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Série "MillenniuM" 1996-1999

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Message  Estuaire44 Jeu 29 Sep 2011 - 19:33

Le Complexe de Dieu (522666, 1-05, ****)

A Washington, Raymond Dees commet des attentats à l’explosif particulièrement meurtriers. Atteint par le Complexe de Dieu il voit les explosions qu’ils suscitent comme de véritables créations artistiques bouleversant le Destin. Avide de gloire médiatique ; il intervient ensuite en sauveteur sur le lieu du drame, tâchant de capter le regard des caméras. Il envisage ses futures explosions avec tant de précision que ses visions rejoignent celles, postérieures, de Black. Une traque acharnée débute entre ce surdoué, féru d’électronique, et Frank, assisté des puissants moyens du FBI et du Groupe. Les deux hommes s’affrontent également lors de conversations téléphoniques tournant vite au duel. Dees est finalement identifié par Frank, mais il force les policiers à l’abattre pour éviter une explosion supposée tuer celui-ci. Il part ainsi en pleine gloire, comme il l’avait planifié depuis le début, constate amèrement Frank.

522666 captive de bout en bout le spectateur par l’implacable duel de haut vol opposant Frank au particulièrement redoutable Dees. L’intensité du combat ressort avec force à travers les nombreux rebondissements dont le flux ne diminue jamais, ainsi que par la partie mortelle voyant deux esprits supérieurs s’affronter sur l’échiquier de la capitale fédérale. L’intrique se montre suffisamment variée dans ses effets pour maintenir l’attention. De plus elle incorpore à merveille une forte dimension technologique, sans pour autant noyer la dimension psychologique de l’affrontement. Les seconds rôles soutiennent à merveille le combat de Frank et se montrent remarquablement intenses, la qualité de l’écriture de l’épisode se dénote aussi à l’absence de toute scène inutile. Megan Gallagher et Terry O’Quinn brillent comme à l’accoutumée mais c’est le toujours formidable Sam Anderson qui accapare l’attention par un charisme n’étant pas sans invoquer l’inoubliable Holland Manners d’Angel. L’immédiateté avec laquelle le haut gradé du FBI laisse le commandement effectif de l’opération à Frank assoit encore le prestige et l’aura de note héros.

La mise en scène de David Nutter se montre remarquablement alerte et mobile, accompagnant efficacement le récit si nerveux de Morgan & Wong. Elle tire également le meilleur parti de l’environnement nocturne et urbain. Les images dantesques des explosions s’imposent à l’esprit avec une force d’autant plus accrue sur ce décor de béton froid et de société si ordonnancée. On n’échappe pas au poncif de la communication téléphonique coupé trop tôt pour permettre une localisation, mais la stratégie développée par Frank pour river le déséquilibrer à l’appareil se montre réellement brillante L’atmosphère si anxiogène de cette course effrénée pour éviter la prochaine catastrophe, les capacités d’improvisation et de lucidité de Frank, ce déferlement technologique et de puissance fédérale font irrésistiblement penser à un 24h Chrono avant l’heure, tout en respectant la tonalité MillenniuM et la primauté accordée à la psychologie du déséquilibré.

Dees fascine par sa folie à la fois structurée et chaotique. La progressive découverte du puzzle complexe que forme sa psychologie tourmentée s’effectue parallèlement aux péripéties de l’affrontement, accroissant ainsi l’impact de ce voyage au bout de la nuit, dépourvu de tiout paranormal. L’excellente idée de ces visions se substituant à celles de Frank, ici absentes pour la première fois, renforce également cette convergence si particulière et troublante entre le héros de MillenniuM et ses antagonistes. On pourra reprocher à l’acteur Joe Chrest d’apparaître quelque peu fade et effacé. En effet on se situe ici loin du flamboiement d’un Incendiaire ou d’un Pousseur, dans des circonstances similaires. Mais cet aspect s’inscrit fort judicieusement dans la nature même de MilleniuM. Le adversaires n’y sont fondamentalement pas de pittoresques Diabolical Masterminds, mais des esprits en souffrance, souvent introvertis.

Cet épisode captivant pointe également le rôle ambivalent des médias dans nos société, comme facteur prépondérant de l'acomplissement social. Sa responsabilité s’entremêle à celle de Dees, comme annoncé par la citation de Sartre. Sa qualité d’écriture et de mise en scène situe 522666 parmi les grands succès de cette première saison.



Le numéro du téléphone portable de Frank est 202-555-1367.

Cet épisode situé dans la capitale fédérale comporte un nombre imposant d'acronymes : A.T.F. (Bureau of Alcohol, Tobacco, & Firearms), N.S.T.L. (National Security Threat List), N.C.I.C. (National Crime Information Center), C.P.I.C. (Canadian Police Information Computer), INTERPOL (International Police Organization), RDX (Rapid Detonating Explosive)...

Un homme se faisant passer pour l'auteur des explosions se réclame de l'A.N.O. Il s'agit de l'Organisation Abou Nidal (ou Fatah - Conseil Révolutionnaire), une mouvance palestinienne radicale, fondée en 1974. Elle est classée comme terroriste par les états occidentaux, étant responsable de nombreux attentats très meurtriers.

Avec les lettres inscrites sur un téléphone 522666 correspond à Kaboom, l'onomatopée américaine représentant le bruit d'une explosion.

Durant l'épisode on entend la chanson I must not think bad thoughts., de X.

C'est Jean-Paul Sartre qui a l'honneur de la citation du jour : I am responsible for everything... Eexcept my very responsibility. (Je suis responsable de tout… Sauf de ma responsabilité même.) Elle est tirée de L’Etre et le Néant (1943), sa version complète étant : Je suis responsable de tout, sauf de ma responsabilité même, car je ne suis pas le fondement de mon être. Tout se passe donc comme si j’étais contraint d’être responsable. Dans cet ouvrage Sartre définit les concepts philosophiques fondamentaux de l’existentialisme, autour des thèmes du libre choix et de la responsabilité.

Pierson déclare Frank, after Centennial Park, there is no way that I could bring this guy in without more evidence. Il fait référence à l'attentat survenu en 1996, à Atlanta, durant les Jeux Olympiques. Une personne fut tuée et plus de cent blessées dans l'explosion survenant durant un concert donné dans le parc. Il était l'oeuvre d'un serial killer, Eric Robert Rudolph. Celui-ci fut un temps remarqué par la police, puis libéré faute d'éléments matériels. Par ila suite, il se livra à d'autres actions violentes, lancé dans une croisade anti avortement et homosexualité. Identifié par le FBI, il fut arrêté en 2003 puis condamné à vie.

Le critique de la frénésie médiatique à laquelle se livre l'épisode se base également sur l'attentat du Centennial Park. Richard Jewel, l'un des gardiens du parc, fut un temps soupçonné, avant d'être disculpé par la justice. Mais il faut l'objet d'un déchaînement médiatique hostile, à l'échelle nationale. Le Procureur et le Gouverneur de Géorgie durent intervenir publiquement pour y mettre fin, louant au contraire son attitude courageuse durant le drame. Par la suite Jewel remporta de retentissants procès contre de grands médias, dont NBC.

En début d'épisode, alors que Frank regarde la télévision on peut entendre l'annonce suivante : Critics call it the best new show of the season, Sundays after foot. Il s'agit d'un clin d'oeil ironique de Morgan & Wong à leur série Space : Above and Beyond, critiquant au passage le désastreux horaire dans lequel l'a relégué la FOX.

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Message  Invité Jeu 29 Sep 2011 - 20:52

Bravo pour tes critiques Estuaire. Même si ce n'est pas une série que j'achèterai en DVD, je lis les critique car c'est quand même une création de Chris Carter.
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Message  Estuaire44 Jeu 29 Sep 2011 - 20:58

Merci ! En plus c'est qui est bien lui qui est directement aux manettes de cette saison (avec Spotnitz), cela se ressent clairement.
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Message  Invité Jeu 29 Sep 2011 - 21:17

Estuaire, si je dis des bêtises, reprends moi, mais dans "The X Files combattre le futur", le type qui explose avec la bombe à Dallas est Terry O Quinn, qui joue aussi dans "MillenniuM", mais comme les deux séries ont un cross-over (la fin de Millénnium dans X Files), cela veut dire que le fan des deux séries de Carter est amnésique. Ce sont deux séries qui se complètent, comme l'allusion à Fox Mulder dans la série "Drôle de Chance" avec DB Sweeney.
Si XF et M sont une seule entité d'une oeuvre, reprendre le même comédien est un erreur. Chose que je déplore dans "Hawaii police d'état" pour le patriarche Dominic Vashon qui entre deux segments de la saga Vashon, soit "Le Patriarche" et "Mc Garrett sur la sellette" réapparait dans un épisode loner dans un autre rôle, Charles Ogden, dans l'épisode 7-09 "Le vol d'un chef d'oeuvre".
Heu, je ne sais pas si j'ai été clair ?
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Message  Estuaire44 Jeu 29 Sep 2011 - 21:25

Oui, il joue ces deux rôles tout à faits distincts, de même que deux autres encore dans deux épisodes des X-Files. Il tient égalemnt un rôle récurrent très important dans Harsh Rrealm (dans un univers distinct cette fois). En fait c'est un proche de Chris Carter, qui en a fait l'un de ses acteurs fétiches dans ses différentes productions. Honnêtement cela ne me dérange pas, car la qualité de ces interprétations prévaut à mes yeux sur cette multiplication d'interventions. Après tout il s'agit aussi d'un phénomène observé régulièrement dans bien d'autres séries, à commencer par les Avengers (ou le Saint). C'est une licence artistique, en quelque sorte.
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Message  Estuaire44 Dim 2 Oct 2011 - 18:18

Désillusion (Kingdom Come, 1-06, **)

Gallen Calloway, chrétien convaincu, a perdu sa femme et sa fille dans un terrible incendie. Rendu fou par la colère et la souffrance, il entreprend de détruire la foi en tuant un à un les différents hommes d’église qu’il a connu, en reproduisant les supplices de l’Inquisition médiévale. Alors que Jordan est elle aussi confrontée à la mort via le décès brutal d’un oiseau, Frank parvient progressivement à identifier le tueur. Celui-ci tente de perpétrer un massacre durant un baptême mais Frank se confronte à lui et lui montre qu’il n’a jusqu’ici tenté que de détruire sa propre foi, en vain. Effondré, Calloway tente de se suicider pour s’offrir en sacrifice à Dieu, mais en est empêché par les forces d’intervention.

Cette saison très relevée marque ici une pause, à l’occasion d’un épisode quelque peu en deçà. A l’occasion de son premier scénario écrit pour la série, le coproducteur Jorge Zamacona commet une erreur fort préjudiciable en dosant mal les effets de son intrigue. En effet, très rapidement, et plus grave encore, bien avant Frank Black lui–même, le spectateur comprend l’essentiel des motivations du serial killer du jour, ainsi que son modus operandi. Il ne reste plus alors qu’à suivre passivement une enquête tout à fait classique et dépourvue de tout rebondissement, jusqu’à une confrontation finale effectivement réussie. Frank n’est pas ici notre guide au cours d’une progressive découverte d’une abyssale folie, l’absence de ce moteur essentiel à MillenniuM prive Kingdom Come d’une réelle saveur.

Ce ressenti s’accentue encore du fait d’une mise en scène passablement édulcorée, du moins selon les critères coutumiers de la série. Hormis le premier meurtre, tout à fait effrayant, les autres ne sont tout simplement pas montrés, l’action se limitant à leurs préambules. les visions de Frank ne viennent que partiellement suppléer à cette autocensure rendant l’immersion plus relative qu’à l’accoutumée. Par ailleurs, si les seconds rôles, notamment les figures traditionnelles du policier local et du membre du Groupe, sont interprétés par des comédiens chevronnés et talentueux, Lindsay Crouse et Tom McBeath, leur écriture demeure banale, manquant de saillant à l’image de l’ensemble de l’épisode.

En fait il ressort de façon trop marquée et mécanique que l’épopée sanglante de Calloway n’est que prétexte à des dissertations de Frank, d’ailleurs souvent non dénuées d’intérêt, autour de la foi comme irremplaçable appui face à l’horreur du monde et à la perspective de la mort. Les répliques sonnent souvent justes, notamment grâce à un Lance Henriksen de nouveau grandiose mais les autres personnages lui servent trop visiblement de simples confidents. L’épisode développe néanmoins un distinguo subtil entre la foi en Dieu et celle en l’Humanité, tandis que la mésaventure de Jordan s’intègre avec fluidité au discours général sur les diverses origines que peut revêtir le Mal, une thématique chère à Carter. MillenniuM prouve ici que même l'un de ses épisodes quelque peu mineur suscite l’intérêt par un discours absolument adulte.



Evoquant le rituel suivi par le tueur, Frank évoque le Sermo Generalis. Il s’agit de la cérémonie durant laquelle l’Inquisition, jadis, révélait les conclusions de son enquête et le châtiment des hérétiques.

Ardis Cohen, membre du Groupe, est interprétée par Lindsay Crouse, connue notamment pour son rôle du Dr. Maggie Walsh, la dirigeante de l’Initiative durant la saison 4 de Buffy contre les Vampires.

Tom McBeath, interprète du collaborateur policier du jour, a également joué un antagoniste récurrent d’une célébrée série, Stargate SG-1, en la personne du Colonel harry Maybourne.

La citation du jour est And there will be such intense darkness, That one can feel it. (Exode 10:21, Il y aura des ténèbres si épaisses qu’on pourra les toucher).

L’épisode ne fut pas diffusé à la date initialement prévue, le 15 novembre 1996, car la veille le cardinal Joseph Bernardin, archevêque de Chicago, décéda. En signe de respect envers cet important prélat, Kingdom Come, mettant largement en scène l’église catholique, fut déplacé de deux semaines. Divers commentateurs évoquent plutôt un coup médiatique de la Fox.

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Message  Invité Dim 2 Oct 2011 - 19:12

Quel travail de titan Estuaire. Tu dois y passer des heures. Moi qui ne voit plus la fin de Hawaii police d'état alors que mes critiques sont plus courtes!
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Message  Estuaire44 Dim 2 Oct 2011 - 19:26

On essaie d'avancer tout en tirant parti de ce beau soleil ! hein
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Message  Dearesttara Dim 2 Oct 2011 - 22:59

Tu travailles sur une des séries les plus sombres de la TV en plein soleil ??? scratch scratch scratch confused
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Message  Estuaire44 Dim 2 Oct 2011 - 23:08

Non, je passe pas mal de temps à me promener, donc j'ai moins de temps pour écrire.
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Message  Invité Lun 3 Oct 2011 - 22:24

Alors j'ai ma réponse pour Stargate saison 2 que je venais de poser dans le topic de la série.
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Message  Estuaire44 Mar 4 Oct 2011 - 22:32

Parenté sanglante (Blood Relatives, 1-07, ***)
Sur l’intervention de Catherine, Frank enquête sur le meurtre d’une mère de famille, survenu durant la veillée funèbre de son propre fils. Frank détermine qu’un jeune homme, orphelin déstructuré vivant en foyer, se rend d’enterrement en enterrement afin de retrouver une ambiance familiale de substitution. Il semble avoir basculé dans la violence, ce que confirment des éléments matériels découverts lors d’un autre meurtre. La police de Seattle arrête un dénommé James Dickerson, après qu’il ait été identifié par Frank. Mais ce dernier réalise alors que le compagnon de chambrée de James est le véritable coupable. Habité par une délirante obsession de possession, il suit James dans ses expéditions et exécute les personnes avec lesquelles le jeune homme a sympathisé. Frank parvient in extremis à l’empêcher d’assassiner la propre mère de James.

Blood Relatives prend l’exact contrepoint de l’opus précédent, en développant une intrigue parfaitement minutée. Nous découvrons pas à pas en compagnie de Frank un immense drame humain aussi abominable dans ses conséquences qu’émouvant dans la souffrance ressentie par James. La convergence de l’enquête traditionnelle et de l’étude psychologique menée par Frank s’effectue à merveille, non sans savoureux grincements de dents de la part des rudes policiers de Seattle, blanchis sous le harnais. Le récit s’offre quelques audaces réussies, comme l’efficace collaboration entre Frank et Catherine ou le refus du happy end facile de la réconciliation entre la mère repentie et le fils.

La mise en scène de Jim Charleston parvient également à dégager une véritable ambiance trouble et lors de scène étonnamment dérangeantes comme le meurtre initial détournant une image classique du film d’épouvante ou l’attaque des molosses, parfaitement effrayants. Le second meurtre se détache également par sa véracité sordide, mais aussi par le contraste induit par la mise en scène ente l’horreur survenant et la lumineuse beauté du décor naturel, l’un de ces somptueux lacs dont Vancouver a le secret. Mais, fort opportunément, la scène la plus dure demeure dépourvue de toute agressivité physique, pour se situer au plan émotif. Voir Connor nourrir James comme on alimente un chien fidèle se révèle terrible de violence et tout à fait révélateur de l’aspect perversement possessif de cette prétendue amitié.

Sean Six (James) s’y avère impressionnant de conviction, apportant immensément à Blood Relatives, à l’image d’une excellente distribution. L’épisode comporte en particulier une magnifique composition de l’épatante Megan Gallagher, qui impose toute sa sensibilité à l’occasion de cette montée au premier plan de Catherine. La relation avec Frank sort encore renforcée de cette enquête menée en commun. Le twist final sur l’identité réelle du tueur est subtilement mené, même si pas tout à fait imprévisible. Mais il reste avant tout remarquable que Catherine, écoutant son cœur, parvienne plus rapidement à un résultat similaire à celui obtenue par el brillant esprit analytique de Frank, assisté par son Don. Un fait soulignant éloquemment l’humanité des divers protagonistes de cette histoire évoquant avec sensibilité le drame de la solitude et la déstructuration de la cellule familiale dans nos sociétés.

Face à ces familles en charpie, celle, si harmonieuse, de Frank s’inscrit en contrepoint révélateur. Il en va pareillement pour la chaleur humaine et la solidarité se dégageant de ces veillées funèbres, admirablement filmées. Mais, comme toujours avec MillenniuM, les ténèbres envahissent la lumière : Blood Relatives centre ces passages autour de divers objets funéraires mis en avant avec un art consommé. Il résulte logique que l’auteur et producteur Chip Johannessen ait été ultérieurement retenu par Chris Carter pour écrire la suite de l’histoire du Fétichiste (Orison, X-Files, 7-07), tant l’on retrouve ici comme un écho de Irresistible.

Blood Relatives apparaît comme un opus particulièrement riche en émotions diverses, structuré autour d’un scénario astucieux. On pourra certes regrette la brièveté de l’exposition des motivations du véritable assassin, mais il existe des lil=mites à ce que que peut narrer un épisode d’une cinquantaine de minutes.



Frank déclare : Thousand points of Darkness. Il s’agit d’un clin d’œil à une accroche restée fameuse de Bush, prononcée durant son Discours sur l’état de L’union de 1991, Thousand points of Light.

Peggy Dechant est jouée par Lynda Boyd, qui interprète par ailleurs Dana Whitcomb, la grande antagoniste de la première époque de Sanctuary. Dans les X-Files elle incarne notamment la femme du bar, effrayée par les flammes de l’Incendiaire. (Fire, 1-11).

La citation du jour est This generation is a wicked generation; it seeks for a sign, and yet no sign shall be given to it. (Luc 11:29, cette génération est une génération méchante ; elle demande un miracle et il ne lui en sera pas donné).

L’épisode est le premier écrit par Chip Johannessen. Il en composera 12 autres et deviendra producteur exécutif sur la troisième saison. Il a depuis travaillé comme producteur et auteur pour Dexter et 24h Chrono.

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Message  Estuaire44 Mer 5 Oct 2011 - 19:56

Un verrou sur le cœur (The Well-Worn Lock, 1-08, ***)

Connie, 32 ans, vient se confier à Catherine Black, assistante sociale : durant des années elle a subi des agressions incestueuses permanent » de la part de son père, avec le silence complice de sa mère. Elle affirme se décider à parler car elle découvre aujourd’hui que sa jeune sœur est sur le point de subir le même calvaire. Catherine émue, découvre une vérité épouvantable, notamment que la très jeune fille est en fait la fille de Connie, violée par son père. Elle parvient à entraîner la procureure dans un combat difficile, le père étant un notable très respectable. D’abord arrogant celui-ci prend peur et s’enfuit avec l’enfant. Rattrapé grâce à l’intervention de Frank, il est finalement condamné en justice, tandis que Connie finit par surmonter ses traumatismes.


En abordant le thème douloureux de l’inceste, The Well-Worn Lock constitue un agréable renouvellement de la série, succédant après de brillantes traques de sérial killers au schéma inévitablement légèrement répétitif. Ce changement se prolonge dans la structure narrative elle même, le coupable étant connu dès le départ et le récit se centrant sur la victime et non sur le monstre. Ici la victime, que l’on ne se hasardera pas à qualifier de chanceuse compte tenu de l’horreur subie, peut ici s’exprimer, l’occasion d’une introspection aussi éloquente et éprouvante qu’à l’accoutumée, mais vue de l’autre côté du miroir obscur.

Par ailleurs The Well-Worn Lock accentue considérablement la montée en puissance de Catherine de l’intrigue, déjà observée dans Blood Relatives. On assiste ici purement et simplement à une inversion des rôles, Frank devant le confident et le soutien tandis que Son épouse impulse l’affaire du jour. Ses méthodes, plus classique, diffèrent, ce qui accroît encore l’impression de d’agréable variété. Encore que Catherine n’hésite pas à mobiliser ses amitiéss au sein de la police de Seattle ! Mrs Black manifeste la même opiniâtreté que son mari et s’impose en personnage indispensable à la série, d’autant que Megan Gallagher sait s’imposer parmi d’excellents comédiens.

Ce mouvement impulsé par Chris Carter en personne connaît cependant quelques limites. L’intervention de Frank pour capturer le fugitif ne s’imposait pas réellement et, pour ponctuelle qu’elle demeure, s’en vient minorer l’originalité du récit. On a l’impression que l’auteur tient à placer une manifestation du Don de Black, craignant une insatisfaction du public de manière quelque peu pessimiste. On peut aussi regretter qu’après une première partie absolument captivante, où l’on s’immerge dans les abominables secrets de cette famille, l’intrigue débouche sur un segment davantage classique, autour du procès. Quoique supérieurement écrit et interprété, ce passage s’insère néanmoins dans les poncifs si balisés de la série judiciaire. On attend davantage de Chris Carter.

Ce dernier réussit un magistral portrait psychologie en la personne de Connie (formidable Michelle Joyner). Après subtilité et clairvoyance il expose les diverse conséquences destructrice de l’inceste et des diverses pressions psychologiques subies par les victimes. Une violence en définitive aussi insoutenable que celle des tueurs, qu’un happy end joliment symbolique ne vient que partiellement dissiper. Les différents personnages secondaires, en particulier la mère, sonnent également tout à fait justes. Un récit aussi noir que dérangeant, d’autant que les faits divers nous rappellent régulièrement l’existence de telles abominations.

Episode original au sein de la série, The Well-Worn Lock en trouve néanmoins toute l’intensité et la qualité, tout en achevant de bâtir le portrait de Catherine, l’autre pilier de MillenniuM.



La citation du jour est The cruelest lies are often told in silence., de Robert Louis Stevenson (1850-1894). Cette figure de la littérature anglaise a notamment écrit L'Île au Trésor (1883) et L'étrange cas du Docteur Jeckyll et de Mister Hyde (1886). Stevenson complète sa maxime par A man may have sat in a room for hours and not opened his mouth, and yet come out of that room a disloyal friend or a vile calumniator.

S'il supervise l'ensemble de l'écriture de la série, Chris Carter n'en n'écrira que sept pour MillenniuM. Celui-ci est le troisième, après le pilote et Gehenna.

The Well-Worn Lock est le premier épisode de la série se centrant davantage sur cathe rine que sur Frank.

Le titre original fait référence au verrou symbolisant l'aliénation des victimes.

Le film passant à la télévision en début d’épisode est Le miracle de la 34ème rue (1947).

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Message  Estuaire44 Ven 7 Oct 2011 - 19:14

Meurtres sans effraction (Wide Open, 1-09, **)
Un tueur en série sévit en répétant toujours le même rituel : il s'introduit dans une maison en vente en se faisant passer pour un acheteur, se dissimule jusqu'au soir et, ayant ainsi contourné les système d'alarme, massacre alors les propriétaires. Il laisse vivre une petite fille, espérant que la police, par ses questions, la forcera à revivre douloureusement ce traumatisme. Catherine s'oppose vigoureusement à cet in interrogatoire, soutenue par Frank, malgré les arguments de Bletcher. Frank finit par deviner le pot aux roses ainsi que par identifier le coupable, celui-ci s'amusant à laisser des indices pour défier les forces de l'ordre. Le tueur est appréhendé lors d'une ultime attaque, le chien défendant la maison se révélant un allié providentiel pour Frank.

Le meilleur de Wide Open réside dans son idée de départ. Cette vision d'un maniaque homicide jaillissant soudainement au sein de l'intimité et de la protection apportées par le foyer se révèle absolument terrifiante. Comme le souligne Chris Carter au travers de Black, on rejoint ici une grande peur universelle, plus intense que jamais de nos jours : l'agression de la cellule familiale, vulnérable derrière les prétendues protection apportées par la technologie. L'épisode compte également à son actif quelques réussites connexes, comme l'humanité de Bletcher, le décor sinistre et empreint de folie de l'appartement du serial killer ou la musique si évocatrice de Mark Snow. Les amateurs des X-Files s'amuseront des ironiques messages numériques rappelant Blood, comme du « X » laissé par le tueur comme indice de son passage. Malheureusement, si l'enquête de Frank reste solidement construite, l'intrigue commet quelques erreurs passablement pénalisantes.

Le dément criminel, interprété avec minimalisme, manque singulièrement de présence et d'intensité. On regrette également que la confrontation avec Frank se résume à un simple affrontement physique, jouant davantage la carte du sensationnalisme que celle de la psychologie. De plus le thème du la perpétuation d'un traumatisme subi durant l'enfance a déjà été abordé dans Blood Relatives. Par ailleurs le scénario commet une erreur en situant la ligne de démarcation entre Bletcher d'une part et Frank et Catherine d'autre part, à propos de l'éventuel interrogatoire de la petite fille. La partie apparaît bien trop déséquilibrée pour laisser place à un quelconque suspense et il aurait été dramatiquement bien plus intense d'affronter Frank et Catherine sur ce point. Par ailleurs l'épisode a trop souvent recours au poncif du dessin d'enfant contenant un indice sur l'assassin, d'où un pénible effet de répétition alors même que la jeune actrice s'avère inexpressive. Sans susciter l'ennui, l'épisode se positionne comme relativement mineur.

Le nom de la petite fille témoin du meurtre de ses parents est Patricia Highsmith, un hommage à la célèbre auteure du même nom. Spécialisée justement dans les thrillers psychologiques, elle vient de décéder en 1995. On lui dit notamment L'Inconnu du Nord Express et les série des M. Ripley.

La dernière maison visitée par le meurtrier, est gérée par agent immobilier nommé Lou Bollo. Celui-ci est en fait le responsable des cascades pour l'ensemble de la série.

La citation du jour est His children are far from safety. They shall be crushed at the gate, without a rescuer. Elle est extraite du Livre de Job, 05:04 (Ses enfants sont privés de tout appui, accablés à la porte, sans défenseur.).

L'expert graphologue identifie la signature du meurtrier dans 37 listes de bienvenues différentes. L'un des noms qu'il utilise alors est Travis Bickle, le héros de Taxi Driver (1976).

Le policier assistant Frank se nomme John Glen, un clin d'oeil au duo d'auteurs James Wong et Glen Morgan.

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Message  Estuaire44 Mar 18 Oct 2011 - 19:51

Angel (The Wild and the Innocent, 1-10, ***)
La mère de la jeune Maddie vit avec un certain Jim Galroy, ancien serial killer vivant dissimulé pour échapper à la police. Sa violence pervertit néanmoins leur union. Après le suicide de sa compagne, il tente de violer Maddie, mais est assommé par Bobby, le petit ami de la jeune fille. Celle-ci a eu un bébé, Angel, que Galroy a vendu pour s’acheter une télévision. Débute alors un voyage durant lequel le couple torture Galroy, pour le forcer à révéler où se trouve Angel, avant de le laisser pour mort, tandis que Bobby s‘enfonce dans une violence homicide et accumule les meurtres. Initialement sur les traces de Galroy, Frank perçoit la réalité et intervient au moment où Bobby et Maddie découvrent Angel. Bobby veut se servir du bébé comme otage et est alors abattu par Maddie, qui préfère renoncer totalement à son fils afin de lui laisser la chance de grandir dans la famille aisée et aimante l’ayant adopté.

Tout comme les X-Files avec l’excellent Drive de Vince Gilligan, MillenniuM s’essaie ici au genre si américain du Road Movie. Tandis que la réalisation inspirée de Wright tire le meilleur parti des paysages et du climat canadiens, La règle fondamentale de ce type de récit s’y voit admirablement respectée, puisque le voyage intérieur des protagonistes se découvre parallèlement au parcours accompli. C’est particulièrement net en ce qui concerne Bobby, le récit de Jorge Zamacona nous décrivant avec un terrifiant réalisme l’inexorable dérive vers la domination violente exercée sur sa compagne, ainsi que la chute morale au fil des meurtres. Initialement un sauveur, bobby devient progressivement semblable au serial killer dont il avait initialement préservé la jeune femme, un glissement aussi terrifiant que convaincant.

Si Maddie demeure davantage figée dans son chagrin et sa quête désespérée d’Angel, jusqu’au sursaut final, la lecture de ses lettres puis ce l’on découvre progressivement constituer un entretien postérieur avec Frank, scande éloquemment le récit, conférant une indéniable sensibilité à cette virée en enfer. Ce portrait d’une jeune femme confrontée à la violence pathologique de plusieurs hommes pourrait dangereusement avoisiner le misérabilisme, mais la finesse de l’écriture, ainsi que la conviction à fleur de peau de Jeffrey Donovan et de la formidable Heather McComb permettent d’éviter ce piège. Le mélange d’émotion et d’horreur se révèle harmonieux et fécond. La scène de fin voyant elle et Frank sympathiser s’avère absolument bouleversante.

Que le serial killer basique que représente Galroy sorte rapidement de scène souligne bien la spécificité de l’épisode. Outre sa qualité intrinsèque, ce choix du Road Movie présente en effet l’intérêt de rompre la succession des serial killers coutumiers, menaçant à terme de devenir mécanique. Le revers de la médaille réside néanmoins dans une fusion avec l’univers de la série ne s’effectuant qu’imparfaitement. En effet toute l’enquête, captivante en soie t menée de main de maître par Frank et Peter n’interagit absolument pas sur l’action principale, servant uniquement à l’exposition de celle-ci. En définitive Frank n’empêche strictement rien et le lien avec Maddie ne dispose que de quelques minutes pour s’exprimer, ce qui suscite une certaine frustration. La césure entre les deux segments du récit demeure trop prononcée, sans interaction véritable.



La citation du jour est O Lord, if there is a Lord. Save my soul, if I have a soul., d’Ernest Renan (O Seigneur, s'il y a un Seigneur ; sauvez mon âme, si j'ai une âme.). Renan (1823-1892) est un auteur français réputé pour avoir milité en faveur de l’analyse scientifique et sceptique, détachée des concepts religieux et moraux traditionnels. Il développa ainsi une relecture ethnologique de la Bible et défendit les thèses de Darwin en France. La citation est tirée de Prière d’un sceptique.

Deux membres de l’équipe technique sont cités sur l’album scolaire de Maddie, dont Erik Gerlund, responsable des décors.

Heather McComb (Maddie) participe dans le même temps à Profiler, série partageant nombre de similitudes avec MillenniuM. Elle y tient le rôle régulier de Frances Malone, la fille de Bailey, dans 24 épisodes. Cette excellente actrice est également apparue dans de nombreuses autres séries, dont les X-Files (Shannon dans Die Hand die verletzt) et, récemment, The Event.

Jeffrey Donovan (Bobby) va également participer à une série se situant dans la mouvance initiée par MillenniuM et Profiler : Touching Evil (2004). Il est également vu dans Burn Notice.


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Message  Estuaire44 Jeu 20 Oct 2011 - 0:15

Mauvaises Graines (Weeds, 1-11, ***)
Un serial killer sème la terreur dans une banlieue aisée et sécurisé. Il enlève les jeunes garçons et, se croyant doté d’une mission divine, leur fait payer les péchés de leurs pères par divers supplices. Si le père n’avoue pas rapidement sa faute (adultère, accident de la route mortel…) il exécute alors l’adolescent, resituant le cadavre avec un indice lié au reproche initial. Tandis que l’angoisse et la paranoïa montent sans cesse en puissance, Frank entame une difficile enquête, d’autant que certains peinent à révéler leurs secrets. Le coupable se révèle être un membre éminent de la communauté, que l’hypocrisie de ses pairs a fait plonger dans une profonde dépression.

Porté par une composition une nouvelle fois étonnamment intense de Lance Henriksen, Weeds donne lieu à une enquête remarquablement articulée et captivante de bout en bout. Frank, assisté de la toujours percutante Cheryl Andrews, utilise le moindre bout d’indice mis à sa disposition et son édification progressive du profil psychologique du tueur s’avère magistrale. Le Don apporte sa pierre à l’édifice lors de quelques scènes chocs, mais l’intrigue met judicieusement l’accent sur l’intelligence et l’expérience du profiler. Cette petite communauté se croyant à l’abri derrière ses murs devient un échiquier sur lequel Frank et le serial killer joue une partie subtile, toutes en chausse-trapes, énigmes et défis. On regrettera par contre que la résolution de l’ensemble repose sur un indice sonore trivial et tout de même miraculeusement identifié par Frank, mais l’impact en demeure modéré.

Malgré les tortures oscillant entre abominable et sordide, la personnalité du justicier autoproclamé reste subtilement ambivalente. C’est d’autant plus vrai qu’il se montre parfois cruellement lucide et reste l’un des rares adversaires de Frank à, parfois, épargner ses victimes. L’interprétation de l’ensemble de la distribution paraît également admirable, évitant au maximum tout effet démonstratif possible. A l’unisson la mise en scène se montre froidement clinique, soulignant avec précisons le délabrement du lien communautaire sous la panique et la suspicion, de même qu’elle accompagne efficacement le jeu bien mené de l’exposition de différents suspects potentiels. Comme si souvent dans cette série, les décors se révèlent parfaitement évocateurs d’un atmosphère, notamment cette piscine, d’abord ensoleillée et joyeuse, plus réceptacle confiné de l’horreur : une parfaite parabole de cette petite cité où de nombreux sombres secrets se dissimulent derrière une apparence aimable.

Weeds, nouvelle preuve de la finesse d’écritures de Franck Spotnitz, revêtira une saveur particulière pour l’amateur des X-Files. En effet, dans son sujet comme dans son environnement, un suburb cossu, il préfigure largement le classique de cette série que constitue Arcadia (6-15), diffusé deux ans plus tard. Examiner les différences entre ces deux opus revient plaisamment à comparer les séries elle mêmes. L’humour, si présent dans Arcadia, n’a bien entendu absolument pas le droit de cité ici, comme dans l’ensemble de cette première saison. D’ailleurs Mulder et Black se seront rarement montrés aussi frontalement différents, ce dernier ne prenant jamais une affaire à la rigolade, ce n’est pas dans son ADN. Le recours au surnaturel n’a pas encore lieu d’être, au contraire MillenniuM veille à s’insérer au plus près du réel (même si le fantastique se manifestera bientôt, mais d’une manière moins prégnante). Parallèlement Arcadia se livre à une satire au vitriol de l’Amérique vivant dans ces cités proprettes et retranchées, cette dimension existe mais en nettement moins prononcé dans Weeds, où chaque individu, bourreau, hypocrite ou victime conserve finalement sa fragile humanité. Dans les X-Files la vérité est ailleurs, dans MillenniuM elle se situe définitivement parmi nous, sans apparaître plus rassurante pour autant, il s’en faut de beaucoup.

Une novélisation de l’épisode fut écrite par l’auteur de Science-fiction Victor Koman, intitulée The sins of the fathers. Sa commercialisation se limita à l’Allemagne et au Japon.

La citation du jour est But know ye for certain... Ye shall surely bring innocent blood upon yourselves and upon this city (Jérémie, 26:15, Seulement sachez que, si vous me faites mourir, vous vous chargez du sang innocent, vous, cette ville et ses habitants.)

Weeds est le premier épisode écrit par Frank Spotnitz pour MillenniuM, il en composera quatre autres en solo.

A ce propos il déclare : "My first episode of "Millennium" is also my least favorite. There was an interesting idea here, however - that in order to save their sons, fathers would have to shame themselves by revealing their own "sins.".

On trouve de nombreuses apparitions de séries télé oldies dans l’œuvre de Chris Carter. Ici Charlie est en train de regarder Land of the Giants (1968-1970). Des astronautes se posent en catastrophe sur une planète dont tous les habitants (hommes et animaux) sont douze fois plus grands que sur Terre.

Michael Tomlinson (Tom) interprètera le visqueux Franklin, dans The L Word.

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Message  Estuaire44 Dim 23 Oct 2011 - 0:09

Amour immaculé (Loin Like a Hunting Flame, 1-12, **)
Un pharmacien nommé Nesbitt souffre de graves problèmes sexuels. Il n’a ainsi toujours pas pu consommer son mariage, après 18 ans. Il se rêve une sexualité idéale en appâtant de jeunes couples en leur proposant des drogues puis en leur demandant de faire l’amour devant lui. Puis les empoisonne et dispose leurs cadavres nus selon des positions artistiques, pour parachever son ouvre. Il pense ainsi mettre fin à leur vie au moment parfait. Frank mène l’enquête avec l’aide de Maureen Murphy, membre du Groupe. Malgré l’hostilité initiale du Lieutenant Thomas, ils parviennent à identifier Nesbitt et à intervenir avant qu’il ne tue sa femme après avoir enfin réussi son passage à l’acte, mais ne réussissent pas à empêcher son suicide.

La réussite de Loin Like a Hunting Flame apparaît moindre qu’à l’ordinaire au sein de cette enthousiasmante première saison. La mise en scène se montre atone, en dehors de l’utilisation réussi du jardin biologique de Vancouver, un lieu rappelant effectivement étonnamment le jardin d’Eden, également aperçu dans diverses séries (Supernatural, Stargate SG-1…). Les vues de la boite de nuit ou des parties fines organisées par Nesbitt n’apportent rien de significatif par la suite. De fait l’épisode ne suscite pas la tension dramatique coutumière, Nesbitt, quoique correctement interprété, paraissant plus misérable que réellement effrayant. L’auteur se sent obligé de citer explicitement la morale du jour par Frank (la montée d’une sexualité perverse et sans amour dans nos sociétés), échouant à la faire ressentir en cours de récit.

L’enquête abuse quelques peu de la faculté particulière de Frank, au lieu de bâtir solidement la quête et l’exploitation des indices. Le trio débusque singulièrement vite Nesbitt, tandis que le temps ainsi libéré se voit majoritairement aux discussions diverses entre Black et Thomas. Malgré l’indéniable abattage de William Lucking (Piney dans Sons of Anarchy), ces dialogues, aussi plaisants que prévisibles, relèvent de la digression, n’apportant rien que périphérique à l’affaire en cours. On a l’impression que l’épisode s’attache presqu’autant à décrire Thomas que Nesbitt, ce qui s’avère contre-productif au possible. L’épisode bénéficie cependant d’une distribution impeccable, comportant de nombreux comédiens admirés dans les X-Files, entre autres Hrothgar Mathews et Harriet Sansom Harris, impeccable mais au rôle trop effacé.


David Nutter réalise ici son dernier épisode pour MillenniuM.

La citation du jour est Two souls, alas, are housed within my breast. (Deux âmes, hélas, se partagent mon sein). Elle est tirée du Faust de Goethe (1808).

Le titre original est un vers tiré du poème The Ballad of the Long-Legged Bait, de Dylan Thomas, écrivain gallois (1914-1953) originaire de Swansea. Décédé à 39 ans, après une vie aux multiples excès, il demeure considéré comme un des poètes majeurs de la Grande Bretagne au XXème siècle, notamment pour le romantisme lyrique de ses œuvres. The Ballad of the Long-Legged Bait est réputé pour ses nombreuses allégories fantastiques, amoureuses et sexuelles.

Nesbitt est incapable de consommer son mariage. Or Nesbitt est également le nom d’un chirurgien qui, au milieu des années 60, popularisa une intervention permettant de solutionner les problèmes graves de courbure du pénis (dont la maladie de La Peyronie, liée à une sclérose du corps caverneux).

Maureen Murphy est interprétée par Harriet Sansom Harris. Cette figure régulière des séries américaines est, entre autres, connue pour son rôle de Felicia Tilman dans Desperate Housewives. Dans les X-Files, elle tint le double rôle mémorable du Dr. Sally Kendrick et d’Eve 6 (Eve, 1-11).

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Message  Estuaire44 Mer 9 Nov 2011 - 1:15

Force Majeure (Force Majeure, 1-13, ****)
Une brillante étudiante s’immole par le feu sans raison apparente. Frank s’intéresse à cette affaire, quand une autre jeune fille se suicide. L apparaît qu’elle la jumelle de la première, bien que plusieurs années les séparent. Elles sont toutes les deux adoptées et présentes plusieurs mêmes singularités physiques. Dennis Hoffman, un mystique anciennement refusé par le Groupe, indique à Frank que tout converge vers un alignement planétaire devant survenir le 5 mai 2000 et censément provoquer une Apocalypse gravitationnelle. Peter et Frank vont découvrir qu’un homme à cloné ces jeunes filles pour en faire de parfaites reproductrices, surdouées et aptes à repeupler le monde après la catastrophe. Les suicidées ont été poussées au désespoir par l’imminence de la catastrophe, refusant leur destin.

Plusieurs facteurs contribuent à situer Force majeur comme l’une des grandes réussites de cette première saison. L’énigme proposée paraît ainsi de qualité, agréablement troublante, horrifique et énigmatique. L’écheveau démêle efficacement, notamment grâce à une synergie finement tissée entre les talents divers de Frank, Peter et Dennis. L’intrigue présente également le mérite de replacer l’Apocalypse au cœur de la série, après une succession de serial killers. On note d’ialleurs l’absence totale de meurtres, une audacieuse originalité au sein de MillenniuM. La Fin des Temps se présente ici dans une version alliant prophéties mystiques et déterminisme physique, un ensemble résultant agréablement paranoïaque.

L’excellent scénario de Force Majeure consacre également la plus grande attention à ses personnages secondaires, évitant intelligemment de capitaliser sur le seul Frank, même si celui-ci se montre une nouvelle fois remarquable, par ses dons comme par son humanité. Peter fait étalage de sa vive intelligence et de sa capacité d’organisation, Dans le même temps, contrairement à Frank, il se crispe pour la première fois devant la présence insistante de Dennis. Il s’avère déjà patent que le Groupe n’apprécie guère ni les gêneurs, ni les électrons libres !

Par son érudition et ses intuitions fulgurantes Dennis introduit une bouffée de fantastique au sein de la série, même si la cause de l’Apocalypse demeure naturelle. Il bénéficie de la présence toujours marquante de Brad Dourif, même si sa prestation demeure plus classique que le paroxysme de l’inoubliable Beyond the Sea des X-Files. La Patriarche sollicite le spectateur par son ambivalence, entre démiurge peu soucieux de déontologie et Noé moderne soucieux de préserver l’Humanité du désastre. Il préfigure joliment le Groupe lui-même, car entre guider cette dernière à travers les écueils et s’arroger le pouvoir, la différence devient rapidement ténue.

Mais, favorisé par une mise en scène talentueusement sinistre et enténébrée, Force majeure se caractérise avant tout par son atmosphère des plus dérangeantes. L’horreur de certaines scènes (l’immolation le suicide sordide, le grotesque poumon artificiel du leader…) s’agrège efficacement à de grandes peurs contemporaines, comme le millénarisme mais aussi le clonage humain, un thème alors en vogue. L’image même de ces silencieuses et identiques jeunes femmes déstabilise le spectateur par sa bizarrerie. Difficile de ne pas songer à la Colonie des X-Files, mais la présence d’être humains, et non d’Aliens hybrides, en accroît une nouvelle fois l’impact.

Cet épisode de haut vol, impeccablement dialogué, constitue un jalon : pour la première fois l’ombre de l’Apocalypse envahit la scène, avec une palpable intensité. Un tournant parfaitement exprimé par l’ultime image du récit, montrant un Black lui même troublé, cette fois impuissant face à l’imminente montée des périls. Au-delà de la succession des terrifiants serial killers, MillenniuM aborde désormais de nouveaux rivages, ô combien prometteurs.



Le chiffre sept revient régulièrement au fil de l’épisode : alignement de sept planètes, quand Frank considère l’alignement du cinq mai il est 7h 07 de l’après midi, le numéro de la porte d’Hoffmann est 7, 7 années séparent les deux sœurs etc.

L’alignement des six planètes centrales du système solaire (soit sept astres en comptant le soleil), le cinq mai 2000, constitue un fait réel. Mais il n’a pas donné lieu aux catastrophes prophétisées ! Cette figure cosmique surviendra de nouveau en 2675. Ne prévoyez rien pour le week-end.

Le cinq mai est également la date anniversaire de Lance Henriksen (05/05/1940).

L’Arche est en fait le Shadbolt Centre for the Arts, situé à Burnaby, près de Vancouver. Il propose de nombreuses activités artistiques ou scéniques aux familles de la région, tout en hébergeant plusieurs festivals tout au long de l’année.

La citation du jour est You remember a single deluge only, but there were many previous ones., de Platon (On ne se souvient que d’un seul Déluge, mais il y en eut plusieurs.). Dans deux de ses Dialogues, Platon évoque l’Atlantide : le Timée et le Critias.

Dennis Hoffman est interprété par l’excellent Brad Dourif (Color of Night, Dune, Lord of the Rings, Body Parts…), qui, entre autres rôles marquants, est inoubliable dans l’épisode Beyond the Sea, des X-Files. Il est également la voix de Chucky, la Poupée Sanglante.

La faculté où l’étudiante s’immole par le feu est en fait la Simon Fraser University, fondée en 1965 et située à Burnaby, dans le grand Vancouver. Son nom rend hommage au grand cartographe de la Colombie Britannique (1776-1862). L’université sert également de décor dans la série Stargate SG-1, où son architecture moderniste représente le monde des Tollans.


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Message  Invité Mer 9 Nov 2011 - 7:06

Une série vraiment glauque, qui évoque mais de façon plus réaliste que "Supernatural", l'apocalypse.. Moins de fantaisies voire pas que dans "Twin Peaks", plus sombre que "X Files". C'est vraiment très particulier.
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Message  Dearesttara Mer 9 Nov 2011 - 11:55

En regardant cette critique d'une histoire de deux très belles filles pas nettes et d'un alignement planétaire apocalyptique, j'ai davantage pensé à l'épisode Âmes damnées des X-Files. Mais cet épisode m'a l'air encore plus noir que de coutume, ce qui doit être une certaine performance ! Shocked pale
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Message  Estuaire44 Ven 11 Nov 2011 - 7:22

Bien résumé Patricks, je suis tout à fait d'accord ! hi

Effectivement des convergences avec le thème de Syzygy, même si le traitement en difère totalement. hein


Les blessures du passé (The Thin White Line, 1-14, ****)
Une série d’assassinats sans liens apparents évoquent pour Frank à ceux commis il y a plusieurs années par Hance, le « Tueur à la Carte ». Cet esprit pervers aimait à commettre deux meurtres à intervalle rapproché, déposant auprès des victimes les moitiés d’une même carte. Il leur infligeait également une profonde entaille à la paume, les marquant ainsi comme du bétail. Or Frank a contribué à l’arrêté voici plusieurs années, durant une action où lui même fut ainsi blessé, un choc l’ayant longtemps traumatisé. Il s'interroge douloureusement, se demandant si avoir abattu froidement Hance au lieu de l'arrêter n'aurait pas sauvé des vies innocentes, en empéchant le serial killer de contaminer un autre esprit. Il devine en effet qu’un copycat est à l’œuvre et se confronte à Hance pour en savoir plus. Frank ne peut éviter que l’imitateur soit tué durant l’assaut de la police.

Brillant exercice de style que The Thin White Line, dont la problématique peut se synthétiser en une interrogation : comme rendre captivante une intrigue aussi simple et rebattue (un serial killer de plus), dont le suspense tombe tout à fait rapidement, et par ailleurs tout à fait prévisible puisque fortement inspirée du Silence des Agneaux (1991)? La réponse réside dans l’art de la narration et de la mise en scène. Le duo Morgan/Wong compense en effet une certaine linéarité du scénario en surprenant le récit par un rythme asymétrique du récit, prenant systématiquement le spectateur à contrepied. Les scènes les plus diverses se télescopent (longueurs variées, atmosphères, accélérations brusques des évènements), dynamisant ainsi l’ensemble .

Morgan/Wong ne tentent pas de dissimuler le fait que son histoire sert avant tout de justification au duel psychologique opposant Frank et Hance, en en composant les dialogues avec un soin particulier et n’hésitant pas à accélérer les cours ultérieur du récit, comme simple résultante. Un choix astucieux et finalement logique, d’autant que, si Hance n’est évidemment pas le Lecter d’Anthony Hopkins, Roberts lui apporte une indéniable présence, dépourvue d’outrance. Les auteurs s’entendent toujours à exprimer la psychologie de leurs personnages et le gaillard fait froid dans le dos. Cela devient d’autant plus perceptible que d’autant que, sans jamais élever la voix, il rend palpable la menace physique pesant sur Frank. La mise en scène joue pleinement son rôle, avec un subtil usage du cham-contre champ et du montage. Les artistes de la série jouent pleinement leur rôle, entre l’enfer froid de béton et néons de la prison, ou les autres respectifs des sérials-killers, sordides et menaçants à souhait.

The Thin White Line joue également la carte de la personnalisation du ressenti du héros, de par le traumatisme d’une affaire marquante de son passé. Cette technique scénaristique ne représente certes pas une originalité (Cf. notamment le moins percutant Young at Heart des X-Files), mais se voit ici portée par un toujours magistral Lance Henriksen, parvenant à exprimer simultanément le côté introverti de son personnage et la violence de ses émotions. Frank s’humanise encore davantage et utiliser son passé comme un arme lors d’une de ces péripéties si astucieuses et mémorables qu’affectionne le duo d’auteurs. Et puis, pour l’amateur des X-Files, cela constituera un intérêt supplémentaire de découvrir Black en G-Man du FBI. L’épisode se montre plus fort et intense qu Young at Hart, qui ne constitue qu’une affaire de plus pour Mulder (pour qui l’important est ailleurs), tandis que l’évènement se définit comme structurant pour Franck, le poussant à une interrogation morale de son action

Le récit, parfois prévisible, se pimente agréablement de bulles de pure démence, où l’on assiste de l’intérieur comme le totalement délirant copycat recompose le réel et les réactions d’autrui. La résolution du décalage, le plus souvent sanguinaire, conduit à des scènes choquantes et déroutantes, notamment lors d’une introduction parfaitement déstabilisante. Pour un peu on croirait que MillenniuM s’essaie à l’humour, morbide, forcément morbide. Morgan/Wrong apprécient décidément d’apposer leur marque sur leurs brillants scénarios. La séquence onirique ou Frank revit son affrontement précédent avec Hance se montre également mémorable.



Durant la scène d’introduction, le copycat écoute la chanson How deep is your love ?, des Bee Gees (1977).

Jeremy Roberts (Hance) apparaît très nombreuses séries télévisées. Il participa ainsi à l’épisode Agua Mala des X-Files et interpréta Kakistos dans Buffy contre les Vampires, l’imposant vampire tuant l’Observateur de Fiath et forçant celle-ci à se réfugier à Sunnydale (Faith, Hope & Trick). Il est le beau-fils d’haji, actrice fétiche de Russ Meyer.

La citation du jour est A man's past is not simply a dead history... It is a still quivering part of himself, bringing shudders and bitter flavours and the tinglings of a merited shame. de George Eliott (Le passé d’un homme n’est pas qu’une histoire morte. Il reste en lui et le fait frémir d’une honte méritée.). George Eliot (1819-1880) est une romancière majeure de l’époque victorienne, fameuse pour la finesse et la profondeur de ses descriptions de la société provinciale anglaise.

L’heure indiquée dans la vidéo de surveillance est 10h13, un clin d’œil à la société de production de Chris Carter, 10-13, observé également à plusieurs reprises dans les X-Files. Carter est né le 13/10/1956.

Le titre original reprend une expression américaine (the thin blue line) interpellant le rôle joué par la police, l’élargissant aux interrogations morales de Franck.

Durant la confrontation entre Black et Hance, Morgan et Wong introduisent de nombreuses références à un célèbre entretien mené entre un profiler du Bureau et l’un des serial killers les plus abominables, Edmund Kemper. Ce dernier servira de modèle à l’effroyable adversaire protagoniste de Paper Dove (1-22). Les délires du copycat voyant ses victimes s’offrir d’elles mêmes en sacrifice s’inspirent d’un autre dément criminel réel, Herbert Mulin.

Tout au long de la série, Black se montrera plus que réticent à employer une arme à feu, en partie du faits de évènements ici relatés. Un tel évènement demeurera exceptionnel.

Les cartes à jouer utilisées par Hance portent la devise «Expect no Mercy, un clin d’œil à celle utilisée par Morgen/Wong dans leur propre série, Space : Above and Beyond.

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Message  Estuaire44 Ven 11 Nov 2011 - 14:30

Le Sacrement (Sacrament, 1-15, ***)
Frank assiste au baptême de son neveu, quand sa belle-sœur disparaît soudainement, un évènement annoncé par Jordan. Alors que la police de Seattle refuse son aide, craignant que so implication personnelle fausse son jugement et apporte des difficultés juridiques, Frank mène une difficile enquête, où l’aide apportée par Peter Watts s’avère cruciale. Son frère Tom, effondré et furieux devant le secret instauré par Frank pour le protéger des horreurs qu’il devine, lui complique également la tâche. Frank finit par établir que le coupable est un psychopathe sexuel récemment libé d’un hôpital psychiatrique, particulièrement sadique et persuadé d’obéir à Satan. Les enquêteurs interviennent à temps pour sauver la jeune femme, emmurée vivante au domicile des parents du fou.

Pour sa deuxième participation directe à l’écriture de MillenniuM, après Weeds, Franck Spotnitz nous gratifie d’un épisode solide et consistant, toutefois dépourvu de l’attrait supplémentaire que l’on aurait pu espérer d’un tel évènement. Le déroulement de l’affaire se suit avec un réel intérêt, mais sans se démarquer suffisamment de la succession précédente de serial killers. La composante horrifique se montre néanmoins percutante, avec ces angoissantes visions nocturnes de la forêt canadienne où les reconstituions de cadavres suppliciés. Le meilleur demeure cependant la remarquable composition de Dylan Haggerty en dément sadique, préfigurant son effarante prestation des X-Files (4–D) face à l’épatante Monica Reyes (avec cette fois un pouvoir paranormal en sus, nous sommes dans les X-Files).

Il n’en reste pas moins que Sacrament pêche par son pendant policer, trop artificiel. On peine à croire que Bletcher et les amis de Frank dans la police de Seattle refusent ainsi son aide et mettent si nettement en cause son jugement. Surtout il s’avère étonnant de les voir craindre des démêlés avec le Procureur et le procès à venir, alors que la priorité semble tout de même être de retrouver la victime, alors que chaque heure compte (l’épisode présente un petit côté à la FBI : Portés disparus). Même si on connaît l’intelligence et le professionnalisme de l’individu, les interventions de Peter apparaissent également bien providentielles, servant trop mécaniquement à articuler l’enquête. O n’échappe pas à certains poncifs éculés, comme cette plante trouvée si à propos dans la voiture volé et ne poussant bien entendu que dans un seul secteur de la région. C’était déjà caricatural avec Sherlock Holmes, on préfère les fines analyses psychologiques de Frank, évoquant parfois de loin Poirot.

Toutefois le statut de Spotnitz l’autorise à faire bouger les lignes de l’univers de MillenniuM, et l’auteur ne s’en prive heureusement pas. La révélation expresse du Don chez Jordan constitue une idée potentiellement très riche. MillenniuM abandonne toujours plus son ambivalence entre policier et fantastique, pour relever davantage du second genre, contrairement à Profiler. Par ailleurs l’immersion de Frank apporte enfin une spécificité à l’efficace Sacrament, notamment au cours d’âpres confrontations entre lui et son frère, également impeccablement interprété, tandis que l’épisode accorde également une bel espace à Catherine. Spotnitz réalise de jolis coups, comme de nous montrer enfin le protagoniste de MillenniuM enfin sourire, lors de la cérémonie, ou un rappel bienvenu de la menace du Polaroïd Man. Il nous régale aussi d’un joli clin d’œil, quand Frank affirme à son frère que toute vérité n’est pas bonne à dire. Les oreilles de quelqu’un ont du siffler à l’autre bout du pays.



La famille de Frank est prise pour cible pour la première fois. On découvre à cette occasion qu’il a un frère. Tom ne réapparaîtra plus par la suite, mais sera mentionné dans divers épisodes.

La citation du jour est He said to me in a dreadful voice that I had indeed escaped his clutches, but he would capture me still. de Ste. Thérèse d’Avila (Il me dit d’une voix effrayante que je venais d’échapper à ses griffes, mais qu’il me capturerait encore). Ste Thérèse (1515-1582), Saint Patron de l’Espagne, fut une figure majeure de la spiritualité chrétienne et une grande réformatrice monastique (notamment concernant le Carmel). Elle fut la première femme à devenir Docteur de l’Eglise

Les photographies de criminels que Frank regarde sur l’ordinateur contiennent plusieurs visages de membres de l’équipe technique.

A propos de ce second épisode écrit, Spotnitz déclara : « From worst (Weed) to best. This, as it happens, was my favorite episode of "Millennium" bearing my name. We got greater insight into Frank through the introduction of his brother, and developed aspects of Jordan's "gift" that had only been hinted at previously. I also thought the villain was creepy - I particularly like the scene in the hardware store - and the solution to the mystery sufficiently unexpected.

I was proud to screen this at the Museum of Television & Radio. Because of his skill in directing this episode, Michael Watkins went on to become co-executive producer and a director of "The X-Files" after the show relocated to Los Angeles ».

Alors que cela avait été sous-entendu à plusieurs occasions jusqu’ici, il eest clairement indiqué que Jordan a hérité du Don de son père.

Le Dr. Moss est incarnée par Lorena Gale, figure régulière des séries américaines. Elle teint trois rôles dans les X-Files, avant de participer à I Want To Believe, où elle joue le médecin s’opposant à Scully lors de la vidéo conférence.

Brian Markinson interprète Teeple, de la police de Seattle, pour la troisième et dernière fois. Ce grand habitué des séries fantastiques et de Science-fiction (Folie à deux dans les X-Files) fut également l’inénarrable Aaron de The L Word.

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Message  Estuaire44 Ven 11 Nov 2011 - 23:50

Le Pacte (Covenant, 1-16, ***)
Un policier avoue le meurtre de sa famille, dans des conditions particulièrement abominables. Toutes les constatations effectuées confirment un massacre perpétré au couteau de menuisier. Sûr de son fait et désireux d’obtenir du jury la peine de mort, le procureur fait appel à Frank pour dresser le portrait psychologique du tueur. En effet le mobile demeure encore peu clair. Or Frank va rapidement constater plusieurs incohérences. Avec l’aide d’une jeune médecin légiste, il va progressivement reconstituer un puzzle complexe. Il s’heurte au courroux du procureur comme à la volonté de l’accusé, mais finit par démontrer que c’est la mère qui a assassiné ses enfants, avant de se suicider. Obsédée par les anges, elle a voulu que ces enfants en restent, pour l’éternité. Le mari s’accuse, se sentant coupable, et a utilisé son expérience pour accumuler les preuves le condamnant.

L’habile intrigue à suspense de Covenant permet d’agréablement renouveler la série. En effet l’on s’intéresse finalement assez peu à la folie mortifère de la dame, révélée uniquement en toute fin de parcours. De fait le récit prend bien davantage la forme d’une pure énigme, entremêlant à la perfection éléments matériels classiques et déductions psychologiques de Frank. Le profil bien particulier du policier, interprété avec une grande justesse par John Finn, ne constitue ainsi qu’une piste parmi d’autre, et non plus un thème central. De fait, plus que tout autre épisode de la saison, Covenant prend des allures à la X-Files, l’élément fantastique en moins.

L’amateur appréciera ainsi de retrouver Black reconstituer un crime en simplement visitant une pièce, multipliant les découvertes d’indices ayant échappé à la police, ainsi que les théories. Une importance cruciale se voit également accordée à une autopsie aussi technique que peu ragoutante, ainsi qu’à l’apport global de la courageuse assistante médicolégale, obligeant sans cesse Frank à la rigueur. Elle préfigure déjà les futures associées féminines de Black, en particulier, l’Agent Emma Hollis, si proche parfois de Dana Scully. Cette originalité des composantes et de la structure narrative du récit en définissent l’intérêt mais aussi les limites, Covenant apparaissant comme une parenthèse au sein d’un tout. D’une manière caractéristique, les autres personnages récurrents disparaissent quasiment, laissant Frank dans une posture originale.

Il présente cependant l’intérêt intrinsèque de conserver l’intensité propre aux meilleures séries judicaires, sans s’alourdir de la mécanique rebattue des prétoires. D’une manière particulièrement affirmée, il pose également sans détour la question de la peine de mort. Frank s’oppose à la vindicte exprimée par un procureur volontiers populiste. toutefois, dans une traiton très américaine, il accepte de fait le châtiment suprême, pourvu qu’il soit administré à coup sûr et dans le respect de la justice. Covenant échappe de la sorte au piège du manichéisme. L’impeccable mécanique de l’épisode, portée par de percutants dialogues, débouche sur une fin ouverte, Frank ne pouvant que laisser à un témoin, complice de la dissimulation, le choix de révéler la vérité avent l’exécution. Un choix audacieux, interpellant le spectateur car celui-ci devient en dernier ressort le juge ultime de la destinée du condamné.



La citation du jour est Thou dost frighten me with dreams and terrify me by visions, elle est tirée de Job 7:14 (C’est alors que tu m’effraies par des songes,
que tu m’épouvantes par des visions..).

Dernière apparition de jack Meredith le voisin sympathique mais bavard de Frank, dont la présence régulière avait suscité bien des interrogations en début de série.

William Garry est interprété par John Finn, qui joua notamment Michael Kritschgau dans les X-Files et John Stillman dans Cold Case.

Kevin Reilly est joué par Steve Bacic, qui sera plus tard le Dr. Sexy de l’épisode de Surnatural, Changing Channels.

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Message  Estuaire44 Dim 13 Nov 2011 - 0:53

Les Jumeaux diaboliques (Walkabout, 1-17, **)
Frank disparaît brusquement, alors qu’il s’occupait d’une affaire demeurée mystérieuse. Pater Watts mène l’enquête, quand Frank réapparaît, hagard et ayant perdu tout souvenir de la période. Bien que Peter soit vivement contrarié que Black ait pris des initiatives sans en référer au Groupe, les deux hommes vont ensemble remonter le fil des événements. Il s’avère que Frank, inquiet de la présence du Don chez Jordan, a voulu en savoir plus sur ce dernier. Miller, médecin douteux mais spécialiste des hallucinations lui a proposé d’expérimenter une drogue permettant de le contrebalancer, le Proloft. Mais le test a été manipulé par un autre biologiste, Ingram, désireux de mettre au point une drogue transformant les humains en bêtes féroces. Il souhaite la répandre, afin d’attirer l’attention sur la dépendance à ce type de médicaments. Malgré plusieurs meurtres destinés à dissimuler sa trace, Peter et Frank parviennent à l’arrêter.

A l’instar de Covenant, On saura gré à l’épisode d’avoir voulu renouveler son intrigue, au-delà de la posture classique de traque de déments criminels. L’implication personnelle de Frank constituait une bonne idée mais a mise en œuvre suscite en définitive considérablement moins d’intérêt que lors de l’opus précédent. La faute en revient à un déroulement assez laborieux de l’enquête, entre dialogues sans relief et allées et venues répétitives au possible entre le domicile de Miller ou la clinique. D’embarrassantes zones de flou sur les relations liant les deux médecins et le déroulement du complot, rendant l’ensemble passablement artificiel.

Plus embarrassant encore, une fois la surprise initiale dissipée, l’astuce de l’amnésie de Frank ne débouche sur rien de bien intéressant, tant il remet vite sur pied, tandis que les indices sur la période concernée surgissent comme à point nommé. La péripétie ne se révèle pas aussi troublante qu’elle devrait le devenir pour assurer la spécificité de l’épisode. Sur ce point l’avantage revient sur ce point aux X-Files, dont l’épisode Demons, dans des circonstances passablement similaires, ne craignait pas de déstabiliser bien davantage Mulder (tout en demeurant pareillement médiocre par ailleurs). On peut également préférer le très réussi John Doe, avec cette fois John Doggett en protagoniste.

Walkabout contient cependant quelques bonnes idées, comme la première crise opposant Peter et Frank, quoique vite résolue et renforçant en définitive leur amitié, ou l’immersion dans l’étrange société des cobayes professionnels. La dénonciation de l’abus d’antidépresseurs sonne juste, même si elle manque de souffle. On se félicitera également de l’excellent casting du jour, Zeljko Ivanek et Gregory Itzin se montrant admirablement convaincants, comme à l’accoutumée, avec la petite curiosité supplémentaire de découvrir ensemble deux acteurs marquants de 24h Chrono. La folie froide d’Ingram nous vaut aussi quelques scènes bien goûteuses. l’épisode n’en demeure pas moins mineur, au sein d’une saison particulièrement relevée.



Le nom de la drogue expérimentale Proloft est, à dessein, un composé de Prozac et Zoloft.

Le Dr Miller est interprété par Zeljko Ivanek, qui fut notamment Roland dans l’épisode du même titre des X-Files. Il participe également à 24h Chrono (Drazen) et Oz (le Gouverneur), de même qu’à de nombreuses autres séries.

Gregory Itzin (Ingram) est notamment connu pour avoir incarné le Président Charles Logan, l’un des adversaires les plus coriaces de Jack Bauer (24h Chrono). Il participe à denombreuses autres séries, dont récemment The Mentalist.

La citation du jour est I remember the very things I do not wish to; I cannot forget the things I wish to forget., de Cicéron (Je me resouviens de ce que je ne veux pas et je ne puis oublier ce que je voudrais.). Cicéron (106-43 av JC) fut l’un des plus grands orateurs de la république romaine. Ses textes sont considérés comme des chefs d’œuvre de la littérature latine.

Sur le bracelet de Frank ont voit que le médecin l’ayant traité se nomme J. Service. Joanne Service est en fait l’une des assistantes de Chris Carter.

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Message  Dearesttara Dim 13 Nov 2011 - 1:24

La première image me rappelle Blade Runner et l'androïde tuant son créateur en appuyant ses doigts sur ses yeux... affraid affraid affraid

Et je maintiens que Crime de mémoire est un bon épisode !!! Razz J'ai commencé par celui-là tout de même ! Laughing

Est-ce que Carter a engagé beaucoup d'acteurs des X-Files dans sa série ? Ou seulement quelques-uns...
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Message  Estuaire44 Dim 13 Nov 2011 - 3:09

C'est arrivé régulièrement cette saison, si mes souvenirs sont bons cela devrait se poursuivre.
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Message  Estuaire44 Lun 14 Nov 2011 - 23:23

Lamentation (Lamentation, 1-18, ****)
Le docteur Ephraim Fabricant, serial killer particulièrement effroyable et d'une intelligence hors normes, a été capturé par le FBI, grâce à Frank Black. Quelques années plus tard, hospitalisé, Fabricant s'évade avec la complicité d'une mystérieuse infirmière. Le Bureau, en pleine crise, rappelle Black à Quantico. Son attention se porte sur Lucy Butler, la troublante et vénéneuse épouse du tueur, sans pouvoir prouver ses soupçons. En fait il se révèle progressivement que celle-ci utilise son conjoint pour atteindre Frank, notamment via sa famille. Après avoir torturé à mort Fabricant (extraction d'un rein sans anesthésie), elle finit par pénétrer dans le domicile des Black, tout en revêtant diverses apparences, y compris démoniaque. Elle assassine Bletcher après que celui-ci soit intervenu à temps pour évacuer Catherine et Jordan, puis disparaît. Bouleversé et impuissant, Frank pressent qu'une indicible puissance vient de lui signifier un avertissement.


Chris Carter prend la plume pour ce qui va sans doute devenir l'opus le plus mémorable de MillenniuM. Comme sans doute lui seul pouvait l'accomplir, le scénariste va secouer les codes de sa série et achever de précipiter celle-ci dans une nouvelle direction, à l'issue d'un récit de haut vol. Carter, auteur surdoué, va en effet magistralement agencer ce glissement. La situation initiale apparaît trompeusement similaire au quotidien de la série, quoique déjà sublimé par un serial killer particulièrement marquant, auquel Alex Diakun apporte tout son talent. Il parvient à susciter une aura perceptible tout en demeurant cloué sur un lit d'hôpital, une authentique performance. Les scènes à Quantico manifestent une indéniable intensité, tandis que Carter ne laisse pas passer l'occasion de faire se croiser Frank et le duo dynamique des Affaires Non Classées

Mais l'intrusion de Lucy Butler va tout bouleverser. Le personnage, interprété avec une trouble présence par la subtile et superbe Sarah Jane Redmond, va se révéler absolument fascinant, alternant de multiples facettes. Elle se montre ainsi d'une cruauté folle, durant le supplice de Fabricant, mais sans que jamais Carter ne commette la maladresse de le positionner en victime. Le face en face clinique de ces deux hautes figures du Mal s'avère aussi vertigineux qu'abominable. Par la suite, melliflue et finement ironique, elle se livre à un patelin et délectable jeu du chat et de la souris avec Frank au cours de confrontations admirablement dialoguées. Le spectateur se sent réellement déstabilisé en découvrant Frank impuissant à découvrir une faille chez son adversaire et demeurer inopérant, tandis que Peter Watts est lui aussi battu en rase compagne. C'est aussi la toute première fois que Frank se voit ainsi confronté à une femme et l'ensemble se nimbe d'une sexualité aussi diffuse que prégnante. Durant ces scènes finement ciselées, la mise en scène, la photographie et le décor de son appartement soulignent habilement à quel point Lucy et désaxée, à quel point quelque chose d’indiciblement étrange l’habite.

Ces affrontements, mais aussi les diverges exactions commises par Butler (y compris le recours aux polaroïds) font sans cesse monter la pression jusqu’à déboucher sur la longue et éprouvante scène de son raid au foyer des Black, véritable épisode dans l’épisode. Jointes à la toujours si évocatrice musique de Snow, plusieurs moments forts font basculer l’ensemble dans l’horreur et la folie, à l’instar des meilleurs moments du cinéma d’épouvante : découverte du rein de Fabricant dans les aliments du frigo (notre Lucy aura toujours son humour bien à elle), cadre supplicié de Bletcher, lumière surnaturelle baignant les étranges métamorphoses de la visiteuse du soir, formidable composition de Megan Gallagher, impeccablement mise en valeur par la caméra... Ce sommet de la série commotionne d’autant plus un spectateur déjà bien éprouvé que le démiurge Carter abat d’un coup d’un seul plusieurs fondements de l’univers de MillenniuM, par la disparition de ce pilier qu’était Bletcher ou de l’ambivalence entre fantastique et policier, définitivement emportée mais plus encore par le viol du sanctuaire familial jusqu’ici représentée par la maison jaune, si fondamental pour Black. L’effet est total, tandis que MillenniuM s’affirme commune série ambitieuse, où tout peut arriver et sollicitant en permanence son public. Comme l’énonce en conclusion Frank à Jordan, seules les montagnes sont immuables.

Par l’irruption du Démon, MillenniuM, qui se situe ici à son zénith, sans aucune leçon à prendre des X-Files, confère une enthousiasmante valeur de symbole au combat de Frank, au sein de la lutte plus vaste opposant le Bien et le Mal. A l’approche de l’heure fatidique, l’on ressent avec plus d’intensité que jamais qu’un affrontement crucial se joue sous nos yeux, au moment où l’Ombre vient indiscutablement de remporter une manche.




L’épisode voit l’apparition de la diabolique Lucy Butler (au sens propre), qui va devenir l’ennemie récurrente de Frank. Elle est interprétée par Sarah Jane Redmond, qui incarne également l’adversaire de Mulder et Scully dans Schizogeny, avant de réaliser une apparition dans I Want To Believe. Particulièrement populaire chez les fans de la série, Lucy Butler apparaît en tout dans six épisodes.

Alex Diakun (Ephraim Fabricant) a tenu trois rôles différents dans les X-Files, avant de participer au film I Want To Believe, où il joue l'un des deux abominables adversaires de Mulder et Scully.

Mort du Lieutenant Bletcher, l’ami de Frank et son collaborateur au sein de la police de Seattle depuis le commencement de la série. Des rumeurs veulent que son interprète, Bill Smitrovich, et Lance Henriksen ne se soient pas entendus.

Mulder et Scully réalisent un caméo dans les escaliers de Quantico. Il s’agit en fait des doublures de David Duchovny et de Gillian Anderson. Scully semble d’ailleurs un peu trop grande !

Lamentation constitue le dernier opus écrit seul par Chris Carter pour MillenniuM, dont il va s’éloigner au cours de la saison 2. Au cours de la saison 3, il composera des scénarios en collaboration avec Spotnitz.

La citation du jour est Every man before he dies shall see the Devil. (Avant de mourir, chaque homme verra le diable), un proverbe anglais de 1560.

Le décor de l'opération de Fabricant est celui où le Syndicat mène ses expériences concernant le Vaccin, notamment sur Marita Covarrubias (X-Files).


Lamentation constitue la moitié du premier double épisode de la série, complétée par l’opus suivant. Powers, Principalities, Thrones and Dominions.

Quantico, petite ville de Virginie, abrite l'Académie du FBI, inaugurée en 1972 et référencée dans nombre de films et séries. Le complexe assure la formation des nouveaux Agents (Dana Scully y donnera notamment des cours) et contient les services scientifiques du Bureau, souvent considérés comme sans équivalent dans le monde (informatique, analyses video et photo, différents domaines de la médecine légale, chimie et physique etc.). Parmi ceux-ci, Frank collabore avec le Behaviorial Analysis Unit, consacré au profilage des criminels. Le BAU est par ailleurs le service des héros de la série Criminal Minds. Quantico est aussi le siège de l'Académie du DEA (lutte anti drogue), ainsi que de l'une des plus vastes base de Marines de États-Unis, cernant toute la ville.

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Message  Estuaire44 Mer 16 Nov 2011 - 0:58

Les Principes de la Domination (Powers, Principalities, Thrones and Dominions, 1-19, ****)
Frank, dévasté par la mort de Bletcher, ne se sent pas prêt à reprendre le travail. Il se résout cependant à aider Peter quand un crime est commis, relevant du satanisme. L’affaire apparaît déstabilisante, avec un accusé s’accusant du meurtre de Fletcher, des preuves disparaissent sans explication, d’étranges appels déstabilisant le Groupe etc. Un mystérieux jeune homme observe les évènements. L’avocat de l’accusé (qui finit par s’ouvrir la gorge) multiplie les approches, voire les menaces, pour profiter du trouble suscité chez Frank et lui proposer de travailler à ses côtés. Frank perçoit qu’il s’agit d’un être similaire à Lucy Butler, quand celui-ci est abattu par l’inconnu. Ce dernier, sans doute un Ange, a fait appel à la puiissance céleste, mais signifie à Frank que son combat diverge du sien et qu’il ne peut s’attarder.

Powers, Principalities, Thrones and Dominions constitue de fait un double épisode avec Lamentation, par la succession quasi immédiate des péripéties mais aussi par un habile diptyque, l’entrée en lice de la partie angélique répondant à celle de la démoniaque. Et pourtant ces deux parties d’un tout s’avèrent tout à différentes. Si la première constituait sans doute l’épisode la plus effrayante de la saison, la seconde en représente l’élément le plus insaisissable et étrange, voire mystique. Derrière une succession d’évènements chocs, la subtile intrigue sait parfaitement nous laisser percevoir (et percevoir seulement à qu’un complot est en cours, mettant en œuvre des puissances dont nous ne pourrons jamais percevoir que bien partiellement la nature et les objectifs. L’effet se révèle bien plus sensible qu’avec histoire davantage démonstratrice et concrète.

Le spectateur s’identifie pleinement à Frank menaçant d’être submergée mais s’arcboutant sur ses certitudes morales, jusqu’à l’intervention angélique salvatrice. Mais nous nous situons dans le ténébreux univers de MillenniuM et cette survenue s’avère autant ambivalente que modérément optimiste. Audacieusement, il apparaît que le Démon accorde en définitive plus d’importance à Frank et à son combat que l’ange, un renversement assez magistral. Après ce passage fugace, il demeure clair que Frank se retrouve seul pour luter contre l’abîme, seulement aidé par son Don et, pour l’heure, par le Groupe. Plus que jamais, L’avenir s’annonce bien sombre.

Loin des grandes orgues classiques, mais aussi du non sens très britannique des Bons Présages de Neil Gaiman ou de l’épopée décalée et savoureusement country de Supernatural, MillenniuM peaufine ici sa relecture éminemment personnelle de l’Apocalypse judéo-chrétienne, froide et clinique. Quoique désormais franchement propulsée vers le fantastique, la série parvient toujours à profondément enchâsser ce dernier dans le réel, sa marque de fabrique. Le surprenant passage montrant alternativement l’ange foudroyer le Démon e parfaitement explicite à cet égard. assassiner son enveloppe d’un coup de révolver s’avère parfaitement explicite à cet égard. L’ensemble se voit servi par une distribution une nouvelle fois parfaite, tandis que cet avocat diabolique fera agréablement songer les fans d’Angel au Loup, au Bélier et au Cerf !



Le titre original fait référence à quatre paliers de la hiérarchie angélique traditionnelle, qui en comporte neuf. Elle a été étable par Denys l’Aréopagite, en 490.

La citation du jour est Paranoia is just a kind of awareness, and awareness is just a form of love. de Charles Manson (La paranoïa est une forme de conscience, et la conscience, une forme d’amour ;). Manson (1934) était le chef d’une communauté hippie ayant basculé dans la démence, commettant plusieurs assassinats dans la région de Los Angeles en 1969, dont celui de Sharon Tate. Il se basait sur une interprétation totalement folle des paroles de diverses chansons du White Album des Beatles. Condamné à la perpétuité en 1971, il est toujours incarcéré depuis.

Quand Watts discute au téléphone avec Frank, on voit une pendule indiquer 10h13, un clin d’œil à la société de production de Carter, 10-13.

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Message  Estuaire44 Jeu 17 Nov 2011 - 0:22

Un monde brisé (Broken World, 1-20, ***)
Un tueur en série particulier sévit au Dakota, puisqu’il ne tue que des juments. Cependant, Frank en déduit qu’il s’agit d’un pervers sexuel, qui finira immanquablement par s’en prendre aux femmes. Il se rend sur place et mène l’enquête avec l’aide du shérif local, initialement sceptique ? et d’une vétérinaire grande amie des chevaux. Le désaxé commence effectivement à tuer et à mutiler des femmes, reconstituant le processus de démembrement des chevaux tel que pratiqué en boucherie. Frank accumule les déductions psychologiques et matérielles, établissant également un contact téléphonique avec le fou. Il intercepte le serial killer dans l’abattoir où celui-ci travaille, au moment où il s’apprête à supplicier la vétérinaire. Mais on adversaire finit piétiné par les chevaux.

La sexualité qu’évelle chez le chevaux chez certains esprits est un phénomène avéré, notamment évoqué dans la pièce Equus, de Peter Schaffer (dont l’épisode pourrait constituer une adaptation version MillenniuM) ou le célèbre tableau de Füssli (Le Cauchemar) en passant par le tout premier client de Belle/Hannah (Secret Diary). Broken World présente l’intérêt d’habilement surfer ce thème particulier, avec des plans souvent subtilement inquiétants des bêtes, ou au contraire exprimant la beauté des paysages naturels ou l’atmosphère country dans laquelle se déroulent les évènements. Le fait que, cette fois, Frank tente désespérément de prévenir la catastrophe apporte une nouveauté supplémentaire. Il n’en demeure pas moins que le déroulement des diverses péripéties et des déductions de Black autours de la psychologie torturée de son antagoniste en reviennent aux épisodes classiques de serial killer, si fréquents cette saison.

L’essai n’apparaît donc pas comme totalement transformé, d’autant que le récit a recours à quelques poncifs, comme le shérif d’abord sceptique devant les théories passablement déstabilisantes (voire scandaleuses) de Black, une situation bien connue des amateurs des X-Files ! L’ensemble demeure néanmoins solide et de qualité, avec comme points forts les sensibles scènes de complicité entre notre héros et la vétérinaire. L’épisode bénéficie également d’un final absolument dantesque et terrifiant, au sein des carcasses de chevaux de l’abattoir, couronné par le déchainement animal châtiant le criminel. Broken World aurait sans doute été davantage apprécié si situé plus en amont dans la saison, mais aussi avant les bouleversements apportés par le double opus précédent, avec un Frank ici au meilleur de sa forme, tout traumatisme oublié. Aussi réussi soit-il, il ne peut dès lors apparaîre que comme un retour en arrière.


La citation du jour est Man is the cruelest animal de Nietzsche (L’homme est l’animal le plus cruel).

L’épisode valut à la série une nomination aux Genesis Awards de 1997. Ces prix sont décernés aux œuvres sensibilisant le public à la cause animale. L’épisode aborde en effet la production du Premarin, médicament hormonal conçu à partir des œstrogènes contenus dans l’urine de jument (PREgnant MARes' urINe). La collecte causerait un grand stress aux animaux.

Durant son écriture, l’épisode s’intitulait Equus, soit cheval en latin.

Le shérif local est interprété par John Dennis Johnston, qui devait plus tard interpréter Pa Benders, dans l’épisode The Benders, de Supernatural.



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Message  Estuaire44 Ven 18 Nov 2011 - 12:46

Yaponchik (Maranatha, 1-21, *)
Un tueur sème la terreur parmi la communauté russe installée aux Etats-Unis Un officier moscovite, Yura Surova, assiste Frank durant cette enquête se déroulant notamment dans le milieu du marché noir es icônes orthodoxes. Il apparaît que les victimes avaient survécu à Tchernobyl. L’assassin serait un criminel légendaire, Yaponchik, ayant provoqué la catastrophe. Yaponchik, qui dispose de réseaux à l’ambassade russe, serait l’Antéchrist. Surova, tente de le tuer, mais, fasciné par ses pouvoir, se rallie à lui. Il permet à Yaponchik de s’enfuir, avant d’être convaincu par Frank de retrouver le droit chemin.

Il sera dit que même cette saison aussi hors normes que fut la première de MillenniuM allit comporter son navet. Apporter un codicille orthodoxe au double épisode précédent constituait une excellente idée, car cette approche apparaît finalement très rarement au sein des productions télévisées mais aussi en littérature, la Science-fiction et le Fantastique russes étant longtemps demeurés périphériques durant l’époque soviétique. Utiliser Tchernobyl comme facteur apocalyptique se justifie également, d’autant que le drame était alors encore récent. Malheureusement l’épisode ne tient absolument pas ses promesses, du fait d’un traitement extrêmement poseur et emphatique, au rythme des plus empesés. La subtilité costumière de la série disparait, au profit d’un récit démonstratif et souvent bien naïf. La posture de Yaponchik, tout comme ses dialogues, paraît curieusement antédiluviens, dignes du Fantômas de Souvestre et Allain. Le pire demeure l’accumulation des scènes de meurtres, dépourvues de toute imagination et définitivement coulés par le jeu figé de Levan Uchaneishvili (dans le rôle de Surova, Boris Krutonog sen sort mieux).

Plusieurs scènes frisant le ridicule, comme la reconstitution fauchée de l’explosion du réacteur ou Black énonçant d’un ton pénétré les âneries pseudo mystiques au tour de tchernobyl. Lui même, tout comme Peter Watts, développe une action toute mécanique. Il en ressort bien vite que cette histoire a été plaquée artificiellement sur l’univers de la série, d’où une impression constante d’artificialité. Le scénario accumule trop d’éléments disparates pour ne pas apparaître boursoufflé. De nombreux éléments demeurent obscurs, sans pour autant parler à l’imagination, à l’inverse d’s Principes de la Domination. Yaponchik, s’avère d’ailleurs considérablement moins troublant que Lucy Butler. L’épisode nous permet cependant d’admirer quelques magnifiques icônes, ces « fenêtres ouvertes sur le royaume de Dieu », comme les désigne joliment le pope. On ne peut cependant s’empêcher d’estimer qu’un épisode des X-Files trait d’une figure du folklore slave (comme Baba Yaga) aurait été plus porteur.


Yaponchik (« Petit Japonais ») était en fait le surnom d’un important dirigeant de la mafia moscovite, Vyacheslav Ivankov, prépondérant durant les années 80 et 90. Il provenait des traits asiatiques de son visage. Ivankov périt assassiné à Moscou, en 2009, criblé de balles à la sortie d’un restaurant.

Le nombre satanique 666 est inscrit sur l’hélicoptère de Yaponchik.

Maranatha est un terme biblique (Corinthiens) signifiant l’arrivée prochaine du Seigneur, s’opposant aux incrédules.

Le titre original de l’épisode était The Second Coming. Les références faites à la seconde venue du Christ correspondent en fait au Livre de l’Apocalypse.

Il existe un réel courant croyant que l’accident de Tchernobyl (1986) a été annoncé dans le Livre de l’Apocalypse. L’évènement correspondrait à la sonnerie de la trompette du troisième Ange et à la chute de l’étoile Absinthe, contaminant les eaux. L’absinthe, pante donnant son nom à la fameuse boisson alcoolisée et toxique, appartient à la famille de l’armoise. Or Tchernobyl signifie armoise en russe, comme décrit dans l’épisode.

L’épisode est le seul de la série à s’achever sur un écran devenu blanc, et non noir comme pour les autres.

La citation du jour est Behold ye scoffers, For I will work wonders in your days, Which ye will not believe, tirée du Livre de Habacuc, un prophète mineur de l’Ancien Testament (Regardez, car je fais de vos jours une œuvre que vous ne croirez pas).

Levan Uchaneishvili (Yaponchik) interprète le serial killer John Mostow dans l’épode Grotesque des X-Files.

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Message  Estuaire44 Ven 18 Nov 2011 - 16:56

La Colombe de papier (The Paper Dove, 1-22, ****)
Frank et sa famille se rendent chez la famille de Catherine, pour quelques jours de vacances. La père de celle-ci demande à Franck d’intervenir auprès d’un de ses vieux amis. Celui-ci, mourant, refuse de revoir son fils, incarcéré pour avoir atrocement assassiné son épouse. Black rouvre le dossier et découvre que le véritable tueur est un serial killer connu sous le nom d’Homme des bois ». Celui-ci (Henry Dion), un gigantesque infirmier, tue des femmes pour s’en f aire des confidentes silencieuses (avant de les achever il les mutile pour les rendre muettes). Il est en effet écrasé par une mère possessive et volubile. Or, un temps passif, il vient de se réactiver, sous l’impulsion du Polaroïd Man, son mentor. Ce dernier le pousse à enlever Catherine mais Dion est intercepté par Frank avant de pouvoir agir. Le Polaroïd Man enlève alors Catherine lui même, à l’aéroport de Seattle.

Ce final de saison tient toutes ses promesses, en parvenant à remporter plusieurs paris. Le duo de Serial Killer, (toujours pas deux ils vont, le Maître et l’Apprenti) apporte une agréable nouveauté, avec plusieurs face à faces ponctuant toujours à point nommé le récit. Outre cette vertigineuse rencontre de deux abyssales folies, l’ensemble démontre une diabolique habileté, la mise en scène laissant planer le doute sur la nature réelle de l’évènement, avec une la porte ouverte sur une possible hallucination de Dion. Le traitement diverge également totalement entre nos deux compères. Le Polaroïd Man, silhouette tapie dans l’ombre, conserve en définitive son mystère, sa révélation annoncée présageant un grand évènement pour le lancement de la saison suivante.

A l’inverse, Dion se voit l’objet d’une étude particulièrement approfondie car l’intrigue, bien avantage que pour n’importe lequel des serial killer rencontrés depuis le début de la série (hormis sans doute le Frenchman) nous fait découvrir l’action vue par ses propres yeux. Il n’est pas une énigme que Frank va élucider pas à pas devant nous mais l’objet principal du récit, à l’instar de l’épisode Hungry des X-Files. Un procédé terriblement efficace, alors que Dion, géant faussement débonnaire, s’aventure particulièrement loin dans les troubles domaines de la folie, y compris à l’aune de MillenniuM. Ses divers rituels et sa façon de converser avec les dépouilles suppliciées de ses victimes, au cœur d’une nuit en forêt, glace véritablement le sang. Les auteurs ont d’ailleurs la grande idée de le rendre authentiquement sympathique envers autrui quand il vient de soliloquer avec l’un de ses trophées. Le malaise s’avère particulièrement insidieux d’autant que Mike Starr nous délivre une extraordinaire prestation en serial killer intellectuellement limité.

L’intrigue soigne particulièrement ses réflexes, gratifiant chaque second rôle d’une superbe scène d’exposition. C’est notamment le cas de la mère de Dion, totalement démente, ses discussions avec son monstre de fils prenant des allures de pastiche grinçant de soap opera. Audacieusement le scénario ne se montre pas linéaire, mais fait converger les trajectoires de Frank et Dion, occasionnant ainsi interrogations et indéniable suspense. Frank n’est d’ailleurs pas oublié, subtilement décalé au sein des retrouvailles familiales, (Henriksen est décidément un acteur extraordinaire). Un dialogue avec les deux Agents de Quantico permet également à Frank de tirer comme un bilan de cette saison et de sa collaboration avec le groupe Millennium, constatant l’avancée des périls. Le cliffhanger de rigueur se montre dévastateur par son immédiateté et sa simplicité, lançant la saison 2 sous les meilleurs auspices en annonçant un mémorable affrontement.


Durant la scène d’introduction, Dion écoute la chanson Stranger in the House, de Wayne Kramer.

Nous découvrons ici la famille de Catherine, ses parents et sa soeur.

Les noms des Agents Emmerich et Devlin sont des clins d’œil à Roland Emmerich et Dean Devlin, les producteurs de The Visitor. Cette série, rapidement annulée, occupait la case de début de soirée, précédent MillenniuM. Le duo Devlin/Emmerich est bien connu pour ses films de Science-fiction, dont Stargate et independance Day.

La citation du jour est And now there is merely silence, silence, silence, saying, All we did not kno., un vers de William Rose Benét (1896-1950), un célèbre poète américain ‘Et maintenant il n’y a plus que le silence, le silence, le silence, pour dire tout ce que l’on ignorait)..

Au début de l’épisode, le code pour désactiver l’alarme est 10 13, une nouvelle référence à la société de production de Carter.

Le tueur Henry Dion est interprété par Mike Starr, figure populaire des séries et du cinéma américains, dont l’imposante stature lui a valu nombre de rôles de gangsters ou de personnages violents (Les Affranchis, Miller’s Crossing…).

Les circonstances de l’assassinat de Marie France Dion s’inspirent d’un fait réel. Le serial killer Edmund Kemper finit par tuer sa mère violente et autoritaire en 1973, exactement de la même manière. Après avoir décapité son cadavre, Kemper (2m10 de haut, 145 de QI) se servit de la tête de sa mère pour jouer aux fléchettes. Il avait dès 15 ans exécuté ses grands parents maternels, après avoir torturé divers animaux et, notamment, enterré vivant son chat. Il tua en tout huit jeunes auto stoppeuses, les étranglant puis conservant leurs têtes en souvenir (un thème proche de celui du cadavre de l’épisode). Condamné à la perpétuité en 1978, son étude a permis de mieux comprendre le fonctionnement des serial killers.

Henry Dion est joué par l’imposant Mike Starr, spécialiste des rôles de tueurs aucinéma et à la télévision (Les Affranchis, Miller’s Crossing…)


On découvre enfin l’identité du preneur des photos de la famille de Frank (The Polaroïd Man), mentor de Dion. Après qu’il ait ici enlevé Catherine, son affrontement avec Frank, cette fois direct, inaugurera la saison 2.

Ici incarné par Paul Raskin, le diabolique Polaroïd Man apparaîtra dans le pilote de la saison 2 sous les traits de Doug Hutchison (Eugène Tooms dans les X-Files).


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Ainsi s'achève cette excellente première époque de MillenniuM. Je m'absente deux semines, début décembre nous retrouverons la fine équipe de Stargate-SG1 ! Série "MillenniuM" 1996-1999 - Page 2 Starga31


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