rencontre. La rencontre avec la mère, passage rituel dans toute série n’oubliant pas la comédie romantique, se montre aussi amusante que malaisée, Belle subissant la question qu’elle s’était jusque ici évitée de se poser par fuite : peut-elle être call-girl et petite amie de la personne qu’elle aime le plus au monde ? Qu’elle ne réponde pas à la question laisse un malaise que ne peut balayer complètement la merveilleuse coda, l’un des moments les plus romantiques de Belle-Ben avec cette classieuse plongée torride (même si le symbolisme du duo « se jetant enfin à l‘eau » est quelque peu marqué). Elle sonne également comme un hommage à Byron, auquel ce genre de « surprises » fait penser. Ben a tiré d’excellentes leçons de son amitié avec le cher aristo !



Anecdotes :

Nouveau changement au générique : Gemma Chan intègre la distribution en tant que Charlotte, une escort-girl de l’agence de Stéphanie à qui il vaut mieux pas baver sur les rouleaux. Elle va jouer ce rôle pendant 5 épisodes.

Gemma Chan avait auparavant joué dans Doctor Who Mia Bennett, un des membres de la base scientifique Bowie One installée sur Mars dans l’épisode La conquête de Mars.

L’agence de Stéphanie se nomme « Discreet Elite ».

Apparition d’Anna, la mère de Ben, jouée par Suzanne Bertish. Cette native de Camberwell, un quartier du district sud de Londres, reviendra dans l’épisode 4.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Sam 2 Avr 2016 - 19:51

Episode 4.2 (****)

Cet épisode particulièrement divertissant nous invite à découvrir une journée - presque - comme toutes les autres dans la vie de Belle, c'est-à-dire menée à une vitesse paroxystique (la belle aurait sans doute bien besoin d’un TARDIS en ce moment). Ecartelée entre ses activités désormais dédoublées et sa vie personnelle toujours aussi compliquée, Hannah fait face à une succession de péripéties menées à train d’enfer, revêtant la forme de sketchs unis de manière assez lâche mais souvent hilarants. Outre l’élégance coutumière de la mise en scène, l’épisode remplit pleinement sa mission de divertissement vitaminé, grâce à une interprétation hors pair, notamment une tonique Billie Piper à qui la comédie déjantée convient décidément à merveille.

Le récit utilise également comme carburant l’insertion de scénettes très cartoon et surtout de nouveaux personnages pas piqués des verts, comme le sympathique client gay découvrant les charmes féminins, l’irrésistible Charlotte, dominatrice totalement jetée et au culot d’acier. Pour ce dernier aspect elle m’a par moments évoqué la Ling d’Ally McBeal, on connaît de pires références. Ses clients doivent vivre de mémorables moments, encore plus qu’avec sa collègue plus aimable et mature de la première saison. Introduire de nouveaux personnages aussi tardivement dans une série relève toujours de la gageure, ici Secret Diary y parvient haut la main. Tant mieux, car cela ne sera pas le cas lors du prochain opus. Mais l’épisode ne se contente pas de faire, rire, car les tribulations de Belle remplaçant Stéphanie (toujours de superbes cafés) présenteront une résonnance particulière pour les praticiens de la vie de bureau, tant elle accumule des erreurs en fait très similaires à celles souvent commises par des chefs nouvellement promus au sein de  métiers davantage conventionnels.

Se la jouer copain n’apporte que des déboires, les gens vous verront toujours comme le gradé, et prendre pour soi les corvées pour éviter de les attribuer à autrui sera perçu comme un signe de faiblesse. Heureusement notre Belle est futée et apprend vite, sa confrontation avec la Dominatrice (en latex ?, good Lord) remet les pendules à l’heure, Stéphanie a choisi judicieusement. La confrontation avec la mère de Ben apporte une dramatisant bienvenue car donnant du corps au récit. Face à la lancinante question de la dualité impossible entre son métier et une relation à long terme, Belle, encore et toujours, ne sait répondre que par la fuite en avant, espérant un improbable bonheur. C’est à la fois émouvant et déjà alarmant pour la suite. Félicitation à Ben pour ce final éminemment romantique, il a été à bonne école avec Byron.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Mar 12 Avr 2016 - 14:15

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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Dearesttara le Mar 12 Avr 2016 - 14:59

On retrouve en effet la schizophrénie de Belle/Hannah. Il y a cependant deux changements notables : Autant Belle est un double d'Hannah, autant Kelly est décrite par Suzy elle-même comme un miroir déformé, une exacerbation malade de sa personnalité (la bipolarité n'y doit pas y être étrangère). Et si on en faisait une version TV, ce serait beaucoup plus puritain (escort-girl "mauvaise" contre la vraie femme "bonne"). Mais bon, elle a eu la chance de s'en être sortie, même si pas sans taches. Espérons également que sa fille ne paiera pas les pots cassés à l'école.
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Mar 12 Avr 2016 - 15:10

Dans la série UK, les difficultés de Belle/Hannah sont analysées à travers son parcours personnel et ce que cela implique dans l'organisation de sa vie, mais amis sous un angle moraliste, cela correspondrait beaucoup plus à une version américaine, avec tout un jargon psy en sus, comme là. Secret Diary a vraiment beaucoup de chance d'être anglaise !
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Dearesttara le Mar 12 Avr 2016 - 15:52

Justement, Soderbergh produit la déclinaison de son film The girlfriend experience en série, et pour ce qu'en dit le Cerveau, le regard très froid adopté tend plus ou moins vers ce que tu en dis.

http://braindamaged.fr/2016/04/12/the-girlfriend-experience-journal-intime-dune-escort-girl/
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Re: Série "Journal intime d'une call-girl"

Message  Estuaire44 le Ven 20 Mai 2016 - 19:25

Très belle version de la chanson du générique

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