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Série "Maigret" avec Jean Richard

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Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Invité le Sam 8 Jan 2011 - 16:42

La 1ère partie du dossier de Phil DLM sur Maigret est en ligne! Very Happy

http://www.theavengers.fr/supplement/hors/maigret_richard_1.htm
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Dim 9 Jan 2011 - 0:05

Pour Steed3003 et pour notre correctrice émérite Klokloh:

Il y a une erreur dans les captures d'écran. C'est la capture de l'épisode 10 qui a été mise à l'épisode 9, ce qui fait que les épisodes 9 et 10 se retrouvent avec la même capture.

Si on pouvait aussi corriger quelques erreurs:

-Maigret à l'école: absence d'espace entre le résumé et la critique.

-Maigret en vacances: "Ce comédien de légende rappelle de bons souvenirs aux amateurs de Maigret, qui ont tous en mémoire sa performance exceptionnelle, dans un rôle de détraqué, au fameux film Maigret tend un piège avec Gabin dans le rôle du commissaire."
J'ai fait une erreur, il faudrait remplacer "performance" par "participation", sinon il y a une faute de syntaxe.

-Maigret aux assises: si le vrai nom de Patricks à bien été mis dans les remerciements, en début de l'éclairage ("contacté au téléphone par Patricks"), peut-être faudrait-il remplacer "Patricks" par son vrai nom.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Patricks le Dim 9 Jan 2011 - 2:56

Je me souviens, au sujet de Mme Maigret, que c'est la mort de l'actrice Micheline Francey qui entraîna son remplacement. L'évènement a l'époque avait été relaté dans "Télé Poche".
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Philo le Dim 9 Jan 2011 - 13:47

Excellent travail, Phil DLM !
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Invité le Dim 9 Jan 2011 - 17:20

Phil DLM a écrit:Pour Steed3003 et pour notre correctrice émérite Klokloh:

Il y a une erreur dans les captures d'écran. C'est la capture de l'épisode 10 qui a été mise à l'épisode 9, ce qui fait que les épisodes 9 et 10 se retrouvent avec la même capture.

Si on pouvait aussi corriger quelques erreurs:

-Maigret à l'école: absence d'espace entre le résumé et la critique.

-Maigret en vacances: "Ce comédien de légende rappelle de bons souvenirs aux amateurs de Maigret, qui ont tous en mémoire sa performance exceptionnelle, dans un rôle de détraqué, au fameux film Maigret tend un piège avec Gabin dans le rôle du commissaire."
J'ai fait une erreur, il faudrait remplacer "performance" par "participation", sinon il y a une faute de syntaxe.

-Maigret aux assises: si le vrai nom de Patricks à bien été mis dans les remerciements, en début de l'éclairage ("contacté au téléphone par Patricks"), peut-être faudrait-il remplacer "Patricks" par son vrai nom.

Corrigé et en ligne!
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Dim 9 Jan 2011 - 21:04

Patricks a écrit:Je me souviens, au sujet de Mme Maigret, que c'est la mort de l'actrice Micheline Francey qui entraîna son remplacement. L'évènement a l'époque avait été relaté dans "Télé Poche".
Merci du renseignement, du coup le fait a été rajouté dans mon dossier de présentation sur le site.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Patricks le Dim 9 Jan 2011 - 23:52

En ce qui concerne "Maigret", je n'ai pas revu depuis leur première diffusion les épisodes en noir et blanc excepté "Maigret aux assises".
J'en garde un bon souvenir car j'ai vu souvent ces téléfilms le samedi soir en compagnie de mon parrain, et les titres me sont familiers.
"Inspecteur Cadavre" m'avait marqué, l'épisode est passé à l'époque de l'accident de Ted Kennedy à Chappaquiddick, ma mère m'avait dit en voyant "Inspecteur Cadavre" : "Tu vois, les riches achètent tout, même la loi".
Après le passage à la couleur, les épisodes préférées sont "Mon ami Maigret" avec la regrettée Micheline Luccioni, "Un noël de Maigret" (On y voit Maigret regarder Michèle Torr à la télé chanter "Petit papa Noêl"), "Maigret et l'homme du banc", "Maigret et la jeune morte", "Maigret en meublé", mais ensuite la série m'a déçue, je dirai dès l'apparition de l'inspecteur Lapointe joué par Alain Doutey. J'ai ensuite carrément détesté la série avec des épisodes comme "Maigret et le pendu de Saint Pholien", "L'ami d'enfance de Maigret" avec Jean Pierre Darras, et l'épisode double avec Robert Manuel "Maigret se défend/La patience de Maigret"

Donc globalement, je suis de l'avis contraire de PhilDLM, les épisodes couleur m'ont lassé de la série que je trouvais de plus en plus poussive, et Jean Richard n'avait plus l'âge du rôle.
"Maigret et l'homme du banc" fut le dernier tournage de Michèle Wattrin, la fiancée de Robert Hossein, morte dans un accident de voiture à Valence, et qui avait été l'héroïne de la série "La mer est grande" avec Yves Marie Maurin et France Dougnac.

L'accident de voiture de Jean Richard en mai 1973 manqua de peu de mettre un terme à la série. Jean Richard en réchappa après six semaines de coma.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Invité le Lun 10 Jan 2011 - 9:11

Patricks a écrit:L'accident de voiture de Jean Richard en mai 1973 manqua de peu de mettre un terme à la série. Jean Richard en réchappa après six semaines de coma.
Je me souviens très bien de cela.
Sinon, Maigret n'a jamais été 'my cup of tea' mais je préfère Bruno Cremer dans le rôle.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Patricks le Lun 10 Jan 2011 - 14:43

Rien contre Bruno Crémer mais dès le début de la diffusion en 1992, j'ai été désappointé par le fait que les histoires se déroulent dans le passé, avec des tractions avant, des vieilles voitures, et des ambiances d'époque qui souvent (faute de moyens ?) faisaient "toc".

Sinon, dans "Maigret à New York" en 1990, Jean Richard avait presque 70 ans, largement l'âge de la retraite.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Lun 10 Jan 2011 - 23:18

Patricks a écrit:Après le passage à la couleur, les épisodes préférées sont "Mon ami Maigret" avec la regrettée Micheline Luccioni, "Un noël de Maigret" (On y voit Maigret regarder Michèle Torr à la télé chanter "Petit papa Noêl"), "Maigret et l'homme du banc", "Maigret et la jeune morte", "Maigret en meublé",
Là dessus au moins, nous sommes d'accord, ce sont des épisodes des années 70, la meilleure époque, ces 5 là auront une moyenne de 3,8 melons dans mes critiques.

Par la suite, il est vrai que la série est devenue plus poussive, je suis d'accord pour "le pendu de St-Pholien", mauvaise adaptation d'un excellent roman, ce sera d'ailleurs ma critique la plus longue tellement la liste des trahisons est importante. Par contre j'adore "l'ami d'enfance de Maigret" et j'aime bien l'épisode double "Maigret se défend-la patience de Maigret".
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Bromhead le Mar 11 Jan 2011 - 10:55

Il y a une quarantaine d'année, mon prof de français nous avait imposé la lecture de divers ouvrages dont deux ou trois Maigret; "le chien jaune" notamment. A la place d'induire en moi le désir de lire, cette obligation a créé l'effet inverse et je n'ai jamais supporté que l'on m'impose des ouvrages. Dans la continuité de cet effet, je ne me suis jamais beaucoup intéressé à Maigret, même si, à l'époque, mes parents regardaient régulièrement les épisodes avec Jean Richard.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Invité le Sam 23 Avr 2011 - 16:28

La suite du dossier avec la 2ème époque 1972 à 1979 est en ligne:
http://www.theavengers.fr/supplement/hors/maigret_richard_2.htm
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Patricks le Sam 23 Avr 2011 - 17:35

A propos de "Maigret et la jeune morte" diffusé pour les fêtes de Noël 1973, l'histoire m'avait effectivement marqué. Christine Laurent joue la petite amie de Moulin-Yves Rénier dans l'épisode "Le patron" où Moulin affronte Paul le Person. C'est le seul autre rôle dont je me souvienne d'elle.

Dans l'épisode, on voit Michèle Watrin, la fiancée de Robert Hossein qui avait débuté dans la série "La mer est grande" (avec le regretté Yves Marie Maurin), France Dougnac, Joel Felzines et l'ex chanteur yéyé Bob Askloff. La série était de Jean Michel Charlier et se voulait une version "maritime" des "chevaliers du ciel" mais le succès fut mitigé et il n'y eu qu'une saison de six épisodes en septembre octobre 1973. Michèle Watrin mourut à Valence brûlée vive sur l'autoroute A7 dans un accident d'auto dont réchappa Hossein. Ce rôle dans Maigret et la jeune morte est la seule autre apparition télé de Michèle Watrin.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Sam 23 Avr 2011 - 22:46

Patricks a écrit:A propos de "Maigret et la jeune morte" diffusé pour les fêtes de Noël 1973, l'histoire m'avait effectivement marqué. Christine Laurent joue la petite amie de Moulin-Yves Rénier dans l'épisode "Le patron" où Moulin affronte Paul le Person. C'est le seul autre rôle dont je me souvienne d'elle.
Elle a joué aussi dans la seconde version du "Chien jaune" avec Jean Richard, que l'on retrouvera dans la 4ème époque (le rôle de la serveuse de bar). Je me souviens aussi de l'avoir vue dans la dernière saison des Brigades du Tigre, elle interprète une prostituée perfide qui dénonce une de ses congénères dans "Rita et le caïd".
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Jeu 8 Sep 2011 - 23:06

Il aura fallu patienter près de 2 ans avant qu'ils ne sortent enfin de 6ème DVD de la série, prévu pour le 07 octobre. Cela me permettra de chroniquer les quelques épisodes qui me manquaient, donc de terminer la 3ème époque. J'espère que la suite ne se fera pas autant attendre, car dans ce cas les chroniques de la 4ème époque tarderont à venir puisqu'il me manque la majorité des épisodes.

En attendant la publication de la 3ème époque, voici quelques critiques des premiers épisodes, d'ailleurs loin d'être les meilleurs.

1. L'AFFAIRE SAINT-FIACRE*
(adaptation de L'affaire Saint-Fiacre**)


La comtesse de Saint-Fiacre, dont le père de Maigret fut le régisseur, s'effondre pendant la messe, victime d'une crise cardiaque causée par la lecture d'un faux article de journal annonçant la mort de son fils. Il semble certain que le carré de papier fatal a été inséré dans le missel de la comtesse à des fins criminelles par un proche qui connaissait ses problèmes cardiaques.


A partir d'une idée de base excellente, le roman avait été gâché par certaines maladresses. Le téléfilm, quant à lui, est un ratage complet. L'erreur majeure fut de laisser le fils de la comtesse organiser la réunion destinée à démasquer le coupable. Il eut été préférable de ne pas suivre le roman à la lettre et de faire exécuter par le commissaire l'opération devant amener l'assassin à se trahir, surtout que l'astuce de l'opération paraît sortie du cerveau de Maigret, beaucoup plus que du médiocre héritier des comtes de Saint-Fiacre.

A défaut, on assiste comme dans le roman à une succession de scènes de nostalgie languissantes, consécutives aux retrouvailles de Maigret avec les lieux de son enfance, mais aussi à un commissaire passif qui laisse le fils de la comtesse mener l'enquête à sa place.

Autre défaut majeur, la longueur exagérée de l'épisode, due à de multiples temps morts générant un ennui indescriptible. Le summum du grotesque est atteint avec l'intermède illustré sur la comtesse devenue « protectrice des gens du voyage » ( !). Voilà qui n'est pas du tout dans l'esprit de Simenon, qui décrivait la comtesse comme une aristocrate peu soucieuse d'action sociale, mais avant tout préoccupée de satisfaire ses sens avec de jeunes amants. Ce passage ne semble motivé que par la volonté de paraître « politiquement correct », bien que le tournage date de l'année 80 et non de notre époque où ce genre de scènes est devenu monnaie courante.

Non seulement cette séquence est totalement en porte-à-faux avec le reste du récit, mais elle l'allonge et l'alourdit inutilement. Ce n'est ni plus ni moins qu'un temps mort supplémentaire, et il y en avait déjà bien assez. La conclusion est tout aussi décevante. On ne comprend pas pourquoi l'assassin ne peut être inquiété, ses intentions criminelles évidentes ayant été exécutées sans états d'âme. Les charges contre lui sont largement suffisantes pour le faire arrêter, alors pourquoi Maigret ne le fait-il pas ? Là encore, on aurait pardonné au scénariste la prise de liberté avec le roman, qui ne tenait pas debout.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Jeu 8 Sep 2011 - 23:18

2. LE CHARRETIER DE LA PROVIDENCE*
(adaptation de Le charretier de la Providence*)



Une femme a été retrouvée étranglée dans une grange, près d'une écluse. Maigret enquête à la fois dans le milieu des péniches et des éclusiers, où s'est produit le meurtre, et dans le monde des nantis au sein duquel évoluait la victime.

Le roman adapté, abusivement cité plus souvent qu'à son tour parmi les « meilleurs Maigret », était peu propice à générer un grand téléfilm. On retrouve à l'écran les mêmes tares qu'à l'écrit. L'histoire est sans intérêt et son dénouement est avant tout destiné à faire pleurer dans les chaumières, mais n'y parvient pas tellement l'ensemble sonne faux et donne dans un pathos exagéré.

Le choix de filmer des enquêtes contemporaines de l'époque du tournage pose problème pour celle-ci car en 1980 il ne devait plus rester beaucoup de péniches encore tirées par des chevaux. A l'époque de la télévision en couleurs et à la veille de la mise en service du TGV, assister au spectacle de cette péniche d'un autre âge paraissait déjà incongru, et bien entendu l'est plus encore de nos jours.

L'interprétation ne relève pas le niveau médiocre de l'épisode. On a connu Jean Richard meilleur et, malgré les efforts louables de Féodor Atkine et Pierre Frag, les principaux interprètes jouent sans grande conviction. Même les seconds rôles ne sont pas à la hauteur.

Quant à Charles Moulin, il a du mal à émouvoir en charretier marqué par le destin. Cet acteur, que j'avais vu interpréter le rôle de l'amant jeune et beau de Ginette Leclerc dans La femme du boulanger de Pagnol, et que j'ai évidemment retrouvé quelque peu changé, ne m'a pas plus convaincu ici que la majorité de ses congénères.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Jeu 8 Sep 2011 - 23:26

MAIGRET ET L'AMBASSADEUR**
(adaptation de Maigret et les vieillards**)



Maigret enquête au sein de l'univers particulier de la noblesse. Un prince est décédé dans un étrange accident de cheval, et son rival le comte de Saint-Hilaire est retrouvé mort peu après, le corps criblé de plusieurs balles de revolver.


Cet épisode illustre à merveille l'accusation habituellement formulée contre la série, à savoir de se dérouler sur un rythme trop lent, voire soporifique. Le manque d'action se fait cruellement sentir du début à la fin, au point d'empêcher d'apprécier les qualités réelles de l'histoire.

Le titre original, faute de goût de Simenon, a logiquement été modifié, au contraire du scénario, parfaitement fidèle au roman. Simenon, qui a longtemps évolué dans les milieux royalistes, a visiblement voulu décrire le déclin irréversible de la noblesse, son attachement à des traditions d'un autre âge et en fin de compte son inadaptation au monde moderne. A cet égard, le dénouement est révélateur de la prégnance d'un catholicisme de stricte obédience au sein de ces milieux traditionalistes.

Le jeu des acteurs est tout à fait satisfaisant, tant du côté des policiers avec un très bon Jean Richard, bien secondé par François Cadet dans le rôle de Lucas, que chez les comédiens incarnant les aristocrates, parmi lesquels on ressortira Annie Ducaux, excellente interprète de « Jacquette », Marie-Hélène Dasté qui a adopté de façon parfaite la diction distinguée des nobles, et le toujours apprécié André Falcon dans le rôle ambigu de Mazeron, le neveu lorgnant sans en avoir l'air sur l'héritage du comte de Saint-Hilaire.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Dearesttara le Jeu 8 Sep 2011 - 23:30

L'affaire Saint-Fiacre : Le roman de Simenon est lui-même vraiment raté. Malgré une dénonciation de la noblesse cul-bénit et faux-cul, l'affaire est terriblement morne. Même l'adaptation avec Gabin est lourde et fatigante. Je préfère de très loin un roman au suspense impeccable comme Le Chien jaune.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Ven 9 Sep 2011 - 22:59

Dearesttara a écrit:L'affaire Saint-Fiacre : Le roman de Simenon est lui-même vraiment raté. Malgré une dénonciation de la noblesse cul-bénit et faux-cul, l'affaire est terriblement morne. Même l'adaptation avec Gabin est lourde et fatigante. Je préfère de très loin un roman au suspense impeccable comme Le Chien jaune.
Tout à fait d'accord, Le Chien jaune est vraiment un des tous meilleurs "Maigret".


4. MAIGRET ET LE PENDU DE SAINT-PHOLIEN*
(adaptation de Le pendu de Saint-Pholien****)



Un homme étrange, alcoolique et maladif, s'est suicidé suite à la perte d'une valise ne contenant que de vieux vêtements fripés, dont une veste tachée de sang. Maigret remonte la piste jusqu'à un groupe de notables, anciens camarades d'études du suicidé, qui semblent avoir quelque chose à cacher.


Certes, adapter ce magnifique roman était une gageure car l'atmosphère étrange, qui constitue la qualité principale de l'histoire, était difficilement transposable à l'écran. Pourtant, on aurait pu faire mieux que ce téléfilm, qui accumule les maladresses. Yves Allégret n'est pas parvenu à trouver le ton juste. Il n'a visiblement pas compris l'âme du roman, avant tout une histoire lourde et grave se déroulant dans les brumes du Nord et de la Belgique. Son adaptation est trop légère et les acteurs ne semblent pas s'impliquer réellement, comme s'ils avaient du mal à y croire.

L'illustration évidente de l'erreur de jugement est la musique. A dominante d'harmonica, elle semble composée pour une aventure tragi-comique de loubards de banlieue telle qu'on en voyait dans la série Histoires de voyous, mais pas du tout pour un récit aussi trouble et envoûtant que ce qu'aurait dû être cet épisode. De plus, on assiste à une succession de modifications malvenues du scénario par rapport au roman, à commencer par les lieux: toute l'histoire se déroule en France alors qu'une partie du roman avait pour cadre la Belgique. Question budgétaire, sans doute...

Dès le début, l'ennui s'installe avec les recherches interminables de Jeunet pour trouver un hôtel. La scène où il tente de retrouver sa vraie valise à la consigne de la gare était inutile. Comme dans le roman, il aurait été préférable d'enchaîner directement sur le suicide. Vient ensuite une hérésie pour tout fan de Maigret qui se respecte en la personne d'un commissaire de police féminin! D'accord, l'histoire est adaptée à l'année 1980, mais quand même... L'univers de Maigret, résolument phallocrate, ne saurait s'accommoder de pareilles fantaisies.

Un des moments-clé du roman était la tentative de meurtre sur Maigret, au bord de la Marne par un soir pluvieux. Cette scène majeure, qui aurait pu se transformer à l'écran en moment très intense, a purement et simplement été éliminée par l'adaptation! Mais le pire est pour la fin: que vient faire cette histoire grotesque d'expédition punitive perpétrée par le groupe d'étudiants contre le local des partisans de « l'ordre moral », coupables d'avoir fait interdire leur revue? Et Willy Mortier qui aurait été assassiné parce qu'il s'apprêtait à les dénoncer! Invention pure et simple, le mobile avancé par Simenon tenait à la jalousie envers un camarade trop riche, un « fils à papa », qui plus est Juif, aspect bien entendu passé à la moulinette.

La distribution ne rattrape guère les maladresses et trahisons de l'adaptation. Les acteurs incarnant les suspects ont été mal choisis. En particulier, Xavier Gélin ne correspond pas du tout au Van Damme de Simenon. Son interprétation n'est pas en cause, mais son physique latin est totalement à l'opposé des types nordique ou flamand requis pour le personnage. Michel Blanc hérite avec Belloir d'un rôle moins taillé sur mesure que celui de « La Puce » dans Maigret et l'indicateur, mais s'en sort très bien grâce à ses extraordinaires qualités de comédien. Le bilan n'est donc pas fameux. Si cet épisode pourra plaire à un public ignorant du roman, ceux qui ont adoré l'excellent original ne pourront apprécier cette version ratée.

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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Ven 9 Sep 2011 - 23:13

5. MAIGRET EN ARIZONA*
(adaptation de Maigret chez le coroner*)



Le plus célèbre commissaire français découvre les méthodes de la police américaine au travers d'une enquête sur la mort d'une jeune fille, découverte à moitié dénudée sur une voie ferrée déserte, en plein cœur de l'Arizona.


Le titre de l'épisode en révèle déjà l'incongruité: "Maigret en Arizona"... Et pourquoi pas "Columbo en Corée du Nord" ou "Sherlock Holmes sur la planète Mars"? Il est vrai que le roman ne faisait guère mieux avec "Maigret chez le coroner". On peut supposer que le changement de titre est dû à la volonté de ne pas déconcerter le public des téléfilms avec Jean Richard, souvent composé de gens âgés peu familiarisés avec la langue yankee et qui ont toutes les chances d’ignorer ce qu'est un coroner.

Toujours est-il que la qualité du roman n'est pas meilleure que celle de son titre. Comment voulez-vous réussir un téléfilm convenable à partir d'un roman aussi raté? En dehors du fait que Maigret est un personnage typiquement français qui ne peut s'épanouir pleinement que dans un contexte purement franco-français, ou à la rigueur belge ou hollandais, l'histoire est indigeste. Il est impossible de croire une seule seconde à cette enquête plus que ridicule.

Non seulement Maigret à l'ombre des cactus, c'est incongru, mais les courageux qui réussiraient à tenir pendant 90 minutes assisteront surtout à un reportage touristique sur le mode de vie coloré des Américains du far-west, entrecoupé de quelques passages sur une vague enquête criminelle même pas digne d'un écrivaillon débutant.

Dans ce contexte pourri, même Jean Richard n'y croit pas. François Cadet, le fidèle Lucas (pensez donc, il suit son mentor jusqu'au cœur des « States »...), se demande ce qu'il fait là et Jess Hahn cabotine à tout va pour tenter de sortir le spectateur de sa léthargie, sans y parvenir malgré son talent indéniable. S'il n'y avait qu'un seul roman de Maigret à ne pas adapter, c'était bien celui-ci.


Dernière édition par Phil DLM le Ven 9 Sep 2011 - 23:40, édité 2 fois
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Ven 9 Sep 2011 - 23:21

6. UNE CONFIDENCE DE MAIGRET***
(adaptation de Une confidence de Maigret*)




Comment l'arrestation d'un matelot à la suite d'une rixe fait rebondir une affaire classée, celle d'un industriel accusé de l'assassinat de sa femme, et qui avait trouvé la mort en tentant d'échapper à la police.

Agréable surprise que cet épisode. Je m'attendais à faire la même sieste que lors de la lecture du roman, mais l'adaptation réussie de Jacques Rémy et Claude Barma, combinée au savoir-faire du réalisateur Yves Allégret, a produit un épisode certes un peu lent à démarrer, mais finalement consistant.

Simenon a voulu aborder le thème de l'erreur judiciaire, sans grande réussite puisque son roman s'est révélé peu intéressant. En revanche, cette adaptation décortique fort bien les rouages de la Justice et sa façon de broyer un innocent de façon implacable.

Maladresse de l'accusé, pistes négligées lors de l'enquête, instruction à charge du fait de l'antipathie, antérieure à l'affaire, du juge envers le suspect, concours de circonstances, avocat de la défense sincère mais ne choisissant pas la bonne méthode, maîtresse homosexuelle qui ne s'intéressait qu'à son argent : le cumul de ces éléments a conduit à la catastrophe, la mort d'un innocent.

L'interprétation ne souffre d'aucun reproche et renforce la mise en scène parfaitement huilée d'Yves Allégret. Selon son habitude sur la série, le réalisateur travaille avec ses comédiens fétiches : Maxence Mailfort, un peu jeune pour le rôle du juge Coméliau, fait néanmoins bien ressortir l'aspect autoritaire et la suffisance du magistrat ; Jean-Claude Dauphin interprète l'inspecteur Lapointe, comme toujours avec Allégret ; Jean-Pierre Castaldi ne fait qu'une apparition, en inspecteur de police local.

Le reste de la distribution est dominé par un excellent Pierre Clémenti, qui compose un Joussel champion dans l'art de se défendre d'une manière déplorable. Son épouse Sophie est incarnée par Olga Georges-Picot, qui reprend son rôle traditionnel, à mi-chemin entre la garce et l'aventurière (voir notamment Adieu l'ami ou Commissaire Moulin ). Enfin, Christophe Bourseiller interprète le sémillant comte de Grondeville, pastiche désopilant de Gonzague Saint-Bris, qui fête la sortie de son nouveau roman lors d'une soirée au musée Grévin !

Outre cette incursion originale et appréciée, qui nous permet entre autres de voir la statue de cire de François Mitterrand, un clin d'œil humoristique vient adoucir l'atmosphère noire de l'enquête : Maigret se rend à La Mer de Sable afin d'interroger un témoin, et se retrouve face au directeur. Donc, Jean Richard converse avec lui-même puisqu'on sait qu'il est le fondateur du fameux parc d'attractions d'Ermenonville.

Pour l'occasion, il livre une caricature hilarante du personnage de plouc ahuri roulant les « r » qu'il a longtemps interprété à des fins essentiellement mercantiles, notamment dans des films relevant du comique troupier. Il fallait bien financer son cirque, à l'époque où le cinéma et la télévision lui imposaient une si rude concurrence, et comme il le disait lui-même, « Je nourris mes lions avec des navets ».

*La Mer de Sable, parc d'attractions fondé par Jean Richard et situé à Ermenonville dans le Val-d'Oise, bénéficie dans cet épisode d'une publicité à peine voilée. Le fait n'est pas nouveau puisque, quelques années auparavant, l'écrivain pour la jeunesse Georges Chaulet avait situé l'action de Fantômette à la Mer de Sable dans le parc de son ami Jean Richard. Le procédé, tout contestable qu'il soit, paraît bien anodin comparé aux pratiques d'aujourd'hui.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Patricks le Ven 9 Sep 2011 - 23:55

Avec sa musique qui reste dans les mémoires et la silhouette de Jean Richard avec sa pipe, cette série pourrait être un repère de la nostalgie de la qualité made in France de jadis. Curieusement, le manque de rediffusions, la lenteur de l'édition DVD, ne démontrent pas que c'est un monument télévisuel incontournable.
Il vaut peut-être mieux se souvenir de "Maigret" que le revoir et rester sur son impression.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Sam 10 Sep 2011 - 21:15


7. LA DANSEUSE DU GAI-MOULIN**
(adaptation de La danseuse du Gai-Moulin****)



Escale en Belgique pour Maigret, où deux jeunes désœuvrés vont buter sur un cadavre en tentant de voler la caisse d'un cabaret. Terrorisés, ils craignent d'être accusés du meurtre par « l'Homme aux larges épaules » qui les a pris en filature. En fait, le commissaire était sur le piste de la victime, un aventurier grec qui va être retrouvé le lendemain matin en pleine rue, dissimulé dans une malle.


La grande chance de cet épisode est d'être adapté d'un roman qui avait tout pour donner un excellent scénario de téléfilm, et en effet la qualité de l'histoire de Simenon se retrouve à l'écran. Mais il s'agit d'un des rares points positifs de l'épisode, gâché par une réalisation menée sur un rythme ennuyeux et de mauvais choix de comédiens.

Danièle Croisy est une bonne actrice, elle l'a prouvé lors de ses passages précédents sur la série, mais elle ne correspond pas au personnage d'Adèle, la danseuse du Gai-Moulin, telle que décrite par Simenon. Le pire dans la distribution est le personnage du commissaire belge : on a rarement vu un aussi mauvais comédien que Gérard Darrieu, qui sur-joue en permanence. A chacune de ses nombreuses apparitions, on a pleinement conscience d'être dans un téléfilm et non dans la réalité tellement il joue mal, et cette sensation est évidemment très désagréable.

Hormis un Jean Richard malicieux, les seules vraies satisfactions au niveau des acteurs sont les deux jeunots, en particulier Eric Nohant dans le rôle de René Delfosse, dont il exprime parfaitement le côté fils à papa raté et arrogant.

Au final, ce sont les regrets qui dominent : comment un aussi bon roman a-t-il pu être massacré au point de susciter très vite l'envie que l'épisode se termine, alors qu'il ne dure qu'une heure et quinze minutes ?
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Sam 10 Sep 2011 - 21:21


8. MAIGRET SE TROMPE**
(adaptation de Maigret se trompe**)



Maigret mène l'enquête à Nancy, où une jeune femme sans histoires a été retrouvée dans son appartement avec une balle dans la tête. Le commissaire découvre que la victime était une ancienne prostituée...

Une enquête conventionnelle à l'extrême, où aucun élément constitutif d'un policier classique ne manque : victime tuée par balle ; femme de ménage truculente, ancienne prostituée et un rien voleuse ; jalousie, adultère ; fausse piste avec le musicien, coupable idéal désigné d'avance - mais Maigret ne sera pas dupe - ; grand bourgeois accro au sexe, véritable DSK provincial. Le dénouement sera en toute logique banal et révèlera que Maigret ne s'est au fond guère trompé...

Hormis les décors extérieurs de la ville de Nancy, avec sa place Stanislas montrée sans retenue, le principal intérêt de cette enquête réside dans de bonnes performances d'acteurs. Robert Lombard, vu plusieurs fois sur la série, interprète cette fois-ci un policier de province. Georges Marchal incarne le professeur Gouin, grand chirurgien blasé et victime de ses pulsions pour les femmes. Cet acteur renommé est une recrue de choix pour la série, plutôt coutumière des comédiens débutants ou de série B.

Justement, quelques actrices peu connues s'avèrent excellentes, à l'image d'Anne-Marie Mayfair et de Rachel Boulenger, qui confèrent à leurs personnages des regards qui en disent long. Autres belles compositions, celles de Ginette Garcin, qui apporte sa gouaille au personnage de Désirée Brault, et de Macha Méril, parfaite en infirmière énamourée de son patron. La pépite du jour prend la forme d'un jeune comédien débutant appelé... Patrick Bruel !

Qu'aura-t-il manqué à cet épisode pour accéder à la catégorie des meilleurs ? Sans doute une intrigue plus consistante accompagnée d'une mise en scène plus percutante.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Sam 10 Sep 2011 - 21:26

9. LE VOLEUR DE MAIGRET*
(adaptation de Le voleur de Maigret***)



Un homme vole le portefeuille de Maigret avant de le convier chez lui aux fins de lui faire constater le décès de sa compagne, victime d'un meurtre. Il affirme être innocent et ne rien comprendre à cette affaire.

Cette histoire prend le contrepied de ce que l'on rencontre habituellement dans les romans ou séries abordant un thème similaire. Soit on a affaire à un homme qui tue sa femme, jure n'avoir jamais mis les pieds sur les lieux du crime et se forge un alibi crédible, soit il s'agit d'un innocent qui trouve son épouse assassinée en rentrant chez lui, prend peur, nie sa présence sur place tout en laissant des traces évidentes de son passage et finit pas être pris pour le coupable, victime de ses mensonges.

Au contraire, l'antihéros du jour, après avoir trucidé sa compagne, va s'arranger pour contacter Maigret après l'avoir délesté de son portefeuille, lui présenter le cadavre et jurer n'être pour rien dans le meurtre. Le problème, c'est que l'homme du roman agit ainsi par pur cynisme. Limité et un peu « b eauf », il cherche à manipuler le commissaire, dont il connaît la réputation de policier humain. Il essaie donc de se faire passer pour un malheureux innocent, un agneau qui vient de naître plongé dans un drame incompréhensible qui le dépasse.

L'adaptation est une trahison pure et simple. Le manipulateur est présenté comme un intellectuel qui lit Sartre et les Cahiers du cinéma, un artiste talentueux et incompris, un romantique révolté épris d'idéal, un personnage pompeux, qui plus est desservi par l'interprétation prétentieuse de Jean-Loup Wolff.

L'autre atout du roman est sa description fascinante, tout en nuances, des milieux du cinéma, qu'on ne retrouve pas dans le téléfilm. Le monde du septième art est dépeint de manière caricaturale dans des scènes interminables générant un ennui indescriptible, dans un style pseudo-intellectuel que l'on rencontre plus dans les films pédants de Sautet que dans les séries policières.

Illustration de cet échec, la mauvaise interprétation de Jean Deschamps dans le rôle de Carus, qui va de pair avec les performances décevantes des actrices incarnant les starlettes arrivistes et malsaines qui peuplent l'univers faisandé du médiocre Carus. Il n'y a donc rien à sauver dans cet épisode, concurrent sérieux du calamiteux Maigret en Arizona pour l'obtention du titre peu enviable de pire production de la série.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  Cetp65 le Sam 10 Sep 2011 - 21:37

Diantre. Mais ca ne fait pas beaucoup de bons épisodes, tout ça. Shocked
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Sam 10 Sep 2011 - 21:38

Cetp65 a écrit:Diantre. Mais ca ne fait pas beaucoup de bons épisodes, tout ça. Shocked
En effet! Il y a un gros creux en ce début d'années 80, mais par la suite ça va s'améliorer. Heureusement, d'ailleurs...
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Lun 12 Sep 2011 - 22:57

10. MAIGRET ET L'HOMME TOUT SEUL**
(adaptation de Maigret et l'homme tout seul**)



Maigret et ses hommes essaient de reconstituer le passé d'un clochard atypique, qui vient d'être découvert mort dans son abri avec six balles de revolver dans le corps.

Un Maigret très représentatif des derniers romans de Simenon, lorsque l'écrivain vieillissant privilégiait les aspects psychologiques au détriment des éléments policiers. Une adaptation fidèle comme celle-ci produit inévitablement un épisode empreint de lenteurs qui cassent complètement le rythme.

Le milieu des clochards est mal décrit et sonne faux, en raison d'acteurs dont on voit très bien qu'ils ne sont pas de véritables SDF. Le violon d'Ivry Gitlis lors de la scène finale ratée du meurtre est absolument insupportable. Les recherches sur le passé de René Vivien sont intéressantes, avant que la seconde partie, centrée sur Mahossier, s'avère décevante.

Reste le principal attrait de cet épisode, la composition touchante de la ravissante Fanny Cottençon, qui apporte de la fraîcheur à son personnage de jeune femme hantée par la volonté de découvrir la vérité sur le passé de son père. Mention aussi pour Sylvie Favre dans le rôle de la mère, et pour le truculent Philippe Castelli, interprète d'un barman à la mémoire courte.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Lun 12 Sep 2011 - 23:06


11. MAIGRET ET LES BRAVES GENS**
(adaptation de Maigret et les braves gens**)



Étrange enquête pour le commissaire, à la recherche de l'assassin d'un homme sans histoires, parfait français moyen entouré de proches d'apparence tout aussi tranquille.


Les bouleversements politiques de l'année 1981 ont eu des incidences jusque dans les séries, comme le prouve cet épisode. L'heure du changement est venue pour Maigret, avec l'arrivée aux commandes de personnalités bien vues du nouveau pouvoir. Le résultat sera souvent très bon, mais ici il n'est pas à la hauteur.

Les dix premières minutes suffisent pour comprendre que l'adaptation et la mise en scène du couple Goron sont catastrophiques, en raison de leur ignorance totale de l'univers et des habitudes du couple Maigret. Non seulement ils ont troqué la musique habituelle du générique pour une mélodie insipide, mais ils nous montrent un Maigret de retour de vacances et n'ayant pas envie de se remettre au travail ( !) Comment peuvent-ils ignorer que le commissaire, qui s'ennuie ferme pendant ses congés, a toujours hâte de reprendre le collier ?

Dans la même veine, l'attitude du commissaire avec la conductrice du taxi ne cadre pas avec le personnage, et certains propos de son épouse encore moins : « Tu n'es pas trop fatigué, mon chéri ? », demande-t-elle à son mari. Mon chéri ! Madame Maigret aurait dit « Maigret » ou « Jules », et non ce mielleux « Mon chéri ».

Ces maladresses dont d'autant plus malvenues que l'introspection dans le vie des Josselin est loin d'être dénuée d'intérêt, avec des acteurs qui jouent juste, y compris le couple Richard, attendrissant malgré les hérésies de l'adaptation. Simenon était spécialiste des personnages tortueux se dissimulant derrière une façade d'apparence tranquille. Ici, les braves gens s'avèrent l'être réellement, ce qui rend l'enquête longue et difficile.

La distribution réserve une surprise avec la participation de Jean-Marc Thibault. Son apparition en petit épicier barbu est tellement brève qu'il n'est même pas crédité au générique.
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Re: Série "Maigret" avec Jean Richard

Message  phildlm le Lun 12 Sep 2011 - 23:11


12. MAIGRET ET LE CLOCHARD****
(adaptation de Maigret et le clochard***)



Un clochard a été repêché dans la Seine, gravement blessé à la suite d'une tentative de meurtre. Cet homme cultivé, ancien médecin, ne se montre guère coopératif avec la police, ce qui va compliquer la tâche de Maigret dans sa recherche de l'agresseur.


Un épisode passionnant de bout en bout, magnifiquement servi par un groupe de comédiens excellents. Le scénario décrit une enquête policière réaliste, menée comme il se doit sous la tutelle du juge d'instruction, dont la prééminence sur la police est mise en évidence. Cet aspect est trop souvent éludé dans la plupart des séries policières, on doit donc souligner la justesse de l'épisode.

L'immersion dans la vie iconoclaste de ce docteur Keller est menée avec tact et sensibilité par un commissaire Maigret auquel Jean Richard insuffle avec son immense talent l'habileté et la dose d'émotion nécessaires à l'exercice de son rôle de « raccommodeur de destinées ».

Le couple Maigret sonne très juste, grâce à la complicité évidente entre les époux Richard. Les inspecteurs qui entourent Maigret sont tout aussi véridiques. Même si on regrette le remplacement du vieux briscard Jean-François Devaux par Jean-Pierre Maurin dans le rôle de Janvier, l'équipe présentée reste à des années-lumière au-dessus des piteux policiers au service de Maigret-Crémer, aussi réalistes que les chimères d'un mégalomane.

Illustration de cette réussite, la fameuse scène d'interrogatoire de Van Houtte par Maigret, Castaing et Janvier, dans une ambiance pesante remarquablement filmée, l'absence de musique contribuant à accroître la lourdeur de l'atmosphère.

Soulignons la superbe composition de Johan Leysen dans le rôle difficile de Jeff Van Houtte, ce marinier retors et rusé qui arrive à tenir Maigret en échec. Les Keller sont eux aussi remarquablement interprétés par Daniel Gélin, la vedette invitée prestigieuse de cette enquête, et Catherine Sauvage.

Une nouvelle démonstration du caractère phallocrate du commissaire a lieu lorsqu'il pronostique le sexe du futur enfant de Janvier : « Pour se faire attendre aussi longtemps, ce ne peut être qu'une fille »...
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