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Saga "La Hammer"

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Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Ven 7 Juil 2017 - 17:06


Qui a peur de la Hammer ?
Présentation générale

Dracula
1. Le cauchemar de Dracula (Dracula, 1958)
2. Dracula, prince des ténèbres (Dracula : prince of darkness, 1966)
3. Dracula et les femmes (Dracula has risen from the grave, 1968)
4. Une messe pour Dracula (Taste the blood of Dracula, 1970)
5. Les cicatrices de Dracula (Scars of Dracula, 1970)

Frankenstein
1. Frankenstein s’est échappé (The curse of Frankestein, 1957)
2. La revanche de Frankenstein (The revenge of Frankenstein, 1958)
3. Frankenstein créa la femme (Frankenstein created Woman, 1967)
4. Le retour de Frankenstein (Frankenstein must be destroyed, 1969)
5. Frankenstein et le monstre de l’enfer (Frankenstein and the monster from hell, 1974)

Monstres divers et créatures mythologiques
1. Le redoutable Homme des neiges (The Abominable Snowman, 1957)
2. Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskerville, 1959)
3. La malédiction des Pharaons (The Mummy, 1959)
4. Les deux visages du docteur Jekyll (the Two faces of Dr Jecyll, 1960)
5. La nuit du loup-garou (The curse of the Werewolf, 1961)
6. La Gorgone (The Gorgon, 1964)
7. La femme reptile (The Reptile, 1966)
8. L’invasion des morts-vivants (The Plague of the zombies, 1966)
9. Les vierges de Satan (The Devil Rides out, 1968)
10. Docteur Jekyll et Sister Hyde (Dr Jekyll and Sister Hyde, 1971)
11. Capitaine Kronos, chasseur de vampires (captain Kronos- Vampire Hunter, 1974)
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Estuaire44 le Ven 7 Juil 2017 - 17:27

Beau programme !   cheers

Dans ma bibliothèque se trouve Hammer Glamour, une encyclopédie des troublantes et magnifiques actrices de la Hammer. Si cela t'intéresse je te l'apporte à la prochaine réunion. Attention, l'iconographie est superbe, mais les textes sont en anglais.

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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Ven 7 Juil 2017 - 17:32

Je prends quand même ! Je trouverai bien une poire pour la soif !
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Estuaire44 le Ven 7 Juil 2017 - 18:35

Ok, n'hésite pas à m'en reparler le moment venu !
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Jeu 3 Aoû 2017 - 13:44

Dans le cadre de son été "Fish'n ship" (sic), Arte vous propose, dimanche soir, une soirée pas piquée des vers :

A 21H, "Shaun of the Dead" d'Edgar Wright

A 22H45, un documentaire sur la Hammer : http://www.arte.tv/fr/videos/073074-000-A/terreur-et-glamour-montee-et-declin-du-studio-hammer
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Estuaire44 le Jeu 3 Aoû 2017 - 13:52

Sans aucun doute une bonne soirée, la programmation estivale anglaise d'Arte est d'excellente qualité !!
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Estuaire44 le Ven 4 Aoû 2017 - 9:56

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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Ven 4 Aoû 2017 - 13:27

Un bon article mais deux précisions.

D'abord, le succès de la compagnie ne repose pas tant sur Michael Carreras que son père, sir James Carreras qui sut s'entourer de bons scénaristes (Anthony Hinds, Jimmy Sangster).

Ensuite, la photo de Yutte Stensgaard, actrice suédoise qui n'a fait que passer à l'écran, est en fait une publicité mensongère car cette scène n'a jamais été tournée ! La photo en montre bien plus que le public a vu. Mais il fallait bien le faire venir.
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Mer 6 Sep 2017 - 12:12

Frankenstein s’est échappé (The curse of Frankestein, 1957) ****


Résumé
Persuadé qu’il peut vaincre la mort, le baron Victor Frankenstein entreprend de créer un être parfait.

Critique
A voir ce film, on comprend bien pourquoi la Hammer a voulu continuer. C’est une variation sur le roman, ce qui est bien mieux qu’une adaptation littérale. Le scénario a gardé la substantifique moelle et ôté toute la fioriture romantique qui rend parfois la lecture indigeste.

D’emblée, nous sommes dans une ambiance gothique avec cet homme à cheval entrant dans une bâtisse affreuse la nuit tombant. Le décor est hideux et d’un toc consommé mais on passe vite et, de toute façon, on est pris. Durant les trois premières minutes, aucun dialogue. Seules les cloches résonnent et ça inquiète. L’homme est un prêtre à qui le baron (et non le docteur) Frankenstein va raconter les événements qui l’ont amené ici. D’entrée, Peter Cushing nous accroche : barbu, échevelé, grisonnant, il compose un homme à bout de nerfs.

Tout commence avec l’arrivée de Paul Krempe, engagé comme précepteur par le jeune Victor. Le souci c’est que Paul « vieillit » bien moins que son élève. Une barbe et ça passe ! Pas vraiment crédible mais, chez la Hammer, la crédibilité n’a jamais été une politique ni une option. Et c’est aussi pour ça qu’on l’aime. Paul devient ainsi l’assistant de Frankenstein. Ah ! Les décors de la Hammer ! Toute une époque ! C’est un décor de labo très basique avec ses cornues, ses substances bizarres etc. Par contre, aucune connotation glauque et on est même surpris par la luminosité de la pièce. Mais, c’est un peu la Hammer qui a inventé le laboratoire du savant fou. Peu de dialogues, l’ambiance est faite par la musique et, au moment important, le silence se fait, seulement entrecoupé par un bruitage en forme de gargouillis. Un zoom progressif sur le visage illuminé de Peter Cushing montre le succès et la musique change devenant guillerette.

Frankenstein veut aller au-delà d’une simple avancée chirurgicale : « Ressusciter ne suffit pas » (!), il veut créer un homme idéal, un être parfait ! Voilà le vrai démarrage du film. Nous sommes déjà accrochés par Peter Cushing et comment ne pas suivre cet être extraordinaire ? Retrouvant les gestes des médecins des temps passés, le tandem vole, de nuit,  le corps d’un voleur qui a été pendu. Sur le coup, apprécions le manteau de Frankenstein qui lui donne l’allure inquiétante d’une chauve-souris rampant le long de l’échelle. La musique sifflante crispe nos nerfs. Plus fort, le visage de Peter Cushing reflète une concentration inquiétante et pourtant il parle et agit comme si tout était normal et c’est bien ça le plus terrifiant ! Lorsqu’Elizabeth, cousine, et fiancée de Frankenstein, vient habiter au château, Paul essaye de la dissuader de rester. Ce sera une part récurrente de leurs échanges tout au long du film. Si Hazel Court est très jolie (et les tenues qu’elle arborera par la suite le confirmeront), elle demeure limitée et n’agit que bien peu réellement.

Par la suite, Frankenstein poursuit ses travaux seul pour « compléter » sa créature. Il a une conception philosophique datée mais intéressante : il est certain que le Bon intérieur se reflète dans un Beau extérieur. Très ambitieux, simple dans son énoncé mais qui fournit amplement la motivation à poursuivre ses travaux. Par contre, quand il parle de trouver un cerveau « génial », son regard a une fixité inquiétante et notre inquiétude ne tombe pas quand, sans prévenir, le réalisateur passe à une soirée anodine avec…un savant « génial ». C’est terrifiant de normalité. Pas de surprise pour le sort du savant mais le changement de musique qui fait monter la tension et surtout la réalisation impeccable qui laisse monter les acteurs et qui met parfaitement en valeur Frankenstein, filmé à mi-corps et par en-dessous. Hiératique et majestueux.

Passons charitablement sur la pauvreté du décor du cimetière et venons-en à l’étape finale. Laquelle a lieu évidemment pendant une nuit d’orage. On sourit en regardant les flashs aux fenêtres et les grondements histoire de nous mettre en condition. C’est devenu un cliché mais nous sommes à l’époque où ont été inventés les clichés. Enfin, nous voyons la créature et c’est une horreur sans nom ! Si les trucages sont minimalistes, la scène où la créature tente d’étrangler son créateur est exagérée et Peter Cushing surjoue. Il est bien meilleur lorsqu’il explique qu’il doit « améliorer » sa créature. A cet instant, le scientiste le plus indulgent comprend que Frankenstein est engagé dans une aventure sans fin, que les expériences ne cesseront jamais et qu’il est incapable de reculer. Pour le coup, le spectateur est pris dans deux émotions contradictoires : la fascination et l’horreur devant Frankenstein. La rupture avec Paul est glaciale : l’assistant était la voix de la raison et, évidemment, il n’a pas été écouté. C’est la seule et vraie utilité de Robert Urquart qui ne nous régale pas vraiment par la profondeur de son jeu. C’est sans doute la vraie faiblesse du film : en dehors de Peter Cushing, il n’y a pas grand monde à ses côtés !

Une menace surgit soudain pour Frankenstein : la bonne, qui est aussi la maîtresse du baron (qui a dit cliché ?), menace de tout déballer s’il ne l’épouse pas. Évidemment, il l’envoie sur les roses. Le réalisateur rend bien perceptible la différence de classe en filmant le baron en contre-plongée et la domestique en plongée. Que faut-il pour appuyer une accusation ? Des preuves. Rien de surprenant dans ce qui va suivre mais on appréciera la plastique très agréable de Valérie Gaunt qui, en chemise de nuit blanche et joliment échancrée, est une belle victime sacrificielle. Qu’elle ne trouve pas étrange qu’un homme aussi prudent que le baron ne ferme pas la porte de son labo à clé est véritablement extraordinaire ! La Hammer sélectionnait ses actrices sur leurs plastiques mais aussi, certainement, sur leur capacité à crier très fort ! Sans transition, la soirée d’avant le mariage est un beau moment par l’ambiance désuète, surannée qu’elle dégage. Profitons-en car la suite va être nettement plus dure. Frankenstein montre la créature à Paul ; il l’a dompté mais enchaîné quand même…

Christopher Lee n’a aucun texte mais il dégage une aura d’étrangeté dérangeante par ses gestes de pantin désarticulés. Qu’est-ce qu’il comprend ? Qu’est-ce qu’il ressent ? Nous n’en saurons rien et c’est aussi ce qui trouble. Si le regard de la créature est souvent vide, il a tout de même une lueur à la fin mais ce qu’elle exprime est ambivalent. Le final est plus dur donc et plus inquiétant car Elizabeth décide – enfin – d’entrer dans le labo…au moment où la créature s’est libérée de ses chaînes ! La musique insistante, oppressante et un jeu du chat et de la souris s’installe rendu plus tendu par le fait qu’elle ignore le danger qu’elle court. On a tout de même le temps de sourire franchement lorsqu’elle allume la lampe à pétrole et que la pièce s’éclaire vraiment beaucoup. On n’est pas les seuls à s’inquiéter car son fiancé court et s’essouffle…même si Peter Cushing en fait un peu beaucoup. Évidemment, la créature se retourne contre son créateur.

Au final, qu’advient-il de Frankenstein ? Enfermé dans sa prison, il est bien proche de voir sa vie se terminer mais suspense !

Anecdotes
Sortie anglaise : 2 mai 1957. Sortie française : 29 novembre 1957
Scénario de Jimmy Sangster.  Jimmy Sangster (1927-2011) fut un des scénaristes piliers de la Hammer. Il réalisa également le film Les Horreurs de Frankenstein (1970). Par ailleurs romancier, il écrivit Max n’oublie pas (1969), Un mouroir de poche (1986).                                                  
Réalisation de Terence Fisher.
Le titre français reprend la confusion entre le nom du créateur et la créature.
Dans le roman, il n’est nullement fait question d’un titre de noblesse. C’est une pure invention de la Hammer et un certain snobisme.
Christopher Lee a avoué avoir eu le rôle parce qu’il était de grande taille (1.98 m).
Le tournage s’est déroulé du 19 novembre au 24 décembre 1956.
Le maquillage de la créature fut adopté faute de pouvoir reprendre le masque créé pour James Whale et qui était propriété d’Universal.
Il s'agit de la première adaptation cinématographique de Frankenstein à avoir été tournée en couleur (Warnercolor). Le Fils de Frankenstein (1939) fut un moment envisagé en Technicolor mais le maquillage de Boris Karloff passant mal à l'écran, l'idée fut abandonnée.
C'est à sa propre demande que Peter Cushing fut engagé pour jouer le rôle du baron lorsqu'il entendit parler du projet. L'acteur était à cette époque, en effet, une immense vedette de la télévision, et pour la Hammer, son engagement s'avéra une aubaine.
Dans un premier temps, il était question d’adapter le roman de Mary Shelley d’après un projet écrit par Max J. Rosenberg et Milton Subotsky avec Boris Karloff. Mais Universal menaça la Hammer de poursuites en cas de plagiats de ses propres films tournés dans les années 1930. Par peur des représailles, la Hammer décide donc de faire marche arrière. Jimmy Sansgter fut chargé de rédiger un scénario original.
La campagne publicitaire lors de la sortie du film était : « Essayer de ne pas vous évanouir » !
Bien qu'ils aient joué précédemment dans Hamlet (1948) et Moulin Rouge (1952), Christopher Lee et Peter Cushing se sont rencontrés pour la première fois sur ce film. Ils passaient le temps entre les prises en échangeant des phrases des Looney Tunes, et ont rapidement développé une amitié qui a duré jusqu'à la mort de Cushing en 1994. L'amitié de Christopher Lee et Peter Cushing a démarré lorsque Lee a pris d'assaut la loge de Cushing, se plaignant de ne pas avoir de texte. Cushing lui répondit : « Tu as de la chance. J'ai lu le script. »
Pendant de nombreuses années, il s’est agi du film le plus rentable produit en Angleterre par un studio britannique.
Melvyn Hayes explique dans le "Making of" du Blu-Ray comment le producteur Peter Rogers lui a parlé du casting du monstre. Selon Rogers, un mémo indiquait que la Hammer cherchait "quelqu'un de grand" pour jouer le monstre. En fin de compte, Christopher Lee et Bernard Bresslaw étaient en lice. Les deux agents ont été appelés, leur demandant combien d'argent ils voulaient. Le tarif minimum de Bresslaw était de 10 livres par jour, alors que Lee en demandait 8. "Et donc, pour deux livres, Christopher Lee est devenu une star internationale", selon Hayes.
Le maquillage de monstre de Christopher Lee était presque littéralement fait à la "dernière minute". Après des tentatives de concevoir un maquillage de monstre à l'aide d'une fonte de la tête de Lee, le maquilleur Philip Leakey a fait le design final la veille du début des essais, directement sur le visage de Lee, en utilisant principalement du coton et d'autres matériaux ménagers. Comme il n’utilisait pas de latex ou de moules, le maquillage devait être recréé tous les jours.
La peinture sur l'escalier montrée au professeur Bernstein est le tableau de 1632 de Rembrandt van Rijn intitulé « La leçon d’anatomie du Dr. Nicolaes Tulp ». Dans un effet de miroir avec les actions de Victor, il montre la dissection d'un criminel pendu, dans ce cas le voleur armé Aris Kindt.
Pour certaines scènes extérieures, comme celle du petit garçon à la rivière, les feuilles au premier plan ont été peintes en rouge et en jaune. Cela donne une continuité avec les scènes au feuillage automnal vues dans la prise de vue de la forêt après que la Créature se soit échappée d'abord du laboratoire de Frankenstein.
Mary Shelley née Mary Wollstonecraft Godwin (1797-1851) fut la maîtresse puis l’épouse du poète Percy Shelley (1792-1822). Elle écrivit Frankenstein à partir de 1816 suite à un concours entre Shelley, Byron et Polidori (créateur du vampire littéraire) pour écrire une histoire fantastique. Le roman sera publié en 1818.
Hazel Court (1926-2008) fut une actrice spécialisée dans les films d’horreur : L’homme qui trompait la mort (1959), Le Corbeau, 1963 (avec Vincent Price), Le masque de la mort rouge (1964), La malédiction finale (1981).
Robert Urquart/Paul Krempe : acteur britannique (1921-1995) que l’on a pu voir au cinéma dans Commando sur le Yang-Tsé (1957), Dunkerque (1958), Les 55 jours de Pékin (1963), Les Chiens de guerre (1981), Testimony (1987). Il a aussi tourné pour la télévision : Le Saint (1965), Destination Danger (1965-1966), Chapeau melon et bottes de cuir (« Le Fantôme du château De’ath » et « Etrange Hôtel », 1967, 1969), Les Champions (1968), Les professionnels (1978), La maison de tous les cauchemars (1980), Puccini (1984), Inspecteur Wexford (1994).
Valérie Gaunt/Justine : actrice anglaise (1932-2016) : elle n’est référencée que pour deux films de la Hammer, celui-ci et Le Cauchemar de Dracula (1958).
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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Mer 20 Sep 2017 - 14:14

Le cauchemar de Dracula (Dracula, 1958) ****


     

Résumé
Engagé comme bibliothécaire par le comte Dracula, Jonathan Harker découvre la véritable nature de son hôte. Le comte jette bientôt son dévolu sur la fiancée de Harker mais il doit bientôt compter avec un autre adversaire, le docteur Van Helsing.

Critique
Un monument du cinéma. Un film d’horreur travaillé avec soin et qui frappe encore aujourd’hui par sa puissance visuelle et sonore. Scénariste attitré de la Hammer, Jimmy Sangster a pas mal trituré le roman originel mais l’œuvre produite est plus que satisfaisante. Comme le disait Alexandre Dumas, il est permis de violer l’Histoire à condition de lui faire de beaux enfants !

La première partie du film correspond peu ou prou à la première partie du roman ; Jonathan Harker arrivant au château du comte Dracula. Ici, il fait jour et il est là comme bibliothécaire. On est moins convaincu par le décor qui fait très décor justement ! Et aussi par John Van Eyssen qui compose un Jonathan plutôt fade. La rencontre avec une jeune femme anonyme mais séduisante et qui lui demande de l’aide lance véritablement le film. En effet, comme Jonathan nous le dit en voix off (il écrit son journal), il sait quelle est la véritable nature du comte. Comment ? Cela, nous l’ignorons et, en fait, c’est de peu d’importance car, plutôt court (1H18), le film va à l’essentiel. Qualité rare et que bien des films contemporains feraient bien de redécouvrir !

Après une brève rencontre avec le comte Dracula, Jonathan est attiré dans la bibliothèque où l’inconnue lui redemande de l’aide mais, soudain, elle le mord ! Si l’étrangeté de la présence de cette femme avait déjà suscité l’inquiétude du spectateur, Terence Fisher fait habilement passer la situation d’étrange à mortelle par un simple gros plan sur les yeux de la femme. Son regard se durcit brusquement et nous comprenons le danger une seconde avant de voir ses dents ! La survenue de Dracula est plus une révérence au roman qu’utile au film mais, en deux scènes, Christopher Lee vient de s’approprier le rôle. D’abord homme agréable et courtois voire chaleureux (compliments sur la fiancée de Jonathan, Lucy), il devient soudain créature monstrueuse, crocs emplis de sang !

A la 23ème minute, un voyageur survient dans une auberge dont un travelling nous a montré les jolies gousses d’ail qui pendent au plafond. Il s’agit du docteur Van Helsing. Entrée en matière réussie pour Peter Cushing dont l’élégance et l’autorité éclatent en une apparition. Il arrivera trop tard pour sauver physiquement Harker et on ne le verra pas procéder à ce qui doit être fait. C’est histoire de gagner du temps car la mise à mort a été déjà précédemment illustrée et une ombre chinoise a fait deviner ce qui allait survenir.

La seconde partie du film commence par la visite de Van Helsing à Arthur Holmwood, dont Harker devait épouser la sœur, Lucy. Arthur reçoit le médecin en compagnie de sa femme, Mina. Cette simple présentation illustre bien les très grandes différences entre le film et le roman ! Qu’importe car les interprètes emportent notre conviction. A commencer par Michael Gough, qui est absolument épatant. L’acteur a une présence qui lui permet d’exister aux côtés de Peter Cushing ; ce qui donne une incroyable intensité et une grande densité aux scènes que partagent les deux acteurs. D’abord hostile au médecin – personne n’aime les porteurs de mauvaises nouvelles – Arthur va devenir progressivement le meilleur allié de Van Helsing quand il aura compris que les forces du mal son bien réelles. Il aura fallu pour cela que disparaisse Lucy puis qu’il la voit ayant repris vie !

Deux scènes sont absolument fascinantes. La première montre Lucy (Carol Marsh, qui ne dépareille pas dans la longue galerie des « Hammer’s Girls ») passée de l’effroi au consentement face à Dracula. Sans un mot, Christopher Lee souligne la séduction malsaine mais tellement désirée qu’inspire le comte. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre la symbolique ! Les spectateurs de l’époque ne s’y sont pas trompés non plus ainsi que les critiques. Mais, en 1958, le carcan victorien pesait encore lourd et la Hammer a fait son beurre en faisant voler le couvercle de la marmite ! L’autre scène c’est Van Helsing terrassant le démon. L’imposition du crucifix qui brûle la peau est spectaculaire même si peu canonique ! Le cri poussé par Carol Marsh est en tout cas frappant par la douleur et l’effroi qu’il révèle.

On s’intéresse peu à l’enquête d’Arthur et de Van Helsing pour retrouver Dracula mais, heureusement, Terence Fisher passe rapidement sur ces moments. On peut juste se demander pourquoi avoir situé l’histoire en Allemagne. Il y aussi mention d’une frontière (dont le passage inspire un gag) mais avec quel pays ? Facilités dommageables mais qui n’entament pas la belle énergie du film. Et un film qui va aller en s’accélérant à partir du moment où Mina est frappée elle aussi. Avec plus d’expressivité que Carol Marsh, Melissa Stribing donne à voir sur son visage le passage rapide de l’horreur devant le monstre à l’attente de l’amant.

Le final très rythmé passe d’une poursuite en calèche à une lutte entre van Helsing et Dracula – au passage, la seule scène que partagent Peter Cushing et Christopher Lee ! C’est violent, âpre et la balance semble hésiter entre les duettistes. La destruction de Dracula est menée tambour battant en une minute avec une excellente illustration sonore (qui aura été d’une grande qualité tout au long du film ; Dracula étant davantage rendu présent par la musique que par le texte) et des effets spéciaux très simples mais redoutablement efficaces !

Anecdotes :
Scénario : Jimmy Sansgter, d’après le roman de Bram Stocker
Réalisation : Terrence Fisher
Sortie UK : 16 juin 1958 Sortie France : 4 février 1959
Le budget était de 81 000 £ soit 119 000€
Le cachet perçu pour son rôle, plutôt modeste (700£, soit 1 360$ U.S.), permit tout de même à Christopher Lee de s'offrir une Mercedes d'occasion.
Détail amusant, en VO, Van Helsing demande un brandy à l’auberge mais le sous-titrage français écrit : « cognac » !
Totalement aveuglé par ses lentilles de contact, Christopher Lee manqua plusieurs fois ses prises durant le tournage.
Selon Van Helsing, Dracula aurait 600 ans. Il serait donc devenu un monstre au 12ème siècle, ce qui n’est pas cohérent avec le Dracula « historique » qui vécut au 15ème.
Dans la séquence finale, c'est à Peter Cushing que vint l'idée de se jeter sur les rideaux pour les arracher, contre celle, plus banale, de les tirer pour dévoiler le soleil, comme le prévoyait le script.
Peter Cushing a interprété à cinq autres reprises le professeur Van Helsing. Dans Dracula, Prince des Ténèbres (1966), Dracula 73 (1972) et Dracula vit toujours à Londres (1974) il jouait aux côtés de Christopher Lee. Mais il a également incarné le chasseur de vampires dans Les Maîtresses de Dracula (1960) et Les Sept Vampires d'or (1974) qui étaient aussi produits par la Hammer.
Christopher Lee a seulement treize lignes de texte dans ce film.
Aux États-Unis le titre a été changé en « L'Horreur de Dracula » pour éviter la confusion avec la version de 1931.
En 2011 une version prolongée a été découverte au centre de Film national à Tokyo.
Dracula a été filmé entre le 11 novembre 1957 et le 3 janvier 1958.
Le compositeur, James Bernard, a une fois dit dans un entretien qu’il a en réalité composé le thème principal en trois notes ; chacune pour une syllabe de Dracula.
En tournant la scène dans laquelle Dracula enterre Mina, Christopher Lee est tombée dans le trou par-dessus la cascadeuse.
Dans une scène, Mina Holmwood quitte sa chambre à coucher après avoir été séduite et mordue par Dracula, avec un sourire très satisfait sur son visage. Terence Fisher, après que quelques scènes ratées a dit à l'actrice Melissa Stirling : "[...], just imagine you've had the best sex of your life, all night long!" Et ça a marché !
Selon la narration, l'action du film a lieu dans une période de deux ou trois semaines entre le 3 mai (l'entrée s'ouvrant dans le Journal de Jonathan Harker), reprend "dix jours" après sa mort quand Van Helsing arrive (après le 15 mai) et conclut fin mai ou début juin 1885 et non 1888.
John Van Eyssen/Jonathan Harker : acteur britannique (1922-1995), vu dans la mini-série Les trois mousquetaires (1954), La marque  (1957), Ivanhoé (1958, TV). Plus de références après 1963.
Melissa Stribling/Mina Holmwood : actrice anglaise, vu dans Douglas Fairbanks Jr Presents (1953), Ivanhoé  (1958, TV), Chapeau melon et bottes de cuir  (1961, 1963, 1977), Amicalement Vôtre  (1971), Sherlock Holmes and Doctor Watson  (1978).
Michael Gough/Arthur Holmwood : acteur britannique (1916-2011) né à Kuala-Lumpur. Au cours de sa longue carrière, il a joué dans Anna Karénine (1948), Richard III (1955), Out of Africa (1985) mais c’est surtout sa participation aux films de la Hammer qui l’a rendu célèbre : Le Fantôme de l’Opéra (1962), Le train des épouvantes (1965), La maison des damnés (1973) ; participation qui lui ouvrit les films de Tim Burton : Batman (1989), Batman Returns (1992), Sleepy Hollow (1999). Il reprit le rôle d’Alfred dans Batman Forever (1995) et Batman et Robin (1997).
Carol Mars/Lucy : actrice anglaise (1926-2010), vue au cinéma dans Alice au pays des merveilles  (1949) mais surtout à la télévision : Douglas Fairbanks Jr Presents  (1954-1956), Marked Personal  (1974).




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Re: Saga "La Hammer"

Message  Camarade Totoff le Ven 13 Oct 2017 - 13:37

Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskerville, 1959) ***


Résumé
La mort brutale de sir Charles Baskerville semble relié à une malédiction familiale. L’héritier, sir Henry, n’y croit pas mais la lande de Dartmoor paraît véritablement receler une menace mortelle.

Critique
La Hammer pouvait difficilement passer à côté de ce chef-d’œuvre de la littérature britannique à la sombre atmosphère fantastique mais elle l’adapte à sa sauce gothique et parfois sensationnaliste.

L’entrée est parfaitement réussie avec cette orgie d’une aristocratie décadente où la beuverie le dispute à la violence. Tout, depuis les lumières, les gestes, la voix, tout suggère la violence. Cette aréopage de fins de races est dominé par la figure diabolique de sir Hugo Baskerville à qui David Oxley prête sa physionomie. Sa figure éclairée par une bougie (qui a un petit côté de projecteur, un effet bien connu de la Hammer !) est emplie de haine et de suffisance, d’un rouge infernal. Sa proie, une jeune fille, s’est enfuie. Il la course avec ses chiens. La colorisation fait des siennes car le ciel « nocturne » est assez clair. La jeune fille est rattrapée et tuée dans les ruines d’une abbaye. Cette innovation du studio anglais est assez bien vu car elle permet de dramatiser la scène et de l’incarner dans un espace clos. Un effet que n’aurait pas donné la lande. Le poignard dont se sert l’assassin reviendra comme un fil rouge. Toute cette scène manifeste la force de Terence Fisher dans l’art de l’ellipse et de la suggestion car nous ne verrons ni le coup mortel ni l’attaque du Chien.

Ce que nous venons de voir était le récit de la légende des Baskerville raconté par le docteur Mortimer à Sherlock Holmes et Watson. Ledit Mortimer ne ressemble en rien au personnage du roman : c’est un colosse qu’on aurait plutôt vu dans celui de Barrymore ! Peter Cushing est, lui, très à l’aise d’entrée. La démonstration attendue de ses dons d’observation confère un petit côté cocasse et soulage l’atmosphère après cette entrée brutale. Bien que la légende n’inspire pas vraiment le détective (et Cushing est parfait pour incarner le dédain), un détail dans le récit du docteur l’intéresse soudain et il accepte de protéger l’héritier, sir Henry. Un sir Henry qui se ridiculise en prenant le détective pour le directeur de l’hôtel mais, là aussi, l’incongruité de la scène est désamorcée par un petit détail. Dans cette première scène réunissant Peter Cushing et Christopher Lee, le premier domine outrageusement le second ! Tout à fait conforme au roman et des acteurs qui maîtrisent leurs rôles. L’ajout de l’épisode de l’araignée imaginé par le scénariste apporte brusquement une note angoissante très bien soulignée par la musique (qui sera de très bonne facture) ; le gros plan sur le visage de Lee montre vraiment l’effroi d’un homme qui voit la mort à quelques centimètres de lui. A contrario, le regard de Cushing est celui d’un homme déterminé et impressionnant de force et de concentration. Les acteurs n’auraient pu mieux rendre le caractère de leurs personnages

Le manoir Baskerville où se rend sir Henry avec Watson ne nous sera pas montré de l’extérieur (hormis des marches) mais l’intérieur est conforme à l’image du manoir britanniques d’une aristocratie avant tout rurale. Pure image de l’Angleterre éternelle que le majordome Barrymore à qui John Le Mesurier confère un maintien raide, un brin guindé mais stylé. Pas étonnant que quelques années plus tard, Brian Clemens ait songé à lui pour l’école des gentlemen des Avengers. L’interrogatoire de Barrymore par Watson ne nous apprend pas grand-chose mais le zoom sur le visage du majordome accentue l’effet dramatique. Nous sentons que nous sommes entrés dans la zone dangereuse et cette tension sous-jacente soutien notre intérêt.

Typique de la méthode de déconstruction/reconstruction pratiquée par la Hammer est le personnage de Frankland. Dans le roman, c’est un procédurier aigri et au caractère de cochon. Ici, c’est un pasteur (!) , entomologiste par passion, extraverti, volubile et porté sur le sherry (le porto). Il apporte certes de la légèreté et une dose d’humour comme les Excentriques de Chapeau melon mais on est perplexe sur cette figure qui ne colle pas vraiment avec l’atmosphère angoissante. En fait, ce personnage est loin d’être inutile mais il ne réalise rien par lui-même. Les banalités qu’il débite à sir Henry puis sa discussion ultérieure avec Holmes auront une importance et il apporte une explication capitale sans avoir l’air de le comprendre. Il faut tout voir pour apprécier la subtilité que Peter Bryan a réussi avec cette trahison du roman. Autre exemple : les figures de Stapleton et de sa fille Cécile. Le premier est un rustre mal dégrossi et sec dont chaque phrase semble brutale. Ewen Solon ne rend pas du tout sympathique le personnage. Quant à Cécile, sa première apparition est plutôt « légère » mais on parle ici de sa tenue et de sa posture. Marla Landis apporte la brève touche d’érotisme maison qui est d’autant plus savoureuse qu’elle porte des vêtements bleus et rouges ; couleurs traditionnellement attribuées à la Vierge Marie !

Tous les personnages présentés, l’action va monter crescendo avec des épisodes étranges et dramatiques. Les scènes de bougies par exemple. La poursuite de Selden, le forçat évadé dont on nous appris l’existence dès l’arrivée de Watson et sir Henry ce qui ne rassure pas et a donné une réalité à une menace virtuelle. Cette poursuite permet d’admirer deux choses : la pauvreté des décors de rochers (d’où une poursuite plutôt courte !) et un curieux effet de brume qui entoure Watson et sir Henry sortant du manoir mais qui a disparu la scène suivante ! L’attaque cardiaque de ce dernier est une innovation inutilement dramatique et qui n’aura guère d’incidences. Sans doute le scénariste voulait-il inquiéter le public quant au sort de sir Henry. Cela marchait peut-être en 1958 mais aujourd’hui l’effet est singulièrement émoussé. Cette « innovation » est d’ailleurs propre à la Hammer. Par contre, le décor de l’abbaye que nous avons admiré brièvement au départ sert aux retrouvailles de Watson avec Holmes. C’est un bel effet gothique dans la plus pure tradition des ruines issues de la Réforme anglicane et dont la littérature « gothique » (pour reprendre l’expression de Maurice Lévy) a su faire ses choux gras au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. La Hammer se place ici comme héritière de ce « romantisme noir ». La survenue de Peter Cushing est aussi excellemment mise en scène avec une certaine dramaturgie et la cape qu’arbore l’acteur entre en résonnance avec la mythologie Hammer.

L’intrigue secondaire avec Selden connaît une issue tragique avec la mort brutale de ce dernier. Nous ne verrons rien mais les cris d’horreur entendus mettent vraiment mal à l’aise. Que le corps eut été déplacé ensuite ne se justifie pas du point de vue de l’intrigue mais permet d’admirer les traces de sang sur la pierre. Si le décor de la lande est minimaliste, et souvent faux, le décor de l’abbaye même en plein jour résonne beaucoup plus juste et que ce lieu autrefois saint ait été profané par une entité maléfique est bien sûr tout sauf un hasard. Terence Fisher n’était peut être pas anticatholique ni athée mais il a su tout au long de sa carrière utiliser avec réussite le cadre chrétien pour en faire un décor horrifique et symbolique. Ici, il y a eu profanation. Ailleurs, un savant se prendra pour Dieu. Dans un autre registre, Peter Cushing sait montrer l’empathie de Holmes envers les Barrymore qui aidèrent le forçat dans sa vie misérable sur la lande.

Le dénouement va se faire autour d’une invitation à dîner lancée par Stapleton et Cécile qui aguiche franchement le hobereau ! Curieusement, le baiser fougueux échangé entre la jeune femme et sir Henry est suivi d’un regard absent de celle-ci alors que lui ne la voit pas. Le personnage semble en équilibre instable et le costume trois-pièce de son père contraste furieusement avec son langage rude et ses manières sèches. Quelque chose ne colle pas. Quelque chose que Sherlock Holmes a découvert dans un portait manquant.

Malheureusement, cet engrenage dramatique a été en partie saboté par l’exploration d’une mine d’étain tout à fait inutile et qui ne sert qu’à allonger le film (pourtant court) et à rajouter un effet dramatique dont on n’a que faire. Si elle doit jeter la suspicion sur une possible culpabilité du docteur Mortimer (ce qui doit être le cas car on peut la relier à des situations mineures mais équivoques), ce n’est pas assez appuyé et il aurait fallu pour cela modifier plus profondément le récit de Conan Doyle.

sir Henry devra traverser la lande avec Cécile qui l’emmène dans l’abbaye où elle tombe le masque : elle est une Baskerville et elle crie vengeance contre la branche de la famille qui a réussi quand la sienne criait misère ! La musique angoissante et répétitive, un nouvel effet de brume dans l’abbaye donnent une force angoissante à l’étrangeté du lieu et font ressortir la folie dans les yeux de Marla Landis qui réalise là une très belle prestation.

Le Chien, qui n’a été que suggéré par des hurlements jusqu’à présent, se montre enfin et il n’est pas trop mal fait même si le scénario préfère parler d’un masque plutôt que d’utiliser le phosphore du roman. Néanmoins, l’attaque est un beau moment d’action et d’angoisse qui couronne une montée en puissance globalement maîtrisée. La lutte est féroce, un peu confuse (on se demande un instant où est passé Peter Cushing et ce qu’attend Holmes pour tirer) mais on en est plutôt satisfait. Christopher Lee nous montre un sir Henry pour qui on a de la compassion. Il a perdu la femme dont il était tombé amoureux et il a failli perdre la vie. Il y a de quoi être sonné ! Dans cette bataille finale, Watson se montre efficace. Tout au long du film, André Morell a composé un Watson plutôt fidèle à son modèle canonique. Loin de tout comprendre, il n’est pourtant pas un benêt (Holmes n’a pas besoin de lui raconter un roman pour qu’il saisisse ce qu’implique le portait disparu) et il inspire le détective par ses commentaires. En outre, il montre un grand courage, une fidélité et une loyauté remarquable. Sans doute un des meilleurs Watson du cinéma.

Anecdotes
Sortie française : 22 décembre 1959
Scénario de Peter Bryan, d’après le roman de sir Arthur Conan Doyle
Réalisation de Terence Fisher
Le tournage s’est déroulé en septembre-octobre 1958.
C’est le premier long-métrage mettant en scène les aventures de Sherlock Holmes à être tourné en couleur.
Lorsque le pasteur parle de la tarentule à Holmes, il dit que c’est un insecte. Erreur surprenante pour un entomologiste puisque les araignées, comme les scorpions, sont des arachnides. Ces derniers ont huit pattes, les insectes six.
Peter Cushing reprendra le personnage de Sherlock Holmes en 1968 dans une série télévisée britannique débutée en 1964-1965, ainsi qu'en 1984 dans le téléfilm Les Masques de la mort.
Dans la scène où le chien des Baskerville tue Stapleton, on s'aperçoit en fait que c'est l'acteur Ewen Solon qui attrape le chien et non l'inverse. Si on regarde bien, le chien ne se précipitait pas vers l'acteur ce qui aurait eu pour effet de faire rater la scène.
Peter Bryan (1919-1972) : on lui doit les scenarii de Les maîtresses de Dracula (1960), l’invasion des morts-vivants (1966), Le défi de Robin des Bois  (1967), Les Diablesses (1973).
C’est le seul film « Sherlock Holmes » de la Hammer mais Terence Fisher réalisera en 1962 Sherlock Holmes et le collier de la mort avec Christopher Lee dans le rôle du détective.
André Morell/Watson : acteur britannique (1909-1978), vu au cinéma dans Le Grand alibi (1950), Le serment du chevalier noir (1954), Le pont de la rivière Kwaï (1957), Ben-Hur (1959), La déesse de feu (1965), L’invasion des morts-vivants (1966), Dans les griffes de la momie (1967), Jeanne, papesse du diable (1972), Barry Lindon (1975). Il a aussi tourné pour la télévision : Othello (1950), Chapeau melon et bottes de cuir (1963), Doctor Who (1966)
John Le Mesurier/Barrymore :  acteur britannique (1912-1983), de son nom complet John Charles Elton Le Mesurier De Somerys Halliley,  il fit des études de juriste mais se tourna vers la comédie. Il débuta au cinéma à la fin des années 50 mais son rôle le plus populaire est celui du Sergent Wilson dans Dad's Army (1968-77). Au cinéma, on a pu le voir dans La bataille du Rio de la Plata (1956), Ben-Hur (1959), La Panthère rose (1963), Le frère le plus futé de Sherlock Holmes (1975), Jabberwocky (1977). Il est décédé d'une cirrhose du foie.
Ewen Solon/Stapleton : acteur néo-zélandais (1917-1985), vu au cinéma dans Rob Roy (1953), Les briseurs de barrage (1956), Les étrangleurs de Bombay (1959), Tarzan le magnifique (1960), La nuit du loup-garou (1961), Le message (1977), La dépravée (1983).
Marla Landis/Cécile : actrice italienne née Marcella Teresa Maria, elle a joué au cinéma dans L’attaque de San Cristobal (1962) mais surtout à la télévision : Ivanhoé (1958), The Invisible Man (1959), Destination danger (1961). Elle cesse de tourner après 1969.
Le Chien des Baskerville est un roman publié en 1902. Conan Doyle ne voulait plus écrire d’histoires avec Sherlock Holmes mais, face à la demande du public, il accepta d’écrire ce roman qui se situe chronologiquement avant la « mort » du détective survenue dans Le dernier problème.
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Camarade Totoff
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