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Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Jeu 14 Juil 2016 - 18:57

Water's Edge (3-03, ***)
Date de diffusion : 19 octobre 1964
Auteur : Alfred Hayes, d’après une nouvelle de Robert Bloch
Réalisateur : Bernard Girard

Résumé :

Le voisin de cellule du bandit Rusty Krause est sur le pont de mourir de pneumonie. il lui révèle que le butin de son vol repose avec son ancien complice. Une fois sorti de prison, Rusty part à la chasse au trésor avec la fiancée du défunt, Helen. Tous deux découvre l’argent dans une bicoque abandonné, située près d’un lac et remplie de rats. Ils se combattent alors pour la possession du magot, avec des conséquences abominables.

Critique :

L’épisode se montre inégal, avec deux parties relevant d’un intérêt fortement contrasté. L’e récit commence sur un tempo lent, avec des scènes de confessions rocambolesques en prison d’un grand classicisme (on pourrait faire remonter ce type d’histoire jusqu’à Edmond Dantès et l’abbé Faria). Par la suite, la chasse au trésor n’intéresse clairement pas l’auteur en tant que sujet. Cela peut tout à fait se comprendre, mais alors il aurait mieux fallut l’abréger plutôt que d’aligner les indices naïfs et les rebondissements fabriqués.

Le récit revêt un tout éclat à mi-parcours, avec l’entrée en scène de la maison abandonnée et de ses habitants : l’épisode est clairement à déconseiller aux spectateurs souffrant de musophobie ! Sans que l’on puisse absolument parler de Gore, la fin dépasse en choc horrifique tout ce que l’anthologie a pu proposer jusqu’ici ! On y retrouve pleinement l’empreinte de l’esprit profondément macabre de Robert Bloch.

Une conclusion tout à fait hors normes pour un Network de l’époque, en fait guère éloignée de ce que montrera Willard en 1971. Habilement l’abomination morale rejoint la physique, avec deux protagonistes dévorés par l’avidité, sinistres jusqu’au vertige. Cassavetes apparaît pleinement dans son emploi avec ce rôle ténébreux, tandis qu’Ann Sothern crée la sensation, loin des rôles comiques dans lesquels elle brilla durant les années 40.


Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode, car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

La nouvelle initiale de Robert Bloch fut publiée dans le Mike Shayne Mystery Magazine, en septembre 1956. Créé la même année et publié jusque dans les années 80, ce magazine était dédié à Mike Shayne, détective privé créé par Bret Halliday dans les années 30, tout en accueillant d’autres nouvelles policières

Le bus amenant Rusty en ville s’arrête dans le fameux décor de la tour de l’horloge rendu célèbre par le film Retour vers le Futur, également aperçu dans de multiples autres productions, y compris La Quatrième Dimension.

John Cassavetes (Rusty) reste célèbre pour son mariage avec Gena Rowlands, sa Muse. Ils tournèrent ensemble dix films qu’il écrivit et réalisa, principalement durant les années 70 et 80, exerçant une forte influence sur le cinéma américain. Venu du théâtre, il mena par ailleurs une belle carrière d’acteur, au cinéma comme à la télévision.






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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Dim 17 Juil 2016 - 23:34

The Life Work of Juan Diaz (3-04, ***)
Date de diffusion : 26 octobre 1964
Auteur : Ray Bradbury
Réalisateur : Norman Lloyd

Résumé :

Un mexicain pauvre, Juan Diaz, loue une tombe pour deux ans et avertit sa femme de ne pas se laisser avoir par le malhonnête propriétaire du cimetière. Il décède ensuite rapidement d’une maladie. Après une année le propriétaire exige de l’argent, sinon la dépouille sera mise à la fosse commune. L’épouse s’empare du cadavre momifié et entreprend d’en faire une attraction touristique, afin de pouvoir nourrir ses enfants. Ulcéré, le propriétaire décide de faire appel à la police.

Critique :

Le futur grand auteur Ray Bradbury revint extrêmement marqué d’un voyage de jeunesse effectué au Mexique. En effet sa vive imagination fut stimulée par la vision  macabre des Momies de Guanajuato. Lors d’une grande épidémie de choléra survenue en 1833, les cadavres enterrés dans une catacombe furent momifiés du fait des propriétés asséchantes du lieu. Leur redécouverte en fit une attraction touristique, les dépouilles dont les  pauvres familles ne pouvaient s’acquitter d’une taxe locale étant exhumées à cette fin. La pratique fut interdite en 1958.  

A partir de cette péripétie, Bradbury tisse une histoire où s’exprime sa fibre sociale coutumier, avec une condamnation de l’avidité humaine, faisant qu’un pauvre vaut plus mort que vivant. A travers le portrait de l’épouse se révèle également une histoire d’amour aussi forte que singulière, où une famille s’attache à ce que le défunt reste parmi elle et y remplisse son rôle de soutien, malgré les vicissitudes de la vie. Malheureusement Bradbury adapta lui-même sa nouvelle initiale et il s’avère clairement peu coutumier du langage télévisuel. Le rythme s’avère très lent et les dialogues résultent trop édifiants et pas assez mordants pour réellement convaincre.

Très démonstratif, l’auteur n’évite pas non plus certains clichés usuels à propos du Mexique. Néanmoins cette maladresse se voit en grande partie par la qualité de l’interprétation et, davantage encore, par l’excellente mise en scène de Norman Lloyd. Même créé en studio, le village mexicain donne ainsi l’impression d’être réel. Les images des momies et de la catacombe exhalent une macabre étrangeté, également fort bien filmée et apportant tout un cachet supplémentaire à l’épisode. Le noir et blanc convient parfaitement à cette ambiance, grâce à une photographie superbement maîtrisée. La musique fait également l’objet d’un soin particulier.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode, car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

Ami d’Alfred Hitchcock, le réalisateur Norman Lloyd est également le coproducteur de l’anthologie, avec Joan Harison, autre proche du maître du suspense. Il joue l’antagoniste du film d’Hitchcock,  La cinquième colonne (1942), tombant de la Statue de la Liberté.

La nouvelle originale de Ray Bradbury fut publiée dans Playboy, en septembre 1963. A côté de ses fameuses pages de charme, la revue fondée en 1953 par Hugh Hefner a accueilli de nombreuses grandes plumes de diverses branches de la littérature (Ian Fleming, Arthur C. Clarke...), pour des nouvelles souvent de qualité.

Alejandro Rey (Juan Diaz), acteur d’origine argentine se fit connaître dans les telenovelas de son pays. Il s’installa aux USA au début des années 60 et fut naturalisé en américain en 1967. Il tint de nombreux seconds rôles durant les années 60 à 80, se spécialisant dans les rôles d’Hispaniques pittoresques. Son rôle le plus connu demeure celui de Carlos Ramirez, le propriétaire du casino dans The Flying Nun (1967-1970).

Pina Pellicer (Maria Diaz) fut une vedette du cinéma mexicain, qu’elle marqua par un jeu volontairement réaliste, à l’opposé des poses mélodramatiques alors fréquentes dans les films comme dans les telenovelas de l’Amérique latine.  Elle fut la partenaire de Marlon Brando dans le seul film réalisé par celui-ci (La vengeance aux deux visages, 1961). Souffrant d’une grave dépression, elle se suicide en 1964, à l’âge de 30 ans.





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Lun 18 Juil 2016 - 19:03

See the Monkey Dance (3-05, **)
Date de diffusion : 09 novembre 1964
Auteur : Lewis Davidson
Réalisateur : Joseph M. Newman

Résumé :

George voyage en train pour passer le week-end avec sa petite amie , dans sa maison de campagne. Il est abordé par un inconnu lui déclarant tout savoir de cette relation et être le mari de la jeune femme. L’homme se montre menaçant et tente d’effrayer George en creusant une tombe dans le jardin de celui-ci. Lors d’une confrontation, il s’avère que les deux hommes sont manipulés par la femme, qui souhaite qu’ils s’entre-tuent. L’inconnu admet alors n’être en fait qu’un autre de ses amants et conseille à George d’assassiner sa maîtresse. Mais la vérité est encore différente...

Critique :

L’histoire entend se positionner en thriller, en développant la narration d’une complexe manipulation. Le suspense se développe autour de diverses questions s’entrecroisant. Qui est au juste le mystérieux inconnu ? Le complot va-t-il réussir ? Quel est son but ultime ?. Une situation évoquant effectivement le cinéma d’Alfred Hitchcock, d’autant que la rencontre impromptue dans le train effectue comme un lointain clin d’œil à L'Inconnu du Nord-Express. Le scénario soigne son versant psychologique, détaillant comme l’inconnu manœuvre George, d’abord en suscitant la peur puis la dissipant, le soulagement lors ressenti favorisant la connivence, puis la complicité (un schéma bien connu des émissions de caméra invisible).

Malheureusement cette intéressante situation ne se concrétise que médiocrement. L’histoire résulte très statique, avec une mise en scène échouant totalement à électriser les nombreuses scènes de dialogues entre l’inconnu et George. La narration ne sème aucun indice ludique permettant au spectateur de jouer au détective et de tenter de deviner le pot aux roses. Elle préfère tout parier sur la surprise finale, ce qui ne représente pas forcément le meilleur choix dans le cadre du format long des épisodes de l’anthologie. Cela se ressent d’autant plus fortement que la chute, certes appréciable, paraît loin d’être a plus retentissante de The Alfred Hitchcock Hour. Demeure une interprétation convaincante, même si légèrement théâtrale, et le charme certain de Patricia Medina.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode,  car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

L’insert montrant le train enter en gare a visiblement été intégré à l’envers comme le montre l’écriture inversée des panneaux de signalisation.

Roddy McDowall (George) débuta dans quelques films de son Angleterre natale avant de se faire connaître à Hollywood pour son personnage dans Qu'elle était verte, ma vallée (1941). Il s'y lie d'amitié avec Elizabeth Taylor, aux côtés de laquelle il connaîtra plusieurs rôles marquants (Octave dans Cléopâtre, 1963). Sa longue carrière au cinéma fut également marquée par les quatre films de La Planète des Singes. Outre la série en découlant (1974), il apparut également à la télévision dans La Quatrième Dimension, Les Envahisseurs, Columbo, L'Île Fantastique, Wonder Woman, Code Quantum…

Efrem Zimbalist Jr. (Stranger) est connu notamment pour avoir tenu le rôle principal des séries 77 Sunset Strip (1958-1964) et The FBI (1965-1974), important succès d’ABC. Il assure également la voix d’Alfred dans l’excellent dessin animé Batman : The Animatd Series (1994-1995), ainsi que dans plusieurs autres productions de DC Comics. Il est le père de Stephanie Zimbalist, Laura Holt dans la série Les Enquêtes de Remington Steele (1982-1987).

Patricia Medina (Wife), d’origine anglaise et espagnole, arrive à Hollywood au début des années 50. Elle s’y fit connaître à travers un nombre prolifique de films historiques ou de mélodrames, où elle tint souvent des rôles de beauté exotique. A partir des années 60 elle se tourne vers la télévision, interprétant notamment Margarita Cortazar dans quatre épisodes de Zorro. Elle fut l’épouse de l’acteur Joseph Cotten, avec lequel elle connut plusieurs succès à Broadway.





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Dim 24 Juil 2016 - 22:32

Lonely Place (3-06, ****)
Date de diffusion : 16 novembre 1964
Auteur : Francis Gwaltney
Réalisateur : Harvey Hart

Résumé :

Un couple de cultivateurs de pêches vit chichement de leur exploitation très isolée. Afin de gagner plus d’argent, le fermier embauche un vagabond, qu’il entend bien exploiter. Mais l’homme s’avère agressif envers l’épouse, qu’il ne cesse de tourmenter de manière toujours plus cruelle et obsessionnelle. Le mari demeure indifférent, davantage sensible aux quelques dollars de plus de gagnés. Alors que la situation devient insupportable, la jeune épouse s’interroge sur la vraie personnalité de son mari.

Critique :

Le retentissant succès de cet épisode tout à fait remarquable repose sur plusieurs atouts. Il nous fait ainsi découvrir une Californie pauvre et rurale, bien moins connue que celle des grands villes des rivages du Pacifique ou que les rouages de l’Usine des rêves. Bien loin du rêve californien, la vie apparaît ici très âpre, cette vision à la Steinbeck apportant un cadre déjà sombre à la tragédie se déroulant. Celle-ci s’appuie sur le ressort dramatique entre tous que constitue la solitude, celle du couple au sein de son exploitation reculée, mais aussi de chacun de ses membres entre qui l’incommunicabilité semble avoir été toujours présente. La crise signifiée par la présence du vagabond et l’indifférence du mari est ressentie avec force comme une révélation plutôt qu’un bouleversement.

La mise en scène intègre fort efficacement la dimension théâtrale du récit en se conformant au mieux la toujours intense triple unité d’action de temps et de lieu. La caméra souligne également avec intelligence l’excellent jeu des comédiens, à commencer par une bouleversante Teresa Wright. Le scénario revêt rapidement la forme de la chronique d’une mort annoncée, mais avec un saisissant retournement de situation quand sonne le glas. La narration s’offre même le luxe d’un dilemme moral lors de sa conclusion, dont elle laisse le spectateur être le juge : un meurtre peut-il se justifier dès lors que l’on est acculé, mais sans se situer dans le strict cadre de la légitime défense ? Une fin savoureusement ambivalente, mais battue une nouvelle fois en brèche par un Hitchcock toujours gardien de l’orthodoxie d’un Network familial, sous un humour au simple vernis d’irrévérence.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode, car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

Teresa Wright (Stella) connut une grande polarité durant les années 40. Elle remporta un Oscar en 1942 pour Mme Miniver et tourna L’ombre d’un doute avec Alfred Hitchcock en 1943. plusieurs échecs durant les années 50 la conduisirent à se tourner vers le théâtre et la télévision. Elle fut l’épouse du romancier Niven Busch, auteur notamment de Le facteur sonne toujours deux fois.






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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Mar 26 Juil 2016 - 22:02

The McGregor Affair (3-07, ***)
Date de diffusion : 23 novembre 1964
Auteur : David Friedkin
Réalisateur : David Friedkin

Résumé :

A Edinburgh, en 1827, John McGregor travaille dur afin de subvenir aux besoins de sa femme Aggie, une ivrogne parfaitement désagréable. Il songe régulièrement à assassiner celle-ci, mais ne parvient pas à trouver un moyen sûr d’agir. McGregor sert de transporteur aux sinistres Burke et Hare, qui livrent des corps secrètement aux facultés de médecine. McGregor comprend un jour que tous les cadavres ne proviennent pas des cimetières, mais qu’ils sont aussi le produit d’assassinats. Il va alors avoir une idée.

Critique :

En propulsant l’action au sien de l’Ecosse du XIXème siècle The McGregor Affair apporte une originalité bienvenue à une anthologie se déroulant jusqu’ici essentiellement dans son Amérique contemporaine. De fait, l’opus impulse déjà un mouvement voyant The Alfred Hitchcock Hour explorer de nouvelles voies lors de son ultime saison, entre étrange et Science-fiction. De plus, le déplacement temporel s’avère une vraie réussite grâce à une reconstitution puisant pleinement dans le savoir-faire en la matière des studios hollywoodiens, également grâce à une superbe et évocatrice musique d’ambiance.

Dans la même veine que les voyages temporels menés depuis l’année précédente par le Docteur sur la BBC, cette excursion dans le passé permet en outre de découvrir une véritable péripétie historique, le duo Hare / Burke ayant réellement existé, fournissant en cadavres à l’origine plus que douteuse les cours d’anatomie de l’innocent et digne Dr. Knox (rien à voir avec Scrubs !). C’est là où résident à la fois l’intérêt et la limite de l’intrigue. En effet l’anecdote est alors passée depuis longtemps dans la culture populaire anglo-saxonne, aussi bien britannique qu’américaine, et  le récit n’apportera pas grand-chose de neuf à un sujet déjà maintes fois vu au cinéma et à la télévision (pour le public français cela signifiera par contre une piquante découverte).

Le sujet supplémentaire autour du simplet McGregor et de sa monstrueuse femme apparaît en effet trop ténu, avec de plus une chute très prévisible. Si ce segment résulte trop bavard (avec notamment le protagoniste énumérant longuement les divers moyens d’occire son épouse), il peut néanmoins compter sur la faconde de comédiens n’hésitant pas à en faire joyeusement des tonnes en matière d’accent écossais pittoresque. Un épisode original au sein de l’anthologie et au ton joyeusement macabre, même si le récit s’étire trop. .

Anecdotes :

En 1827 et 1828, le duo Hare / Burke assassina 17 personnes, dont ils revendirent les dépouilles au Dr. Knox, en lui affirmant qu’ils les avaient récupéré en fraude au cimetière. Les cours d’anatomie et de dissection de l’Université d’Edimbourg manquaient alors de cadavres, la seule source légale étant ceux des condamnés à mort. Découvert, Burke fut pendu, tandis qu’Hare sauvait sa vie grâce à ses aveux. L’ironie voulut que Burke fut à son tour accueilli par l’Université, qui conserve son squelette et sa peau tannée au  =musée du collège de médecine. Le fin duo est passé la culture populaire anglo-saxonne, le terme burking, devenant synonyme d’assassinat expéditif. Il est également apparu à la télévision et au cinéma, notamment avec The Body Snatcher, de Robert Wise (1945) et Cadavres à la pelle de John Landis (2010).

On ne dispose que du titre original de l’épisode,  car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

Andrew Duggan (John McGregor) apparut dans de nombreuses productions policière ou de Western, au cinéma comme à la télévision (Bonanza, Colt 45, Cheyenne, Hawaï police d'État…), souvent dans des rôles d’autorité. Il se produisit régalement régulièrement à Broadway. Son imposante taille de 1,96 mètre lui valait la réputation d’être l’un des plus grands acteurs d’Hollywood.





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Jeu 28 Juil 2016 - 22:44

Misadventure (3-08, *)
Date de diffusion : 07 décembre 1964
Auteur : Lewis Davidson
Réalisateur : Joseph M. Newman

Résumé :

Alors que son mari vient de partir à son travail, une femme attend l’arrivée de son amant. Or l’employé du gaz chargé de relever les compteurs se présente de matière inattendue à sa porte. A peine est-il entré que l’homme exige de prendre une douche, affirmant souffrir d’une attaque de malaria ! Surprise, la femme accepte mais va vite comprendre que son visiteur n’est pas du tout ce qu’il prétend être. Que cherche-t-il en réalité ?

Critique :

L’épisode constitue un thriller entendant jouer la carte de l’étrange et du mystère. Un choix ambitieux qui nécessite un scénario maîtrisé, or c’est précisément là que le bas blesse. En effet le récit peine tout du long à se remettre de l’incongruité de son lancement, tant l’on peine à croire que l’épouse ait gobé cette ridicule histoire de malaria et de douche. Ce manque de crédibilité se retrouve dans l’enchaînement des diverses péripéties, empêchant toute réelle intensité de s’installer.

On ressent le sentiment de se trouver face à un exercice de style tournant à vide, malgré la présence d’une excellente Lola Albright à qui l’on doit le seul intérêt subsistant de l’entreprise, malgré un personnage passablement artificiel. Le reste de la distribution se montre en effet bien davantage inégal. Le vague suspense relatif à l’action encours et le twist final ne suffisent pas à contrebalancer le manque de substance d’un ensemble totalement irréaliste.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode, car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

Lola Albright (Eva Martin) fut un mannequin avant de jouer dans plusieurs Westerns de séries B durant les années 50 et 60, tout en participant à de nombreuses séries (Alfred Hitchcock Presents, The Man from U.N.C.L.E., Kojak, Columbo…). Son timbre particulier lui valut également de mener une carrière de chanteuse.





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Dim 31 Juil 2016 - 23:08

Triumph (3-09, ***)
Date de diffusion : 14 décembre 1964
Auteur : Arthur A. Ross
Réalisateur : Harvey Hart

Résumé :

Une épidémie de choléra de choléra faisant rage dans la jungle hindoue, un couple de missionnaires, John et Lucy Sprague, vient en renforcer un autre, Thomas et Mary Fitzgibbons, qui gérant un établissement médical. Mary considère avec hostilité les nouveaux venus, les considérant comme des rivaux. Quand elle s’imagine que son mari se rapproche de Lucy et se rend dans la chambre de cette dernière, un scalpel à la main. Absent des lieux, John apprend que sa femme est morte du choléra. Méfiant, il demande à ce que le cercueil soit ouvert.


Critique :

Triumph représente un très bel épisode d’ambiance. Il reconstitue à merveille l’environnement oppressant de l’étouffante jungle indienne. Le savoir-faire des studios répond une nouvelle fois à l’appel. Quelques séquences visuellement fortes apparaissent également au fil du récit, notamment l’excursion en bateau de Thomas et Lucy. Cette grande qualité du travail de production ne constitue pas une performance gratuite. En effet il recrée à la perfection l’un des décors chers à Agatha Christie et Conan Doyle, celui des contrées hostiles de l’Empire, Soit le cadre idéal pour le Whodunit à l’anglaise s’y déroulant, d’autant que l’atmosphère poisseuse exacerbe l’hostilité s’installant entre les personnages antagonistes.

Malheureusement, malgré des personnages agréablement classiques et fort bien interprétés, le Whodunit ne tient pas toutes ses promesses initiales. La faute en revient à un scénario insuffisamment maîtrisé, débouchant sur une conclusion trop soudainement accélérée. Le récit comporte ainsi plsuieurs lacunes (comment John a-t-il pu ne pas reconnaître le corps présent dans le cercueil ?). un Whodunit doit manifester une grande clarté concernant l’identité du coupable, sa motivation et son modus operandi, autant d’éléments que l’épisode laisse par trop dans le flou. Au spectateur de deviner, alors qu’il ne dispose pas d’assez d’éléments pour connaître une certitude.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode, car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

Jeanette Nolan (Mary Fitzgibbon) se fit connaître comme une importante actrice de radio, dans les années 30 et 40. Elle y fit la connaissance d’Orson Welles, qui l’intronisa au cinéma en en faisant sa Lady Macbeth (Macbeth, 1948). A coté de nombreux rôles au cinéma et à la télévision, Jeanette Nolan resta une actrice voix, participant à plusieurs productions de Walt Disney.





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Mar 2 Aoû 2016 - 19:21

Memo from Purgatory (3-10, ****)
Date de diffusion : 21 décembre 1964
Auteur : Harlan Ellison
Réalisateur : Joseph Pevney

Résumé :

Jeune écrivain, Jay désire écrire un livre sur les gangs de jeunes à New York. Afin d’en trouver le matériel, il entreprend de devenir membre d’un gang important, dirigé par Tiger. Au fil des épreuves d’admission, il gagne le respect et l’amitié de Tiger, ainsi que l’amour d’une groupie du gang, mais aussi la haine du bras droit du chef. La situation va déboucher sur un drame.


Critique :

Harlan Ellison reste avant tout connu comme l’une des grandes plumes de la Science-fiction américaine, avec une œuvre notamment peuplée de saisissantes visions surréalistes.  Toutefois, avant de connaître un sursaut salvateur, il connut une jeunesse aventureuse et fugueuse, l’amenant à exercer de nombreux métiers mais aussi à fréquenter ces gangs new-yorkais du début des années 50, composés de garçons à la dérive. Une expérience qu’il retranscrira dans un ensemble de nouvelles largement autobiographiques, Memos from Purgatory, publié en 1961.

L’anthologie a l’excellente idée de confier l’adaptation du texte au propre Harlan Ellison (qui travailla régulièrement pour la télévision, comme nombre d’écrivains de l’époque). Cela apporte au scénario une formidable valeur documentaire. En effet, aussi amendé et édulcoré soit-elle afin de satisfaire aux exigences du diffuseur, l’intrigue se montre étonnamment sombre et violente, avec des personnages restitués dans leur complexité parfois fascinante. Tout ceci sonne autrement plus juste que la version romantique et musicale donnée par West Side Story, dont on retrouvera l’écho jusque dans Le Gendarme à New York !

Cette intensité du récit, aux nombreuses scènes fortes et captivantes, se voit portée par l’excellente interprétation de comédiens encore peu connus. Crevant l’écran, James Caan domine l’ensemble, mais on apprécie également la surprenante prestation de Walter Koenig, dans le rôle d’un chef de gang à l’opposé absolu du futur Chekov de Star Trek ! L’ironie veut que cet épisode si réaliste souffre d’une curieuse impression de déjà-vu. Le héros s’infiltrant dans un gang en gagnant l’amitié du chef mais aussi en éveillant la méfiance du bras droit constitue en effet l’un des poncifs des séries d’aventures des Sixties, mais la conclusion s’en distingue par sa résonnance tragique.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode,  car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

Devant la gravité du sujet, Hitchcock renonce à sa présentation humoristique habituelle, remplacée pour un plaidoyer en faveur de solutions adaptées pour la délinquance juvénile.

James Caan (Jay Shaw/Phil Beldone) est ici à l’orée d’une carrière l’amenant à tenir plusieurs rôles marquants au cinéma, dont celui de Sonny Corleone dans Le Parrain (1972). Il perce peu de temps après le tournage de l’épisode, avec El Dorado, western d’Howard Hawks, (1966).





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Ven 5 Aoû 2016 - 19:27

Consider Her Ways (3-11, ****)
Date de diffusion : 28 décembre 1964
Auteur : Oscar Millard
Réalisateur : Robert Stevens

Résumé :

Quand le Dr Jane Waverleigh se réveille, elle a la surprise de découvrir qu’elle est alitée dans une maternité et qu’elle est devenue obèse. Confrontée à l’Historienne, Jane découvre progressivement qu’elle s’est trouvée transportée dans un monde post apocalyptique, où seules les femmes ont survécu à une terrible épidémie. Une société totalitaire s’est mise en place où chacune se voit cantonne à rôle précis, elles les abeilles d’une ruche. Janet est une « Mère », inséminée artificiellement et dédie à la reproduction de l’espèce. Mais tout ceci est-il réellement en train d’arriver ?


Critique :

Le choix de retenir un texte purement de Science-fiction de l’Anglais John Wyndham (Le Jour des Triffides) illustre particulièrement la volonté de l’Anthologie de développer de nouvelles voies en cette ultime saison. Ainsi, en saison sept, Alfred Hitchcock Presents avait par contre choisi une nouvelle policière de cet auteur relevant, Maria. Et de fait l’ambiance étrange du récit, son mystère et ses résonances morales évoquent bien davantage La Quatrième Dimension de Rod Serling.

Le scénario ne se contente pas de l’incongruité troublante d’un lancement perçant l’héroïne face à l’incompréhensible, en parfaite concomitance avec le spectateur. A ce procédé toujours efficace vient s’ajouter celui consistant à petit à petit dévoiler les contours d’une dystopie par touches progressives distordant le réel et non pas en la décrivant de manière scolaire. Les discussions entre Jane et l’Historienne (impeccable Gladys Cooper) s’avèrent idéalement profilées pour obtenir cet effet d’imprégnation progressive du cauchemar. L’intrigue s’offre également le luxe de deux twists absolument renversants, à mi-parcours et en conclusion.

Clairement si le sujet de l’opus apparaît singulier au sein de l’anthologie, son budget s’inscrit lui dans la normalité et c’est donc avec une grande économie de moyens que le réalisateur vétéran Robert Stevens parvient à créer une authentique atmosphère surréaliste. Le metteur en scène se voit puissamment aidé par les mélodies très évocatrices de Bernard Herrmann, compositeur ayant précisément œuvré pour La Quatrième Dimension. Le jeu bouleversant de Barbara Barrie se voit également efficacement mis en avant, avec une Janet dont l’humanité crève l’écran au sein de cette société robotisée.

Bien davantage qu’à l’accoutumée dans The Alfred Hitchcock Hour, Consider Her Ways n’hésite pas à interpeller moralement le spectateur. Bien davantage que l’approche misogyne que pourrait inspirer cette vision d’un monde abominable exclusivement peuplé de femmes le récit développe sans fards les cruelles extrémités engendrées par la lutte pour la survie, poussant le public à se demander si cette dernière mérite réellement l’abdication de notre humanité. Par ailleurs si le moyen de fécondation des « Mères » demeure ici dans le flou, pour le spectateur contemporain il résulte désormais grandement validé par les progrès scientifiques. A sa manière certes particulièrement tranchée, l’opus vient ainsi apporter sa pierre à l’un des grands débats de société actuels.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode,  car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

Gladys Cooper (L’Historienne), élevée au rang de Dame de l'Empire Britannique en 1967, fut l'une des plus grandes gloires du théâtre anglais, tout au long d'une carrière débutée en 1905. Elle connut également le succès dans de nombreux films hollywoodiens (My Fair Lady, 1964).  Sur le petit écran elle participe également à La Quatrième Dimension, où elle est la partenaire de Robert Redford dans Nothing in the Dark (1962). Gladys Cooper décéda peu de temps après le tournage de L'Héritage d'Ozerov et, dans ses mémoires, Roger Moore fait part de son émotion d'avoir donné la réplique à la grande actrice, pour son dernier rôle.





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Dim 7 Aoû 2016 - 21:17

Crimson Witness (3-12, ***)
Date de diffusion : 04 janvier 1965
Auteur : David Friedkin
Réalisateur : David Friedkin

Résumé :

L’ingénieur Ernie a pris sa secrétaire comme maîtresse, finançant leur romance par des malversations. Un beau jour Ernie apprend qu’il est rétrogradé et remplacé par son propre frère Farnum. Son épouse et sa maîtresse lui annoncent également le quitter pour Farnum, jugé irrésistible. Ernie touche ensuite le fond quand Farnum découvre ses entourloupes. Dès lors, il projette de se venger en ourdissant l’assassinat de son frère.

Critique :

Cet épisode essentiellement humoristique montre certes l’épaisseur d’une bulle de savon et souffre de plus d’un manque d’ambition dans sa mise en scène. Celle-ci aurait pu lui insuffler davantage de tonicité, mais l’inventivité nécessaire reste absente. Par contre la narration commence largement cette faiblesse grâce à des moteurs comiques d’une grande efficacité. Le comique de répétition s’instaurant via l’hallucinante succession de catastrophes s’abattant sur le nouveau Job que devient Ernie se montre irrésistible. Le scénario soigne suffisamment ses effets pour que cette avalanche flirte agréablement avec l’absurde, jusqu’à avoiner, sans tout à fait rejoindre, les distorsions du réel chères à La Quatrième Dimension de Rod Serling.

La distribution joue également un rôle crucial dans le succès de l’opus. Le contre-emploi de Peter Lawford, membre tonique du Rat-Pack et grand séducteur d’Hollywood, en perdant absolu s’avère délicieux, d’autant que l’acteur joue crânement le jeu, non sans panache. Dans le rôle du crispant et imbuvable Farnum, Roger C. Carmel se montre également excellent, aussi convaincant que son Harry Mudd de Star Trek Classic. Les jolies actrices blondes, épouse et secrétaire, accroissent encore le pétillement de l’épisode. Jusqu’au bout les anthologies d’Alfred Hitchcock auront su retenir des comédiennes aussi belles que talentueuses. L’affaire du meurtre et sa conclusion résultent plus anecdotiques, mais restent efficaces, permettant de rattacher le récit à l’anthologie

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode,  car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

Peter Lawford (Ernie Mullett) fut une étoile de la MGM et connut une très belle carrière dans le Hollywood de l’après-guerre ((Le portrait de Dorian gray, 1945), avant de s’orienter vers la télévision au début des années 60. Grand séducteur, il s’afficha avec Ava Gardner, Anne Baxter, Judy Garland, Judy Holliday, Lana Turner, etc. Ce membre du fameux Rat pack joua un grand rôle dans la campagne présidentielle de 1960, mobilisant de nombreuses figures d’Hollywood autour de son beau-frère JFK, dont il avait épousé la sœur Patricia en 1954.





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Mar 9 Aoû 2016 - 19:44

Where the Woodbine Twineth (3-13, ***)
Date de diffusion : 11 janvier 1965
Auteur : James Bridges
Réalisateur : Alf Kjellin

Résumé :

Quand la petite Eva devient orpheline, elle part vivre chez sa tante Nell, fille d’un capitaine navigant sur le Mississipi. Nell s’avère vite agacée devant la manie d’Eva de parler à des amis invisibles. Cette habitude atteint des sommets quand le capitaine offre Numa, une poupée noire, à sa petite fille. Eva déclare qu’elle et Numa sont désormais inséparables. Un jour Nell, excédée, découvre Eva en train de jouer avec une petite fille noire, qu’elle chasse.

Critique :

Ce récit fantastique poursuit la diversification des sujets entreprise par l’anthologie durant son dernier segment. Il s’y insère néanmoins avec aisance, le scénario ne basculant ouvertement dans le surnaturel qu’en toute fin de parcours. Jusque-là il s’agit avant tout d’un thriller psychologique, habilement mené autour de l’opposition des caractères de la petite Eva, fuyant son chagrin dans une monde imaginaire, et sa rude et prosaïque tante, ayant à s’occuper seule d’un foyer. S’appuyant sur une magnifique interprétation, L’intrigue développe habilement une crispation grandissante, annonçant un drame à venir. L’environnement du Mississipi apporte également de la saveur à l’ensemble

Parallèlement l’Etrange s’insère par petites touches subtiles habilement orchestrées au sein d’une histoire demeurant ancrée dans le réel. L’auteur tente manifestement de jouer de l’ambiguïté de la situation et du suspense quant à savoir si Eva imagine tout ou si le Fantastique va sa donner libre cours. Mais ce ressort-là ne fonctionne guère, l’opus prenant place dans une riche veine de scénarios de poupées animées, notamment ceux développés par Rod Serling pour La Quatrième Dimension (dont Living Doll, avec Telly Savalas). L’ambigüité paraît d’autant moins de mise que la présente narration partage nombre de points communs avec l’épisode The Doll de Night Gallery. Autant dire que la conclusion choc résulte quelque peu éventée.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode,  car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

La nouvelle initiale de David Grubb est parue dans Ellery Queen’s Mystery Magazine, en  février1964.

Margaret Leighton (Nell Snyder) fut une actrice anglaise spécialisée dans les rôles de dames de la haute société, qu’elle joua surtout au théâtre. Elle débuta dans les années 30, aux côtés de Laurence Olivier, au West End et à Broadway. Au cinéma ,elle participa notamment au film d’Alfred Hitchcock Les amants du capricorne (1949). Elle fut anoblie par le Reine (CBE) en 1954, pour sa carrière comportant également bon nombre de rôles shakespeariens.





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Mar 9 Aoû 2016 - 21:00

Final Performance (3-14, ****)
Date de diffusion : 18 janvier 1965
Auteur : Robert Bloch
Réalisateur : John Brahm

Résumé :

En route vers Hollywood sur une route isolée, Ralph, auteur de scénarios, fait la connaissance de la jeune Rosie. Celle-ci est fiancée au propriétaire de l’hôtel local, Rudolph, lui-même grand nostalgique de sa carrière d’acteur. Rosie déclare à Ralph ne pas vouloir épouser Rudolph et demande à partir avec lui à Hollywood. Le lendemain, alors que Ralph s’apprête à partir, Rosie semble avoir inexplicablement changé d’avis.


Critique :

Même si elle met un tantinet trop de temps à se mettre réellement en place (le format long demeure bien un défi permanent pour l’anthologie), l’intrigue présente le mérite de pleinement préserver l’impact d’une histoire caractéristique de l’esprit aussi fécond que sinistre de Robert Bloch. Les amateurs des films d’Alfred Hitchcock apprécieront d’ailleurs les nombreuses convergences avec son Psychose (1960) : route déserte, hôtel isolé, tenancier à l’esprit pour le moins déséquilibré, meurtre épouvantable et inattendu d’une jeune femme… Toutes proportions gardées entre cinéma et télévision, le travail de production apparaît également soigné : décors, musiques et costumes s’avèrent de grande qualité, de même que l’interprétation.

S’il autorise un nouveau détour apprécié par la Californie rurale, le récit évoque néanmoins avec force l’attractivité exercée par Hollywood et l’empreinte du cinéma sur l’esprit des hommes. Il y a du Z.Z. von Schnerk chez cet hôtelier vivant dans le mirage de son passé cinématographique et dont l’esprit malade entremêle de manière morbide le réel et l’imaginaire, jusqu’à mettre en scène sa destinée et celle de sa jeune compagne. Final Performance se montre très évocateur sur ce point, évoquant à plusieurs reprises cette immense réussite de Chapeau Melon et Bottes de Cuir que constitue Caméra Meurtre.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode,  car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.


Franchot Tone (Rudolph Bitzner), issu d’une grande famille de la côté est , connut un beau succès dans l’ Hollywood des années 30 au 50, où il joua souvent dans des rôles de soupirant, souvent en association avec de grandes stars féminines. Il participa à sept films avec Joan Crawford, dont il fut le mari de 1935 à 1939. Il décède trois ans après le tournage de l’épisode, d’un cancer du poumon, après avoir été un fumeur compulsif.  





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Re: Série "Suspicion - The Alfred Hitchcock Hour"

Message  Estuaire44 le Mar 9 Aoû 2016 - 22:20

Thanatos Palace Hotel (3-15, **)
Date de diffusion : 01 février 1965
Auteur : Arthur A. Ross, d’après une nouvelle d’André Maurois
Réalisateur : Laslo Benedek

Résumé :

Dépressif, Norman Manners tente de suicider, mais est sauvé par les pompiers Un certain John Smith l’invite alors à séjourner au Thanatos Palace Hotel. Cette superbe résidence est dédiée aux suicidaires, afin qu’ils puissent se préparer confortablement à leur passage dans l’autre monde, qui survient sans qu’ils en soient avertis et sans souffrance. Norman y fait connaissance avec la belle Ariane, qui s’y trouve depuis six mois. Chacun apporte à l’autre une raison de vivre. Mais qui est exactement Ariane ?

Critique :

Les prémices de l’épisode séduisent indéniablement, avec cet original concept du Thanatos Palace Hotel, dont l’aspect insolite, sinon étrange, propulse de nouveau l’anthologie du côté de La Quatrième Dimension, une habitude cette saison. L’intéressant décor, très Western,  oscille agréablement entre acception mythologique (temple de Thanatos, le Dieu grec de la Mort) et psychanalytique (le récit opposant Eros et Thanatos, à l’instar de Sigmund Freud). Au passage, on se dit que les rencontres entre clients du Thanatos Palace Hotel constitueraient un cadre joyeusement macabre pour ces productions à mi-chemin entre anthologie et série qui connaîtront le succès durant les années 70, comme Fantasy Island ou Love Boat.

Malheureusement, après la mise en place réussie du concept, l’intrigue connaît un long surplace, aussi confus qu'ennuyeux, jusqu’à, il est vrai, déboucher sur une mémorable chute. Un format court aurait dans doute davantage convenu à l’épisode. Le personnage central d’Ariane bénéficie bien entendu de la beauté et du grand talent d’Angie Dickinson, mais le scénariste ne sait visiblement pas vraiment quoi faire d’elle, au-delà de son intrigante présence. Le solide Steven Hill, habitué aux rôles d’autorité, éprouve également des difficultés à retranscrire le tempérament suicidaire de Norman.

Anecdotes :

On ne dispose que du titre original de l’épisode,  car celui-ci ne fut pas diffusé en version française.

Angie Dickinson (Ariane Shaw) connaît une belle carrière au cinéma (Rio Bravo, 1959), mais reste surtout connue pour ses personnages de policière dans les séries télévisées des années 70 (Police Story, Sergent Anderson), où elle tint des rôles pionniers.

Steven Hill (Robert Manners) débuta au théâtre, où il fut membre de l’actor’s studio. La plus grande part de sa carrière se déroula à la télévision. A côte de nombreuses participations dans des séries ou des téléfilms, ses rôles les plus connus demeurent ceux de Daniel Briggs, le premier leader de l’équipe de Mission impossible, et celui du procureur Adam Schiff dans New York, police judiciaire.







Fin du volet 1 de la saison 3. On passe très vite aux Dossiers brûlants de Karl Kolchak !

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