CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR - THE AVENGERS
Bonjour,
Soyez le(la) bienvenu(e) sur le forum français de référence concernant Chapeau Melon et Bottes de cuir !
.
ATTENTION : Afin de pouvoir rester avec nous et éviter d'être automatiquement désinscrit au bout d'un mois, il vous est demandé au minimum de vous présenter dans le fil adéquat : http://avengers.easyforumpro.com/t145-presentez-vous
.
Merci ! Et bon forum !!

Série "El Ministerio del Tiempo"

Page 6 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6

Aller en bas

Re: Série "El Ministerio del Tiempo"

Message  Estuaire44 le Mar 4 Sep 2018 - 17:51

Tiempo de esclavos (3-06, ***)
Date de diffusion : 06 juillet 2017
Epoque visitée : 1881, Alfonso XII à Comillas

Résumé :

En août 1881, Alfonso XII séjourne chez le Marquis de Comillas, dans cete ville de Cantabrie. Le Roi est grièvement blessé lors d’un attentat perpétré par un esclave noir du Marquis, ce qui menace toute la succession dynastique espagnole. Savador n’hésite à pour une fois demander la modification d’un évènement (à Cuba, en 1851), pour que les circonstances de l’attentat n’existe plus. La Patrouille met également à jour à jour un étonnant complot anti-monarchiste de la part des Enfants de Padilla, organisation temporelle  aux buts opposés à eux de l’Ange exterminateur, mais employant les mêmes méthodes violentes. La famille d’Amelia est cruellement touchée, ce qui l’amène à quitter le Ministère du Temps, afin d’aider les siens.

Critique :

On reprochera à Tiempo de esclavos d’apparaître comme l’un des épisodes du Ministère du Temps ayant traité le plus superficiellement son sujet historique. En effet Alphonse XII ne ne voit guère évoqué au-delà de l’attentat, qui lui-même ne constitue qu’une sorte de MacGuffin pour l’intrigue du jour. On le regrette d’autant plus que le règne de ce souverain frme une intéressante parenthèse au sein d’un XIXe Siècle particulièrement troublé pour l’Espagne (failles sociales, guerres carlistes…). Il a également jeté les bases d’un bipartisme allant scander la vie politique du pays durant des décennies, avant de se retrouver au cœur d la démocratie post franquiste du moins jusqu’à ces dernières années), un thème réellement à peine survolé par l’opus.

Toutefois l’intérêt historique de l’épisode n’en résulte pas nul pour autant car il sait évoquer l’importance prise par la bourgeoisie d’affaires, commerciale ou industrielle, au sein de la direction du pays. Surtout, il évoque avec sensibilité le drame de l’esclavage, notamment à travers un excursion très parlante dans le Cuba encore colonial, l’approche de la guerre hispano-américaine. Après le fanatisme religieux ou la corruption (entre autres), la série sait décidément pointer du doigt les zones d’ombre de l’Histoire d’Espagne, sans pour autant sombrer dans un pensum moralisateur permanent à la Timeless.

Par ailleurs la moindre part accordée à la chronique du royaume se doit à des raisons d’intérêt inégal. L’introduction des enfants de Parilla comme nouvelle organisation temporelle antagoniste, autant d’extrême gauche que l’Ange exterminateur est d’extrême droite (pour parler en termes politiques) ne manque certes pas d’intérêt. Elle évoque astucieusement les attentats anarchistes ayant effectivement visé le Roi. Surtout, elle rend plus subtil le discours moraliste de l’épisode, au-delà de l’évidente et nécessaire dénonciation de l’esclavage, vec une condamnation de la violence, qu’elle qu’en soit la cause.

Par contre la multiplication des organisations auxquelles se confrontent le minière, plus le cas toujours particulier de Marta, finit par donner réellement au programme des allures d séried ‘espionage un modèle cher au public américain, ce qui lui fait perdre une part de sa spécificité. Quelles qu’en soient les raisons, on regrette également que le Ministère s’autorise désormais à modifier l’Histoire, même légèrement. Décidément cette saison 3 entraîne la série sur de nouvelles voies, s’éloignent des aventures historiques auxquelles nous étions attachés. Le financement par Netflix continue par contre à autoriser de superbes extérieurs, le  Palais de Sobrellano se voyant superbement mis en valeur.

L meilleure justification de l’épisode reste toutefois le grand soin apporté aux protagonistes, avec un beau portrait de Salvador et de Lola, et particulièrement les adieux d’Amelia. L’évènement est trait avec émotion et astuce, laissant entrevoir que les manipulations opérées par le Ministère ne vont pas sans un prix à payer, dans la meilleure tradition d’Un coup de tonnerre, de Ray Bradbury. Pour son départ Aura Garrido nous délivre un magnifique récital d’émotions. Ce merveilleux et particulièrement riche personnage que représentait Amelia occupait une place centrale au sein de la série, au moins autant que Julián. même si Lola se profile en talentueuse remplaçante ce départ d’un deuxième memre de la Patrouille plonge la série dans une vraie incertitude !

Anecdotes :

Tiempo de esclavos est le dernier épisode auquel participe Aura Garrido, partie pour d’autres projets contractés durant la très longue intersaison. Amelia sera désormais remplacée par la jeune Lola, Pacino devenant le nouveau chef de la Patrouille. L’évènement correspond également à une fin de mi-saison, la diffusion de la série s’interrompant durant l’été 2017.

Antonio López, Marquis de Comillas (1817-1883), naquit dans une humble famille de Comillas, en Cantabrie. Il s’installa très jeune à Cuba, encore possession espagnole,  et y établit une immense fortune. Également philanthrope, il soutint financièrement la création par les Jésuites de l’Université pontificale de Comillas, toujours considérée comme l’une des meilleures du pays. Alphonse XII l’anoblit en 1881 et fut effectivement son hôte durant cet été, ainsi qu’en 1882. Mais la figure López est très contestée durant les années 2010, une bonne part de sa fortune reposant sur l’esclavage.

Alphonse XII régna de 1874 à 1885, mourant prématurément à 27 ans, de tuberculose. Son règne suivit la première expérience de République en Espagne (1873-1874), après le pronunciamiento monarchiste du général Arsenio Martínez-Campos. Toutefois le Roi établit une monarchie constitutionnelle libérale permettant l’alternance politique, à travers l’instauration du bipartisme. Il tenta de renforcer les institutions dans une Espagne du XIXe siècle chroniquement instable. En 1878 et 1879, il sort indemne d’attentats menés par des anarchistes.

L’épisode est en grande partie tourné dans le Palais de Sobrellano, à Comillas. Achevé en 1888, il fut édifié par le richissime Marquis de Comillas. Il fit appel à de grands artistes pour sa décoration, dont Gaudí. Il est le premier bâtiment d’Espagne a être éclairé à l’électricité. Alphonse XII n’y séjourna pas en réalité, l’édifice étant encore en construction, et il résida à la Casa Ocejo, autre grande demeure du Marquis, située à proximité.

Le nom de l’organisation terroriste temporelle des Fils de Padilla fait allusion à Juan de Padilla (1490-1521). Il fut l’une des figures du soulèvement castillan des Comuneros (1520-1521). Celui-ci protestait comme l’avènement d’un jeune Charles Quint perçu comme étranger et comme désireux de rétablir l’ordre médiéval face aux libertés désormais acquises par les villes. Le Roi fit quelques concessions qui apaisèrent les Comuneros modérés, mais Padilla prit la direction des extrémistes, qui furent écrasés militairement. Il fut décapité, mais son épouse María Pacheco, entrée dans la culture populaire espagnole, anima une ultime résistance à Tolède, n’hésitant pas à réquisitionner les biens de l’église.

Como Subsecretario, esa explicación que os debo, os la voy a dar (comme Sous-secrétaire,  cette explication que je vous dois, je vais vous la donner) déclare Salvador Martí. Il paraphrase une célèbre réplique dilatoire du film espagnol Bienvenue Mr Marshall (1953). Cette féroce comédie musicale ironise aussi bien sur les États-Unis que sur l’Espagne arriérée des années 50, à l’occasion des espérances que le Plan Marshall suscite dans un petit village castillan.






Estuaire44
Empereur
Empereur

Date d'inscription : 10/04/2007

http://www.theavengers.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Série "El Ministerio del Tiempo"

Message  Estuaire44 le Mer 5 Sep 2018 - 7:53

Prochainement sur vos écrans :

avatar
Estuaire44
Empereur
Empereur

Age : 49
Localisation : Villejuif (94)
Date d'inscription : 10/04/2007

http://www.theavengers.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Série "El Ministerio del Tiempo"

Message  Estuaire44 le Mer 5 Sep 2018 - 16:38

Tiempo de censura (3-07, ****)
Date de diffusion : 18 septembre 2017
Epoque visitée : 1961, Luis Buñuel et Viridiana

Résumé :

En 1961, l’Ange exterminateur corrompt Ambrosio Pitaluga, folklorique membre du comité de censure, pour que soit interdit le sulfureux Viridiana de Luis Buñuel, contrairement à la vérité historique. Irène, Pacino et Alonso sont envoyés lever l’interdiction, ce qui va les immerger à la fois dans la bureaucratie franquiste et dans le milieu du cinéma, une mission très ardue. A l’occasion de cette virée dans les années 60, Irène va également à la rencontre de problèmes familiaux laissés en suspens, et Pacino à la redécouverte de son enfance. Lola découvre le monde contemporain, mais aussi la vie de son soi alternatif.

Critique :

Tiempo de censura vient à point nommé nous rassurer sur les potentialités d’El Ministerio del Tiempo après départ d’Amelia, mais aussi le long hiatus estival. Le choix comme sujet de l’aventure que constitua la menée à bien de Viridiana va en effet s’avérer comme l’un des meilleurs de la saison.

Les hilarants démêles du trio avec les univers aussi différents, mais pareillement éprouvants pour les nerfs, que constituent la bureaucratie franquiste et la production cinématographique  nous vaut une atmosphère de comédie tranchant agréablement avec le drame de l’opus  précédent. De même, le choix d’un thème plus léger renouvelle pareillement la série, après avoir avoisiné un cataclysme dynastique.

L’humour autour des à-côtés de la vie de bureau rejoint un universel humoristique à la Courteline, d’autant plus appréciable qu’il caractérisait une originalité du Ministère à ses débuts, tandis que l’organisation résulte désormais bien davantage proche du canon des séries d’espionnage (très peu de scènes à la cafétéria cette saison !). On s’amuse beaucoup, d’autant que la direction d’acteurs a la bonne idée de laisser toute latitude à la verve satirique de Carlos Areres, acteur également dessinateur pour El Jueves (assez l’équivalent espagnol du Canard).

Son picaresque et vénal Ambrosio s’impose comme la vedette comique de l’opus. Mais c’est aussi à travers lui que l’on saisit l’air du temps de cette décennie où le régime du Caudillo, certes toujours foncièrement dictatorial, s’ouvre à l’extérieur, dans les domaines aussi bien culturels, qu’économique que culturels. Une tendance forte symbolisée par l’entrée de l’Espagne dans le concours de l’Eurovision en 1961, avec le tube Estando contigo, que l’opus nous laisse judicieusement écouter lors de son agréable conclusion. La série utilise le rire à  merveille pour se moquer  du contraste entre le discours officiel, rigoriste et ronflant, et la réalité de la corruption comme de la médiocrité ambiante.

Le récit se montre également particulièrement documenté à propos de l’épopée de Viridiana, ses différents protagonistes se voient ainsi mis en scène (Luis Buñuel, Domingo Dominguín, Juan Antonio Bardem, Francisco Rabal…), mais à la manière fluide caractéristique de la série.  Des éléments clés du panorama cinématographique espagnol de l’époque sont également montrés comme l’implication de l’Eglise dans la censure, ou l’Uninci, fer de lance du Néoréalisme espagnol. Mais le Septième art imprègne tout l’épisode, à travers l’humour de nombreux clins d’œil bien dans la sensibilité geek de la série (Pacino vendant le scénaro de Star Wars) mais aussi visuellement, grâce à de superbes affiches enjolivant des décors plus renfermés qu’à l’ordinaire (avec notamment  les stars Juanita Reina et Sara Montiel).

Les différents parcours individuels d’Irène, Pacino, Lola et viennent encore irriguer le récit. La qualité d’interprétation fait volontiers pardonner certains clichés (notamment pour Pacino), tandis que le drame d’Irène émeut. Sans tomber dans l’angélisme, Lola nous permet de mettre en perspectives une époque contemporaine plus attractive que cette Espagne des années 60 se rêvant comme moderne, malgré la réalité profonde de sa société et de l’appareil franquiste. Humour, péripéties et Histoire, le Ministère est à son meilleur niveau !

Anecdotes :

Viridiana fut tourné en Espagne, Luis Buñuel mettant fin à l’exil mexicain qu’il avait entrepris depuis la fin de la Guerre civile. Le film fut accepté par la censure franquiste, malgré quelques scènes alors scandaleuses, comme une parodie de la Cène. Désireux d’afficher une ouverture sur l’étranger et la modernité (investissements et touristes), le régime accepta même que Viridiana représente l’Espagne au Festival de Cannes de 1961, où il remporta la Palme d’Or. Mais la réaction outrée du Vatican fit que Viridiana fut finalement interdit en Espagne, et ses copies détruites. Une seule fut sauvée, l’actrice principale Silvia Pina l’emportant clandestinement au Mexique. Le film ne put ressortir en Espagne qu’après la mort de Franco.

Membre d’un grande dynastie de toreros et hommes d’affaire, ami d’artistes et d’intellectuels de gauche, Domingo Dominguin fut l’un des deux coproducteurs de Viridiana. Il finança également Mundo obrero, le journal du Parti communiste espagnol, alors dans la clandestinité. Il fut protégé par la grande passion de Franco pour la corrida, pour qui elle était une célébration nationale indissociable de l’âme espagnole. Le 24 mai 1939, le Caudillo présida ainsi une grande Corrida de la Victoire, à Madrid.

L’autre coproducteur fut Juan Antonio Bardem, issu d’une grande famille de comédiens (il fut l’oncle de Javier Bardem). Membre du Parti communiste espagnol, ce réalisateur et scénariste ut toujours hostile au régime franquiste et la bourgeoise espagnole (Bienvenido, Mister Marshall, La Venganza, Calle mayor). Ponctuellement arrêté, il fut en en butte à la censure  des années 50 aux 70.

Avec comme ambition de produire des films très inspirés du Néoréalisme italien, mais concernant l’Espagne, Domingo Dominguín et Juan Antonio Bardem s’associèrent en 1949 pour former l’Uninci. La censure s’acharna à contrecarrer l’autorisation de films volontiers critiques envers le régime, mais l’Uninci fut autorisée à financer Viridiana. De guerre lasse, les deux associés finirent par renoncer peu de temps après l’interdiction finale du film.

Une nouvelle fois affronté ici, L’Ange exterminateur est également un film mexicain de Luis Buñuel (1962). Empreint de surréalisme, ce huis clos décrit comment un dîner bourgeois sombre dans l’effroi, quand les convives s’aperçoivent qu’ils ne peuvent inexplicablement plus sortir de la maison.

L’inénarrable Ambrosio exhibe son passé franquiste en se déclarant ancien membre de la Division bleue, soit les « volontaires » espagnols (mais aussi portugais) partis combattre contre le Communisme sur le front russe. L’inépuisable Ambrosio affirme également être membre depuis des années du Syndicat Vertical.

Carlos Areces (Ambrosio) interprète Franco dans La Reina de España, tourné la même année que l’épisode (2017). Le sujet du film est également voisin : le tournage de la première production hollywoodienne dans l’Espagne franquiste.

En 1961 (la même année de la Palme d’or de Viridiana), la première participation de l’Espagne au Concours de L’Eurovision fut un signe fort de l’ouverture affichée par le  régime. Entendu en fin d’épisode, le titre retenu fut Estando contigo (Quand je suis avec toi), interprété par Conchita Bautista, actrice et chanteuse alors très populaire en Espagne. Elle finit neuvième sur seize, le tournoi étant remporté par le Luxembourg, avec la chanson Nous Les Amoureux, de Jean-Claude Pascal. L’émission fut présentée par Jacqueline Joubert, depuis le nouveau Palais des Festivals de Cannes. L’Espagne n’a cessé depuis de participer à l’Eurovision, quelle a remporté en 1968 et 1969.





avatar
Estuaire44
Empereur
Empereur

Age : 49
Localisation : Villejuif (94)
Date d'inscription : 10/04/2007

http://www.theavengers.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Série "El Ministerio del Tiempo"

Message  Estuaire44 le Dim 16 Sep 2018 - 19:01

Tiempo de conquista (3-08, ***)
Date de diffusion : 25 septembre 2017
Epoque visitée : 1518, les Conquistadors

Résumé :

Pacino et Alonso partent pour 1518, dans un Yucatán en passe d’être conquis par Hernán Cortés. Pour s’emparer du Mexique, ce dernier a historiquement reçu l’aide déterminante de Jerónimo de Aguilar, clerc ayant appris à parler la langue des Mayas quand il en était prisonnier. Or Aguilar a disparu avant de pouvoir intervenir et le Ministère  rend responsable  Gonzalo Guerrero, également prisonnier des Mayas, mais ayant décidé d’embrasser leur culture. Pendant ce temps les Enfants de Padilla menacent de s’en prendre aux familles des agents du Ministère, si l’oncle d’Amelia n’est pas libéré.

Critique :

Le XVIe siècle. Des quatre coins de l'Europe, de gigantesques voiliers partent à la conquête du Nouveau Monde. À bord de ces navires, des hommes, avides de rêve, d'aventure et d'espace, à la recherche de fortune. Il aura fallu attendre la troisième saison du Ministère du Temps pour enfin aborder ces figures éminemment identifiées et marquantes de l’Histoire de  l’Espagne que composent les Conquistadors de l’Empire sur lequel le Soleil ne se couche jamais. Olivares s’y décide enfin, se peut à destination de ce public latino-américain ayant réservé un si bon accueil à son programme, se peut aussi du fait que Netflix se soucie toujours d’internationaliser les séries qu’il finance. Qu’importe, le succès va être au rendez-vous.

La première réussite de l’opus est visuelle. Idéalement géré par la mise en scène, l’astucieux emploi des potentialités de sites andalous recrée avec une étonnante véracité la végétation luxuriante du Yucatán, ainsi que l’eau turquoise de la Mer Caraïbe. L’ensemble constitue un parfait écrin pour d’épiques aventures aux nombreux rebondissements, entre duels, découvertes exotiques, félonies et coups du sort. Tout ce segment de l’épisode demeure prenant de bout en bout, d’autant que le duo absolument, irrésistiblement antinomique entre Alonso et Pacino suscite bien des étincelles.

Avec un bémol : on demeure néanmoins nostalgique de la dynamique de trio caractérisant la série, il devient urgent intégrer Lola à la Patrouille. S’ajoute également un volet plus sensible et intimiste autour de la rencontre entre Alonso et son grand père se révélant bien différent de la légende familiale. L’expressivité de Nacho Fresneda apporte de la valeur a ce récit en soi passablement prévisible. Par ailleurs se confronter à son propre passé devient décidément un rituel d’airain pour les divers protagonistes du Ministère (Salvador y a aussi droit ici), ce mouvement pourrait à terme donner à la série des allures de Formula Show, ce qu’elle n’a jamais été jusqu’ici.

C’est en fait une nouvelle l’Histoire qui apporte son meilleur à l’opus du jour. L’épisode illustre à merveille la persistante faculté de la série a toujours choisir des cas historiques pertinents, parfois peu connus du public, mais toujours très évocateurs de leur époque. On avouera avoir découvert avec un vif intérêt la singulière aventure des deux survivants capturés par les Mayas. Mais si l’intrigue met en avant, à juste titre, la figure positive de Gonzalo Guerrero, les autres personnages, à commencer par le grand père d’Alonso, ouvrent une intéressante fenêtre sur les Conquistadors. Evidemment loin d’une hagiographie ou d’un lyrisme à la Heredia, l’épisode ne tombe pas non plus dans la critique totale. Au contraire il sait s’attacher à la réalité humaine des individus et de leur environnement historique en Espagne.

Malheureusement ce passionnant versant de l’épisode se voit considérablement réduit par celui dédié à la guéguerre entre le Ministère et ses rivaux. Chacun abordera à sa manière la série. En ce qui nous concerne c’est son aspect d’album historique qui nous séduit avant tut davantage que son espionnite temporelle. Ici cette dimension nous paraît prendre trop d’espace au détriment de la première. Sans doute Olivares a-t-il été trop ambitieux en suscitant non pas une mais deux organisations rivales. Il aurait été plus cohérent de voit les Enfants de Padilla tenter de s’aborder l’entreprise des Conquistadors, plutôt que d’assister à ce jeu temporel sans guère de relief et parfois vaguement ridicule avec cette histoire d’allergie aux cacahouètes. Aux moins cette inflation permet-elle à Salvador, toujours incarné avec infiniment de talent par Jaime Blanch, de se placer davantage au centre de l’échiquier.

Anecdotes :

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’épisode n’a pas du tout été tourné au  Yucatán. Les scènes de plage l’ont été à Conil de la Frontera, non loin de Cadix. Le site est particulièrement prisé des touristes pour es six superbes plages. Le terme de Frontera (frontière), fait allusion à celle séparant les royaumes chrétiens de l’Émirat de Grenade, ultime possession musulmane aux derniers jours de la Reconquête.

Les scènes de jungle ont été tournées au jardin botanique de Málaga (jardín botánico de la Concepción). Créé en 1855, ce jardin de style anglais est l’un des plus richement dotés d’Europe en plantes subéquatoriales, plus de 50 000 en tout. Ses 55 hectares abritent une profusion de superbes édifices et de jardins thématiques.

Pour confirmer avoir passé un appel téléphone, Lola déclare Yo hice la llamada. Ils ‘agit d’un clin d’œil, l’actrice Macarena García venant alors de connaître un grand succès avec le film La Llamada (2017). Il s’agit d’une comédie musicale, Macarena García mène une double carrière de comédienne et de chanteuse.

En 1511, Gonzalo Guerrero et Gerónimo de Aguilar furent les deux seuls survivants du naufrage d’un navire espagnol au large du Yucatán, étant capturés par les Mayas (qui sacrifièrent le reste de l’équipage). Guerrero s’immergea dans leur culture et épousa une de leurs princesses. A l’arrivée de Cortés, en 1519, il se retourna contre les Espagnols et parvient à résister durant 20 ans dans sa région, située à l’extrême sud de la péninsule du Yucatán, avant de mourir au combat. Il tenta en vain de prévenir l’Empire aztèque du danger. Guerrero est surnommé le Renégat en Espagne et le Père du Métissage au Mexique. Gerónimo de Aguilar opta au contraire pour collaborer avec Cortés. Il lui apporta un précieux appui grâce à sa connaissance des langues et des cultures locales.

Salvador offre à Irène et Pacino des places pour le premier concert de David Bowie en Espagne (durant le Glass Spider Tour). Celui-ci se déroula, le 06 juillet 1987, au state Vicente Calderón, enceinte historique de l’Atlético de Madrid. Pacino avait dû renoncer à un concert de Rosendo, également durant les années 80. Celui-ci est l’une des grandes figures du Rock et du Hard Rock en Espagne depuis les années 70.





avatar
Estuaire44
Empereur
Empereur

Age : 49
Localisation : Villejuif (94)
Date d'inscription : 10/04/2007

http://www.theavengers.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Série "El Ministerio del Tiempo"

Message  Estuaire44 Hier à 0:45

El cisma del Tiempo (3-09, **)
Date de diffusion : 02 octobre 2017
Epoque visitée : 1417, l’Antipape Benoît XIII

Résumé :

L’Ange Exterminateur enlève Rabbi Levi, afin que celui-ci réalise un nouveau Livre des Portes. Mais Levi s’enfuit en 1417 avec l’artefact et gagne le château de l’Antipape Benoît XIII à Peñíscola. La Patrouille, qui comprend désormais Lola, vient à sa rescousse quand Benoît XIII voyage à son tour jusqu’en 2017, mais elle a la surprise de découvrir que le nouveau Livre peut désormais ouvrir des Portes donnant sur le Futur. L’Ange exterminateur attaque et la Patrouille se réfugie à l’époque où le château était une forteresse des templiers.

Critique :

L’épisode  parachève malheureusement la mutation de El Ministerio del Tiempo, qui n’est décidément plus la série originale et ambitieuse que nous adorions. En effet elle, qui, naguère, se montrait volontiers sarcastique avec les Etats-Unis se coule toujours davantage dans le moule de leurs productions.

La part consacrée à l’Histoire se voit ainsi singulièrement réduite à la portion congrue. Ils s’avère particulièrement triste de découvrir Salvador renoncer à nous décrire un tant soit peu le Grand Schisme d’occident, en l’évacuant avec un « c’est très compliqué », là où Amélia aurait en tracer un portrait, évidemment résumé. Au lieu d’au moins se centrer sur l’Antipape, on ajoute, toujours à la va-vite, les templiers, uniquement là pour les péripéties.

Afin de dramatiser l’action, on joue de manière particulièrement accentuée le pathos autour du crépuscule des Templiers, mais sans même citer l’Ordre valencien de Montesa, qui va prendre la relève à Peñíscola. Pour la première fois le volet historique résulte réellement bâclé, et ce n’est pas le ton volontiers hagiographique autour du Pontife « espagnol » (aragonais) qui va arranger les choses.

Par ailleurs le format de série d’action qu’achève ici de revêtir le programme ne convainc guère. Certes la réalisation demeure efficace par sa mise en valeur réussie du château de Peñíscola, même si l’on regrettera l’insertion d’effets spéciaux uniquement là pour épater la galerie, un besoin guère ressenti jusqu’ici par El Ministerio del Tiempo. Toutefois la plupart des péripéties mises en scène relèvent du cliché, comme cette énième scène d’échange d’otages, mille fois vues ailleurs.

Certaines maladresses viennent encore se rajouter, comme cette porte cruciale donnant sur 1307 et que la patrouille franchit complètement par hasard, elle est juste là à les attendre, ou ces pesants ralentis sur les corps mitraillés des templiers, digne des Western spaghettis de jadis. Certains éléments (le Livre ouvrant sur le Futur, Adolfo Suárez comme mentor de Salvador au sein du Ministère) semblent appelés à prendre ultérieurement de l’importance, pourquoi pas, mais ces promesses demeurent encore à tenir.

Au moins l’épisode peut-il compter sur la sympathie inaltérée qu’insufflent les personnages et sur un relationnel maniant aussi bien l’humour que l’émotion. L’intégration de Lola dans une Patrouille enfin redevenue trio, ainsi que le petit jeu concomitant d’Alonso veillant soigneusement à laisser le commandement à Pacino sonnent très justes. L’ensemble fonctionne harmonieusement, tandis que la figure de Salvador gagne toujours en complexité comme en intérêt. Cet aspect là de la série conserve son attrait, mais l’on retiendra avant tout la triste mise en retrait de l’Histoire au sien de la narration.

Anecdotes :

Paco Obregón reprend ici le rôle de Rabbi Levi, qu’il avait déjà interprété lors de l’épisode Una negociación a tiempo (1-04).

La possibilité de voyager dans le futur enchante Pacino, grand fan de Diego Valor. Ce héros protégeant une Terre futuriste d’invasions martiennes fut le protagoniste d’un feuilleton radiodiffusé de la Cadena Ser. durant les années 50. Son succès lui valut d’être adapté ultérieurement sur de multiples supports, y compris sur la télévision espagnole naissante, pour l’une des toutes premières séries émises par TVE (1957-1958).

Élu Pape en Avignon à la mort de Clément VII (1394), Benoît XIII (l’Aragonais Pedro Martínez de Luna, 1328-1423) devint l’un des trois pontifes se disputant encore le Trône de Saint-Pierre au terme du Grand Schisme d’Occident (1378-1417). A l’issue d’une crise politico-religieuse complexe, il s’opposait à Jean XXIII (à Pise) et à Grégoire XII (à Rome). Le Concile de Constance proclama finalement la déchéance des trois pontifes et réunifia la chrétienté en élisant Martin V. Mais si ses deux concurrents, se soumirent au Concile, Benoît XIII refusa d’abdiquer. Il se réfugia auprès du Roi d’Aragon, son ultime soutien et séjourna au château de Peñíscola. Son dernier successeur (« l’Antipape imaginaire ») finit par se soumettre à Rome en 1467.

Une grande partie de l’épisode fut tournée au Château de Peñíscola, la véritable résidence de l’Antipape. Située dans le nord du Royaume de Valence et bâtie sur un ancien alcazar arabe, (1307), cette forteresse des Templiers fut l’une des plus imprenables de la péninsule. L’austère château militaire devint un magnifique palais pour accueillir la cour de l’érudit Benoît XIII, abritant notamment une superbe bibliothèque. Il représente la forteresse de Valence dans le film Le Cid (1961).




avatar
Estuaire44
Empereur
Empereur

Age : 49
Localisation : Villejuif (94)
Date d'inscription : 10/04/2007

http://www.theavengers.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Série "El Ministerio del Tiempo"

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 6 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum