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Saga "La Hammer"

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Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Ven 7 Juil 2017 - 17:06


Qui a peur de la Hammer ?
Présentation générale

Dracula
1. Le cauchemar de Dracula (Dracula, 1958)
2. Dracula, prince des ténèbres (Dracula : prince of darkness, 1966)
3. Dracula et les femmes (Dracula has risen from the grave, 1968)
4. Une messe pour Dracula (Taste the blood of Dracula, 1970)
5. Les cicatrices de Dracula (Scars of Dracula, 1970)

Frankenstein
1. Frankenstein s’est échappé (The curse of Frankestein, 1957)
2. La revanche de Frankenstein (The revenge of Frankenstein, 1958)
3. Frankenstein créa la femme (Frankenstein created Woman, 1967)
4. Le retour de Frankenstein (Frankenstein must be destroyed, 1969)
5. Frankenstein et le monstre de l’enfer (Frankenstein and the monster from hell, 1974)

Monstres divers et créatures mythologiques
1. Le redoutable Homme des neiges (The Abominable Snowman, 1957)
2. Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskerville, 1959)
3. La malédiction des Pharaons (The Mummy, 1959)
4. Les deux visages du docteur Jekyll (the Two faces of Dr Jecyll, 1960)
5. La nuit du loup-garou (The curse of the Werewolf, 1961)
6. La Gorgone (The Gorgon, 1964)
7. La femme reptile (The Reptile, 1966)
8. L’invasion des morts-vivants (The Plague of the zombies, 1966)
9. Les vierges de Satan (The Devil Rides out, 1968)
10. Docteur Jekyll et Sister Hyde (Dr Jekyll and Sister Hyde, 1971)
11. Capitaine Kronos, chasseur de vampires (captain Kronos- Vampire Hunter, 1974)
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Estuaire44 le Ven 7 Juil 2017 - 17:27

Beau programme !   cheers

Dans ma bibliothèque se trouve Hammer Glamour, une encyclopédie des troublantes et magnifiques actrices de la Hammer. Si cela t'intéresse je te l'apporte à la prochaine réunion. Attention, l'iconographie est superbe, mais les textes sont en anglais.

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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Ven 7 Juil 2017 - 17:32

Je prends quand même ! Je trouverai bien une poire pour la soif !
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Estuaire44 le Ven 7 Juil 2017 - 18:35

Ok, n'hésite pas à m'en reparler le moment venu !
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Jeu 3 Aoû 2017 - 13:44

Dans le cadre de son été "Fish'n ship" (sic), Arte vous propose, dimanche soir, une soirée pas piquée des vers :

A 21H, "Shaun of the Dead" d'Edgar Wright

A 22H45, un documentaire sur la Hammer : http://www.arte.tv/fr/videos/073074-000-A/terreur-et-glamour-montee-et-declin-du-studio-hammer
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Estuaire44 le Jeu 3 Aoû 2017 - 13:52

Sans aucun doute une bonne soirée, la programmation estivale anglaise d'Arte est d'excellente qualité !!
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Estuaire44 le Ven 4 Aoû 2017 - 9:56

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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Ven 4 Aoû 2017 - 13:27

Un bon article mais deux précisions.

D'abord, le succès de la compagnie ne repose pas tant sur Michael Carreras que son père, sir James Carreras qui sut s'entourer de bons scénaristes (Anthony Hinds, Jimmy Sangster).

Ensuite, la photo de Yutte Stensgaard, actrice suédoise qui n'a fait que passer à l'écran, est en fait une publicité mensongère car cette scène n'a jamais été tournée ! La photo en montre bien plus que le public a vu. Mais il fallait bien le faire venir.
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Mer 6 Sep 2017 - 12:12

Frankenstein s’est échappé (The curse of Frankestein, 1957) ****


Résumé
Persuadé qu’il peut vaincre la mort, le baron Victor Frankenstein entreprend de créer un être parfait.

Critique
A voir ce film, on comprend bien pourquoi la Hammer a voulu continuer. C’est une variation sur le roman, ce qui est bien mieux qu’une adaptation littérale. Le scénario a gardé la substantifique moelle et ôté toute la fioriture romantique qui rend parfois la lecture indigeste.

D’emblée, nous sommes dans une ambiance gothique avec cet homme à cheval entrant dans une bâtisse affreuse la nuit tombant. Le décor est hideux et d’un toc consommé mais on passe vite et, de toute façon, on est pris. Durant les trois premières minutes, aucun dialogue. Seules les cloches résonnent et ça inquiète. L’homme est un prêtre à qui le baron (et non le docteur) Frankenstein va raconter les événements qui l’ont amené ici. D’entrée, Peter Cushing nous accroche : barbu, échevelé, grisonnant, il compose un homme à bout de nerfs.

Tout commence avec l’arrivée de Paul Krempe, engagé comme précepteur par le jeune Victor. Le souci c’est que Paul « vieillit » bien moins que son élève. Une barbe et ça passe ! Pas vraiment crédible mais, chez la Hammer, la crédibilité n’a jamais été une politique ni une option. Et c’est aussi pour ça qu’on l’aime. Paul devient ainsi l’assistant de Frankenstein. Ah ! Les décors de la Hammer ! Toute une époque ! C’est un décor de labo très basique avec ses cornues, ses substances bizarres etc. Par contre, aucune connotation glauque et on est même surpris par la luminosité de la pièce. Mais, c’est un peu la Hammer qui a inventé le laboratoire du savant fou. Peu de dialogues, l’ambiance est faite par la musique et, au moment important, le silence se fait, seulement entrecoupé par un bruitage en forme de gargouillis. Un zoom progressif sur le visage illuminé de Peter Cushing montre le succès et la musique change devenant guillerette.

Frankenstein veut aller au-delà d’une simple avancée chirurgicale : « Ressusciter ne suffit pas » (!), il veut créer un homme idéal, un être parfait ! Voilà le vrai démarrage du film. Nous sommes déjà accrochés par Peter Cushing et comment ne pas suivre cet être extraordinaire ? Retrouvant les gestes des médecins des temps passés, le tandem vole, de nuit,  le corps d’un voleur qui a été pendu. Sur le coup, apprécions le manteau de Frankenstein qui lui donne l’allure inquiétante d’une chauve-souris rampant le long de l’échelle. La musique sifflante crispe nos nerfs. Plus fort, le visage de Peter Cushing reflète une concentration inquiétante et pourtant il parle et agit comme si tout était normal et c’est bien ça le plus terrifiant ! Lorsqu’Elizabeth, cousine, et fiancée de Frankenstein, vient habiter au château, Paul essaye de la dissuader de rester. Ce sera une part récurrente de leurs échanges tout au long du film. Si Hazel Court est très jolie (et les tenues qu’elle arborera par la suite le confirmeront), elle demeure limitée et n’agit que bien peu réellement.

Par la suite, Frankenstein poursuit ses travaux seul pour « compléter » sa créature. Il a une conception philosophique datée mais intéressante : il est certain que le Bon intérieur se reflète dans un Beau extérieur. Très ambitieux, simple dans son énoncé mais qui fournit amplement la motivation à poursuivre ses travaux. Par contre, quand il parle de trouver un cerveau « génial », son regard a une fixité inquiétante et notre inquiétude ne tombe pas quand, sans prévenir, le réalisateur passe à une soirée anodine avec…un savant « génial ». C’est terrifiant de normalité. Pas de surprise pour le sort du savant mais le changement de musique qui fait monter la tension et surtout la réalisation impeccable qui laisse monter les acteurs et qui met parfaitement en valeur Frankenstein, filmé à mi-corps et par en-dessous. Hiératique et majestueux.

Passons charitablement sur la pauvreté du décor du cimetière et venons-en à l’étape finale. Laquelle a lieu évidemment pendant une nuit d’orage. On sourit en regardant les flashs aux fenêtres et les grondements histoire de nous mettre en condition. C’est devenu un cliché mais nous sommes à l’époque où ont été inventés les clichés. Enfin, nous voyons la créature et c’est une horreur sans nom ! Si les trucages sont minimalistes, la scène où la créature tente d’étrangler son créateur est exagérée et Peter Cushing surjoue. Il est bien meilleur lorsqu’il explique qu’il doit « améliorer » sa créature. A cet instant, le scientiste le plus indulgent comprend que Frankenstein est engagé dans une aventure sans fin, que les expériences ne cesseront jamais et qu’il est incapable de reculer. Pour le coup, le spectateur est pris dans deux émotions contradictoires : la fascination et l’horreur devant Frankenstein. La rupture avec Paul est glaciale : l’assistant était la voix de la raison et, évidemment, il n’a pas été écouté. C’est la seule et vraie utilité de Robert Urquart qui ne nous régale pas vraiment par la profondeur de son jeu. C’est sans doute la vraie faiblesse du film : en dehors de Peter Cushing, il n’y a pas grand monde à ses côtés !

Une menace surgit soudain pour Frankenstein : la bonne, qui est aussi la maîtresse du baron (qui a dit cliché ?), menace de tout déballer s’il ne l’épouse pas. Évidemment, il l’envoie sur les roses. Le réalisateur rend bien perceptible la différence de classe en filmant le baron en contre-plongée et la domestique en plongée. Que faut-il pour appuyer une accusation ? Des preuves. Rien de surprenant dans ce qui va suivre mais on appréciera la plastique très agréable de Valérie Gaunt qui, en chemise de nuit blanche et joliment échancrée, est une belle victime sacrificielle. Qu’elle ne trouve pas étrange qu’un homme aussi prudent que le baron ne ferme pas la porte de son labo à clé est véritablement extraordinaire ! La Hammer sélectionnait ses actrices sur leurs plastiques mais aussi, certainement, sur leur capacité à crier très fort ! Sans transition, la soirée d’avant le mariage est un beau moment par l’ambiance désuète, surannée qu’elle dégage. Profitons-en car la suite va être nettement plus dure. Frankenstein montre la créature à Paul ; il l’a dompté mais enchaîné quand même…

Christopher Lee n’a aucun texte mais il dégage une aura d’étrangeté dérangeante par ses gestes de pantin désarticulés. Qu’est-ce qu’il comprend ? Qu’est-ce qu’il ressent ? Nous n’en saurons rien et c’est aussi ce qui trouble. Si le regard de la créature est souvent vide, il a tout de même une lueur à la fin mais ce qu’elle exprime est ambivalent. Le final est plus dur donc et plus inquiétant car Elizabeth décide – enfin – d’entrer dans le labo…au moment où la créature s’est libérée de ses chaînes ! La musique insistante, oppressante et un jeu du chat et de la souris s’installe rendu plus tendu par le fait qu’elle ignore le danger qu’elle court. On a tout de même le temps de sourire franchement lorsqu’elle allume la lampe à pétrole et que la pièce s’éclaire vraiment beaucoup. On n’est pas les seuls à s’inquiéter car son fiancé court et s’essouffle…même si Peter Cushing en fait un peu beaucoup. Évidemment, la créature se retourne contre son créateur.

Au final, qu’advient-il de Frankenstein ? Enfermé dans sa prison, il est bien proche de voir sa vie se terminer mais suspense !

Anecdotes
Sortie anglaise : 2 mai 1957. Sortie française : 29 novembre 1957
Scénario de Jimmy Sangster.  Jimmy Sangster (1927-2011) fut un des scénaristes piliers de la Hammer. Il réalisa également le film Les Horreurs de Frankenstein (1970). Par ailleurs romancier, il écrivit Max n’oublie pas (1969), Un mouroir de poche (1986).                                                  
Réalisation de Terence Fisher.
Le titre français reprend la confusion entre le nom du créateur et la créature.
Dans le roman, il n’est nullement fait question d’un titre de noblesse. C’est une pure invention de la Hammer et un certain snobisme.
Christopher Lee a avoué avoir eu le rôle parce qu’il était de grande taille (1.98 m).
Le tournage s’est déroulé du 19 novembre au 24 décembre 1956.
Le maquillage de la créature fut adopté faute de pouvoir reprendre le masque créé pour James Whale et qui était propriété d’Universal.
Il s'agit de la première adaptation cinématographique de Frankenstein à avoir été tournée en couleur (Warnercolor). Le Fils de Frankenstein (1939) fut un moment envisagé en Technicolor mais le maquillage de Boris Karloff passant mal à l'écran, l'idée fut abandonnée.
C'est à sa propre demande que Peter Cushing fut engagé pour jouer le rôle du baron lorsqu'il entendit parler du projet. L'acteur était à cette époque, en effet, une immense vedette de la télévision, et pour la Hammer, son engagement s'avéra une aubaine.
Dans un premier temps, il était question d’adapter le roman de Mary Shelley d’après un projet écrit par Max J. Rosenberg et Milton Subotsky avec Boris Karloff. Mais Universal menaça la Hammer de poursuites en cas de plagiats de ses propres films tournés dans les années 1930. Par peur des représailles, la Hammer décide donc de faire marche arrière. Jimmy Sansgter fut chargé de rédiger un scénario original.
La campagne publicitaire lors de la sortie du film était : « Essayer de ne pas vous évanouir » !
Bien qu'ils aient joué précédemment dans Hamlet (1948) et Moulin Rouge (1952), Christopher Lee et Peter Cushing se sont rencontrés pour la première fois sur ce film. Ils passaient le temps entre les prises en échangeant des phrases des Looney Tunes, et ont rapidement développé une amitié qui a duré jusqu'à la mort de Cushing en 1994. L'amitié de Christopher Lee et Peter Cushing a démarré lorsque Lee a pris d'assaut la loge de Cushing, se plaignant de ne pas avoir de texte. Cushing lui répondit : « Tu as de la chance. J'ai lu le script. »
Pendant de nombreuses années, il s’est agi du film le plus rentable produit en Angleterre par un studio britannique.
Melvyn Hayes explique dans le "Making of" du Blu-Ray comment le producteur Peter Rogers lui a parlé du casting du monstre. Selon Rogers, un mémo indiquait que la Hammer cherchait "quelqu'un de grand" pour jouer le monstre. En fin de compte, Christopher Lee et Bernard Bresslaw étaient en lice. Les deux agents ont été appelés, leur demandant combien d'argent ils voulaient. Le tarif minimum de Bresslaw était de 10 livres par jour, alors que Lee en demandait 8. "Et donc, pour deux livres, Christopher Lee est devenu une star internationale", selon Hayes.
Le maquillage de monstre de Christopher Lee était presque littéralement fait à la "dernière minute". Après des tentatives de concevoir un maquillage de monstre à l'aide d'une fonte de la tête de Lee, le maquilleur Philip Leakey a fait le design final la veille du début des essais, directement sur le visage de Lee, en utilisant principalement du coton et d'autres matériaux ménagers. Comme il n’utilisait pas de latex ou de moules, le maquillage devait être recréé tous les jours.
La peinture sur l'escalier montrée au professeur Bernstein est le tableau de 1632 de Rembrandt van Rijn intitulé « La leçon d’anatomie du Dr. Nicolaes Tulp ». Dans un effet de miroir avec les actions de Victor, il montre la dissection d'un criminel pendu, dans ce cas le voleur armé Aris Kindt.
Pour certaines scènes extérieures, comme celle du petit garçon à la rivière, les feuilles au premier plan ont été peintes en rouge et en jaune. Cela donne une continuité avec les scènes au feuillage automnal vues dans la prise de vue de la forêt après que la Créature se soit échappée d'abord du laboratoire de Frankenstein.
Mary Shelley née Mary Wollstonecraft Godwin (1797-1851) fut la maîtresse puis l’épouse du poète Percy Shelley (1792-1822). Elle écrivit Frankenstein à partir de 1816 suite à un concours entre Shelley, Byron et Polidori (créateur du vampire littéraire) pour écrire une histoire fantastique. Le roman sera publié en 1818.
Hazel Court (1926-2008) fut une actrice spécialisée dans les films d’horreur : L’homme qui trompait la mort (1959), Le Corbeau, 1963 (avec Vincent Price), Le masque de la mort rouge (1964), La malédiction finale (1981).
Robert Urquart/Paul Krempe : acteur britannique (1921-1995) que l’on a pu voir au cinéma dans Commando sur le Yang-Tsé (1957), Dunkerque (1958), Les 55 jours de Pékin (1963), Les Chiens de guerre (1981), Testimony (1987). Il a aussi tourné pour la télévision : Le Saint (1965), Destination Danger (1965-1966), Chapeau melon et bottes de cuir (« Le Fantôme du château De’ath » et « Etrange Hôtel », 1967, 1969), Les Champions (1968), Les professionnels (1978), La maison de tous les cauchemars (1980), Puccini (1984), Inspecteur Wexford (1994).
Valérie Gaunt/Justine : actrice anglaise (1932-2016) : elle n’est référencée que pour deux films de la Hammer, celui-ci et Le Cauchemar de Dracula (1958).
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Mer 20 Sep 2017 - 14:14

Le cauchemar de Dracula (Dracula, 1958) ****


     

Résumé
Engagé comme bibliothécaire par le comte Dracula, Jonathan Harker découvre la véritable nature de son hôte. Le comte jette bientôt son dévolu sur la fiancée de Harker mais il doit bientôt compter avec un autre adversaire, le docteur Van Helsing.

Critique
Un monument du cinéma. Un film d’horreur travaillé avec soin et qui frappe encore aujourd’hui par sa puissance visuelle et sonore. Scénariste attitré de la Hammer, Jimmy Sangster a pas mal trituré le roman originel mais l’œuvre produite est plus que satisfaisante. Comme le disait Alexandre Dumas, il est permis de violer l’Histoire à condition de lui faire de beaux enfants !

La première partie du film correspond peu ou prou à la première partie du roman ; Jonathan Harker arrivant au château du comte Dracula. Ici, il fait jour et il est là comme bibliothécaire. On est moins convaincu par le décor qui fait très décor justement ! Et aussi par John Van Eyssen qui compose un Jonathan plutôt fade. La rencontre avec une jeune femme anonyme mais séduisante et qui lui demande de l’aide lance véritablement le film. En effet, comme Jonathan nous le dit en voix off (il écrit son journal), il sait quelle est la véritable nature du comte. Comment ? Cela, nous l’ignorons et, en fait, c’est de peu d’importance car, plutôt court (1H18), le film va à l’essentiel. Qualité rare et que bien des films contemporains feraient bien de redécouvrir !

Après une brève rencontre avec le comte Dracula, Jonathan est attiré dans la bibliothèque où l’inconnue lui redemande de l’aide mais, soudain, elle le mord ! Si l’étrangeté de la présence de cette femme avait déjà suscité l’inquiétude du spectateur, Terence Fisher fait habilement passer la situation d’étrange à mortelle par un simple gros plan sur les yeux de la femme. Son regard se durcit brusquement et nous comprenons le danger une seconde avant de voir ses dents ! La survenue de Dracula est plus une révérence au roman qu’utile au film mais, en deux scènes, Christopher Lee vient de s’approprier le rôle. D’abord homme agréable et courtois voire chaleureux (compliments sur la fiancée de Jonathan, Lucy), il devient soudain créature monstrueuse, crocs emplis de sang !

A la 23ème minute, un voyageur survient dans une auberge dont un travelling nous a montré les jolies gousses d’ail qui pendent au plafond. Il s’agit du docteur Van Helsing. Entrée en matière réussie pour Peter Cushing dont l’élégance et l’autorité éclatent en une apparition. Il arrivera trop tard pour sauver physiquement Harker et on ne le verra pas procéder à ce qui doit être fait. C’est histoire de gagner du temps car la mise à mort a été déjà précédemment illustrée et une ombre chinoise a fait deviner ce qui allait survenir.

La seconde partie du film commence par la visite de Van Helsing à Arthur Holmwood, dont Harker devait épouser la sœur, Lucy. Arthur reçoit le médecin en compagnie de sa femme, Mina. Cette simple présentation illustre bien les très grandes différences entre le film et le roman ! Qu’importe car les interprètes emportent notre conviction. A commencer par Michael Gough, qui est absolument épatant. L’acteur a une présence qui lui permet d’exister aux côtés de Peter Cushing ; ce qui donne une incroyable intensité et une grande densité aux scènes que partagent les deux acteurs. D’abord hostile au médecin – personne n’aime les porteurs de mauvaises nouvelles – Arthur va devenir progressivement le meilleur allié de Van Helsing quand il aura compris que les forces du mal son bien réelles. Il aura fallu pour cela que disparaisse Lucy puis qu’il la voit ayant repris vie !

Deux scènes sont absolument fascinantes. La première montre Lucy (Carol Marsh, qui ne dépareille pas dans la longue galerie des « Hammer’s Girls ») passée de l’effroi au consentement face à Dracula. Sans un mot, Christopher Lee souligne la séduction malsaine mais tellement désirée qu’inspire le comte. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre la symbolique ! Les spectateurs de l’époque ne s’y sont pas trompés non plus ainsi que les critiques. Mais, en 1958, le carcan victorien pesait encore lourd et la Hammer a fait son beurre en faisant voler le couvercle de la marmite ! L’autre scène c’est Van Helsing terrassant le démon. L’imposition du crucifix qui brûle la peau est spectaculaire même si peu canonique ! Le cri poussé par Carol Marsh est en tout cas frappant par la douleur et l’effroi qu’il révèle.

On s’intéresse peu à l’enquête d’Arthur et de Van Helsing pour retrouver Dracula mais, heureusement, Terence Fisher passe rapidement sur ces moments. On peut juste se demander pourquoi avoir situé l’histoire en Allemagne. Il y aussi mention d’une frontière (dont le passage inspire un gag) mais avec quel pays ? Facilités dommageables mais qui n’entament pas la belle énergie du film. Et un film qui va aller en s’accélérant à partir du moment où Mina est frappée elle aussi. Avec plus d’expressivité que Carol Marsh, Melissa Stribing donne à voir sur son visage le passage rapide de l’horreur devant le monstre à l’attente de l’amant.

Le final très rythmé passe d’une poursuite en calèche à une lutte entre van Helsing et Dracula – au passage, la seule scène que partagent Peter Cushing et Christopher Lee ! C’est violent, âpre et la balance semble hésiter entre les duettistes. La destruction de Dracula est menée tambour battant en une minute avec une excellente illustration sonore (qui aura été d’une grande qualité tout au long du film ; Dracula étant davantage rendu présent par la musique que par le texte) et des effets spéciaux très simples mais redoutablement efficaces !

Anecdotes :
Scénario : Jimmy Sansgter, d’après le roman de Bram Stocker
Réalisation : Terrence Fisher
Sortie UK : 16 juin 1958 Sortie France : 4 février 1959
Le budget était de 81 000 £ soit 119 000€
Le cachet perçu pour son rôle, plutôt modeste (700£, soit 1 360$ U.S.), permit tout de même à Christopher Lee de s'offrir une Mercedes d'occasion.
Détail amusant, en VO, Van Helsing demande un brandy à l’auberge mais le sous-titrage français écrit : « cognac » !
Totalement aveuglé par ses lentilles de contact, Christopher Lee manqua plusieurs fois ses prises durant le tournage.
Selon Van Helsing, Dracula aurait 600 ans. Il serait donc devenu un monstre au 12ème siècle, ce qui n’est pas cohérent avec le Dracula « historique » qui vécut au 15ème.
Dans la séquence finale, c'est à Peter Cushing que vint l'idée de se jeter sur les rideaux pour les arracher, contre celle, plus banale, de les tirer pour dévoiler le soleil, comme le prévoyait le script.
Peter Cushing a interprété à cinq autres reprises le professeur Van Helsing. Dans Dracula, Prince des Ténèbres (1966), Dracula 73 (1972) et Dracula vit toujours à Londres (1974) il jouait aux côtés de Christopher Lee. Mais il a également incarné le chasseur de vampires dans Les Maîtresses de Dracula (1960) et Les Sept Vampires d'or (1974) qui étaient aussi produits par la Hammer.
Christopher Lee a seulement treize lignes de texte dans ce film.
Aux États-Unis le titre a été changé en « L'Horreur de Dracula » pour éviter la confusion avec la version de 1931.
En 2011 une version prolongée a été découverte au centre de Film national à Tokyo.
Dracula a été filmé entre le 11 novembre 1957 et le 3 janvier 1958.
Le compositeur, James Bernard, a une fois dit dans un entretien qu’il a en réalité composé le thème principal en trois notes ; chacune pour une syllabe de Dracula.
En tournant la scène dans laquelle Dracula enterre Mina, Christopher Lee est tombée dans le trou par-dessus la cascadeuse.
Dans une scène, Mina Holmwood quitte sa chambre à coucher après avoir été séduite et mordue par Dracula, avec un sourire très satisfait sur son visage. Terence Fisher, après que quelques scènes ratées a dit à l'actrice Melissa Stirling : "[...], just imagine you've had the best sex of your life, all night long!" Et ça a marché !
Selon la narration, l'action du film a lieu dans une période de deux ou trois semaines entre le 3 mai (l'entrée s'ouvrant dans le Journal de Jonathan Harker), reprend "dix jours" après sa mort quand Van Helsing arrive (après le 15 mai) et conclut fin mai ou début juin 1885 et non 1888.
John Van Eyssen/Jonathan Harker : acteur britannique (1922-1995), vu dans la mini-série Les trois mousquetaires (1954), La marque  (1957), Ivanhoé (1958, TV). Plus de références après 1963.
Melissa Stribling/Mina Holmwood : actrice anglaise, vu dans Douglas Fairbanks Jr Presents (1953), Ivanhoé  (1958, TV), Chapeau melon et bottes de cuir  (1961, 1963, 1977), Amicalement Vôtre  (1971), Sherlock Holmes and Doctor Watson  (1978).
Michael Gough/Arthur Holmwood : acteur britannique (1916-2011) né à Kuala-Lumpur. Au cours de sa longue carrière, il a joué dans Anna Karénine (1948), Richard III (1955), Out of Africa (1985) mais c’est surtout sa participation aux films de la Hammer qui l’a rendu célèbre : Le Fantôme de l’Opéra (1962), Le train des épouvantes (1965), La maison des damnés (1973) ; participation qui lui ouvrit les films de Tim Burton : Batman (1989), Batman Returns (1992), Sleepy Hollow (1999). Il reprit le rôle d’Alfred dans Batman Forever (1995) et Batman et Robin (1997).
Carol Mars/Lucy : actrice anglaise (1926-2010), vue au cinéma dans Alice au pays des merveilles  (1949) mais surtout à la télévision : Douglas Fairbanks Jr Presents  (1954-1956), Marked Personal  (1974).




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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Ven 13 Oct 2017 - 13:37

Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskerville, 1959) ***


Résumé
La mort brutale de sir Charles Baskerville semble relié à une malédiction familiale. L’héritier, sir Henry, n’y croit pas mais la lande de Dartmoor paraît véritablement receler une menace mortelle.

Critique
La Hammer pouvait difficilement passer à côté de ce chef-d’œuvre de la littérature britannique à la sombre atmosphère fantastique mais elle l’adapte à sa sauce gothique et parfois sensationnaliste.

L’entrée est parfaitement réussie avec cette orgie d’une aristocratie décadente où la beuverie le dispute à la violence. Tout, depuis les lumières, les gestes, la voix, tout suggère la violence. Cette aréopage de fins de races est dominé par la figure diabolique de sir Hugo Baskerville à qui David Oxley prête sa physionomie. Sa figure éclairée par une bougie (qui a un petit côté de projecteur, un effet bien connu de la Hammer !) est emplie de haine et de suffisance, d’un rouge infernal. Sa proie, une jeune fille, s’est enfuie. Il la course avec ses chiens. La colorisation fait des siennes car le ciel « nocturne » est assez clair. La jeune fille est rattrapée et tuée dans les ruines d’une abbaye. Cette innovation du studio anglais est assez bien vu car elle permet de dramatiser la scène et de l’incarner dans un espace clos. Un effet que n’aurait pas donné la lande. Le poignard dont se sert l’assassin reviendra comme un fil rouge. Toute cette scène manifeste la force de Terence Fisher dans l’art de l’ellipse et de la suggestion car nous ne verrons ni le coup mortel ni l’attaque du Chien.

Ce que nous venons de voir était le récit de la légende des Baskerville raconté par le docteur Mortimer à Sherlock Holmes et Watson. Ledit Mortimer ne ressemble en rien au personnage du roman : c’est un colosse qu’on aurait plutôt vu dans celui de Barrymore ! Peter Cushing est, lui, très à l’aise d’entrée. La démonstration attendue de ses dons d’observation confère un petit côté cocasse et soulage l’atmosphère après cette entrée brutale. Bien que la légende n’inspire pas vraiment le détective (et Cushing est parfait pour incarner le dédain), un détail dans le récit du docteur l’intéresse soudain et il accepte de protéger l’héritier, sir Henry. Un sir Henry qui se ridiculise en prenant le détective pour le directeur de l’hôtel mais, là aussi, l’incongruité de la scène est désamorcée par un petit détail. Dans cette première scène réunissant Peter Cushing et Christopher Lee, le premier domine outrageusement le second ! Tout à fait conforme au roman et des acteurs qui maîtrisent leurs rôles. L’ajout de l’épisode de l’araignée imaginé par le scénariste apporte brusquement une note angoissante très bien soulignée par la musique (qui sera de très bonne facture) ; le gros plan sur le visage de Lee montre vraiment l’effroi d’un homme qui voit la mort à quelques centimètres de lui. A contrario, le regard de Cushing est celui d’un homme déterminé et impressionnant de force et de concentration. Les acteurs n’auraient pu mieux rendre le caractère de leurs personnages

Le manoir Baskerville où se rend sir Henry avec Watson ne nous sera pas montré de l’extérieur (hormis des marches) mais l’intérieur est conforme à l’image du manoir britanniques d’une aristocratie avant tout rurale. Pure image de l’Angleterre éternelle que le majordome Barrymore à qui John Le Mesurier confère un maintien raide, un brin guindé mais stylé. Pas étonnant que quelques années plus tard, Brian Clemens ait songé à lui pour l’école des gentlemen des Avengers. L’interrogatoire de Barrymore par Watson ne nous apprend pas grand-chose mais le zoom sur le visage du majordome accentue l’effet dramatique. Nous sentons que nous sommes entrés dans la zone dangereuse et cette tension sous-jacente soutien notre intérêt.

Typique de la méthode de déconstruction/reconstruction pratiquée par la Hammer est le personnage de Frankland. Dans le roman, c’est un procédurier aigri et au caractère de cochon. Ici, c’est un pasteur (!) , entomologiste par passion, extraverti, volubile et porté sur le sherry (le porto). Il apporte certes de la légèreté et une dose d’humour comme les Excentriques de Chapeau melon mais on est perplexe sur cette figure qui ne colle pas vraiment avec l’atmosphère angoissante. En fait, ce personnage est loin d’être inutile mais il ne réalise rien par lui-même. Les banalités qu’il débite à sir Henry puis sa discussion ultérieure avec Holmes auront une importance et il apporte une explication capitale sans avoir l’air de le comprendre. Il faut tout voir pour apprécier la subtilité que Peter Bryan a réussi avec cette trahison du roman. Autre exemple : les figures de Stapleton et de sa fille Cécile. Le premier est un rustre mal dégrossi et sec dont chaque phrase semble brutale. Ewen Solon ne rend pas du tout sympathique le personnage. Quant à Cécile, sa première apparition est plutôt « légère » mais on parle ici de sa tenue et de sa posture. Marla Landis apporte la brève touche d’érotisme maison qui est d’autant plus savoureuse qu’elle porte des vêtements bleus et rouges ; couleurs traditionnellement attribuées à la Vierge Marie !

Tous les personnages présentés, l’action va monter crescendo avec des épisodes étranges et dramatiques. Les scènes de bougies par exemple. La poursuite de Selden, le forçat évadé dont on nous appris l’existence dès l’arrivée de Watson et sir Henry ce qui ne rassure pas et a donné une réalité à une menace virtuelle. Cette poursuite permet d’admirer deux choses : la pauvreté des décors de rochers (d’où une poursuite plutôt courte !) et un curieux effet de brume qui entoure Watson et sir Henry sortant du manoir mais qui a disparu la scène suivante ! L’attaque cardiaque de ce dernier est une innovation inutilement dramatique et qui n’aura guère d’incidences. Sans doute le scénariste voulait-il inquiéter le public quant au sort de sir Henry. Cela marchait peut-être en 1958 mais aujourd’hui l’effet est singulièrement émoussé. Cette « innovation » est d’ailleurs propre à la Hammer. Par contre, le décor de l’abbaye que nous avons admiré brièvement au départ sert aux retrouvailles de Watson avec Holmes. C’est un bel effet gothique dans la plus pure tradition des ruines issues de la Réforme anglicane et dont la littérature « gothique » (pour reprendre l’expression de Maurice Lévy) a su faire ses choux gras au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. La Hammer se place ici comme héritière de ce « romantisme noir ». La survenue de Peter Cushing est aussi excellemment mise en scène avec une certaine dramaturgie et la cape qu’arbore l’acteur entre en résonnance avec la mythologie Hammer.

L’intrigue secondaire avec Selden connaît une issue tragique avec la mort brutale de ce dernier. Nous ne verrons rien mais les cris d’horreur entendus mettent vraiment mal à l’aise. Que le corps eut été déplacé ensuite ne se justifie pas du point de vue de l’intrigue mais permet d’admirer les traces de sang sur la pierre. Si le décor de la lande est minimaliste, et souvent faux, le décor de l’abbaye même en plein jour résonne beaucoup plus juste et que ce lieu autrefois saint ait été profané par une entité maléfique est bien sûr tout sauf un hasard. Terence Fisher n’était peut être pas anticatholique ni athée mais il a su tout au long de sa carrière utiliser avec réussite le cadre chrétien pour en faire un décor horrifique et symbolique. Ici, il y a eu profanation. Ailleurs, un savant se prendra pour Dieu. Dans un autre registre, Peter Cushing sait montrer l’empathie de Holmes envers les Barrymore qui aidèrent le forçat dans sa vie misérable sur la lande.

Le dénouement va se faire autour d’une invitation à dîner lancée par Stapleton et Cécile qui aguiche franchement le hobereau ! Curieusement, le baiser fougueux échangé entre la jeune femme et sir Henry est suivi d’un regard absent de celle-ci alors que lui ne la voit pas. Le personnage semble en équilibre instable et le costume trois-pièce de son père contraste furieusement avec son langage rude et ses manières sèches. Quelque chose ne colle pas. Quelque chose que Sherlock Holmes a découvert dans un portait manquant.

Malheureusement, cet engrenage dramatique a été en partie saboté par l’exploration d’une mine d’étain tout à fait inutile et qui ne sert qu’à allonger le film (pourtant court) et à rajouter un effet dramatique dont on n’a que faire. Si elle doit jeter la suspicion sur une possible culpabilité du docteur Mortimer (ce qui doit être le cas car on peut la relier à des situations mineures mais équivoques), ce n’est pas assez appuyé et il aurait fallu pour cela modifier plus profondément le récit de Conan Doyle.

sir Henry devra traverser la lande avec Cécile qui l’emmène dans l’abbaye où elle tombe le masque : elle est une Baskerville et elle crie vengeance contre la branche de la famille qui a réussi quand la sienne criait misère ! La musique angoissante et répétitive, un nouvel effet de brume dans l’abbaye donnent une force angoissante à l’étrangeté du lieu et font ressortir la folie dans les yeux de Marla Landis qui réalise là une très belle prestation.

Le Chien, qui n’a été que suggéré par des hurlements jusqu’à présent, se montre enfin et il n’est pas trop mal fait même si le scénario préfère parler d’un masque plutôt que d’utiliser le phosphore du roman. Néanmoins, l’attaque est un beau moment d’action et d’angoisse qui couronne une montée en puissance globalement maîtrisée. La lutte est féroce, un peu confuse (on se demande un instant où est passé Peter Cushing et ce qu’attend Holmes pour tirer) mais on en est plutôt satisfait. Christopher Lee nous montre un sir Henry pour qui on a de la compassion. Il a perdu la femme dont il était tombé amoureux et il a failli perdre la vie. Il y a de quoi être sonné ! Dans cette bataille finale, Watson se montre efficace. Tout au long du film, André Morell a composé un Watson plutôt fidèle à son modèle canonique. Loin de tout comprendre, il n’est pourtant pas un benêt (Holmes n’a pas besoin de lui raconter un roman pour qu’il saisisse ce qu’implique le portait disparu) et il inspire le détective par ses commentaires. En outre, il montre un grand courage, une fidélité et une loyauté remarquable. Sans doute un des meilleurs Watson du cinéma.

Anecdotes
Sortie française : 22 décembre 1959
Scénario de Peter Bryan, d’après le roman de sir Arthur Conan Doyle
Réalisation de Terence Fisher
Le tournage s’est déroulé en septembre-octobre 1958.
C’est le premier long-métrage mettant en scène les aventures de Sherlock Holmes à être tourné en couleur.
Lorsque le pasteur parle de la tarentule à Holmes, il dit que c’est un insecte. Erreur surprenante pour un entomologiste puisque les araignées, comme les scorpions, sont des arachnides. Ces derniers ont huit pattes, les insectes six.
Peter Cushing reprendra le personnage de Sherlock Holmes en 1968 dans une série télévisée britannique débutée en 1964-1965, ainsi qu'en 1984 dans le téléfilm Les Masques de la mort.
Dans la scène où le chien des Baskerville tue Stapleton, on s'aperçoit en fait que c'est l'acteur Ewen Solon qui attrape le chien et non l'inverse. Si on regarde bien, le chien ne se précipitait pas vers l'acteur ce qui aurait eu pour effet de faire rater la scène.
Peter Bryan (1919-1972) : on lui doit les scenarii de Les maîtresses de Dracula (1960), l’invasion des morts-vivants (1966), Le défi de Robin des Bois  (1967), Les Diablesses (1973).
C’est le seul film « Sherlock Holmes » de la Hammer mais Terence Fisher réalisera en 1962 Sherlock Holmes et le collier de la mort avec Christopher Lee dans le rôle du détective.
André Morell/Watson : acteur britannique (1909-1978), vu au cinéma dans Le Grand alibi (1950), Le serment du chevalier noir (1954), Le pont de la rivière Kwaï (1957), Ben-Hur (1959), La déesse de feu (1965), L’invasion des morts-vivants (1966), Dans les griffes de la momie (1967), Jeanne, papesse du diable (1972), Barry Lindon (1975). Il a aussi tourné pour la télévision : Othello (1950), Chapeau melon et bottes de cuir (1963), Doctor Who (1966)
John Le Mesurier/Barrymore :  acteur britannique (1912-1983), de son nom complet John Charles Elton Le Mesurier De Somerys Halliley,  il fit des études de juriste mais se tourna vers la comédie. Il débuta au cinéma à la fin des années 50 mais son rôle le plus populaire est celui du Sergent Wilson dans Dad's Army (1968-77). Au cinéma, on a pu le voir dans La bataille du Rio de la Plata (1956), Ben-Hur (1959), La Panthère rose (1963), Le frère le plus futé de Sherlock Holmes (1975), Jabberwocky (1977). Il est décédé d'une cirrhose du foie.
Ewen Solon/Stapleton : acteur néo-zélandais (1917-1985), vu au cinéma dans Rob Roy (1953), Les briseurs de barrage (1956), Les étrangleurs de Bombay (1959), Tarzan le magnifique (1960), La nuit du loup-garou (1961), Le message (1977), La dépravée (1983).
Marla Landis/Cécile : actrice italienne née Marcella Teresa Maria, elle a joué au cinéma dans L’attaque de San Cristobal (1962) mais surtout à la télévision : Ivanhoé (1958), The Invisible Man (1959), Destination danger (1961). Elle cesse de tourner après 1969.
Le Chien des Baskerville est un roman publié en 1902. Conan Doyle ne voulait plus écrire d’histoires avec Sherlock Holmes mais, face à la demande du public, il accepta d’écrire ce roman qui se situe chronologiquement avant la « mort » du détective survenue dans Le dernier problème.
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Ven 15 Déc 2017 - 15:11

La malédiction des Pharaons (The Mummy, 1959) ****
 

Résumé
A la fin du XIXème siècle, trois archéologues anglais découvrent en Égypte le tombeau d’une grande prêtresse, Ananka. Malgré les mises en garde d’un mystérieux Égyptien, ils entrent dans le tombeau. L’un d’entre eux va devenir brusquement fou puis périr assassiné. La malédiction est en marche !

Critique
Un film splendide de l’époque inventive de la Hammer. Il règne une énergie, un allant qui transcende le manque de moyens, à commencer par « l’Égypte » plus que reconstituée en studio ! Mais l’histoire est solide, rythmée, monte progressivement en tension pour finir en apothéose. Chose rare, il y a même de courtes scènes d’humour ! Les acteurs sont en forme. On tient un des chefs-d’œuvre de la Hammer.

Qui dit malédiction dit maudits. Depuis Toutankhamon, c’est bien connu. On se doute que l’équipe d’archéologues est concernée mais l’originalité de Jimmy Sangster c’est d’en faire une famille. Il y a le père, Stephen Banning, à qui Félix Aylmer confère une allure à la fois bonhomme mais digne, absolument pas l’archéologue excentrique ou rapace, un père aimant et proche de son fils ; le frère, Joseph, campé plus classiquement par Raymond Huntley et le fils, John Banning joué par le grand Peter Cushing qui réalise une performance formidable, bon dans l’émotion (scène où il rend visite à son père affaibli) mais encore meilleur en homme déterminé. Pendant un temps, on se demande si Yvonne Furneaux n’est pas seulement la caution féminine, une jolie mais anecdotique silhouette et on aurait tout faux ! Les malédictions se mettent en branle de deux façons : soit les « victimes » les activent d’elles-mêmes (à leur insu bien sûr) soit elles sont guidées par des sectateurs, disons des cultistes pour faire un clin d’œil à Lovecraft (qui écrivit lui-même pour Houdini Prisonnier des Pharaons en 1924). C’est l’option retenue ici avec Méhemet, joué avec brio par George Pastell. Mettre en garde les « profanateurs » c’est courant mais, ici, la vigie est aussi le bourreau et l’acteur met une force dans son jeu qui le rend menaçant même sous un vernis mondain. La scène qu’il partage vers la fin avec Peter Cushing est fantastique par la courtoisie absolue que mettent à se parler deux hommes dont l’un sait que l’autre veut l’assassiner ! Il faut aussi écouter les arguments de Méhemet pour qui les « profanateurs » doivent être punis. Un discours d’une grande actualité !

Une malédiction vient toujours de quelque part. C’est quelque chose qui n’est pas désincarné. Le scénariste saisit le moment de calme qui vient après le premier meurtre pour revenir en arrière et exposer les tenants et les aboutissants. Le moment est important car le spectateur n’a pas besoin de tout savoir d’emblée, cela sacrifierait la tension et enlèverait tout rythme et surtout tout suspense. Il y a menace mais la victime, à la différence du spectateur, ne le sait pas. En exposant après le meurtre, le pourquoi de la malédiction, Jimmy Sangster relance le film et alourdit la menace sur les survivants qui, eux, ont désormais une chance. Tout ce passage dans « l’Égypte ancienne » fait gentiment sourire par la reconstitution aussi crédible que les fresques de Cnossos remaniées par Lord Evans. En clair, c’est du toc. Parler de « sacrifices sanglants » est une pure invention du scénariste destinée à effrayer le spectateur. Si l’on a tué autrefois pour protéger la sépulture de la grande prêtresse Ananka, on peut tuer à nouveau ! Deux éléments sont à retenir néanmoins. Le premier, c’est la pudeur de Terence Fisher. Lorsqu’il filme la momification d’Anaka, il veille à montrer le moins possible le corps nu d’Yvonne Furneaux. Il filme de loin, place une colonne pour masquer le poitrine. Quel contraste avec le traitement plus « sensationnaliste » qu’adoptera le studio dans les années 70 ! Ensuite, Kharis, le grand prêtre, est incarné par Christopher Lee. On constate qu’en cette année 1959, il reste largement un second rôle pour la Hammer malgré le succès du Cauchemar de Dracula l’année précédente. L’acteur donne une allure grandiose, d’un sérieux papal à cet homme qui va commettre une profanation et en payer le prix.

Une malédiction a besoin d’un bras armé et quoi de mieux qu’une momie pour venger la profanation d’un tombeau égyptien ? En momie, Christopher Lee se débrouille très bien. Il a une allure dégingandé qui met mal à l’aise car la haute taille de la momie (« Au moins 2,50 mètres » selon un témoin !) lui confère d’emblée quelque chose de menaçant. Dans cette démarche, on retrouve également un peu de la créature de Frankenstein mais, son maquillage de boue séchée et le fait que la momie soit éveillée puis guidée par un parchemin (que l’invocation soit lue en anglais ne dérange semble-t-il personne !) l’apparente davantage au Golem de la Kabbale juive. Le Golem avait pour mission de protéger la communauté juive de Prague. Entre protéger et venger, il y a peu de chemin.

Mais une malédiction se terrasse finalement. C’est là qu’Yvonne Furneaux se révèle pleinement. Elle a profité de son temps de jeu pour donner un peu de crédibilité à son rôle d’épouse de Peter Cushing. Ça ne fonctionne pas tout à fait mais il est vrai qu’il est difficile d’exister aux côtés de cet acteur charismatique. En revanche, et Terence Fisher a raison d’insister, elle a des yeux magnifiques ; des yeux qui l’apparentent à travers les âges à Ananka. Avec habileté, le scénariste a comme « répété » la scène où Christopher Lee tente (une nouvelle fois !) de tuer Peter Cushing. Du coup, le spectateur a une crainte (car la tension est forte) et un espoir en même temps. Les scènes sont à la fois proches et différentes, si bien que, à la fois, on pressent ce qui va arriver, quel rôle important Yvonne Furneaux va jouer ; on se demande jusqu’au bout comment l’histoire va finir.

Anecdotes
Scénario de Jimmy Sangster
Réalisation de Terence Fisher
Sortie anglaise : 25 septembre 1959 Sortie France : 30 décembre 1959
La marche de la momie par Christopher Lee n’était pas évidente. En plus des blessures au dos et à l’épaule, il s’est également blessé aux genoux et aux tibias en faisant des scènes dans le «marais» du studio - il ne pouvait pas voir où étaient les divers tuyaux et raccords sous l’eau marécageuse.
Une porte que Christopher Lee doit percer a été accidentellement verrouillée avant que la scène ne soit prise. L’épaule de Lee a été disloquée quand il a cassé la porte, mais la scène reste dans le film.
Ce fut le premier film réalisé après que Hammer eut conclu un accord officiel avec Universal (alors Universal International) leur permettant de faire des remakes de leurs films d'horreur classiques. Dans ce film, par exemple, l'accord avec Universal leur a permis d'utiliser le nom de « Kharis ».
Le directeur de la photographie Jack Asher a voulu donner l’impression que le tombeau n’avait pas été ouvert depuis des milliers d'années. Il a donc fait monter un membre de l’équipe sur les podiums au-dessus de l'appareil pour pulvériser de l’eau avant chaque scène. À mesure que les particules d’eau descendaient, elles emportaient toute la fumée et la poussière, laissant l’air complètement dégagé.
Bien que conçu comme un remake de La momie (1932), l'intrigue du film et la plupart de ses principaux personnages sont tirés de La main de la momie (1940) et La tombe de la momie (1942). Il n’y a aucun crédit à aucune source préexistant du tout.
Dans Flesh and Blood: The Hammer Heritage of Horror (1994), Peter Cushing a affirmé qu’il a suggéré la scène dans laquelle il transperce la momie avec une lance. Il a été inspiré par l'affiche de pré-production qui montre la momie avec un axe de lumière qui la traverse.
Pour John Carpenter, « Dracula, Frankenstein et La momie forment la base sur laquelle s’est bâtie la Hammer »
Après la créature de Frankenstein, Christopher Lee reprend un rôle précédemment tenu par Boris Karloff
Yvonne Furneaux/Isabelle Banning-Princesse Anaka : actrice française, elle a fait l’essentiel de sa carrière dans le cinéma britannique. Lancée par L’Opéra des gueux (1953), elle joue dans Le Vagabond des mers la même année avec Errol Flynn. Michelangelo Antonioni lui confie un des principaux rôles de Femmes entre elles (1955) puis c’est Fellini qui la fait jouer dans La dolce vita (1960). Suivront Répulsion (1965), Le scandale (1967), Au nom du peuple italien (1971). Elle arrête ensuite sa carrière.
Eddie Byrne/inspecteur Mulrooney : acteur irlandais (1911-1981), vu au cinéma dans Révolte dans la vallée (1954), Vainqueur du ciel (1956), Dunkerque (1958), Jack L’Éventreur (1959), Les révoltés du Bounty (1962), L’île de la terreur (1966), Star Wars épisode IV : un nouvel espoir (1977). Il a joué également pour la télévision : Robin des bois (1957), Le Saint (1962, 1965, 1966, 1969), Alias le Baron (1967), Département S (1969).
Félix Aylmer/Stephen Banning : acteur anglais né Felix Edward Aylmer Jones (1889-1979), il a beaucoup joué au théâtre avec Laurence Olivier. Au cinéma, on a pu le voir dans Marie Tudor (1936), Train de nuit pour Munich (1940), Henry V (1944), Alice au pays des merveilles (1949), Quo vadis ? (1951), Ivanhoé (1952), Le vagabond des mers (1953), Exodus (1960), Le deuxième homme (1963). Il fut anobli officier de l’Ordre de l’Empire britannique.
Raymond Huntley/Joseph Whemple : acteur anglais (1904-1990), il a joué dans Train de nuit pour Munich (1940), Les briseurs de barrage (1955), Les griffes du lion (1972).
George Pastell/Mehemet Bey : acteur chypriote (1923-1976), né Nino Pastellides à Nicosie. Il a joué dans Les étrangleurs de Bombay (1960), Maniac (1963),  Bons baisers de Russie (1963), Les maléfices de la momie (1964), La déesse du feu  (1965), Les turbans rouges (1967). Il meurt d’une crise cardiaque. A noter que jusqu’en 1960, Chypre est une colonie anglaise.
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Jeu 4 Jan 2018 - 14:04

Les vierges de Satan (The Devil Rides out, 1968)
***

Résumé
Pour sauver son ami Simon tombé dans les griffes d’une secte sataniste, le Duc de Richleau va devoir se confronter à un être redoutable.

Critique
Disons-le d’entrée, le titre français est inepte et bassement sensationnaliste. Comme toujours avec la Hammer, ses trucages en bout de ficelles sont un régal par leur désuétude. S’il est sans surprise, ce film a plusieurs particularités qui en font un Hammer de bonne cuvée. D’abord, chose rarissime, Christopher Lee incarne le gentil de l’histoire ! Du coup, il a des lignes de textes comme il en aura peu !! Ensuite, l’histoire, pour linéaire qu’elle soit, prévisible, est captivante par le travail d’atmosphère et une réalisation « habitée » de Terence Fisher. Le fantastique est quasiment réduit à rien et il aurait mieux fallu qu’il n’y en ait pas du tout car cela n’aurait donné que plus de force à ce drame.

Le film donne un aperçu intéressant pour les simples profanes sur l’univers de la magie et notamment sur la magie noire. Mise en abyme intéressante, le « spécialiste » dans le film, le Duc, est incarné par Christopher Lee qui, à la ville, était lui-même passionné d’ésotérisme. Cela donne un incontestable terreau sérieux au matériau et une conviction aux paroles du Duc. Symétriquement, il y a forcément un incrédule. C’est Léon Greene (Rex) qui s’y colle. Dommage que l’acteur, qui sert pour les scènes « d’action » et aussi « sentimentales », manque de force car il est le porte-parole du spectateur qui ne comprend pas forcément les tenants et les aboutissants de tout cela. En les lui expliquant, le Duc nous les explique à nous.

Moment fort,  le sabbat, autrement dit une réunion des adorateurs de Satan. Rex y a été conduit par…une procession de Bentley ! On aurait presque pu s’attendre à voir John Steed se glisser parmi les adeptes façon Le Repaire de l’Aigle ! Le charisme de Mocata (Charles Gray) donne une force à cette cérémonie démoniaque et ce n’est pas sans dégoût qu’on le voit – on le devine – égorger un bouc dont le sang est recueilli dans une coupe. Un sang très rouge, comme toujours chez Terence Fisher. Lorsque le Duc survient, l’ambiance est particulièrement débridée (les cultistes sont complètement ivres) jusqu’à l’apparition…jusqu’à une apparition qui a du mal à ne pas nous faire rire tellement elle est grotesque. Là, le sérieux académique de Lee joue contre lui. C’est un de ces aspects « fantastiques » qui a très, mais alors très mal vieilli. A lier avec cet épisode, cette scène où Mocata hypnotise Marie – une amie du Duc – magnifiquement filmée par un rapprochement progressif de la caméra sur le duo. Séducteur, Mocata capte l’attention. Terence Fisher a mis l’accent sur le fantastique regard bleu glacial de Charles Gray puis il le place hors champ et seule sa voix nous parvient alors que nous sommes focalisés sur une femme qui devient de plus en plus vulnérable alors qu’extérieurement elle semble n’avoir pas changé. Charles Gray est parfait dans ce rôle inquiétant avec ses manières très aristocratiques.

Le film s’articule autour de la traditionnelle lutte du Bien et du Mal ; la magie noire servant de décor de théâtre. D’un côté, il montre la séduction des Ténèbres au travers des personnages de Simon et de Tanish. Le premier est sur le point d’être initié au début du film ; le retrouver puis empêcher cette initiation est le premier moteur de l’action. La seconde est l’adepte déjà convaincue ; rompre le joug mental prend le relais comme dynamique du récit. Dommage là aussi que les deux acteurs soient si peu emballants l’un comme l’autre ! D’un autre côté, le film montre que, s’il y a des personnes qui se laissent séduire, il y en a d’autres qui combattront toujours cette séduction. Aussi deux combats  scandent le récit. Le premier, avec le traditionnel cercle à la craie qui protège les protagonistes, est le meilleur. Le jeu des acteurs, Lee en tête, captive et donne un sens et une réelle épaisseur dramatique à ce qui va suivre. La tension monte, la musique est effrayante et Terence Fisher parvient à créer une atmosphère d’effroi. La nécessité de combattre le scepticisme, les manœuvres incessantes d’un ennemi invisible pour rompre le cercle, une apparition filmée en contre-plongée pour en faire ressortir la puissance démoniaque. C’est saisissant. En revanche, le second, pourtant capital, est expédié : on tique devant le manque de nerf de la scène et entendre le Duc dire qu’il n’ose pas prononcer une incantation qui pourrait tout arrêter mais qui est très dangereuse ne convainc pas. Lee en premier d’ailleurs. Le coup de théâtre final est complètement téléphoné – disons peu « inspiré » pour rester dans l’esprit !

Anecdotes
Sortie anglaise : 20 juillet 1968. Sortie US : 18 décembre 1968. Sortie France : 5 octobre 2005 (DVD)
Scénario : Richard Matheson, d'après le roman de Dennis Wheatley, The Devil Rides Out.
Richard Matheson (1926-2013), écrivain et scénariste américain, spécialiste de l’épouvante et du fantastique. Diplômé en journalisme, il s’installe en 1949 en Californie et se lance dans l’écriture. Sa première nouvelle, Le Journal d’un monstre, est publiée en 1950. Il publie ensuite Je suis une légende (1954) et L’homme qui rétrécit (1956). Il se tourne également vers le cinéma et la télévision, collaborant aux séries La Quatrième Dimension (1959-1964) et Star Trek (1965-1969). Il a aussi écrit le scénario de Duel (1971) adapté de sa propre nouvelle, diffusé à la télévision et réalisé par Steven Spielberg. Au cinéma, il a écrit le scénario de La Chute de la maison Usher (1960) pour Roger Corman, Le Corbeau (1963, Corman). Il collabora aussi au film Les Dents de la mer 3 (1983).
Le Livre de Zohar : le titre exact de cet ouvrage est Sepher ha-Zohar soit « Livre de la Splendeur ». Œuvre maîtresse de la Kabbale (ésotérisme juif), il aurait été rédigé vers 1270/1280. Écrit en araméen, son objet essentiel est l’union mystique avec le divin.
Le Duc parle de la Nuit de Walpurgis. Fête païenne célébrée dans la nuit du 30 avril au 1er mai, elle marquait la fin de l’hiver. Dénoncée par l’Église qui considérait les divinités païennes comme des « démons », elle acquit une réputation sulfureuse. Les écrivains s’en sont abondamment inspirés (Gustave Meyrink, Bram Stocker, H.P. Lovecraft…)
Sabbat : Malgré la synonymie, il n’y a aucun rapport entre la réunion des sorcières et le jour de repos du judaïsme. L’origine du mot est discutée et pourrait venir du latin sabae « la chèvre ». Bien que le concept puise dans l’Antiquité classique, son contenu devient fixe à partir du XVème siècle : « il y a des sorciers et des sorcières, ils s'enduisent le corps d'un onguent fait de chair d’enfants sacrifiés rituellement, ils volent dans les airs vite et loin à cheval sur des animaux ou des balais, ils se rassemblent alors dans un lieu écarté, ils participent là à une cérémonie présidée par le Diable qui est représenté par un bouc, ils adorent le Démon et lui baisent l'anus (osculum infame), ils renient la foi chrétienne, ils piétinent les insignes du christianisme, la cérémonie se termine par une orgie générale où les sorciers s’accouplent avec des démons succubes et les sorcières avec des démons incubes. Suit un grand festin au cours duquel sont dévorés des enfants préalablement mis à mort rituellement. » (Cité par Jean-Pierre Sallman : Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes) [Source : Wikipédia]. Le sabbat des sorcières est aussi un tableau de Goya.
Le domestique de Richard et Marie appelle le Duc « Votre Grâce » ; c’est en effet la manière officielle de nommer les détenteurs de ce titre. Les nobles de rang inférieur (de baron à marquis) sont appelés « Lord ».
Le duc de Richleau arbore la Légion d’honneur. Celle-ci est rouge ; symbole de la magie rouge (magie qui concerne l’affectif).
Ce fut le dernier film de Terence Fisher avec Christopher Lee en vedette. « Nous avons eu des fous rires formidables, se rappelle l’acteur. A chaque fois qu’il m’offrait un gros plan, je marchais ostensiblement vers lui et lui mettait un billet de cinq livres dans la main. Il était plutôt bon acteur et nous le faisions de telle façon que tout le monde croyait que je venais de le corrompre. »
Le film fut un échec public.
Charles Gray/Mocata : acteur britannique né Donald Marshall Gray (1928-2000), on a pu le voir dans La nuit des généraux (1966), On ne vit que deux fois (1967), The Rocky Horror Picture Show (1975), Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express (1976), Le miroir se brisa (1980). On l’a vu aussi dans les séries télévisées Bergerac (1985), Les Chroniques d’Arslan (1991), New York section criminelle (2002, dernier rôle référencé). Ses rôles les plus connus sont ceux de Blofeld dans Les diamants sont éternels (1971) et Mycroft Holmes dans la série Sherlock Holmes de la Granada (1985, 1994).
Nike Arrighi/Tanish Carlisle : actrice française, un de ses premiers rôles est une gitane dans Le Prisonnier (1967), elle rejouera pour la Hammer dans Comtesse Dracula (1971). On la retrouve dans Trois milliards sans ascenseur (1972), La nuit américaine (1973), Stavisky (1974). Au milieu des années 1970, Nike Arrighi épousa le prince Paolo di Borghese et se retire du cinéma. Depuis, elle a travaillé comme aquafortiste, spécialisée dans les gravures en cuivre de décors et d'architecture autour de Rome.
Leon Greene/Rex : acteur britannique, vu dans Le forum en folie (1966), Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express (1976), Flash Gordon (1980). A la télévision, il a joué dans Le Saint (1967), Chapeau melon et bottes de cuir (1967), Amicalement vôtre (1972), Matlock (1987), The Six wiwes of Henry VIII (mini-série documentaire, 2001).
Patrick Mower/Simon : acteur britannique, il a joué dans Swizzlewick (TV, 1964), Chapeau melon et bottes de cuir (TV, 1966), Haunted (TV, 1967-1968), Suceurs de sang (1970), Paul Temple (TV, 1971), Jason King (TV, 1972), Poigne de fer et séduction (TV, 1973), Cosmos 1999 (TV, 1976), Target (TV, 1977-1978), Bergerac (TV, 1981), Les nouveaux professionnels (TV, 1999), Emmerdale Farm (TV, 2001-2017)
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Lun 15 Jan 2018 - 14:16

Dracula, prince des ténèbres (Dracula : prince of darkness, 1966) ****


Résumé
Alors qu’ils se sont égarés, deux couples d’Anglais deviennent la proie du comte Dracula.

Critique
Second film de la Hammer sur Dracula, ce film est pourtant le plus original tout en empruntant de nombreux traits au roman de Bram Stocker. C’est une nouvelle et brillante réinterprétation du mythe forgé par l’écrivain irlandais.

D’emblée, le spectateur est prévenu : nous sommes dans une suite (dix ans après apprendrons-nous plus tard) avec la reprise du final du film précédent. La Hammer joue très finement ce coup-là : la surprise ne pouvant plus être de mise, la firme joue la connivence avec le spectateur. Nous savons ce que nous allons voir et pourtant, alors que l’intrigue pourrait passer pour linéaire, elle suit au contraire une progression logique, conforme à l’esprit du roman. Le film crée le leitmotiv de la résurrection ; procédé qui sera utilisé pour les films suivants à l’exception de celui de Roy Ward Baker.

Les éléments repris du roman composent donc le cadre identifiant et forment une trame de références qui enferment le spectateur dans le récit. Les voyageurs rencontrent une calèche mystérieuse or c’est ainsi que Jonathan Harker est amené au château (ce dont FW Murnau se souviendra également dans son Nosferatu de 1922). Une partie de l’action se déroule dans un monastère. C’est précisément dans un monastère qu’Harker fait sa convalescence. Il y a plus probant encore. Le personnage de Ludwig, par exemple, avec son allure annonçant le professeur du Bal des vampires (Polanski, 1967). Quand on le voit gober des mouches, il est évident que c’est une référence à Reinfield. Le spectateur sait alors indubitablement ce qui va survenir. Ce qui fait monter la tension ! La manière, enfin, dont le comte invite sa proie soumise à sucer son sang à même sa poitrine dénudée. Dans le roman, c’est de cette façon, et non en la mordant, que Dracula prend l’ascendant sur Mina.

Si ce film joue la connivence, il s’astreint néanmoins à un excellent travail sur la production. Hormis la difficulté persistante de la Hammer de distinguer le jour et la nuit (qui tombe vraiment très vite !), c’est vraiment très bien fait. Toute l’atmosphère est ciselée pour faire ressentir l’angoisse puis la peur. Les quatre Anglais sont nos yeux et nos oreilles. Comment ne pas ressentir comme eux l’étrangeté vaguement menaçante de ce château ouvert, de cette table mise, de ce serviteur sinistre et en même temps si prévenant ? On a même une seconde de sourire quand Diana affirme qu’« On ne va pas s’ennuyer » ! La visite du château réalisée par une caméra lente avec une musique traînante nous angoisse et cela culmine dans une effroyable scène de sacrifice ! Le décor du château est le même que dans le précédent film sauf pour la crypte très bien faite, grandiose et majestueuse. Par contre, les scénaristes devraient revoir leur géographie. On nous parle de « Carlsbad » (c’est même écrit sur un panneau). Or, s’il y a une ville de ce nom en Allemagne et une autre en République tchèque (à l’époque, Autriche-Hongrie), il n’y en a aucune dans les Carpates et la forêt ne ressemble en rien à la végétation de la région. Au passage, les Carpates sont des montagnes. Il n’y en a aucune dans le film ! La précision, ce n’est vraiment pas le problème de la Hammer !

Les acteurs participent pleinement à cette réussite. Christopher Lee est d’une classe formidable même s’il n’a aucune ligne de texte ! Dracula ne parle plus : il feule ! Cela ne lui enlève aucunement sa séduction maléfique. Il y a même une étrange douceur avec sa première victime, comme une pudeur. Dracula n’est plus un noble distingué mais un prédateur uniquement motivé par la soif de sang. Terence Fisher rejoue plus loin la scène de l’hypnose avec ces gros plans sur les yeux du monstre et de sa proie devenue consentante dans une scène qui prend son temps. Le réalisateur réussit à rythmer son film sans temps morts tout en sachant poser les scènes fortes. Il parvient même relativement bien à réussir sa scène finale – ce qui n’est pas toujours le cas chez la Hammer !

Andrew Keir reprend d’une certaine manière le rôle tenu par Peter Cushing avec un grand talent. Là aussi, le scénario modifie la figure du « sachant » : il intervient en deux temps d’abord pour prévenir puis pour agir. La tenue monastique lui va comme un gant même si, ainsi que le reconnaît le personnage, il est un peu « excentrique » ! Il est intéressant de voir comment les quatre acteurs qui jouent les deux couples sont utilisés. Dans une optique de fidélité à Stocker, il y a logiquement un couple sacrifié et un autre triomphant. La similitude va même plus loin puisque, dans les deux cas, il y a une femme séduite et une femme, disons « fidèle ». La prestation de Barbara Shelley – clairement l’atout majeur du film derrière Christopher Lee –  est absolument remarquable. L’actrice joue sur toute une gamme allant de la hauteur de l’Anglaise en voyage à l’étranger à la violence du monstre sur le point de mourir et qui se débat avec une vigueur qu’on n’aurait pas cru au départ ! C’est tout le talent de Barbara Shelley d’avoir su marquer la césure entre la femme vivante et la femme morte-vivante, y compris physiquement. La mort ne manque pas de charme, certes, mais elle est tout de même la mort !

Anecdotes :
Sortie anglaise : 9 février 1966 Sortie française : 21 décembre 1966
Scénario :  John Samson (Jimmy Sangster) et John Elder (Anthony Hinds)
Réalisation : Terence Fisher
Probable référence à Alexis Tolstoï (« La famille du vourdalak ») : la femme qui implore qu’on lui ouvre la fenêtre.
Le décor du studio est hivernal alors que la forêt est estivale mais, pour le critique « Jonathan Harker » (alias Pierre Philippe), il n’y a rien de choquant car le château, situé après un pont, est le domaine des morts.
Christopher Lee a dit avoir trouvé les lignes données à ce personnage si horribles qu’il a choisi de jouer en silence. Selon Jimmy Sangster, Lee se trompe, car il prétend n’avoir écrit aucun dialogue pour Dracula dans le film. Beaucoup de spéculations ont été faites autour de l’absence de dialogue pour Dracula : contrairement à ce que prétend Christopher Lee, aucuns dialogues n’aurait été trouvé dans les scripts originaux. Il avait été plus largement admis que les productions Hammer, craignant pour l’augmentation de son salaire, avait limité les apparitions de Lee au minimum et les dialogues à aucun. Cependant les aventures suivantes de Dracula joué par Lee, bien que pas particulièrement bavarde, tendent à nier cette dernière hypothèse.
Dans la scène où Dracula est « ressuscité » d’un cercueil dans lequel ses cendres ont été répandues, il ne semble pas entièrement habillé comme c’est habituellement le cas. Les vêtements ont été vus dans des scènes précédentes en attendant son retour.
Le doubleur de Christopher Lee, Eddie Powell, a été pris au piège sous l’eau pendant la scène de la noyade et s’est presque noyé.
Le propre cri de Barbara Shelley, bien que doublé par Suzan Farmer dans la version finale, peut être distinctement entendu dans la bande-annonce allemande originale du film, publié sous le titre « Blut für Dracula ».
À l’exception de la séquence de flashback d’ouverture, Dracula n’apparaît pas avant 45 minutes à mi-chemin du film.
Le magazine « Amateur Cine World » fut certainement le premier à montrer le film en couverture. Son édition de juin 1965 sortit un mois après la fin des prises de vues.
Aux États-Unis, des crocs à découper dans du carton furent distribués par la Fox (nouveau distributeur des Hammer aux États-Unis) comme produits publicitaires.
La projection de ce film le 13 juin 2015 sur Horror Channel au Royaume-Uni comporte une dédicace : « En mémoire de Christopher Lee 1922-2015 ».
Barbara Shelley/Helen Kent : actrice anglaise née Barbara Kovin. D’abord modèle, elle suit des cours d’art dramatique et a Terence Fisher comme professeur. Elle débute au cinéma dans Mantrap (1953). Elle part ensuite en Italie et adopte son nom de scène tournant 8 films en deux ans. En 1958, L’île du camp sans retour de Val Guest lui permet d’entrer à la Hammer. Elle tourne ensuite Le village des damnés (1960), Le spectre du chat (1961), La Gorgone (1964), Les monstres de l’espace (1967). Elle tourne ensuite exclusivement pour la télévision (Chapeau melon et bottes de cuir notamment) et se retire en 1990.
Andrew Keir/Père Sandor : acteur écossais né Andrew Buggy (1926-1997), on l’a vu au cinéma dans Atlantique latitude 41°(1958), L’attaque du San Cristobal (1962), Cléopâtre (1963), La chute de l’empire romain (1964), Lord Jim (1965), Les monstres de l’espace (1967), La momie sanglante (1971), Rob Roy (1995). Il a aussi tourné pour la télévision : Ivanhoé (1958-1959), Chapeau melon et bottes de cuir (1967, 1969), Les Champions (1968), Amicalement vôtre (1970), Adam Smith (1972-1973)
Francis Matthews/Charles Kent : acteur britannique (1927-2014), vu au cinéma dans La revanche de Frankenstein (1958), Raspoutine, le moine fou (1966) mais il a essentiellement travaillé pour la télévision : Robin des Bois (1958), Le Saint (1964, 1967), Chapeau melon et bottes de cuir (1967, 1968), Moi, général de Gaulle (1990). Il reste principalement connu pour la série Paul Temple (1969-1971).
Suzan Farmer/Diana Kent : actrice anglaise (1942-2017) a joué dans Les pirates du diable (1964), Le messager du diable (1965), Raspoutine, le moine fou (1966) mais essentiellement pour la télévision : Sherlock Holmes (1965), L’homme à la valise (1967), Le Saint (1962, 1965, 1968), Amicalement vôtre (1971), Angoisse (1976), Coronation Street (1978). Plus de références après 1980.
Charles Tingwell/Alan Kent : acteur australien (1923-2009), il a joué dans Les rats du désert (1953), Perdu dans la brousse (1956), Le voyageur des plaines (1957), Tarzan le magnifique (1960), Le train de 16H50 (1961), Le secret de l’île sanglante (1964), Petersen (1975), L’attaque du fourgon blindé (1978), Un cri dans la nuit (1988). Il fut aussi une figure du petit écran : Emergency (1957-1962), Les sentinelles de l’air (1966), Chapeau melon et bottes de cuir (1963, 1967), Z Cars (1968), Sherlock Holmes (1968), Homicide (1973-1977), L’Australienne (mini-série, 1983), Summer Bay (1995)
Thorley Walters/Ludwig : acteur britannique (1913-1991), vu au cinéma dans Gai, gai, marions-nous (1958), Le train de 16H50 (1961), Le fantôme de l’Opéra (1962), Sherlock Holmes et le collier de la mort (1962), Poupées de cendre (1966), Frankenstein créa la femme (1967), Le retour de Frankenstein (1969), Le cirque des vampires (1972), Le frère le plus fûté de Sherlock Holmes (1975). Il a également tourné pour la télévision : Armchait Theatre (1957), Chapeau melon et bottes de cuir (1966), Amicalement vôtre (1972), Angoisse (1973), Sherlock Holmes- Le signe des quatre (1983), David Copperfield (1986)
Philip Latham/Klove : acteur britannique, vu au cinéma dans Les pirates du diable (1964), Le secret de l’île sanglante (1965) mais il fit l’essentiel de sa prolifique carrière pour la télévision : Jesus of Nazareth (1956), Emergency-Ward 10 (1959), Destination Danger (1960), Paul of Tarsus (1960), Le Saint (1963, 1964), Z Cars (1965), Chapeau melon et bottes de cuir (1963, 1966), The Troubleshooters (1965-1972), La maison de tous les cauchemars (1980), Les professionnels (1982), Docteur Who (1983). Il se retire en 1990.
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